Coffee Prince « Café des Princes ».

Twilight, à S. Meyer & The 1st Shop of Coffee Prince, à Lee Sun Mi

Création de Lex Lina

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Chapitre 15

Earl Grey

C'est exactement comme Edward l'imaginait. Les lèvres qui se posent sur les siennes sont douces et emplissent le vide qui persiste dans son cœur mais il finit par les repousser, regrettant de perdre la chaleur qu'elles lui procuraient. Le jeune homme écarte brutalement son ami. « Tu es dingue ! Qu'est-ce que tu fais ? ».

Bee sourit, un peu gêné. « Fais pas comme si ça te choquait. ».

Edward se passe la main dans les cheveux. « Peut-être mais ce n'est pas une raison pour le faire ! ».

Bee ouvre la cannette qu'Edward lui tend. « Arrêtes de faire comme si c'était la première fois qu'on s'embrassait ! ».

Edward reste surpris. « Hein ? ».

Bee prend une gorgée de sa boisson. « Nos rendez-vous arrangés… Rappelles toi. ».

Au souvenir des accolades et des baisers, aussi fugaces et appuyés soient-ils, qu'il lui a monnayé, lorsqu'il se faisait passer pour un homo, Edward sent ses joues rougir. Il détourne la tête pour éviter que son ami s'en rende compte. Il marmonne. « Je ne sais pas pourquoi je perds mon temps à te parler. ».

Bee continue à se moquer de lui. « Mais cette manière que tu as de fermer doucement les yeux…. C'est… ». Il tape le bout de son doigt sur son menton. « C'est sexy… ». Il l'imite, plissant sa bouche en un pseudo baiser et grimaçant sur la fin. Edward sourit, un petit rire s'échappant de son torse.

« QUOI ? Moi j'aurais fait une chose pareille ? ».

Bee boit encore une gorgée et acquiesce. « Je t'assure. Tu y prends gout ! ». Il continue à l'imiter au point qu'Edward lui lance un coussin pour le faire taire. Le sourire moqueur toujours inscrit sur son visage, Bee se redresse. Il se rapproche d'Edward et demande. « Ça va mieux ? ». Edward acquiesce. Son ami lui tape sur le genou et s'étire. « OK, Alors tu me fais à manger ? J'ai une putain de dalle ! ».

xoxo

Bella, la tête soutenue par son coude, observe son patron qui cuisine. Elle reste assise à table, le ventre tellement vide qu'elle pourrait ronger ses couverts, alors qu'elle le scrute en train de détailler les petits légumes, de trancher la viande finement et de gouter la sauce du bout de sa cuillère en bois. Ok, il n'y a qu'Edward Cullen qui est capable de rendre la cuisine sexy. La jeune femme passe sa main discrètement sur ses lèvres. Le moment, aussi rapide qu'il fut, est gravé dans son esprit. Elle est tellement obnubilée par son geste, qu'elle est surprise quand Edward lui tend une assiette fumante.

Il lui fait un signe de la tête pour qu'elle le suive sur la terrasse. Ils mangent en silence, s'autorisant quelques sourires et regards discrets. Finalement, Edward rompt le silence et déclare. « OK, tu as réussi à me remonter le moral. Mais, embrasses moi encore une fois et je te jette du toit. ».

Bella pouffe de rire, laissant presque échapper le contenu de sa bouche. Edward lui tend sa cannette et elle boit en faisant des petits bruits de succions, semblables à des baisers. Elle le regarde du coin de l'œil, lui montrant bien qu'elle n'a pas fini de se moquer de lui. Edward la regarde, outré. « Je crois vraiment que cela me détendrait de te balancer de là… ».

Elle continue son manège et pousse un soupir. « Oh Edward… ».

« Et je te roulerais dessus avec ma caisse. ».

Bella s'étouffe une nouvelle fois au point qu'il lui donne quelques tapes dans le dos. Elle le regarde, les yeux brillants. « C'est un sacré honneur que tu me ferais là dis donc. Est-ce la manière Edward Cullen de dire merci ? ».

Il lui prend sa cannette des mains et en boit une grande gorgée. « Pff comme si je faisais une chose pareille ! ». Bella prend les assiettes et les pose sur un plateau à proximité. Elle demande plus sérieusement.

« Tu vas la voir demain ? ».

Edward reste silencieux un moment avant de répondre, le regard vague. « Je devrais ? ».

Bella hoche la tête. « Bien entendu. ». Il ne la regarde toujours pas.

« Et comment ? Que vais-je lui dire ? ». Il se tient l'arête du nez, preuve inconditionnelle de sa nervosité. Bella secoue sa tête et se place, une nouvelle fois, devant lui. Elle lui prend doucement la main concernée et pose la sienne sur sa joue, obligeant le jeune homme à croiser son regard.

« Tu sais déjà qu'elle ne peut être que fière de ce que tu as déjà accompli. Il faut que tu sois à ses côtés comme elle l'est pour toi, quand elle te pousse en avant. ».

Edward sourit et ébouriffe la frange bien trop longue de son ami. « Voilà que tu deviens mature. Tu m'as aidé aussi. ». Son sourire en coin fait rougir la jeune femme. Elle se mord la lèvre avant de s'écarter. En faisant quelques pas hésitants, Bella finit par demander.

« Est-ce que… Est-ce que tu sortirais avec moi… enfin… Si j'étais une fille ? ». Edward semble réfléchir un moment et se lève à son tour pour saisir le plateau.

« Heureusement que tu n'es pas une fille, car tu ne m'intéresserais pas… Tu n'es pas vraiment mon type. ».

Bella se renfrogne. « Tu n'es pas le mien non plus alors ça tombe bien. ». Edward pouffe un « ouais c'est ça… » et ramasse ce qui traine avant de se diriger dans la maison. Il prend deux nouvelles boissons dans son frigo et en tend une vers la jeune femme.

« Je crois que j'ai fini de m'amuser. Je devrais suivre les conseils de ma mère et lui donner ce qu'elle désire. ».

