Le Café des Princes

Twilight, à S. Meyer – The 1st Shop of Coffee Prince, à Lee Sun Mi

Création de Lex Lina

O0o0o0o0o0o0o0o0o0o

Chapitre 19

Long Island Ice Tea

James soupire, affalé sur le comptoir du café. Il marmonne. « Que c'est déprimant. Edward est parti en claquant la porte. Bee semble prêt à fondre en larmes… Et cette cliente qui réclame un kiwi sans poils ni petites graines…. Semaine de merde en perspective, moi je vous le dis. ». Billy, qui essuyait un verre avec un chiffon… propre, pour changer… hoche la tête, approuvant le résumé fait par son employé. Une série de bip se fait entendre, et par un effort, qui semble ultime, James sort son téléphone de la poche de son pantalon. Il roule des yeux en lisant le message qu'il vient de recevoir. « Il semblerait qu'Edward ne se sente pas bien. Il risque d'être absent quelques jours. Je te laisse le soin d'annoncer cette sublime info à Bee… ».

Billy pose un café viennois sur un plateau et fait glisser le tout vers lui. « Ta commande est prête. ». James le remercie et, avant de recommencer son boulot, fait glisser son téléphone dans sa poche.

Une fois parti, Bella revient vers le comptoir et s'installe à son tour. « J'ai besoin d'un expresso et de deux muffins. ».

Le vieux gérant acquiesce et lance la machine à vapeur. Il finit par demander. « Edward semble avoir du mal à se remettre de votre dispute. Il a prévenu qu'il serait absent. Quand comptes-tu lui dire que tu es une fille ? ».

Bella pose son coude sur le comptoir et sa main sur sa paume. Elle marmonne. « Si je lui dis… Tout sera fini entre nous. ». Sa main gauche saisit un plateau propre tandis que la gauche tente d'accéder aux pâtisseries. « Il veut et a besoin qu'on reste amis et je compte bien jouer ce rôle jusqu'au bout. ».

Billy l'aide en rapprochant le chariot à muffins et soupire. « Tu sais que ce sont des conneries. Ne cherches pas à éluder le problème. Tu vas te retrouver acculer et tu n'auras plus moyen d'être à ton avantage. ». Le reste de la commande est posée sur le plateau en cliquetant. « Réfléchis Bella… Il faut que tu lui dises la vérité avant qu'il ne l'apprenne autrement. ».

« Merci. ». Bella retourne travailler sans un mot de plus.

xoxo

La Volvo roule à vive allure dans les rues de Seattle. Les mains d'Edward étreignent et relâchent sans discontinuer le volant, preuve irréfutable de l'état de nervosité dans lequel il se trouve. Ne sachant vraiment où sa voiture le conduit, le jeune homme ne cesse de ressasser son altercation avec Bee. Alors que la veille, il lui offrait une amitié sans faille, Edward se rend bien compte qu'il vient de le rejeter horriblement. Versatile. En effet, on peut considérer que ce mot le caractérise bien.

Edward finit par arriver jusque chez lui. Il nettoie et ôte toute trace du passage de Bee dans l'appartement avant de s'assoir lourdement sur son canapé. Son portable clignote, signalant qu'il a raté un message et que son interlocuteur lui a laissé un message. Il grimace quand la voix triste de Bee l'interpelle. « Rappelles moi, s'il te plait. Je suis perdue et j'aimerais comprendre. ». Son doigt appuie sur la touche rouge, finissant l'appel. Le téléphone tombe sur la table basse à proximité et Edward pose sa tête lourdement sur le dossier de son canapé. Il ferme les yeux, cherchant à apaiser son esprit.

Quelques heures plus tard, le jeune homme se réveille en sursaut, et met plusieurs minutes avant de réaliser où il se trouve et dans quel tourment il s'est empêtré. Un premier coussin passe entre ses mains. Edward l'enserre un instant avant de le regarder d'un air mauvais. Tout dans cette maison le ramène vers Bee, alors que cela fait peu de temps que le petit voyou est entré dans sa vie. Il le projette contre une série d'origami qui trônait sur une étagère proche du canapé. Un autre finit sa course contre un pot de fleur qui se brise au sol.

Edward est pris ensuite par une folie passagère, détruisant tout sur son passage. Tout y passe et rien ne lui résiste dans son séjour. Son attention est portée sur sa collection de cd. Le jeune homme se pose par terre et en extirpe un. Reconnaissant un de ceux que Bee écoute toujours en boucle quand il vient, Edward en fait autant avant de se réinstaller par terre.

La voix suave et chaude d'Etta James emplit la pièce, cherchant à le réconforter de ses paroles. Edward tape doucement l'arrière de sa tête contre le mur mais les déclarations d'amour de la chanteuse disparue lui font plus de mal que de bien. Il finit par se prendre la tête entre ses mains et soupire tristement, ses paupières brulantes par les apparences qu'il tente de conserver. Ses pas le conduisent ensuite dans sa chambre, où il s'affale sur son lit, espérant qu'il ne se relèvera pas avant la fin du monde.

Quand il se réveille à nouveau, le soleil inonde sa chambre d'une clarté angélique. Le téléphone de la maison se met à sonner et comme le jeune homme ne répond pas, c'est son répondeur qui prend le relai. « Cullen… C'est moi…. Hum… Bee. Je ne te demande pas de me parler…. Mais, s'il te plait, dis-nous au moins si tu vas bien… Je… Non…. Hum… James, oui c'est ça ! Tu peux appeler James et lui dire que tu es encore en vie…. Ok, bon, je dois y retourner. À plus tard… Edward. ». Edward se redresse et marche jusqu'au téléphone et pour éviter qu'il ne cède à l'envie d'appeler son ami, il arrache brutalement le combiné et le lance au travers de la pièce.

xoxo

Deux jours sont passés et personne n'a de nouvelles d'Edward. Billy et les autres princes remarquent que son absence est aussi marquée par l'anxiété grandissante de la jeune femme.

Bella s'applique à rédiger les nouveaux menus et bien que son écriture soit moins raffinée que celle d'Edward, elle applique de jolies arabesques du meilleur effet. Elle enchaine les feuilles comme si sa vie en dépendait, ne prenant de pause ou avalant un sandwich que lorsqu'un des autres princes la menace de torture.

