Coffee Prince « Café des Princes ».
Twilight, à S. Meyer & The 1st Shop of Coffee Prince, à Lee Sun Mi
Création de Selina Lex
Chapitre 23
Gingerbread Latte
Ne sachant même pas comment il est parvenu à rentrer chez lui, Jasper est complètement chamboulé. Bien qu'il soit apparu couillu face à sa mère biologique, il n'en mène plus très large maintenant que cette épreuve est passée. D'un pas traînant, ses mains retirent machinalement sa veste, sa chemise puis son jeans avant de franchir les quelques mètres menant à sa chambre.
« Je suis Jane. ».
Jane ?!
« Ta mère. ».
Ma mère ?!
L'aîné des frères Cullen, se tient distraitement sur l'accoudoir d'un des fauteuils de la cafétéria du studio, face à une femme, d'un certain âge, particulièrement classe et distinguée mais sans une once de cette douceur maternelle qui émane naturellement d'une femme dévouée à sa famille, comme Esmée. Ou peut-être est-ce parce qu'elle part avec un certain handicap ?
Cela fait déjà un moment qu'il l'observe et le jeune homme ne comprend toujours pas pourquoi est-ce que Jane se présente à lui. Il lui pose franchement la question. « Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi clamer être ma mère, alors que tu n'as jamais donné signe de vie ? Surtout après m'avoir laissé dans un putain d'orphelinat. ».
Son corps tombe lourdement sur son lit et Jasper finit par saisir sa couette afin de s'enrouler dedans, souhaitant disparaître dans le cocon qu'il vient de se créer.
Après une nuit agitée et on peut dire merdique, le jeune homme prend le temps d'enfiler un jogging et marche pieds nus jusqu'à l'entrée de la maison, Aro trottant joyeusement à ses côtés. Il fait sortir son chien dans le jardin, n'ayant pas la motivation de lui faire sa promenade quotidienne.
Avant d'atteindre la cuisine, ses idées sombres prennent encore le dessus. Jasper prend appui contre un mur quand il est pris de nausée et dans un équilibre précaire, il se laisse glisser au sol.
La main de Jane se resserre sur le tissu de sa jupe. « Je… Je suis… désolée ? ».
Jasper soupire et sourit doucement devant ce manque de sincérité flagrant. « Ne t'excuse pas. Je ne désire vraiment pas entendre ça. ». Le jeune homme est ravi de se rendre compte qu'il est assez fort pour supporter ce genre d'épreuve. « J'avoue que durant un certain temps, je me suis pas mal remis en question… Est-ce que je ne méritais pas l'amour de ma propre mère ? ». Il gronde presque. « J'avais une telle colère en moi. Je l'ai retournée contre ma propre famille, accusant mon père, ma mère et même mon petit frère d'être la cause de cet abandon. J'ai détesté Carlisle, si longtemps… Si intensément, que j'ai souvent pensé à quitter ma famille. ».
Sa main saisit une petite bouteille d'eau et le jeune homme en boit une gorgée avant de continuer. « J'ai fugué, tu sais ?! Après avoir surpris une conversation entre mon père et Maître Jenks, son avocat… Il disait avoir retrouvé ta trace à l'autre bout du pays, à Austin… Je suis parti le soir même… j'ai traversé plusieurs états avant de me retrouver, sans un rond, au Texas. J'ai rencontré d'autres gamins perdus et c'est là… Que j'ai fini par ouvrir les yeux. ».
Jane porte son gobelet de café jusqu'à ses lèvres mais reste justement suspendue à celles de son fils. Il appuie une de ses paumes contre un œil. Pour y retirer une larme naissante ou juste de la fatigue, elle ne parvient pas à distinguer.
« J'y ai fait la connaissance de certains de mes meilleurs amis actuels. Alors que je me plaignais, contant ma quête pour retrouver ma véritable mère… Ils m'ont fait comprendre, je dirais même réaliser la chance incroyable que j'ai eue jusque-là. Comment est-ce que je pouvais me plaindre alors que l'un était baladé de foyer en foyer, qu'un autre était battu régulièrement par son père alcoolique tandis que les filles se démenaient pour ne pas sombrer dans la prostitution… Je ne te reproche rien, sachant qu'il faut être deux pour danser le tango, et j'ai détesté mon père pour cette aventure. ». Les jolies boucles, d'un blond plus sombres que Jane, ornant la tête du jeune homme, se secouent doucement. « Mais pas pour le fait de ne pas avoir assumé son rôle envers toi…non, c'est surtout qu'il a été faible au point de trahir cette femme que j'admire plus que tout. Esmée. ».
Un rictus malsain apparaît sur le visage de Jane. Même son propre fils. Cette garce d'Esmée a réussi à tourner son propre fils contre elle. « Tu ne sais pas ce que je vivais à l'époque… Je ne pouvais pas te garder auprès de moi… ».
Le jeune homme lève sa main pour stopper sa diatribe. « Arrête tout de suite. Je connais tous les détails écœurants de ma venue au monde. Maître Jenks m'a tout raconté. Mon père te versait largement assez pour t'entretenir mais tu as préféré cette vengeance stupide et cruelle en m'abandonnant dans un putain d'orphelinat ! C'est Esmée qui m'a retrouvé et m'a accepté en m'élevant comme son propre fils. Et même maintenant, elle me porte autant d'amour qu'elle en a pour Edward. ».
Sa mère renifle de dédain. « C'est ce que tu crois ! Ces gens ne t'accepteront jamais comme un des leurs. Je ne sais pas comment tu peux supporter cette situation. ».
Le couple reste silencieux un instant jusqu'au moment où il finit par dire. « Que je sois un Cullen ou pas n'importe que peu… je sais que je suis le fils d'Esmée et c'est tout ce qui compte. ». Il fouille dans un tiroir à proximité et en ressort un petit livret. Montrant clairement qu'il s'agit d'un chéquier, il soupire. « Alors ? Combien de zéro dois-je faire sur le chèque pour que tu sortes de nos vies ? ».
Il n'est peut-être pas un Cullen pur-sang, mais Carlisle lui a bien appris la leçon.
Le temps passe. Jasper remarque le soleil qui avance doucement sur le sol, mais n'a point l'intention de bouger. Le grattement des griffes du chien est de plus en plus bruyant mais il n'a aucune énergie. Soudain, des jappements joyeux se font entendre, puis quelqu'un tape à la porte avant d'en passer le seuil. La tête mutine de Bella apparaît. « Alors ? Est-ce que tu m'as oubliée ? Ça fait un quart d'heure que je me gèle les miches dehors… On devait promener Aro ensemble, tu te rappelles ? ». Elle comprend vite que quelque chose ne va pas quand elle retrouve son ami, assis par terre, les bras posés sur ses genoux relevés et, pour accentuer le tout, les yeux rouges sur sa mine déconfite. Refermant la porte doucement derrière elle, la jeune femme avance prudemment vers lui. « Merde, qu'est-ce que tu as ? Qu'est ce qui se passe ? ».
Maintenant qu'Aro a pu franchir l'obstacle qui le séparait de son maître, il vient s'installer à ses pieds, couchant lourdement sa tête tout contre lui. Des glapissements pitoyables s'échappent de sa gueule alors qu'il tente de lui lécher la main.
Son ami fronce les sourcils, répondant à son chien en le caressant entre les deux oreilles. « Hum… Je suis désolé… Je n'ai pas vraiment envie de sortir. Je crois même que je vais rester chez moi jusqu'à la fin des temps. ».
Elle s'assoit à côté de lui, grimaçant une fois à terre. « Et qui est-ce que tu évites ? Des créanciers ? Une femme bafouée ? Un taulard en manque ? ». Faisant mine d'être paranoïaque, elle montre les fenêtres. « C'est le FBI, c'est ça ? ».
Comme d'habitude, elle parvient à le dérider. Il passe une main lasse dans ses cheveux « T'es con. ». Semblant prendre son élan, sa voix est enrouée quand il avoue. « Ma mère… Ma véritable mère est venue me voir aujourd'hui. ».
Bella pose sa main sur le genou de l'aîné des Cullen. « OK…. Et, donc qu'est ce qui te travaille autant ? ».
Doucement, il se laisse amadouer. Ils croisent leurs doigts et la pression qu'elle exerce le détend peu à peu. « Je ne sais pas. J'ai attendu ce moment toute ma putain de vie et là… Rien. ».
La jeune femme hausse les épaules devant cette humeur maussade mais ne lâche pas l'affaire pour autant. « Est-ce que tu veux en parler ? ».
« Non, pas vraiment. ».
Bella hoche la tête, dépitée. « Je peux comprendre. Qui aurait besoin de se soulager la conscience. Ce genre de situation, c'est assez banal. ».
Les lèvres de Jasper se pincent, amusé par l'ironie de la jeune femme. « Ouais, c'est tellement surcoté. ».
Elle renchérit. « Ce n'est pas comme si ça aidait. C'est considérablement plus efficace de tout garder pour soi. Je plains déjà la victime de ton courroux quand tu vas finir par exploser et tuer la personne aura pris ta place de parking. Je te préviens, si on doit cacher un corps, c'est toi qui creuse. Je suis musclée mais j'ai des limites… ».
Là, le sourire que le jeune homme retenait finit par s'inscrire sur son visage. Même si son regard reste encore sombre, son amie sait qu'il a déjà fait la moitié du chemin.
Jasper soupire et finit par sortir ce qui le mine encore. « Je ne sais pas pourquoi cela me fait aussi mal… Je savais quel type de femme est ma véritable mère. Je le sais depuis des années maintenant…. Mais cela n'enlève rien à ma douleur. ».
Bella demande d'une voix râpeuse. « Comment ? Pourquoi maintenant ? Je n'imagine pas Carlisle et Esmée dévoilant leurs petits secrets honteux lors du brunch dominical… ».
Il soupire, se plongeant dans un souvenir. « C'était lors d'un de ces brunchs justement. J'étais déjà ado et je suis tombé d'un arbre alors que je tentais de récupérer un ballon pour Edward, il me semble ou une connerie de ce genre... ». Sa main glisse sur son genou, dévoilant une cicatrice, d'un rose poudré, partant de son poignet jusqu'à son coude. Bella passe doucement ses doigts dessus. « Je ne me suis pas raté en tombant et on a dû filer dans la clinique la plus proche. Mon père était encore absent. Je me vidais de mon sang et… J'ai eu besoin d'une transfusion et c'est là que j'ai appris que ni ma mère, ni mon petit frère n'étaient compatibles. Après, il ne faut pas grand-chose pour relier les points. ».
Bella se tourne un peu, pour lui faire face et se presse contre lui. Ses bras l'entourent afin de lui offrir un peu de tendresse, serrant si fortement qu'il se demande si elle a l'intention de le tuer ou de le réconforter. Au bout de quelques instants, un de ses bras finit par y répondre, s'appuyant contre la jeune femme et l'attirant un peu plus tout contre elle. Toute chaleur, aussi meurtrière soit-elle, est bonne à prendre. « N'oublies pas que je suis toujours là pour toi. ». Bella se blottit un peu plus, sa tête s'immisce dans son cou alors que les doigts de Jasper jouent avec ses cheveux. Quand elle finit par se relever un peu, les joues rougies par leur promiscuité, ses yeux sont brillants mais tournés vers un autre coin de l'entrée. « Putain Jasper… D'où il sort ce tableau ? ».
Il suit son regard et voit ce qui a attiré son attention. « Ah ça ? C'est un client qui me l'a offert. Vu qu'il manque cruellement de talent dans la musique, il a décidé de se lancer dans la peinture. J'ai dû le ramener ici vu que les autres ne veulent pas le voir dans le studio. ». Dans sa compassion légendaire, un léger soupir s'échappe de sa gorge. « Je ne sais pas si c'est un cadeau ou une punition. ».
Bella éclate de rire. « C'est immonde et je pèse mes mots… ». Elle finit par se relever, pour admirer l'œuvre accrochée au mur et ne se retourne pas lorsqu'il s'approche aussi. La chaleur qu'il dégage est réconfortante.
Jasper lève un sourcil. « Ah oui. Je reconnais que ce n'est pas terrible. ». Il soulève le cadre et le place dans un autre sens. Son index et son pouce placés sur son menton accentuent son air penseur. « Est-ce que c'est mieux comme ça ? Peut-être que c'est une question de perspective… ».
La jeune femme saisit la toile avant de la poser à terre, dessin contre le mur. « Merde Jasper, tu vois toujours le bon côté des choses. Là ! Là oui. Je le préfère ainsi. Et porte plainte contre ce mec... pour harcèlement moral ou un truc du même genre. ».
Jasper laisse échapper un rire devant tant d'enfantillage. Bella souligne. « Je sais déjà ce que tu peux écrire sur la carte de remerciement. ».
« Hum… Je t'écoute. ».
