Coffee Prince « Café des Princes ».
Twilight, à S. Meyer & The 1st Shop of Coffee Prince, à Lee Sun Mi
Création de Lex Lina
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Chapitre 13
Darjeeling
Edward relâche brutalement son étreinte en marmonnant. « Maintenant je sais... Excuses moi... Bon... Hum... Je dois y aller. ». Il part sans même se retourner, laissant Bee complètement abasourdi.
La porte claque derrière lui. Il tente de reprendre un souffle qu'il ne savait point perdu et prend appui contre une étagère à proximité avant que ses jambes, après ses poumons, ne le lâchent à leur tour.
Edward traverse rapidement la grande salle pour aller s'enfermer directement dans son bureau. Une fois à l'intérieur, il se pose lourdement sur le canapé et se tient le cœur. Il soupire et repose sa tête sur le bord. En fermant les yeux, il tente d'analyser ce qu'il vient de vivre.
James entre, comme si le diable était à ses trousses, et ferme la porte derrière lui. Il s'installe tout contre son ami et les mains sur les genoux, attendant la confession qui lui fera gagner une petite somme rondelette. Edward tourne à peine la tête, et voyant que c'est James, guilleret telle une petite puce sauteuse, il referme ses yeux et appuie son bras contre son visage.
James soupire. « Oh non Edward ! Ne me dit pas que tu ne lui as rien dit ! Merde j'avais parié sur toi ! ». Edward relève sa tête brusquement.
« QUOI ? Lui dire quoi ? Et de quel pari parles-tu ? ».
James fait un grand sourire, qu'il espère assez charmeur. « Nan... Hum... Je me suis mal exprimé. Je pensais que tu arriverais à régler ton problème sur ce coup-là... Hum... Qu'est-ce que tu vas t'imaginer ? ». Il se tourne vers la porte et tend l'oreille. « Ah tient, on m'appelle ! ». Il file plus vite que le vent profitant du fait qu'Edward soit trop plongé dans ses pensées pour réaliser qu'il a été l'objet d'un pari. Surtout un pari spéculant sur le fait qu'il soit peut être homo. James sourit, depuis le temps qu'il attend un tel dénouement, il peut bien attendre quelques jours de plus.
Quand Edward sort de son bureau, il apprend par Billy que Bee est déjà parti avec Emmett et Seth tandis que James pleure telle une diva, dans son coin, criant à qui veut l'entendre qu'on ne peut se fier à ses amis.
Le lendemain, Edward est au comptoir, servant les clients tranquillement et observant Bee du coin de l'œil. Son cerveau tourne à plein régime.
Pourquoi mon amitié avec lui serait différente de celles que j'entretiens avec mes autres potes ? Non, tout ça c'est dans ma tête...
Il reste tant fixé sur Bee que celui-ci s'approche pour lui demander. « Quelque chose ne va pas ? ».
« Non. ».
« Tu es sûr ? Tu as quelque chose à me dire ? Tu veux parler un peu ? ».
« Non. Non. Et non merci. ». Edward ne prend même pas la peine de croiser son regard. Bee pose son plateau en soupirant avant de prendre une autre commande.
« OK... ben si tu changes d'avis, tu sais où me trouver. ». Il repart aussitôt et virevolte entre les tables.
Billy s'approche d'Edward et dit. « Tu sais il nous manque quelques produits dans la réserve et il serait bon que quelqu'un aille en chercher directement dans un supermarché... Tu peux y aller ? Enfin je dis ça... C'est pour dépanner. ».
Edward le regarde inquiet. « Je ne suis pas sûr que cela réglera mon problème. ».
« Non mais cela répondra peut être à certaines questions. ».
Une demi-heure plus tard, Edward sillonne les rayons d'une grande librairie, Bee sur ses talons qui porte une pile de bouquins à l'équilibre précaire. Il tient déjà les sacs du supermarché dans lequel ils sont allés une demi-heure plus tôt.
