Coffee Prince « Café des Princes ».
Twilight, à S. Meyer & The 1st Shop of Coffee Prince, à Lee Sun Mi
Création de Lex Lina
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Chapitre 11
Mocha Praliné
Bella est sur son lit. Son regard passe de son petit origami, cadeau d'Edward, au ticket d'entrée pour le défilé, rendez-vous de Jasper. Elle soupire et décide de vivre chaque instant comme il vient plutôt que de se faire des cheveux blancs avec des 'si'.
Elle profite de son premier jour de congé pour rester avec sa famille. Après avoir fait l'erreur d'avouer à Rosalie son intention de sortir le lendemain avec Jasper, celle-ci l'entraine faire quelques boutiques. Elle prépare ensuite le diner avec son père, qui est digne d'une menace bactériologique lorsqu'il est doté d'une poêle à frire à la main.
Le lendemain, à l'aube, à l'heure où blanchit la... enfin vous comprenez, bien trop tôt pour un jour de congé quoi... Rosalie est déjà sur le pied de guerre. Aidée par la suite d'Emmett, gorille idiot, mais incroyablement talentueux lorsqu'il s'agit de mettre du vernis à ongles sur les pieds et les mains. Bella se moque de lui. « Me dis pas que tu t'es fait avoir par Rosalie ? ». Emmett relève une tête concentrée vers elle.
« Bella... Bella... Tu n'imagines pas ce que Rosie est prête à faire maintenant pour que je lui fasse une manucure. Il faut savoir qu'elle a un certain talent en ce qui concerne... ».
Charlie passe dans le couloir et grogne. « Emmett, je ne suis peut-être plus flic mais j'ai toujours une arme chargée dans un tiroir alors j'espère que tu parles de ses talents culinaires. ».
Emmett se lève et se penche, les oreilles rouges. « Oui Monsieur. Excusez mes propos ! Bien entendu, Rosalie est la plus douée des cuisinières. ».
Bella éclate de rire. « Elle ne saurait pas cuire des pâtes même si sa vie en dépendait ! ». Emmett lui donne un petit coup de pied, hochant la tête pour qu'elle se taise.
Ils entendent ensuite Charlie s'éloigner en direction du séjour, il crie à l'attention de Rosalie. « Rosie Chérie ! Tu as trouvé quelqu'un capable d'apprécier ces trucs infectes que toi seule sait préparer ! Épouses le avant qu'il ne change d'avis ! ». Tout le monde éclate de rire.
Peu de temps après, Bella admire le résultat de sa transformation devant le miroir. Rosalie lui a posé des extensions. De jolies boucles brunes tombent maintenant jusqu'au milieu de son dos. Sa mère, lui a fait un maquillage léger et discret. Elle fait un tour sur elle-même, appréciant la légèreté de sa robe trapèze, un peu trop courte au goût d'Emmett. Rosalie lui tape l'arrière de la tête. « Mais personne ne demande ton avis ! ». Cette dernière aide à enfiler le trench-coat assorti et tend ensuite une paire de bottines vers sa sœur.
Bella écarquille les yeux et hoche la tête en refus. « Nan ! C'est ton cadeau d'anniversaire ! Et me balader avec ça au pied, d'une c'est du suicide mais en plus on risque de me les voler ! ».
Rosalie pousse les chaussures vers les bras de sa sœur et dit. « Je sais que tu rêvais de ces pompes et ça irait parfaitement avec ta tenue, alors ne fais pas la difficile et accepte. ».
Renée la prend dans ses bras. « Ma chérie, on connait tous les efforts que tu as fait pour nous. Sacrifier tout ce qui faisait de toi une fille pour notre bien-être. Pour une fois, profites de ce moment. ».
Bella prend appui contre le mur à proximité pour chausser les bottines. Le fait qu'elles soient compensées et agrémentées de 13 cm de talons, allonge élégamment sa silhouette. Rosalie inspecte une dernière fois sa sœur et sourit avant de se tourner vers son petit ami. « Tu vois Em, c'est à ça que ressemblait Bella avant qu'elle ne décide de devenir un mec et de partir au Brésil se faire poser une b... ». Renée lève sa main vers elle.
« Rosalie Sarah Swan finit cette phrase et je nettoie ta bouche avec du savon ! ».
« Mais maman ! ».
Emmett regarde Bella avec suspicion. Bella soupire et lève les yeux au ciel. « Non Emmett, je n'ai pas changé de sexe, Rose rigolait ! ».
« Ahhh... OK. ». Elle préfère ne pas continuer cette conversation vu qu'Emmett continue à la regarder étrangement. Elle attrape son sac et commence à se diriger vers la porte. C'est l'heure à laquelle Jasper est censé venir la chercher.
Une voiture se fait entendre à l'entrée de la cour. Toute la famille se poste aux différentes fenêtres pour voir à quoi ressemble le prétendant de Bella. Le premier à réagir est Emmett. « Putain de caisse ! C'est quoi ce bolide ! ». Rosalie lui répond avec des étincelles dans les yeux.
« Aston Martin One 77 ! Bella, Bella, Bella ! S'il. Te. Plait ! ».
Bella soupire encore une fois. « Allez viens Rose. ». Rosalie sautille d'excitation. « Ouais toi aussi Em. ». Bella hoche sa tête de dépit. « Pitié papa, maman, me demandez pas ça. ».
Charlie sourit et prend sa femme dans ses bras. « Vas-y Bella, je retiens ta mère. Allez viens Renée. Allez. ». Bella sourit et finit par sortir.
Jasper l'attend comme convenu, appuyé sur sa voiture. Il retire ses lunettes de soleil et passe sa main dans ses boucles aux reflets dorés quand Bella apparaît dans son champs de vision. « Wow Bella. Tu es plus que magnifique. ». Il se penche un peu pour l'embrasser. « Et bien plus grande qu'avant ! ». Il baisse sa tête pour regarder ses chaussures et dit. « Wow. ».
Bella rougit et pour éviter qu'il ne remarque son embarras, lui présente les personnes qui trépignent derrière elle. « Jasper, voici ma sœur Rosalie et son petit ami Emmett. Rosalie, Emmett voici Jasper. ». Rosalie, après lui avoir fait un petit signe de tête, est déjà en train d'inspecter la voiture alors qu'Emmett le regarde attentivement en lui serrant la main.
« On s'est déjà vu quelque part non ? ». Bella sourit.
« Oui, lors de la réouverture du café. C'est le frère d'Edward. Jasper Cullen. ».
Rosalie, sans quitter la voiture des yeux, souffle. « Comme le monde est petit... Bella ce qu'il y a de bien c'est que lorsque tu te mets dans la merde, tu plonges jusqu'au cou dedans. ».
Jasper se tourne vers elle et appuie sur sa clef pour lui faciliter l'accès. « C'est ce que je pense aussi. ». Rosalie lui fait un sourire entendu. « Dis Jasper, est ce que tu pourrais me laisser voir sous le capot un jour... Enfin, avant que ton frère ne tue ma sœur ? ».
