Coffee Prince « Café des Princes ».

Twilight, à S. Meyer & The 1st Shop of Coffee Prince, à Lee Sun Mi

Création de Lex Lina

O0o0o0o0o0o0o0o0o0o

Chapitre 17

Chai Tea Latte

Chansons utilisées : You could be mine – Guns & Roses, Mad about you – Hooverphonic et I Feel Love – Donna Summer

Lundi matin…

La radio diffuse un morceau qu'Edward se surprend à chantonner. D'un pas tranquille, pour quelqu'un qui a passé sa nuit à boire, il traverse la cuisine pour préparer un petit déjeuner. « Tomates… Bacon… Cheddar… Du yaourt ? Hum… Et quelques fruits… Oh … oh ! OH ! ». Il parvient, de justesse, à poser tout ce qu'il tenait dans ses bras sur le comptoir à proximité, avant de fermer, d'un coup de hanche, la porte de son réfrigérateur.

Il saisit une capsule pour faire du café mais change d'avis. « Nan… Il préfère le thé. ». Le jeune homme continue à préparer, émincer, chauffer les différents ingrédients, virevoltant à l'occasion à mesure que les chansons défilent dans le poste. Les premières notes d'un classique rock battent le rythme et Edward en fait autant avec son couteau, enchainant par la même occasion un peu d'air guitare.

« You could be mine ! But you're way out of line ! ».

Edward secoue la tête, ses mèches bronze suivant la mesure, quand il sort bols et couverts de leurs placards respectifs. Il inspecte la cuisine. Tout est prêt. Les croissants sont au four et la théière se met à siffler doucement. Il regarde sa montre et se dit qu'il est temps de réveiller son ami. Il saisit les deux verres d'eau posés sur la table et se dirige vers sa chambre.

Le jeune homme plisse un peu ses paupières tant la pièce est baignée de lumière. Elle est agréablement chauffée par les rayons du soleil, mais semble royalement vide. Sauf quand Edward finit par discerner une forme dans le lit mais repérable par le bras qui dépasse de la couette. Il pose les verres sur la table de chevet et y plonge des Alka seltzer puis retourne au pied du lit, où le bras lui indique de quel côté chercher.

Il retire un premier oreiller, puis un second et enfin la couette avant de trouver trace de Bee. Celui-ci est profondément endormi, la bouche ouverte, les cheveux en pagaille et le visage à moitié enfoui dans un autre oreiller. « Comment n'es-tu pas mort asphyxié avec tout ça ? ». Il décide de s'amuser un peu et, avec le bout de la manche de son t-shirt, il chatouille et embête le sommeil de son ami. Un grognement endormi est sa seule réponse. Il s'assoit au bord du lit et recommence.

Bee finit par se retourner, se mettant sur le dos, grattant son ventre nonchalamment. Edward remarque la peau découverte au niveau de son ventre et est tenté de voir si sa peau est aussi douce qu'il y parait. Il se frotte la tête et marmonne. « Depuis quand tu te mets à penser des choses pareilles ? Tu dérailles Cullen ! ». Il repositionne son t-shirt et frôle le visage de son ami avec. Celui-ci grimace, se renfrognant à mesure qu'il se réveille.

Edward continue ainsi, jusqu'à ce que Bee se redresse brutalement, cognant leurs têtes au passage. Encore endormi, il se frotte le visage à la recherche de ce qui perturbait son sommeil. Il ouvre un œil en entendant un rire étouffé et comprend que tout cela venait d'Edward. Il grommelle. « T'es un con Cullen. » avant de lui lancer un des oreillers sur la tête, puis un autre. Mais il ne peut faire plus car sa tête lui fait payer la quantité d'alcool ingurgitée la veille. Passant une main sur son front, il marmonne. « Putain, chuis mal. ».

Edward décide d'être grand seigneur en lui tendant un des verres qui pétillent à côté d'eux. Il s'autorise le même traitement avec le verre qui reste. Bee boit, en grimaçant, le médicament et observe son ami. « Alors, expliques moi pourquoi moi j'ai la tête dans le cul… et profondément enfoncée de surcroit… alors que toi tu as l'air d'un prince ? ».

Edward sourit et boit une nouvelle gorgée en grimaçant. « Ce sont les injustices de la vie. Je ne cesse de te dire que je suis parfait. ». Il lui donne un coup d'oreiller sans se rendre compte combien Bee était près du bord. Ce qui fait que ce dernier tombe à la renverse, amorti uniquement par le moelleux de la couette et d'un oreiller déjà à terre.

Bee grogne de douleur et lui tend son verre vide avant de se lever précipitamment. « T'es un crétin Cullen. Ouais c'est ça… Si ça ne te dérange pas, je vais vider ma vessie. ».

« Tu me rejoins dans la cuisine ? ». Une main levée et un grognement confirme que Bee a entendu sa requête avant qu'il ne claque la porte de la salle de bains.

xoxo

Quelques minutes plus tard, Bella sourit, retrouvant sa vitalité devant une tasse de thé fumante qu'Edward a préparé. Malgré que son estomac chante et bulle de façon étrange, elle bave devant le petit déjeuner que son patron a pris le temps de préparer. La cuite brésilienne de la veille, la rend un peu patraque mais elle ne changerait sa place pour rien au monde. Par-dessus sa tasse, elle demande. « Alors ? Qu'est-ce qu'on a fait après ? Après la sixième carafe, je ne me rappelle de rien. Est-ce qu'on a fait un pacte de sang ? On a sacrifié une poule ? Une vierge peut être ? On est comme des frères ? ».

