Coffee Prince « Café des Princes ».

Twilight, à S. Meyer & The 1st Shop of Coffee Prince, à Lee Sun Mi

Création de Lex Lina

Chapitre 22

Amaretto Chocolate

Bella fait les cent pas dans la grande salle du café. Elle tourne sa tête vers la cuisine, une première fois, puis une seconde. À son troisième passage, ses pas la dirigent vers l'endroit qui capte tant son attention.

Dans la cuisine, Edward tente de se débarbouiller. La marque blanche laissée par le pinceau que tenait la jeune femme, est plus difficile à enlever que prévu. Quand il finit de secouer sa tête au-dessus du grand évier, une serviette éponge est tendue à son attention. Son ton est rieur quand il reproche. « Tu sais que tu me le paieras ? ».

Elle lui tapote doucement le visage. « Quelle idée ! J'ai un patron très sévère…. Mais, vous l'avez bien cherché Monsieur Cullen. Me déranger en plein travail, sérieusement ?».

Il regarde sa montre. « D'ailleurs, ton temps ici est terminé ! Allez viens, on file. ». Eteignant les lumières précipitamment, Edward l'entraine dehors. Il prend tout de même le temps de fermer les grandes portes vitrées. « Qu'est-ce que tu aurais envie de faire ? ».

Bella avance vers sa moto. « Je n'ai rien de prévu mais… J'ai faim. ».

Son patron sourit, et accepte l'idée, comme si c'était la logique même. « Non sérieux ? Pour changer… Je ne m'y attendais pas. Alors, on va chez moi ? Je dois bien avoir quelque chose pour contenter ton appétit. ».

Bella soupire et hoche la tête positivement. « OK. C'est parti. ». S'il savait ce qui la contenterait, elle est sûre qu'il aurait tout aussi faim qu'elle. OK là, on arrête… Elle installe le casque sur sa tête et remonte la glissière de sa veste en cuir.

Edward s'approche et croise les bras. « Qu'est-ce que tu fais là ? ». Il les décroise pour défaire l'attache du casque.

La jeune femme ne comprend pas et insère sa clef dans le contact. « Hum… Je m'apprête à te suivre. ».

Elle tente de retirer sa main, mais il continue à défaire les liens et commence à lui retirer le casque. « Hors de question. Maintenant que je t'ai, je ne te lâche plus. ».

Elle sourit. « Okay… Mais, comment je fais pour rentrer après ? ».

Le visage d'Edward prend une moue boudeuse « S'il te plait… Puis, je peux te ramener, enfin, si tu as vraiment envie de repartir. ».

Elle laisse échapper un grognement avant de sourire devant son air de chat potté. « Mais si mes parents me questionnent, je dirais que tu me retiens contre ma volonté. ».

Son patron éclate de rire et se penche pour l'embrasser. Ce baiser est plus doux et réservé que les précédents. Comme s'il savourait réellement chacun des moments qu'ils vivent ensemble.

Le voyage jusqu'à la maison nichée sur le toit se fait sans qu'aucun mot ne soit prononcé. Des échanges de regards sulfureux ou rieurs servent à digérer cette nouvelle étape dans leur relation et la musique lounge diffusée par l'autoradio ajoute un coté relaxant à l'ensemble. L'attention d'Edward est souvent détournée de la route par le manège de son passager. La jeune femme tapote ses doigts en rythme et ses lèvres murmurent silencieusement les paroles. Elle sourit et Edward s'affole un peu à chaque fois qu'il est surpris à l'observer mais, il parvient à garer la Volvo jusqu'à son emplacement réservé.

Dans la cuisine, ils continuent à profiter de cette tranquillité. Edward est appuyé contre l'ilot central alors que Bella fouille dans le réfrigérateur à la conquête des différents repas envoyés par Esmée. Elle finit par demander, sa tête ne sortant pas de l'armoire glacée. « Est-ce qu'il t'arrive encore de cuisiner ? Merde, c'est sacrément ironique pour un mec qui tient un restau… ».

Le jeune homme hausse les épaules, portant une bouteille de bière mexicaine à ses lèvres. Il savoure la fraicheur du liquide avant de répondre. « Je n'étais pas très motivé ces derniers temps, mais cela m'arrive encore… Tu le sais vu que nous avons déjà cuisiné ensemble. Mais bon… Pourquoi perdre mon temps ? Si ça fait tant plaisir à ma mère, Je ne serais plus le chouchou si je lui gâchais ce plaisir ? ». Il se rapproche doucement et tient la porte du frigo. « Quoi ? Est-ce qu'il n'y a rien qui te plait là-dedans ? ».

Bella se tape les lèvres à l'aide de son index. « Oh oui… Plus que tu ne crois…. ». Elle les mord doucement en observant son patron. Pour ôter toute idée salace de son esprit, elle lui tend brutalement le premier Tupperware qui vient avant de fermer la porte du réfrigérateur, plus violemment qu'il ne le faudrait.

Edward lève un sourcil mais ne dit rien. Il pose le plat dans le micro-onde à proximité, lance la minuterie et prend appui sur le plan de travail. Bella donnerait toutes ses économies et même plus afin de savoir ce qui se passe actuellement dans la tête du jeune homme. Il est tellement adorable, posé ainsi, que son bon sens mène une lutte acharnée avec ses hormones pour ne pas se jeter sur lui. Elle rêve de poser ses mains partout sur son corps… voire même de se frotter contre lui comme une chatte en chaleur. Le bip de la machine la ramène sur Terre et elle se précipite sur le micro-ondes pour occuper son esprit autrement que par le désir qui prend sérieusement le dessus et menace de la mener à sa perte.