Elle fait mine d'écrire sur sa main avec une plume imaginaire. « Je tiens à vous remercier de cette œuvre. Je suis certain que nous trouverons l'emplacement idéal pour la mettre en valeur, que ce soit la cave, le grenier ou mon garage. ».
À ces mots acerbes, Jasper éclate de rire. Comme d'habitude, Bella a parfaitement réussi à lui faire oublier ses soucis. Elle est incroyable comme ça.
xoxo
Ils discutent encore un peu avant de sortir de la maison. Bella regarde sa montre et soupire. « Tu sais que j'ai promis à ton frère de passer chez lui avant le boulot et… Maintenant, je me demande si je ne vais pas plutôt rester avec toi. ».
Le jeune homme sourit. « Nan, ne t'inquiètes pas pour moi. Je pense que la crise est terminée. Puis, qu'est-ce que tu ferais de ta journée ? ».
Bella ricane. « Rien que te suivre comme une ombre et baver telle la fan girl que je suis. Enfin, si tu prends le temps de retirer ce t-shirt que tu as osé mettre en sortant. ».
S'esclaffant, il répond. « Tu veux une photo peut être ? Ça te durera plus longtemps. ».
Elle répond encore plus vite. « Purée, les frères Cullen et leurs égos surdimensionnés… Honnêtement, je préférerais un enregistrement audio car j'aime tellement ta voix que je pourrais juste t'écouter lire les pages de l'annuaire… Mais une photo…. Mmmm, une photo… Je pense que tu ferais un bon acteur pour mes rêves salaces… ».
Jasper demande. « Je ne sais pas si tu es juste dingue ou très drôle…. Pourquoi est-ce que je ne t'ai pas rencontré plus tôt ? Plus le temps passe et plus je me dis qu'on aurait dû tenter notre chance ensemble. ».
Bella pouffe de rire et s'évertue à lui shampouiner la tête bien qu'il soit plus grand qu'elle. « Okay, arrête de raconter des conneries plus grosses que toi !… Quand est ce qu'elle rentre Angela ? Là, je sens le manque d'activités 'charnelles' qui te monte à la tête…. Puis, même si on s'était rencontré plus tôt, cela n'aurait rien changé ! ». La jeune femme saisit sa main et pose un baiser dessus. « Tu ne te serais même pas retourné. Tu n'avais d'yeux que pour Alice. Comme on dit… un ennui à la fois, chéri car si tu en as trop d'un coup…».
Le musicien passe une main lasse dans ses cheveux. « Ouais, je sais. Mais, Angie est encore je ne sais où, à l'autre bout du pays et, avec sa patronne tyrannique, j'ai bien peur qu'on ait très peu l'occasion de tenter quoi que ce soit de 'tactile'… à ce rythme je me demande si un jour on aura la chance de se voir à nouveau ! J'ai tout de même une putain de poisse… ».
Bella bafouille avant de se mettre à rire. « Mais qu'est ce qui ne va pas chez toi ? ».
« Qu'est ce qui ne va pas chez moi ? ».
La jeune femme rit encore comme une démente, le regardant comme si elle avait carrément perdu l'esprit… ce qui est peut-être un peu vrai, il faut l'avouer.
Mais Jasper n'en démord pas. « Bella, éclaire ma lanterne alors, si tu en sais tant sur mon compte. ».
Elle renifle bruyamment quand sa respiration tente de revenir à un rythme plus normal et hoche la tête vigoureusement. « Sérieusement mec. C'est justement toute cette perfection qui émane de ta personne. C'est carrément frustrant. Tu es tellement parfait Jasper, que c'est à se demander si tu es vraiment humain ! ».
« Je ne comprends pas. ». Le musicien, oubliant complètement son désespoir familial, tente vainement de comprendre les propos de son amie. S'il est si parfait pourquoi est-ce qu'elle préfère son frère ? Enfin, non point qu'il soit encore intéressé par la jeune femme…
Enfin si, oui s'il pouvait… non, non, non, ne te lance pas sur ce terrain glissant.
Bella avance devant lui et lui prend les mains, les refermant sur les siennes. « Tu ne sais pas combien tu peux être adorable, sexy et un véritable ami quand c'est nécessaire. Je… ». Elle lève une de ses mains pour lui saisir la joue. « Je n'ai pas assez de mots pour décrire les qualités que j'apprécie chez toi. Je ne comprends toujours pas pourquoi un mec tel que toi peut se contenter d'une fille comme moi, mais… J'apprécie chaque moment passé en ta compagnie. Tu es devenu un de mes meilleurs amis en si peu de temps que c'est à peine croyable ! ».
Bien qu'ayant résisté depuis le début de leur promenade, Jasper n'y tient plus et prend la jeune femme dans ses bras. Ils restent ainsi, serrés l'un contre l'autre, savourant encore un peu cet instant de tendresse. « Reste avec moi… J'ai changé d'avis. Je veux que tu restes avec moi aujourd'hui. ».
La jeune femme hésite. « Je… OK, enfin… non. Ce matin, je ne peux pas. J'ai promis à ton frère que je passerais le voir …. Mais, après… ».
« Non, tu as raison, puis je dois aussi travailler. ».
Bella se frotte la tête, cherchant une solution. « JE SAIS ! Mon boulot n'est pas loin du studio alors nous pouvons passer un peu de temps ensemble… enfin, lorsque tu sens que tu en as marre, tu m'appelles et je passe le temps d'une pause… tu vois ? ».
« J'aime bien l'idée. ».
Aro aboie, tournoyant autour d'eux afin de les inciter à continuer leur balade. Ce qu'ils font, sans en dire plus. Une fois de retour devant la maison de Jasper, Bella lui rappelle qu'elle est toujours là pour lui si son blues lui revient, avant de partir travailler.
A califourchon sur sa moto et alors qu'elle bouge les lanières de son casque pour l'enfiler son téléphone sonne.
Edward…
xoxo
De la fenêtre de sa cuisine, Jasper boit une tasse de café, contemplant la jeune femme, qui lui apporte de la bonne humeur en baril, depuis qu'il a fait sa connaissance, avant qu'elle ne franchisse le portail. Etudiant d'un œil distrait, chacun de ses faits et gestes, il perçoit, tout de même, le sourire éclatant qu'elle offre à son interlocuteur. L'envie et la convoitise le minent et comme d'habitude, il ne peut s'empêcher d'espérer qu'elle ne parvienne à ses fins pour changer d'avis cinq minutes après… Bien qu'ils se soient promis une amitié sans faille, pourrait-il supporter de la voir avec un autre ?
Posant sa tasse sur le marbre de son plan de travail, Jasper maudit la fatalité qui le poursuit. Est-ce que les frères Cullen ont remplacé leur relation avec Alice par celle qu'ils entretiennent avec Bella ?
Mais pourquoi lui ? Alors qu'il est prêt à se contenter de son amitié sans faille, ce petit pincement ne cesse de se produire quand il sait vers qui est tourné l'attention de Bella.
Son propre frère.
Edward…
xoxo
La moto de Bella se gare juste au pied de l'immeuble de son patron lorsque celui-ci arrive en courant, venant de terminer son jogging matinal. Même après une heure de course, ce mec semble tout droit sorti d'un magazine.
Connard… La vie est trop injuste !
Il finit de s'étirer alors qu'elle se demande si mater le mec qui lui paie son salaire n'est pas considéré comme du harcèlement, surtout que le bas de son jogging lui tombe un peu bas sur les hanches. Edward sourit et lève un sourcil en sa direction. « Salut Bee… Dis-moi, tu me sembles bien en forme aujourd'hui. ». Il ôte les écouteurs de ses oreilles et éteint la musique diffusée par son téléphone accroché à son biceps.
La jeune femme lève les yeux au ciel. « J'avais rendez-vous avant de te rejoindre…. ». Il s'approche d'elle doucement, dévoilant ses muscles abdominaux quand il s'essuie le visage avec le bas de son t-shirt. Elle ne peut s'empêcher de l'admirer. « Mais, un de ces quatre, j'irais courir avec toi, histoire de voir si tu es aussi performant que tu en as l'air… ».
« Cette phrase sortirait de la bouche de James, je pourrais croire que tu doutes de mes performances sexuelles… Mais, te connaissant, je suppose que tu te fous juste de ma gueule. ».
Bella sourit. « Oh, comme tu me connais bien. ».
Ignorant la petite pique lancée sur son égo, Cullen pose une main sur l'épaule de la jeune femme. Maintenant qu'elle a posé son casque sur le crochet prévu à cet effet, il a un accès libre au visage qui le tente tant. Le couple s'embrasse une première fois, puis une seconde et ils se séparent, libérant Bella de sa moto afin de monter jusqu'à la maison perchée sur le toit.
Une fois dans le séjour, Edward demande distraitement. « Tu avais rencard pour quoi ? Ne me dis pas que tu cherches encore un autre boulot ? ».
Elle ne répond pas et change directement de sujet. « Cullen, ton t-shirt est trempé. Pourquoi ne vas-tu pas prendre une douche ? ». Ses pas la conduisent vers le réfrigérateur d'où elle retire une bouteille d'eau fraîche.
Appuyé contre le comptoir, Edward rattrape aisément la bouteille et boit une gorgée.
Ils restent l'un en face de l'autre, séparés de quelques pas, sans prononcer un mot. Bella l'observe encore quand il se redresse, déposant la bouteille sur le plan de travail, sans la quitter des yeux. Son patron avance de deux pas et retire son t-shirt.
La mâchoire de la jeune femme se décroche et ses yeux dorés marquent un arrêt sur image. « Fuck… ».Bien qu'elle l'ait déjà vu à plusieurs reprises, elle reste épatée devant son torse. Sans même s'en rendre compte, ses pieds l'avancent d'autant. Elle n'a qu'une envie, lever ses mains pour toucher la peau qui parait si douce et pourtant ferme à la fois.
Bella est surprise quand la pulpe de ses doigts frôle la peau du jeune homme et ses yeux s'écarquillent. Lorsqu'elle tente de rétracter son geste, Cullen est plus rapide. Il lui attrape le poignet et place la main captive au niveau de son cœur. Savourant son effet de surprise, il se penche et dit doucement. « Tu sembles bien curieux. N'hésites pas à me toucher si tu le veux. ».
Le jeu semble, tout de suite, plus dangereux. Autant Bella souhaite, pour tout l'or du monde, qu'il découvre ce qu'elle est réellement, cette situation prêterait trop à confusion. Mais là… là…. Ce mec est un vrai péché… enfin pour la sainte qu'elle est, bien entendu.
Elle ne parvient pas à retirer sa main, elle aurait dû mais non. Oh non ! Pour faire dans le cliché, son doigt suit une goutte de sueur. Du creux de son cou, jusqu'au contour de son mamelon puis, elle rejoint son sternum en passant sous son pec pour finir dans son nombril.
Cela fait tellement de bien de pouvoir le toucher. Elle murmure. « Embrasse-moi. ». Ce n'est qu'un soupir mais il l'a entendu et sans même perdre un battement, ses lèvres sont sur les siennes.
Bella glisse ses mains autour du cou de son patron, appréciant le fait qu'il soit si parfait tout contre elle. Edward pose ses mains larges sur les hanches de la jeune femme, pour la rapprocher un peu plus. Ils continuent de s'embrasser, s'échauffant un peu plus à mesure que leurs baisers deviennent passionnés. Elle se laisse pousser doucement vers le comptoir et savoure le contact de la peau nue de Cullen tout contre elle, jusqu'au moment où… elle ressent une pression sur son bas ventre.
Hum… je suppose que ce n'est pas son portable…. Oh mon dieu ! Est-ce qu'il est aussi bien foutu que je le crois ? Et, est ce que je suis vraiment en train de faire un monologue interne sur le pénis de mon patron…. Je me demande s'il a une bible quelque part dans sa bibliothèque ! je me transforme en dépravée… Ho purée mais il est monté comme un dieu ! Pas bien Bella… Pas bien ! Mes résolutions ont foutu le camp… Mais ça fait si longtemps…. Et si je bouge juste là…
Elle se décale légèrement, se posant sur la jambe musclée située entre les siennes. Sa main continue enfin son parcours, glissant ses doigts au niveau de l'élastique du jogging, sans franchir pour autant la limite.
C'est Edward qui finit par craquer. « Bee… Si tu savais ce que tu… Putain, Bee… ». Il s'écarte rapidement d'elle, comme s'il risquait de se brûler et déclare avant de partir vers la salle de bains. « Fais comme chez toi. Je dois vraiment prendre une douche. ». Il revient sur ses pas et pose un baiser sur le bout de son nez. « Bee… Adorable Bee… ».
xoxo
Edward sort de la douche. Pour une fois, il n'y a pas de buée à retirer du miroir, vu la douche glacée qu'il vient de se taper. Etre aussi près de Bee devient de plus en plus difficile, sans avoir envie de l'embrasser, le toucher ou même de tenter quelque chose de plus « risqué ».