Edward beurre tranquillement sa tartine et croque dedans. « Pourquoi ça te dérange ? Tu ne veux pas ? ». La jeune femme gratte sa tête, remontant un peu plus sa chevelure incontrôlable. Elle regarde son patron qui sourit comme un demeuré.

« Qu'est-ce qu'il y a ? ».

Edward tente vraiment de ne pas rire devant les cheveux dressés sur la tête de Bella. « Rien. ».

Son regard doré est soupçonneux mais vu qu'il ne dit rien de plus, elle décide de laisser tomber. « Je dois avoir une tête affreuse. ». Edward éclate de rire, se tapant la main contre la table. Elle grommelle. « T'es un con Cullen. ».

« Tu te répètes gamin. ».

Bella fait ce qu'elle peut pour aplatir ses cheveux et déclare. « Est-ce que cela change quelque chose entre nous ? ». Edward hoche la tête négativement. Elle insiste. « Est-ce que tu m'aimeras plus qu'avant ? ».

Le jeune homme prend un croissant qu'il dépouille consciencieusement. « T'aimer plus ? Est-ce que cela compte tant pour toi ? ». Il finit par soupirer. « Je ne pense pas que je puisse t'aimer plus que ça. ».

Bella reste perplexe. Est-ce qu'il veut dire qu'il ne peut pas l'aimer davantage ou qu'il l'apprécie déjà trop ? Ses propres questions lui donnant mal au crâne et ne voulant pas plomber l'agréable ambiance dans laquelle ils déjeunent, elle continue plus légèrement. « Est-ce que tu seras… Hum… plus sympa ? ».

Edward réfléchit. « Ca je peux faire. ».

La jeune femme sourit. « Et si… Je te demande la tartine que tu viens de beurrer ? ».

Edward regarde la tartine qu'il comptait bien porter à sa bouche et soupire. « Bien sûr, je peux faire ça. ».

La petite voix malicieuse continue. « Et quoi d'autre ? ». Il lui tend sa propre assiette parée d'une omelette dorée et de bacon croustillant. Bella sourit et montre du bout de sa fourchette le croissant qu'il a entamé et il lui offre aussi. « Tu es d'accord pour tout ce que je peux demander ? ».

Edward hoche la tête. « Dans la mesure du possible. ».

Bella continue à manger de bon cœur. « Je dois être en train de rêver ! ».

« Il ne te faut pas grand-chose. Qu'est-ce que tu veux d'autre ? ».

Elle sourit sans même le regarder. « J'ai déjà tout ce qu'il me faut. ». Elle baisse la tête et savoure les mets qu'il a préparés pour elle.

Edward se mord la lèvre en surveillant son ami. Il se penche en avant pour inspecter son oreille. « Pas mal pour un truc que j'ai fait bourré. ». Ils se mettent à rire.

Bella le repousse avec sa fourchette et dit la bouche pleine. « Arrêtes ça fait mal. J'ai plutôt intérêt à désinfecter ça vite fait ! ».

Edward se repose sur sa chaise. « En plus d'être un gamin, t'es une chochotte. ».

Elle le regarde, outrée. « Nan mais sérieusement. Ça me lance ! ».

Edward ricane. « C'est plutôt le tonneau de cocktail que tu as bu hier qui te fait cet effet. ».

« Ouais aussi. Tu as raison Cullen. ». Ils éclatent, une nouvelle fois, de rire.

Une fois qu'ils parviennent à se calmer, Edward dit sérieusement. « Ce n'est pas la première fois que je te le demande. Appelles moi Edward. ». Bella lève les yeux au ciel mais ne dit rien. Elle finit par chuchoter.

« Edward… ».

Il lève la tête mais elle ne continue pas, alors il recommence à manger. Une nouvelle fois.

« Edward. ». Il voit qu'elle hoche la tête. Ayant à peine le temps de reprendre une nouvelle fourchette de sa succulente omelette… c'est aux dires de Bella… Non point qu'Edward aime se vanter… qu'il entend à nouveau. « Edward… Edward… Edward. ». Et à chaque fois, elle fait mine que ce n'est pas elle.

Il rit, ratant presque sa bouche avec sa tasse de thé. « Tu es vraiment un gamin ! ».

Elle sourit et explique. « Mais non c'est juste que j'essaie juste de m'habituer ! ».

Edward lui tend une nouvelle tartine. « Tu as plutôt intérêt. On ne se quittera pas de sitôt. ».

xoxo

Alice se remémore les évènements de la semaine. Dans son studio, entourée de croquis et de mannequins portants les futures créations de sa marque. Son esprit ne cesse de revenir sur l'image de Jasper et Bella. Elle se demande jusqu'où ils seraient allés si elle ne les avait pas interrompus. Elle ouvre la fenêtre pour prendre l'air, suffocant subitement et décide d'appeler Jasper. Celui-ci est déjà pris pour le déjeuner mais se propose de passer un peu plus tard. La conversation est tendue entre eux. Au point qu'elle préfère dire qu'elle a déjà des rendez-vous. Normalement, c'est à ce moment qu'il est censé lui dire qu'il tient à elle et qu'il arrive. Mais tout ce qu'elle entend est un profond soupir.

« OK Alice… Alors… Rappelles moi quand tu seras disponible. ».

Il raccroche sans un mot de plus. Alice regarde son téléphone et tente d'assimiler le fait que cet homme, qui était à sa botte une grande partie de sa vie, vient de lui raccrocher au nez comme si elle n'était qu'une fille quelconque.

xoxo

James est assis dans un des fauteuils, tranquillement en train de siroter un café, car il n'y a rien de mieux que de boire un expresso durant son service, observe le manège de Bee et Edward dans la grande salle.