Jasper rit et acquiesce. Il ouvre la portière passager pour Bella qui s'installe rapidement, pressée de filer avant que sa sœur ou Emmett n'en rajoutent. Le côté conducteur s'ouvre et le jeune homme s'assoit à l'intérieur. Il démarre et après quelques minutes tranquille sur la route, se tourne vers Bella. « Tu sais que j'ai comme principe de ne jamais coucher dans ma voiture mais si tu ne remontes pas ta robe rapidement, je m'arrêtes à la prochaine place de stationnement libre. ». Ils se mettent à rire tous les deux. Et il constate que ce n'est pas pour autant que Bella réajuste sa robe qui dévoile ses cuisses agréablement.
Ils s'arrêtent ensuite devant la terrasse d'un bistrot à la française pour un déjeuner tardif. Chacun régale l'autre d'anecdotes de jeunesse plus ou moins embarrassantes. Puis, arrive l'heure du défilé.
Ils s'installent aux places qui leurs sont réservées et attendent l'entrée en scène. Bella lui demande. « Alors tu connais bien l'artiste ? ». Jasper se penche un peu plus vers elle.
« On peut dire cela. ». Bella regarde furtivement le descriptif qu'une hôtesse lui a donné à l'entrée. Elle a à peine le temps de s'y attarder que le show commence.
Une bonne heure après, et à peine le défilé terminé, Jasper prend la main de Bella et l'entraine un peu plus loin, dans la salle d'exposition. « Désolé mais je n'apprécie pas toutes ces mondanités. ». Il pose un baiser sur sa main. Elle rougit.
« Ce n'est pas mon genre non plus alors ne t'inquiètes pas. Oh regarde ! Un buffet ! ».
C'est au tour de la jeune femme de l'attirer par le bras et ils se dirigent en riant vers le dit buffet. Alors que Bella est concentrée vers son objectif, Jasper est aperçu par Alice qui lui fait un petit signe. Il lève un pouce approbateur dans sa direction et continue son chemin. Il observe Bella, qui tel un petit enfant le matin de Noël, se délecte d'une pâtisserie. Un plaisir évident s'est inscrit sur son visage. Elle tourne son visage vers lui et sourit. Il ne peut s'empêcher de faire de même en retour avant de se rappeler ce qu'il avait à lui dire. « Viens Bella je vais te présenter à l'organisatrice de cette soirée. ». La jeune femme le surprend en plaçant un petit four juste devant sa bouche.
« Pas avant que tu n'ai gouté ça... ». Elle lui fait un sourire coquin et ajoute. « Ça vaut presque un orgasme. ». Jasper lève un sourcil et tente le soi-disant péché de luxure qu'elle tient entre ses doigts. Tout d'abord croquant et épicé, le petit fondant au chocolat se transforme en un nuage de douceur et d'onctuosité. Sous de telles sensations, Jasper ne peut s'empêcher de soupirer de plaisir. Il ferme les yeux et pose un baiser sur les doigts de Bella, encore près de sa bouche.
La jeune femme reste bouche bée devant lui. Ses yeux sont voilés, ardents et elle semble prête à lui bondir dessus. Jasper reprend contenance et claque ses doigts devant le visage de la jeune femme. « Bella ? Bella ? T'es avec moi ? ». Il remarque le sang qui monte aux joues de Bella. Il pose sa main sur l'une d'elles. Elle s'appuie dessus et entrouvre ses lèvres pour chuchoter ces mots.
« Jasper... Si je te dis hum...Là. Maintenant. Tout de suite... Est-ce que tu trouverais cela embarrassant ? ». Il rit doucement, se frotte l'arrière du crâne et lui fait un grand sourire.
« Enfin Bella ! Nous sommes des adultes ! Si on part maintenant, on est chez moi dans vingt minutes, ça te va ? ». Sa voix, plus rauque qu'à l'accoutumée, charme encore plus la jeune femme.
« Non. ».
« En laissant ma voiture dans l'allée ? ».
« Non. ».
« Dans ma voiture ? ».
« Non. Même si je reconnais l'effort que tu fournis et j'aurais pris soin de ne pas salir tes sièges. ».
Jasper sourit encore plus. Bella se dit qu'elle passerait bien sa langue sur...
Concentres toi Bella !
« Tu sais Bella... Il y a des gens autour de nous, ce qui fait que je ne peux pas te sauter dessus comme ça. ».
Bella pose ses mains sur ses hanches et prend un air outré. « Mais c'est de ta faute ! Alors soit tu assumes les conséquences, soit tu trouves un moyen de me refroidir et rapidement avec ça ! ». Elle tapote son doigt sur la chemise de son ami. Il tape à son tour sur Bella.
« De ma faute ? Et en quoi c'est de ma faute ? ». Il lève les mains pour montrer son innocence. « Je n'ai rien fait. Je voulais juste te présenter quelqu'un et voilà que tu m'accuses... ».
« Tu as vu comment tu manges ce gâteau ! Tiens d'ailleurs prends en un autre histoire de me faire encore planer ! ». Elle rit et Jasper admire l'ondulation de ses boucles brunes qui rebondissent doucement sur ses épaules.
Il tente de se distraire en regardant autour de lui. Il remarque un homme âgé qui lance des regards lourds de sous-entendus en direction de Bella. « Je crois que ce monsieur serait plus qu'intéressé par ce petit problème que tu as. ».
Bella se tourne discrètement. « Beuh ! ». Elle s'évente avec une serviette en papier qu'elle tient dans sa main. « Merci là tu m'as refroidie... ».
Jasper finit par se remémorer la raison pour laquelle ils se tiennent dans la salle et prend la main de Bella pour la diriger vers un groupe d'amis.
Bella dit. « Mais je l'a reconnais ! C'est la copine d'Edward. Qu'est ce qui se passe ici ? Qu'est-ce qu'elle fait là ? ». Elle arrête Jasper à quelques mètres du groupe et l'emmène à l'écart. Jasper semble réfléchir et il dit d'un ton presque menaçant.
« Que veux-tu dire par 'c'est la copine d'Edward' ? Tu la connais déjà ? ». Il passe sa main dans ses cheveux et tente de se calmer. « Parles moi Bella, s'il te plait. ». La jeune femme est livide. Elle se rend compte qu'elle en a trop dit ou pas assez. Ne voulant pas divulguer plus de détail, elle minimise la situation.
« Non, je me suis mal exprimée. J'ai eu l'occasion de la voir au café mais je ne sais pas vraiment si elle est... hum... engagée dans une quelconque relation avec ton frère... ça te va ? ».
Un cliquetis de talon se fait entendre dans leur direction. Bella se retourne et passe la main dans sa frange par frustration. Brutalement, elle repart vers la première salle. Jasper la rattrape, laissant Alice qui s'approchait d'eux dans son sillage. Il saisit Bella par son poignet et demande. « Bella ! Où est ce que tu vas ? ». Il est vraiment surpris par sa réaction.