Elle pose un regard vers son téléphone portable, espérant y trouver ne serait-ce qu'un message écrit d'Edward. Mais rien.

Les princes restent discrets, oui même James y parvient, lui apportant réconfort et soutien tant elle semble déconnectée. Billy, usant de son statut de patron, l'oblige à finir son service et à rentrer pour se reposer. Ne dit-on pas que 'demain est un autre jour'.

C'est ainsi que la jeune femme se retrouve une nouvelle fois à l'épicerie et campée devant le rayon des confiseries, maugréant au téléphone sur le fait que Rosalie ne semble pas se décider sur le fait de prendre une barre chocolatée au lait ou noire, avec ou sans noisettes, guimauve ou toute matière prête à se coller sur ses cuisses.

C'est à se taper la tête contre l'étalage. Quel est l'intérêt d'avoir une sœur si ce n'est que pour être la victime de l'autorité machiavélique de Rosalie ?

Alors qu'elle s'apprête à aller payer ses trésors sucrés en caisse, elle remarque une énorme boule de poils, correspondant à Aro, son petit ami canin. Sa joie est immense à l'idée de le revoir, mais le problème est que… celle du chien l'est tout autant.

Traversant l'allée principale en trombe, il bondit sur Bella, la faisant tomber à la renverse sur un étal de promotion de M&M's. Il en faut peu pour qu'elle s'ouvre le crâne contre le M&M's jaune géant posé à proximité.

Quelle mort stupide ! Est la dernière chose qui lui passe par la tête avant qu'elle ne touche le sol.

Quand elle finit par ouvrir les yeux, Aro lui lèche doucement la joue et Jasper se tient au-dessus d'elle. Il pouffe de rire avant de tenter de se reprendre et dit. « Je suis désolé. ». Non point que Bella ne doute de la sincérité de ses propos mais vu qu'il est plié de rire, il faut reconnaitre que c'est plutôt vexant.

Elle lui tend la main, pour qu'il l'aide à se redresser, manquant de chuter, encore, à cause des petites billes chocolatées qui jonchent le sol mais il la tient fermement. Bella époussette ses vêtements. « Ce n'est rien. Je fais toujours cet effet aux mecs avec qui je sors. D'abord, on me saute dessus… ». Elle essuie sa joue avec sa manche. « Puis, on me lèche… tu sais on s'habitue… c'est juste lorsqu'ils commencent à me pisser sur la jambe pour marquer leur territoire que cela devient vraiment gênant. ». Son ami rit encore plus et fait mine de retirer une poussière supplémentaire sur ses vêtements. Ils vont ensemble jusqu'à la caisse. Bella le regarde et est ravie qu'il semble détendu. « Alors quoi de neuf ? T'en es où avec Angie ? ».

Jasper rougit. « Tout va bien merci… Tu sais qu'elle pensait que nous étions ensemble ? ».

Bella fait de grands yeux. « Toi… Toi et moi ? ». Il hoche la tête. Elle ricane. « C'est vrai que je suis ce genre de fille… Présenter mon mec à une autre en lui disant 'Vas-y fonce ! Et n'oublies pas de me faire une vidéo !'. ».

Il sourit. « Tu es géniale, avoir un tel sens du partage. C'est beau. ». Elle lui fait une petite révérence.

Ils sortent de l'épicerie et marchent tranquillement, accompagnés d'Aro qui, reniflant tout ce qui est à portée de truffe, les devance de quelques pas. Bella cherche dans son sac et sort deux barres chocolatées avant d'en lancer une à l'attention de Jasper. « Tu crois que je dois lui parler ? Enfin, je veux dire… Histoire de rassurer Angela ? Lui dire que bien que torride et intense soit notre relation et, cette envie irrépressible que j'ai de te voir recouvert de chocolat, ce n'est que de l'amitié ? ».

Jasper lève un sourcil, finissant sa barre rapidement. « Ohhh ! J'aime cette idée… De chocolat dis-tu ? Mais pourquoi pas ! ». Il jette son emballage dans une poubelle à proximité. « Sinon, pour en revenir à ta question… Ais-je la chance de faire partie de tes amis ? ».

Bella hoche la tête. « Oui bien entendu ! Tu sais écouter et en plus de m'offrir régulièrement à manger, tu me laisses même finir ton assiette alors saches que tu as une grande place dans mon estime ! Mon dieu, je me rends compte que je me conduis exactement comme Aro là, non ? ».

Jasper sourit. « Je ne suis pas sûr que cela soit vraiment un compliment. Mais, tu pourrais dormir sur le canapé si tu penses être capable de ne pas laisser de poils dessus. ».

Elle s'arrête et semble y réfléchir sérieusement. « Ça pourrait être jouable… Mon dieu, vivre avec une rock star. ».

Jasper s'approche d'elle, saisit le reste de la barre chocolatée que Bella ne mange toujours pas et l'enfourne dans sa bouche avant de fuir en courant. Il s'arrête à l'écart de la jeune femme, restée bouche bée devant l'affront, et dit. « Tant mieux… Car je te considère aussi comme une véritable amie. ». Il se lèche les doigts. « Purée que c'est bon cette connerie ! Ce qu'il y a de bien, c'est qu'entre amis on partage tout non ? ». À peine a-t-il le temps de finir sa phrase qu'il est poursuivi par son amie, nouvellement déclarée.

Les passants regardent la scène avec amusement quand le jeune homme rit aux éclats tandis que Bella crie à qui veut l'entendre qu'elle va lui foutre du partage sur la gueule et Aro qui jappe joyeusement autour du couple.

Quelques minutes plus tard, ils se remettent de leurs émotions. Bella passe une main lasse sur son front et sa voix est teintée de fatigue. « Mon dieu ! Je suis trop vieille pour ces conneries ! ». Sa main descend ensuite sur son estomac qui gronde et crie famine.

Jasper pose aussi sa main, ressentant les vibrations de son ventre vide. « Quoi ? Une Bella qui a faim ? Sérieux quel changement ! ».