Comment est-ce possible ? Je ne savais même pas que je pouvais être attiré par un mec avant de le connaitre.
Les deux mains appuyées contre le lavabo, il ne sait comment il va tenir le coup. Il soupire avant de se mettre à rire silencieusement. Toute sa confiance sur les relations amoureuses semble s'être envolée. Il se retrouve à bafouiller devant son employé, à hésiter ou inversement à entreprendre des gestes de plus en plus osés.
Saisissant un boxer et un pantalon propre, il s'habille avant de sortir de la salle de bains. Manquerait plus que Bee fasse une crise cardiaque s'il se montre à poil devant lui. Edward a toujours été méticuleux et fier de son corps, l'entretenant juste assez pour être en forme et les réactions de son… Hum… ami ? petit ami ?... de Bee restent mémorables à chaque instant.
Une fois dans la chambre, il retrouve Bee, le dos tourné, qui observe les quelques flacons de parfums qu'il possède sur une commode. Son ami les prend délicatement, l'un après l'autre, les reniflant doucement avec un petit hochement de tête d'appréciation.
Cette candeur est vraiment attirante.
Bee finit par en trouver un, qu'il porte plusieurs fois à son nez, poussant un soupir de contentement. Remarquant enfin Edward dans le reflet d'un miroir, il l'informe. « Celui-ci est mon préféré sur toi. ».
Edward saisit le flacon et l'inspecte. C'est un Kenzo. Léger et frais qui laisse aisément passer son odeur naturelle. Il pose la petite bouteille et fait un geste qui fait que Bee pousse un cri d'effroi. De ses deux mains, il attrape tous les autres flacons et les balance sans ménagement dans une poubelle à proximité.
« Est-ce que tu es dingue !? ».
Edward entraîne Bee par la main pour aller dans la cuisine, lui répondant en riant. « Tu ne sais pas à quel point. ».
Bee pose un dernier regard outré vers la commode. « Pourquoi est-ce que tu as fait une chose pareille ? ».
« C'est ton préféré alors pourquoi garder les autres ? ».
Bee secoue la tête et préfère sortir de la pièce plutôt que de rester à proximité de ce mec à l'esprit clairement dérangé. Mais Edward finit par le suivre.
Ils s'installent tranquillement dans la cuisine, lui assis sur une chaise et Bee appuyé contre un des comptoirs, laissant le flot régulier de la cafetière les rendre un peu plus indolents. Sortant brutalement de sa torpeur, Edward demande à nouveau. « Alors, qu'est-ce que tu devais faire ce matin ? ».
Bee ne le regarde pas directement, pianotant sur son téléphone portable. « J'avais rendez-vous avec Jasper. ».
Une certaine suspicion s'immisce dans l'esprit du jeune homme. Qu'est-ce que Bee fait toujours en compagnie de son frère ? Il soupire faisant mine de ne pas être plus concerné que cela mais son ton change rapidement. « Qu'est-ce que tu devais lui dire qui ne pouvait pas attendre ? Est-ce que tu lui as parlé de nous ? Est-ce que je dois m'inquiéter ? ».
Bee pose une main sur sa hanche. « Qu'est-ce que tu racontes ? On devait juste promener Aro ensemble, calme toi ! Mais comme tu le penses… J'avais besoin de conseil et il a été plutôt dans le détail sur le sujet. On a regardé deux, trois vidéos pornos avant de pratiquer un peu, tu vois ? Je vais surement le revoir tout à l'heure et, peut-être même qu'il pourra m'expliquer comment un mec aussi imbu de sa personne, comme tu peux l'être, peut être hum… plus adorable ou pas avec sa jalousie oh combien mal placée. ».
Les yeux d'Edward se plissent un instant, son esprit maugréant le fait que son ami le placarde ainsi avant de s'en approcher afin de déposer un baiser sur son front. « Excuse-moi. Avec tout ce qui se passe en ce moment, mon esprit est un peu chamboulé et j'ai du mal à gérer mes sentiments. Je ne voulais pas te froisser… C'est juste que…. Non, enfin, laisse tomber. ».
Cette fois, c'est Bee qui saisit l'occasion de le prendre dans ses bras. « Ne t'inquiète pas, je plaisantais. Mais, Jasper a quelques difficultés en ce moment et je me suis proposée pour l'aider. ».
« OK… OK, je comprends. Enfin, non. S'il a des problèmes, pourquoi est-ce que sa propre famille n'est pas au courant ? ».
« Parce que tu dis tout à ta famille, peut-être ? ». Edward sent son sourire avant même de le voir inscrit sur le visage de Bee. « Puis, tu sais que tu es mon Cullen préféré, pas vrai ? ». Il pose un doigt sur son menton, l'air songeur. « Quoi que… je me demande si je n'ai pas dit la même chose à ton frère ce matin… Tu sais quand on était en train de… ». Il mime un acte sexuel assez inapproprié pour une conversation matinale.
Avant même qu'Edward n'ai le temps de tenter de l'attraper pour lui faire payer ses propos, Bee a déjà quitté la pièce, s'esclaffant de son impertinence.
Quand il finit par le saisir, le jeune homme hésite entre le frapper vraiment ou lui faire quelque chose de plus… Ses mains relâchent Bee soudainement, le faisant tomber lourdement par terre.
« AIE ! ».
Ouais, c'est ça… on va se détendre, hein… Je n'en reviens pas, je l'ai laissé tomber par terre. Comme une merde. Tu parles d'un gentleman. C'est incroyable que ma mère ne soit pas déjà là pour me foutre un coup de pied au cul.
Ce moment d'une stupidité phénoménale est interrompu par le portable de Bee qui se met à sonner. Toujours à terre, il sort le téléphone de sa poche et grimace en remarquant le nom sur l'écran. Se redressant d'une main, il fait un petit signe en direction d'Edward avant de s'écarter. « J'en ai pour deux minutes… Jasper, qu'est ce qui se passe ? ».
Edward, resté là, torse nu, le regarde s'éloigner rapidement afin de continuer sa conversation… en privé ?!
Il décide de finir de s'habiller plutôt que d'imaginer les conséquences s'il venait à étrangler Bee et son grand frère.
Ce n'est que cinq bonnes minutes plus tard que Bee finit par le rejoindre et bien qu'il n'aime vraiment pas ce sentiment, Edward ne peut s'empêcher de ressentir une putain de jalousie. Surtout que le comportement de son ami ne fait que rajouter une couche à son angoisse.
« Je suis désolée… Comme je te l'ai dit, Jasper a quelques soucis et… je lui ai dit que je serais dispo pour lui toute la journée… Je sais que je devais passer ma matinée avec toi mais… ».
Edward ne veut pas en entendre plus. « C'est bon, ne t'inquiète pas. Surtout que j'ai promis à James de lui servir de chauffeur en fin de matinée. Moi qui voulais profiter pleinement de notre petit créneau de libre… ».
Bee continue de s'excuser, expliquant ensuite que Jasper risque de l'appeler plusieurs fois encore dans la journée et que…
Bla…Bla…Bla…
Les propos de Bee ne sont déjà plus qu'un bruissement dans son oreille… Bien que cela soit loin d'être 'bon', il préfère éviter ce débat. Car, lorsque Bee devient nerveux, il parle beaucoup, pire même, il est atteint d'une véritable diarrhée verbale alors que pour Edward, c'est carrément le contraire. Sa bouche se lie quand il manque de confiance ou qu'on joue sur ses nerfs. Donc pour le faire taire, le jeune homme ne trouve qu'une seule solution, enfin celle qui l'arrange le plus, il l'embrasse et à mesure que leur baiser se fait plus intense, il rapproche Bee au plus près de lui.
Est-ce un moyen de lui faire oublier son frère ? Peut-être…
Est-ce qu'Edward est jaloux de leur relation ? Surement…
Est-ce qu'il l'avouera un jour ? Absolument pas !
Son couple ne cesse d'évoluer à un rythme plutôt effréné, surtout pour un mec qui pensait être à 100 % hétéro quelques mois plus tôt. Pourtant, le fait de se retrouver ainsi semble si naturel, avec son employé entre les bras, qui s'obstine à le décoiffer en lui caressant les cheveux, et penser qu'ils pourraient rester ainsi, à s'embrasser ou à raconter des conneries plus grosses qu'eux, il espère que rien ne pourra changer cela.
Est-ce que lui aussi a le droit de vivre cela ? Un amour tel que ceux que l'on voit au cinéma ou qu'on imagine entre les lignes des livres.
Edward hoche mentalement la tête. Non. Non, Edward Cullen n'a aucunement le droit de vivre un tel amour. Pas après avoir détruit effrontément la relation entre son grand frère et Alice. Pas après avoir profité de tant de filles sans rien leur offrir en retour, pas même un semblant de dignité.
Mais, la donne a changé depuis que Bee est entré dans sa vie. Le pléonasme 'coïncidence hasardeuse' exprime bien sa rencontre avec le petit voyou. Ils n'étaient absolument pas faits pour se rencontrer et encore moins s'aimer.
Lui, le gosse de riche, prétentieux (il faut l'admettre) et bon à rien (il ne se faisait déjà plus d'illusion) et Bee, qui trime pour faire vivre sa famille et qui est prêt à tout faire pour réussir.
Est-ce égoïste de sa part de vouloir en profiter ? De se sustenter de ces sentiments si purs qu'il en est lui-même transformé ?
Zafrina lui disait de prendre des risques… Que sa relation avec Bee complète sa sainte trinité.
L'esprit…. Ça c'est sûr, Bee est avant tout un de ses meilleurs amis alors que cela fait peu de temps qu'ils se connaissent. Ils savent qu'ils peuvent compter l'un sur l'autre en toute occasion.
Le cœur… Ce putain de voyou a réussi à lui déglacer le sien et cela sans jamais abandonner malgré le fait qu'Edward ai souvent piétiné ses sentiments.
Le sexe… C'est là où ça coince… enfin, pas réellement. Ce qui n'était pas imaginable quelques temps plus tôt, devient de plus en plus possible à mesure que leur relation avance. Il n'a pas autant désiré quelqu'un depuis son adolescence, où comme tous les mecs de quinze ans, son corps était chargé d'hormones.
Quittant la chaleur créée par la proximité de Bee, Edward retourne dans la cuisine, à la recherche d'une boisson pour sa gorge subitement sèche. Il se décide sur un café.
Se souvenant soudainement d'un détail, il demande. « Et est-ce que tu lui as apporté du café ? ».
« Non, pas cette fois. Pourquoi ? ».
Il hausse nonchalamment les épaules. « Ben, moi, je n'en ai jamais eu. ».
« Mais pourquoi faire ? Je te signale que tu es gérant d'un café et que Billy fait un bien meilleur café que moi. ».
Il saisit une autre tasse et la tend à l'attention de Bee. « Ce n'est pas pareil. Je veux qu'il vienne de toi. ».
Le regard doré de Bee, bien qu'il soit en partie caché par sa frange, se lève clairement vers le ciel. « La dernière fois, tu t'es plains que le mien était trop fade pour toi. ».
Edward manque de s'étouffer en buvant et dit en riant. « Effectivement et j'espère que depuis tu as fait des progrès. ».
xoxo
Bella le regarde, ne sachant si elle doit être outrée par cette insulte dissimulée ou amusée par cette nouvelle pointe de jalousie mal placée. Elle grimace. « Et pourquoi je ferais cela pour toi maintenant ? Qu'est-ce qui me dit que tu ne demandes pas cela juste pour te foutre de ma gueule ? Surtout que même ton café est meilleur que le mien. ».
Edward s'installe ensuite sur le canapé où il ouvre un des journaux posés à côté de lui avant de reporter son attention sur la conversation. « Tu es très doué pour torréfier mais après ton dosage laisse à désirer. Puis, je ne te l'ai jamais demandé à haute voix mais mes messages télépathiques auraient dû t'atteindre depuis le temps. ». Il fait bouger ses doigts, mimant les ondes télépathiques puis fait mine de lire les nouvelles comme si rien n'était. Il marmonne, caché derrière les pages du journal. « C'est de ta faute si tu ne les as jamais correctement interprétés. ». Il soupire. « Honte à toi ! ».
La jeune femme manque de recracher son café. Elle dépose rapidement sa tasse sur la table. « Mais QUI aurait pu remarquer ça ! T'es un dingue Cullen ! ». Elle continue à marmonner. « Ouais c'est exactement ça ! Tu es la preuve vivante que la beauté et la stupidité peuvent marcher main dans la main ! Plus un mec est parfait et plus il est demeuré ! J'aurais déjà dû m'en douter avec ton… frère. ». Elle se tourne vers lui. « Ton frère… Ne me dis pas que… Est-ce que c'est ça ? Tout ça à cause du café que je lui offre ? ».