Bella pose sa main sur celle qui la retient. « Je reviens. Je vais juste aux toilettes. ». Il n'a même pas le temps de réagir qu'elle est déjà repartie. Jasper se frotte le visage, ne sachant que faire. Il n'avait pas vraiment réalisé que Bella risque d'avoir des problèmes si Alice la reconnaît. Il voulait juste la voir et profiter de cette soirée avec son amie. Puis ce qu'elle a dit à propos d'Edward le laisse perplexe. Il est surpris ensuite par Alice qui l'attire par le bras. Elle lui demande.
« Alors, c'est qui cette jolie fille ? Ta petite amie ? ». Jasper se tourne vers elle et sourit.
« Je ne sais pas encore. On a, elle et moi, des relations sentimentales assez compliquées en ce moment. Hum... Alors ce défilé ? ».
Elle l'entraine dans la salle d'exposition, où sont alignés plusieurs dizaines de rails remplis de vêtements, vers l'espace où des mannequins défilent avec certaines tenues. La jeune femme reste pendue à son bras, le corps fermement collé contre le sien.
« C'est une pure réussite, mais on le savait déjà, pas vrai ? Mon dieu que je suis prétentieuse... Ahh mes nerfs commencent enfin à se détendre. ». Ils continuent leur progression dans la salle, Jasper tournant sa tête de temps à autre pour vérifier le retour de Bella.
Bella, pendant ce temps, tente de se calmer, appuyée contre un lavabo. Elle s'asperge d'eau, se recoiffe un peu et respire profondément. Elle lance un regard inquiet vers son reflet dans le miroir.
Bon, il y a toutes les chances qu'elle me reconnaisse... Et elle risque de dévoiler mon mensonge à Edward avant que j'ai eu l'occasion de lui avouer la vérité. Ça ne serait vraiment pas bon pour moi...
Le bruit d'une conversation se fait entendre derrière la porte, elle file dans un des petits boxes.
Faut vraiment que je perde cette habitude de me planquer dès que quelqu'un arrive. À croire que j'ai quelque chose à me reprocher... Ah oui, c'est le cas.
Ce sont deux jeunes femmes, qui après avoir fait leurs affaires, se retrouvent au même moment pour se laver les mains devant les lavabos.
« … Nan mais Charlotte sérieusement ! Comment peux-tu cautionner ses agissements ? Alice n'a jamais réussi à s'en tenir à quoi que ce soit ! Avant c'était la télévision pour passer ensuite aux journaux de mode, et maintenant c'est le stylisme... Tu sais qu'il paraît qu'elle est en étroite collaboration avec Edward et franchement je suis prête à parier qu'elle lui tourne encore autour ! ».
Bella tend l'oreille un peu plus. L'une des deux semble prendre une serviette en papier dans le distributeur. Celle qui correspondrait à Charlotte répond. « Lors de notre diner, elle m'a dit qu'elle souhaitait vraiment retourner auprès de Jasper. Le fait qu'il soit avec quelqu'un d'autre et qu'il semble prêt à tourner la page, lui a fait réaliser combien elle tient à lui. J'avoue que sur le coup, je me suis dit qu'il serait mieux que Jasper passe à autre chose mais ensuite... ».
Sentant son hésitation à continuer, l'autre femme insiste. « Oui... quoi ? ».
« Je me dis qu'ils vont vraiment bien ensemble. Quand tu les vois l'un avec l'autre, c'est incroyable cette alchimie mais en même temps, il faut qu'elle arrête cette relation qu'elle a avec Edward. ». Elle baisse un peu le ton, ce qui fait que Bella est vraiment obligée de coller son oreille sur un graffiti indiquant qu'un certain Bob serait doté d'un sexe impressionnant, petit dessin à l'appui. « Peter m'a avoué qu'il a pu constater qu'Edward se rend encore très souvent chez elle. ».
L'autre femme est tout autant passionnée par la conversation que Bella. Celle-ci acquiesce comme pour les inciter à continuer. Charlotte dit sur le ton de la confidence. « Le boulot de Peter est juste à côté de chez Alice et il remarque souvent la voiture d'Edward... ». Bella étouffe sa colère. L'autre continue. « Ouais, mais il est fou d'elle. Brrr cette relation n'est vraiment pas saine et puis, j'ai entendu dire qu'il... ». Bella a beau tendre l'oreille qu'elle ne parviendra pas à entendre la fin de leur conversation vu que les deux femmes sont sorties et complètement hors de portée.
Elle sort de sa planque et retourne devant le miroir. « Au moins maintenant, je sais à quoi m'en tenir hein... ». Elle offre un sourire triste à son reflet, puis vérifie qu'elle n'a pas le sexe de Bob marqué sur son oreille ou sur sa joue.
Elle scrute ensuite les environs, de peur de croiser quelqu'un qu'elle connait. La cote étant claire, elle se met en quête de Jasper. Il est dans la salle d'exposition. Elle l'observe ne sachant si c'est son pincement au cœur ou le nœud qui se forme dans son estomac qui est le plus douloureux. Jasper et Alice sont main dans la main, tandis qu'elle lui montre ses créations. Bella fait quelques pas de côté et tend un regard vide dans leur direction.
Ils sont vraiment bien ensemble... ils dégagent une telle complicité...
Elle renifle tristement puis passe discrètement vers le porte-manteau à coté pour se rapprocher un peu plus du couple. Les voir interagir ainsi lui perce le cœur. Elle se tient penchée et presque sur la pointe des pieds pour tenter d'être le plus furtif possible. Sous ses doigts passent différents tissus et vêtements qu'elle ne saurait décrire, tant elle est obnubilée par le couple quand soudain une tenue semble plus différente des autres. Elle lève la tête et la rabaisse aussitôt. « Oh Pardon ! ».
Une voix suave et profonde lui répond sans lui porter intérêt. « Ce n'est rien. ».
Edward...
Bella se détourne rapidement et se faufile près d'un autre groupe avant de retourner son regard vers lui.
Dans un costume impeccable, lui aussi observe le couple. Bella, cachée en retrait, ressent à distance la détresse émanant de son patron.
La petite amie de ton propre frère... Putain Cullen, je ne te pensais pas si... pathétique.
La voix d'Alice interrompt ses pensées pleines d'amertume. « Edward ! Te voilà enfin ! ». Edward relève la tête et arbore un sourire de convenance, effaçant complètement la douleur qu'il affichait auparavant.
« Désolé, je suis en retard. ». Il la salue d'un baiser sur la joue et son frère d'une accolade. Bella soupire et décide qu'un verre lui ferait du bien.
Je ne suis pas sûre que mon cœur résisterait longtemps à leurs histoires...
Elle saisit une coupe de champagne sur le plateau d'un serveur et s'approche d'un manteau qui attire son regard. Sans même baisser le ton de sa voix, elle balance. « Mon dieu c'est immonde ! ». Une jeune femme passant juste à côté, répond.
« Ça me rassure, c'est ce que je me suis dit aussi. ». Elle lui tend la main. « Salut moi c'est Angela ! ».
« Bella... J'avoue que je me demande encore ce que je fais ici et toi ? ».