Est-ce que cela serait si mal ? Oui, parce qu'il te prend pour un mec ? Mon dieu, Rosalie j'ai besoin d'une douche froide !

Elle grommelle quelque chose d'incompréhensible et grimace quand le plat lui brule la main. Elle le lâche brutalement sur le plan de travail, et tente de souffler sur sa peau endolorie.

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C'est le moment qu'Edward choisit pour intervenir. Il s'approche en souriant, devant la maladresse de son ami. Le fait qu'il ait enfin reconnu ses sentiments lui ôte un poids énorme de la poitrine. Il se sent léger, presque guilleret, à l'idée de passer sa soirée avec lui. Finissant puis posant la bouteille près de lui, sa main saisit ensuite celle de Bee. Son regard inspecte la peau claire déjà rougie par la brûlure du plat. Il soupire et pose un baiser dessus. Ses lèvres et son haleine sont encore fraiches à cause de la boisson et, la réponse de Bee ne se fait pas attendre.

La brûlure de la main de son employé semble s'être répandue dans son cou, jusqu'à ses pommettes et, de ses lèvres entrouvertes, il laisse évacuer le reste de chaleur accumulée. Edward perçoit un soupir accompagnant le souffle chaud et erratique. Faisant mine de ne point remarquer l'effet qu'il lui fait, bien qu'il en soit absolument ravi… à en faire des claquettes sur la table de la cuisine… le jeune homme se redresse et va dans le séjour. Sans même se retourner, il déclare. « Je te laisse faire le reste. ».

Il ne faut pas moins de trente secondes avant qu'un « oui… Ok. » plaintif s'échappe de la gorge serrée de Bee.

Quelques minutes plus tard, ils se retrouvent installés selon leur ancienne habitude. Bee est affalé sur le canapé tandis qu'Edward est assis par terre, sur le tapis épais et duveteux, confortablement posé sur des coussins.

Ils regardent un film et Edward ne parvient que difficilement à réprimer un certain ennui. « Sérieusement Bee… Pourquoi ce film ? Puis…Qu'est-ce que tu lui trouves à ce mec ? Cet acteur n'a aucun talent ! ».

Bee resserre son étreinte sur le coussin qu'il tient entre ses bras. « Ce n'est pas ce que je lui demande. Un acteur doit transmettre des émotions et je peux t'assurer que ce mec me transmet un paquet d'ondes positives dès que je pose les yeux sur lui. ». D'un clin d'œil appuyé, il ajoute. « Si tu vois ce que je veux dire. ».

Edward grommelle encore un peu avant de s'emparer de la télécommande. « Tu te fous de moi ? Argh… Ça suffit. On regarde autre chose ! ». Bee ricane doucement devant une jalousie si infantile mais ne l'empêche en rien. Cela ne ferait qu'attiser un peu plus son emportement. Il zappe sur la chaine suivante et cette fois, c'est un film de vampire, dont l'acteur bien connu déchaine tout autant de passion, et d'hormones, dans le cœur de nombreuses jeunes femmes. Son patron semble prêt à vomir son diner. « Putain mais ils sont contre moi, ce n'est pas possible ! ». Il tourne un visage contrarié vers son ami. « Je suppose que tu adores celui-là aussi ? ».

Bee hoche la tête négativement, glissant son bras autour de son cou, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. « Nan, les vampires ça ne me branche pas trop… ». Devant l'air surpris de son patron, il explique. « Faut être réaliste. Ce mec a près de cent ans, est beau comme un dieu et il est vierge ! Tu te rends compte ? Rien que ça ce n'est pas normal… En plus, il boit du sang. Que ce soit humain ou animal, vu comme j'aime manger… C'est un sacrilège de me contenter de ça avec tous les plats qui existent. Puis merde quoi, il brille comme une boule à facettes dès qu'il y a un rayon de soleil. Tu parles d'une vie. ».

Edward reste stupéfait devant sa diatribe avant de réprimer un éclat de rire. « Tu as bien potassé le sujet, dis donc, pour quelqu'un qui n'apprécie pas ce film. ».

Le visage rougi par la honte, Bee cache sa tête dans le creux de son cou, sa main glissant doucement dans la chevelure sombre de son patron. « Hum…. Non. C'est ma sœur. Oui, Rose adore ce film. Puis, les livres trainaient dans sa chambre alors j'y ai jeté un coup d'œil… ».

Essayant de ne pas montrer combien ses gestes l'affectent plus que de raison, Edward plaisante. « Ouais, c'est ça. On dit bien que les absents ont toujours tort. ».

Rose ? La reine de la caisse à outils et de la langue de vipère adepte de chickflicks ? Mon dieu, il doit geler en Enfer…

Bee relève sa tête, relevant la moquerie dans son ton, avant de se replacer comme avant. « Qu'est-ce que tu veux dire par là ? ».

Edward fait mine de mordiller le bras qui l'enserre doucement. « Moi ? Rien. ».