Le jeune homme se tourne vers son petit larbin et ricane doucement. Il l'entend plus qu'il ne le voit. « Tu sais, je pense que cela dépasse les compétences demandés à un serveur ! J'ai encore des tas de choses à faire dans le café plutôt que de te servir de boy ! Tu pourrais répondre au moins Cullen ! ».
Il pose encore deux magazines sur les bras déjà chargés. « Tu parles trop gamin. ».
Bee se tourne vers l'étal des journaux et magazines. « Oh regardes la couverture de celui-là ! Carlisle Cullen ! C'est ton père ! Oh. Mon. Dieu ! Miam ! Comment il est craquant ! Oh Tu as vu... lui, il sait sourire ! Tu me le présenterais ? Non parce que un Cullen qui sourit ça mérite d'être vu non ?».
Edward pose un autre journal sur la couverture où son père est publié. « Tu parles vraiment trop Bee. Puis... C'est dégoutant ! Tu parles de mon père là ! ». Ils rient tous les deux.
Une fois leurs achats finis, Bee réussit à le convaincre de s'arrêter dans un petit parc, où ils finissent par acheter une boisson et même une glace. « Ouah le grand Edward Cullen qui se mélange à la population et en vient même à manger une glace comme le commun des mortels ! ».
Edward sourit. « Depuis que je te connais, j'ai déjà mangé des glaces et des pizzas je te signale. ».
Bee acquiesce en bougeant sa tête violemment « Oui mais pas en public... » et lui fait un grand sourire. « Alors pourquoi tous ces livres ? ».
« C'est pour toi. ».
Bee fait tout un tas de petits sauts. Edward sourit en se disant qu'il faut qu'il éloigne Bee de la mauvaise influence de James. Cette tendance à sautiller partout l'exaspère. « Sérieux ? ».
« Tu m'as dit que tu voulais reprendre tes études alors tous ces livres parlent des différentes orientations à la mode maintenant, tu pourras faire un choix plus facilement. ».
Edward reste sans bouger quand Bee le prend machinalement dans ses bras pour le remercier mais leur instant est interrompu par le téléphone de Bee.
Bee s'écarte un peu pour répondre et chuchote. « Oh salut Jasper. Comment vas-tu ? ». Edward est resté immobile, étonné du fait qu'il appréciait le contact avec son ami.
Edward observe Bee qui saute sur place. Il ressent un pincement sans savoir pourquoi. Intrigué, il demande. « Qui c'est ? ».
Bee se tourne vers lui. « Tu ne sauras pas. ». Edward soupire et passe sa main dans ses cheveux, frustré d'être mis à l'écart. Il se doute que c'est le mec que Bee voit régulièrement.
Certaines limites sont dures à trouver, le bien et le mal, l'amitié et l'amour, parfois même l'intérêt et la jalousie... tout n'est qu'une question de point de vue. Et rien n'est plus changeant qu'un point de vue.
Edward reste assis dans le parc tandis que Bee poursuit sa conversation. Une certaine jalousie le ronge petit à petit. Voir son ami qui rit et plaisante avec quelqu'un qu'il ne connait pas, provoque chez le jeune homme un sentiment dont il n'a pas l'habitude.
Quand Bee revient vers lui, Edward tente de rester impassible mais sa colère est franchement visible. Bee lui dit. « Un jour... Il faudrait que je te présente un de mes meilleurs amis... Je suis sûre qu'il te plaira... Vous êtes presque pareils ! ». Edward soupire et part devant, laissant Bee seul dans le parc. Celui-ci ramasse tous les sacs de courses et rattrape Edward qui marche tranquillement. « Edward ! Je me disais... Vu qu'on a les sacs... Enfin, vu que je porte tous les sacs, on peut prendre le métro pour rentrer ? ». Edward acquiesce et se laisse diriger vers l'entrée de métro la plus proche.