Quelques minutes plus tard, ils s'installent à la terrasse d'un restaurant, où Bella prend grand soin de convaincre le personnel qu'Aro ne fera aucune bêtise dans leur établissement. Une fois attablés, Jasper fait mine de ne pas remarquer les cernes qui ternissent le visage en cœur de son amie. Il demande tout de même. « Alors comment ça va de ton coté ? ».

La jeune femme émiette la mie de son pain, et évite son regard. « Cool. Tout va bien. Comme d'habitude, ton frère m'a encore virée mais sinon rien de neuf. ».

Jasper lève son verre de vin et en boit une gorgée, l'observant du dessus de son verre. « OK… Alors maintenant si tu me disais franchement comment tu te sens ? ».

Bella tente de paraitre offusquée, principalement pour éviter de répondre avec sincérité. « Quelle réponse veux-tu ? Celle que je sors à tout le monde, histoire de ne pas les inquiéter ou… ».

Il la coupe et prend sa main. « Celle que tu dirais à un véritable ami, par exemple. ».

Elle lui offre un sourire triste. « Je n'ai pas été aussi mal depuis longtemps. Au point de me couper l'appétit, tu imagines ? ». Ils rient doucement à l'affirmation de cette énormité avant de reprendre leur sérieux. « Disons que là, je suis vraiment perdue. Puis, je lui ai dit que je l'aime vraiment beaucoup. Tu devais t'en douter n'est-ce pas ? ».

Jasper prend une gorgée de son verre de vin. « Disons que je le savais déjà. ».

La jeune femme recommence à triturer le pain. « Ça ne te dérange pas, hein ? ».

Il prend une des boulettes qu'elle a alignées soigneusement et la lance en direction d'Aro. Celui-ci la gobe aisément avant de reposer sa tête contre les pieds de Bella. Jasper cherche ses mots. « Non. En fait, je ne crois pas. Je ressens, tout de même, une pointe de jalousie. Mais en même temps, je me dis que tu es parfaitement comme lui… Enfin, sur certains points. Puis, je crains que votre relation ne devienne critique quand il saura que tu es une femme. ».

« Je sais. Et, j'ai déjà fait mon deuil de toute relation sentimentale. ». Frustrée, Bella boit quasiment son verre cul sec. « Je préfère être son ami en tant qu'homme plutôt qu'être rejetée en tant que femme. Et il a véritablement besoin d'un ami. ».

Une serveuse arrive, souhaitant prendre leur commande. Jasper encourage son amie. « Allez Bella ! Qu'est-ce que tu veux manger ? Je t'invite ! Quoi de mieux pour remonter un moral qu'un repas gratuit dans un bon restaurant ? ».

Elle sirote son vin en souriant et se tourne vers la serveuse. « Vous avez entendu le monsieur ? J'ai besoin qu'on me remonte le moral alors je vous fais confiance. Quelque chose de délicieux sinon je risque de pleurer et foutre le cafard à toutes les personnes ici présentes. ». Bella montre les autres clients du doigt.

La serveuse sourit. « OK ! Je sais ce qu'il vous faut ! Chicken Alfredo accompagné d'une petite salade verte et parmesan… et une énorme part de fondant chocolat, crème fouettée et cherry on top ! ».

Le couple lui tend les menus. Jasper ajoute. « C'est parfait ! Je prends la même chose et ajoutez une nouvelle bouteille de vin, s'il vous plait. ».

Elle sort un calepin de son tablier et prend note, se permettant un dernier hochement de tête avant de partir vers les cuisines.

Bella sourit. « Tu crois que j'ai une chance ? Nan, parce que là, elle vient de se faire une amie pour la vie ! ».

xoxo

James arrive sur la terrasse de l'immeuble où vit Edward. Il frappe à la porte, de plus en plus, violemment sans obtenir de réponse. Des pas se font entendre derrière lui. Edward arrive tranquillement, la tête basse et portant nonchalamment un sac provenant de l'épicerie du coin. James louche presque quand il remarque que les vêtements de son ami semblent froissés et qu'il arbore un début de barbe subtil. « Purée Eddie, qu'est-ce que tu fous ? J'ai l'impression que tu n'as pas changé de tenue depuis une semaine ! ». Edward passe devant lui pour ouvrir la porte. James plisse son nez. « Mon dieu…. Et d'après ce que je peux sentir, tu n'as pas évité que mes appels…. La douche aussi. ».

Edward le laisse passer et James ne peut que constater le désastre. Il demande. « Hum… Tu es en plein nettoyage de printemps ? ».

Le propriétaire pose son sac sur la table basse et s'assoit lourdement sur le canapé. Il lève le bras, montrant la pièce d'un geste las. « Fais comme chez toi ou viens t'assoir. ».

James croise les bras, ne sachant s'il est plus déçu que dégouté par la situation. « J'hésite. Le fait de m'assoir sur du verre brisé ne m'a jamais vraiment inspiré. ». Il époussette l'accoudoir du canapé, du côté le plus proche d'Edward et s'assoit dessus, croisant les jambes élégamment. Il regarde ses ongles négligemment. « Alors, on procède comment ? Tu me racontes tes soucis et je t'écoute patiemment avant de te gifler ou alors on passe directement au châtiment corporel et ensuite tu pourras pleurer sur mon épaule ? ».

Edward sort une bouteille de lait et boit directement au goulot. « Qu'est-ce que tu me veux ? ».

Son ami ne se laisse pas perturber par son ton glacial et son manque de bonnes manières. « Depuis que tu es parti, Bee est plus que déprimé et… ».

La bouteille de lait est reposée brutalement. « OK, alors là, tu ferais mieux de te taire. ».

« Écoutes Eddie ! ».

Edward se tourne vers son ami, l'intimant au silence rien que par son regard. Plusieurs secondes passent sans qu'aucun d'eux ne prononce une parole. La tension est finalement rompue quand Edward finit par avouer. « Je crois que…. Je crois que j'aime Bee. ».

