Coffee Prince « Café des Princes ».

Twilight, à S. Meyer & The 1st Shop of Coffee Prince, à Lee Sun Mi

Création de Lex Lina

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Chapitre 20

Long Island IceTea (suite)

Rosalie pose ses gants de boxe et commence à défaire les bandes de tissu protégeant ses phalanges. « Tu comptes te lancer dans le combat pro ? ».

Sa sœur, en sueur, finit sa série de coups avant de lever la tête. « Non, pourquoi dis-tu ça ? C'est juste que j'ai pas mal de choses à évacuer. ». Bella essuie son visage avec une serviette laissée à proximité.

Rosalie lui tend une bouteille d'eau. « Évacuer ? Qu'est-ce que… Tu agis comme une victime. Pourtant ne serait-ce pas lui le plus à plaindre ? ».

Le regard de Bella est furieux. « Est-ce qu'un jour j'aurais le droit de pleurer ou de crier comme une fille normale ? Pourquoi dois-je toujours être la plus raisonnable et la plus sérieuse ? Qu'est-ce que je peux faire de plus ? Ce mec souffre à cause de moi. ».

La blonde croise les bras au-dessous de sa poitrine. « Et là ?je suis censée verser une larme ? ». Ses propos sont durs mais elle sait que sa sœur n'est pas dans son état normal. Une Bella émotionnelle n'est pas la vraie Bella Swan. De la trempe de celle qui l'a sauvée quand elle en avait le plus besoin, de celle qui maintient sa famille hors de la misère. L'attrapant par le bras, sa sœur l'entraine vers le tapis de sol. « Je doute qu'une bonne idée puisse sortir de ta tête en ce moment. Sors-toi de ce merdier et dis-lui tout. On sait qu'il t'apprécie aussi alors n'hésites pas. ». Elle observe Bella qui fait une série d'étirements. En soupirant, elle se radoucit. « Puis… Je ne pensais pas que tu l'aimais autant. ».

Bella retire ses gants et inspecte ses mains rougies par l'effort. « Je ne le savais pas non plus. Si je lui dis maintenant, je sais qu'il ne souhaitera plus me revoir et il piquera encore une colère parce que je lui ai menti. Quand on est ensemble, je n'arrive plus à être rationnelle…. Ou calme… ou réfléchie. ». Alors qu'elle se dirige vers la salle de bains, Bella se demande comment supporter le fait que, de toutes les façons, la perte d'Edward est inévitable. Un coup d'œil par-dessus son épaule, elle dit à l'attention de Rosalie. « En tout cas, tu as raison. Je ne suis pas une victime. ».

xoxo

James aide Edward à transporter les courses jusqu'à la réserve du café. Il sourit en observant son meilleur ami qui remonte ses manches. « Je dois reconnaitre que je suis épaté… ».

Edward lève la tête vers lui. « Pour quelle obscure raison exactement ? ».

James montre le café d'un geste de la main avant de continuer. « Tout ça… C'est incroyable comme tu as changé ! Si on m'avait dit que le grand Edward Cullen était capable de donner de sa personne pour un boulot… Je ne l'aurai pas cru ! Tu étais obsédé par ton image et là, tu es prêt à faire des livraisons, à servir des cafés. Merde, tu passes du roi de la procrastination à l'entrepreneur de l'année et cela en moins d'un an. Tu vas finir en couverture du Times. ».

Edward referme la porte de la chambre froide et récupère ses clefs sur le comptoir. « Arrêtes un peu… Tu viens avec moi ou pas ? ».

Sautant du tabouret sur lequel il était juché, James resserre le ruban qui maintient ses cheveux. « Et risquer de rater la chance de mater le derrière de ton sublime rockeur de frère ? Jamais ! ».

Après un trajet en voiture plutôt tranquille, ils finissent par arriver chez Jasper. Celui-ci les accueille chaleureusement.

Une fois leurs mains occupées par une bière fraiche, ils montent à l'étage dans le studio aménagé. Encore quelques amabilités et Edward finit par demander. « Alice m'a fait comprendre qu'elle n'était plus la première sur ta liste ?! ».

Jasper sourit en buvant une gorgée et répond un simple « Hun hun. » sans en dire plus.

Son petit frère lève un sourcil. C'est parfaitement dans le style de Jasper de ne rien lui dévoiler. Il décide de l'interroger un peu plus. « Alors, tu vois vraiment quelqu'un d'autre ? ».

Saisissant son stetson, Jasper le pose machinalement sur sa tête blonde et saisit un paquet de partitions. « Si c'est le cas… Tu vas surement tenter ta chance maintenant ? ».

Les yeux de James s'écarquillent devant le combat silencieux qui prend place devant lui. Un sourire carnassier s'inscrit sur son visage. Il n'y a rien de mieux qu'un bon potin bien gras pour commencer sa soirée.

Prenant le défi comme il se présente, Edward répond. « Peut-être…. Je pourrais l'emmener faire du shopping ? ».

Les deux autres éclatent de rire alors qu'il savoure une nouvelle gorgée de liquide ambré. Bien qu'il tente de travailler, Jasper pose ses partitions et relève sa tête vers lui, ses dents blanches éclairant sa figure. « Tu veux mourir ? Tu la connais ! ».

Essuyant ses yeux brillants de larmes joyeuses, James demande. « Vous vous rendez compte du ridicule de votre situation ? ».