Cullen marmonne. « Avant, tu ne préparais des petits dej que pour moi et là tu te mets à faire des livraisons à domicile… Non, je t'arrête tout de suite, ce n'est pas de la jalousie. ».
Elle croise les bras, levant les yeux au ciel. « Ah bon. Alors, c'est quoi ? ».
Il referme son journal. « Je m'inquiète. Qu'il ne se méprenne pas sur tes intentions. ».
Bella se met à ricaner. « Putain, t'es adorable Cullen. ».
« Arrêtes de dire ça comme si j'étais un labrador, s'il te plait. ». Il continue à marmonner mais pas assez clairement pour qu'elle comprenne ses dires.
Elle fronce légèrement les sourcils. Se levant pour quitter la pièce, Bella finit par changer d'avis. La jeune femme se place juste devant son ami, l'obligeant à la regarder. Un silence pesant s'installe entre eux. Et après ce qui semble une éternité, Bella finit par demander. « Est-ce que tu as fini ? ».
Les lèvres de Cullen forment une fine ligne, montrant son agacement. Ce qui aurait dû être qu'une simple boutade se transforme en règlement de compte. « Oui. ».
Elle pose le journal un peu plus loin et soulève une de ses jambes pour chevaucher son petit ami. « Regarde-moi ». Elle passe ses mains autour du cou du jeune homme et attend que ses yeux verts restent bien plantés dans les siens. « Bon écoute et surtout ECOUTE MOI BIEN. Je ne le répéterais pas deux fois… ». Elle prend une grande respiration et finit par se lancer. « Il n'y a que toi. Toi, Edward Cullen. Je suis là tant que tu es prêt à m'avoir dans ta vie, je suis à tes cotés... Je t'aime et tu le sais. Il serait temps de l'accepter.». Ses joues sont écarlates et ses yeux sont brillants. Malgré cette intensité, elle continue. « Est-ce que tu as compris ? ».
La gorge serrée et ne sachant que répondre, Edward acquiesce. Elle resserre ses doigts dans les cheveux cuivrés de son petit ami. « Je n'ai pas entendu ?! ».
C'est d'une voix rauque qu'il lui répond. « Oui. Oui, j'ai parfaitement saisi. ».
« Bien. ».
xoxo
Alors que Bee va pour se redresser, Edward le retient par le bras, l'obligeant à se rasseoir sur lui. Il n'a plus aucun doute, Sainte trinité ou pas, ce mec est fait pour lui. Puis, il faut qu'il parvienne à maîtriser sa jalousie. Miroiter son manque de confiance en lui sur Bee est une faiblesse qu'il se doit de corriger.
Puis merde, de quoi est-ce que j'ai peur ?
DING !
Cette fois, c'est la porte d'entrée qui les interrompt. Bee s'empresse d'aller ouvrir, et moins d'une minute plus tard des exclamations se font entendre dans toute la maison.
Edward soupire, se préparant mentalement à la tornade qui vient de débarquer chez lui. « James… Tu es déjà là ? ».
Dans toute sa splendeur blonde, son ami s'empresse de lui dire bonjour. « Je te signale que j'ai trente minutes de retard ! Allez ! on se bouge, surtout que je dois passer à l'uni avant d'aller au boulot ! Mon dieu ! J'aurais pu être enlevé par des grands barbus que personne ne l'aurait remarqué ! ».
Bee ricane. « Comme si cela t'aurait déplu. Des mecs virils qui t'attachent et tentent de te dominer… J'imagine le tableau. Oh oui ! Faites-moi mal s'il vous plait ! Serrez plus fort ! ».
James s'approche et lui tape dans la main dans un high five de Diva. « Tu me connais bien petite garce ! ».
Bee baisse la tête en une petite révérence. « J'ai le meilleur des Maîtres. ».
Le blond soupire. « Ok, vous êtes excusés ! Eddie boy, maintenant on s'en va ! Bee, à plus tard ! ».
Edward a juste le temps de poser un baiser sur la joue de Bee avant d'être traîné vers la porte avec la promesse qu'ils se verront plus tard au café.
Après une fin de matinée tumultueuse en compagnie de James, Edward se retrouve à explorer la carte d'un nouveau bistrot situé non loin de l'université. Il ne peut s'empêcher de sourire dès qu'il lit un des plats et qu'il réalise qu'il se demande, à chaque fois, si Bee aime ou non ce type de nourriture… Accro, non ? Juste un peu… Enfin, pas plus que ça.
Cela ne fait pas cinq minutes qu'ils sont installés qu'il finit par demander. « OK Blondie, qu'est-ce qui te tracasse ? Cela fait déjà trois fois que tu soupires comme un taureau dans l'arène. Qu'est-ce qui se passe ? ».
James roule ses jolis yeux bleus. « Ne fais pas ton innocent après le lâché de phéromones que tu viens de faire ! ».
« Quoi ? Mais de quoi tu parles ? ».
James sourit et boit un peu de son cocktail. « Cette serveuse ne s'en remettra jamais. Je pense qu'elle est prête à sacrifier son premier né et des dizaines de petits chatons rien que pour avoir la chance de te voir sourire à nouveau. ».
Edward réfléchit. Mais qu'est-ce qu'il raconte ? Effectivement, il sourit comme un idiot mais c'est uniquement parce qu'il pensait à Bee. Il conclut. « Tu dis n'importe quoi. ».
Secouant la tête, James le regarde avec pitié. « Mon dieu, que ça doit être agréable de vivre dans cette bulle d'ignorance dans laquelle tu flottes. ».
Au retour de la serveuse, le jeune homme se rend vite compte qu'il a raison. Celle-ci glisse son numéro de téléphone près de son thé, se baissant assez pour que son regard reste posé sur la poitrine qu'elle dévoile depuis que trois boutons de son corsage réglementaire aient subitement disparus depuis leur première entrevue, puis file en lui offrant un clin d'œil.
Edward marmonne, sa bonne humeur soudainement envolée. « OK, on se tire. ».
James lève les yeux au ciel. « Ohh ! Laisse-moi au moins le temps de finir ce croissant… Mmhh… Tu crois que Seth pourrait nous faire de ces petites merveilles ? ». Voyant que son patron est prêt à partir sans lui, James enfourne le reste de sa viennoiserie rapidement dans sa bouche, s'étouffant presque à mesure que ses joues se remplissent. Quand il passe son manteau, il tient plus du hamster que de la diva qu'il est censé être.
Edward sort son portefeuille et s'occupe de l'addition.
Le mot de la serveuse reste glissé sous la monnaie lorsqu'ils franchissent les grandes portes vitrées.
Lorsqu'ils finissent par arriver au café, le bistrot tourne déjà à plein régime. Les yeux d'Edward suivent, involontairement le trajet du petit serveur jusqu'à ce qu'il disparaisse dans la cuisine. Même si ce n'était que quelques secondes, le petit sourire échangé suffit à peine pour contenter son désir de le revoir. Quand il finit par revenir sur terre, son regard finit sur James qui reste anormalement calme. Celui-ci est tout sourire. Ses sourcils se lèvent et redescendent à plusieurs reprises, montrant sa malice. « Alors comme ça Bee et toi… Merde… Tu sembles bien plus touché qu'il n'y parait. ».
Edward hausse les épaules. « On parle de Bee, là. Tu le connais. Il suffit de l'inviter à diner et tu deviens son meilleur ami. ».
Ils s'installent au comptoir. James croise ses jambes et prend sa position habituelle d'impératrice, le coude posé sur le zinc et la tête posée légèrement sur sa paume. « Tu ne me fera pas croire ça, Edward Cullen. Ce que je viens de voir là c'était 'wouah'. Donc, tu as franchi le cap ?! Tu ne vas plus tenter de l'éviter maintenant… Oh purée… Je veux tous les détails, les lieux, les positions… j'en salive déjà. ».
Edward marmonne. « Je pense que c'est toi surtout que je vais éviter dorénavant. ».
« Tut Tut Tut mon prince ! Ne tente pas de fuir cette conversation et raconte tout à ton Jamie préféré ! Je veux savoir comment tu es passé du côté obscur ! ».
Edward se passe la main plusieurs fois dans les cheveux. Son regard observe la salle, à la recherche de toute oreille indiscrète avant qu'il se permette d'avouer. « C'est dingue. Je n'ai jamais vécu un truc pareil. Je ne te parle pas d'un de ces trucs de midinette avec les papillons ou des feux d'artifice, non… là c'est dingue. Merde quand je pense que je voulais le considérer comme un frère… Ouais, c'est carrément dingue. ».
Levant sa main en arc de cercle et claquant ses doigts en même temps, James le fait taire. « Dingue, hein ? Je t'ai connu avec bien plus de vocabulaire… Mais bon, comme le dit si bien le Dieu Northmann 'We fight like siblings but we fuck like champions ! ».
Son ami et patron cache son visage entre ses mains. « J'en reviens pas que je te parle de ça et toi tu me cite un épisode de True Blood ?! ».
James sourit et pose sa main sur son épaule. « Oui mais vois la corrélation car il dit ça juste après avoir baisé sa sœur dans un container… Trêve de plaisanterie… Je suis heureux pour toi. J'adore Bee. C'est quelqu'un de bien. ».
Le regard vert d'Edward se fait plus sombre. « Tu es heureux pour moi ? Merde, ce n'est pas comme si on allait se marier ou un truc du genre. ».
Tapant du bout de ses doigts sur le comptoir, James soupire. « Je sais bien, mais dieu sait combien tu as besoin de romantisme et surtout d'action. Je dirais même d'exercice…. Oh c'est bon, ne fais pas ton prude. Tu as maintenant cette merveilleuse…. Personne, qui n'a qu'une envie… être emplie de ton… amouuuur. Et connaissant son dévouement, Bee n'aura aucun problème à accepter tout ce que tu pourras sortir de cet énooooorme, ma-gue-ni-fi-queee et duuuuur organe qui se cache entre tes-». La bouche de James se trouve soudainement remplie par une gaufre qu'il finit par recracher en s'étouffant presque de rire.
Quand il finit sa crise, les yeux encore embués par des larmes de joie, son regard se pose sur Edward. Il manque de recommencer à rire quand il remarque le teint pivoine de son ami. « Je parlais de ton cœur… Petit prince lubrique… Pas besoin d'en venir aux mains…. Pff... C'est tellement facile. Je te jure, tu me mâches le travail. Tu ne peux rien me cacher Eddie Boy. Tu es carrément accro. ».
Edward essuie ses mains sur une serviette, retirant le gras de la viennoiserie qu'il a attrapé pour interrompre James dans sa diatribe. « Appelle-moi encore une fois par ce surnom et je t'assure que je suis prêt à risquer la prison pour que tu arrêtes. Puis merde, je ne sais pas si cela va marcher avec Bee. Enfin, tu vois ce que je veux dire… ».
De son air le plus condescendant, James tapote la joue de son ami. « Mais oui, c'est ça. Je pense que tu y arriveras sans aucun problème. ».
Edward semble presque boudeur. Il déteste lorsque James semble le connaitre mieux que lui-même. « Je sais que Bee est sérieux mais est-ce que je vais réussir à le garder. ».
James s'évente avec la main. « Tu sais que j'ai eu les même doutes avec Laurent... ».
Les yeux d'Edward s'écarquillent car il est rare que son ami parle de celui qui détient réellement son cœur et qui a filé, avec l'organe encore sanglant, pour finir ses études d'Art en France. « Je ne le savais pas. ». Il soupire. « Enfin, je me rappelle que tu avais des vues sur lui, dès son arrivée au lycée pour le programme d'échange international. Tu as même crié un truc du genre 'ce mec est à moi !' lors de la présentation des élèves étrangers. Le pauvre, il était déjà sous ton emprise avant même qu'on apprenne son nom. ».
Son ami expire bruyamment, se remémorant cette époque. « Ah là, là. Surtout qu'il ne savait même pas qu'il était gay. Heureusement que j'étais jeune et fringuant. J'ai bien fait de tenter ma chance car bien que je papillonne à gauche et à droite, Laurent est le seul qui compte. ».
Edward finit par murmurer. « Mais si ça foire ? Et si je me trompais ? ».
« Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Je ne suis pas dans tes pompes… Que mon histoire finisse bien ou pas, je ne regretterai jamais ce que j'ai déjà vécu. ».
Edward pose ses mains à plat sur le comptoir. « Pas de regret, hein ?! Putain, je ne pensais pas connaitre un truc pareil. Tu m'imaginais avec un boulot et une relation stable ? ».
James resserre le ruban qui maintient ses longs cheveux blonds avant de continuer. « C'est clair que tu partais de loin. Mais, vis l'instant présent. Et, il était temps que tu réalises la chance que tu as. ».