Sur tout le chemin du retour, ils ne cessent de se chamailler, mais arrivent à se calmer une fois qu'ils entrent dans une rame bondée du métro menant au café. Ils ne peuvent s'empêcher de sourire et de pouffer comme des gamins quand le train amorce les virages et son freinage comme s'il participait à 'la course à la mort', faisant valdinguer les passagers au moindre cahot. Mais Edward est de plus en plus mal à l'aise. Ils n'ont que peu de stations et le train se remplit rapidement au point qu'il est obligé de se caler au plus près de Bee, qui lui est déjà coincé contre la vitre.
Bee semble gêné par quelque chose et Edward finit par remarquer ce qui le dérange. Un homme d'âge plutôt mur, s'obstine à se coller contre son ami et cela que le train avance ou non. Étant largement plus costaud que Bee, ce dernier pourrait lui laisser un peu plus d'espace vital alors Edward décide de prendre les choses en main. Il se déplace entre eux, montrant clairement à l'autre homme que Bee est, en quelque sorte, sous sa protection. C'est juste à ce moment que le train freine brutalement. Le mouvement de foule projette Edward directement sur son ami. Bee reste immobile comme tétanisé. Ses yeux sont clos et Edward ne peut s'empêcher d'admirer la longueur incroyable de ses cils. Quand Bee relève la tête, il lui dit doucement « Edward, tu sens bon. » avant de prendre appui plus confortablement sur son ami. Edward soupire mais laisse Bee appuyer sa tête contre son torse tout en espérant que les battements de son cœur ne le trahissent pas. Il regarde partout ailleurs pour ne pas reposer ses yeux sur la personne qui chamboule toutes ses convenances.
Quand ils parviennent à descendre, Edward est déjà presque sorti de la gare et, quand il se retourne, il se rend compte que le petit voyou est complètement à la traine. Il a un comportement étrange. « Bee, Ça ne va pas ? ». Bee cherche dans la poche de sa chemise, complètement affolé et finit par sortir un papier quelque peu abimé par le voyage. Edward reste bouche bée devant l'objet. « Pourquoi est-ce que tu as encore ce truc-là ? ». C'est l'origami qu'il lui a fait, lorsqu'ils étaient chez lui. Bee soupire et se mord la lèvre. « Je l'adore puis... Il est important, c'est tout. ». Edward détourne la tête, cherchant à ne pas montrer le mélange d'anxiété et de joie que cette déclaration lui procure.
Plus tard dans la soirée, alors qu'il est chez lui et qu'Edward tente de travailler sur le budget du café, ses yeux restent posés sur le tas de feuilles colorées que Bee lui a offert. « Je suis le patron et tu es mon employé... tu es un employé comme les autres... tu auras le même traitement que les autres... laisses moi tranquille... pitié sors de ma tête ». Il éteint la lampe posée sur son bureau, plongeant la pièce dans une semi obscurité. « Sors-toi ça de la tête, Edward ! C'est un mec ! ». Répétant toutes ces phrases comme un mantra, Edward va se coucher, espérant que ses idées soient plus claires le lendemain.
xoxo
Le lendemain, Bella arrive plus que joyeuse dans le café, elle salue les clients et les princes avant de filer dans les vestiaires. Seth s'y trouve déjà, il sourit quand il se rend compte que Bella n'attend même pas qu'il s'en aille pour se déshabiller. Il prend appui contre le casier d'Emmett, observant les bandages qui camouflent la poitrine de la jeune femme.
« N'as-tu pas peur que je dévoile ton secret ? ».
Bella passe la tête sous son top et attrape sa chemise. « Pourquoi faire une chose pareille ? Tu n'as rien à y gagner et nous le savons tous les deux. ». Seth rit doucement.
« Tu ne changeras donc jamais ? ».
« C'est pour ça que tu m'aimes Seth ! ». La jeune femme s'apprête à partir quand elle remarque un origami posé sur le banc à proximité. Elle fait de grands yeux étonnés. « Où est ce que tu as eu ça ? ».
Le jeune homme attrape le bout de papier savamment plié et le tourne en tous sens. « Oh ça ? C'est Edward ! Tout le monde en a eu un dans son casier, pour fêter notre réussite... C'est sympa. ». Bella ne se rappelle pas avoir vu un tel objet en arrivant. Elle ouvre à nouveau son casier mais ne trouve rien. Seth, lui aussi, est surpris. Il lève des sourcils suspicieux. « Peut-être qu'il a prévu quelque chose de spécial pour toi ? Quoi que le connaissant, il est tellement bouché que ça va se retourner contre lui. ».