Comme un seul homme, les deux frères répondent. « Oui. Je pense aussi. ».

James tape dans ses mains, telle une petite fille excitée. « Y'a rien de mieux que le sexe pour vous réconcilier ! Allez zou ! Lancez-vous et… ». D'un air théâtral, il pose sa main sur son cœur et jure. « Je vous promets de garder ce souvenir gravé toute ma vie dans un coin de mon esprit. ». Il fait un zip sur sa bouche fermée. « Et j'emporterais ce secret, et les polaroids qui vont avec, dans ma tombe ! ».

Jasper manque de tomber de sa chaise et se tourne vers son frère. « Mec, il est vraiment temps que tu choisisses mieux tes amis. ».

Habitué par les frasques de James, Edward marmonne. « Je sais mais celui-ci me lâche plus. ».

James se redresse et commence à descendre les marches. « Oh ! Vous n'êtes pas drôle. Je compte noyer ma déception avec une nouvelle bouteille, quelqu'un en veut une ? ».

Des exclamations ravies lui viennent en retour et, ce dernier est content que sa verve habituelle ai permis de retirer toute tension de la pièce. il sent déjà que la soirée va être amusante et alcoolisée, comme il les aime.

xoxo

Il est presque midi quand les princes se mettent à table. Emmett mange goulument tout ce qui passe à sa portée alors que Seth tente d'expliquer ses nouveaux plats. Il finit par abandonner toute explication quand Bee s'y met tout aussi avidement. Sa bouche est pleine quand il le complimente. « Seth ! Putain c'est trop bon. ».

Le cuisinier secoue ses mains, défait. « OK. Je laisse tomber. ». Il se tourne vers Billy. « Il n'y en a pas un pour rattraper l'autre ! ». Le vieux patron hoche la tête, ne pouvant répondre vu que lui aussi était en train de s'empiffrer.

Pendant quelques minutes, seuls des bruits de mastication et des gémissements de plaisir se font entendre. Edward arrive dans le café. « Alors ! Je vois qu'on s'amuse bien. ».

Billy finit de mastiquer sa cuisse de poulet et montre le cuisinier du bout de l'os qu'il détient. « Seth a préparé quelques idées de plats pour le déjeuner et c'est divin. ». Tout le monde acquiesce et James invite Edward à s'assoir près de lui.

Le jeune homme se sert les plats qui semblent plus qu'appétissants mais ironiquement, la vue du cuisinier et de Bee lui coupe peu à peu l'appétit ou, peut-être est-ce dû à la méchante gueule de bois qu'il se tape depuis le matin.

Bee finit de dévorer un ravioli et passe son bras autour de Seth. « Mec. Ce sont les meilleurs raviolis que j'ai pu manger de toute ma vie. ».

James lève les yeux au ciel. « Il me semble que tu ais besoin d'un peu d'action, Bee…. ». Il sourit sournoisement. « Est-ce que le sport et tes soixante-dix boulots ne te suffisent plus pour assouvir tes pulsions ? T'aimerais quelque chose de plus physique, pas vrai ? ».

Les pommettes de Bee prennent une couleur plus rosée. « Putain James… ». Il passe une main lasse dans sa frange et semble réfléchir avant de répondre. « Désolée, mais à mes yeux, tout ce truc sur le sexe est gravement surestimé. On peut très bien vivre sans. ».

James éclate de rire. « Toi, tu n'as jamais pris ton pied. Je ne te parle pas d'une baise facile mais d'une communion entre deux êtres. ».

Edward éclate de rire. « Venant de toi… Laisses-moi rire. Tu sautes sur tout ce qui bouge. ».

Emmett corrige. « Nan, il saute tout ce qui bouge ! ». Son patron apprécie l'humour et ils se tapent dans la main.

James, à peine dérangé par leurs propos, saisit son verre. « Je suis en pleine phase expérimentale. Mais, je rêve de découvrir l'homme ou la femme qui me donnera l'envie de crier 'Wou-Hou GoTiger ! ». Il fait mine de faire du rodéo en levant sa main comme s'il tenait un lasso sur le dos d'un cheval cabré. Puis, reprenant son calme, il continue. « Donc, j'en essaie plusieurs, histoire de ne pas me tromper. ».

Bee le regarde amusé. « On pourrait croire que tu parles de Manolo ou de Choo mais pas de personnes vivantes. ».

James sirote sa paille avec délicatesse, la tenant du bout des doigts. « Mais mon chéri, j'enfile les deux avec plaisir et… ».

Seth manque de s'étouffer avec son verre de vin. « Merde, les mecs ! On est à table quand même. ».

Bee repose la conversation sur de bons rails. « Tout ça pour dire que j'ai besoin de quelque chose de plus fort… Avoir une réelle connexion avec cette personne. ».

Là encore, Emmett soumet son opinion. « Tu ne peux pas être plus connecté avec quelqu'un qu'au moment où tu la retournes sur un matelas. ».

Bee le frappe à l'épaule. « Évites ce genre de propos alors que je sais que tu es avec Rosalie. ».

Frottant son épaule endolorie, son futur beau-frère fait son mea culpa. « Ce n'est pas pareil…. Je sais déjà qu'elle est mon âme sœur. ».

Billy ricane doucement. « Encore faudrait-il qu'elle soit au courant la malheureuse… ». Il se tourne quand quelqu'un frappe à la porte. « Oh mais qui voilà ! ».