« Edward ! L'addition de la table 7. ».

Moins d'une minute plus tard. « Bee ! ». Le serveur s'empresse de rejoindre le comptoir où Edward lui tend le papier demandé. Ils se sourient et Bee repart faire son service. Edward l'interpelle. « Bee ! ».

Le serveur, qui était déjà de l'autre côté de la grande salle, retourne vers le comptoir où son patron sourit. « Non rien. C'est juste pour te faire payer tes conneries de ce matin. ».

Bee tend le doigt vers lui. « Tu es un gamin Cullen… Edward. ».

Ce dernier pointe ses doigts tel un révolver et lui tire dessus, soufflant ensuite la fumée au bout de son index. « T'as tout compris. ».

James est rejoint par Seth. « Mon dieu ! Tant de guimauve qu'ils m'écœureraient presque ces deux-là. ».

Seth sourit. « Je supporte tout ça juste parce qu'il y a de l'argent en jeu. ». Il interpelle Bee. « Dis donc… T'es arrivée avec le patron ce matin, non ? ».

Bee s'approche d'eux, leur faisant mime de se taire ou au moins de baisser le ton. Mais, Edward tend déjà l'oreille en souriant. James continue. « Alors, ça y est ? Vous êtes ensemble ? ».

« Vous allez vous taire oui ! Puis, ne racontes pas de sottises. Pourquoi il aimerait quelqu'un comme moi, hein ? ». Il fait de grands yeux à l'intention de Seth pour qu'il ne dévoile rien de plus.

James secoue sa main en éventail. « Tu es nickel mon minou, surtout avec un petit cul pareil. Puis, c'est le cœur qui dicte ses lois, pas l'anatomie. Et croyez moi, j'en ai fait douter plus d'un. Il y a cette fois où… ».

Bee et Seth sourient à l'idée des souvenirs croustillants que James s'apprête à dévoiler mais Billy les rappelle à l'ordre en sortant de la cuisine. « Dis donc, vous pensez donc que le café va être servi par les clients peut être ? ».

Quand Bee se relève, il se tourne sans apercevoir Emmett qui arrivait en même temps et lui rentre dedans, son oreille percutant directement l'épaule du petit ami de sa sœur. Il sautille sous la douleur en posant sa main sur son oreille qui l'élance de douleur.

« Oh pardon Bee ! Hé, mais ce n'est pas un des diamants du patron ça ? ».

Bee se cache l'oreille. « Non, celle-ci est à moi. ». Il se tourne en tous sens pour vérifier que personne n'ai entendu. « Puis pas besoin de crier ok ? ». Les joues rouges, il s'enfuit prestement vers la terrasse.

Emmett hoche les épaules et s'approche du comptoir. « Patron, il me faut… un café lat.… Hum… non un café Moch… Ou est-ce que c'était un thé ? Ah merde j'ai encore oublié la commande. ».

James monte sur un des tabourets à côté de lui et sourit à le regarder s'enfoncer dans sa bêtise. Il finit par lui tendre son calepin et son stylo. « Tiens, avec ça tu iras plus vite. ». Au regard perplexe de son ami, James continue. « Tu notes tes commandes dessus et tu les donnes au comptoir. ». Emmett sourit, comprenant enfin où il veut en venir, et retourne vers ses clients pour reprendre sa commande. James se tourne vers Edward et Billy. « Faut vraiment demander à Rose ce qu'elle lui trouve. Heureusement qu'il est adorable et avec un corps à croquer parce que sinon c'est l'idiot du village». Une fois que Billy retourne en cuisine, il demande à un Edward toujours souriant. « Alors ? T'en es où avec Bee ? ».

Edward range quelques tasses. « Nulle part… Ah si ! Il m'a dit qu'il m'aimait. ». James bondit sur son tabouret.

« Quoi ! Tu ne m'as rien dit ! Et tu dis ça comme ça, genre on te fait des déclarations tous les jours. ».

Edward pose ce qu'il avait et lève les mains comme pour se rendre. « N'en fais pas toute une histoire. Je lui ai dit que ce n'était pas possible mais que je lui offre toute l'amitié fraternelle dont je suis capable et ça tant qu'il l'acceptera... Et oui, on me fait des déclarations tous les jours. Qu'est-ce que tu crois ? ».

James soupire et tape du plat de ses mains sur la table, faisant bondir quelques clients de stupeur. « Merde ! Comment peux-tu dire une connerie pareille ! Ce discours était plus chiant que celui que m'a sorti mon père la première fois qu'il m'a surpris en robe et tu n'imagines même pas la robe que je portais ! Et tu n'es pas aussi coincé que mon père ! ».

Edward se rapproche de lui, désireux de lui faire comprendre. « Tu me connais James. C'est tout ce que je peux lui proposer. ».

James soupire. « Tu es capable de tellement mieux, mon ami. En plus, je te connais depuis toujours et crois-moi, tu n'as jamais regardé qui que ce soit comme ça. ». Il se redresse en remarquant de nouvelles clientes dans son secteur. « Mesdemoiselles Bonjour ! Que puis-je faire pour des beautés telles que vous, princesses ? ».

Edward sourit devant le spectacle que peut être son ami d'enfance. Il finit par marmonner. « Je remercie le ciel de ne pas être attiré par un tel phénomène. ».

xoxo

Bella replie les pages offres d'emploi du journal qu'elle lisait et consulte sa montre. Bientôt la fin de sa journée et elle meurt déjà de faim. Son téléphone sonne dans sa poche.

Alice.

La jeune femme regarde autour d'elle puis se dirige vers un coin tranquille avant de décrocher.