James ne comprend pas tout de suite, tant il est inquiet pour son ami. « Ouais, bon moi aussi je l'adore mais ce n'est pas une raison pour te mettre dans un état pareil… ». La lumière finit par atteindre son cerveau. « …. À moins que…. Fuck ! ». Son regard semble devenir vitreux à mesure qu'il saisit le désespoir et le doute qui saisissent son patron. Un silence pesant se pose entre eux.

Edward se passe une main lasse entre ses boucles bronze. « Je l'aime vraiment. Tu comprends maintenant ? Je ne sais pas ce que je dois faire. Je suis totalement perdu James. ».

Encore abasourdi, James se laisse tomber à côté de lui. « Mais, est-ce que tu lui a dit ? ».

Pour toute réponse, Edward marmonne. « Qu'est-ce que tu crois ? Bien sûr que non ! Je vais me reprendre et vivre comme avant. Il faut juste que je me concentre sur ce qui est important. ».

James marmonne. « Tu sais, je ne suis pas certain que ce soit la bonne façon d'agir…. Au moins ce qui me rassure est que tu ne noies pas ton désespoir dans l'alcool. Jamais on n'a vu quelqu'un faire une connerie monumentale en buvant du lait. Est-ce que tu manges au moins ? ». Edward manque de s'étouffer en l'écoutant et fait non de la tête. Son ami se lève et va dans la cuisine, sautant au-dessus des débris de meubles et d'objets brisés qui jonchent le sol. Après avoir chauffé une des fameuses boites alimentaires d'Esmée, il la pose tranquillement sur la table et y plante une fourchette. Son ton est impératif. « Manges ! ». Edward ne bouge pas. James saisit le couvert, remuant un peu le contenu du plat. « Allez quoi ! Juste quelques morceaux. Tu ne peux pas te remettre d'aplomb le ventre vide. ». Son ami soupire mais ne fait rien. Soulevant le couvert, James se fait plus menaçant. « Si tu crois que je ne suis pas capable de te faire le coup de l'avion avec cette fourchette alors tu rêves mon chéri. ».

Edward semble surpris, voire même circonspect, cherchant à deviner si ce mec serait capable de le materner ainsi. Mais, James ne recule pas. « Où préfères tu que je fasse Tchou ! Tchou ! Ou que je fasse la becquée ? Mais je te préviens si on en arrive à de telles extrémités, tu auras intérêt à être gentil-gentil avec moi. ». Il lui fait un clin d'œil.

Le visage du dépressif se décompose. « OK, OK Je mange ! ». Il lui prend la fourchette des mains et demande, la bouche encore pleine. « Là, ça te va ? ».

James lui pose le Tupperware sur les genoux. « Oh là, là ! Tu me gâches tout mon plaisir…. Allez manges encore un peu et ensuite on s'occupera de ton hygiène. ».

xoxo

De bon matin, Bella mange goulument les pancakes que sa mère a pris le temps de préparer. Charlie et Rosalie s'amusent de son comportement alors que Renée semble plus inquiète. « Bella, calmes-toi ! Tu manges comme une possédée ! ».

Sans même relever la tête de son assiette, la jeune femme grommelle. « J'ai encore une putain de journée qui m'attend alors je dois prendre des forces. ».

Un coup du journal du jour lui tombe derrière la tête, Charlie lève un sourcil. « Langage petite fille. ».

Elle redresse sa tête et engloutit l'énorme morceau qui restait dans son assiette. « Aïe ! Pardon papa. Bon allez, je fonce. ». À peine a-t-elle saisie son casque que la porte d'entrée claque déjà.

Elle monte en grimaçant sur son deux-roues. Ayant poussé son entrainement à l'extrême la veille au soir, son corps se plaint en lui offrant des courbatures dans des endroits presque innommables. Mais, il faut reconnaitre que c'était le seul moyen pour que Bella puisse bénéficier d'une bonne nuit de sommeil, même si c'est en vidant toute son énergie.

Quelques minutes plus tard, la moto noire et jaune parcoure les rues, encore désertes à cette heure matinale, jusqu'au café. Bella se gare et courre jusqu'aux vestiaires pour se mettre directement au travail. Loin de rechigner à la tâche, la jeune femme met les bouchées doubles afin de compenser l'absence de son patron, histoire que l'équipe toute entière ne pâtisse pas des sautes d'humeur du couple. Jusqu'au moment où James l'interpelle. Cela fait déjà un certain temps qu'il lui tourne autour, semblant la jauger, et maintenant Bella se demande à quelle sauce elle va être dévorée par son ami un rien loufoque. « Dis-moi Bee. Cela fait près de cinq jours que le patron n'est plus là… Est-ce que tu n'es pas inquiet ? ».

Alors qu'elle remplissait les bacs de grains de café chaudement torréfiés, Bella interrompt son geste pour répondre. « Non, pas vraiment. Je veux dire que…. Il semblerait qu'Edward ai décidé de me rayer de sa vie, non ? Alors pourquoi est-ce que je m'inquiéterais pour lui ? ».

James se poste à côté d'elle, outré. « Depuis quand es-tu si défaitiste ? Avec tout ce que vous avez vécu ensemble ! Je pensais que vous étiez plus proches que ça ! ».

Bella pose son panier encore emplit de grains de café par terre. Ses yeux reprennent la fureur qu'elle a pourtant essayé d'évacuer la veille, à l'aide du punching-ball qui git maintenant dans son sous-sol. « QU'EST-CE QUE TU VEUX QUE JE FASSE, HEIN ? ». Elle expire et inspire afin de retrouver un ton convenable. Sa voix tremble presque quand elle continue. « Ou peut-être que je le supplie de revenir ? ». La main de James se pose sur son épaule mais, lorsqu'il s'apprête à parler, la voix tonitruante d'Emmett coupe court à toute conversation.

« PATRON ! T'es revenu ! ».

James et Bella se tournent tel un seul homme vers l'entrée et constatent qu'en effet, Edward est de retour. La jeune femme ne peut s'empêcher de savourer l'instant. Cette manière élégante de marcher, comme si le monde lui appartenait. La façon dont les manches pliées de sa chemise bleue nuit remontent sur ses avants bras et que son jeans bleu nuit est coupé parfaitement sur son petit derrière.

Son derrière ?

