Coffee Prince « Café des Princes ».
Twilight, à S. Meyer & The 1st Shop of Coffee Prince, à Lee Sun Mi
Création de Lex Lina
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Chapitre 18
Chai Tea Latte (suite)
Chansons utilisées : You could be mine – Guns & Roses, Mad about you – Hooverphonic et I Feel Love – Donna Summer
Esmée repose son téléphone sur la table en face d'elle. Après avoir appelé ses deux petits, elle est rassurée de savoir qu'ils se portent bien, malgré tout. Elle lève son regard compatissant vers Carlisle qui parait plus fatigué que jamais. Il fait mine de lire son journal mais elle sait bien que d'une, il n'a pas raté une miette de ses conversations téléphoniques toutes futiles soient elles et qu'ensuite, son esprit est plus que préoccupé. Ses incertitudes lui donnant mal au crâne, elle finit par gronder. « Comment ose-t-elle ? Après tout ce temps ? Alors que tu portes le mauvais rôle depuis tant d'années ? Pourquoi Jane est-elle revenue ? ».
Carlisle replie son journal et pose sa main sur celle de sa femme. « Les enfants sont assez grands pour comprendre la situation. Ils sont soudés et savent qu'ils peuvent compter sur… toi. Et cela quoi qu'il arrive. Mais ne spéculons pas. Jane dit qu'elle est là en voyage d'affaires. Laissons-lui le bénéfice du doute. ».
Esmée retire sa main et semble recevoir cette dernière phrase tel un soufflet. « Comment peux-tu être si gentil ? Pourquoi aurait-elle appelé ? ». Elle se passe les mains dans ses longues boucles brunes, signe de stress repris par ses fils. « Que tente-t-elle de faire ? ».
L'inquiétude sur son visage est flagrante quand elle fait les cent pas dans le séjour. « Tu n'as pas le droit à l'erreur. Je ne veux pas qu'elle rencontre Jasper et encore moins Edward ! ».
Carlisle se dirige vers le bar et leur sert deux alcools forts. « C'est sa première visite en 20 ans. Je ne suis pas sûr de pouvoir la convaincre d'une telle chose. ». Il lui tend un des verres qu'Esmée boit cul sec. Elle repose le verre brutalement sur la petite table et lève un doigt menaçant. « Comme tu viens de dire, elle n'a jamais ressenti la moindre envie de le revoir. Mais je te préviens Carlisle. Je peux tout supporter, je t'ai toujours soutenu mais là… si elle m'enlève mon fils. Il est clair qu'il n'y aura plus rien entre nous. ».
Se disant que le verre était une des plus mauvaises idées qu'il lui soit venu à l'esprit, Carlisle s'approche d'elle. « Calmes toi. Attendons de voir ce qui va se passer. ». Il tente de la prendre dans ses bras. Esmée résiste un instant avant de se relaxer dans son étreinte.
xoxo
Allongée sur le lit de Bella, Rosalie finit de relire sa copie à rendre pour le lendemain. Elle sourit en entendant sa sœur qui marmonne dans son sommeil.
« Mon dieu… Éric… Comme tu as une grande…. Oh…. Ouah…. Mais où est ce que tu comptes mettre un tel engin ?... Oh…. Lafayette ? Mais je te croyais…. Oh… ».
Rosalie éclate de rire, se reprenant juste assez pour éviter que sa sœur, aux rêves perturbés par leur visionnage d'une saison entière de True Blood, ne se réveille. Mais le téléphone de cette dernière en décide autrement. Bella se tourne brutalement, surprise par la sonnerie et oubliant totalement le fait que Rosalie étant aussi sur le lit, elle se retrouve donc un peu trop au bord du lit.
BAM !
Un petit gémissement de douleur accompagné d'un « Ah merde ! » expressif montre à Rosalie que sa sœur est encore en vie. Alors que le reste du corps repose à terre, une main surgit pour attraper le téléphone qui, par chance, sonne encore. Une voix pâteuse répond difficilement. « Le plus mignon des princes, j'écoute… ».
Bella hésite encore à se relever du sol, se disant que le tapis est tout aussi confortable. Elle lève une paupière pour appuyer sur la touche du haut-parleur. Car rien que l'idée de tenir le téléphone la fatigue.