Bee se redresse, prêt à en découdre. « Tu es sûr ? Non parce que si tu veux, je peux te régler ton compte rapidement, Cullen ! ». Alors qu'Edward éclate de rire, son employé se glisse à terre et entame un monstrueux shampooinage de son crâne.

Il éclate de rire, lui bloquant les poignets avec ses mains, maintenant qu'il le chevauche presque. « OK ! OK ! Je me rends ! Arrête Bee ! Arrête ! ». Le couple reprend son souffle et Edward fait mine de ne pas sentir son cœur qui menace de s'échapper de son torse. Au lieu de relâcher son emprise, il attire son ami contre lui. Posant un baiser sur son front, il hume l'air doucement. L'odeur florale habituelle l'apaise. Sa voix est plus calme et posée quand il murmure. « Pourquoi est-ce que tu sens toujours aussi bon ? ».

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OK ! Là, on retrouve sa respiration. Non, Bella ne trempe pas ta culotte….

La jeune femme se désespérait de passer un nouveau moment ainsi avec lui. Là, c'est le Cullen qu'elle apprécie tant. Drôle, affectueux et doté d'un humour incisif et sensuel. Préférant garder sa remarque sarcastique pour elle, Bella soupire. « Je peux te retourner la question. Comment fais-tu pour être aussi addictif ? ». Pour se retenir de lui sauter dessus, elle se blottit tout contre lui. Décrochant un bâillement qui dévoile sa fatigue, ses paumes essaient de retirer le sommeil de ses yeux puis la jeune femme reprend sa pose contre son torse. Plus pour elle-même que pour lui, sa voix n'est qu'un murmure. « Je ne suis pas sûre d'être capable de… ». Sa tête se place dans le creux du cou d'Edward, le chatouillant de ses lèvres qui effleurent sa peau. Après un nouveau moment de silence, Bella conclut. « Je t'aime vraiment. ».

D'ailleurs, elle n'en revient pas elle-même. Cela ne fait pas si longtemps qu'ils se connaissent. Ils ont eu des hauts et des bas tout autant dramatiques que grandioses mais… Mais c'est comme si Edward Cullen avait toujours partagé sa vie. Ou plutôt qu'elle, Bella Swan, n'avait vécu toutes ces péripéties, que pour le rencontrer, au détour d'une de ses livraisons.

Sans qu'elle continue, Edward resserre l'étreinte de ses bras autour de sa taille, comme pour éviter qu'elle ne lui échappe, et chacun espère que ce moment dure.

Moins de deux minutes plus tard, Bella ronfle comme jamais sur l'épaule de son patron.

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Ok… Stop !... Arrêt sur image…. On reprend depuis le début…. Est-ce qu'il a dit ce que je crois avoir entendu ?

Ok… On recommence….

Bon, vu que je suis assis là, par terre… avec un mec dans mes bras… qui a dit qu'il m'aimait avant de se mettre à baver sur mon épaule…

Puis… hum… Apparemment, je …. Je suis… un peu plus qu'attiré par Bee… Non, là stop ! Je vais déjà trop loin.

Ouais bon, on peut dire que ça s'annonce mal.

Mais, c'est rattrapable, non ? Je n'en suis pas au point d'en avoir des fourmillements partout.

Merde, je n'arrive même plus à penser correctement… Je suis… clairement… dans. la. merde.

Edward bouge légèrement afin de trouver une position plus confortable. Bee, comme un aimant, se déplace d'autant. Cela fait sourire Edward, qui fermant les yeux, pose un nouveau baiser sur ses cheveux. Il murmure. « Je crois que je t'aime aussi. ». Seul un soupir de contentement lui répond. Souriant encore, son étreinte se resserre autour de son ami.

C'est ce genre de moment qu'il a attendu toute sa vie mais qu'il ne parvenait pas à obtenir avec toutes ces filles, ni même avec Alice. Tout ce temps perdu à chercher quelqu'un qui l'aimerait vraiment… qu'ils soient amis puis amoureux… qu'ils comptent l'un pour l'autre comme personne… et que ce moment dure jusqu'au moment où ils cacheront leurs dentiers respectifs dans la maison où ils finiront leurs jours.

Depuis que Bee est dans sa vie, Edward reconnait que sa vision des choses a changé. L'idée qu'il se fait de son avenir, de ce qu'il a vraiment envie de faire…. Il se blottit un peu plus contre lui et fermant les yeux, il soupire. « Tu vaux bien plus que moi, Swan. ».

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Un téléphone se met à sonner et Bella reconnait la sonnerie de son portable dédiée à Rosalie. D'une main lasse, l'appareil est porté à son oreille. Même si ses yeux sont toujours clos, son esprit évacue rapidement toute trace de sommeil qui l'embuait. Quelques mots sont échangés. Principalement pour signaler le fait que la jeune femme a plutôt intérêt à rappliquer dare-dare jusqu'à la maison où son père l'attend patiemment.

Merde.

Levant ses bras au-dessus de sa tête, elle s'étire un peu, malgré le fait qu'elle soit si confortablement installée. Un petit soupir l'oblige à ouvrir ses paupières. Son téléphone tombe de sa main.

Comme figée, Bella réalise enfin où elle est. Ses bras retombent, ce qui provoque un nouveau grognement de la part du mec sur lequel elle est installée. Avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit, Edward lui saisit les poignets, empêchant qu'elle ne le frappe par mégarde. Sa voix est plus grave qu'à l'accoutumée.