La réalité revient brusquement dans l'esprit de Bella, quand elle réalise qu'il est passé devant elle sans la calculer un seul instant. Elle tourne son visage vers James et la voix pleine de ressentiment, elle demande en soupirant. « Nous sommes proches hein ? Ce n'est pas de mon amitié dont tu dois douter… ».

xoxo

Edward entre dans le bureau où Billy est déjà en plein travail. Il s'assoit auprès de lui et s'excuse directement. « Je suis désolé. Tu as dû faire tout mon boulot durant mon absence… ».

Le vieux gérant s'étire dans son fauteuil et réprime un bâillement. « Est-ce que tu comptes faire tout ce foin à chaque fois que tu prendras une semaine de congés ? Non, parce que dans ce cas, il faut me prévenir. Au début, je pensais que tu avais quitté le navire mais, ça me rassure de voir que tu es plus malin que ça. ». Il se redresse, faisant craquer ses vieux os au passage.

Edward reste surpris. « Quoi ? c'est tout ce que vous avez à dire ? pas de leçon de morale ou de reproches ? ».

Billy ricane. « Je ne suis pas ton père, petit. Tu es assez grand pour connaitre la portée de tes actes. ».

Seth entre dans le bureau et pose deux assiettes de pâtisseries qu'il vient de créer. Jetant un coup d'œil vers Edward, il lui lance un regard sombre avant de repartir sans un mot.

Billy lui offre une des assiettes et entame directement sa part. « Tu as maigri non ? Est-ce que tu te sens mieux ? ». Préférant éviter de parler de sa vie personnelle, le jeune homme commence à lui parler d'idées pour le menu estival mais Billy en a cure. Il continue sur sa lancée. « Est-ce que tu as réglé tes soucis avec Bee ? il faudrait que tu sois plus naturel. Ne laisses pas ta frustration prendre le dessus. Vos conflits mettent toute l'équipe mal à l'aise surtout que personne n'a envie de choisir un camp. ». Il mange un peu et enchaine, plus compatissant. « Je me mêle de ce qui ne me regarde pas, pas vrai ? Mais bon, je vois que tous les Cullen réagissent de la même façon quand ils désirent quelque chose qu'ils ne parviennent pas à obtenir. ».

On tape à la porte et Bee passe, timidement la tête dans l'ouverture avant d'entrer. Il pose une tasse de café du coté de Billy, qui fait mine de se tourner vers la fenêtre pour la savourer, leur laissant un minimum d'intimité. Edward remarque la mine fatiguée de son ami mais ne dit rien alors que Bee, au contraire, tente d'engager la conversation. « Salut…. Hum…. Tu as mauvaise mine… Est-ce que tu as mangé ? Tu veux aussi un café ou autre chose ? ».

Edward est pris au dépourvu et ne sachant que répondre, il décide de remettre leur première conversation à plus tard. Il marmonne. « Non, merci. ». Et se relève prestement afin de quitter le bureau sans se rendre compte que son ami reste là, complètement ignoré.

xoxo

Billy sourit devant la mine déconfite de Bella. « Tu es triste. Mais saches que l'on reçoit ce que l'on donne. ». Bella lui lance un mauvais regard du coin de l'œil et après avoir récupérer les assiettes, file en cuisine.

Seth sort de la réserve et la rejoint. « Qu'est ce qui ne va pas ? ».

La jeune femme prend appui contre le plan de travail et murmure. « Je crois que le patron n'a vraiment pas la forme. ».

Il lui fait un sourire narquois. « C'est peu de le dire. Mais, en même temps, il faut que tu te rendes compte de ce que tu lui fais subir. ».

Bella se mord la lèvre, puis porte sa main à sa bouche, prête à ronger ce qui lui reste d'ongles. Seth réalise sa nervosité et attrape ses mains pour la blottir contre lui. Calmant son amie en lui caressant les cheveux, il souffle à son oreille. « Ne t'inquiètes pas Bee… Tu finiras par trouver une solution. ».

xoxo

Jasper est confortablement installé dans un des fauteuils duveteux du séjour d'Alice se demandant encore pourquoi est-ce qu'il a accepté de venir. « Alors, ce projet ? Tu comptes vraiment repartir à New York ? ».

La jeune femme étudie consciencieusement des échantillons de tissus posés devant elle. « Oui, enfin je crois. Demetri m'a dit que cette offre est particulièrement intéressante. Tu te rends compte, nous sommes plusieurs stylistes sur le coup et j'ai toute mes chances d'emporter la mise ! Ça me ferait une pub incroyable. ».

Il hoche la tête, se demandant si un jour quelque chose sera plus important pour elle que la notoriété. « Je vois… Je pense aussi que c'est une superbe opportunité. Puis, tu es la meilleure dans ton domaine. ».

Elle pose un visage ravi vers lui. « Tu le penses ? Ça me fait plaisir. ».

Jasper continue. « Oui, je dois reconnaitre que Demetri a l'œil pour ce genre de chose. ».

Le sourcil parfaitement entretenu de la styliste se soulève en un petit accent circonflexe. « Pardon ? Tu trouves des qualités en Demetri maintenant ? Voilà qui est nouveau. ».

« C'est un excellent chasseur de têtes. Ce qui me dérange plus est le fait qu'il soit prêt à piétiner tout ce qui est sur son passage pour arriver à ses fins. ». Il aimerait avoir le courage de rajouter 'tout comme toi Alice' mais sa bonne éducation le retient. « Quand est-ce que tu dois donner ta réponse ? ».

Alice pose un premier book et attrape ensuite un nuancier, qu'elle feuillette sans vraiment le regarder. « Je dois le revoir dans la journée. ». Le nuancier se referme brutalement. « Qu'est-ce que tu en penses ? ». Elle bouillonne de savoir s'il va tenter de la retenir ou non. En temps normal, il serait déjà à genoux à l'implorer de rester auprès de lui et là il semble prendre la nouvelle sans broncher plus que ça.

L'ainé des Cullen soupire. « Que veux-tu que je te dise ? C'est une vraie chance et je pense que le choix t'appartient. ».