La voix, à l'autre bout du combiné, dit. « C'est ton nom maintenant ? ».
Elle ouvre un peu plus les yeux. « Cullen ? ».
La voix d'Edward se fait rieuse. « Comment ça Cullen ? ».
La jeune femme baille à s'en décrocher la mâchoire. « Nan, je veux dire Edward. Ouais c'est ça Edward. ».
« Attends, je me gare… Est-ce que je te réveille ? ».
Bella tend l'oreille pour tenter de distinguer un quelconque bruit qui indiquerait le lieu où il se trouve. « Oui… Non… Enfin, pas vraiment. ».
« Tu veux que je raccroches ? On se voit demain de toutes les façons… ».
Rosalie fait mine d'envoyer plein de bisous et récupère ses affaires avant de sortir de la pièce quand Bella fait mine de la chasser. Elle se réinstalle sur son lit et se passe une main lasse dans sa frange. « Nan ça va… Alors, où est ce que tu es ? ».
« Attends je regarde… Hum… Je ne sais pas. ».
Bella replie ses jambes jusqu'à ce que ses genoux soutiennent sa tête. « Tu ne sais pas ? Edward est-ce que tu as bu ? Et pourquoi n'as-tu pas répondu à mes messages ? J'ai failli m'inquiéter ! ». En fait, elle était carrément angoissée et il a fallu au moins 3 épisodes, où Éric le Viking était chaud comme la braise, pour la calmer et éviter qu'elle ne parte à la recherche de son patron.
Le bruit d'une portière qui claque doucement. Edward dit. « Je suis désolé. Je n'étais pas au mieux. Il fallait que... que je me vide la tête. ».
La jeune femme s'inquiète pour son ami. Son ton est enjoué mais teinté de tristesse. « Et maintenant ? Est-ce que ça va ? Tu es chez toi ? Au café peut être ? ». Alors qu'elle se redresse, une moto passe en pétaradant sous sa fenêtre et le son fait écho dans son téléphone. Elle se lève précipitamment, manquant de se rétamer une nouvelle fois sur son tapis, pour courir vers sa fenêtre. « Oh ! Oh ! ». Elle discerne son patron en bas de chez elle. « T'es vraiment un crétin Cullen ! ».
Il lui fait un petit signe de sa main libre. Elle lui fait mine d'attendre avant qu'elle ne descende. Bella regarde partout dans sa chambre, cherchant quelque chose à enfiler rapidement. N'ayant pas retiré les bandes maintenant sa poitrine, elle retire son pyjama un peu trop girly pour enfiler son sweat-shirt universitaire et un jean. Elle attrape son sac et noue ses baskets avant de passer par la fenêtre. En équilibre sur la gouttière, elle saute aisément au sol avant de rejoindre son patron.
Edward demande. « Pourquoi sautes-tu par la fenêtre de ta propre maison comme le dernier des voleurs ? ».
Bella sourit en montrant la porte du menton. « Charlie, mon père, est en plein délire sécuritaire et donc maintenant, on a au moins six serrures à la porte d'entrée. Je te laisse imaginer le temps qu'il faut pour ouvrir Fort Nox. Donc, autant passer par la fenêtre. ». Elle demande. « Alors ? Qu'est-ce qu'on fait ? ».
Edward s'amuse à lancer ses clés de voiture en l'air sans se douter qu'elle les attraperait rapidement. « Trouves un truc qui peut me détendre. ». Il reste interdit quand la jeune femme s'assoit à la place du conducteur. Il marmonne. « Je disais quelque chose qui peut me détendre ! ».
xoxo
Dix minutes plus tard, Edward et Bee se retrouvent dans un espace dédié au base-ball en salle. Chacun tient une batte et attende qu'un espace se libère.
Une fois dans le box, Bee lance. « Je te parie un énorme plat de raviolis que je te bats à ce jeu-là. ».
Edward secoue la tête en riant. « Tu ne penses vraiment qu'à manger ! ».
« Te défiles pas Patron. ».
Edward fait tournoyer sa batte avant de répondre. « Non mais c'est surtout que moi je joue pour du cash. Par contre, si tu es un peu juste, je peux le déduire de ton salaire. ».