« Salut. ».

Bella baisse les yeux vers leurs mains. Ses mains larges détiennent encore les siennes. « Cullen ? Qu'est-ce que tu f… ? ».

OK…. On se calme.

C'est un « Salut ! » timide et enroué qui s'échappe de sa gorge. Son cerveau semble avoir tilté dans le processus. Son esprit logique et pratique lui hurle de s'écarter de lui avec des néons fluorescents 'DANGER ! DANGER ! DANGER !' Tandis que ses hormones chantent à tue-tête 'It's Raining Men Alléluia !'. Elle essaie de se relever mais il la retient toujours, ses pouces caressant doucement sa peau, mais elle insiste. « Il… il faut que je rentre. Je suis déjà restée trop longtemps. ». Une fois debout, ses genoux menacent de la lâcher à tout moment. Bella se reprend et se dirige vers la salle de bains. Elle ne peut pas prendre sa moto dans de telles conditions.

Merde ! Purée, pourquoi est-ce que j'ai laissé ma moto au café ?

Laissant la porte entrouverte, elle s'asperge le visage d'eau glacée et soupire en remarquant les traces de fatigue sur son visage. Ces derniers jours ont été intenses et les suivants risquent d'être un tout autre challenge.

Elle écoute ce qui se passe dans la pièce à coté, et entendant le zap des chaines sur la télévision, comprend que son patron est occupé. Sa main glisse discrètement sous la triple épaisseur qui la recouvre, chemise, t-shirt et maillot de corps, afin d'accéder aux bandes qui compressent sa poitrine. La pression exercée par ces trucs est de plus en plus difficile à supporter.

Elle grimace sachant très bien pourquoi. Elle s'empâte. Ne courant plus partout à cause des différents jobs qu'elle avait et en plus de ses entrainements qu'elle manque régulièrement, son corps tente de reprendre ses droits et ses seins n'apprécient plus d'être tant comprimés.

La porte s'ouvre brutalement et Bella, comme prise en faute, croit sa dernière heure arrivée. Mais Cullen a la tête dans son t-shirt qu'il entreprend de retirer. Sans se tourner vers lui, elle demande. « Cullen, je peux savoir ce que tu fais ? ».

Il parvient à retirer le linge et d'une main, le jette en boule dans une corbeille à linge. « Je vais prendre une douche. ».

Bella apprécie le reflet qu'elle voit dans le miroir. Il sourit et l'observe tout autant. Elle grommelle. « C'est vraiment pas juste. Vraiment pas juste. ».

Edward baisse les yeux, cherchant quelque chose sur son corps qui aurait pu l'offenser et dit en plaisantant. « Tu veux peut être une photo ? Ça te durera plus longtemps. Quoi que non, tant que c'est toi, ça ne me dérange pas. ».

Il est grand et longiligne et ses muscles sont fermes, pas clairement dessinés mais bien présents. Sa peau est pâle et sans défaut, normal pour un mec qui n'en glande pas une. Des veines, à peine visibles, courent le long de ses bras, jusqu'à ses épaules larges, où elles ne sont plus que de simples lignes bleutées. Un léger duvet court sur son torse et descend jusqu'à la ceinture de son pantalon. Il se déplace avec grâce et cette aura de perfection qui le caractérise attire l'attention, bien que son attitude semble généralement hautaine et inaccessible.

Elle reste fixée sur lui, au moyen du miroir, comme si ce contact visuel indirect lui permet un courage qu'elle n'a pas. Sa bouche est sèche quand elle se moque. « Purée… Je ne sais pas pourquoi tu prends le temps de porter des vêtements. ».

Il rigole, tapant du plat de sa main sur son ventre. « Pour éviter que les femmes ne bavent devant moi et que leurs mecs me tombent dessus par jalousie. ».

Bella pose ses mains sur la vasque et continue de le mater. « Sans vouloir en ajouter à ton égo déjà surdimensionné…. Tu sais, ça marche dans les deux sens. ».

Un grondement se fait entendre derrière elle. « Qu'est-ce que tu veux insinuer par-là, gamin ? ». Edward s'approche et pose sa main sur sa hanche, l'obligeant à lui faire face. Ensuite, il dégage sa frange qui lui cache une partie du visage.

Elle se mord la lèvre avant d'éclater de rire mais se tait quand elle suit le mouvement de ses yeux verts. Ils descendent et insistent sur ses lèvres avant de suivre le mouvement de sa gorge qu'elle racle pour cacher sa gêne. « Il faut que je rentre. Tu me ramènes au café ? ». Le bout de ses doigts frôle son nombril, faisant délicatement le tour de l'appendice.

« Hum… Je voulais prendre une douche mais dans ce cas… Je vais me préparer, ok ? ». Edward reste tout contre elle, un moment, cligne des yeux comme s'il sortait d'une hypnose puis sort précipitamment de la salle de bains, une main passant nerveusement dans ses cheveux et maugréant des propos que seul ce mec peut comprendre.

La jeune femme reste surprise par sa soudaineté mais se dit que c'est surement pour récupérer un quelconque vêtement afin de recouvrir son corps d'éphèbe. Elle soupire, ses nerfs mis à rude épreuve, et soulagée que le charme soit rompu. Il l'interpelle quand il est prêt à partir. Alors qu'ils sortent de l'immeuble, la jeune femme se fait un sermon interne.