Edward se lève précipitamment. « Maman ?! ». Le jeune homme se presse pour déverrouiller la porte d'entrée. Il prend Esmée dans ses bras et tout le monde la salue gaiement.

Billy la dévisage, l'inspectant avec sa fourchette. « Tu sembles en pleine forme !? ».

Le visage maternel de la mère d'Edward fait mine d'être en colère, alors qu'il l'invite à s'assoir. « Tu n'es même pas venu me voir à l'hôpital. Tu parles d'un ami ! ».

Le vieux patron se redresse pour lui laisser de la place. « Attends, comprends moi… ». Il fait mine de se lisser les cheveux. « Me voir n'aurait fait qu'augmenter ta tension. Je pense à ta santé. ».

Esmée soupire. « Mon dieu, quelle excuse ! Je n'ai plus vingt ans, je sais me tenir. ».

Edward intervient, ne supportant pas aisément le léger flirt entre sa mère et celui qui lui sert de mentor. « Elle va mieux maintenant, pas vrai ? ». Il part lui chercher un bout de son gâteau préféré. Quel que soit la raison de sa visite, une pâtisserie contentera toujours le bec sucré qu'est sa mère.

Avant de s'assoir, elle regarde autour d'elle. « Vous avez fait du bon boulot. Mon fils, tu t'en sors bien. ». De l'autre côté de la salle, le sourire de son garçon est éblouissant tant il est content de l'approbation de sa mère.

Billy lui offre un café. « Surtout qu'il partait de très, très loin. ». Il se penche pour murmurer. « Ne dis rien mais, il est très doué. ». Il glisse un sucre dans la tasse de son amie. « Au début, je pensais qu'il allait juste glander durant tout ce temps. ». Un autre sucre finit dans la tasse. « Surtout gardes le silence là-dessus car il risquerait de croire que je l'aime bien. ». Du bout de ses doigts, il casse un troisième sucre mais n'en verse qu'une des moitiés dans la tasse avant de prendre une petite cuillère et d'en remuer doucement le contenu sombre.

Esmée boit une gorgée avec délice. « Hum… Toujours aussi parfait. ».

Billy acquiesce. « Ce café est même encore mieux que le mien. Torréfié et moulu avec soin par Bee ce matin même. ».

Impressionnée, la mère d'Edward demande au jeune serveur. « D'ailleurs, comment vas-tu ? Je n'ai pas eu de tes nouvelles depuis un moment. ».

Bee rougit un peu sous l'attention, ne sait vraiment que dire. Sarcastique, Billy ne peut s'empêcher de répondre. « Il vit un combat émotif acharné avec ton fiston adoré… ce qui fait qu'ils se détestent un jour sur deux… donc forcément prendre de tes nouvelles est plutôt mal venu. ».

Esmée hoche la tête, posant sa main compatissante sur l'avant-bras de Bee. « Je comprends mais il faut en profiter tant que mon petit est là. ». Elle se tourne vers Edward qui revient s'installer à table. « Surtout que tu repars très bientôt à New York. ».

Celui-ci acquiesce. « En effet. ».

Grignotant sa pâtisserie, elle insiste. « Tu pourrais rester encore un peu ?! Pour moi. ».

Le sourire de son fils disparait peu à peu. Son regard se tourne discrètement vers Bee, sans pour autant réellement se poser dessus. « S'il te plait… Ne me tente pas. ».

Billy soupire. « Bee aussi compte nous lâcher bientôt. Maintenant que je lui ai tout appris… ».

Bee l'interrompt. « Mais, justement ! Je pense exécuter un des fameux conseils que tu m'as inculqué, il y a si longtemps ! ».

Seth éclate de rire. « Ah ouais lequel ? Car moi aussi j'ai eu le droit aux discours interminables du vieil indien… ». Il prend une voix solennelle. « N'oublies pas de regarder des deux cotés en traversant la rue ou mon camion ne te ratera pas ! ».

Bee marmonne. « Celui qui m'avait choqué c'était 'Ne rentres jamais rien dans ton nez qui ne pourrait ressortir par voie rectale'. ».

Emmett manque de s'étouffer en entendant cela alors que James confirme que cela ressemble bien au petit vieux qui les martyrise à longueur de journée.

Hochant la tête pour éviter de rire ouvertement, Bee répond. « Non. C'était plus un truc du genre… 'Va là où l'argent se trouve. Las Vegas ! ».

Billy soupire, faisant craquer son dos raidi. « Je savais que tu avais l'oreille sélective. ».

Seth et Bee concluent en même temps. « Normal, tu parles trop. ».

À mesure que le temps passe, Esmée discerne une franche camaraderie au sein de l'équipe. Les princes semblent former une véritable petite famille. Même Edward, habituellement si réservé et hautain, rit et participe allègrement à la conversation. Elle remarque les échanges silencieux entre son fils et Bee. Est-ce une des raisons de son envie de partir loin d'ici ? Leur famille a toujours été très conventionnelle mais ils sont ouverts d'esprit. Et si son petit dernier est attiré par ce garçon au visage d'ange… pourquoi pas ?

Finissant le délicieux café de Bee, elle commence à envisager un de ses plans machiavéliques. Des coups de fils à passer, des personnes à voir…. Elle n'a plus de temps à perdre.