Angela montre de la tête un groupe de dames guindées qui piaillent à proximité du buffet. « Je suis l'assistante-bonne-à-tout-faire d'une de ces rédactrices de mode... Et moi aussi je me demande encore ce que je fais là. ». Elles critiquent ensemble encore quelques tenues et discutent un peu de leurs vies avant que la patronne d'Angela aboie son prénom à travers la salle pour lui donner des ordres. Angela soupire et tend une carte de visite à Bella.
« Tiens, si un jour tu as le temps, on pourrait aller boire un verre ou un truc du même genre. Tu es la première fille normale que je rencontre depuis que je suis à Seattle et je compte bien faire ta connaissance ! ».
« ANGELAAAA ! ». La jeune femme concernée lève les yeux au ciel et dit.
« Je compte sur toi Bella ! ».
Bella sourit et n'ayant pas de sac, range sa carte dans le creux de sa bottine. Elle aura au moins un bon souvenir du défilé.
xoxo
Jasper se rend enfin compte que Bella n'est toujours pas revenu et finit par l'apercevoir, le dos tourné qui discute avec une autre jeune femme. Celle-ci se dirige ensuite, l'air désespéré vers un autre groupe. Il s'excuse auprès d'Alice et de son frère avant de passer son bras autour de la taille de Bella. La jeune femme inspecte méticuleusement un manteau doté d'une fourrure en poils extrêmement longs et turquoise. Il se glisse tout contre le dos de la jeune femme et lui glisse à l'oreille. « Alors ça te plait ? ».
Bella tourne à peine la tête vers lui, s'appuie doucement contre son torse et répond. « Ça irait parfaitement avec mon string léopard et ma brassière en latex. Jasper, il me le faut ! ». Il sourit et lui embrasse la joue.
« Dis-moi sur quel trottoir tu exerces et je te le fais livrer dès demain. ». Bella éclate de rire.
« Tu veux une carte d'adhérent ? Au bout de trois passes, tu as un cadeau ! ».
Jasper rit à son tour et une fois plus calme, passe sa main sur la joue de la jeune femme. « Je suis désolé. Je n'ai pas pensé à ces deux-là quand je t'ai donné rendez-vous. ». Il tourne sa tête brusquement vers l'autre couple qui les observe à bonne distance. « Ça devient dangereux pour toi de rester là. ».
Bella se tourne enfin vers lui et enfouie son visage dans le cou de Jasper. Elle inhale son parfum, différent et pourtant semblable à celui de son frère. « Je vais rentrer et toi tu restes là. ».
Jasper est éberlué et écarte un peu la jeune femme pour voir complètement son visage. « Mais pourquoi ? En plus certains de mes amis sont là et j'aimerais te les présenter. ». Bella soupire, et le regarde intensément.
« Jasper... Il faut que tu comprennes que je tiens de plus en plus à toi. Tu es quelqu'un de génial et je suis à ça... ». Elle montre un écart infime entre son index et son pouce. « .. avant que mon cœur me dise qu'il ne peut plus aller en arrière. Alors, montrant une patience qui ne me ressemble absolument pas, je veux que tu prennes le temps de savoir où tu te situes avec elle. Cette relation à trois que vous avez... ». Elle pose son doigt sur les lèvres pour l'inciter à ne pas l'interrompre. « Ne fais pas l'innocent car je sais que tu te doutes de ce qui se trame avec ton propre frère. Ce truc que vous vous faites subir... Je ne veux pas connaître une telle douleur. ». Elle détourne son regard. « Je suis tellement jalouse de l'amour que tu lui porte que ça me rend malade... ».
Jasper se penche et loge son visage au creux de son cou. Il y pose un baiser avant de se redresser. « Je comprends... mais... ce que je vis avec toi est si génial et... je n'ai pas vraiment eu envie de penser aux conséquences... ».
Elle lui fait un demi-sourire. « Ne t'inquiètes pas Jasper. Quoi que tu fasses tu resteras mon ami. ». Elle effleure ses lèvres avec les siennes. Il savoure l'instant avant de lui prendre le coude.
« Viens, je te ramène. ». Elle repousse son emprise.
« Ne dis pas n'importe quoi. Allez, profites de tes amis. Il est encore tôt. ».
« Laisses moi au moins appeler un taxi ! ».
Elle pose une main sur sa hanche et pointe de sa main libre son corps tout entier. « Tu rigoles ! Pour une fois que je suis en fille, tu crois vraiment que je vais rentrer en taxi ? Ne t'inquiète pas pour moi. Je suis une grande fille. ». Elle finit par lui prendre la main et l'embrasse plus intensément. « J'ai passé un super moment en ta compagnie. ». Elle se sauve rapidement avant qu'il ne puisse voir son visage décomposé.
Une fois à l'extérieur de l'immeuble, Bella respire un grand coup. C'était bien plus éprouvant qu'elle ne l'aurait imaginé. Au moins, vis à vis de Jasper, la décision ne lui appartient plus. Elle rentre tranquillement chez elle, mais son moral est de plus en plus morose. Rosalie lui sort l'artillerie lourde. Gâteau au chocolat, crème glacée et chantilly.
Rien de mieux pour remplacer un problème de cœur, qu'un problème de poids...
xoxo
La veille, au matin...
Edward se réveille, un peu ankylosé, mais avec une sensation de contentement qu'il n'a pas eu depuis fort longtemps. Avant de réaliser où et dans quelle condition il se trouve. Ses yeux s'ouvrent doucement, et il voit clairement sa situation.
Son bras entoure les épaules de Bee, tandis que le jeune homme, encore endormi, colle sa tête sur le torse d'Edward, ses bras entourant sa taille. Edward sourit, ne sachant s'il doit être fâché ou amusé par une telle liberté. Il dépose doucement Bee sur les coussins et commence son rituel matinal. Plusieurs détails le malmènent alors qu'il fait ces gestes habituels. L'odeur de Bee qui a imprégné son t shirt durant la nuit et c'est pour cette raison qu'il a du mal à le retirer et non pas à cause des égratignures, le fait qu'il lui prépare ses toasts exactement dorés et beurrés comme son ami les aime et qu'il lui réserve les fruits qu'il préfère. Buvant son café dans son bureau, il inspecte son agenda. Tombant sur une feuille de papier vierge, il fait machinalement quelque chose qu'il n'avait pas fait depuis fort longtemps, un origami. Son esprit méticuleux et arithmétique apprécie énormément ce genre d'exercice et sans effort il fait le premier animal qui lui passe par la tête. Un cygne.
Swan...
Il pose les coudes sur le bureau et pose ses mains à plat. Ça ne va plus, il ne parvient pas à retirer ce sentiment qui accompagne toutes les pensées qu'il peut avoir lorsque Bee est concerné. Il soupire et décide de partir au café bien plus tôt que prévu. Il installe donc un petit déjeuner sur la table basse et un petit mot.
Tu sembles vraiment crevé alors prends les deux prochains jours pour te reposer. Je ne veux pas te voir au café avant ça. Profites un peu de ton temps libre et de ce superbe petit déjeuner. On s'appelle dans la journée pour être sûr que tout va bien.