La gorge d'Alice se noue. Cette indifférence est difficile à avaler, à admettre. Elle tente une autre approche. « Je ne souhaite pas refaire les mêmes erreurs que par le passé et donc, j'aimerais que tu viennes avec moi. Que l'on parte sur de nouvelles bases. Qu'est-ce que tu en dis ? ».

Jamais auparavant elle ne lui demandait son avis. Tout était décidé et conclu par elle seule. C'est une concession qui est difficile à concevoir même maintenant qu'elle se rend compte qu'elle a peut-être perdu les deux hommes les plus importants de sa vie.

Jasper, de son coté, ne peut s'empêcher de se demander qui est la femme en face de lui. Jamais avant ce jour, Alice ne lui avait paru si soucieuse de son avenir. Tout a toujours semblé écrit d'avance et qu'elle était la seule à en détenir le livre.

Elle interrompt son fil de pensée. « Tu prends trop de temps pour répondre, Jasper. ».

Il se rend compte qu'elle s'attendait à quelque chose de plus catégorique et directe. Mais, cela était plus au niveau de l'ancien Jasper. Celui avant qu'il ne rencontre Bella. Avant qu'il sache et comprenne enfin que d'autres perspectives pouvaient être envisagées. Dorénavant, sa vie tourne autour de son studio, sa famille, Bella et ses amis…. Et bien entendu, Angela. Et, avant de lui répondre, Jasper se pose encore la même question depuis son arrivée, qu'est-ce qu'il fout là.

xoxo

C'est la fin du service. Il est déjà tard et la nuit est tombée depuis fort longtemps. Edward tente de passer le balai sur la terrasse mais il ne cesse d'être distrait par la vue de Bee dans son champ de vision. Ce dernier a fini par l'éviter tout le reste de la journée. Ce qui se comprend vu qu'il risquait de se faire bouffer tout cru à chaque fois qu'il se permettait de dire ne serait-ce qu'un mot à son patron.

James s'approche de lui en virevoltant. « Alors Ta journée, Eddie ? Tu as survécu ! ». Edward tourne la tête vers lui et regarde par-dessus son épaule. Seth semble se chamailler avec Bee jusqu'à ce qu'Emmett les rejoigne, dit un mot et reparte. Ils éclatent de rire et se remettent au travail. James décide de voir les réactions de son ami. « Je ne pensais pas que cela te ferais si mal. ».

Le regard sombre, Edward grommelle. « Je ne vois pas ce que tu veux dire. ».

James montre le cuisinier et Bee du bout de son pouce. « Ils s'entendent bien. ». Edward se détourne, faisant mine de ne pas être concerné. Mais la main de James l'empêche de fuir. « Ton visage te trahit mec. Tu refuses d'accepter l'évidence. Et, je ne suis pas sûr que l'ignorer soit la meilleure des solutions. Puis, comment vas-tu faire si Seth a plus de couilles que toi ? ».

Edward reprend son nettoyage, forçant des mouvements presque violents avec son balai. James soupire et repart en direction du vestiaire alors que son ami désespère de trouver une solution dans ce combat acharné que mènent son cœur et son esprit.

Une fois qu'il finit de martyriser le balai, il part le ranger dans la réserve, éteignant les lumières à mesure qu'il avance dans le café. Edward manque de rentrer dans Bee à peu de choses près et est obligé de le retenir par le bras pour ne point tomber. « Désolé, je ne pensais pas qu'il restait encore quelqu'un. ».

Bee s'arrache de son étreinte comme si son patron risquait de le bruler. Plutôt que de simplement lui expliquer les tourments qui l'animent, Edward s'offusque de la situation.

Tu ne semblais pas si inquiet avec Seth !

Non, il ne se rabaissera pas à montrer sa jalousie. Le jeune homme décide donc de faire ce qu'il fait de mieux, mettre de l'espace entre lui et le reste du monde. « Il faut que tu sortes. Je vais fermer. ». Il se tourne pour éteindre les lumières du comptoir.

Bee hoche la tête positivement et demande. « Est-ce que ta mère va mieux ? ».

Sans un regard, la voix glaciale du patron répond. « Occupes toi de tes affaires. ».

Bee resserre sa main contre son casque comme s'il menaçait de tomber. « Oh ok… hum… d'accord…. Bonne soirée. ». Il fait un salut vague de la main, prêt à partir avant que les choses s'enveniment.

Mais c'est déjà trop tard. Edward continue. « Fais en sorte de ne plus trainer là dorénavant. Ne t'approche pas de moi non plus… Et si cela te pose un problème. ». Il lui fait un sourire en coin, celui qu'il apprécie tant. « Tu peux toujours démissionner. ».

Le casque de moto finit par tomber, roulant doucement sur le sol avant de se stabiliser.

Bee reste immobile et malgré la pénombre, Edward discerne parfaitement les tremblements qui le parcourent. Sa voix est teintée de tristesse quand il murmure. « … Je… Je vois... ».

Lorsque la moto de Bee démarre dans la cour, Edward est encore dans le café, maintenant complètement plongé dans l'obscurité. Appuyé contre le comptoir, il passe sa colère sur un des tabourets, en lui balançant un coup de pied.

xoxo

Deux jours plus tard, Bella a bien saisit les consignes d'Edward et bien que cela lui fait un mal atroce, elle l'évite comme la peste. Avec les beaux jours, le stand qu'ils tiennent, pour les petits déjeuners à emporter, ne désemplit pas et la jeune femme le tient avec efficacité, accompagné d'Emmett. James les rejoint, les bras chargés de paniers débordants de viennoiseries.

Il pose ses victuailles à l'arrière du stand, et soupire. « Mon dieu, regardes tout ce que je ramène. Il serait temps de dire à cette boulangère que je suis homo car les regards qu'elle me lance risquent fortement de provoquer une combustion spontanée de ma petite personne. ».

Bella éclate de rire. « Oui mais quand tu y vas, elle nous offre le double de nos commandes. Puis… Estimes toi heureux qu'elle ne t'ai pas encore proposé de 'pétrir ses miches'. ».