Bella referme son casier en le claquant. « Oh tais-toi Seth. Je vais demander directement à la personne concernée. ». Elle ouvre la porte, toujours aussi joyeuse et chantonne. « Edward ! Edward ! ».
L'homme en question est dans son bureau, travaillant sur les comptes toujours obscurs du café. Bella entre sans frapper et s'installe sur le coin du bureau. « Edward ! Je ne comprends pas, je n'ai pas eu d'origamis ! Tu sais que je les adore en plus... ».
Il lève les yeux, souriant à la voix enjouée de son employé. « Tu en as déjà eu un, il me semble. ». Il tape son stylo contre la jambe de Bee qui est près de sa main.
« Oui mais ce n'est pas pareil. Là c'est une occasion spéciale ! ». Bella se permet de poser sa main sur la tête de son patron, s'extasiant sur la douceur de ses cheveux. Elle sourit quand la tête d'Edward s'appuie doucement sur sa main avant qu'il ne relève la tête sombrement, réalisant leur intimité.
« Tu devrais aller travailler. ».
La jeune femme ne s'est pas encore rendu compte du changement d'humeur d'Edward. « Pas avant d'avoir eu mon cadeau. ».
Edward repousse sa main violemment. « Putain Arrêtes Bee. Pour qui tu te prends ? ».
« Quoi ? ». Elle redescend du bureau. « Quelque chose ne va pas ? Tu peux tout me dire …. Je peux peut être t'aider ? ».
Sans même la regarder, il déclare. « Je te demande de sortir de ce putain de bureau et de foutre le camp. ».
Bella soupire. « OK j'y vais. Bon à plus tard alors. ». Elle ferme la porte avant d'aller rejoindre Billy au comptoir.
Voyant son teint blafard, Billy l'interroge sur son état. Bella tapote le zinc avec le bout de ses doigts. « Je ne le comprends pas Billy. Pourquoi est-ce qu'il peut être adorable avec moi... au point que mon cœur cogne si fort pour qu'ensuite il me gifle... ». Elle lève ses mains en défense devant le regard outré de Billy. « Au figuré, je veux dire, pas littéralement. Il ne l'a pas vraiment fait. Mais cela me fait mal de la même façon. ».
Le vieux gérant inspecte un verre, souffle dessus et entreprend de le frotter allègrement avec son torchon. « Dis-lui la vérité et tout ira pour le mieux. ».
Bella le regarde, furieuse. « Tu m'aides pas là, Billy. ».
« Je sais chérie et c'est pour ça que je suis là pour toi. Allez viens manger une gaufre. ». Il se lève et part vers la cuisine en riant. Bella pouffe à son tour et se lève pour le rejoindre.
xoxo
La fin du service approche, Edward finit par sortir de son bureau. Il aide Bee qui porte plusieurs plateaux chargés dans un équilibre précaire. Le jeune passe la main dans ses cheveux, ne sachant pas s'il aura l'occasion de s'excuser pour son comportement du matin. Mais il a ressenti un tel bien être quand son ami lui a caressé les cheveux qu'un dégout tout aussi fort s'est déclenché au même moment. Edward a passé l'après-midi à tenter de contrôler ses sentiments et ses pulsions.
Décidant qu'il est temps qu'il rentre chez lui, Edward va dans son bureau pour récupérer ses affaires. En revenant, son estomac se resserre devant la scène qui se produit devant ses yeux. La musique à fond, James et Bee chantent à tue-tête une chanson, improvisant un duo avec leurs balais en guise de micros.
« I kissed a girl and I like it, the taste of her cherry chapstick, I kiss a girl and I like it, I hope my boyfriend don't mind it ! ».
Une certaine jalousie le mine mais il préfère l'ignorer. Bee se fixe quand leurs regards se croisent et chante plus doucement.