Edward.
Au fait, il y a du café dans la cuisine.
Edward se félicite de son idée. Laisser deux jours de congés à Bee, lui permettra de ne pas l'avoir près de lui et de remettre ses idées au clair vu qu'il semble perdre la tête. Edward récupère la plupart des affaires dont il a besoin pour sa journée au boulot et va chercher son agenda dans son bureau. Son regard tombe sur l'origami et il décide de le prendre pour le mettre sur le plateau. Bee le jettera en même temps que les restes de son petit déjeuner.
A l'entrée de sa chambre, Edward repère son sac de sport, il se dit que faire un peu de sport ne lui ferait pas de mal. Une fois au café, histoire de se changer les idées, il entame un jogging autour dans le quartier. Il en fait plusieurs fois le tour, au point que Billy s'inquiète de sa santé mentale et physique. « Tu n'arriveras jamais à tenir la journée complète si tu t'éreintes ainsi gamin ! ».
Edward se stoppe tout près de lui et de Jack, les mains sur les cuisses, tenant de reprendre son souffle. « J'ai pas mal de choses qui me tourmente et je tente de trouver un moyen de les faire disparaître. ».
Billy le regarde, le sourcil levé. « Mais il ne serait pas plus simple pour toi d'affronter ce qui te mine ? ».
Edward secoue sa tête et se dirige vers les vestiaires où il y a une douche à disposition. « Impossible. C'est impossible... ». Le reste de sa journée se passe sans encombre. Il reste constamment occupé par le travail au café, il parvient ensuite à jouer au basket avec les princes puis à diner avec ses parents où son père à tout de même reconnu qu'il faisait du bon boulot au café. En rentrant chez lui le soir, la maison est vide. Tout est à sa place et impeccable. Edward ne sait pas s'il est content ou déçu que Bee ne soit pas dans sa maison à son retour. Il se jette sur son canapé et en posant sa tête sur l'accoudoir, le jeune homme se demande comment faire pour se sortir d'une telle situation.
Putain ! C'est un mec ! C'est mon ami !
Il fait chauffer un des plats que sa mère a préparé pour lui, n'ayant pas le courage de faire un repas pour lui seul et le mange tranquillement dans sa cuisine. Des tas de questions lui trottent dans la tête. Comment a-t-il pu changer en si peu de temps ? Comment est-ce que le petit voyou rencontré il y a quelques mois de cela peut-il avoir pris une telle importance dans sa vie ? En débarrassant, il se rend compte que Bee a vraiment tout nettoyé derrière lui. Puis, dans un dernier effort, il va se coucher dans son lit.
Au bout de quelques heures à se tourner en tous sens, il finit par prendre la même couverture que la veille et va se coucher dans son canapé. Il s'endort avant même que sa tête ne touche le coussin.
Le lendemain, la tête toujours enfouie sous la couette, il est réveillé par son téléphone portable qui lui annonce l'arrivée d'un message. Tâtonnant du bout des doigts pour tenter de le retrouver et une fois en main, il le glisse avec lui sous la couverture et regarde qui peut lui écrire alors que l'aube vient à peine de pointer à l'horizon. C'est Alice.
A : Petit déjeuner chez moi ça te dit ?
Il réfléchit un moment. Ce qui d'habitude, l'aurait fait sauter dans sa voiture dans la seconde, ne le motive pas aujourd'hui. Il se dit qu'il va fermer les yeux cinq minutes avant d'y repenser à nouveau.
… On sonne à la porte...
Edward ouvre un œil et se lève pour ouvrir. Alice se tient à l'entrée de sa maison, les bras chargés de viennoiseries et de café. « Mmm Alice ? Qu'est-ce que tu fais ici ? ». Le jeune homme passe une main fiévreuse dans ses cheveux et consulte sa montre. Quarante-cinq minutes se sont écoulées depuis le message qu'elle lui a envoyé.
Elle entre dans la maison sans attendre qu'il l'invite à entrer et pose ses affaires sur la petite table. « Ben, je me suis inquiétée, tu n'as pas répondu à mon message ! Ça ne te ressemble pas. Tout va bien ? ». Edward s'installe sur le canapé et commence à déballer ce qu'elle a ramené. Il hoche la tête pour répondre positivement et tente de refaire surface. Il lui pose des questions au sujet du défilé et se rend rapidement compte qu'Alice est bien trop surexcitée à ce sujet pour lui. Elle lui parle encore et encore tant qu'il finit par décrocher de la conversation.
Malgré ce que l'on peut penser, Edward n'est pas un idiot. Il sait que la relation qu'il entretient avec Alice ne mènera jamais à rien. C'est ce qui le rend encore idiot direz-vous ? En effet car il ne comprend pas lui-même pourquoi il est si addict. Il y a cette petite partie de lui qui ne peut s'empêcher d'espérer. Qui pourrait lui reprocher ? Elle est belle, intelligente et passionnée. Oui c'est ça, elle tout ce qu'Edward recherche chez une femme, pas vrai ? Finissant sur ses doutes et méditation internes, Edward voit que la jeune femme continue à parler sans même s'apercevoir qu'il n'est pas du tout dans la conversation. Elle pose ensuite une main sur son genou, avant de le prendre dans ses bras. D'abord surpris de se retrouver dans une telle situation, sachant qu'il ne l'écoutait pas, il finit par apprécier le geste. Il inhale le parfum de son amie et ferme les yeux. Sécurité, confort. Une fois, alors qu'ils étaient complètement ivres, James lui a dit qu'il était atteint du syndrome du héros, comme Peter Petrelli ou Harry Potter et en y réfléchissant Edward se rend compte que c'est vrai. Il tente toujours de protéger et d'être là pour son amie, au dépend de sa propre vie alors qu'elle ne lui a rien demandé et qu'elle ne lui donne rien en échange. James lui a ensuite dit de faire attention car … Bon là il ne s'en souvient plus car il était bien trop bourré pour écouter ce que son ami avait à lui dire. Décidément, même ivre mort, James a souvent raison.
Bip Bip... Le téléphone d'Alice le fait revenir sur terre. Elle se lève, lui dit qu'elle doit filer pour mettre une touche finale aux préparatifs et se tient devant la porte. « Edward ? Tu ne m'accompagnes pas ? ».
« Hein ? Si, si j'arrive. Excuses moi, je pensais à autre chose. ».
« On se voit ce soir, pas vrai ? ». Elle passe ses bras autour du cou du jeune homme et ferme les yeux, attendant son baiser. Il l'embrasse distraitement et lui souhaite bon courage pour plus tard.
Ensuite, sa journée passe très rapidement, entre rendez-vous avec les fournisseurs, les entreprises clientes et quelques publicitaires. L'après-midi est déjà bien avancée quand il arrive au café. Les princes présents s'activent autour de la clientèle et lui font un petit signe quand il les croise. Il ne peut s'empêcher de chercher Bee du regard, avant de se rappeler qu'il lui a donné son jour de congé. James arrive dans son bureau et s'assoit sur un coin du bureau comme à son habitude, comme s'il était propriétaire des lieux ou une secrétaire sexy. Mais au bout de cinq bonnes minutes, il ne dit toujours rien et ça par contre c'est à cocher sur un calendrier. Edward finit par craquer.