OK… Donc, Bella ma grande, je compte sur toi pour contrôler tes hormones de gamine jusqu'au café, tu me feras plaisir… On ne touche pas le Cullen ! Polie et civilisée, bien ! chaude, pas bien !

Quelques minutes plus tard, dans un silence presque confortable, chacun descend de la Volvo. Bella avance jusqu'à sa moto et son patron l'accompagne, la suivant de plusieurs pas en retrait. Juste avant qu'elle n'enfile son casque, il demande. « Est-ce que tu veux que je te suive ? Tu me parais assez fatigué pour t'endormir sur la route… Je serais plus rassuré si je te vois passer la porte d'entrée. ».

Reposant le casque sur son siège, Bella desserre les sécurités installées sur sa moto et secoue sa tête, écartant un peu plus sa frange. « J'apprécie l'offre… ». Sa main insère la clé dans le démarreur et le tableau de bord s'illumine. « … Mais, je pense que ce n'est pas le meilleur moment pour te présenter le Winchester de mon 'daddy'… ». Elle lui offre un grand sourire. « Mais, je peux toujours lui donner ton numéro, histoire qu'il discute avec toi des horaires abusifs que tu me fais subir. ». Elle lève un sourcil, tapant son doigt sur le menton d'Edward. « Ou si tu as un gilet pare-balles, tu pourrais passer la nuit chez moi ?! ».

Il demande, levant un sourcil. « Et où est-ce que je dormirais Bee ? ».

« Ce n'est pas bien grand, alors surement… Dans la cour, près de ma moto. ». Son rire est soudain communicatif, au point que des piétons, marchant pas loin, se retournent, souriant à leurs tours. « Tu ne crois tout de même pas que je vais te laisser de la place dans mon lit ? ».

La main d'Edward lui attrape le menton. Il sourit et ses pupilles sont étrangement dilatées, accentuant le vert de ses yeux. « Toutes ces insanités qui sortent de cette bouche alors qu'elle pourrait… ».

Elle plisse ses yeux. « Elle pourrait ?... Monsieur Cullen, serait-ce une proposition indécente qui se formule à l'horizon ? ».

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Edward ne comprend pas pourquoi la Terre ne s'est pas encore ouverte sous ses pieds. Aussitôt dit, son visage prend une teinte pivoine alors que la respiration de Bee est brutalement stoppée. « Nan… Enfin… Je veux dire… ». Il ne parvient pas à finir surtout lorsque ses yeux se baissent vers les lèvres de son employé et qu'ils savent tous les deux vers quelles sphères son lapsus les entrainent.

Qu'est-ce que je suis en train d'insinuer là ? Putain, je ne filtre plus mes propos ou quoi ? Puis, merde, je n'ai plus quinze ans, je peux dire ce genre de chose sans rougir !

Il finit par se reprendre. « Hum… On se voit demain ?! ». Reculant d'un pas, comme s'il risquait de se brûler, Edward préfère ne pas creuser un peu plus le sujet, enfin pour le moment.

Bee n'abandonne pas pour autant, un sourire machiavélique inscrit sur son visage. Il tape de ses doigts sur le torse de son patron, le distrayant de ses tourments. Son pianotement est régulier, marquant un tempo connu seulement de lui. Le bout de sa main descend ensuite doucement, suivant le graphisme imprimé de son t-shirt, pour marquer une courte pose autour de son nombril, exactement comme leur épisode dans la salle de bains.

Au travers du tissu, sans jamais faire un geste déplacé, Bee parvient à provoquer une tension plus que palpable. Comme si c'était la chose la plus naturelle du monde, il glisse sa main sur sa hanche et continue de frôler sa peau en dessinant des arabesques brûlantes.

La voix de son employé, habituellement mélodieuse… bien trop d'ailleurs au point de se demander s'il a vraiment mué un jour… est suave quand il lui susurre « Ouais…. ». Il rapproche son visage du sien. « Demain… ». Sa main remonte maintenant jusqu'au torse de son patron pour y prendre appui et il se redresse au possible, afin que ses lèvres effleurent sa joue. « Bonne nuit, Cullen. ».

L'impertinence de ce gamin n'a pas de limite.

Un conflit s'impose dans son esprit. Edward plante fermement ses mains dans les poches de son pantalon pour l'empêcher d'attraper son ami et de le projeter sur la surface plane la plus proche afin de l'embrasser sans vergogne. Et cela, il faut bien le reconnaitre, arrive de plus en plus souvent.

Le portable de Bee retentit une nouvelle fois, et sans même décrocher, ils savent que leur soirée est terminée. Ce rappel à l'ordre semble être une douche froide dans le comportement de Bee. « Merde. Faut que je me bouge. ».

Sans demander son reste, ni être perturbé par l'état catatonique d'Edward, il grimpe sur sa moto et passe son casque sur sa tête, disposant dessus ses mains, à plat, afin de le glisser plus aisément. « A demain patron ! ». La moto démarre furieusement et d'un geste de la main, il lui dit au revoir avant de filer.

Edward reste là quelques instants, sans bouger. Son estomac semble fêter le 4 juillet par un festival de feux d'artifices. Ses dents mordent furieusement sa lèvre inférieure et son cœur bat la chamade, chargé à bloc malgré l'heure tardive.