Bella reste interloqué. Elle a à peine eu le temps de se remettre de ce rejet qu'il lui lance un nouveau pavé. « Alors tu vas te trouver une jolie idiote de bonne famille et faire un héritier ? ».

Edward se tourne vers elle, appuyé nonchalamment contre l'évier, sa cannette toujours en main. « Tu as tout compris. ».

xoxo

Rosalie stoppe son mouvement et prend appui sur son sac de frappe. Elle est déjà crevée et recouverte de sueur alors qu'elle regarde sa sœur qui continue à frapper sa cible sans relâche. La jeune femme grimace quand elle remarque que la potence tenant le sac commence à montrer des signes de faiblesse sous la violence des coups que Bella lui porte. Cette dernière frappe encore et encore, des pieds et des poings, sans protection et depuis plus de deux heures sur sa victime de sable sans montrer un quelconque signe d'affaiblissement. Rosalie saisit deux bouteilles à proximité et en tend une vers sa sœur. « Alors quel est le problème ? ». Son ton est assez sérieux pour que Bella comprenne qu'il faut qu'elle arrête son entrainement.

Elle brutalise encore une ou deux fois le sac, avant de marmonner. « Pourquoi devrais-je lui dire que je suis une fille alors qu'il m'a bien fait comprendre que je ne l'intéresse pas ? ». Ensuite, elle chevauche et s'assoit brutalement sur un banc à proximité.

Rosalie médite sur sa question et entreprend de retirer les bandages qui protégeaient les mains de sa sœur. Elle soupire quand elle découvre la peau ensanglantée et violacée par endroits. « Et pourquoi tu n'irais pas franchement ? Genre, au fait Edward je suis une fille. ». Elle relève la tête et part chercher la trousse de secours. Son rire cristallin emplit la pièce. « J'imagine déjà sa tête ! Tu pourrais lui montrer ta poitrine pour plus d'effet ».

Bella expire doucement, malgré qu'elle ne puisse retirer un sourire de son visage. « Ce n'est pas drôle Rose. ». La belle blonde s'assoit une nouvelle fois près d'elle et entame le nettoyage de ses plaies.

« Et imagines s'il te dit qu'il te préfère en mec ? Est-ce que tu penses partir en Amérique du Sud t'en faire poser une ? Quoi que, à San Francisco ça doit pouvoir se faire aussi… ».

Bella, qui grimace sous les attentions de l'infirmière diabolique qu'est sa sœur, dit en rigolant. « Je sais que tu as toujours voulu un petit frère… Aïe… Purée t'es con Rose. ». La jeune femme inspecte les pansements, faisant des flexions avec ses doigts pour voir si rien n'entrave leurs mouvements. « … J'aimerais juste pouvoir rester auprès de lui. Tu vois… à ses côtés. Mais j'ai beau y réfléchir… J'ai l'impression que je vais le perdre de toutes les façons. ».

Rosalie soupire et entame de ranger le matériel de secours. « Plus tu attends et plus tu vas en souffrir. Quel que soit ton choix, une partie de lui prendra tes actes pour de la trahison et je sais que c'est ce qui te retient. ».

Bella se prend la tête dans les mains. « Ah, ça commence à me rendre dingue ! ».

Sa sœur ricane machiavéliquement et soupire. « Non. Dingue… tu l'es déjà depuis un moment. ».

xoxo

Edward est appuyé, les bras croisés, contre sa voiture. Son visage reste impassible malgré le fait que certaines clientes le saluent ou tentent de débuter une conversation. Mais rien y fait, il reste les yeux fixés sur la route.

James et Seth l'observent de la terrasse du café. Ils tournent leurs têtes vers la route comme un seul homme quand un bruit de moteur se fait entendre. James sourit et dit. « Regardes ça Seth… ». Il commence à décompter. « 5… 4… 3… 2… 1… Là ! Regardes Edward ! ».

Seth observe son patron, dont le visage s'illumine à mesure qu'une moto noire et jaune ralentit devant le café. « C'est incroyable. Il est déjà totalement accro et il ne s'en rend absolument pas compte. ».

Edward, toujours entouré de sa bande de groupies, épie son ami du coin de l'œil, alors qu'il est encore perché sur sa moto. Le jeune homme ne peut s'empêcher d'admirer la grâce nonchalante de Bee quand il retire son casque et passe sa main dans sa frange pour tenter de la discipliner. Edward sourit, sachant que c'est peine perdue et continue à regarder la scène. Bee se contemple comme il peut dans son rétroviseur, défiant sa coupe de cheveux improbable de rester en place.

Edward se remémore, avec une certaine anxiété, leur discussion de la veille. Alors qu'il lui a dit le contraire, Edward donnerait n'importe quoi pour vivre une relation amoureuse identique à cette relation amicale qu'il entretient avec Bee. Celui-ci finit par s'approcher de lui, ouvrant sa veste de moto en cuir et Edward en profite pour échapper aux pattes des clientes qui papillonnent autour de lui. « Salut Cullen ! Ça va aujourd'hui ou il faut encore que je te remonte le moral ? ».

Edward le frappe à l'épaule en souriant avant de l'attraper par le cou. « Rappelles moi pourquoi tu n'es pas encore en train de souffrir sous les roues de ma voiture ? ».

Bee sourit, toujours coincé sous le bras de son patron. Il tente encore la provocation. « Hum, parce que j'embrasse bien ? ». Il finit par se libérer, avant qu'Edward ne le frappe plus violemment, et dit plus sérieusement. « Alors tu vas voir ta mère ce matin ? ». Edward hoche la tête positivement.

« Tu veux venir avec moi ? ». Il montre sa voiture. Bee réfléchit avant de répondre.

« Nan j'ai déjà des livraisons prévues pour ce matin mais si tu veux je peux te rejoindre là-bas ? ».

Edward retrouve le sourire. « Je pars maintenant, tu me rejoins en fin de matinée ? ». Bee hoche la tête et lui fait un petit signe de la main alors qu'il s'apprête à rejoindre les autres serveurs dans le café.

xoxo

Une fois à l'hôpital, Edward passe une excellente matinée à renouer ses liens avec sa mère, laissant de côté l'animosité et l'arrogance qui le caractérisent souvent quand il est en compagnie de ses parents. Il lui parle du café, de son amitié avec Bee et du fait qu'il est prêt à accepter l'idée de fonder une famille comme Esmée le désire tant.