« Qu'est-ce que tu veux James ? ».
« J'attends que tu me dises ce qui ne va pas ! ».
Edward soupire et pose les documents qu'il voulait lire. « Pourquoi ça n'irai pas ? ».
« Cette façon de te plonger dans le travail, ces petits yeux de cocker, ça ne te ressemble pas Edward. Alors dis-moi tout ! ». Edward sourit et se lève.
« Rien à déclarer, désolé. ». James fait un petit bond pour descendre du bureau et se dirige vers la porte.
« OK OK alors rappelles toi que je suis là si tu as besoin de quelqu'un... Oh et c'est pas aujourd'hui le défilé du leprechaun ? ».
Edward ne prend pas la peine de lever les yeux et dit. « Oui c'est à six heures. Et je t'ai déjà dit de ne pas l'appeler comme ça ! ».
James soupire et répond d'un air théâtral. « Elle est l'exacte définition du leprechaun. Dotée d'un sac d'or plein de promesses que tu n'auras jamais et qui te tuera si tu y touches... Puis, je te demandais ça, parce qu'il est déjà dix-huit heures trente. ». Son sourire s'élargit devant la tête incrédule d'Edward. Celui-ci regarde sa montre et crie.
« Merde ! Je suis en retard ! ». Il prend toutes ses affaires et file rapidement jusque chez lui. Le temps de prendre une douche, de tenter de discipliner ses cheveux... peine perdue... et d'aller jusqu'au lieu où se déroule la soirée et il est déjà presque vingt heure quand il arrive dans la salle d'exposition.
Du regard, il cherche des personnes qu'il connait. Edward en salue certaines et ignore les autres avant de trouver ceux qui l'intéressent vraiment. Alice et Jasper se tiennent par la main, à quelques mètres de lui. Leur complicité est flagrante. Edward en vient à se demander s'il n'est pas vraiment temps pour lui de passer à autre chose. Cette pensée est lourde et douloureuse, il en grimace presque sous son poids. Il reste immobile à observer celle qu'il pensait être l'amour de sa vie, qui rit et tente de séduire celui auquel elle est vraiment intéressée. Edward réalise qu'il n'est qu'un faire-valoir dans leur relation. Une simple doublure. Celui qui remplace le véritable héros quand celui-ci est absent.
Il est stoppé dans ses pensées par une main qui lui tripote la manche. « Oh pardon. ».
Son attention étant fixée sur le couple devant lui, il met un certain temps avant de réaliser ce qui se passe. Il répond machinalement. « Ce n'est rien. ». Il n'a pas le temps de voir qui l'a touché que la personne a déjà filé. Pas mal de pensées parcourent l'esprit du jeune homme. La plus grande étant la déception. Pourquoi a-t-il fallu autant d'années pour qu'il réalise qu'il est en train de perdre son temps ? La voix d'Alice interrompt sa déconvenue. « Edward ! Te voilà enfin ! ». Bon là il ne peut plus faire marche arrière mais dès cet instant, il décide de remettre pas mal de choses en question.
« Désolé, je suis en retard. ». Il se rapproche de la jeune femme qui l'a mené par le bout du nez durant toutes ces années, et de son frère accroché à sa main. Il les salue et saisit une coupe de champagne à proximité. Il espère mentalement qu'Alice a bien rempli ses stocks car il en aura besoin ce soir.
Jasper lui demande. « Tu es venu seul ? ». Edward hoche la tête, se disant qu'il n'est pas sûr que Bee ait vraiment apprécié ce type de distraction. Déjà que lui-même ça le gonfle royalement. Il continue ensuite en discutant de banalités en leur compagnie et ils poursuivent la visite où Alice et Jasper s'étaient arrêtés. Tout en discutant, il remarque rapidement que quelque chose cloche avec son frère. Celui passe son temps à chercher quelque chose ou quelqu'un dans la salle. Au bout d'un petit moment, son regard semble s'être arrêté sur quelqu'un. Edward tente discrètement de voir qui attire autant l'attention de son frère.
Deux jeunes et jolies femmes sont en train de discuter et de rire. Elles semblent, toutes les deux, être en train de se moquer de quelque chose. La plus grande est une jolie métisse, habillée d'un tailleur pantalon noir qui met joliment en avant son teint caramel. Ses longs cheveux noirs, sont nattés, d'une manière qui se veut plus pratique que jolie. Elle est splendide. Edward se penche un peu pour tenter de voir le visage de l'autre femme. Il ne parvient pas à la voir complètement, mais le petit aperçu qu'il en a l'intéresse déjà vivement. Il n'a pas le temps de demander à son frère s'il les connait que celui-ci est déjà parti les rejoindre. Avant que Jasper n'atteigne les deux jeunes femmes, la métisse part rejoindre un autre groupe en train de discuter un peu plus loin.
Alice pose sa main sur le bras d'Edward. Elle fait signe à un serveur et prend une coupe de champagne qu'elle vide d'un trait. Edward fait de grands yeux. « Du calme Alice ! Je ne suis pas sûr que ce soit bon pour tes affaires qu'on te voit en train de rouler sous la table. ». Elle fait à peine attention à lui, son regard étant fixé sur Jasper. Edward regarde son frère qui vient de glisser son bras dans le dos de la jeune femme mystère. Edward porte sa coupe à ses lèvres et demande. « Qui c'est ? ». Alice soupire et dit d'un air dégouté.
« Je ne sais pas. Je ne pense pas la connaître. Ils semblent assez intimes. ». Edward pose sa coupe avant d'en prendre une nouvelle et se tourne à nouveau vers son frère. Celui-ci tient la jeune femme dans ses bras et lui embrasse la joue. Edward ne parvient toujours pas à voir son visage car elle est cachée par Jasper. Connaissant son frère, elle doit valoir le détour. Il remarque bien sa charmante silhouette et ses cheveux ondulés. Alice soupire à nouveau et semble prête à exploser. Il l'observe et remarque la jalousie qui enlaidit son visage avant de décider de la taquiner un peu.
« Ne serais tu pas un peu jalouse ? ». Elle tourne vers lui un regard noir et ne répond pas. Le rire de son frère ramène leur attention sur lui. « C'est vrai qu'ils semblent même bien plus qu'intimes... ».
Charlotte et Peter les rejoignent. Edward n'a jamais vraiment apprécié Charlotte, la trouvant un peu trop commère et dotée d'un mauvais fond mais étant la meilleure amie d'Alice, il lui passe son caractère de sorcière. Elle demande directement. « Alors qui est cette fille ? ». Tu parles d'une subtilité.
Alice dit. « On se posait justement la question. ». Peter sourit et tape du coude le bras d'Edward.