Fuck ! Ok, il semble que je sois passé du côté obscur de la force.

Mes parents vont me tuer…

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Le portable de Bella vibre sur le rebord de sa table de chevet. Apercevant la lumière de son écran au loin, elle sort de la salle de bains en courant. Agrippant sa serviette éponge qui entoure son corps, elle saute au-dessus de son lit et stoppe net devant le téléphone. D'une main hésitante, la jeune femme le saisit et scrute l'écran, essayant tant bien que mal de s'empêcher de sourire.

Edward.

Faisant les cent pas dans le peu de place que lui offre sa chambre, elle s'interroge. « Combien de temps dois-je attendre avant de répondre ? Merde Rosie, pourquoi tu n'es jamais là quand j'ai besoin de toi ? ».

Ça fait mille ans que je n'ai pas eu un mec… Je connais plus les codes… Bon, ce n'est pas comme si il était officiellement mon petit ami, non plus.

Elle finit par appuyer sur le bouton vert et retient son souffle…

Quelques minutes plus tard, la jeune femme se surprend encore à sourire, à en avoir une crampe à la mâchoire. Bien que leur conversation ne vole pas très haut et soit guimauve au possible, elle est ravie d'une telle intimité. Bella reste en serviette, allongée sur son lit, savourant l'instant.

Tu es bien rentré ? Oui et toi ? Bien… Oh tant mieux… et là, tu fais quoi ? Bla Bla Bla… à la limite du c'est toi qui raccroche, non c'est toi, non c'est toi… Mais en même temps, que raconter à quelqu'un avec qui tu passes déjà toutes tes journées ?

Pourtant, sa conversation avec Cullen semble sans limite. Ils se mettent à raconter des souvenirs honteux de leurs années de lycée et Bella éclate de rire à plusieurs reprises. Ses pieds battent frénétiquement le matelas au point que sa sœur monte jusqu'à sa chambre pour s'assurer que tout va bien.

Rosalie referme la porte, secouant sa tête devant un tel comportement. Bella reste prise dans sa conversation, sans même un coup d'œil vers elle. « Des cicatrices ? ». Se rappelant de la vie tourmentée qu'elle a eue avant d'arriver à Seattle, elle dit doucement. « J'en ai quelques-unes en effet, mais rien de dramatique… Et toi ? ».

'Mon dieu, c'est embarrassant… Deux croissants de lune sur la fesse gauche…'

Elle sourit quand son patron éclate d'un rire gênant. Interloquée au point de se redresser, elle répète. « Sur la fesse gauche ? Sérieusement, une fille t'a mordu assez fort à cet endroit pour laisser une marque cinq ans après ? C'est flippant, non ? ».

Quand il ne veut en dire plus sur cette relation limite SM, Bella retombe lourdement sur son lit, ses cheveux formant un halo sur son oreiller. « Je pense sérieusement que je pouvais me passer de ce genre d'information… Oui, je n'aurais pas dû te retourner la question. ». Elle se retourne, remontant un peu la serviette qui menace de la découvrir. « Je voulais en savoir plus à ton sujet… ».

'Vous êtes adorable pour un petit voyou, Bee Swan…'

Ils continuent à discuter, s'interrogeant sur l'utilité du bal de promo, soirée ringarde qui souvent ne sert à rien d'autre que de délimiter une date ultime pour perdre sa virginité.

Elle se mord la lèvre, regrettant déjà la réponse qu'il risque de lui fournir. « Bon cette cicatrice… C'est arrivé comment ? ».

Le téléphone manque de lui tomber des mains tant le rire d'Edward est bruyant et inopiné. Elle rougit en écoutant sa réponse.

'J'ai menti. Ma peau est aussi parfaite que le jour de ma naissance où la sage-femme a osé mettre une claque sur mon petit derrière rose.'

Crétin !

« Putain Cullen, je ne sais pas ce qui me retient de te… ». Un soupir arrête sa diatribe. Elle demande, presque inquiète. « Qu'est-ce qu'il y a ? Tu es fatigué, peut-être ? ».

'Non, tu me manques…'.

Bella sourit comme la dernière des demeurées en plongeant sa tête dans son oreiller. Elle la relève et dit, retenant comme elle le peut ses zygomatiques. « On était ensemble, il y a moins d'une heure de cela. Puis, on se voit encore plus longtemps demain. ». Elle soupire à son tour. « Est-ce qu'on va tenir une journée sans se disputer maintenant ? ».

'Oui… Enfin, je pense que oui.'

« On se voit. On se dit bonjour… En se serrant la main… ».

'On peut même tenter de discuter mais je ne suis pas sûr de tenir sans me jeter sur toi…'.

« Tu crois ? Ça ne serait pas très correct vis-à-vis de la clientèle… Dans ce cas, on peut se voir avant ?! Enfin, si ça te dit. ».

'C'est une très, très bonne idée…'.

Sa main saisit le t-shirt 'Forks Police Dpt Propriety', souvenir de l'ancien travail de son père, et retire la serviette humide qui commence à être sacrément inconfortable. « Je dois finir de m'habiller. On se voit demain ? ».

'Non, parles moi encore un peu…'

Sentant qu'Edward ne semble pas prêt à dormir, la jeune femme lui demande quelques instants. Le téléphone posé sur sa table de chevet, elle enfile, en quatrième vitesse, le t-shirt qui lui sert de pyjama.