Alors que pour la énième fois, son fils est en train de regarder sa montre, Esmée finit par lui demander. « Est ce qu'on attend quelqu'un ? ». Elle sourit en remarquant les joues rouges de son fils, honteux de s'être fait surprendre ainsi.

Il bafouille. « Hum… Non, pas vraiment. C'est que… Bee a dit qu'il passerait et il n'est toujours pas là. ».

Elle pose une main compatissante sur celle d'Edward. « Est ce son genre d'oublier un rendez-vous ? ».

Edward hoche la tête rapidement. « Non pas du tout. Il est fiable… Enfin la plupart du temps. ». C'est à ce moment qu'une infirmière entre dans la chambre et pose discrètement le plateau repas prévue pour la malade. Quand elle soulève la cloche de protection, Esmée est désespérée par le contenu de son assiette. Son fils ne peut s'empêcher de pouffer de rire en constatant le poulet vapeur et le riz blanc qu'elle est censée manger pour son déjeuner. Elle qui est si gourmande, c'est un véritable affront de lui présenter une chose pareille.

Elle bougonne. « Mon dieu mais ils m'enterrent déjà ! ». Elle saisit sa fourchette, et dit intriguée. « Je suis pressée de rencontrer ce phénomène. ». C'est le moment que choisit Bee pour arriver. Il tape doucement à la porte et entre sans bruit. Edward s'empresse de faire les présentations. Sans mot dire, Esmée scrute le jeune homme avant de l'accueillir et de le remercier de sa visite.

Bee, dont le malaise de la première rencontre commence à se dissiper, explique la raison de son retard. Il porte un sac empli de victuailles pour leur déjeuner. « Je me suis renseignée auprès des infirmières et cela ne pose aucun problème pour vous. ». Le petit employé pousse, en grimaçant, le plateau prévu pour la malade et déballe le contenu de son sac. Trois soupes au poulet, dont les vermicelles et les petits légumes frémissent encore sous la chaleur, du pain italien croustillant et des verrines de mousses mascarpone aux fraises. Il semble hésitant car ces produits viennent de ses restaurants préférés, qui ne sont que des bouisbouis de quartier… Rien à voir avec les repas raffinés dont la famille Cullen doit être habituée.

Respirant les parfums délicieux, Esmée trépigne de joie dans son lit. Elle s'empresse de gouter la soupe et soupire de contentement. « Oh c'est incroyable. C'est exactement la soupe que me faisait ma mère quand j'étais malade ! ».

Bee, détendu vu que son examen de passage semble réussit, s'assoit au pied du lit. « Moi aussi ! J'en venais presque à simuler la maladie pour qu'elle en refasse. ». Il se tourne vers Edward et demande. « Tu viens manger Cullen ? ».

Edward sourit devant la scène. Le petit voyou a encore mis quelqu'un de son entourage dans sa poche. Il s'installe à son tour et participe à la conversation animée par une Esmée bien plus enjouée qu'avant l'arrivée de son 'phénomène'. Goutant cette fameuse soupe. C'est vrai que c'est bon cette connerie… Edward observe les interactions entre sa mère et Bee qui se chamaillent presque pour discuter de leur passion commune : la nourriture.

xoxo

Jasper et Alice sont dans la boutique cadeaux de l'hôpital. Alice tient un bouquet de fleurs et tient à choisir quelques magazines pour passer le temps d'Esmée. Le jeune homme demande, un peu inquiet. « C'est pas un peu ringard, le coup des fleurs ? Elle va croire qu'on compte l'enterrer, non ? ».

Alice secoue la tête, un sourcil en l'air. « N'importe quoi, ça fait toujours plaisir enfin ! ». Jasper lève sa main, pour montrer qu'il ne la contredira plus.

« Je ne suis pas sûr que ce soit le style de ma mère mais OK OK. ».

Une fois dans l'ascenseur, Alice regarde discrètement son compagnon. Il porte un jean noir près du corps et une chemise de la même teinte assez cintrée pour laisser voguer l'imagination de la jeune femme vers des contrées plutôt érotiques. Elle rougit en tentant de se reprendre et lui demande. « Ça te dit qu'on dine ensemble ? ». Jasper esquisse un petit sourire, enfonçant ses mains dans les poches de son jean.

« Pourquoi pas. ». Les portes s'ouvrent et il sort de l'ascenseur pour se diriger vers la chambre de sa mère. Alice reste encore quelques secondes immobiles avant de le rejoindre. Auparavant, le jeune homme aurait presque sauté au plafond face à la promesse d'un rendez-vous et maintenant il semble accepter juste parce qu'il n'a rien d'autre de prévu.

Quand ils arrivent devant la chambre, des éclats de rire et des protestations outrées d'Edward se font entendre. Alice et Jasper se regardent, surpris et ce dernier finit par ouvrir la porte prudemment. « Maman, tu as l'air en grande forme ! ». Il embrasse une Esmée aux joues roses et au regard pétillant. Ses yeux se tournent ensuite vers Bella, installée près de sa mère. Ils se font de grands sourires. « Salut. ». Bella se mordille la lèvre devant lui, s'obligeant à ne pas lui sauter dessus comme elle le fait habituellement. Jasper regarde encore un peu la jeune femme, avant de se tourner vers son frère qui, les bras croisés et le regard noir, semble bouder dans un fauteuil à proximité. Jasper demande. « Qu'est-ce qu'il t'arrive ? ».

Edward dit d'une voix trainante. « Ils se mettent à deux contre moi ! à partager des histoires embarrassantes sur mon compte ! ».