Une fois devant la voiture de sa mère, Edward fait signe au chauffeur afin qu'il patiente quelques instants. Esmée pose sa main sur son torse, prenant légèrement appui sur lui. « J'ai eu vent de votre rendez-vous avec Carlisle. Est-ce que ça va ? ».

Edward lui saisit et embrasse ses phalanges. « Ne t'inquiètes pas pour nous, maman. ».

Elle demande. « Et si je partais avec toi à New York ? On pourrait se consacrer un peu de temps. ».

Il ouvre la portière, avant qu'elle ne pense réellement que ça pourrait être une bonne idée. « Et qu'on te prenne pour une couguar ? Tu es trop bien conservée pour avoir un fils de mon âge… Je ne veux pas faillir à ta réputation. ». La tension et le doute de leur conversation sont soulevés grâce à sa pointe d'humour. « Rentres bien maman. ».

Quand il revient vers le café, sans qu'il ait passé la grande porte vitrée, la voix de James lui parvient. Celui-ci est en train, comme d'habitude, de se chamailler avec Bee et Emmett. Ils font mine de se taper les uns, les autres alors qu'Emmett reçoit vraiment des claques derrière la tête. Quand le regard d'Edward croise celui de Bee, le serveur s'arrête et l'observe aussi. Ils restent ainsi à se regarder jusqu'au moment où Seth l'interpelle et Bee, après un soupir, dirige ses pas vers la cuisine.

À peine Edward est-il entré dans le café qu'un certain chaos s'installe. Le lave-vaisselle centenaire vient de lâcher. Emmett et James accourent de la réserve avec serpillères et seaux tandis que Bee éponge vaillamment le sol afin de ne point laisser l'eau savonneuse se répandre jusqu'au parquet de la grande salle.

Une heure plus tard, Rosalie s'extirpe de l'intérieur de la machine. Elle passe une main, à la couleur douteuse, sur son front. « Cette machine a autant de kilomètres au compteur que James… ». Elle se tourne vers Billy et Edward. « Messieurs, j'ai fait ce que j'ai pu mais, prévenez sa famille, il lui reste peu de temps… Un investissement est à prévoir. ». Se dirigeant vers la sortie, ses mains se posent sur leurs chemises immaculées, laissant des marques immondes sur l'emplacement de leurs biceps. « Ou usez de ces jolis muscles pour faire la vaisselle. ». Les portes battantes laissent les deux mecs sans voix derrière elle alors qu'elle crie. « Bee, tu me dois trente dollars pour le déplacement. ».

xoxo

Bella savonne une assiette, soupirant en constatant la pile de vaisselle encore à côté d'elle. Elle se tourne vers Seth qui s'évertue à sécher ce qu'elle lui tend. Elle marmonne. « OK alors là je n'ai plus besoin de preuve… J'ai vraiment un putain de karma. ».

Il pose une tasse et demande, tout de même. « Pourquoi exactement ? ».

Elle lui envoie de la mousse. « Je pourrais être en train de glander à l'université et tenter d'avoir une vie normale plutôt que d'être ici. ».

Le jeune cuisinier fait mine d'être outré. « Quoi ? Qu'est-ce qu'ils ont à l'université que tu considères mieux que nous ? On est comme une confrérie… Enfin les beuveries et les MST en moins. Ou alors… Je sais ce qui te manque des nuits de sexe sans lendemain avec des idiots qui te rappelleront jamais. ».

Bella éclate de rire et lui envoie de la mousse. « Peut-être bien. ».

Il la fouette à l'aide de son torchon. « Tu sais que pour ça, je peux t'aider. ».

Une voix derrière eux les fait sursauter tous les deux. « Je dérange ? ». Bella fait rapidement non de la tête, comme prise en faute. Le nouvel arrivant se tourne vers son cuisinier. « Tu as des commandes à préparer. Je te remplace. ».

Seth bougonne, jetant son torchon dans les bras de son remplaçant. « Putain de timing… ».

Bella retourne immédiatement à sa vaisselle, se concentrant sur l'évier emplit de mousse comme si sa vie en dépendait. Edward se retient d'exploser le verre qu'il tient dans ses mains tant cette situation l'exaspère. Se postant juste à côté d'elle, il fait mine de ne rien ressentir de spécial. Pourtant, bien que leurs postures soient rigides au possibles, leurs mains s'effleurent, se touchent, s'étreignent à mesure que la jeune femme lui tend la vaisselle propre.

Le cœur de Bella, qui battait à tout rompre depuis le début, vient de perdre quelques battements, quand Edward ne bouge plus. La position de sa main flagrante alors qu'il parcoure les phalanges de celle qu'il tourmente. Son regard vert émeraude semble perdre toute chaleur. Il la relâche prestement et, sans un mot, quitte la cuisine. Elle prend appui contre le comptoir et contemple sa main, le contact du jeune homme lui brulant encore la peau.

James entre dans la cuisine. Remarquant la mine déconfite de son amie, il entreprend directement de lui remonter le moral. « Et si on sortait ensemble ce soir ? On trouve un coin sympa où l'on peut manger et danser aussi ! Ça fait longtemps que je n'ai pas laissé le commun des mortels profiter de la vision de mon corps de rêve. ».