« En tout cas, il sait les choisir ! Purée, c'est un sacré morceau ! ». Charlotte lui pince le bras. Il rectifie rapidement le tir. « Nan, mais pas aussi jolie que toi ma chérie. ».
« Ouais c'est ça. ». Edward boit rapidement une gorgée de champagne pour éviter de dire à Peter que ce n'est pas beau de mentir ainsi.
Charlotte dit avec mépris. « Ce sont les vêtements qui la mettent en valeur sinon elle me semble assez quelconque. ».
Alice regarde intensément la jeune femme en question. « Non, il faut tout de même reconnaître qu'elle est jolie. Cette façon qu'elle a de se mouvoir. Puis porter du Burberry, des pieds à la tête, sans paraître guindée est déjà un exploit en soi. ».
Peter rajoute discrètement à l'attention d'Edward. « Moi, j'adore ses chaussures. Elle pourrait se balader à poil que je lui demanderais de garder ses chaussures. ». Edward baisse les yeux et en effet c'est le genre de pompes qui excitent... Hum... l'œil. Le rire de Jasper se fait encore entendre. Edward regarde le couple avec envie. Ils semblent si proches. Jasper pose délicatement sa main sur la joue de la jeune femme. Edward se tourne vers Alice et remarque qu'elle semble retenir son souffle. Charlotte l'attire par le bras vers une de ses créations, histoire de lui changer les idées. Edward reste planté là avec Peter. Contre toute attente, celui-ci lui dit. « Ça doit lui faire bizarre d'être délaissée pour une fois. ».
Edward le regarde étonné. « Pardon ? ».
Peter montre vaguement Jasper de la main. « Ça fait longtemps que je lui dit de passer à autre chose. Depuis quand ne l'avais tu pas vu sourire ainsi ? ». Edward considère son frère sous un nouvel angle. Il est vrai que Jasper est d'un naturel morose mais ces derniers temps, il semble bien plus détendu, voire même heureux. Esmée l'a même interrogé à ce sujet. Est-ce que c'est dû à cette nouvelle fille dans sa vie ? Est-ce que Jasper, qui a aussi beaucoup souffert de sa relation avec Alice, s'est remis de leur histoire ?
Peter pose une main sur son épaule. « Edward, je sais que toi aussi tu as... un profond attachement pour Alice mais... Est ce qu'elle vaut vraiment tout ce que vous vous infligez ? ».
Edward se passe la main dans les cheveux et termine sa coupe de champagne. « C'est ce que j'étais justement en train de me dire. Tu sais quoi Pete ? Je viens de me rendre compte qu'il faut enfin que je vive enfin ma vie. ». Il pose théâtralement sa coupe sur le plateau d'un serveur à proximité.
Peter lui tend une nouvelle coupe de champagne. « Ça mon ami, ce sont les meilleures paroles que j'ai entendu sortir de ta bouche ! ». Ils trinquent. « Il semblerait qu'il y ai de l'eau dans le gaz avec nos petits amoureux... ». Edward se tourne vers le couple. Jasper semble retenir la jeune femme. Elle est maintenant tournée vers la sortie et semble prête à partir. La belle brune fait un geste avec sa main semblant montrer sa marchandise et semble dire un au revoir précipité à son frère avant de filer.
Jasper reste quelques instants, immobile, le regard tourné vers l'entrée de la salle. Il se frotte l'arrière de sa tête et les rejoint, un grand sourire inscrit sur ses lèvres. Peter est le premier à réagir.
« Alors Jazz, c'est qui cette pépé ? Vous semblez assez copains... ». Edward sourit à cette allusion et écoute attentivement la réponse de son frère.
« C'est juste une amie... ». Peter renifle plein de sous-entendus. Jasper rit. « OK OK c'est bien plus qu'une amie. Mais ce n'est pas non plus ce que tu crois. ».
« En tout cas, si tu dois aller plus loin, dis-lui de garder ses chaussures. ».
Jasper sourit et mate son frère. Edward dit sérieusement. « Il y avait écrit 'Fuck-Me' tout autour d'elle... ». Ils éclatent de rire. Jasper boit une gorgée de champagne. « Ouais tu as remarqué. Quand elle est sortie de chez elle, habillée comme ça j'ai cru que j'allais... ». Il n'a pas l'occasion de finir sa phrase car ils sont rejoints par Charlotte et Alice.
Edward sourit. « Si tu ne veux pas dormir sur le canapé ce soir Pete, je te conseille de changer de sujet ! ». Les deux autres hommes sourient dans leurs coupes de champagne. Edward profite encore un peu de leur compagnie avant de décider de rentrer.
Une fois chez lui, Edward broie du noir. Il ressasse sa journée, ce qui lui vaut de remettre en cause tous ses sentiments. Il en a marre de se comporter comme une lycéenne dépressive et voyant qu'il n'est pas encore super tard, il décide d'appeler Bee, histoire de l'inviter à diner et de se changer les idées.
Bee arrive trente minutes plus tard avec une énorme pizza. Il lui file son ticket de caisse, message assez clair pour être rembourser et s'installe sans un mot à sa place habituelle dans le canapé. Il prend deux parts de pizza qu'il enroule d'une étrange manière, mais il faut le reconnaître, assez experte. Il mange goulument avant de demander.
« Alors quoi de neuf ? ».
Edward sourit devant le manège. Il s'installe à son tour sur le sol, devant Bee. Il saisit la télécommande et cherche machinalement un programme sympa à regarder. « Rien de spécial. J'ai eu une journée crevante physiquement et une soirée éreintante moralement. Alors je me dis que passer le reste du temps avec quelqu'un comme toi, ne peut que me détendre... ». Il rit en enfournant une part énorme de pizza. Bee lui retire des mains.
« Je croyais que tu n'aimais pas ça ! ».
« Alors tu as fait exprès d'en ramener ? Et tu comptes te faire rembourser en plus ! Quel escroc c'est incroyable ! ». Ils continuent ainsi à se chamailler. Après un moment de calme et en pleine digestion, Edward finit par lui demander. « Et toi ? Ça fait quoi de ne rien faire durant deux jours ? ».
« C'est cool. J'ai passé de bons moments et des moins bons. ». Edward se tourne vers Bee, intéressé par la tournure de leur conversation. Bee est allongé sur le ventre, sur les coudes et la tête soutenue par ses mains. « Dis-moi Edward, c'est quoi le plus dur ? Quelqu'un qui ne montre qu'une facette de sa personnalité ou quelqu'un qui ne vit qu'un amour non réciproque ? ».
Edward semble prendre le temps de réfléchir. « Tu sais je ne suis pas celui avec qui il faut discuter sentiment. Je reconnais que je suis assez naze sur le sujet... ».
Bee marmonne. « Comme si c'était la seule chose pour laquelle tu es naze ! Ah ah ah. ». Et ils recommencent à se battre comme des chiffonniers à coups de coussins et à renfort de magazines ou de programmes télés lancés adroitement dans le crane de l'adversaire.