« It's feel so wrong, it's feel so right... Don't mean I'm in love tonight... ».
Il sourit mais Edward ne lui rend pas. Leur show continue encore quelques minutes avant que Bee n'aille ranger quelques bouteilles sous le zinc et quand il se redresse, Edward est là, juste au-dessus, qui l'observe.
« Qu'est-ce que tu as ? ».
« Bee ? Est-ce que tu m'aimes ? ». Bee se redresse brusquement, coinçant ses doigts quand la porte du placard se referme. Ses joues prennent feu et il bégaie.
« Pour... Pourquoi tu veux savoir ça ? ».
Edward pose sa main sur le sommet de la tête de son ami et frotte doucement ses cheveux. « Je ne suis pas quelqu'un qu'on apprécie longtemps. Tu te ferais souffrir pour rien. ». Avant que l'un d'entre eux ne puisse ajouter quoi que ce soit, James arrive.
« On va tous au restau ! Vous venez avec nous ? ».
Bee acquiesce et part au vestiaire pour récupérer ses affaires. Edward reste à coté de James. « Je ne suis pas motivé mais je passerais peut être. ».
Lorsque Bee ressort du vestiaire, Edward est déjà parti.
xoxo
Bella rentre tard chez elle, mais elle est ravie de la soirée passée en compagnie des princes et du fait que Rosalie soit venue les rejoindre au restaurant, après ses cours du soir. Cette dernière la nargue encore sur le fait que Bella a passé plus de temps à regarder sa montre, son téléphone et l'entrée du restaurant à la recherche du moindre signe d'Edward qu'à profiter de la soirée.
Une fois dans la cour, elle perçoit quelque chose de différent. Inspectant les lieux, elle trouve un petit paquet mis en évidence sur sa moto. Aucune indication. Juste une carte qu'elle lit à haute voix. « Bee... Voilà le tien. ». Rosalie passe derrière elle et regarde à son tour.
« Bizarre comme mot ! Tu sais qui c'est ? ».
Bella secoue doucement la boite en souriant. « Yep. ».
Vingt minutes plus tard, alors qu'elles sont fraichement douchées et en pyjamas, les deux sœurs se retrouvent, assises en tailleur, sur le lit de Rosalie, le paquet mystérieux les séparant. Rosalie dit abruptement. « Alors tu l'ouvres cette putain de boite ? ».
Bella se mord la lèvre et acquiesce. Elle tend une main fébrile vers le paquet. Rosalie rit devant les yeux émerveillés de sa petite sœur. Bella expose à la lumière un petit cygne créé à l'aide une sorte de papier de soie irisé qui change de couleur selon l'emplacement où l'on regarde. La jeune femme demande les yeux brillants.
« Est ce que cela veut dire quelque chose ? Je ne comprends plus ! Est ce qu'il m'aime ou au moins est ce qu'il s'intéresse à moi ? ».
Rosalie effleure le papier pour en apprécier la texture et lance un regard triste vers sa sœur. « Ne confonds tu pas amour et amitié Bella ? N'oublies pas qu'il t'aide à trouver un autre boulot, il te rejette sans véritable raison... Puis ce n'est qu'un bout de papier, ça ne veut rien dire... ».
Bella hoche la tête et après avoir mis le cygne en sécurité, elle va se coucher auprès de sa sœur, plutôt que d'aller dans son lit. Un peu de chaleur humaine lui fera le plus grand bien.
Rosalie la prend dans ses bras, comme lorsqu'elles étaient petites et se permet un dernier commentaire. « Vous passez votre temps à vous envoyer des signaux contradictoires. Puis tu as le mauvais rôle dans cette histoire. N'oublies pas que la menteuse, c'est toi Bella. Tu n'imagines pas sa déception s'il apprend la vérité. ».
Un quart d'heure plus tard, alors que Rosalie dort déjà profondément, Bella ne cesse de repenser à ce que sa sœur lui a dit. Elle se redresse et décide de passer à la vitesse supérieure. La jeune femme prend son portable, et se glisse par la petite porte fenêtre qui mène à un petit balcon, recouvert de plantes odorantes.