Bee le menace de sa batte. « Prépares toi Cullen, tu vas morfler. ». Il éclate de rire quand Edward se positionne. « Hum… Cull… Edward ? Tu as déjà joué au base-ball, rassures-moi ! ».
Edward se frotte la tête. « Non pas vraiment. ».
Son ami se rapproche de lui, sortant de sa poche un paquet de chewing-gum. Il en sort un, le coupe en deux et lui tend un des deux bouts. « Merde, c'est le sport le plus répandu dans notre pays… Écarte un peu plus les jambes… Qu'est-ce que tu foutais au lycée ? ».
Edward se positionne comme demandé puis fait deux ou trois mouvements dans le vide pour s'échauffer. Bee pose sa batte sur le côté et se place derrière lui. Il fait une bulle avec son chewing-gum et pose le plat de sa main sur le dos de son patron. « Plies les genoux mais reste le dos droit. ».
Edward hoche la tête. « Bien coach ! ». Il fait mine de taper et Bee accompagne son geste en posant ses mains sur ses avant-bras.
« Tu frappes comme ça. Sinon, vu ton âge avancé, tu vas te faire un tour de rein en moins de deux. ».
L'élève se déride une nouvelle fois, l'odeur de chlorophylle lui monte au nez, accentuant le fait que Bee est tout contre lui. « Bien coach ! ». Il essaie une nouvelle fois, et son geste paraît largement plus fluide. « Bee, tu jouais beaucoup étant plus jeune ? ».
Bee se recule et s'apprête à mettre les pièces pour enclencher le lanceur. Edward ne l'avouera jamais, même sous la torture, mais la disparition de son contact lui donne une sensation de manque. Le petit serveur reprend sa batte et se poste à côté de lui.
« Ouais. C'était pour compenser car mon père a toujours voulu un fils… un sportif, je veux dire. ». Un bip retentit. « Allez maintenant, concentres toi ! ».
Edward lève la batte au niveau de sa tête et acquiesce, fronçant les sourcils pour fixer son objectif. « Concentration ! ».
Il rate 1… 2… 3 balles. Bee explose de rire. « Mon dieu ce que tu es mauvais ! ».
Edward, les roues rougies par l'exercice et la honte, s'écrie. « Mais non, je m'échauffe. ». Remonté, il réussit les deux suivantes mais sur une très faible portée.
Bee le pousse avec sa batte, se positionne tranquillement, faisant claquer une bulle en attendant que les nouvelles balles se présentent. Il demande. « Alors ? Pourquoi on se retrouve là en pleine nuit ? ».
Sa première balle est retenue avec peine sur le filet le plus éloigné de la piste. La réponse d'Edward est interrompue par la seconde balle qui est tellement violente qu'elle revient vers eux après avoir tapé le mur d'enceinte. Il soupire devant le talent plus qu'évident de son ami. « J'ai du stress à évacuer. ».
Bee hoche la tête, lui faisant mine de se repositionner à la place du batteur. Il se remet près d'Edward et souffle en se mordant la lèvre. « Si tu perds, je demanderais un prix plus important qu'une simple assiette de pâtes. ».
Edward ferme les yeux, essayant de ne pas montrer l'impact que peut avoir ce simple geste. Une forte envie de dévorer ces lèvres boudeuses le prend mais comme toujours il se refreine.
Vingt minutes plus tard, les deux amis sont à terre, cherchant à retrouver leur souffle. Bee tend une bouteille d'eau vers son patron. Celui-ci se rend bien compte que son ami observe, avec un peu trop d'intensité, ses propres faits et gestes. Mais, plutôt que d'y ressentir une certaine gêne, Edward réalise qu'il en est presque flatté, au point de se demander depuis quand est-ce que sa façon de voir les choses à changer. Il finit par dire. « Allons à la plage. ».
Bee le regarde surpris, sa frange devenue si longue qu'elle lui barre aisément la moitié du visage. « Pardon ? ». Edward se lève et lui tend la main.
« J'ai encore envie de me balader. ».
Bee garde sa main enserrée, une fois debout et l'entraine vers la sortie. « Tant que tu me nourris, je te suis. ».
xoxo
« Ralentis ! Ralentis ! ».