Près d'une heure plus tard, elle se retrouve dans un café en compagnie de celle qui, à son grand plaisir il faut l'avouer, ne détient plus aussi fermement le cœur des frères Cullen. Encore plus affamée qu'auparavant, elle tente de rester poliment digne devant l'assiette de pâtisseries qu'elle a commandée pendant qu'Alice prépare consciencieusement son thé.

Non point qu'elle crève la dalle, mais pas loin, donc elle attend qu'Alice ne revienne avec son thé au citron, plus citronné s'il vous plait et son lait écrémé, je le voulais à température, le serveur ayant lâché l'affaire avant de rendre son tablier pour la journée après, tout de même, avoir servi cette salade, avec un œuf dur mais pas trop et une sauce allégée à part, bien entendu.

Pitié, que je ne sois jamais obligée de la servir au café sinon ils ne seront pas assez de deux pour me retenir…

Alice se réinstalle à sa place avec grâce et prestance. Bella esquisse un sourire pour éviter de montrer une pointe de jalousie. Ses gestes sont d'une telle élégance qu'elle transpire de féminité.

La styliste boit une gorgée de son thé et dit. « Ce n'est pas plaisant, n'est-ce pas ? Je pourrais dire que je suis nerveuse mais cela ne me ressemblerait pas. Je t'ai appelée car ta relation avec mon petit ami m'intrigue et me dérange. ».

Bella hoche la tête, grignotant une de ses pâtisseries et ne comprenant pas où la femme en face d'elle veut en venir. Son tempérament prend le dessus. « Tu sais, j'aime énormément Jasper… Puis, il me semble que vous n'êtes plus ensemble, pas vrai ? De toutes les façons, c'est lui que tu devrais voir dans ce cas non ? Ah, en si peu de temps, il a pris une énorme place dans ma vie. C'est un de mes meilleurs amis. Donc, ne me mords pas, ce n'est pas moi que tu dois craindre. ».

Alice tente d'intégrer sa déclaration. Jamais elle ne s'est retrouvée à craindre la perte de Jasper ou d'Edward. Ils font partis de sa vie depuis si longtemps qu'elle les considérait comme acquis. Elle répond simplement. « Ah oui ? ».

Bella acquiesce vigoureusement. « C'est clair ! Ce mec est fantastique. Ce qui est d'autant plus frustrant vu que j'aime déjà quelqu'un d'autre. ». Elle soupire se demandant si, le fait d'être si amoureuse d'un crétin ne la rend pas tout aussi idiote. La jeune femme lève les yeux au ciel, oubliant totalement qu'Alice est en train de l'observer.

« Je le connais ? Ah j'ai une petite idée. ».

Cette dernière se demande comment Bella peut survivre dans le monde actuel avec toutes ses émotions si ouvertement affichées sur son visage. « Pourquoi ne lui dis-tu pas que tu es une femme ? ».

Bella avale goulument la dernière pâtisserie et répond en souriant. « J'y ai pensé mais d'une part c'est un crétin et d'autre part… ». Elle semble prendre le temps de réfléchir à ses mots. « … En ce moment, il a surtout besoin d'un ami et ce genre de déclaration ruinerait le peu de confiance qu'il accorde au reste du monde, pas vrai ? Alors je prends sur moi et j'attends le bon moment. ».

OK, alors à ce moment précis, qu'Alice est vraiment convaincue que la femme attablée avec elle, débarque d'une autre planète ! Comment peut-elle être d'une telle gentillesse ? C'est normalement du chacun pour soi dans cette réalité et c'est à croire que Bella n'a jamais vu Dallas ou Cote Ouest. Elle ne connait les Cullen que depuis peu de temps et son amitié leur est déjà dévouée. Bien plus qu'elle-même en plus de dix ans. Bella replace sa frange correctement pour boire un peu de son milkshake et l'œil d'Alice est attiré par le brillant qu'elle porte à l'oreille. Cachant le tremblement de ses mains posées sur ses cuisses, elle dit.

« Très joli diamant que tu portes à l'oreille. ».

Bella passe le bout de ses doigts sur son oreille nonchalamment. « Ah oui ! Je trouve aussi. ».

Bien qu'elle n'ait absolument pas besoin de cela, Alice demande confirmation. « C'est Edward, n'est-ce pas ? ». La jeune femme en face d'elle hoche la tête, inconsciente de l'implication d'un tel objet. Elle aspire bruyamment avec sa paille, n'ayant pas remarqué que son verre était vide.

« Oups pardon. ». Bella lève son regard vers Alice. OK, elle n'est peut-être pas aussi parfaite mais elle est loin d'être bête et là, elle perd son temps. Elle se demande sérieusement à quoi sert cette entrevue. « Tu sais… Je ne sais pas ce que tu comptes faire mais Jasper semble plus libre maintenant. Il a décidé d'aller de l'avant. Tout comme Edward d'ailleurs. Alors, il serait peut-être temps que tu fasses de même. ». Devant la mine outrée de la styliste, Bella continue, tout aussi franchement. « Ne fais pas l'innocente. Je ne sais pas à quel jeu tu joues mais là c'est terminé. ». Sans même attendre une quelconque réponse, elle pose sa serviette sur la table, dépose la somme qu'elle doit pour l'addition, récupère son casque de moto et quitte le café sans se retourner. Le sourire qu'elle affiche, une fois dans la rue, s'agrandit quand elle raconte son rendez-vous à Rosalie, au téléphone et que celle-ci conclut dans son langage toujours aussi fleuri. « Mon dieu Bella ! T'es plus couillu que tous les princes réunis ! ».

xoxo

Au même moment, Edward prend une petite collation avec James sur la terrasse du café. Ils observent Emmett, Seth et Billy qui s'agitent autour du nombre toujours grandissant de clients. James demande. « Alors ? Pour reprendre où nous en étions ce matin… Qu'est-ce que tu ressens pour Bee ? ».