Alice décide de se montrer et s'avance prudemment pour saluer tout le monde d'un hochement de tête. Elle tend ensuite les cadeaux prévus pour Esmée. Celle-ci la remercie mais sans la chaleur qu'elle avait avant. Seule Bella semble surprise du comportement d'Esmée. Cette dernière pose ses présents sur une tablette et les invite à s'installer pendant qu'elle tente d'aller aux toilettes. Bella propose de l'accompagner mais la femme refuse catégoriquement. « Jeune homme, je suis une femme respectable et mariée de surcroit. Je pense que nous ferions jaser toute la ville si les mégères apprennent qu'Esmée Cullen va se repoudrer le nez en compagnie de jeunes gens, aussi bien élevé soient ils ! ». Tout le monde éclate de rire. Jasper envoie un clin d'œil vers Bella, souriant au fait qu'elle oublie si facilement qu'elle est censée être un homme auprès de son frère.

Alors qu'Esmée fait quelques pas hésitants, elle refuse encore l'aide apportée par Alice, maugréant sur le fait qu'elle est encore capable d'agir par elle-même. Alors, Edward prend le relai, sachant que rien ne lui sera refusé. Une fois terminé, ils partent tous les deux à la recherche des résultats de la première série de tests que la malade a passé la veille et voir s'il est possible de discuter avec le docteur en charge de son dossier.

Jasper attend que la porte se referme et que leurs pas se fassent plus distants dans le couloir avant de s'installer aux cotés de Bella. « Alors qu'est-ce que tu fais là ? ». La jeune femme se tourne un peu plus vers lui et commence à lui raconter ses dernières nouvelles. Du coin de l'œil, elle se rend compte qu'Alice est encore mise à l'écart, debout dans son coin alors Bella l'invite à les rejoindre.

Alice sourit, contrainte et forcée de donner une bonne mesure mais elle ne peut s'empêcher de se mordre l'intérieur de la joue en observant le comportement de son 'petit ami' avec Bella. Il est bien plus joyeux et vivant en sa compagnie, et il paraît vraiment inquiet en remarquant les mains abimées par l'entrainement de son amie. Ils continuent à discuter avec animation sans vraiment se rendre compte qu'elle ne participe pas à leurs échanges. Comme si, en l'espace d'une minute, Jasper avait complètement oublié sa présence.

xoxo

Moins d'une heure plus tard, Edward patiente dans le couloir. Sa mère est en consultation dans une salle d'examen à coté et il angoisse à l'idée de ce qu'ils peuvent lui faire subir. Il ferme les yeux en soupirant et finit par se poser sur un banc à proximité. Alice le rejoint et s'installe auprès de lui. Le jeune homme ouvre un œil. « Où est Jasper ? ». Avant de répondre, elle prend le temps de défroisser sa jupe.

« Parti chercher des pâtisseries pour Esmée. ». Edward hoche la tête, acceptant la réponse aisément, puis il la tourne en tous sens, constatant qu'il manque encore quelqu'un.

« Et Bee ? ».

À cette question, la jeune femme se tourne vers lui, replaçant ses cheveux comme elle le ferait pour un petit garçon. « Il est parti avec lui. Je leur ai dit que j'allais te tenir compagnie. ». Edward sourit, content de sa pensée pour lui. Il tapote sa main sur le tissu de la jupe et dit.

« Merci Alice. ».

Cette dernière pose sa propre main dessus, enserrant doucement celle de son ami. « Bee est vraiment incroyable. Je suis toujours un peu tendue, voire nerveuse en la présence de tes parents… Puis, je crois qu'ils ne m'ont jamais vraiment appréciée… Mais Bee a l'air si détendue. ».

Edward regarde la petite main dans la sienne. La peau quasi translucide et douce de son amie contraste avec sa main, devenue plus rugueuse depuis qu'il travaille au café. Il souffle doucement et réfléchit à ce qu'elle vient de dire. « Bee s'accommode de tout et de tout le monde… ». Il sourit en repensant aux situations embarrassantes qu'ils ont déjà vécus ensemble. « … Il se lie facilement avec ceux qui l'entourent… Je pense vraiment qu'il pourrait réussir tout ce qu'il entreprend s'il en a les opportunités. Ce mec est vraiment fascinant. ». Il finit sa diatribe en se passant une main nonchalante dans ses cheveux bronze.

Alice se penche pour regarder Edward. Elle discerne clairement une certaine admiration et murmure. « Quel lyrisme dis donc… quiconque serait comblé par de tels éloges. ». Edward la regarde étonné, semblant revenir sur Terre.

« Hein ? ».

La jeune femme décide de changer de sujet. « Il semblerait que le malaise de ta mère soit moins grave que prévu ? J'étais inquiète quand Jasper m'a annoncé la nouvelle. Il semblait si bouleversé. ». Elle pose sa main sur son épaule, cherchant presque désespérément ce contact physique qu'ils entretenaient toujours avant. « J'étais soucieuse pour toi aussi, Edward. ».

Edward pose ses coudes sur ses genoux et sa tête prenant appui sur ses mains, il dit doucement. « C'est vrai qu'hier soir, j'ai réalisé qu'il fallait que j'arrête de reporter toutes les fautes possibles sur le dos de mes parents. Ma mère est exceptionnelle et il a fallu cet incident pour que je m'en souvienne. ». Il réprime un bâillement et se frotte les yeux.

Alice sourit et tape sur son épaule. « Allez viens et appuies toi contre moi. Tu sais que mon épaule est toujours disponible pour toi. ». Elle secoue son épaule pour l'inciter à poser sa tête. « D'ailleurs, celle-ci est désignée pour toi. ».

Le jeune homme hoche la tête avant d'installer directement sa tête sur les genoux de son amie. Il émet un soupir satisfait et ferme les yeux, se relaxant un moment. La main d'Alice caresse machinalement ses cheveux bronze tandis qu'elle dit doucement. « Je sais que c'était difficile pour toi. Mais, tu es toujours resté auprès de moi, même après que ton frère ai repris la place qu'il avait dans ma vie. ».

Edward ouvre ses paupières doucement et marmonne. « Notre lien est bien plus fort qu'une simple amitié Alice. ». Elle effleure son visage du bout des doigts avant de poser sa main sur le regard émeraude qui la fait fondre. Son index, parfaitement manucuré s'attarde sur les diamants qui semblent jaillir des lobes d'oreilles d'Edward.