Son patron sourit. En effet, il est certainement sous de bons astres en ce moment, pour être accompagné par Bee et le reste des princes.
xoxo
Bella est dans le vestiaire, elle vient de finir sa journée et profite que toute l'équipe soit occupée pour changer de vêtements. Elle est à la limite de la crise cardiaque lorsque la porte s'ouvre brutalement. James entre et sourit quand il regarde la jeune femme, les bras croisés, qui tente de cacher le peu de dignité qui lui reste.
« Bee, il faut qu'on parle. ».
Elle acquiesce et retourne à ses occupations. Merde ! Restant planquée derrière la porte de son casier, son esprit tourne à plein régime. Du coin de l'œil, elle surveille James qui reste planté là, son regard dans le vide, comme s'il tentait de ne pas mourir d'ennui, là sur le parquet du vestiaire.
Qu'est-ce qu'il veut ? Je ne l'ai jamais vu aussi calme et sérieux…
La jeune femme finit de s'habiller, espérant que son collègue reparte sans rien lui dire de plus. Une fois qu'elle a fini, sa main reste désespérément sur la poignée en métal de son casier, repoussant, ne serait-ce de quelques secondes, la discussion qui s'annonce.
Peut-être qu'il va finir par s'en aller, si je suis trop longue…
La voix de James est lassée d'impatience. « J'ai bien vu que tu as fini Bee, alors arrête d'agir comme une gamine de dix ans et sors de là. ».
Un reniflement exaspéré sort du nez de Bella avant qu'elle ne redresse ses épaules pour ensuite fermer la porte de son casier. Son sourire est un peu forcé mais sachant à quoi s'attendre, elle ne parvient pas à montrer sa joie de vivre habituelle.
James vérifie que la porte est bien close avant de s'approcher d'elle. Il gronde doucement. « Tu t'es foutue dans une sacrée merde. Qu'est-ce que tu as dans la tête, Bee ?! ». Il fait les cent pas autour d'elle, ne lui laissant même pas le temps de répondre, ou de se défendre.
« Je suis désolée… d'avoir menti si longtemps. ».
En même temps, tout ce qu'il dit est vrai. Il continue. « Je crois que votre histoire va me donner des cheveux blancs ! Et si, je dis bien SI c'est le cas… Je vais être obligé de te tuer Bee ! Ce qui va me gâcher la vie car… ». Il décompte avec ses doigts. « Je vais perdre mon boulot, mes accréditations à la fac et passer le reste de ma putain de vie à me faire sodomiser en prison ! Et on ne met pas des mecs aussi chou que moi en prison ! ». Il finit par se stopper devant elle. Son visage montre clairement sa frustration. Plus sérieusement, James demande. « Pourquoi ? Pourquoi lui ? Pourquoi MOI ! ».
Bella soupire une nouvelle fois. Ses yeux dorés le regarde un instant avant de descendre vers le sol qui semble si captivant tout d'un coup. Son silence parle pour elle. Tout un panel d'émotions passe dans son regard. Elle répète. « Je suis terriblement désolée. ».
C'est un James renfrogné qui souffle lui aussi. « Sérieusement !? Garde tes excuses pour te les carrer où je pense ! Bee… Je ne pensais pas que… Tu… Vous êtes aussi irrécupérables l'un que l'autre ! Tu te rends compte qu'il s'en est rendu malade ? Tu le savais, tu avais remarqué combien cette situation l'a miné. Cela fait mille ans que je le connais et jamais je ne l'avais vu dans un tel état ! Mais maintenant c'est pire. Il tient tellement à toi qu'on va pouvoir vendre de la guimauve par paquet de dix ! ». La jeune femme ne dit rien et il enfonce le clou. « Tu mériterais… oh putain ! Je ne peux même pas te détester ! ».
Bella sent ses paupières qui la picotent, annonçant l'arrivée des pleurs.
Si c'est déjà si dur avec James alors qu'est-ce que ça va être avec Cullen… Edward.
Prêt à faire demi-tour, il grimace. « Tu as intérêt à retenir tes larmes car tu sais qu'il a horreur de ça. Oh et puis merde ! Vu que tu n'y arrives pas, je vais lui dire la vérité. ».
Elle finit par réagir et lui saisit le bras avant qu'il n'atteigne la porte. « Non, tu ne dois pas faire ça. Il faut que cela vienne de moi. S'il te plait, James… ».
Il soupire, acquiesçant par dépit. « Ce soir. Tu lui dis tout ce soir. Eddie est un de mes meilleurs amis et bien que je sois ravi de votre relation… il ne mérite pas cette supercherie. Il me faudra un certain temps avant de te pardonner… Surement le temps qu'il faudra à Eddie pour réparer le cœur que tu t'apprêtes à piétiner….Putain… Ne te berce pas d'illusion car je ne suis pas de ton côté sur ce coup-là… ».
Les yeux de Bella s'écarquillent telles des soupières. Elle finit par souffler. « OK. ». Ses doigts desserrent leur étreinte sur le bras de son collègue pour s'enfoncer ensuite dans les poches de son pantalon.
James hoche la tête et réajuste la manche qu'elle tenait fermement. « Je t'adore Bee mais si Edward souffre encore à cause de toi, sache que je peux aussi être une véritable garce. Donc, saisis cette petite paire de couilles que tu es supposée avoir et dis-lui la vérité. ».
Elle acquiesce encore, plus fermement, essuyant des larmes traîtresses avec sa manche. « Ce soir. ».
« Et je veux un rapport détaillé demain. Si tout se passe bien, on pétera le champagne pour la nuit de débauche et de luxure qui suivra ! ».
xoxo
Alice est dans sa salle de bains. Ses mains soulèvent différents flacons et d'un coup d'œil, elle sélectionne certains qui finissent rangés dans un grand vanity.
Elle fait la même chose dans sa chambre quand deux cadres, posés sur une commode, l'arrêtent. Une photo en pied de Jasper, prise sur le vif durant une visite de musée et une autre, plus rapprochée, où ils sont tous les deux en train de boire un verre. Ses doigts prennent doucement le cadre affichant le couple et le retourne afin qu'il soit face au mur.
La jeune femme est toujours en plein rangement quand Jasper finit par la rejoindre. Il dit, tout en posant sa veste sur un fauteuil. « Je suis désolé mais je n'ai pas beaucoup de temps. Mon emploi du temps est sacrément chargé. Qu'est-ce que tu voulais me dire ? Tu m'as dit que c'était urgent. ».
Il finit par se rendre compte de l'état des lieux. Des vêtements sont éparpillés et des valises sont ouvertes sur le moindre espace disponible. Jasper demande. « Qu'est-ce que tu fais ? ».
Sans lever les yeux, et continuant à préparer son départ, son ex-petite amie soupire. « J'ai mis le reste de tes affaires dans le sac bleu… Mais, je me suis permis de garder deux de tes chemises en flanelle. Elles sont super douces et confortables- ».
« Je t'ai demandé ce que tu étais en train de faire ? ».
Pliant soigneusement les manches d'un pull en cachemire, Alice prend un air atterré. Ce qui n'est pas difficile vu la situation déplorable dans laquelle ses amours se trouvent. « Demetri m'a fait une meilleure offre, que je ne pouvais vraiment pas refuser. Mais les conditions ont changés et donc mon départ est avancé. ». Un autre pull passe entre ses mains. « Je prépare donc mes affaires car tu me connais, je risque de courir comme une poule sans tête avant la fin de la semaine. ».
Il fait quelques pas pour la rejoindre et pousse la valise située près d'elle afin d'avoir toute son attention. « Je croyais que tu hésitais à partir ? Que tu comptais détruire ce qu'il y a entre mon frère et Bella ? Que tu voulais me montrer mon erreur en sortant avec une autre que toi ? ».
Elle lève son regard vers lui. « Et moi qui pensait que tu n'en avais plus rien à faire. ». Ses yeux pétillants trahissent son envie de sourire et Jasper s'en rend bien compte.
Il préfère botter en touche. « Ecoute. Ce n'est pas parce qu'on n'est plus ensemble, qu'on ne peut être amis. ».
Alice grimace. « Amis ?! Amis ?! Purée, mais tu ne comprends donc pas ? J'en suis incapable. C'est impossible… si je dois apprendre à vivre sans toi, alors je préfère le faire à des kilomètres d'ici. ».
Jasper se passe la main dans les cheveux. « Je ne sais quoi te dire. Notre relation est, non enfin, était malsaine. ».
La jeune femme se place devant lui, sa main se pose sur le torse de son ex, frottant légèrement le tissu. « Alors, repartons sur de nouvelles bases… Si tu me dis de rester alors je le ferai. ».
L'aîné des Cullen secoue la tête. « N'est-ce pas plutôt la réponse de mon frère que tu attends ? ».
L'outrage apparaît rapidement sur son visage. « Je ne sais pas de quoi tu parles… ». Elle prend deux grandes respirations et de grosses larmes se mettent à rouler sur ses joues.
Putain, mais comment ai-je fais pour ne pas m'en rendre compte avant ?
Alice n'est pas une femme qui pleure facilement, contrairement au canal lacrymal de Bella qui est relié à toutes ses émotions, celui de la femme postée devant lui est plus sec que le désert de Gobi. Il finit par dire. « Toutes ces excuses que tu me sortais, n'ont plus aucune raison d'être. Je suis en train de reprendre le contrôle de ma vie et Edward n'est plus aussi intéressé…. Comment est-ce que tu peux tenter de nous avoir par les sentiments ? Est-ce ta conscience qui te joue des tours ? ».
Alice grimace avant de sourire machiavéliquement. « C'est encore cette fille, n'est-ce pas ? ».
« Je ne vois pas ce qu'Angela vient faire dans l'histoire. ».
Elle continue à sourire. « Je ne parles pas de celle-là et tu le sais. Tu comptes vraiment passer après ton frère ? Est-ce que tu crois que je vais attendre que tu te fasses recaler ? ».
« Il n'y a rien entre Bella et moi ! Puis, là où tu te trompes Alice, c'est que même si je me fais recaler, ce n'est pas vers toi que j'irais. Tu fais partie de mon passé et je compte bien t'y laisser. Tout ce que je peux t'offrir est mon amitié. ».
La jeune femme jette le vêtement qu'elle tenait encore dans ses mains et s'enfuit dans sa chambre, claquant la porte derrière elle.
Un grand fracas se fait entendre, laissant supposer que l'artiste passe ses nerfs sur le mobilier. Jasper reste immobile une minute mais ne cherche pas à la consoler pour autant. Levant les yeux au ciel face au drame qu'il supporte depuis quelque temps, le jeune homme préfère retourner dans le confort de son studio.
xoxo
Edward regarde l'heure affichée sur son pc. Cela fait déjà vingt minutes que Bee a fini son service et il n'est pas encore dans son bureau.
Non point que je compte les minutes… Putain, je deviens un vrai dingue… Bientôt, je vais me mettre à le mater quand il dort. Quoique je l'ai déjà fait.
Bee finit par arriver, fermant la porte derrière lui avec un peu plus de force qu'il ne faudrait. Quand il se tourne vers Edward, ce dernier remarque directement que quelque chose ne va pas. Ses yeux sont un peu rouges et il semble avoir perdu toute couleur au niveau du visage. Alors qu'il est prêt à se lever et avant même qu'il ne puisse lui demander, son ami affiche un sourire de façade et demande, mettant un terme à toute question gênante. « Alors quel est ton programme pour ce soir ? Une p'tite beuverie ? Peut-être un ou deux pornos ? ».
Edward prend une pause plus détendue sur son fauteuil. Ses deux mains passent derrière sa tête, se croisant sur sa nuque. « Quoi ? Nan ! J'ai commandé des strip-teaseuses… Les pornos sont fait pour ceux qui ne peuvent se permettre une pute. ». Il sourit, devant l'air outré de son camarade.
Bee lève une main en rigolant. « Ok ! Alors là, c'est quelque chose que je n'avais pas besoin d'entendre… surtout venant de toi ! ». Il s'assoit lourdement sur le fauteuil en face du bureau de son patron.
Edward se redresse, posant ses coudes sur le bureau, les mains liées. « Tu l'as cherché. ». La tête posée sur ses phalanges, il demande sérieusement. « Et, si j'annule mes callgirls et que tu me trouves quelque chose de plus intéressant à faire ? ».
Bee copie ses mouvements, afin de se rapprocher. « Etre plus intéressant qu'une poule de luxe ? Merde… C'est placer la barre très haut ça, dis donc. Tu as une sacrée confiance en moi ! ».
Son patron semble réfléchir un instant avant de répondre. « Non aucune à vrai dire mais… ça peut être sympa de te voir te démener pour me divertir. ».
Bee finit par se lever et lui tend la main afin qu'il fasse de même. « Si tu m'offres un verre ou je dirais même quatre, je suis prêt à danser sur une table. ».
Edward prend le temps de fermer la porte à clef et demande discrètement. « Est-ce que je dois prévoir de la petite coupure pour glisser des billets dans tes sous-vêtements. ».