Edward écarte de sa bouche la pomme qu'il mangeait. « Arrêtes ! Je t'ai déjà dit qu'il n'y a rien. C'est un mec ! ».

« Et alors ? ».

Edward croque dans la pomme. « Ben, c'est pas possible. ».

James secoue la tête, dépité. « Alors, éloignes toi de lui. ». Les yeux d'Edward s'écarquillent à une telle idée mais son ami continue. « Je ne veux pas faire le rabat joie mais… Tu sais que pour moi, les histoires d'amour contrariées sont comme du beurre sur… ». Là, Edward est déjà outré. James éclate de rire. « … sur ma tartine ! Enfin Edward, je ne te pensais pas si kinky ! ». Edward lui fait un clin d'œil avant de l'inciter à continuer. James prend une grande inspiration, sachant d'avance que ce qui va suivre ne sera pas forcément plaisant. « Je disais donc… Sans vouloir être l'oiseau de mauvais augure, je te connais. Et je n'aimerais pas que l'un de vous souffre à cause de tes indécisions. Tous les princes seraient ravis qu'il se passe quoi que ce soit entre vous. Mais je ne peux m'empêcher d'avoir peur pour toi. Ça fait des millénaires qu'on se connaît et là… tu sembles vraiment différent. J'oserais même dire heureux ? Putain, comme je suis en train de t'encenser… on dirait une tata ! ».

Edward sourit, la bouche pleine de pomme. « Mais tu es une tata ! ».

James l'attrape par le cou. « Oh oui, il faut le reconnaitre, je suis une reine. Passons… Bee est un véritable amour et un chouette gamin avec ça. Je pense qu'il est sincèrement accro à ton petit cul blafard. Donc, même si tu es mon ami, et donc que tout mon cœur est de ton coté, ne joues pas avec ses sentiments non plus. ».

Son patron, et ami, soupire. « Je prends note. Mais, pour changer de sujet, je te vois depuis ce matin et je me dis que tu as bien trop de temps libre pour penser à des conneries pareilles. ». Il se lève pour retourner à son bureau. « Je vais surement doubler tes heures. ».

James frappe dans ses mains. « OK, le sujet est clos ! Je ne vais pas contrarier la main qui me nourrit et qui paie mes heures à la fac. En parlant de la fac, il y a bientôt la soirée organisée par ma section et tu dois convaincre Bee de me prêter Rosalie. ». Devant le regard perplexe d'Edward, il précise. « Tu sais, sa sœur. Rosalie. La grande blonde qui sort avec l'idiot du village. Et ça Edward, je peux te dire que c'est du grand n'importe quoi. ».

Edward répète. « Rosalie, tu dis ? ». James hoche la tête, continuant à parler de cette soirée mais son ami n'écoute déjà plus.

Il se remémore vaguement une photo de Bee en compagnie d'une jolie blonde mais rien de plus. D'ailleurs, en y repensant, jamais son ami ne parle de sa famille, ni même de sa vie.

James le sort de sa rêverie quand il s'étire. « Ahhh allez au boulot ! ». Il s'approche, tout guilleret, d'une vitre à proximité et se regarde dedans. « Purée, mes parents ne blaguaient pas ! C'est dingue de me faire si craquant. ». Il se tourne vers Edward. « Mates ce regard ! Qui a dit que l'eye-liner était réservé aux femmes et aux gothiques, hein ? ». Edward sourit en l'entrainant par l'épaule pour retourner en salle.

xoxo

Jasper passe une nouvelle fois sa main dans ses cheveux. Ses boucles blondes devenant incontrôlables à mesure que sa nervosité augmente. Bella lui a arrangé un rencard… Enfin, un rendez-vous tout ce qu'il y a de professionnel avec Angela et pour joindre l'utile à l'agréable, elle a prévu que la jeune femme le rejoigne dans son studio d'enregistrement.

Pour, au moins, la cinquième fois, il étudie la sélection qu'il a prévu pour le projet sur lequel Angela travaille quand cette dernière tape doucement à la porte vitrée le séparant du couloir. Jasper tente une nouvelle fois de calmer ses nerfs et de se rappeler qu'il n'a plus quinze ans.

Ils discutent de tout et de rien, jusqu'au moment où ils parlent de leurs situations amoureuses respectives. Des petits amis, à gauche et à droite, pour Angela et la fameuse histoire avec Alice pour Jasper.

Il conclut rapidement. « J'ai gaspillé tellement d'énergie à tenter de la comprendre. Même lorsqu'elle est partie… Durant ces deux années d'absence, j'ai pris sur moi de trouver ce qui n'allait pas entre nous. ».

Angela replie sa serviette. « Est ce que tu essaies de me dire que tu l'aimes encore ? ».

Jasper comprend qu'il en a, peut-être, trop dit. « Ah ah non ! Je viens de réaliser qu'elle a une place importante dans ma vie, étant mon premier véritable amour et une amie d'enfance. Mais rien de plus. C'est du passé. ».

La jeune femme soupire de contentement mais reste préoccupée. « Et Bella ? Je sais qu'elle parle souvent de toi, puis avec un tel enthousiasme et… et que moi… et moi-même depuis que je te connais, je ne peux m'empêcher d'être admirative… Enfin tu vois… et ça me dérange car Bella est une fille incroyable et je n'aimerais pas trahir son amitié par des sentiments qui seraient déplacés. ». Elle joue nerveusement avec ses doigts.