Allongée sur son lit, elle saisit le téléphone et s'excuse de l'attente.

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Edward sait qu'il aura beaucoup de mal à dormir cette nuit. Sa relation avec Bee a pris une tournure auquel il ne s'attendait pas. Ce n'est pas tous les jours que tu penses être sérieusement attiré par quelqu'un du même sexe, ni même du sexe opposé dans son cas. Ou du moins, que tu partages un sentiment si fort, qu'il dépasse le cadre de la simple amitié.

Dans son séjour, aux lumières éteintes, il s'allonge sur son canapé, seulement éclairé par la clarté diffuse de la télévision. Le son est coupé car il est uniquement concentré par la voix ensommeillée de Bee qu'il retient au téléphone.

Mais, au bout d'un moment, Bee est obligé de raccrocher. Rosalie l'appelle car leur père souhaite discuter et il a bien peur que cela ne dure un bon moment.

Se demandant pourquoi les parents de son employé semblent si protecteurs avec leur fils, Edward réalise qu'il faudra attendre le lendemain pour répondre aux autres questions qui le minent.

Une fois son téléphone posé à terre, il passe son avant-bras au-dessus de son visage et le pose lourdement sur ses yeux.

Sa conversation avec Zafrina puis sa soirée avec Bee lui ont permis de réaliser combien son ami compte pour lui. Mais qu'en est-il de ses convictions ou de la réaction de son entourage face à cette nouvelle ? L'euphorie de ces dernières heures se dissipe peu à peu laissant place à une chaleur qu'il n'a que rarement connu auparavant. Perdre Bee est hors de question mais…

Et maintenant ? Qu'est-ce que je fais ?

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Bella pose son téléphone brutalement sur sa table de chevet. Elle marmonne. « Je crois que mon cœur va exploser. Ouah, juste ouah ! ».

Rosalie est appuyée contre l'encadrement de la porte. Ses bras sont croisés et elle inspecte ses ongles, faisant mine de ne pas être concernée avant de maugréer. « Il faut vraiment que tu lui dises la vérité. Tu ne penses pas que cela a assez duré? ».

Bella se lève difficilement et la rejoint pour retrouver leur père dans le séjour. Eteignant la lumière de sa chambre, elle soupire. « Oui, putain. Oui, je sais. ».

Mais, j'ai tellement peur de sa réaction….

Sa sœur l'attrape par le cou et l'entraine en direction du séjour. « Allez, oublie le pour l'instant. Papa veut nous parler et… ». Elle lève sa montre à leur hauteur et grimace à la lecture de l'heure tardive. « … Vu qu'il veut une réunion au milieu de la nuit, ça promet d'être dingue. ».

Moins de cinq minutes plus tard, un autre tracas prend les sœurs Swan de court. Charlie annonce son intention de repartir vivre à Forks, avec leur mère.

À cette nouvelle, Bella saisit vivement la main de Rosalie, ne sachant comment elle va encaisser le coup. De l'eau a coulé sous les ponts depuis leur départ précipité mais d'une plaie, même refermée, reste une cicatrice difficile à oublier.

Avant qu'elles ne puissent réagir, leur père continue. « N'ayez aucune inquiétude, on ne vous demandera jamais de partir avec nous… à moins que cela ne soit votre choix. Je sais que vous avez réussi à faire quelque chose de vos vies ici et nous ne souhaitons pas perturber cela. Ici… ». Son regard fait le tour de la pièce. « … Ce n'est pas bien grand pour quatre mais bien aménagé et une fois toutes les conneries de votre mère dans des cartons, vous pourrez en faire quelque chose de bien plus confortable. ». Il pose une main compatissante sur celles de ses filles. « Vous êtes indépendantes et méritez largement de ne plus supporter le poids de la présence de vos parents. ».

Bella demande. « Mais, comment est-ce qu'on va faire ? Enfin je veux dire… ». Elle envisage déjà l'idée d'être obligée de gérer le budget familial, déjà serré à l'extrême, dans deux maisons au lieu d'une, avec une mère aussi incontrôlable que ses frénésies dépensières.

Quoi qu'à Forks, il n'y a pas assez de magasins pour qu'elle puisse pêter la MasterCard en toute occasion…

Charlie comprend ses doutes. « Avec notre maison là-bas, nous n'aurons pas de loyer à payer et le vieux Harry Clearwater m'a proposé un boulot. ».

Rosalie, qui ne disait rien jusque-là, exprime un souci que sa sœur n'aurait jamais exprimé à voix haute. « Et Maman ? Comment-a-t-elle prit la nouvelle ? ».

« Elle est enthousiaste depuis qu'elle sait que Madame Randall prend sa retraite à la rentrée prochaine. ».

Les filles pouffent de rire. « Tu veux dire que maman va travailler à Forks High ? Sérieusement ? ».

Charlie ne sait s'il doit défendre l'honneur de sa femme ou rire avec ses enfants. « Qui aurait cru que toutes ces années à nous martyriser avec toutes ses lubies créatives finiraient par porter ses fruits ?! ».

Ils plaignent déjà silencieusement les futurs élèves, mais il faut reconnaitre que l'idée de Renée en professeur d'arts plastiques est parfaite, vu toutes les phases qu'eux ont dû supporter…. Peinture, poterie, macramé, mais aussi théâtre, poésie et j'en passe.