Son ami éclate de rire tout en se dirigeant vers la grande porte. « T'es con, Cullen. ». Il semble maintenant de bien meilleure humeur mais Edward ne cesse de se demander ce qui peut le tourmenter à ce point.
« Au fait, tu n'avais pas quelque chose à me raconter depuis hier matin ? ».
Bee se mord la lèvre, son air sombre soudainement de retour. « Hum… On voit ça après, d'accord ? ».
Une bonne heure plus tard, le couple se retrouve perché dans la grande roue du front de mer de Seattle. Un sac en papier froissé et une bouteille de vin déjà bien entamée sont les seuls restes du dîner qu'ils ont partagé dans l'attraction.
Edward est affalé sur la banquette, en pleine digestion d'un superbe sandwich peppéroni et copieusement arrosé d'un vin doux italien. La tête de Bee repose sur ses cuisses et il tape le rythme de la musique, qui s'échappe de son téléphone, du bout de ses doigts.
Cet instant est plus que magique. Jamais il ne se serait cru capable de rester ainsi, dans cette bulle de verre, à ne rien faire que profiter de la présence de l'autre, sans se jeter dans le vide. Il adore regarder le jeu d'ombres et de lumières qui dansent sur le visage de Bee et comment son regard change en fonction des idées qui passent dans sa cervelle de moineau.
James a raison, je suis complètement accro.
Son baiser est doux lorsque son voyou préféré l'attire contre lui. Juste un bruissement de ses lèvres contre les siennes. Il pose ensuite sa main contre sa joue, insistant pour explorer sa bouche. Bee s'écarte à peine, le regardant avec insistance. Quand Edward s'interroge sur ses intentions, il pose sa main sur ses lèvres et murmure. « Ne t'inquiète pas. Je veux juste me rappeler de ce moment. Chaque minute de ce moment. ».
La roue finit son tour et Bee s'installe vite sur la banquette opposée à celle de son patron. Quand ils sont presque en bas, il fait un petit signe au machiniste et celui-ci passe leur 'bulle', laissant les gens monter dans les suivantes. Edward demande. « Et comment est-ce que tu as fait pour nous réserver une place dans cette roue ? ».
Bee sourit. « Les magiciens ne divulguent jamais leurs secrets. ». Devant l'air boudeur de son patron, il explique. « Ses fils participaient aux cours que je donnais dans le dojo. Et lorsqu'il a eu du mal à payer, je les laissais venir gratuitement. ». Une fois qu'ils sont à bonne hauteur, Bee reprend sa place auprès de lui. Il ferme les yeux et semble encore perturbé. Il soupire. « J'ai l'impression que c'était il y a une éternité. Le dojo, les petits boulots... ma vie avant les princes… ».
Edward sent ce nuage sombre qui plane au-dessus d'eux mais il préfère profiter de ce moment plutôt que de se confronter aux problèmes qui arrivent. Il ferme les yeux à son tour mais, à chaque fois qu'il jette un coup d'œil en direction de Bee, il réalise que les orbes dorés sont fixés sur lui plutôt que clos, avant de tourner un peu sa tête en souriant.
Le sang monte aux joues du patron. Comment peuvent-ils être aussi bien ensemble ? La bulle de verre de la grande roue est l'exacte image qu'il se représente de leur relation. Mais c'est juste à ce moment que la roue se stoppe et qu'ils doivent sortir… rejoindre le monde réel. Le gong d'une cloche retentit à plusieurs reprises, annonçant la fin des festivités du soir.
Tu parles d'une prédiction…
Avant même qu'il ne mette le pied dehors, Bee lui demande. « Est-ce que tu sais combien je t'aime ? ».
Comment fait-il pour poser cette question sans retenue, comme s'il demandait l'heure ?
Son ami n'attend même pas de réponse à sa question et il avance d'un pas rapide vers la Volvo garée à proximité. La foule quittant la zone portuaire les sépare un instant, mais il sait qu'ils finiront par se retrouver.
Lui, marche plus doucement, profitant de la brise nocturne. Depuis que le petit voyou est entré dans sa vie, il semble revivre. Edward en vient même à se demander comment il parvenait à vivre avant.
Leurs baisers, jeux de regards et contacts journaliers ont développé, chez le plus jeune des frères Cullen, une dépendance qu'il n'imaginait même pas. Et maintenant, il en veut plus, bien plus et c'est tellement frustrant. Ça le rend même dingue.
Est-ce une vengeance divine ? Lui qui a toujours profité des filles puis des femmes qui passaient sous son radar, est maintenant à la merci d'un mec. Comme beaucoup d'ados, il a eu son quota de pornos, de filles faciles et relations passionnelles avec sa main droite, mais jamais il n'aurait eu l'idée que… Maintenant, tout ce qui l'intéresse est Bee et sur des points qui ne l'aurait même pas effleuré auparavant.
Tap !
Tap !
Edward grommelle, retenant le doigt de Bee qui cherche encore à se planter dans sa joue. « Tu vas arrêter ça ? ».
Bee se replace correctement dans son siège en riant. « Peut-être si tu évites de t'endormir au volant. Ça fait trois fois que je t'appelle et que tu ne réponds pas, Cullen. ».
Il serre ses mains sur le volant. « Et donc ? ».
Bee demande. « Est-ce que te tu peux me ramener au café ? Je dois récupérer ma moto si je veux rentrer chez moi. ».
N'avaient-ils pas prévu de passer toute la soirée ensemble ?
Edward préfère céder sans demander pourquoi. L'humeur de Bee semble changeante ce soir. « Ok… de toutes les façons, on se voit demain, non ? ».
Son ami répond par un hochement de tête, son visage exprimant clairement une profonde mélancolie. Le reste du voyage se fait silencieusement. Une fois devant le café, Bee descend de voiture. « Ne t'inquiètes pas, ça ira mieux demain… là… Je suis fatiguée. ».
Edward sort rapidement de la Volvo et le retient par le bras. « Qu'est ce qui ne va pas Bee ? Parle-moi. ».
xoxo
Les yeux de Bella s'écarquillent comme des soucoupes. Elle se tient droite et se libère de l'étreinte de son petit ami. Sa voix se fait plus aigüe. « Oh putain, tu as vu l'heure ? ».
Cullen est surpris. « Je me fous de l'heure qu'il- ». Remarquant son regard fuyant, il finit par céder. « Ah ?! Il est déjà si tard ? ».
La jeune femme saisit le casque accroché à la Ducati. « Ouais, il est temps que je rentre chez moi. ».
« Est-ce que tu veux que je te suive sur une partie du chemin ? Tu me semblais assez fati-. ».
Bella lève sa main et hoche la tête négativement. « C'est bon ! Je peux rentrer tout seul. ». Posant sa main sur l'épaule de son patron, elle s'empresse de démarrer sa moto. Le puissant moteur donne l'effet escompté. « On se voit demain… Je te dirais tout demain, d'accord ? ».
« Bien. ».
Le fait qu'Edward n'ait pas bougé alors qu'elle-même est déjà au bout de la rue, prouve que son départ précipité a eu l'effet escompté. Le cliché plus communément appelé Esquive Rotative. Comment a-t-elle pu faire une chose pareille ? Leur soirée était si géniale, si intense… comment est-ce qu'elle aurait pu…
Moins de dix minutes plus tard, la Ducati noire et jaune montre des signes de faiblesse avant de s'arrêter pour de bon.
Bella descend de l'engin et fait les cent pas tout autour. Sa colère, sa tristesse et son angoisse menacent de prendre le dessus. « Quoi ? Toi aussi tu vas me lâcher ? Je sais que j'aurais pu lui dire. Mais merde, personne ne peut comprendre que j'ai peur que tout se termine ?! ».
Acceptant son manque de chance, la jeune femme retire son casque et pousse la moto jusqu'à chez elle.
Tu parles d'une punition divine.
xoxo
Le lendemain matin, Bella inspecte sa Ducati dans la cour de sa maison avant de pénétrer à l'intérieur. Elle y retrouve Rosalie qui étale des pièces de moto nouvellement reçues, qu'elle inspecte consciencieusement.
« Tu sais qu'Em vient dîner. Est-ce que tu peux être là ? ».
Bella s'assoit en face de sa sœur et plaçant sa tête entre ses mains, soupire profondément. « Je suis du soir. Mais, je te tiens au courant. ».
Enfin, tout dépend de la réaction d'Edward quand je lui dirais la vérité…
Elle reste là, l'œil morne et les taches sombres sous ses yeux sont une preuve concrète de la mauvaise nuit qu'elle a passé. Sans même perdre sa concentration, Rose lui demande ce qui ne va pas, enfin en dehors du fait qu'elle a une moto en panne, un mec qui va surement la lourder et, des parents qui comptent retourner dans une ville maudite.
En effet, ça ne peut qu'aller.
La jeune femme relève sa tête, des traces de stress évidentes sur son visage. « Merde, mais tu ne te rends pas compte ! Je dois lui dire aujourd'hui ! Il va me tuer. Quand il va se rendre compte que j'ai menti, il va me tuer. ». L'alarme de son téléphone se met à retentir. Bella le prend et ses yeux s'élargissent un peu plus. « Putain et voilà que maintenant je suis en retard. Mon service commence dans dix minutes ! Et je suis encore là ! Merde, il faut que je me change ! Il faut que je… Que je me bouge ! Je suis en retard ! Il aura vraiment une raison de me virer ! ». Elle se lève et monte les escaliers en courant, pour les redescendre cinq minutes plus tard, le bras coincé dans une manche de sa chemise.
Rosalie secoue sa jolie tête blonde, levant à peine la voix, elle finit par dire. « Je doute que tu te fasses virer pour si peu. ».
« Arrêtes, je suis plus en retard que le lapin blanc ! ».
« Et aussi dingue que le chapelier fou. Puis, s'il te vire, tu pourras toujours trouver du taf ailleurs alors arrêtes de paniquer. Tu es tellement polyvalente que tu trouveras toujours une solution. Puis, si ce que Emmett m'a dit est vrai…. Ce mec est aussi accro que toi.».
L'empressement de Bella se calme d'un coup. « Quoi ? Emmett t'a parlé d'Edward ? ».
Rosalie lâche la pièce de métal qu'elle tenait dans la main, l'air gêné. « Hum… Pas si ça te dérange, enfin tu vois ce que je veux dire. ».
Bella sourit. « T'inquiètes. Emmett est vraiment cool et ça ne me dérange pas plus que ça. ».
Sa sœur se lève de sa chaise, rangeant son matériel dans un carton qui traîne sur la table. « Tant mieux car il est là pour longtemps. ». Son sourire carnassier indique déjà que Bella va passer un mauvais quart d'heure. « J'adorerais parler un peu plus avec toi mais, tu risques de me faire tomber dans ton terrier magique en direction du Pays des Merveilles surtout que tu es à pieds ma grande. ».
Un petit cri d'effroi s'échappe de la gorge de Bella. « QUOI !? Tu n'as toujours pas réparé mon bébé ? ».
Rosalie se place devant elle. « Excuse-moi. ».
La brune reste plantée devant elle. « Ben oui ! Tu as raison de t'excuser et comment je vais faire sans ma moto ?! ».
Rose lève un sourcil perplexe. « Non, je veux juste passer. Sinon, pour le reste c'est de ta faute ! Je te l'ai dit au moins trois fois qu'elle avait un problème mais vu que madame vit sur un petit nuage gris, on ne fait plus attention à ce que je dis. ».
Bella retire les bottes qu'elle venait d'enfiler pour saisir ses baskets. « OK, je suis désolée ! Je stresse tellement que je deviens dingue et c'est tellement facile de reporter ça sur quelqu'un d'autre… ». Son téléphone sonne encore et elle s'écrit. « Purée ! Je suis en retard ! Souhaite-moi bonne chance ! ».
Alors que la porte claque derrière elle, la jeune femme n'entend pas sa sœur qui murmure. « Ma pauvre chérie, ce n'est plus de la chance qu'il te faut mais un miracle. ».
xoxo
Lorsque Edward entre dans le café, il remarque Bee au bout de la pièce, près de l'escalier menant à l'étage. Son employé semble discuter avec une cliente. Lorsqu'il lève la tête, il finit par capter son regard. Levant un doigt à son attention, il l'incite à le rejoindre. Edward a à peine le temps d'hocher la tête qu'il est intercepté par Emmett qui lui demande confirmation sur les livraisons du midi puis, par des clients. Répondant brièvement, Il lève la tête, pour se rendre compte que Bee a disparu.
Vu le monde, il sait que cela ne va pas être facile d'obtenir ne serait-ce que cinq minutes en sa compagnie mais là, il en a vraiment, réellement envie.