Jasper lui prend la main. « Ne t'inquiètes pas. Bella et moi sommes d'excellents amis et rien de plus. En plus, je la soupçonne de préférer mon chien Aro plutôt que ma compagnie. Puis elle risque d'être ma belle-sœur sous peu… enfin si elle se débrouille bien. ». Il pose un baiser sur la main qu'il enserre.

« La connaissant, ça sera explosif. Et j'espère être là pour célébrer cela. ».

« J'y compte bien. Et maintenant que je te tiens et je te lâche plus. ».

Angela rougit jusqu'aux oreilles et Jasper ne peut s'empêcher de penser que Bella a raison. Il est vraiment temps pour lui de vivre pleinement.

xoxo

Cela fait déjà dix minutes qu'Edward et Bella parcourent les rayons du supermarché et surtout qu'Edward se fait royalement poussé sur le caddie. Il lève les bras. « Stop ! Stop ! ». Saisissant plusieurs boites d'œufs, il lui fait signe de reprendre sa course tandis qu'il prend soin de rayer le produit de la liste.

Bella marmonne. « Tu aurais pu me dire que tu voulais juste faire des courses plutôt que de m'attraper en me disant qu'on avait quelque chose de super urgent à faire ! Puis, tu sais qu'on peut se faire livrer maintenant ? À quoi tu joues Cullen ? ».

Edward lui indique où tourner avant de répondre. « Si tu veux vraiment tout savoir, on doit aussi acheter un nouveau jeu d'assiettes vu que tu n'es pas capable de faire une journée complète sans en casser une ou deux. ». Il descend du caddie et prend quelques bouteilles de lait de soja.

Malgré tous ses efforts et une certaine dextérité dans toutes les activités physiques qui se présentent, Bella ne peut s'empêcher d'être maladroite avec un plateau. La jeune femme soupire. « OK OK ! Allez remontes là-dessus que tu testes le Swan Express. ».

Après un passage en trombe dans les rayons frais et d'entretien, une colonne de boites de lessive renversée au grand dam de l'employé qui avait passé sa matinée à les mettre dans un équilibre artistiquement précaire, et les remontrances du vigile venu leur tirer les oreilles comme les gamins qu'ils sont, Edward et Bella finissent par se retrouver au niveau de la vaisselle.

C'est maintenant lui qui pousse le chariot alors qu'elle marche tranquillement à ses côtés. Bella finit par demander. « Alors, racontes moi…. Hum…. Ton premier baiser ? ». Edward sourit et tente de se rappeler. Elle continue. « Était-ce Alice ? ».

Edward grimace. « S'il te plait ! C'est la copine de mon frère. ».

Bella marmonne. « C'était. Il faut parler au passé maintenant. ».

Vu qu'il était perdu dans ses pensées, il ne l'a pas entendu. « Pardon ? ».

Elle ne peut réprimer son sourire. « Nan, rien. ».

Edward reprend. « J'avais un minimum de moralité à l'époque. Pff… quel menteur. J'ai tenté le coup mais elle m'a repoussé. ».

Bella sourit, sachant combien il est incorrigible. « Alors, Alors ? Qui était l'heureuse élue ? ».

Le jeune homme inspecte de la vaisselle, prenant son temps. « Je ne sais pas si je peux te le dire. ».

Elle lui arrache l'assiette des mains, l'observe et la repose en grimaçant. « Dis plutôt que tu ne t'en rappelles plus. Je suppose que tu étais un tombeur et que toutes les filles du quartier ont dû y passer. ».

Il saisit une autre assiette et lui montre. « Non, mais pas loin. ».

Bella hoche la tête montrant qu'elle n'apprécie pas cette vaisselle non plus. « Alors qui c'était ? Ne me dis pas que je suis le premier ? ».

Cette fois Edward ricane. « Ah. Ah. Ah. Non. Puisque tu veux tout savoir… C'était l'étudiante qui venait m'aider pour mes devoirs après les cours. ».

Bella pousse le chariot un peu plus en avant. « Oh et vous êtes sortis ensemble ? ».

« Bien sûr ! À quinze ans, tu ne rates pas une occasion pareille. ».

Elle lui tend une nouvelle assiette. « Longtemps ? ».

Il la repose et lui en montre une autre. « Non. ».

Elle hoche la tête négativement et en saisit une autre. « Alors, tu as couché avec elle ? ».

« Presque. ».

Elle arrête son mouvement pour le regarder. « Comment ça presque ? Tu ne connaissais pas encore le chemin ? ».

Edward sourit, les joues un rien rosies par le fait de raconter un tel souvenir. « Disons que ma mère devait soupçonner quelque chose vu qu'elle venait régulièrement dans ma chambre. ».

Bella glousse en imaginant les excuses qu'Esmée devait inventer pour les perturber. « Et pourquoi ça n'a pas duré entre vous ? Outre le fait que ta mère plantait l'ambiance. ».

Le jeune homme se gratte la tête, gêné et continue à avancer avant de dire, par-dessus son épaule. « Je commençais à aimer sa copine. ».

Bella reste sur place, stupéfaite. « Quoi ? Oh le cochon ! C'est incroyable comme tu peux être… ». Edward la saisit par le cou, l'entrainant sur ses pas.

« Comme je peux être quoi ? ».

Elle rit, tentant de lui faire lâcher prise. « Comme tu peux être… ».

Il resserre son bras et ébouriffe les cheveux de sa prisonnière. « Allez, maintenant tu dis… Je suis désolé mon cher Edward. ».