« Tu avais cessé de les mettre. Quand est ce que je pourrais en avoir une ? ».

Edward sourit. « Cela fait des années que tu me réclames un de mes diamants. Je t'ai déjà dit pourquoi est-ce que je ne peux t'en donner un. ».

Elle marmonne. « Oui. Esmée a dit que c'était pour quelqu'un de spécial et que tu le ressentirais le moment venu. ».

Il pose sa main sur la sienne et embrasse sa paume. En retour, elle se penche pour embrasser son front et le bout de son nez.

xoxo

Jasper et Bella sont de retour dans l'hôpital. Sur le chemin vers la pâtisserie, ils ont discutés de tout et de rien. Comme d'habitude, chacun en la présence de l'autre, est guilleret et enthousiaste. Le jeune homme appuie sur le bouton d'appel des ascenseurs, il demande. « Alors, la reprise du boulot au café n'était pas trop dure ? ».

Bella est surprise. « Comment le sais-tu ? ».

« C'est simple, sinon tu ne serais pas ici. ».

La jeune femme pouffe de rire. « C'est vrai ! Mais tu sais, quand le grand Edward Cullen essaie de se faire pardonner… Qui suis-je pour lui refuser ? ». Elle pose sa main sur son cœur, comme prise de passion. « Puis quand il s'est mis à genoux pour me supplier de revenir, j'ai fini par accepter. ».

Jasper est mort de rire. « Mon dieu ! Que vous êtes magnanime mademoiselle ! ». Quand les portes s'ouvrent, elle exécute une petite révérence.

« Je sais, je sais. Je lui fais grâce de ma présence… ».

Le jeune homme prend appui contre le fond de l'ascenseur. « Es-tu sûre que l'on parle du même Edward ? ». Elle acquiesce comme une enfant, sa frange montant et descendant en rythme avec les grands gestes de son cou.

« OUI OUI ! Pourquoi ? Tu ne me crois pas ? ».

« On parle d'Edward Cullen chérie, alors non je ne te crois pas. ». Ils rient encore quand les portes finissent par s'ouvrir.

Alors qu'ils avancent, Bella se porte devant Jasper, lui coupant la route. « Au fait, ils ont parlés de toi à la télé ! Pourquoi ne m'as-tu pas prévenue que tu étais nommé aux MTV Awards ? ».

Le jeune homme hausse les épaules, banalisant l'évènement. « Tu sais je ne suis qu'un technicien. Ce n'est pas comme si j'étais une rock star. ».

Bella tape son doigt sur le torse de son ami. « Ne te sous estimes pas Jasper ! Tu as du talent et tu es un véritable artiste. Ne laisses jamais personne te dire le contraire ! Et si un jour tu en doutes, appelles moi et je serais là pour t'encourager. ».

Jasper ne s'attendait pas à une telle déclaration. Les joues rosies, il souffle. « Merci. ». Bella sourit en remarquant sa gêne.

« Le fait d'être aussi mimi, te rends encore plus sexy ! Tu es vraiment à croquer. ». Elle reprend sa route, balançant doucement le sac contenant les pâtisseries du bout de sa main. Jasper reste planté là, enregistrant ce que vient de dire son amie. Il court ensuite la distance qui les sépare, demandant.

« Alors comme ça tu me trouves sexy ? ».

Bella prend un air étonné. « MOI ? J'aurais dit une chose pareille ? ». Ils parviennent au couloir menant à la chambre quand leurs pas s'arrêtent, prenant en compte la scène qui se déroule à quelques mètres devant eux.

Bella cligne des yeux à plusieurs reprises, se demandant s'ils ne lui jouent pas un mauvais tour. La tête d'Edward qui repose sur les cuisses d'Alice. Il dépose un baiser sur sa main. Elle se penche pour l'embrasser.

Le souffle coupé, la jeune femme se tourne vers Jasper qui lui rend un même regard confus. Bella se mord la lèvre, à la limite de la déchirer quand elle lui murmure. « J'ai mal Jasper. ». Brusquement, il lui prend la main, cherchant par la même occasion, à lui transmettre un certain réconfort.

« Allez viens. ». Il l'entraine une nouvelle fois vers les ascenseurs.

xoxo

Edward est en train de conduire. Ragaillardi par le fait que le malaise de sa mère ne soit dû qu'au stress et qu'il ait passé une bonne journée. Il se tourne vers son passager qui reste étrangement silencieux. « Et si on allait manger quelque chose ? ».

Bee, le regard tourné vers sa vitre, répond doucement. « Non merci. Je n'en ai pas envie. ».

Edward tourne sa tête vers lui. Il est évident que quelque chose ne va pas. Son langage corporel indique bien qu'il est complètement rejeté. Le corps de Bee est presque recroquevillé contre sa portière et son regard, caché au ¾ par sa frange, reste vague. Il s'inquiète un peu plus. « Alors, quel est le problème ? ».

Les yeux dorés ne se tournent pas vers lui. « Gardes tes yeux sur la route. ». Edward tente une nouvelle approche.

« Je ne pensais pas que tu serais si fatigué. Allez, viens je t'invite. ».

Bee soupire et répond d'une voix encore plus lasse. « Non merci. Je n'ai pas faim. Rentrons directement. ».

Là, Edward s'inquiète véritablement. « Tu vas bien ? Ne me dis pas que tu tombes malade ? ». Il lève sa main et la pose sur le front de son ami, pour déceler un quelconque signe de fièvre. Mais, Bee lui retire sèchement comme si le contact l'horripilait et dit d'une voix bien plus forte.

« Je vais bien et je n'ai pas faim. Alors, laisses tomber OK ? ».

Edward est surpris par cet accès de colère. « Pourquoi est-ce que tu t'énerves comme cela ? ». Sa main tient le volant bien plus fermement que nécessaire, tandis qu'il tente de se rappeler un détail ou un moment de la journée qui aurait pu contrarier à ce point son employé. Ne trouvant pas de solution, le jeune homme gare sa voiture sur le bas-côté de la route prestement. « Alors c'est quoi ton problème ? ». Bee se mord la lèvre. Edward comprend bien que son ami se retient de lui dire quelque chose et aux vues de ses précédentes réactions, ce ne doit pas être très plaisant. « Allons ? Crache le morceau ! ».