Bella déglutit et appuie sur une touche préenregistrée.
« Allo ? Est-ce que c'est une heure pour déranger quelqu'un ? ».
Elle sourit et retrouve le souffle qui lui manquait. « Merci pour le cadeau. ».
La voix exaspérée d'Edward lui demande. « Me dis pas que c'est pour ça que tu m'appelles ? Putain, tu as vu l'heure Bee ? ».
« Non. Il y a des choses que j'aimerais savoir. Comme par exemple... Pourquoi un cadeau aussi chouette ? ».
Un moment de silence apparaît, où elle l'imagine très bien en train de chercher une réponse satisfaisante, en se passant la main dans les cheveux ou encore à se pincer l'arête du nez.
« C'est juste pour t'encourager... Hum... Te dire de continuer ainsi... Ouais … tu vois le genre ? Puis tout le monde en a eu un... Alors ne t'emballe pas hein ? ».
Bella soupire. « OK... Ben merci Edward... ». Elle raccroche sans même attendre qu'il réponde. La jeune femme glisse le long de la rambarde et pose le téléphone contre sa poitrine. Elle murmure. « Je te l'ai donné parce que je t'aime... ce serait tellement plus simple à dire... pourquoi ne pas le faire Edward ? ».
xoxo
Edward n'a pas réussi à dormir correctement. L'appel nocturne de Bee l'a plus que perturbé. Étant encore éveillé aux aurores, il décide de mettre cela à profit et va courir.
Au bout d'une heure, alors qu'il est sur le chemin du retour, son téléphone portable sonne. Une voix enjouée retient son attention, au point qu'il arrête sa course.
« Salut patron ! ».
Il pince l'arrête de son nez entre son pouce et son index et demande. « Bee ? Pourquoi est-ce que tu m'appelles à cette heure ? ». À l'autre bout du fil, Bee ne prend même pas le temps de répondre à sa question.
« Est ce que tu as mangé ? ». Qu'est-ce que ça pouvait être d'autre qu'une question de nourriture ? Edward sourit en pensant à l'estomac sur pattes qui lui sert d'employé.
« Non Pourquoi ? ».
« On peut manger ensemble, ça te dit ? ».
Une sueur froide coule dans son dos, à l'idée de se retrouver seul en compagnie de son ami. « NON. ».
La voix de Bee est surprise et déçue. « Quoi ? Mais pourquoi ? ».
Edward passe sa main dans ses cheveux humides de transpiration.
Qu'est-ce que je fais ? Depuis quand je me mets à rejeter mes amis ? Et à avoir peur de revoir Bee ?
« Allo ? Edward ? Il y a un problème ? Allo ? ».
Edward soupire une nouvelle fois et prend appui contre une barrière. En y réfléchissant, ce serait tout aussi terrible de rater un moment en sa compagnie. « Non aucun problème. Tu connais mon parcours de jogging ? ».
Bee retrouve sa voix enjouée. « Oui ! Oui ! ».
« Alors retrouves moi dans le square. ». Il ne prend même pas le temps d'écouter la réponse qu'il a déjà raccroché. Edward fait les cent pas sur le trottoir, se demandant s'il a fait le bon choix. Un dernier coup d'œil à son téléphone et lui vient une idée. Il décide d'appeler une personne qui lui changera les idées.
xoxo
Bella est ravi de rejoindre Edward dans le parc où il fait son jogging. Comme elle savait déjà qu'il y avait toutes les chances qu'il accepte, elle lui a préparé des cookies et du chocolat chaud. Ils s'installent pour pique-niquer mais la jeune femme déchante rapidement quand Alice finit par les rejoindre.
La jeune femme est encore plus attristée quand Edward se jette sur les viennoiseries françaises qu'Alice a pris soin de leurs apporter. Plus le temps passe et plus la sophistication d'Alice la met mal à l'aise et rend son humeur massacrante.