Bella rit encore plus fort, s'étouffant presque vu que sa tête est toujours enserrée sous le bras de son patron. « Je peux pas dire une chose pareille ! Ça serait mentir monsieur le juge ! ».

Il rit à son tour. « Fais le ou je tire ton oreille ! Quoi que cela ne me suffit plus. Trouves quelque chose de grandiose ! ».

« Non ! Nan ! Ouille ! ».

Il pince l'oreille récemment percée et Bella pousse un petit cri perçant, gigotant de plus belle. « Aïe ! Aïe ! Aïe ! Tu es quelqu'un de bien. Tu es formidable Edward ! ».

Celui-ci s'excuse d'un hochement de tête auprès d'un couple de petits vieux mi outrés mi amusés par leur comportement puis libère son amie. « Très bien. Il était temps que tu l'admettes. ». Il récupère leur chariot et inspecte de nouveau la vaisselle exposée.

Bella, légèrement exaltée par la situation, continue son interrogation. « Ok donc tu butinais à gauche et à droite. Mais, Alice dans tout ça ? Je croyais qu'elle était tout pour toi. ».

« J'ai aimé Alice durant près de 9 ans mais il faut comprendre que je n'ai pas aimé qu'elle. Tu vois ce que je veux dire ? Puis, heureusement encore. Ce côté exclusif…C'était la seule différence avec mon frère. Comme je te l'ai déjà dit… ça finissait par être une habitude. ».

Bella reprend possession du chariot, restant pensive. Est ce qu'elle doit se réjouir qu'il parle de sa relation avec Alice au passé ? On sait bien qu'il est facile de dire certaines choses mais une fois devant le fait, on est toujours enclin à agir différemment. Une douleur sourde lui prend la poitrine quand elle se remémore le moment où Edward et Alice se sont embrassés à l'hôpital. Bien qu'il ait dit que cela n'était rien, ils l'ont tout de même fait. Si l'ex petite amie de son frère lui demandait de sauter, est ce qu'Edward est encore assez entiché pour lui demander à quelle hauteur ?

xoxo

Edward soupire. Bee semble pensif. Il ne peut s'empêcher de se demander s'il en a trop dit, ou peut-être pas assez. Mais son ami reprend ses esprits avant qu'il ne puisse l'interroger.

« Qu'est-ce que tu fais ce soir ? ».

Il soupire une nouvelle fois et dit en grommelant. « Je dois appeler Jasper car mon père nous invite à prendre un verre. ».

L'inquiétude de Bee apparaît clairement sur son visage. « Est-ce que tu sais pourquoi ? ».

Edward se dirige vers les caisses. « Non, mais ça ne promet rien de bon de toutes les façons. ».

Bee commence à poser des articles sur le tapis de caisse. « Oh. Tu me passes un coup de fil après ? ».

Edward le rejoint et s'attèle à son tour à la tâche. « Pourquoi faire ? ».

« Histoire d'être sûre que tout va bien. ».

Tandis que Bee et un commis chargent toutes leurs courses dans les caisses, Edward paie la facture. « Ça risque d'être tard. ».

Bee lève le nez au-dessus des caisses à charger. « Peu importe. J'attendrais. ».

Edward est étonné d'une telle sympathie. Les bons sentiments qui émanent de Bee le comblent mais en même temps l'attristent. « Hum… OK… merci. ».

xoxo

Une femme d'âge mûr sort de l'aéroport de Seattle. Elle ajuste tranquillement ses lunettes de soleil avant d'héler un taxi. Une fois installée à l'intérieur, elle sort son portable et parcoure sa liste de contact.

Cullen Carlisle… Appeler… Annuler…

Elle indique l'adresse de son hôtel et appuie sur le bouton d'appel. « Carlisle ? C'est Jane… ». Elle sourit au ton surpris et empli d'effroi de son interlocuteur. Sa voix se fait mielleuse, toujours teintée de cet accent suave dû aux deux décennies passées en Italie. « Ah non, mon adoré, je ne suis pas à Volterra. Je viens d'arriver à Seattle… Oh, nous dirons que c'est pour… affaires… Sinon comment vas-tu ? ... Ta femme est-elle toujours aussi parfaite ? Et mon petit Jasper ? … ».

xoxo

Edward laisse ses clés au voiturier situé à l'extérieur d'un des restaurants les plus chics de Seattle. C'est presque avec tristesse qu'il laisse partir sa Volvo mais il est rapidement rejoint par son grand frère. Ils se prennent amicalement dans les bras pour se saluer, ravis de se revoir mais ils déchantent rapidement. Jasper dit en soupirant. « Alors à ton avis, pourquoi sommes-nous là ? ». Edward hausse les épaules et laisse son frère continuer. « Bon, dis-moi ton prix et il sera mien. Tout ce que tu veux, tant que ça m'évite d'entrer là-dedans. ».

Edward sourit et le prend par l'épaule. « Oh non ! Si je dois passer une soirée avec Cullen Sénior, je suis ravi de savoir que tu souffres aussi. ».

Jasper salue les portiers qui ouvrent les grandes portes vitrées de l'entrée. « On fait comme d'habitude, l'un calme l'autre si ça risque d'exploser. ».

Ils hochent la tête quand le maître d'hôtel les invite à le suivre vers le carré réservé aux clients importants. Edward marmonne. « Si tu te mets en colère, il y a de fortes chances que mes câbles aient pété bien avant. ».

Contre toute attente, cela fait déjà un bon quart d'heure qu'ils sont tranquillement attablés. Le maitre sommelier a versé des petites merveilles de gout dans leurs verres à vin, tandis qu'un serveur leur offre des amuses bouches excellents mais, malgré tout, les frères Cullen ne comprennent toujours pas pourquoi ils sont présents, Carlisle n'ayant prononcé que deux ou trois phrases depuis leur arrivée. Jasper finit par lui demander des nouvelles de leur mère. Carlisle répond brièvement. « Elle va bien. ».