Edward tient sa ceinture de sécurité à deux mains, comme si sa vie en dépendait. Bella est pliée de rire devant le stress de son ami. Déjà qu'elle a déjà du mal à se remettre du fait qu'il ait accepté de lui confier son bébé mais en même temps, comment ne pas pousser le moteur d'une telle merveille ?
« Oh mon dieu ! Arrêtes toi ! Je crois que je vais être malade ! ».
Bella tourne à peine sa tête, le pied fermement posé sur l'accélérateur. « Edward, arrêtes un peu de geindre... Puis à cette vitesse, tu ne peux pas vomir. Par contre, il se peut que tu pisses un peu dans ton pantalon. ».
Son patron la regarde, effrayé. « Très bien. Je laisse le destin décider de ma vie. ».
La jeune femme passe une chicane vélocement mais tout en douceur. « Cela fait si longtemps que je n'avais pas conduit... ».
« Si tu rayes ma caisse... ».
Elle rit. « Je sais, je sais. Tu me le retireras de mon salaire... En même temps, il ne faut pas parier si tu es une bite au base ball. ».
Edward ronchonne encore quelques propos puis ils roulent en silence. Bella appuie sur le bouton d'ouverture du cabriolet. Son passager semble admirer le système et le ciel étoilé qu'il dévoile. « C'est magnifique. ». Bella hoche la tête, affirmative, tandis qu'il continue. « Je crois que c'est la première fois que je suis passager de ma propre voiture. ».
Elle sourit et le contredit. « Ah non. Il me semble qu'il y a cette fois où tu étais ivre mort et je t'ai ramené chez toi. ». Edward tente de se souvenir, mais vraisemblablement s'il avait bu, il ne risque pas de se souvenir de quoi que ce soit. Il allume son autoradio et lance une nouvelle Play List trip hop. Hooverphonic. En espérant qu'il pourra se détendre un peu plus, tandis que la voiture se dirige vers la mer.
Quand ils finissent par s'arrêter, Edward est le premier à sauter de la voiture. Il regarde les alentours. Rien à part la mer et le bruit des vagues... Des arbres à perte de vue, la plage mélange de sable gris et de petits galets et, quelques lampadaires disséminés qui offrent un éclairage sécurisant et lunaire. « Alors ? Où sommes-nous ? ».
Bella récupère un sac en plastique qui était posé à l'arrière et fait quelques pas devant lui. D'une petite courbette, elle lui présente. « Voici First Beach. Superbe plage de Forks où j'ai passé mon enfance. ».
Retrouvant vite ses habitudes, elle récupère un petit tas de bois et y met le feu pour qu'ils aient un coin chaud et un repaire dans la semi obscurité. Ils retirent chaussettes et chaussures, remontent le bas de leurs pantalons avant de faire quelques pas dans l'eau.
Edward s'écrit. « Putain mais elle est gelée ! ».
Bella le pousse en avant, le forçant à affronter un peu plus la fraicheur de l'océan. « En même temps patron, t'es à Washington ici pas en Californie. ». Elle lui envoie un peu plus d'eau en mettant des coups de pieds violents dans sa direction.
Edward se met à éclater de rire, frissonnant à chaque fois davantage avant de répliquer à son tour. « Attends un peu gamin ! ». Ils s'amusent ainsi durant plusieurs minutes, se chamaillant comme des gamins avant de retourner près du feu. Se remémorant sa conversation au sujet de Bee, Edward finit par demander. « Alors... Parles moi un peu de toi. ».
Bella déballe le contenu de son sac en plastique qui contient tout ce qu'il faut pour improviser un pique-nique et lève un œil suspicieux. « Il n'y a pas grand-chose à dire. ».
Le jeune homme ressent vite le mur que dresse son ami. « Je sais pas moi... Ton anniversaire par exemple ? ».
« En septembre... ». Elle lui tend un sandwich qu'il mange avidement, préférant ne pas insister sur le fait qu'elle ne réponde pas vraiment.
Bella demande en rigolant. « Et toi ? Tu... Hum... tu es de quel signe ? ». Son patron nettoie quelques miettes sur son pantalon.
« Je crois que c'est gémeaux. ».