James tend un des paniers vers Emmett. « Tiens gorille, plutôt que de rire comme un babouin, vas donner ça à Billy. ». Il attend qu'il soit à bonne distance et que Bella serve la cliente avec qui elle discute, pour tenter de l'approcher. « En parlant d'homosexualité… Je sais que tu es assez ouvert sur le sujet mais… Est-ce que tu as déjà franchi le pas ? ».

Bella manque de lâcher le café qu'elle tient en main. « Hein ? ».

James rend la monnaie à un homme d'affaires qui préfère filer avant d'entendre la suite de leur conversation. « Oui… Je sais qu'Edward te plait mais est-ce que tu es sérieux ? Disons que… S'il y avait moyen de moyenner ? Enfin tu vois ce que je veux dire… ». Il fait mine de se prendre dans les bras en poussant des petits gémissements avant de faire un clin d'œil dans la direction de son collègue.

Au même moment, le sujet de leur conversation passe auprès d'eux et comme à chaque fois depuis leur altercation, il semble ne pas remarquer la présence de Bella, mais Edward s'enfuit encore plus vite en constatant que James semble encore à 300%.

Bella prend une grande inspiration et pose une main sur sa hanche. « Écoutes James, si j'avais encore ne serait-ce qu'un minimum d'estime pour ce mec qui, à mesure que le temps passe, me rejette d'une manière plus cruelle chaque semaine, je pourrais te dire que oui Edward me plait énormément et que je suis fébrile à chaque fois qu'il entre dans une pièce… Mais maintenant, je ne sais pas si c'est à cause de la trouille ou de l'intérêt que je lui porte. Donc en résumé, je pense que j'aurais plus de chance en tentant de faire un 'boom chika wawa' devant Ryan Gosling que d'un jour me taper ce putain d'Edward Cullen. ». Elle tend une gaufre presque méchamment à la cliente suivante.

Celle-ci, effrayée, ose. « Je voulais juste un café. ».

Le regard de la jeune femme en caisse se fait presque diabolique. « Cadeau de la maison. ».

La cliente bafouille. « Heu… Merci. ».

James lui sourit. « De rien ma jolie. ». Il se penche vers Bella et souffle. « Je reconnais qu'en ce moment mon petit Eddy est légèrement sur les nerfs mais tu le connais, une fois qu'il a une idée en tête… ».

Bella fait non de la main. « Arrêtes. Il m'a demandé de le laisser tranquille et je vais suivre son conseil. ». Bien décidée à changer de sujet, la jeune femme retire son tablier. « Bon, c'est à mon tour de faire les livraisons. Je t'envoie Emmett OK ? On se voit plus tard ? ».

James lui fait un nouveau clin d'œil pour lui signifier qu'il l'a entendu tandis qu'il s'occupe d'un autre client.

xoxo

Bee est déjà dehors, prêt à partir faire ses livraisons quand Emmett l'interpelle, lui demandant de retourner en salle. Edward l'observe alors qu'il prend son temps pour revenir à l'intérieur. Billy est derrière lui, maugréant sur le fait que le café n'est pas une pizzeria et que bien qu'il faille attirer une nouvelle clientèle, l'idée de faire autant de livraison ne lui plait absolument pas.

Bee pose son casque sur le comptoir et demande. « Alors ? ».

Billy grommelle. « On a reçu une commande supplémentaire. Il semblerait que tu doives livrer le triple de ce qui était prévu. Alors, quelqu'un doit y aller avec toi. ». Il sourit, son ton se faisant impérieux. « Edward, tu es le seul avec une voiture alors tu iras avec Bee. ».

Les yeux verts d'Edward s'écarquillent à l'annonce d'une telle nouvelle. Puis, Bee décide rapidement. « Non, nous irons plus vite chacun de notre côté. Le patron va gérer la grosse commande et je prends en charge toutes les autres. OK, Billy ? ».

Le vieux gérant acquiesce. « D'accord. Edward, tu pars avec James. ».

Un 'Waouh !' se fait entendre dans la salle, faisant comprendre à tout le monde que James a bien entendu la nouvelle. Le visage de Bee s'éclaire par un grand sourire avant de se renfrogner quand Edward croise son regard. Celui-ci a, à peine, le temps d'encaisser son mépris que le jeune serveur est déjà dehors, son casque sous le bras, prêt à partir.

À son grand désespoir, Edward observe avec quelle grâce il parvient jusqu'à sa machine. Seth s'approche de lui et pose sa main machinalement sur son épaule. « Je dois te dire merci patron. ».

Il ne prend même pas la peine de prendre en compte qui peut lui parler. De toutes les façons cela ne peut être qu'Emmett, James ou… Seth. « Pour quoi exactement ? ».

La main sur son épaule se fait plus insistance et Seth resserre son étreinte, indiquant Bee de son menton. « Plus il s'éloigne de toi et plus facilement il me tombera dans les bras. ». Edward finit par tourner sa tête vers lui, surpris. Le cuisinier lui offre un sourire mesquin. « Quoi ? Tu es encore là ? ».

Edward a du mal à comprendre le jeu auquel joue Seth mais décide qu'il est temps qu'il suive ses propres règles. Retirant presque méchamment la main compatissante sur son épaule, il sort du café et part rejoindre Bee.

Alors que son patron lui parle, Bee tourne la clé de contact. Le moteur, fortement cylindré, rugit bruyamment.

Edward est outré par son comportement et coupe les vrombissements. La bouche de Bee forme un 'o' quand il décide de ne point se laisser faire et remet le contact. Leur manège dure au moins une bonne minute avant que la moto ne montre des signes de faiblesse.

Bee la redémarre une nouvelle fois et son regard meurtrier fait bien comprendre à son patron que s'il y retouche, il risque fortement d'y perdre la vie. Pas un mot n'est prononcé entre eux.

xoxo

Toujours à côté de la moto, Bella hésite à mettre son casque. Ses mains jouent avec les lanières, afin d'éviter que son patron ne remarque leurs tremblements. Elle souffle sur sa mèche, qui lui cache la moitié du visage et détourne son regard.

Edward se poste devant la moto. Elle dit d'une voix morne. « Bouge. ».

Il tient le guidon d'une main, imposant le fait qu'il décide du fait qu'elle puisse partir ou non. « Non. ».