Edward l'informe. « Je passerais à la maison en fin de semaine. ».

Jasper acquiesce. « Et moi je l'appellerais demain. ».

Carlisle prend une bouffée de son cigare et exhale tranquillement. « Ne vous inquiétez pas inutilement pour votre mère, elle va beaucoup mieux. ».

Les limites d'Edward commencent à être atteintes. « OK, alors pourquoi ce rendez-vous ? Je doute que ce soit l'envie de nous voir… ».

Carlisle saisit un petit four. « Ne dis pas ça. Je sais que nos relations ne sont pas au beau fixe en ce moment. ». Ne satisfaisant pas au gout de leur père, le petit four retrouve rapidement l'assiette.

Jasper et Edward rient jaune sur l'idée loufoque, qu'à une époque ils auraient pu s'entendre avec leur paternel, mais aucun d'eux n'insiste sur le sujet. Leur père fait signe au serveur à proximité. « Encore un peu de vin ? ». Ils se font servir prudemment pour éviter que l'alcool ne perturbe leurs sens.

L'ainé des Cullen commence à appréhender le silence de leur père. Il finit par demander franchement. « Est-ce au sujet de ma mère ? ».

Carlisle semble gêné d'en parler devant Edward alors que ce dernier dit ouvertement. « Ne t'inquiètes pas papa. Je suis déjà au courant de toute l'histoire. Les murs sont fins et Jasper m'a tout expliqué alors que tu pensais surement que cela ne m'intéresserait pas. Aurais-je pu comprendre que le père que je portais sur un piédestal a eu une relation illégitime avec une femme, qu'il a contraint ensuite à abandonner l'enfant né de cette relation dans un orphelinat ? ». Edward finit son verre d'un coup. La main qu'il passe dans ses cheveux est un signe évident de son stress.

Jasper soupire, ses pensées dérivant vers sa mère adoptive, Esmée, qui lorsqu'elle a découvert toute l'affaire, trois ans plus tard, a été le récupérer, coute que coute et toute affaire cessante, à l'orphelinat.

Le visage de Carlisle se durcit. Il boit difficilement une gorgée de son vin qui parait soudainement plus aigre. « Je n'étais pas prêt… à cette époque… pas capable de gérer une telle situation. Et, je reconnais que je m'y suis mal pris. ».

Jasper finit par ajouter. « C'est peu de le dire. ».

Leur père tente encore de s'expliquer. Peut-être que cela lui permettra d'annoncer l'arrivée de Jane plus aisément. « Je n'ai eu le courage d'en parler à qui que ce soit. Je comprends qu'une telle histoire est dure à digérer… ». Il est interrompu par les serveurs qui viennent servir de nouveaux petits fours. Le silence est plus que pesant après leur départ.

Les trois restent silencieux, ne sachant comment discuter plus légèrement après une telle conversation. Edward finit par poser sa serviette et se redresse. « Désolé mais je ne me sens plus le courage de rester ainsi et je n'ai vraiment aucun appétit. À bientôt ! ». N'attendant aucune réponse, il récupère ses affaires afin de se diriger vers l'entrée du restaurant.

Carlisle hoche la tête. « Je peux comprendre. Nous discuterons ce week-end. ». Jasper se lève aussi et son père, avant qu'il ne file aussi, lui retient le bras. « Préviens-moi s'il t'arrive quoi que ce soit d'anormal. On doit vraiment mettre les choses au clair dès que possible. ». Le jeune homme hoche la tête sans vraiment comprendre.

Edward se presse vers le voiturier pour que celui-ci aille chercher sa voiture. Jasper le rejoint, remerciant silencieusement le fait que son petit frère ait défendu sa position avec tant de vigueur.

« On se revoit bientôt, petit frère ? ». Une fois la promesse d'une future rencontre établie, chacun part de son côté.

Dans sa voiture, Edward conduit longtemps, pour tenter de vider son esprit de ce stress que lui procurent ses rencontres avec son père. Pour la seconde fois de la soirée, son portable lui indique qu'il a reçu un message écrit de Bee.

Juste pour être sûr que tout va bien !

Il soupire et n'ayant aucun contrôle de ses émotions, il préfère ne pas répondre.

La Volvo roule encore près d'une heure quand son téléphone se met à sonner. Edward lit le nom de l'appelant. Général en Chef. Il se gare sur le bas-côté avant de répondre. « Oui Maman ? ». Après les banalités d'usage, il lui demande rapidement. « Alors, pourquoi m'appelles-tu à une heure si tardive ? … Est-ce une faveur à me demander ?... Non bien sûr que non maman… Non je ne veux pas dire que tu fomentes un quelconque plan machiavélique à mon encontre… Comment peux-tu imaginer une chose pareille ? Oui, bien entendu que je t'aime. Oui je sais que tu m'aimes aussi. ».

Elle continue à lui parler tandis qu'il se calme en écoutant la voix maternelle et apaisante. « Le café, oui tout va bien. Il faudrait que tu passes, James frétille à l'idée de te revoir... OK. Oui bien sûr que je t'aime et je t'embrasse aussi. Je passerais à la maison en fin de semaine… Comment ça avec Bee ? Heu oui d'accord… Bonne nuit... oui promis je pense à manger sainement… ».

Il redémarre sa voiture et décide de rentrer chez lui mais pas avant de passer un dernier appel.

xoxo

à bientôt !

:3