La jeune femme grimace, sortant un paquet de marshmallows et des biscuits. « Je comprends mieux maintenant. Habituellement, je finis toujours par détester les gémeaux. ».
Les yeux d'Edward s'agrandissent comme des soucoupes. Il semble vraiment attristé par la nouvelle. « Mais... Pourquoi ? ».
Elle continue, sans noter l'effroi sur le visage de son partenaire. « Ce sont des mecs étroits d'esprit, méchants et égoïstes. ».
Edward se lève brutalement. « Mais non, ce n'est pas vrai ! Qui t'as dit ces conneries ? ». Bella sourit, remarquant enfin que le jeune homme marche complètement dans son jeu. L'odeur de la guimauve grillée emplit et adoucie l'air.
« Moi tu sais... Je dis ça... ». Elle finit par éclater franchement de rire quand il fait mine de s'en aller. « Allez quoi Cullen ! Sois pas vexé ! Je rigolais ! Sérieux, j'ai une tête à lire mon horoscope ? Tu m'as pris pour James ? ».
Il se retourne et commence réellement à partir. Bella finit sa préparation et se redresser pour le rejoindre. « Tu boudes ? ».
Les lèvres d'Edward sont pressées fermement car il tente tant bien que mal de ne pas sourire devant leurs gamineries. « Hum... Je ne suis pas sûr... ».
Elle se poste devant lui. « Tu ne vas pas partir maintenant. J'ai quelque chose pour toi. Fermes les yeux et ouvres la bouche. ».
Edward s'exécute sans rechigner et la jeune femme lui pose quelque chose dans la bouche avant de faire de même dans la sienne.
Bella ferme les yeux avant de soupirer de contentement. « Purée c'est trop bon. ».
Son patron la bouche toujours pleine, lui demande. « Qu'est-ce que c'est ? ».
Elle hausse les épaules. « Ben, tu ne reconnais pas un smore. ».
« Un smore ? ».
Les yeux dorés de Bella tentent de discerner s'il joue la comédie avant de se faire plus calculateurs. « OK. Je te dis la recette si tu arrêtes de bouder. ».
Edward acquiesce vigoureusement et accepte volontiers de retourner vers le feu de camp. Ils en dévorent encore quelques-uns, sombrant dans la décadence que l'on peut aisément imaginer quand du chocolat, des oréos et des marshmallows fondus sont dans une même recette.
La fatigue et son taux de sucre aidant, Edward finit par dévoiler la raison de son stress, tandis qu'il titille les braises du feu avec le bout d'un bâton. Il enchaine les sujets sans qu'aucune émotion ne trahisse son visage. Le diner foireux avec son père. La promesse de révélations fracassantes au sujet de la mère de Jasper. L'idée que ce semblant de famille qu'il a toujours connu est, encore, sur le point d'exploser. Le fait de savoir qu'il va remettre ça le week-end suivant. Il finit par lever la tête vers le ciel étoilé avant de la tourner vers la jeune femme. Elle a les yeux brillants, les larmes prêtes à couler. Edward rit fébrilement, mal à l'aise devant le déballage consternant qu'il vient d'effectuer.
Bella change de place pour se situer auprès de lui. Elle demande. « Comment peux-tu rire avec tout ce qui te tombe dessus ? Comment trouves tu la force de… supporter ? ».
Il lui fait son sourire en coin, si caractéristique qu'il devrait être une marque déposée. « Parce que, maintenant, je ne suis pas seul. J'ai mon meilleur ami. ».
Comme si les propos lui coupaient le souffle, Bella inspire brutalement. « Est ce que tu ne m'apprécies uniquement comme tel ? ». Elle s'approche un peu plus, prétextant ramasser leurs affaires. « Et, qu'est ce qui te plait tant chez moi ? ».
Edward est gêné par leur proximité. Il se lève une nouvelle fois. La jeune femme en fait tout autant. Mais, la proximité de son corps rend le mouvement très ambigu. Elle demande en souriant, avant d'inspecter les alentours pour voir s'ils n'ont rien omis. « Est-ce parce que je suis mignon et adorable ? ».
Edward se décale de quelques pas, ravi qu'il fasse trop sombre pour que son ami ne se rende compte que ses joues sont rougies par l'embarras. Il réplique. « Et toi ? Qu'est ce qui te plait tant en moi ? ».