Bee tape le plat de sa main contre son genou avant de resserrer son poing sur le tissu de son jean. Il soupire et finit par déclarer. « C'était quoi ce que tu nous as joué tout à l'heure ? ». Edward cherche vraiment à comprendre et regrette presque quand Bee finit par l'éclairer. « Je ne sais pas ce qui était le plus choquant. Était-ce ta tête sur les jambes d'Alice… Qui je tiens à te rappeler est la copine de ton frère. Ou alors est-ce le fait qu'elle prenne la peine de t'embrasser sans que tu ne tentes quoi que ce soit pour la repousser ? ».

Edward bafouille. « Je… Hum… Tu… ». Il ne comprend pas. Bee et Jasper ne sont arrivés que dix minutes après ce 'moment' entre Alice et lui. Rien ne laissait paraitre qu'ils aient pu assister à une telle scène. Bee continue.

« Quittes à faire quelque chose, fais le franchement. Est-ce que tu n'as pas de cerveau ? ni même un cœur ? ».

Edward remue dans son siège, mal à l'aise. Mais Bee continue d'une voix triste. « As-tu, au moins une fois, pensé à ce que doit ressentir Jasper ? C'est d'un tel égoïsme. ».

Le jeune homme tient toujours son volant, il regarde au loin et si la situation n'était pas si grave, il aurait ri de son absurdité. Car maintenant, c'est lui qui évite le regard de son ami. Trop honteux pour lui faire face, il marmonne. « Arrêtes. J'ai compris. ».

Bee laisse échapper son anxiété en resserrant, à plusieurs reprises, sa main sur son genou. « Si tu l'aimes tellement alors fais ta vie avec elle. ».

Edward prend sur lui de se tourner vers son interlocuteur. « Tu me prends pour qui ? ».

Bee lève un sourcil. « Veux-tu vraiment que je répondes ? ».

« C'est la copine de mon frère. ».

Bee souffle dans sa frange. « Arrêtes de prétendre que c'est ta conscience qui t'en empêche car ce que tu fais est bien pire. C'est de la trahison. Et il n'y a rien de pire. ».

Plusieurs minutes passent sans que personne ne dise un mot. Le silence finit par être rompu quand Edward tape brutalement sur son volant et se décide à redémarrer son véhicule. La Volvo scintillante se réinsère dans la circulation sans qu'aucun des deux passagers ne prononcent une nouvelle parole.

xoxo

Alice et Jasper sont dans un café, à proximité de l'hôpital. La jeune femme est encore étonnée du changement de programme car au lieu de diner ensemble, Jasper a simplement annulé prétextant qu'il allait passer la soirée avec sa mère. Ainsi, la voilà en train d'observer celui qu'elle considérait encore comme son petit ami, cinq heures plus tôt, pendant qu'il patiente afin d'obtenir leur commande. Quand il revient vers elle, Alice remarque une certaine assurance et une prestance qu'il n'arborait pas aussi visiblement auparavant. Les regards appréciateurs des clientes qu'il dépasse donne l'impression qu'il est entouré d'une nouvelle aura. Elle finit par déclarer. « Tu dégages quelque chose de différent. Tu sembles plus confiant et plus… ». Elle cherche le mot adéquat.

Jasper répond avec une lueur amusée dans le regard. « Sexy peut être ? ». Alice prend une gorgée de son thé.

« Oui c'est ça. ».

Le jeune homme sourit, entamant une énorme part de carrot cake. « Je sais. On me l'a déjà dit. ». Alice lui fait un sourire enjôleur.

« Est-ce que je dois m'inquiéter maintenant ? ».

Il passe ses doigts dans ses boucles blondes, reposant ses cheveux en arrière et hoche la tête. « Tu sais, ça fait presque dix ans que je le fais alors tu peux très bien vivre ça une journée. ».

La jeune femme se rend compte que sa séduction ne fonctionne plus aussi bien que par le passé. « Quelque chose a changé, Jasper. Je pense même que c'est depuis que Bella est entré dans ta vie… ». A ces mots, il repose sa fourchette à pâtisserie bruyamment. Son ton reste pensif.

« Grace à elle, je vois les choses sous un autre angle. Et j'apprécie sincèrement cette nouvelle amitié. ».

Alice tend sa main et du bout de sa cuillère lui prend un morceau de son gâteau. « D'accord… Mais ne l'aimes pas trop non plus hein ? ». Son ton est bien plus froid et hautain qu'elle ne l'aurait voulu.

Jasper lève un sourcil surpris. Jamais, il n'a été dans cette situation avec Alice. Elle qui jamais ne s'est cachée de papillonner, et cela même avec son propre frère, lui montre qu'elle peut être jalouse voire même territoriale vis-à-vis de lui. Comment peut-elle faire une telle affirmation, avec une telle confiance après ce qu'il a pu voir dans le couloir de l'hôpital ? Jasper a beau tourner les faits dans tous les sens qu'il ne comprend pas où elle veut en venir. Il préfère donc ne pas répondre et continue à se délecter de sa pâtisserie silencieusement.

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Edward se gare devant le café. Il décide d'expliquer le triangle dans lequel il s'est retrouvé coincé avec Alice et Jasper. Mais, Bee a déjà claqué la portière quand il se décide à parler. Il se dépêche pour tenter de le rattraper mais change d'avis quand Bee fait rapidement comprendre à Emmett qu'il ne doit pas rester dans son chemin et qu'il n'a pas envie de discuter. Emmett, légèrement vexé, vu qu'il n'a pas vraiment le temps de comprendre ce qu'il se passe, s'approche d'Edward mais ce dernier lève sa main pour l'interrompre et va s'enfermer dans son bureau. Une fois la porte fermée derrière lui, il entend une voix outrée. « Mais qu'est ce qui se passe encore ? ». Edward ferme les yeux et prend appui contre le bois. Lui aussi, aimerait savoir pourquoi ils en sont là.