Edward se rend compte que son ami boude un peu et reste dans son coin alors il la taquine un peu. Mais, cela est encore plus terrible aux yeux de Bella et rapidement des mots blessants fusent entre les deux amis.
xoxo
Alice ne sait quoi faire dans cette situation. Connaissant la vérité sur Bella, elle se dit qu'elle pourrait la défendre mais d'un autre coté... sa jalousie envers la relation de Bella avec les deux frères Cullen fait qu'elle les laisse se disputer de plus en plus violemment. Elle ne parvient pas à retirer le sourire qui s'inscrit sur son visage, à la vue des joues rosées de Bella, montrant combien celle-ci est furieuse.
Alice n'écoute même pas leurs arguments car elle sait qu'Edward va bientôt être assez odieux pour briser le lien d'amitié qu'il y a entre eux. C'est dans sa nature, un vrai prédateur. Quand il part en chasse c'est pour tuer. Elle saisit un grain de raisin et l'apporte à sa bouche, savourant le liquide délicat qui en sort.
Comme elle s'y attendait, Bella s'approche d'elle, furieuse. « … Tu ne respectes vraiment rien Edward... Alice, je suis désolée mais je ne peux pas rester à proximité de ce sale type, une seconde de plus. Alors à bientôt ! ». Elle reste impassible et hoche la tête à une Bella qui est déjà de dos, marchant rapidement pour effectivement mettre la terre entière en elle et le jeune homme qui fait les cents pas comme un maniaque dans le square.
Alice se redresse, époussette son tailleur et s'approche d'Edward. « Alors qu'est-ce qu'il se passe ? ». Habituellement, Edward rejette sa faute sur les autres et c'est Alice se retrouve à le consoler, mais là, contre toute attente, il hausse le ton.
« Putain qu'est ce qui m'a pris. Ahh je suis trop con. Désolé, Alice, faut que je rentre. ». Il lui embrasse la tempe. « On se rappelle plus tard OK? ». Elle reste là, toute seule dans le parc, un petit moment avant de finalement se décider à rentrer chez elle.
xoxo
L'ambiance au café est électrique et Bella ne sait plus quoi faire. Elle est tellement furieuse après Edward qu'elle décide de changer sa pause déjeuner avec James pour éviter d'avoir à déjeuner avec son patron, comme cela était prévu au départ.
Sur la terrasse, Bella se repose, la tête sur les genoux de Seth, tandis qu'ils savourent un rayon de soleil. Emmett les rejoint, la jeune femme en profitant pour poser ses jambes sur les siennes et ils discutent joyeusement. Leur intermède est vite stoppé par un Edward irascible. La jeune femme sait que c'est à cause d'elle, alors elle tente de calmer le jeu afin d'éviter de jeter la colère de son patron sur les autres employés. Mais, moins d'une heure plus tard, un autre éclat se produit.
Bella se mord la lèvre. Une jolie fille, un peu trop hautaine, lui fait un regard méprisant. Cette cliente a le don de l'exaspérer à chacune de ses visites. Il y a toujours quelque chose qui ne va pas. Le thé n'est pas assez chaud, pas assez fort, il manque de sucre, de lait, de crème... les scones sont bons mais elle préfère qu'ils soient toastés et ainsi de suite jusqu'à l'épuisement du serveur. Aujourd'hui, c'est simplement que son chocolat n'a pas assez de mousse. Bella lui répond calmement.
« Dans ce cas, Madame, il eut fallu commander un viennois et non un classique. ».
La cliente est mécontente. « Je commande ce que je veux et ce n'est pas à vous de critiquer mon choix. ».
Bella essaie de ne pas marcher dans son jeu. « Je ne me permettrais aucunement de vous critiquer Madame mais... ».
« Allez ! Changez moi ça ! ». Bella saisit la tasse et retourne voir Billy au comptoir. Edward qui a entendu la scène en rajoute un peu.
« Bee, n'oublies pas que la cliente à toujours raison. ». Le plateau de Bee frappe durement le zinc.
« Il y a tout de même des limites. Je ne suis pas son esclave non plus. ».