Bella prend soin d'éteindre le feu correctement et répond sans aucune hésitation. « Tout. ». Elle sautille jusqu'à lui. « Tu es parfait comme tu es... Pour un ami. ». Elle sait qu'aller plus loin est l'idéal pour qu'Edward ai l'idée de fuir à toutes jambes mais la soirée est trop cool pour ne pas tenter de le convaincre. Le voyant méditer sur ce qu'elle vient de dire, Bella se dirige vers la voiture sans l'attendre. Mais quelques secondes plus tard, Edward n'a toujours pas bougé de sa place. Il reste là, immobile à l'observer.
Il finit par demander. « Est ce que tu es sincère ? ».
La jeune femme regarde par-dessus son épaule. « Il faudrait me prendre au sérieux un de ces quatre... ». Elle reprend son périple dans le sable.
xoxo
Edward respire un grand coup et franchit rapidement la distance qui les sépare pour lui prendre la main. Tout cela en regardant droit devant lui. Alors que le temps est frais, cela étant dû au climat généralement pourri et humide de Forks et complété par l'océan, la chaleur combinée de leurs mains liées semble être aussi intense que de la lave en fusion.
Sans un mot, ni un regard, il l'entraine vers la Volvo. Et, quand il sent l'hésitation de son ami, Edward demande. « Qu'est-ce qu'il y a ? ». Bee lève leurs mains entrelacées, l'interrogeant du bout du menton. Edward sourit. « Deux amis peuvent être assez proches pour se tenir la main, non ? ».
Bee se détend sans relâcher l'emprise et murmure. « Absolument. ».
Ils marchent en silence, appréciant le fait que, pour un moment, ils soient coupés du reste du monde. Une fois dans la voiture, Bee lui demande de ne pas démarrer. Il ne reste que peu de temps avant le lever du soleil et ils devraient en profiter. Edward tente de l'en dissuader. « Je te rappelle qu'on travaille demain et que nos journées sont plutôt chargées. ».
Bee lui tape l'épaule. « Allez quoi ! Une nuit blanche ne va pas te tuer Cullen ! Mais, je peux comprendre qu'à ton âge... ».
Edward sourit quand cinq minutes plus tard Bee montre déjà des signes de faiblesse, baillant à s'en décrocher la mâchoire toutes les vingt secondes et bataillant pour maintenir ses yeux ouverts. « Tu es crevé ! Reposes toi un peu et je préviens quand le spectacle commence. ».
Bee se mord la lèvre, hésitant un instant avant de poser sa tête contre l'épaule de son ami et de confortablement installer ses pieds à l'avant. Sa tête glisse un peu, se calant sur son torse. Edward reste figé alors que Bee sourit. « C'est bon ? On peut faire ça aussi non ? ». Bloqué à la place du conducteur, Edward rit, se rendant compte que son ami se sert de ses propres arguments contre lui.
Un frisson parcoure Bee, et bien que léger, Edward s'en rend compte. Il retire sa veste et lui place en couverture. Ils restent ainsi, immobiles, mais tout de même tendus par la situation. Bee finit par se relaxer sous la chaleur et l'odeur réconfortante de son ami. Il s'endort sans demander son reste.
Durant tout ce temps, Edward reste parfaitement éveillé. Son souffle calé sur celui de Bee qui semble profondément endormi. Il lui remet la veste pour éviter qu'il ne prenne froid et repousse doucement la frange qui lui barre le visage.
Bee possède le minois le plus angélique qu'il n'ait jamais vu et alors qu'il est assoupi, il va se coller un peu plus contre son patron, profitant instinctivement de sa chaleur. Les doigts d'Edward reprennent fébrilement l'exploration du visage de son ami. Sa peau est fine, presque translucide sous les premiers rayons de soleil, et son cou palpite doucement. Il resserre un peu son étreinte, sentant les cheveux et ses doigts finissent sur la main de Bee. Ils les reposent timidement dessus alors que son autre bras se détend sur sa taille.
Edward ferme les yeux et savoure la volupté qu'il ressent. Mais, cela ne dure pas plus de dix minutes avant que sa raison ne reprenne le dessus et ne l'oblige à repousser son ami pour s'extirper de la voiture.