Évitant James et ses plateaux chargés de commandes ainsi que la clientèle qui afflue, Edward passe difficilement la grande salle pour atteindre l'escalier. Il grommelle des excuses plus ou moins… enfin peu sincères quand il bouscule des clients et monte enfin les escaliers.
Bee ne semble pourtant pas être là. Il redescend et Billy lui indique que Bee est de l'autre côté de la salle. Ne pouvant l'interpeller, Edward avance vers lui mais dès qu'il n'est plus qu'à quelques pas, Bee laisse la table qu'il gérait pour filer vers la cuisine. Son clin d'œil moqueur donne le ton à cette situation.
Alors comme ça, il veut jouer ?
Tels Tom et Jerry, dans une salle remplie de clients, Edward tente à plusieurs reprises d'obtenir l'attention de Bee jusqu'au moment où il parvient à le bloquer dans la réserve.
Sans aucune autre sortie que la porte située derrière lui, Edward sait que là, il a gagné la partie. Il ne faut pas moins d'une minute avant que Bee ne se rende compte que son patron l'attend. Edward lui saisit les bras, l'obligeant à poser le sac de grains de café qu'il était venu chercher, avant de le pousser contre une des étagères, les occultant de la lumière de la grande salle. Il chuchote. « J'ai gagné. ».
Bee secoue doucement la tête. « Nan. C'est moi. ».
Un des sourcils de son patron se redresse. « Comment ça ? ».
Repoussant la frange, bien trop longue, qui lui obscure la vue, Bee déclare en souriant. « Bien sûr… Tu ne sais pas que les meilleurs prédateurs sont ceux qui ont leurs proies qui tombent directement dans leurs filets ? ».
Une moue boudeuse apparaît furtivement sur le visage d'Edward, outré d'être entré dans son jeu. « Alors comme ça je ne suis qu'une proie ? Et maintenant que je suis à ta merci, que comptes-tu faire de moi ? ».
Un petit rire se fait entendre alors que les yeux malicieux de Bee ne quittent point les siens. « Je pensais accrocher ta tête au mur de mon salon… Un Cullen, entre le tigre et le lion qui sont déjà exposés, serait le clou de ma collection mais en fait…. ». Son regard doré quitte le sien pour descendre vers sa bouche. Ses lèvres se rapprochent de celles d'Edward, mêlant leurs souffles. « Je crois que je préfère te dévorer. ».
Le cœur d'Edward manque un battement et sa respiration devient saccadée, comme si ces pratiques innées n'étaient plus si habituelles. Il répond, sa voix légèrement hésitante. « Me faire dévorer par un agneau… Je crois… Je pense que j'aimerais vraiment ça. ».
Bee l'attire doucement contre lui, ses joues vermillon montrant, tout autant, combien la situation échappe à tout contrôle. Sa main passe sur la nuque de son patron et l'oblige à se mettre à son niveau. « Prends garde. Si je t'attrape, je ne te lâcherais plus. ».
Juste avant que leurs lèvres ne se touchent, Edward soupire. « C'est une promesse ? ».
« J'y compte bien. ».
xoxo
Bella n'en revient toujours pas du courage qu'elle a eu à agripper et embrasser son patron ainsi. Elle ne se savait pas aussi couillue mais en sa compagnie, elle perd de plus en plus les pédales.
Surpris, au début, Cullen ne réagit pas ou semble juste parti pour un simple baiser. Elle pensait presque qu'il la repousserait mais il ne l'a pas fait. Bien au contraire.
Bella est ravie lorsqu'il répond à son baiser avec une fougue identique à la sienne. Il l'embrasse avec force et une intensité qui lui retire presque tout l'air de ses poumons, déjà comprimés par les bandages qu'elle supporte. Ses lèvres la réclament autant qu'elle le désire et à mesure de leur étreinte, leurs corps se resserrent un peu plus l'un contre l'autre.
Une des mains de la jeune femme glisse sous son bras et elle pose sa main sur le dos d'Edward, retenant légèrement le tissu entre ses doigts. Il passe doucement sa langue sur la lèvre boudeuse avant de se concentrer sur l'intérieur de sa bouche. Bella lui offre l'accès volontiers, touchant du bout de sa langue celle de son patron. Les doigts de sa main libre sont maintenant entremêlés dans ses cheveux et son dos se cambre à mesure qu'elle désire être au plus près de lui.
Toute cette situation est tellement intense que les paupières de Bella ne cessent de papillonner. Son esprit est si embrumé qu'elle peine à reprendre son souffle et qu'elle se sent prête à défaillir. Repoussant légèrement Cullen, elle soupire. « On ne doit pas… Je ne peux pas continuer ainsi… Il faut que… Il faut que je te dise quelque chose… ».
Cullen l'embrasse à nouveau, aspirant doucement sa lèvre inférieure, avant d'entamer une descente suave vers son cou. Sa voix est rauque. « Plus tard… ». Il embrasse, aspire et couvre de baisers la colonne douce qu'elle expose en penchant légèrement sa tête. Il sait bien que c'est ni le lieu ni le moment de faire des choses pareilles mais le jeune homme s'en moque carrément. Ses dents mordillent la base du cou de Bella et là…. Là elle sait qu'elle est perdue. Il passe sa langue une fois, puis deux sur la morsure et elle laisse échapper un soupir de contentement.
Instinctivement, la jeune femme relève un peu sa jambe, se frottant contre lui et Cullen s'en saisit, la pinçant presque quand sa main agrippe fermement sa cuisse. Elle prend le temps de le regarder.
Même dans la pénombre de la réserve, Cullen est plus que magnifique. Ses yeux sont brillants et leurs pupilles, dilatées par l'obscurité et surement le désir qu'il tente tant bien que mal de maîtriser, sont brillantes. Ses cheveux, d'habitude savamment arrangés, sont ébouriffés par le passage de leurs mains. Sa bouche, rendue pulpeuse et rose par leurs baisers, s'étend en un sourire plein d'ironie, dévoilant légèrement ses dents blanches. Son torse se soulève et s'abaisse au même rythme que la poitrine qu'elle maintient difficilement comprimée sous les deux couches de vêtements qu'elle porte.
Bella l'attire contre elle. Cette fois, il s'aide de ses deux mains afin de la soulever, la mettant un peu plus à sa hauteur. Reprenant sa place de femme dans leur couple, elle se cambre, ses hanches ondulant de désir à peine contenu. Cullen y répond tout aussi naturellement.
La raison et le cœur de Bella subissent un combat acharné. Sa raison, pour le fait que la jeune femme souhaite dire la vérité à haute voix et non physiquement tandis que son cœur menace de s'arrêter si on lui coupe l'accès aux festivités qui ont cours actuellement. Cela fait si longtemps que Bella ne s'est pas sentie si désirée qu'elle est à la limite de la combustion spontanée et son cœur est prêt à accepter tout l'amour qu'on peut lui offrir aussi mensonger soit-il.
Alors que son esprit est en plein débat et que son corps donne et reçoit de l'attention, un élément extérieur au couple vient éclater leur bulle. La porte de la réserve s'ouvre et la voix de Billy se fait entendre. « Bee, tu sais qu'avec de la lumière, vous trouverez plus facilement les sacs de cafés… ». Il se gratte la gorge pour s'empêcher de rire. « Il fait une de ces chaleurs là-dedans, vous allez réussi à me torréfier ces grains sans machine, dis donc. ». Sans même attendre une réponse du couple, la porte se referme aussi vite qu'elle s'est ouverte.
Bella se mord la lèvre pour éviter d'éclater de rire. « Cullen ? ».
Le jeune homme reste sans bouger, la tête enfouie dans son cou, posant de petits baisers le long de la courbe jusqu'à son épaule. « Quoi ? ».
« Il faut qu'on y aille. ».
Il secoue la tête doucement. « J'ai pas envie. ».
« Tu sais qu'il y a des endroits plus sympas pour faire ce genre de… hum… trucs ?! ».
Il semble hésiter encore un instant avant de se redresser et surtout de la reposer à terre. « Bon d'accord. ». Elle embrasse sa joue et, du plat de ses mains, essaie de remettre un peu d'ordre dans leurs tenues.
« OK… On est bon. ».
xoxo
La journée continue de passer tranquillement et le café ne désemplit pas une minute.
Lorsqu'ils finissent par avoir une pause, Cullen entraîne Bella dans son bureau, dont il verrouille rapidement la porte afin que personne ne les dérange encore. Il semble insatiable.
Elle le regarde d'un air inquiet. « Cullen… Tu planes ou quoi ? ».
Cullen hoche la tête, en souriant de toutes ses dents. « Non, non t'inquiète pas. Je vais bien. ». Comme pour lui prouver ses dires, il se penche et l'embrasse. Et encore, et encore, et encore. Ses mains se croisent avec celles de Bella avant qu'il ne dise. « Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?... Je n'y peux rien. C'est comme si je ne pouvais plus m'empêcher de te toucher… ». Il pose une de ses mains sur la joue de la jeune femme qui penche sa joue pour en savourer pleinement la chaleur. « … De t'embrasser… ». Et cette fois, ce sont ses lèvres qui établissent un contact.
Bella est emportée. Laissant échapper un gémissement, elle murmure. « Je t'aime Cullen. ».
Edward reste figé. Ce n'est pourtant pas une surprise, car elle lui a déjà dit mais, à cet instant précis, il semble comprendre enfin la profondeur de ses sentiments. Les secondes passent et le jeune homme n'a toujours pas fait un quelconque mouvement. Les sourcils de Bella se froncent quand la chaleur du corps de Cullen quitte sa proximité et ses yeux s'ouvrent, quittant la plaisante obscurité dans laquelle ils étaient plongés, pour le voir en train de la regarder avec étonnement.
Ce n'est pas comme si elle venait de lui dire la vérité. Enfin, ce n'est pas un mensonge… l'autre vérité… Enfin, faut suivre et là… même Bella a beaucoup de mal à ordonner ses idées. C'est dur d'avoir des pensées cohérentes quand vous savez qu'un Cullen vous attend au détour d'un coin pour tenter de vous ravager.
La vie est vraiment dure pour certaines…
Il finit par marmonner quelque chose d'incompréhensible. Elle tend l'oreille, demandant. « Quoi ? ».
« Redis-le. ».
N'étant pas sûre qu'elle n'ait pas dit une connerie à voix haute, elle s'inquiète. « Dire qu… ? ».
Il répète. « Redis-le. ». Le jeune homme semble tendu, redevenu sérieux en l'espace d'un instant.
Bella sourit, toujours sûre d'elle lorsqu'il s'agit de ses sentiments pour son patron. « Je t'aime Edward Cullen. ».
Cullen ferme les yeux et recule de quelques pas, l'entraînant dans sa chute sur le canapé situé derrière lui. En un instant, elle se retrouve sous lui, alors qu'il embrasse chaque centimètre carré à portée de ses lèvres. La main de Bella se resserre sur sa chemise, possessive et il marmonne. « Si tu savais combien je t'aime aussi. ». Retirant la frange qui lui barre la vue, sa voix se fait plus douce. « Tu ne peux même pas imaginer… ».
S'il m'aime aussi alors mon mensonge ne changera rien entre nous, pas vrai ?
La jeune femme réprime un gémissement alors qu'il lui penche la tête pour accéder plus aisément à son cou. Elle pose sa main sur son genou, et ferme les yeux, alors que les doigts de Cullen se déplacent de son cou descendant doucement le long de ses bras.
Bella sait qu'ils s'aventurent dans un territoire dangereux et que dans leur excitation, son patron risque de découvrir son secret. Vu sa position actuelle, il en faut peu avant qu'il ne se rende compte qu'elle manque d'attributs masculins. Mais, elle ne possède plus beaucoup de contrôle le concernant. Ils passent tant de temps ensemble, qu'éviter ce genre de situation, n'est plus véritablement possible et surtout que cela finira surement en combustion spontanée si elle ne cède pas rapidement à ses pulsions.
Ils s'embrassent encore durant de longues minutes, jusqu'au moment où la jeune femme finit par réprimer plusieurs bâillements. Son patron sourit et demande. « Tu sembles déjà si fatigué alors que tu es censé travaillé cet après-midi et ce soir. ».
Bella, restée à califourchon sur lui, pose sa tête doucement sur son épaule, se blottissant contre son cou. « hmm… J'ai eu pas mal d'émotions ce matin et… Hmm, tu es confortable. ».
Cullen sourit, lui ébouriffant les cheveux. « Donc je ne suis qu'un fauteuil, c'est ça ? ».
« Un fauteuil qui paie bien en plus. Je ferme les yeux, juste une petite seconde, et je suis à toi. ».
Moins de deux minutes plus tard, Bella ronfle, bouche ouverte, contre lui.
xoxo
Edward est atterré. Comment a-t-il fait pour se retrouver avec ce mec.
Il passe son temps à manger, dormir, manger, dormir….