Elle réitère. Sa voix reste ferme malgré les trémolos qui menacent faire vibrer ses cordes vocales. « BOUGES ! ».

Edward se fait plus colérique. « Comment peux-tu te permettre de réagir ainsi ? Ne penses-tu pas que c'est plutôt à moi de me foutre en rogne ? De t'ignorer et de jouer l'indifférence ? ».

La jeune femme soupire. « Et qu'est-ce que je dois faire alors ? J'accepte toujours toutes tes doléances sans broncher ! Tu as besoin de moi pour faire fuir tes groupies, je suis là… Tu as besoin d'un frère, je suis là…. Tu as besoin d'un ami, je suis là aussi. ». Sa respiration est violente et saccadée. Posant son casque brutalement sur sa moto plutôt que de lui lancer dans le crâne, elle se dirige un peu plus loin dans la rue. Sans s'en rendre vraiment compte, ses pas la conduisent vers la voiture d'Edward.

Ce dernier la rattrape et la tire par le bras, pour interrompre sa marche. Son regard se fait noir quand elle le prévient. « Lâches-moi Cullen ou tu pourrais le regretter amèrement. ».

Il s'exécute et demande. « Et alors quoi ? Est-ce que tu veux vraiment que je sois comme un frère pour toi ? Est-ce que cela te suffirait ? ».

Bella reste la tête baissée. Un frisson secoue son corps alors qu'il la tourne vers lui. « Non. Je sais que je ne pourrais jamais me contenter de ça… Mais…. Mais, tu ne veux pas que je sois une fille. ». Elle passe une main lasse dans ses cheveux, faisant remonter sa mèche. « Je sais que je ne t'intéresserais pas plus que ça…. J'ai adoré nos moments, chez toi, sur la plage ou au base-ball…. ».

Elle prend le temps de retirer la main d'Edward qui lui enserre le bras. « Ma vie n'était peut-être pas parfaite avant, mais au moins je ne vivais pas tout ça. Je n'aime pas les mélodrames. ».

Bella commence à remonter la rue, pour prendre sa moto et faire sa tournée. La voix d'Edward la stoppe. « Te rappelles-tu lorsque tu m'as demandé de te laisser tranquille ? Afin de m'oublier… ».

Elle acquiesce sans mot dire. Son patron continue. « Alors laisses moi emprunter tes lignes… Comprends que j'ai besoin de temps ou je risque de te haïr. ». La jeune femme reste immobile, essayant tant bien que mal de retenir les larmes, marques visibles de sa colère et de sa frustration, qui lui brulent les paupières. Refaisant le chemin en arrière, elle le menace de son doigt, prête à exploser, mais prend le temps de réfléchir. Non, cela ne servirait à rien.

Une question lui vient à l'esprit. « Combien de temps ? J'imagine que tu ne comptes pas rester ici…. Que tu vois plus grand…. Et alors quoi ? Je sais que tu te fiches de ce qui peut m'arriver une fois que tu auras l'idée de partir à New York ou Los Angeles ou je ne sais quel coin à la mode. ». Elle montre le café et sa personne. « Tout ça ne compte pas pour toi ! Tu vis dans une bulle Cullen et tu ne réalises pas que la Terre peut continuer à tourner sans toi. ».

Le regard vert d'Edward se fait froid et intense. Il lui saisit la main. « Arrêtes ça ! Encore un mot et je te ferais taire. ». Il passe devant elle pour rejoindre le café.

Bella lève les yeux au ciel, ses larmes coulent sans discontinuer sur ses joues. Elle respire profondément une ou deux fois avant de se reprendre, essuyant négligemment son visage avec sa manche. Un grand besoin d'extérioriser sa rage se fait rudement sentir. Elle remonte la rue jusqu'à sa moto et une fois son casque sécurisant son visage, part en trombe faire ses livraisons, souhaitant amèrement que Rosalie est prête pour un nouvel entrainement d'enfer.

xoxo

Edward rejoint James sur la terrasse et à son grand regret, il se rend compte que son ami a pu observer toute la scène de son côté. Soupirant, il l'interpelle. « James ? On y va ? ».

Le serveur blond arrive en boitant, le dos vouté. Edward est, tout de suite, paniqué. « Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Tu t'es blessé ou quoi ? ».

James boitille encore et finit par s'arrêter, posant ses mains sur ses genoux, comme pour reprendre son souffle. « Eddiiiiie ! Je…. J'ai du mal à bouger. ».

Edward l'aide à avancer jusqu'au mur à proximité. « Putain ! James qu'est-ce qui se passe ? ».

James ferme les yeux, semblant avoir du mal à articuler. « Trop…. Trop…. Trop de tension sexuelle entre vous ! ». Il éclate de rire. « Nan mais là l'air est trop chargé. Ça me donne envie de m'agripper et de me frotter à la jambe de la première personne qui passe. Sérieusement Edward… Arrêtes de te défiler et franchit le pas. Je ne vois pas ce qui t'empêches de… ». Il est interrompu par un bras qui passe autour de son cou et une main qui lui shampooine violemment son crane. « Aïeeeeeuh ! ». James se retrouve sous l'emprise d'Edward, situation qui arrivait fréquemment lorsqu'ils étaient plus jeunes.

Son ami et patron le menace du doigt. « Fais gaffe à ce que tu dis, mec. Il y a des limites à ne pas franchir. ».

Billy passe, apportant une commande à un client à proximité. Il marmonne assez fort pour que les deux autres puissent l'entendre. « C'est pas à Bee que tu devrais montrer ton affection, gamin ? ».

Les deux jeunes gens encore en plein duel, s'immobilisent et montrent deux émotions totalement différentes. L'un rougit jusqu'à la pointe de ses oreilles tandis que l'autre offre un sourire tellement immense qu'il pourrait postuler au rôle de Chat du Cheshire. « C'est justement ce que je tentais de lui dire ! ».

Edward se passe la main dans les cheveux, voulant cacher le fait qu'il est mal à l'aise. « Putain t'es con James ! ». Il finit par le libérer et se dirige vers la rue alors que son serveur est encore en train de pleurer de rire.

xoxo

à bientôt !

:3