Les minutes le rapprochant du jour défilent doucement, laissant un Edward torturé quant aux choix qui s'offrent à lui. Faisant les cent pas au bord de la plage, les vagues lui léchant les pieds, Edward se tourne vers la voiture. Il chuchote, tant pour lui-même que pour son passager. « Je ne peux plus supporter cela. Demain, tu ne seras plus un des princes. Tu es viré. ».
xoxo
La Volvo roule doucement dans leur quartier quand le portable de Bella indique l'arrivée d'un message. Rosalie. Comme d'habitude, c'est simple et il va directement à l'essentiel.
Papa est dans ta chambre. Tu es cuite !
Bella soupire. « Oh putain ! Je crois qu'on peut dire que je suis attendue. ». Puis, elle ajoute en riant. « Tu peux me faire un mot d'excuse ? ». Remarquant le manque de réaction de son ami, elle se tourne vers lui. Bon ok, elle a raté le lever du soleil mais en même temps c'est lui qui ne l'a pas réveillée.
Le regard émeraude d'Edward est fixé sur la route et cela même lorsqu'il est arrêté devant chez elle. Ses lèvres qui, avaient pris l'habitude d'esquisser un sourire, ne sont qu'une fine ligne rose. Tout d'un coup, Bella se sent peu rassurée. C'est, généralement, dans ces conditions qu'on entend dire la fameuse phrase 'Il faut qu'on parle'.
« Un problème Cullen ? Enfin… Edward. ».
Celui-ci serre fortement son volant, au point que ses phalanges blanchissent sous l'effort fourni. « C'est fini Bee. ». Ces simples mots semblent lui demander énormément d'effort pour être simplement prononcés.
Elle lui sourit, trop fatiguée pour comprendre. « Quoi donc ? ».
« On ne peut pas être aussi proches. Je ne veux plus que tu sois un prince. ».
Bella tape sur la cuisse d'Edward, prouvant, une nouvelle fois, qu'elle ne le prend pas au sérieux. « OK… hum… Je vois que tu es reparti dans ton trip. Alors, tu dors un peu et ça ira mieux après OK ? ». Elle ouvre la portière et descend prestement. « Allez ! On se voit plus tard ! ».
À aucun moment, la jeune femme ne perçoit la froideur de son ami. Quand Bella se tourne pour lui dire au revoir, la Volvo est déjà en train de repartir. Optimiste, elle met cela sur le compte de la fatigue et préfère prétendre qu'il n'est point parti sans la calculer un seul instant.
Elle passe par la gouttière et retrouve Charlie, à moitié endormi, sur son lit. il grommelle. « Bella. Tu as vu l'heure ? ».
Elle retire une partie de ses affaires et s'installe près de lui. « Désolée papa. ».
Charlie remonte la couette sur sa fille. « Est-ce qu'il vaut le coup au moins ? ».
La jeune femme baille. « Je pense oui. ».
Il la borde soigneusement avant de s'installer à côté d'elle. « Est-ce que je dois m'inquiéter ? A-t-il la moindre idée de ce qui l'attend ? ».
Bella fait l'effort de relever la tête, outrée. « Papa ! ».
Charlie sourit en embrassant les cheveux de sa fille. « Sait-il que tu es capable de lui mettre la raclée de sa vie ? ».
Bella enfouie son visage dans l'épaule de son père et marmonne. « Oui, mais il ne sait pas que je suis une fille… à son papa. ».
xoxo
Mardi matin…
Quand Edward arrive au café, quelques heures plus tard, tous les princes sont déjà présents, même Bee qu'il essaie et parvient à ignorer. Mais, celui-ci l'attend patiemment devant son bureau, l'air enjoué malgré le manque de sommeil. Sans un mot, Edward ouvre son bureau et entre dans la pièce, rapidement suivi par son employé. « Alors patron, bien dormi ? ». Pas de réponse. Bee se rapproche un peu plus. « OK… Est-ce qu'il y a un problème ? ». Toujours rien. Il insiste. « Qu'est-ce qu'il… ». Il est interrompu par le ton glacial de son patron.
« Je pensais t'avoir dit que je ne voulais plus te voir tout à l'heure ? Tu es viré Bee. ».