Bella accepte et après leur service, les princes se rendent dans un des bars branchés à proximité du café. Jasper les a rejoint pour l'occasion et après être allé chercher sa commande au comptoir, il se pose dans un des fauteuils clubs où Edward est assis. Celui-ci reste les yeux rivés sur la petite piste de danse alors qu'il prend une gorgée de sa boisson. Jasper suit son regard et manque d'éclater de rire en observant les princes. Emmett et James sont en train de danser, enfin… Jasper hésite à suggérer qu'on appelle un exorciste tant ils semblent possédés. Balançant leurs bras, ils menacent à tout moment de blesser quelqu'un.

Il tape sur l'épaule de son frère, prêt à partager un peu d'humour quand il remarque son regard assassin. Si c'était possible, Seth et Bella, qui dansent tranquillement, ne seraient plus qu'un tas de cendres fumantes sur la piste. De son point de vue, Le cuisinier et la jeune femme sont en pleine discussion, ondulant à un rythme plus lent et, à une distance raisonnable l'un de l'autre mais dans l'esprit tourmenté de son petit frère, la même scène doit se dérouler tout autrement. Vu ses yeux plissés, le couple doit paraitre lascif et dans sa bulle. Ça promet une fin de soirée gratinée. Comme pour confirmer ses pensées, Edward resserre sa main sur son verre. Les glaçons, encore à l'intérieur, s'entrechoquent bruyamment.

James arrive en gigotant devant eux. « Je retourne au bar me prendre un verre, vous voulez quelque chose ? ».

Les frères hochent négativement la tête et, Seth arrive au même moment. « Je viens avec toi mec. J'ai super soif. ». Il passe son bras autour des épaules du blond et l'entraine avec lui. Arrivent ensuite Bella et Emmett. Ce dernier porte la jeune femme sur une épaule, comme si elle n'était qu'un fétu de paille. Il commence à tourner sur lui-même et ils éclatent de rire comme des enfants. Bien qu'elle le menace, ce n'est qu'au moment où Rosalie l'appelle sur son portable qu'il daigne la relâcher.

Quand Bella repose son pied au sol, son teint est blafard. Elle s'installe juste à côté de Jasper, à l'opposé d'Edward et tente de reprendre ses esprits. Secouant la tête, Bella finit par fouiller dans ses poches et en sort un petit paquet. Bien qu'Edward semble fortement intrigué, c'est Jasper qui demande. « Qu'est-ce que c'est ? ».

Bella lui sourit et se rapproche un peu plus de lui, en s'installant sur l'accoudoir de son fauteuil club. « Les premiers grains de café que j'ai torréfiés tout seul. Ils sont pour toi. ».

Jasper inspecte le paquet. « Oh je te remercie ! ». Il en apprécie l'odeur qui s'en dégage et le soin particulier qu'elle a mis pour faire l'emballage. Discrètement, Edward se redresse pour voir l'échange, un mélange de jalousie et de colère lui minant petit à petit le moral qu'il avait déjà de bien sombre.

Bella croise les bras. « Billy m'a dit qu'ils étaient excellents mais tu t'en feras ta propre opinion. On le savourera ensemble, histoire que je te remercie de tout ce que tu as fait pour moi. ».

Il respire encore l'effluve merveilleusement parfumée avant de refermer soigneusement le paquet. « Merci ! Je ne sais pas quoi dire…. Ce café est trop précieux pour que je le boive. ». Il n'ose même pas tourner la tête vers son frère quand il continue. « Je crois que ça va faire des jaloux. ».

Bella, dans toute son innocence, lève les mains. « Ne t'inquiètes pas, j'ai aussi prévu quelque chose pour Aro mais il ne l'aura qu'à ma prochaine visite. ».

Jasper lui ébouriffe la frange avant de l'embrasser sur le front. C'est le moment que son petit frère choisi pour déclarer. « Tu le traites toujours comme s'il était une fille. Jazz, si je ne te connaissais pas, je pourrais croire que tu as changé de bord. ». Jasper et Bella restent éberlués devant le ton glacial qu'il emploie.

Puis, loin d'en avoir terminé, il tourne son regard vers Bella. « Est-ce une manière de mettre tout le monde dans ta poche ? Tu étais tout aussi gentil avec moi. ».

La jeune femme détourne son regard, mal à l'aise devant ses accusations tandis que Jasper sourit, paraissant apprécier cette facette que son frère montre au grand jour. Cela veut dire qu'il atteint une certaine limite et donc, qu'il va finir par révéler ce qu'il ressent. Il dit, passant un bras réconfortant autour de la taille de Bella. « Je ne pense pas que Bee le fasse exprès. C'est dans sa nature d'être adorable. ».

Edward se redresse un peu, posant ses mains sur ses genoux. « Mais… Cela ne te dérange pas ? ».

Jasper porte son verre à sa bouche et hoche la tête négativement. « Non. J'aime bien. ».

Son petit frère reste éberlué. « Vraiment ? ».

Il confirme. « Ouais. ».

Bella reste là, le regard tourné vers la piste, ne sachant si elle doit répondre aussi odieusement que son patron ou prendre cela nonchalamment comme le fait si bien Jasper. On peut dire qu'Edward choisit pour elle, quand il la regarde droit dans les yeux. « Moi, j'ai horreur de ça. ».

Le regard d'Edward se plisse, un peu plus, quand la main de son frère fait des cercles affectueux dans le dos de Bella. Il finit son verre d'un coup et fait mine de regarder sa montre. « Je devrais y aller. Puis… Je n'aime pas cette sensation. ». Il les montre du doigt. « On dirait un couple. Vous n'avez pas besoin de moi ici. ».