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Bella retrouve Seth dans les vestiaires. Le sourire accueillant et l'apparente tranquillité du jeune homme calme automatiquement les nerfs à vifs de la jeune femme. Elle ne peut s'empêcher un moment de frustration quand elle tape la porte de son casier et sort un grand sac pour y entasser ses affaires.

Seth observe son manège quelques instants avant de se poser sur le mur à côté d'elle. « Quoi qu'il se soit passé aujourd'hui ne mérite pas que tu nous quittes une nouvelle fois. ».

Bella interrompt son geste. « Tu crois vraiment ? Mais je suis fatiguée Seth. Je le soutiens, je lui remonte le moral, je fais toujours en sorte d'être disponible pour lui et pourtant c'est encore et toujours elle qu'il veut. ». Elle passe le plat de sa main contre ses yeux afin de retenir les larmes qui menacent de couler. Seth passe son bras autour de ses épaules.

« Je connais ça ma chérie. Mais OK écoutes. D'après ce que je sais … et sachant que ma source est ce moulin à paroles de James… donc avec ce que je sais sur la vie d'Edward, crois-tu sérieusement effacer plus de dix ans d'un amour à sens unique par quelques mois d'une amitié sans faille soit elle ? ».

La jeune femme hoche la tête. « Je sais que mes réactions sont disproportionnées mais c'est tellement frustrant. ».

« Ouais peut être bien. Mais fais un choix. Soit tu lui laisses le temps de réaliser et de comprendre ce que tu lui offres soit tu laisses tomber l'idée d'une relation romantique et tu acceptes de n'être qu'une simple amie. En tout cas… arrêtes de t'enfuir à chaque fois. ».

Bella prend le temps d'assimiler son conseil et respire lourdement pour évacuer. Elle l'embrasse sur la joue. « Merci Seth. Tu as raison. Je vais y réfléchir à tête reposée et me calmer un peu. Mais il m'énerve tellement ! ». Ils se mettent à rire. Elle lui demande. « Sinon quoi de neuf ? ».

Seth sourit. « Maintenant que tu es calmée, tu peux me remplacer demain ? ». Bella ferme la porte de son casier.

« Je me disais aussi… tu étais bien trop gentil avec moi ! ».

Le jeune homme l'attrape par les épaules et l'entraine vers la grande salle. Ils passent devant James qui chante une sérénade à une nouvelle cliente. Seth murmure à l'oreille de Bella. « C'est la quatrième aujourd'hui et ça sans compter les mecs. Je te jure que ce mec est infatigable. ». Quand Edward entre dans la pièce, Bella fait un signe de la main à tout le monde.

« Bon, je rentre chez moi. À demain et merci encore Seth ! ».

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Le jour suivant, Edward est au téléphone avec Jasper quand il revient au café. Il s'entretient avec lui sur les derniers résultats cliniques de sa mère. Il salue et est accueilli par toutes les personnes, clients ou personnel, qu'il reconnait sauf Bee qui passe devant lui sans même un regard. Le jeune homme reçoit le même traitement donc il décide de faire ce qu'il fait de mieux concernant son ami, il va lui pourrir la vie.

Billy, Emmett et James sont appuyés sur le comptoir et durant toute la matinée, leurs regards passent de Bee à Edward comme lors d'un match de tennis. L'un d'entre eux dit. « Vous n'avez pas une sensation de déjà vu ? ». Les deux autres hochent la tête. « J'en viens à me demander lequel des deux est le plus idiot ! ».

Bee est dans un équilibre précaire à tenter d'accrocher un tableau d'Alice sur le mur. Alors qu'Edward hésite entre 'plus à gauche' et 'plus à droite', il ne peut s'empêcher de sourire. Le jeune homme consulte sa montre, étonné que son ami n'ait pas encore craqué. Mais Bee continue à s'exécuter sans piper mot. Une fois que l'emplacement est décidé, Bee repart vers le vestiaire. Edward en profite pour le suivre. « Écoutes. Tu te trompes. Ce que tu as vu hier n'était qu'un résidu de l'intérêt que j'avais pour elle. Je suis toujours étonné quand elle me montre de l'attention. Ce n'était pas un vrai baiser. Maintenant, nous ne sommes juste … ».

James passe devant lui. « A qui parles-tu Eddy boy ? ». Il avance encore de quelques pas. « Tiens ? Et pourquoi ce tableau est à l'envers ? ».

Le grondement sourd qui s'échappe du torse de son patron et ami fait vite comprendre à James qu'il vaut mieux qu'il reparte d'où il est venu. Donc, d'un pas guilleret et léger, James va retrouver Bee qui entame sa pause déjeuner sur le rebord de la terrasse. Ils discutent d'une soirée organisée par la fac et James tente de convaincre son ami. « Si tu arrives à faire en sorte que sa sœur porte une de mes tenues, je te présenterais la fille que tu veux ! ».

Bee recrache presque sa boisson. « Tu veux me présenter des filles ? ».

James hoche la tête. « Ou un mec si tu préfères ! Mais dans ce cas, je préfère encore que ce soit… » Il s'arrête de parler quand il aperçoit Edward qui lui fait de grands signes. Une fois qu'il comprend sa demande, James se redresse. « Attends je reviens. Une gaufre ça te dit ? ». Bee est surpris mais acquiesce.

Edward s'installe à la place qui était occupée quelques secondes plus tôt. « Est-ce que tu as préparé les commandes ? ». Bella hoche la tête, sans lever les yeux de son plateau.

« Ils sont déjà chargés dans ta voiture. ».

Edward chipe un bout de ce que partageaient les garçons et tente encore. « On y va après le déjeuner ? ».

« Je suis déjà occupée alors prends Emmett ou James avec toi. ». Quand ce dernier revient, Bee en profite pour se lever. « Attends ! Tu n'as rien mangé ! ».

Bee lève une main lasse. « Je n'ai plus faim. A plus tard. ». James tape sur la tête d'Edward qui reste immobile.