« Je ne te dis pas d'être son esclave mais au moins d'essayer d'être poli. Mais je pense que c'est surement trop demandé pour quelqu'un comme toi. ».
Bella plisse les yeux et soupire. « Qu'est-ce que tu veux dire par là ? ». Billy tente de calmer la situation en déposant un nouveau chocolat bien crémeux. Mais c'est déjà trop tard.
Edward dit nerveusement. « Tu passes ton temps à te plaindre et à faire croire que tu es gentil et adorable alors que tu n'en penses pas moins et tu profites de la bonté des autres. ».
« Pardon ? ».
Edward se dirige vers son bureau. « Tu as bien entendu. ».
Bella repose le plateau non servi sur le comptoir et dit d'une voix forte. « Arrêtes Edward. ». Celui-ci, la main sur la poignée de la porte, hésite à continuer son geste, mais il décide de se retourner pour faire face à son employé.
« Quoi ? tu as encore quelque chose à ajouter ? Qu'est ce qui ne va pas cette fois princesse ? ». Emmett et James arrivent rapidement autour des deux amis, tentant de détendre l'atmosphère, mais rien y fait. Bella et Edward se font face et rien ne va plus.
« Ne m'appelles pas comme ça ! ».
« Alors arrêtes d'agir ainsi. Écoutes je te demande juste de respecter les personnes autour de toi et de travailler correctement. ».
Retenant les larmes de colère et de frustration qui menacent de couler, la jeune femme demande d'une voix triste. « Pourquoi ? pourquoi est-ce que tu me fais ça ? ».
Edward la regarde de haut. « Pourquoi est-ce que je fais quoi ? tu n'assumes même pas la vérité ? Ahh non c'est vrai que là tu fais un effort… Généralement quand on te contrarie tu te sauves ! ».
Bella prend plusieurs inspirations et tente d'être la plus mature des deux dans leur dispute. « Je n'écouterais pas un mot de plus. Tu es odieux pour rien. Je sais comment tu peux être et là ce n'est pas le Edward que je connais qui parle. ». Bella pose son carnet de commande sur le comptoir pour que Billy puisse le ranger. Le vieux gérant lui fait un sourire compatissant. « Je vais rentrer et on en reparlera plus tard. ».
« Putain arrêtes de faire comme si tu me connaissais. Tu ne sais rien de moi. Et tu as raison. Rentres chez toi et ne reviens pas. ».
James intervient. « Nan Edward c'est bon. On est tous un peu sur les nerfs mais on va se calmer, pas vrai ? ».
« Non. C'est décidé, je ne veux plus de lui. Toutes les semaines, on s'embrouille pour quelque chose. Qu'il cherche autre chose à faire parce que je n'ai plus besoin de lui ici. ».
« Tu plaisantes ? tu me vires sans véritable raison ! ».
« Retournes faire tes petits boulots merdiques. Je ne veux plus te voir ici. ». Les phrases que vient de dire Edward lui laisse un gout amer. Il ne pense même pas ce qu'il vient de dire, mais il n'a pu s'en empêcher. Le jeune homme veut que Bee ressente la même douleur que lui. Cette plaie, béante et lancinante, qui le prend dès le matin et qui l'empêche de dormir la nuit.
En moins de cinq minutes, Bella a pris ses affaires dans le casier, promettant de venir chercher le reste plus tard avant de claquer la porte d'entrée du café.
Un grand silence règne dans la salle.
James ne prend même pas la peine de regarder son meilleur ami. Il secoue la tête et marmonne. « Tu es allé beaucoup trop loin sur ce coup-là. Si tu n'assumes pas tes sentiments, ne lui rejette pas la faute pour autant. C'est lâche ce que tu viens de faire. ».
Emmett prend le plateau que Bella a laissé sur le comptoir et apporte la tasse de chocolat à la cliente. Celle-ci, reste bouche bée devant ce qui vient de se produire quand Emmett lui dit. « Vous avez intérêt à savourer votre commande et ne remettez jamais plus les pieds ici. ».
xoxo
à bientôt !
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