Bee sourit, n'assimilant toujours pas la gravité de la situation. « Qu'est-ce que j'ai fait de mal cette fois, hein ? ». Il s'approche un peu plus et prend appui sur le bureau, sans pour autant s'asseoir dessus. Le regard détaché de son ami et son manque de réaction appuient un peu plus ses dires. La voix de Bee ressort presque tremblante. « Pourquoi ? ».
Edward tourne autour du bureau, évitant tout contact et fait mine de ranger des papiers. « Tu n'as plus aucune dette envers moi et je n'ai plus de travail à te proposer. L'équipe du café est complète alors considère que nous sommes quitte. ». Il se dirige vers la porte, incertain d'être capable de tenir le coup. « Ton dernier salaire te sera remis par courrier. ».
Bee le retient par le bras avant qu'Edward n'ai réussi à filer du bureau. Il demande tristement. « Comment est-ce possible vu qu'hier au soir tout allait pour le mieux. Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ? ». Ses doigts enserrent un peu plus le tissu de la manche de son patron. « Je ne peux pas partir ainsi. Tu ne peux pas me faire ça… J'ai besoin de ce boulot, tout autant que les autres ! ».
Edward retire son bras, comme si leur simple contact le brulait. Bee se passe la main dans les cheveux, tentant de comprendre. « Qu'est-ce que... Mais… C'est toi ! Tu voulais qu'on soit amis… Que je te considère comme mon meilleur ami. Tu m'as dit que je devais m'y faire et m'en contenter ! Alors pourquoi hein ? Pourquoi changer d'avis maintenant ? Pourquoi est-ce que tu me fais subir tout ça ? ».
Bee observe le visage souriant d'Edward, le regard plein d'hostilité et le rictus mauvais qu'il affiche lui vont malgré tout à ravir. Quand il finit par ouvrir la bouche, ses propos se font blessants. « Tu me l'as dit non ? Je suis comme ça. Un égoïste, méchant et quoi d'autre déjà ? Ah oui étroit d'esprit. ».
Bee lève les mains de manière défensive. « Tu sais bien que je rigolais. C'était juste pour te contrarier un peu. Jamais je ne penserais une telle chose de toi. ».
Edward comprend alors qu'il doit frapper fort s'il veut être débarrassé. « Je ne t'aime pas Bee. Vraiment et cela n'arrivera jamais. Alors, vas te trouver quelqu'un qui pense comme toi et arrêtes de m'emmerder. ».
Le visage de Bee perd un peu de sa couleur. Edward fait l'erreur de regarder ses yeux et comme d'habitude, ils sont emplis de larmes et se retiennent de les laisser couler. Il sait que son ami fait tout pour perdre cette habitude de Crybaby, car souvent sa colère est prise pour de la tristesse, alors qu'il en est rien.
Bee tente de sortir du bureau, l'atmosphère y régnant étant mortelle. Il dit par-dessus son épaule. « En fait, j'aurais dû ajouter versatile dans ton descriptif. ».
Cette fois, c'est Edward qui le retient. « Vu que je n'ai aucun sentiment pour toi et que je me fous de ce que tu penses de ma personne, pourquoi insistes-tu pour être mon ami ? ».
Bee soupire dans sa frange, la soulevant doucement. « Pourquoi ? Tu le sais déjà… C'est uniquement parce que je t'aime et que maintenant, je sais que c'est réciproque. ».
Edward se met à rire. Troublée par sa réaction, Bee demande. « Pourquoi est-ce que tu ris ? ».
Son patron pose violemment le plat de sa main contre la porte, à hauteur du visage de son ami. « Tu prends tes rêves pour des réalités, gamin. Arrêtes de faire comme si cela était facile. ». Il ferme les yeux et semble se concentrer. « Je ne sais pas si tu réalises ce que tu me demandes. ».
Bee gronde, n'appréciant pas le relent de menace dans son ton. « Mais je ne te demande rien Edward. ».
Le temps de réaliser l'ampleur de leur altercation qu'Edward est déjà parti et c'est le moment que choisissent les yeux de Bee pour le trahir à leur tour en pleurant à chaudes larmes.
xoxo
à bientôt !
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