Tous trois éclatent de rire et les filles finissent dans les bras de leur paternel. Rosalie baille à s'en décrocher la mâchoire, puis dans une dernière embrassade, retourne se coucher.

Au moment où elle quitte ses bras, Charlie retient Bella par le poignet, l'obligeant à rester près de lui. Il la presse, inquiet. « J'espère que tu comprends ma décision… ». La jeune femme hoche la tête positivement.

Il continue. « Cela fait plusieurs nuits que tu rentres tard…. Je suis peut-être un vieux con mais, tu peux toujours venir me parler, n'est-ce pas Bella ? ». Il soupire, passant une main lasse sur sa moustache grisonnante. « Je sais que je suis loin d'être le meilleur des pères mais je vois bien quand quelque chose ne tourne pas rond. ».

Bella sourit. « Non, ne t'inquiètes pas. Tout va bien. ». Elle pose sa main sur celle de son père. « C'est juste qu'en ce moment, j'ai une vie un peu stressante. C'est tout. ».

Il se lève avec difficulté, ses muscles et ses os raidis par la fraicheur de la nuit et récupère un journal à proximité. Son air renfrogné montre qu'il ne la croit pas vraiment. Passant sa main autour des épaules de sa fille, il dit doucement. « Est-ce qu'il y a quelqu'un à éliminer ? Tu sais que j'ai encore mon arme quelque part…Je dois être rouillé mais s'il est assez près, boiteux et pas trop rapide… Tu n'es plus obligée de porter le poids du monde sur tes épaules. ». Bien que cela soit sur le ton de la plaisanterie, Charlie sait que sa petite dernière est largement capable de maitriser quelqu'un. Surtout que jamais ses filles n'ont dit quoi que ce soit sur la raison de leur départ précipité de Forks. Alors qu'il était chef de la police, il sait juste qu'il a été poussé à démissionner de son poste afin d'éviter que sa cadette aille en prison après une altercation violente avec le fils du Sénateur King.

Bella sourit, posant sa main sur le torse de son père. « Nan, ça va. Mais merci pour ton offre. Je garde ça en tête. ».

Il se racle la gorge, pour dissiper l'ambiance tendue. « Bien… Alors qui est ce jeune homme ? ». S'asseyant sur son fauteuil habituel, sa main incite sa fille à s'assoir près de lui.

Elle s'exécute mais grimace à l'idée de la conversation qui va suivre. « Mon patron. ».

Charlie hoche la tête. « Mmmm… Le petit Cullen… Oui, Billy m'a parlé de lui… En fonction des jours, ce gamin passe du crétin absolu au gendre idéal… ».

Bella sourit doucement, l'air rêveur. « Oui, c'est cyclique… Je ne sais pas si j'arriverais à le cerner un jour. ».

Un sourcil se perche sur le visage de son père. « Est-ce qu'il sait que tu es une fille ? ».

Prenant appui sur l'accoudoir sur lequel elle est assise, sa tête se penche, cachant son visage avec sa frange. « Non…. Je vais lui dire demain ou peut être un peu plus tard... ». Ses épaules s'affaissent. « Mais, j'ai peur de sa réaction, papa. ».

Il présage déjà les difficultés auxquelles son enfant s'expose. Charlie prend Bella dans ses bras un instant, avant qu'elle ne se relève pour aller se coucher à son tour.

C'est bien sa petite dernière, elle est de tous les combats, même ceux perdus d'avance. Comme le disait si bien Billy, Rosalie était de celles qui croient aux princes charmants qui viennent clamant leur amour sous la fenêtre, tandis qu'Isabella serait plus la princesse qui terrasserait chaque dragon qui oserait se dresser sur son chemin, sans peur, ni regret, disant au prince de bien garder les mômes en attendant que maman rentre au château.

Reprenant son journal sportif, Charlie se plonge dedans, laissant ses filles se débrouiller avec leurs affaires de cœur… Les chevaux, les matchs de foot et de baseball, au moins, ne font pas dans le sentiment.

Bella se couche dans son lit, sentant, avec plaisir, son corps se détendre à mesure que le sommeil la gagne. Retourner à Forks est totalement hors de question. Outre le fait que cette ville est un trou perdu, où le nombre de vaches dépasse largement le nombre d'habitants et qu'elle représente un passé, maintenant révolu, il y a son boulot, ses amis et surtout, surtout un certain Edward Cullen. Même s'il s'avère que ses parents ont besoin d'elle, la jeune femme est certaine qu'elle trouvera une solution pour arranger tout le monde. C'est ce qu'elle a toujours fait.

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Je tiens à remercier vivement Daria Dazzling, Spuffygirl Quatre-vingt Douze et LyraParleor Fanfic pour leur relecture et leurs conseils.

N'allez pas me crever les pneus tout de suite car ce chapitre est divisé en deux, je ne suis pas encore assez sûre de moi pour publier tout d'un coup…

De nombreuses révélations auront lieu dès le prochain chapitre…

Aussi, je tiens réellement à remercier toutes les personnes qui m'ont incitées à reprendre l'écriture en review ou mp !

N'oubliez pas de me laisser un petit message, pour me dire si ça vaut le coup de continuer et encore désolée pour l'attente !

À bientôt !