Bella se mord la lèvre, indécise. Edward parait de méchante humeur et elle aimerait vraiment continuer sa soirée avec les autres mais vu où il en est…

Énervé par le manque de réaction du couple, Edward enfonce un peu plus le clou quand il sort son portable. « Il manque quelqu'un. Je vais appeler Alice. ».

Jasper tend son bras et essaie de le secouer un peu. « Hé ! Hé ! Qu'est-ce que tu fous ? ».

Bella tape ses deux mains contre ses cuisses et s'en sert pour se redresser. « Je me sens pas très bien. Je crois que je vais rentrer. ».

Jasper a, à peine le temps de réagir en l'interpellant qu'elle est déjà près du bar, saluant les autres princes. Il se lève et se tourne vers Edward. « Pourquoi tu lui fais ça ? Je vais lui parler. ».

xoxo

Avançant tranquillement dans la rue, Bella reprend une gorgée de la bouteille d'eau qu'elle vient d'acheter. « Tu devrais y retourner. Alice ne va pas tarder à arriver. ».

Son ton est tellement neutre que Jasper sait très bien qu'elle ne va pas bien. « Ce n'est pas grave. ». Ils arrivent devant la maison de la jeune femme et Jasper s'approche d'elle. Il la serre doucement dans ses bras et la balance pour la réconforter.

La tête enfouie dans le creux de l'épaule de son ami, Bella soupire. « Edward m'a dit à plusieurs reprises de démissionner. Billy et Seth pensent que je devrais le faire. ». Elle resserre son étreinte. Il penche sa tête et pose un baiser sur son front. L'écartant doucement pour vérifier qu'elle ne pleure pas, Jasper est surpris de voir le regard fier qu'elle lui offre. « Je n'ai pas envie d'arrêter. Je pourrais dire que c'est à cause du fait que j'ai besoin d'argent…. Je mentirais. Ou parce que j'ai vraiment appris à apprécier le café… Ça ne serait qu'un mensonge de plus. C'est Lui… Edward. Je l'aime tellement que j'aimerais être capable de revenir en arrière et ne jamais lui mentir. ». Elle repose sa tête contre Jasper. « Je sais que j'ai mal agi. ». Un profond soupir la secoue. « Il m'a demandé de garder une certaine distance et… Bien que cela me fasse excessivement mal au cul de l'admettre, je vais respecter son choix. En espérant qu'il réalise mes sentiments. ».

Bella s'écarte de lui avant de refaire quelques pas dans sa direction. « Mais, regardes moi. Comment vais-je faire pour éviter un mec avec qui je passe le plus clair de mon temps ? Et j'imagine déjà sa réaction au moment où il apprendra la vérité… Je ne sais plus qui je dois être, Jasper. ».

Le jeune homme l'enlace, la serrant encore plus fort qu'auparavant. « Tu sais que tout finira par s'arranger, pas vrai ? ».

Elle acquiesce. « Merci encore. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi. Tu vas bientôt en avoir assez de cette fille qui chouine sur ton épaule. ».

Jasper prend appui sur le mur attenant la petite cour. Il frôle la moto, noire et jaune de Bella, du bout de ses doigts. Ses yeux éclatants se lèvent à peine pour regarder son amie. « Je viens d'un milieu où tout est secret où personne ne dévoile jamais ses véritables intentions alors je ne sais pas exactement pourquoi… Mais j'aime lorsque tu me dévoiles ainsi tes sentiments. Que tu pleures ou que tu ries. J'aime vraiment te voir si émotive. ». Son pied tapote quelques graviers lui permettant de calmer le jeu. Il lui offre un petit sourire auquel elle répond en émettant un petit rire. « Quoi qu'il arrive, il ne faut pas que tu changes. Enfin, je veux dire… ». Il passe sa main dans ses cheveux, tic commun à Edward, puis continue son fil de pensée. « Ne pense jamais que tu puisses me gêner. Fais ce que tu veux quand tu es avec moi. J'aime ta sincérité…. Tu comprends ? ».

Bella hoche la tête, souriant, la lèvre inférieure coincée entre ses dents. « Est-ce que je peux taper du pied ? ». Il fait oui de la tête. Espiègle, elle continue. « Et me rouler par terre en criant 'ahaaaaaah' ? ».

Éclatant d'un rire franc, Jasper lève son petit doigt devant elle. « Même si tu te prends pour Aro, ça ne me posera aucun souci, alors… Tu me le promets ? ».

Bella saisit son doigt avec son auriculaire et fait mine de tracer une croix sur son cœur. « Promis, juré. ». Toute trace de tristesse semble s'être estompée de son visage. Elle retourne dans ses bras, posant une série de baisers sur sa joue, le temps de lui souhaiter une bonne nuit. Puis, elle commence à escalader l'arbre menant à la fenêtre de sa chambre.

Jasper la regarde, étonné, et fait semblant de balayer cette image insolite d'un revers de la main. Il marmonne. « Je ne veux même pas savoir pourquoi cette fille passe par la fenêtre pour rentrer chez elle. ». Il reste encore quelques instants pour s'assurer qu'elle arrive entière dans sa chambre avant d'héler un taxi afin de rentrer chez lui.