« Qu'est-ce que tu attends ? Vas-y ! ». Edward se lève précipitamment et court après son ami. Il l'attrape par la main et l'entraine de force dans son bureau.

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Bella se retrouve coincée. Edward lui barre le passage vers la porte. Le regard émeraude posé sur elle est à la limite de transpercer son esprit. Il s'approche d'un pas hésitant. « Alors ? Qu'est ce qui ne va pas ? ».

La jeune femme tourne sa tête pour éviter de le regarder. « Je ne sais pas de quoi tu parles. ».

Il se pince l'arête du nez et soupire. « Bee tu sais que j'ai déjà pas mal de soucis alors dis-moi quel est le problème. ». Bella passe une main nerveuse et tremblante dans sa frange.

Elle tente de trouver un fond de courage. « Tu veux vraiment le savoir ? ».

« Oui. Bee s'il te plait. Tu sais que je n'aime pas cette situation. ».

Des yeux dorés et décidés fixent ceux d'Edward. « Je t'aime Edward. ».

Celui-ci trébuche mais parvient à prendre appui sur le bureau situé à proximité. Sa voix est troublée. « Quoi ? ».

Bella est déjà exaspérée par son manque de réaction. « Je t'aime beaucoup trop Edward et je sais que je ne devrais pas… à cause de ton attirance pour Alice ou encore le fait que… ». Elle se retrouve le souffle court. Est-ce maintenant qu'elle doit lui dire la vérité ? « Que… ». La jeune femme ne parvient pas à dire les mots, cette vérité qui briserait complétement leur amitié. « Que nous sommes tous les deux… des mecs. ».

Edward reste sans véritable réaction. Il se masse les tempes. « Arrêtes de déconner Bee. ».

La jeune femme avance de quelques pas, le dépassant. La main sur la poignée, elle finit. « Tu comprends pourquoi je ne veux plus être près de toi ? Cette attirance que j'ai… Il faut que j'arrive à m'en défaire, alors laisses moi tranquille maintenant. ». La porte claque, laissant Edward sans voix dans le bureau.

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Dans l'ascenseur de l'hôpital, Edward lit machinalement les étiquettes désignant les différents services disponibles. Le département psychiatrie attire son attention. C'est juste au-dessous de l'étage de sa mère et il se dit qu'il serait bien qu'il y fasse un tour.

Cinq minutes plus tard, et quelques paperasses dument remplies, il se retrouve devant la doctoresse Jane Volturi, enfin selon la plaque située sur son bureau. Car la femme glaciale cachée derrière ses petites lunettes rectangulaires, le scrute sans vergogne. Elle lit le dossier que lui a transmis l'infirmière de l'accueil et marque déjà quelques annotations.

« Alors monsieur Cullen, depuis quand voulez-vous être une femme ? ».

« Pardon ? ».

Elle soupire et reprend plus lentement. « Oui. Avez-vous ou portez-vous des sous-vêtements féminins ? ».

Edward fait non de la tête. Elle enchaine. « Du maquillage autre que professionnel ? Aimiez-vous les barbies étant enfant ? ».

Le jeune homme reste abasourdi par ces questions et cela conforte le fait qu'il n'est pas au bon endroit pour avoir des réponses à ses questions. Il s'empresse de répondre négativement aux questions qu'elle lui pose tandis que la psychiatre ne cesse de noter des choses sur son bloc note. Elle tape son stylo contre ses lèvres, ses yeux machiavéliques.

« Et depuis quand êtes-vous excité par la vue d'un autre homme ? Et quand vous êtes dans un vestiaire ? ».

Edward bégaie « Hum… Non je n'ai pas de telles envies. ». Le grattement du stylo sur le bloc lui porte sur les nerfs surtout qu'il se demande ce qu'elle peut noter sachant qu'il n'a pas dit trois phrases cohérentes.

« Et si on parlait de votre enfance ? ».

Edward se redresse brutalement et se dirige vers la porte. « Bon là je n'ai plus le temps… Je vous rappellerais… un jour… peut être… enfin surement pas. ». Il s'empresse de claquer la porte derrière lui. Il souffle, ravi d'être sorti et heureux d'échapper à ce docteur d'un autre temps qui doit surement pratiquer, avec plaisir, des lobotomies quelque part dans les sous-sols de l'hôpital. Appuyant à plusieurs reprises sur le bouton d'appel de l'ascenseur, Edward se dépêche d'aller retrouver sa mère.

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Jasper colle sa tête contre la vitre de son studio qui le sépare de l'extérieur. Il tape au carreau quand il aperçoit la femme avec qui il a rendez-vous. Une fois qu'il a attiré son attention, le jeune homme lui indique de rejoindre l'entrée de l'immeuble. Elle hoche la tête et il s'empresse de la retrouver.

« Salut ! Je suis Jasper. ». Il lui tend la main qu'elle accepte volontiers.

« Angela. Merci d'accepter de me rencontrer. ».

Il passe sa main dans ses cheveux. « Il faut surtout remercier Bella ! bon, alors d'après ses dires, vous travaillez pour Cruella d'Enfer ? ».

Le rire d'Angela lui chatouille les oreilles et une fois dans le studio, il l'invite à s'installer près de lui. « En effet, et encore, cette femme est tellement odieuse que je suis sûre qu'elle pourrait voler sur un balai. Par contre, tu peux me tutoyer. ».

Jasper hoche la tête et commence à lui faire écouter les sélections demandés par Bella pour son amie.

Deux heures plus tard, le jeune homme raccompagne Angela jusqu'à la porte de l'immeuble, puis jusqu'à sa voiture. Ils viennent de passer un agréable moment et n'ont pas vraiment envie de se séparer. Une promesse de se revoir prochainement et une poignée de main plus longue que ce que la bienséance exige, plus tard et la jeune femme finit par monter dans sa voiture. Jasper remonte dans son studio et décide de le fermer pour la nuit. Une fois dehors, il saisit son portable et appelle Bella. Un rendez-vous tranquille avec son amie s'impose.

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à bientôt !

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