Le petit garçon dormait. Sa respiration régulière était le seul son que l'on entendait dans la chambre hospitalière.
Mycroft regardait l'être qui avait été son frère. Cela faisait combien de temps qu'il n'avait jamais vu son cadet dormir si paisiblement ? Longtemps sûrement. Assez longtemps pour avoir oublié que Sherlock avait été un enfant comme les autres. Mycroft ne se souvenait plus des années passés avec son frère, surtout quand ce dernier avait atteint l'âge de 11 ans. Lui, l'aîné avait été contraint de partir de la maison familiale pour ses études, laissant alors le jeune garçon qu'était son frère seul. Depuis, il avait oublié les jours de joie fraternel, de complicité et d'amour qu'il y avait eu entre lui et son cadet. Jamais Mycroft n'avait pu retrouvé les yeux si joyeux de son frère, jamais il n'avait revu le sourire de son frère, tout est allé trop rapidement au fur et à mesure que les années passaient. Les deux frères s'étaient éloignés avec le temps. Des conflits S'étaient crées, les tons cassants et sarcastiques étaient devenus une routine entre les frères. Il avait oublié ce passé, cette enfance commune car il était entré trop rapidement dans les études. L'écart entre eux était trop grand pour pouvoir les rapprocher. Si le cadet ne pensait qu'à s'amuser, l'aîné passait son temps dans les livres et les études.
Mycroft soupira. Maintenant, l'écart était encore plus grand. Si jamais ce petit garçon était vraiment Sherlock alors il se demandait s'il pourrait porter cette responsabilité sur son dos. La situation était contre toute nature, contre toutes les hypothèses scientifiques. Un adulte devenu un enfant autant physiquement que mentalement.
"- Mycroft ?" Fit une voix derrière lui.
Il sursauta puis se retourna vivement. Lestrade et John étaient derrière lui, le regard inquiet et rempli de tristesse. Mycroft se leva et serra les mains de ses amis par politesse.
"- Mycroft, je ne pensais pas que tu serais ici, avoua John, tout est si irrationnel.
- Lorsqu'on a éliminé toutes hypothèses possibles, il ne reste plus que l'impossible, souffla-t-il pour toute réponse en retournant auprès du lit.
- Ecoutez, je suis sur qu'il y a une explication possible, peut-être que ce garçon n'est pas Sherlock,tenta Greg, peut-être qu'il n'est que le fruit d'un...
- Cette hypothèse est à éliminer, inspecteur, cassa Mycroft, mon frère a toujours refusé de côtoyer les femmes.
- Il est vrai...mais c'est la seule solution possible, continua le policier dans un ton incertain, nous ne savons rien de lui...
- Greg, nous en avons déjà parlé tout à l'heure, je ne pense pas non plus que Mycroft approuverait, murmura John.
- De toutes façons, rétorqua Mycroft, Sherlock est stérile..."
Cette annonce, plus un aveux qu'une information, pesa dans la pièce. Un silence régna, laissant seul la respiration d'un enfant le couper.
Sherlock se mordit les lèvres, il pleurait. Il n'arrivait pas à chasser la sensations des caresses de la femme qui avait été "choisi" pour lui. Il n'avait pas réussi à voir son visage mais il savait qu'elle avait été choisi pour son physique.
On l'avait souillé, on l'avait touché. Il se sentait si sale, si humilié. Il avait crié pour qu'elle arrête, il avait supplié. Il avait émis des sons qu'il n'avait jamais été capable de produire auparavant.
Il tremblait encore de cette "expérience", même s'il était à présent dans la relative sécurité de sa chambre grise, comme il avait l'habitude de l'appeler, il craignait que l'on ne recommence. Il avait bien raison de craindre le retour du Professeur car seulement quelques heures après il était là, en face de lui, le regard empli de frustration.
"- Holmes, plus je vous connais, plus vous me surprenez, dit-il en s'approchant de lui tandis que le détective reculait.
Il leva la main pour lui donner une gifle si puissante que le logicien s'affala au sol. Qu'avait-il encore fait ?
"- Saviez-vous que vous étiez stérile ? Gronda le professeur en le prenant si forts par les cheveux qu'il hurla de douleurs. OUI, vous le saviez !"
Il le lâcha en le cognant contre le mur. Sherlock tenta de se retenir de pleurer encore une fois.
"- Vous étiez stérile et vous ne m'avez rien dit !"
Il lui donna plusieurs coups de pied dans l'estomac lui faisant lâcher des cris.
"- Je ne...savais...pas...arrêtez..
- Vous vous rendez compte, j'ai attendu des années pour mettre au point mon projet, je vous ai attendu...Et maintenant, j'apprends que vous ETES STÉRILE !"
Des coups de pieds. Puis il lui donna des coups avec une baguette dont Sherlock n'arrivait pas à définir la matière. Mais cela lui faisait tellement mal que plus rien ne comptait.
Lorsque enfin, Presbury arrêta, il força Sherlock à se coucher sur le dos, en le tenant fermement. Le détective sentit le genou de l'homme sur son dos. On lui enleva alors brutalement sa chemise déchirée.
"- Si vous êtes incapable de produire un race par la voie sexuelle, alors nous allons utiliser un autre moyen."
Sherlock ressentit une lame s'introduire sous sa peau au niveau du bas de son dos. Il hurla de douleur, on était en train de lui arracher la peau. Il pleura, mouillant le sol.
Quand ce fut terminé, il saignait. Une coulée de sang s'échappait doucement de dos. Presbury connaissait assez bien le corps humain pour que Sherlock puisse rester en vie malgré sa perte de sang. Il lui avait volé un morceau de peau. Sherlock ne savait pas vraiment à quoi cela pouvait servir pour sa "création d'une race supérieur".
On vint encore le voir. Trop assommé il n'eut pas la force de se relever. Cependant, il avait plutôt bien fait car la minute qui suivit l'entrée des deux hommes, on le plaqua sur le ventre au sol. Sherlock ignorait ce qu'on voulait de lui. Une douleur sur sa blessure le fit comprendre, une brûlure. Il cria, il hurla. On avait posé sur sa blessure un tissu mouillé. Sûrement de l'alcool, un acide qui augmentait la douleur. Il avait encore plus mal. Il voulait que l'on arrête. Que l'on arrête...
Et je remercie ma Beta celtica1 !
Bon, cette fanfic fatigue...