Ils parviennent à finir leur repas et Edward prend ce qui reste pour débarrasser. En revenant de la cuisine, il voit que Bee a disparu. Il écoute les bruits de sa maison et entend des sons inhabituels dans l'entrée. « Bee ? ».
« Restes dans le séjour ! J'arrive ! ».
Edward s'installe confortablement dans le canapé et attend patiemment son ami. Celui-ci revient avec un petit paquet de feuilles colorées. « Tiens c'est pour toi ! ». Edward inspecte le paquet et ne voit rien de particulier.
« Hum... Merci ? ». Bee lui tape l'épaule.
« T'es con, c'est pas un cadeau ! C'est une commande ! Tu me fais tout un tas d'origami OK ? ».
« Tu as aimé ? Sérieux ? ». Il saisit une feuille et commence à la plier. Bee hoche la tête vigoureusement. Il regarde tous ses faits et gestes. Edward sourit car son ami semble prêt à prendre des notes.
Bee l'observe encore un moment avant de demander. « Alors Cullen ? Tu sembles plus détendu maintenant... Qu'est-ce que tu as fait de neuf aujourd'hui ? Ce n'était pas trop dur sans moi collée à tes basques ? ». Il continue à lancer des regards émerveillés devant les créations d'Edward.
Edward enchaine agilement les différents animaux et se retrouve bien plus détendu qu'auparavant. Il lui raconte le défilé. Bee lui demande pourquoi est-ce qu'il paraît si triste alors qu'il a passé la soirée avec la fille qu'il apprécie tant. Edward marmonne quelque chose incompréhensible. Bee soupire de dépit et se réinstalle confortablement sur le canapé avec un origami en forme d'oiseau. « Je te comprends plus Cullen. C'est pathétique. ». Il fait voler l'oiseau d'une main et souffle à plusieurs reprises sur sa frange pour simuler le vent et finit par le reposer sur son torse.
Edward reste silencieux un bon moment avant de marmonner. « Je vais arrêter d'aimer pathétiquement cette fille. ». Bee dit d'une voix plus embrumée.
« C'est une bonne idée. Aujourd'hui j'ai appris quelque chose tu sais... Cherche la personne faite pour toi plutôt que de tenter de t'adapter à une personne qui ne te convient pas réellement. Je sais ce que c'est d'avoir un amour à sens unique... ».
Edward reste assis par terre, pensif, au niveau de la tête de Bee. « Parce que tu vis un amour qui ne t'es pas rendu ? ». Bee tapote doucement sur les cheveux légèrement ondulés d'Edward.
« Ne parles pas de ma vie privée Cullen ! Elle est bien trop merdique et on va se mettre à regarder des films romantiques alors que je préfère largement mater Jason Statham. ».
Edward ricane et part ranger le reste de leur bazar dans la cuisine. « Bee, si tu crois que c'est facile d'oublier quelqu'un qu'on a l'habitude d'aimer. ». Il retourne à sa place et pose sa tête à côté de celle de son ami. « Je pense qu'on ne peut remplacer un tel amour que par l'aide de quelqu'un d'autre. ». Il soupire et se tient l'arête du nez. « Alice... Alice avait besoin de moi. ». Il reprend la télécommande et se remet à zapper frénétiquement. « Cela fait si longtemps... Mais il n'y a rien de son côté. Notre relation est quasiment au même point que lors de mes 17 ans. Je me suis mis toute ma famille à dos avec cette histoire et je me rends compte maintenant que cela ne mène à rien. ».
Edward repense aux conseils et prédictions de sa mère, qu'il n'a pas suivi, des avertissements de son père, dont il a bafoué la confiance juste par révolte contre lui et surtout son propre frère qui comptait sur lui pour prendre soin de sa petite amie. Il continue. « Je savais que ma soirée risquait d'être déprimante. Je ne veux plus être celui qui se retrouve seul... ». Il pose la télécommande et repasse sa main dans ses cheveux. « Pourquoi est-ce que de toutes les personnes que je connais, je ne pense qu'à toi ? Je savais que tu allais parvenir à me remonter le moral. ».
Il se tourne vers Bee, étonné par son manque de réaction suite à sa déclaration. Il passe la main devant le visage appuyé sur le canapé. « Eh Bee, tu dors ? ». Il rit doucement et observe la figure endormie. Il pose son doigt doucement sur la joue souple et douce de son ami et pousse sa chance jusqu'à sa lèvre inférieure toujours aussi boudeuse. Edward secoue sa tête et tapote son visage à plusieurs reprises vigoureusement avant d'aller prendre l'air sur sa terrasse. Il repasse ensuite par sa chambre pour retirer une couette et l'étaler sur le corps endormi dans son canapé avant d'aller se coucher dans sa propre chambre.
Le lendemain, la nouvelle formule mise en place par Edward marche à merveille. On se bouscule au café, dès le matin, pour profiter des petits déjeuners express mais aussi et surtout, pour admirer les princes. Et durant tout ce temps, Edward fait en sorte d'éviter Bee par tous les moyens possibles. Il ne cesse de se répéter que l'attachement qu'il lui porte est stupide tandis que Bee lui lance des regards inquiets.
xoxo
Alice finit de déjeuner dans la cuisine de Jasper. Ils discutent tranquillement des retombées du défilé. « J'ai entendu dire que tu allais avoir de bonnes critiques dans les journaux et même à la télévision. ».
Alice émiette la mie de son pain et sourit. « Oui et en plus j'ai déjà vendu les trois quart de ma production. ». Elle lui sourit. « J'ai rendez-vous à New York pour une interview avec Vogue. ».
Jasper qui était en train de faire la vaisselle, s'interrompt avant de se reprendre. « Oh, c'est bien. Tu auras l'occasion de revoir Demetri. ». Alice pose son verre près de l'évier.
« Non pas du tout. Je n'en ai pas l'intention. ». Un silence assez pesant s'installe, uniquement entrecoupé par les bruits de vaisselle. Alice prend appui contre le plan de travail et sourit. « Tu sais... Quand je te vois comme ça, ça me fait regretter d'être aussi indépendante. ». Elle se rapproche de lui. « Je me demande où on en serait si je t'avais sauté dans les bras plutôt que fuir comme je l'ai fait... ».
Jasper ne répond rien et continue son ménage. Alice débarrasse le plat dans lequel était concocté leur déjeuner. « Je ne me rappelais pas que tu étais si bon cuisinier ! Ou est-ce ta petite amie qui te donne des cours ? ».
« Ali, tu sais que je ne veux pas parler d'elle avec toi. ». Il finit de rincer les verres.
« Alors comment je dois faire si je ne connais pas mon adversaire ? ». Jasper se tourne vers elle en souriant et l'éclabousse.
« Je ne savais pas que j'étais un trophée. ». Alice rit et pose sa main sur la joue de Jasper.
« J'ai fait ce que tu m'avais dit Jazz. J'ai vécu mon rêve comme je l'entendais mais maintenant, je souhaite le poursuivre avec toi. ».
Jasper retire sa main et demande. « Tu ne t'es jamais dit que cela ne dépendait pas uniquement de toi ? ».
xoxo
à bientôt !
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