Le taxi roule déjà à vive allure quand son téléphone portable se met à sonner. Ses yeux restent fixés sur l'écran alors qu'il hésite à répondre. Cela fait un moment qu'il n'avait pas songé à elle, alors qu'auparavant cette femme était dans toutes ses pensées.

Alice.

Le taxi freine doucement devant le grand portail menant à sa maison. Des aboiements se font déjà entendre de l'autre côté. « Allo ? Non, je suis en train de rentrer chez moi. ».

Jasper descend de la voiture. « Non ».

Tenant son téléphone dans un équilibre précaire, il tend un billet au chauffeur de taxi. « Oui. ».

Jasper prend une inspiration et décide de jouer franc jeu avec la jeune femme. « Non… Ils sont amoureux, tu sais. Edward et Bella s'aiment plus qu'ils ne l'imaginent. ».

La réaction de son ex petite amie ne se fait pas attendre. Mais, il décide de ne pas entrer dans son jeu. « Non, merci. Tout va bien de ce côté-là. ».

Alors qu'il referme le portail, Aro l'accueille en sautillant partout. Jasper s'arrête soudainement dans son allée. « Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Comment cette situation pourrait dépendre de moi ? Alice ? Alice ! Putain ! ». La porte d'entrée de sa maison subit sa colère quand il la claque violemment après lui.

xoxo

Edward se penche en arrière. Ayant enclenché le toit ouvrant de sa voiture, il commence à apercevoir le ciel étoilé qui s'étend peu à peu devant ses yeux. Il reste, plusieurs minutes, immobile, calmant son esprit furieux du déroulement de cette soirée. Ni Bee ni son frère ne sont revenus.

Je suis en colère mais contre qui ? Pourquoi ?

Ses pensées sont interrompues lorsque quelqu'un tapote contre le pare-brise. Edward relève la tête.

Alice.

Il lève une main pour la saluer et lui offre un petit sourire, qu'elle lui rend immédiatement. La jeune femme s'installe à ses côtés. « J'ai eu ton message…. Qu'est-ce qu'on fait ? ».

Edward sourit, son moral déjà remonté par la vision de la jeune femme. « On va se balader ? ».

La Volvo roule plusieurs minutes dans les rues tranquilles et quasi désertes. Bien qu'elle tente à plusieurs reprises de lancer une conversation, la jeune femme remarque bien que l'esprit de son ami est tout à autre chose.

Alice prend son téléphone et compose le numéro de Jasper. Une fois la connexion établie et sans préambule, elle lui demande. « Qu'est-ce que tu fais ? Je te dérange ? ». Sentant la réticence dans sa voix, elle préfère continuer. « Bee est avec toi ? ».Il ne manquerait plus qu'ils soient encore ensemble. Malgré sa confiance quand elle pose cette question, une sueur froide la prend quand elle attend la réponse. Elle est d'autant plus aigrie par le fait qu'Edward porte soudain une attention particulière à sa conversation.

La jeune femme parvient à reprendre son souffle quand Jasper répond négativement. Elle tente de garder une voix neutre malgré la pointe de jalousie qui menace de faire surface. « Tu l'as raccompagnée ? ».Non, ce n'est pas qu'une pointe de jalousie, c'est plutôt de l'ordre du tsunami. « Je vois… Tu tentes encore ta chance ? ».

Du coin de l'œil, elle remarque qu'Edward suit attentivement sa conversation. Jasper avoue une information qu'elle savait déjà Edward et Bella s'aiment.

Ça me fait une belle jambe.

Elle répond froidement. « Je ne sais pas quoi te dire. Tu veux que je te console peut être ? ».

La réponse de son ex est catégorique et rapide, ce qui pourrait lui fendre le cœur… si elle en avait vraiment l'utilité. Une lueur machiavélique se forme dans son regard. « C'est bien dommage vu que là, je suis avec Edward… ». Elle se tourne vers le petit frère de Jasper et lui sourit. Sans savoir ce qui se trame à côté de lui, Edward lui rend son sourire. « Peut-être que tu trouveras un moyen de me faire changer d'avis…. à plus tard. ». Son téléphone se referme en un 'clap' abrupt.

Le temps de reprendre ses esprits, Alice repose son front contre la vitre. Les lumières de la ville l'éblouissent à mesure que la voiture file sur la route. Edward pose une main tranquille sur sa cuisse et demande. « Ça va ? ».

Elle hoche la tête et saisit sa main quand il tente de la retirer. « Oui, merci. ». L'apitoiement serait peut être une solution afin de regagner le cœur du plus jeune des Cullen. Cela marchait par le passé et le fait qu'il soit tourmenté par son pseudo amour aidera forcément sa cause.

xoxo

Edward finit par arrêter la Volvo près d'un parc. Celui-ci est assez éclairé pour qu'ils puissent se balader tranquillement sans aucune crainte. Il descend de voiture et en fait rapidement le tour afin d'ouvrir la portière d'Alice. Alors qu'ils font quelques pas, il grommelle. « Je ne comprends pas. Je t'ai appelée afin que tu puisses voir Jasper et il ne nous rejoint pas. Vous vous évitez ? ».

Alice soupire tristement. « Je crois que je lui en ai trop demandé. Je ne voulais pas le blesser mais il semblerait qu'il soit passé à autre chose. ».

Il lui prend la main, la serrant et la desserrant à mesure qu'ils avancent. Quelque chose manque. Bien que son cœur tente de le convaincre qu'Alice ne lui procure pas l'apaisement qu'il peut avoir en compagnie de Bee, son esprit reste convaincu que ce n'est pas normal. Mais surtout, Edward se rend compte par la même occasion qu'il ne ressent plus autant d'amour pour elle.

Alice interrompt ses pensées quand elle demande. « Pourquoi n'irions-nous pas à New York ensemble ? ».

Le jeune homme reste interloqué. « Quoi ? Qu'est-ce que… ».

Elle fait quelques pas devant lui, emplit d'un nouvel enthousiasme. « Oui ! Imagine ! On prend un appart ensemble, dans un coin branché. On ferait plein de trucs sympas et… ».

Edward hésite. « Je ne sais pas… Sérieusement Alice… Je ne suis pas sûr que… ».

Elle pose une main sur son torse. « Ça serait idyllique. Toi, moi…Une nouvelle vie. ».

Le couple retourne vers la voiture silencieusement. Les mains d'Edward prennent appui sur le toit rutilant de la Volvo. Il expire profondément. « Tu me laisses un peu de temps pour y réfléchir ? ».

xoxo

Le lendemain, James récupère un plateau et avance doucement, lunettes de soleil sur le nez, afin de servir une cliente. Doté d'une gueule de bois carabinée, il fait son possible pour rester aimable.

Alors que sa matinée avait si bien débuté, cette cliente semble être là rien que pour lui pourrir la vie. Celle-ci inspecte son sandwich au saumon mariné comme s'il détenait une souche du virus Ébola. Le nez plissé, elle demande. « Et le poisson est-il frais ? ».

James remonte ses lunettes et réprime un soupir. « Oui madame, fraichement péché durant la nuit et acheté ce matin sur l'étal du poissonnier, au marché. ».

Cette fois, c'est son front qui se plisse. Il lève un sourcil en se disant qu'elle finira surement aussi fripée qu'un Sharpei avant ses quarante ans. « Mais… C'est du saumon d'élevage ou une race sauvage ? ».

Là, l'esprit du serveur commence à chauffer un peu mais il reste calme, démontrant son professionnalisme… Il sait aussi que s'il élève la voix, son cerveau lui rappellera méchamment la quantité d'alcool qu'il a ingurgité la veille et qu'il est trop vieux pour ces conneries. « Mes relations avec le poissonnier ne sont pas assez intimes pour qu'il m'avoue ce genre de détail, madame. ».

Elle fait quelques 'tsk tsk' de désapprobation. « Mais j'aimerais vraiment savoir si le poisson que je compte manger ici, est de bonne qualité et frais… ».

Il l'interrompt. « Sans vouloir paraitre grossier, madame… Je comprends parfaitement vos interrogations mais…. Si vous voulez être sûre de la provenance de votre poisson, je vous conseille d'enfiler vos bottes et d'aller le pêcher vous-même. À part vous dire que tous nos produits sont de première qualité ou que nous faisons les filets nous-mêmes et que les arrêtes sont retirées à la pince à épiler ou que le pain est pétri avec amour puis cuit dans notre four, je ne sais rien de plus. Là, vos questions dépassent mon domaine de compétence. Ais-je répondu à vos questions ou voulez-vous des renseignements sur autre chose ? ».

Quelques clients, autour d'eux, se permettent de rire, si bien que les joues de la cliente prennent une couleur pivoine. Elle marmonne. « Non, ça va aller merci. ».

James récupère son plateau, le collant tout contre lui. « Bien madame. Bon appétit. ».

Il avance encore plus doucement qu'auparavant et s'affale comme il le peut contre le comptoir. Bee, compatissant, lui offre un expresso de son cru. Bien serré et assez profond pour que la caféine fasse des merveilles sur son moral. Le blond savoure sa petite tasse et susurre. « Merci, t'es un ange. ». Il regarde son ami qui saisit son portable et sourit en lisant un sms qu'il vient de recevoir. Malgré sa fatigue, sa curiosité est toujours présente. « Hum… ce sourire… C'est pour qui ? ».

Bee range rapidement son téléphone et hausse les épaules. « Jasper. ».

Le sourcil blond et inquisiteur se lève en un accent circonflexe parfaitement parfait. « Tu le connais bien ? ».

Bee sourit, prenant une nouvelle commande de Billy. « Ouais... Puis, je le vois assez souvent. ».

James finit sa tasse et la pose du coté de Bella. « Ah oui ? Et qu'est-ce que vous faites ensemble ? ».

Tenant une cafetière ancienne à la main, Bee fait couler doucement sa préparation dans une tasse, jaugeant la mousse à mesure que l'élixir monte. « Rien de spécial. On mange, on sort, on discute. Des trucs comme ça. ».

Imaginant déjà le risque de rapport conflictuel entre les deux frères Cullen, James demande abruptement. « C'est quoi ? Des rencards ? ». D'un autre côté, cela prouverait que le petit serveur pourrait être intéressé par Edward. Alors que Bee se dirige de l'autre côté du comptoir pour donner sa commande à Billy, James se rend compte qu'Edward était près de la réserve et qu'il a surement entendu leur conversation mais son regard ne laisse rien paraitre.

Pourquoi les Cullen semblent toujours être attirés par la même personne ?

xoxo

à bientôt !

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