Bee bouge doucement, cherchant, dans son sommeil, à être plus confortable. Ces mouvements accompagnés de soupirs, bien qu'innocents, ne font qu'éveiller un peu plus l'envie latente du jeune homme. Ils ont déjà passé des nuits ensemble mais est-ce que Bee serait prêt à aller plus loin ?
Est-ce que moi-même je suis prêt à faire une chose pareille ? Et si ça ne fonctionne pas entre nous ?
Il se redresse un peu, réveillant son ami. Devant son air confus, il bougonne. « Quoi ? ».
Bee se frotte les yeux du plat de ses mains. « Pourquoi tu me regarde comme si j'allais disparaître dans un nuage de fumée ? Même dans mon sommeil, j'entends les rouages de ton cerveau dérangé qui tournent à plein régime. ».
« Et ça ne te dérange pas de dormir sur moi ? ».
Bee se gratte la tête avant de bailler à s'en décrocher la mâchoire. « Non, pas plus que ça. ».
« Tu sais que je pourrais profiter de toi durant ton sommeil ?! ».
Les joues de Bee prennent une jolie couleur rosée et sa voix se fait plus douce quand il répond. « Tu peux le faire aussi quand je suis éveillée alors ça ne me dérange encore moins. ».
Edward se mord la lèvre, incapable de répondre sans avoir envie de lui sauter dessus directement. Mais avant qu'il ne saute le pas, Bee le retient. « Mais avant… il faut qu'on parle. Tu sais combien notre relation est importante pour moi et j'espère que ce que je vais te dire ne changera rien… ».
Un éclat de rire surgit de la gorge d'Edward. Voir Bee aussi sérieux, tout en étant assis sur ses genoux, il a du mal à croire qu'il y ait quelque chose de grave. Mais, dans les secondes qui suivent, lorsque son ami se dégage pour s'asseoir à ses côtés, il comprend que le moment est plus dramatique qu'il n'y parait.
xoxo
Bella ne sait plus comment faire. Est ce qu'elle va enfin réussir à sortir ce putain de boulet qui plombe leur relation un peu plus chaque jour? Quand Edward reprend son sérieux, il demande. « Alors qu'est-ce que tu as à me dire de si important ? Tu n'as pas quelqu'un d'autre dans ta vie, j'espère… ».
Elle reste un instant outrée par sa question et avant qu'elle ne puisse répondre, le téléphone d'Edward se met à sonner. « Oh putain, ce n'est pas possible. ». Dans une rage vengeresse, elle saisit l'appareil et refuse l'appel.
Cullen reste les yeux écarquillés devant la scène. Il dit doucement. « Okayyy… Qu'est-ce qui se passe Bee. Je sais qu'on court dans tous les sens depuis ce matin, mais là je suis là. ». Le téléphone se remet à sonner. « Enfin, dès que j'aurais répondu à cet appel. C'est le général, je suis obligé de répondre. ».
Bella acquiesce. Comment dire non à Esmée Cullen ? Puis, ce n'est pas comme si elle n'avait pas plusieurs mois de retard pour faire sa déclaration alors, cinq minutes de plus ou de moins…
Elle sort de la pièce pour le laisser discuter en privé et part retrouver Emmett dans le vestiaire. Qui de mieux que ce grand babouin pour lui faire retrouver le sourire ?
xoxo
Bella tape du poing à la porte du vestiaire. « EMMETT ! Tu m'ouvres la porte s'te'plait !».
De l'autre côté, une voix étouffée répond. « Juste une petite seconde ! J'ai presque fini. ».
Quand Seth arrive auprès d'elle, la jeune femme surenchérit. « Il y a la queue maintenant ! Tu ne pouvais pas découvrir les joies de la masturbation à treize ans comme tout le monde ?! ».
Bien qu'ils soient séparés, le grognement outré de son gorille de collègue est clairement entendu. « Oh pitié ! Trois secondes ! ».
« Tu n'en demandais qu'une tout à l'heure ! ».
La porte s'ouvre brutalement laissant apparaître un Emmett fringuant, habillé d'un costume sombre et d'une chemise immaculée. Il tire un peu sur les manches puis sur le col, visiblement mal à l'aise d'être ainsi accoutré.
Bella l'admire. « Wouah Em ! Tu vas te marier ? ».
Son sourire est malaisé quand il répond. « Je dîne chez beau-papa, ce soir. Je veux faire bonne impression. ».
Elle éclate de rire. « Je le savais déjà mec… C'est un jogging que tu aurais dû mettre. Parce que lorsque tu vas te présenter comme le mec qui couche avec sa petite Rose adorée, le paternel va surement te tirer dessus avec son fusil ! Et, courir en costard, c'est pas facile. ».
« Un… Fusil ? ».
Seth sourit. « Ah Rose ne t'a pas prévenu ? C'est un critère de sélection chez les Swan… il faut courir plus vite que les balles. ».
xoxo
Alors qu'il s'approche du groupe afin de subtiliser Bee, mais James l'intercepte avant, l'entraînant à l'écart de la foule. « Alors, comment tu supportes la nouvelle ? ».
Edward le regarde perplexe. « Pardon ? ».
Son ami continue, remettant une de ses mèches blondes en place. « Franchement quand je l'ai su, j'aurais pu la tuer mais bon, c'est Bee. ». Il commence à faire les cent pas autour de lui. « Je ne comprends pas comment on a fait pour ne pas s'en rendre compte avant ! Tu te rends compte ?! Elle nous a pigeonnés tout ce temps. Mais bon, tout ça pour dire qu'il ne faut pas lui en vouloir. C'est la personne que tu aimes, on peut pardonner ce qu'elle a fait, pas vrai ? ».
Ils avancent jusqu'au comptoir et Edward est de plus en plus perdu. Il finit par demander. « Mais de quoi est-ce que tu parles ? ». Est-ce en rapport avec l'humeur sombre de Bee ces derniers temps ? James serait déjà au courant mais pas lui… Qu'est-ce qu'il a de si dur à annoncer ?
Billy lève les yeux vers eux, comprenant l'incident diplomatique qui vient de se produire. Il secoue la tête, continuant à essuyer un verre.
James reste figé. « Mais, de Bee… ou devrais-je dire Bella. C'est une fille. Elle t'a tout dit hier soir, pas vrai !? C'était déjà un choc pour moi alors je n'imagine pas pour toi ! ».
Le sourire de son ami et patron est mitigé. « Tu dis vraiment n'importe quoi ! OK, c'est une crevette mais au point de dire que c'est une fille. Tu vas trop loin. Puis, fais gaffe, je l'ai déjà vu en colère…». Il mime un coup de poing. « Il met Emmett KO. ».
James soupire avant d'expirer fortement. « Ne me dis pas qu'elle n'a rien dit. Oh ! putain de merde ! ».
A ce moment, Billy hésite entre lui taper la tête contre le zinc ou directement donner les couilles de James à son chien.
Edward reste incrédule. « Arrête un peu tes conneries. Bee est ce qu'il est mais rien de plus ou de moins. ».
James joue cartes sur table, surtout maintenant qu'il a déjà fait sa gaffe. « Bee est une fille et l'a toujours été. Tout le monde est au courant. ». Il montre le vieux gérant. « Billy… ». Puis en direction de la cuisine « Seth… ». Et finit par le vestiaire. « Et même ce crétin d'Emmett. ». Il se tourne vers son ami. « Tout le monde le savait sauf toi et moi, Eddie. ».
Edward remarque le regard fuyant de Billy mais ne dit rien.
C'est absurde, pas vrai ?
Le serveur continue sa diatribe. « Et on ne s'est rendu compte de rien. Est-ce que tu as déjà vu ses papiers ? ».
En proie au doute, son ami répond doucement. « Non, c'est Billy qui gère l'administratif… je n'ai jamais accès à ce genre de détails. ».
James insiste. « Et toutes les sorties qu'on a pu faire. Elle restait toujours à l'écart. Je pensais juste que c'était un mec super pudique mais en fait, c'était totalement autre chose. On ne l'a jamais vu ne serait-ce que torse nu, pas vrai ? ».
Edward fait non de la tête. Non, non, non. Il ment.
Des éclats de rire viennent du vestiaire, où le reste des princes sort gaiement. Les garçons avancent vers le comptoir, prêt à partager leur bonne humeur. Edward reste les yeux fixés vers l'un d'entre eux.
Bee.
La voix de Blondie continue de le travailler, détruisant peu à peu toute sa confiance. « Puis, il n'est pas vraiment taillé comme un mec. Bien que super sportif, il reste baguette. Ou le fait qu'il pleure si facilement. ».
xoxo
Bella s'approche et remarque vite l'ambiance glaciale provenant du comptoir.
Elle vient de comprendre. James est en train de dévoiler son secret. Elle croise le regard de son patron. Leurs yeux restent scotchés. Les autres personnes semblent fondre dans le décor.
Il murmure. « Bee. ». Avançant doucement vers elle, son visage exprime toutes les émotions qui le traversent.
James tente de le retenir tandis que Billy, Seth et Emmett se contentent d'observer la scène.
La jeune femme reste plantée là, n'osant aller plus loin et Edward est juste devant elle. « Regarde-moi. Bee… ».
James et Seth prennent sur eux de gérer les clients, insistant sur le fait que ce moment doit rester privé. Emmett reste à proximité, ne sachant quoi faire si la situation venait à dégénérer.
Bella regarde autour d'elle comme la Terre semble continuer à tourner alors que son monde, à elle, vient de s'arrêter net.
Edward redemande son attention. « Bee. James vient de me dire quelque chose de dingue. Tu serais une femme… Est-ce que c'est le cas. Est-ce que tu es vraiment une femme ?». Un petit rire distrait sort de sa gorge, prouvant qu'il ne veut pas forcément y croire. Qu'un simple mot de sa part suffirait à faire repartir leur monde dans les bons rails.
Bella reste les yeux fermés, les serrant tellement fort, que des petits éclairs flashent sous ses paupières. Sa respiration se fait haletante.
Edward s'emporte. « Je t'ai posé une PUTAIN DE QUESTION, BEE ! Qui es-tu vraiment ? Est-ce James qui a raison ? ».
Elle finit par acquiescer doucement. Le silence dans la salle est pesant et la jeune femme entend son cœur qui tente de s'échapper de sa poitrine, l'afflux sanguin battant lourdement dans ses oreilles.
Son patron recule d'un pas, puis de deux, comme s'il venait de recevoir un coup de poing dans le ventre. Il semble perdu un instant avant de se reprendre.
Bella ouvre la bouche à plusieurs reprises mais aucun son ne sort de sa gorge.
Edward recule et lève sa main ce qui la retient de continuer leur conversation. Alors qu'elle s'approche, le jeune homme fait mine de ne pas la remarquer et continue à marcher pour rejoindre son bureau.
Quand Bella entre à son tour dans la pièce, elle retrouve son patron en train de faire les cent pas. Comme d'habitude, des éléments qui ornent habituellement la table sont à terre, surement projetés par un accès de colère. Elle s'approche et pose sa main sur son avant-bras. « Edward… Je me moque du fait que tu veuilles me parler ou non, mais nous DEVONS en parler. ».
Il la regarde froidement. « Il n'y a rien de plus à dire. ».
Bella sait qu'elle mérite ce traitement. Depuis le temps qu'elle devait lui dire cette putain de vérité. « Qu'est-ce que tu veux que je te dise. Quand on s'est rencontré, tu m'as laissé une chance et je ne voulais pas la perdre. Et ensuite… ».
Le jeune homme, pourtant si tendre quelques heures auparavant, la repousse sans ménagement. « Arrêtes. Je me moque de tes histoires. Je l'ai déjà entendu celle-là. Je me disais bien que tout était bien trop parfait. Tu étais toujours là pour moi et en fait… Tu devais bien te marrer. Me rendre dingue avec de tels sentiments… Est-ce que ça te plait tant que ça de foutre le bordel dans ma vie ? Est-ce que c'est ce que tu voulais ? ». Sa voix finit dans un murmure. « Est-ce que je mérite vraiment un tel traitement ? ».
Elle le connait. Cullen est un mec qui explose, qui tape sur les murs et est déraisonnable alors que là, l'homme en face d'elle semble aussi froid que la glace. Cela lui fait perdre ses moyens. « Comment peux-tu dire ça ? Cullen… Edward ! On ne peut pas… Je dois tout t'expliquer… ». Son corps avance, de nouveau, vers lui, renouant un lien physique entre eux.
Il retire sa main. Sa bouche prenant un rictus de dégoût à son contact. Mais elle insiste. « Cela ne change rien à ce que je ressens pour toi. Cela ne change rien à notre relation ! ».
« Tu ne comprends pas ? C'est fini. Il n'y a pas de relation ou quoi que ce soit. Nous ne sommes plus rien. ». Les yeux d'Edward sont brillants lorsqu'il finit par dire. « Je pensais que cela serait différent cette fois, Bee… Que peut-être j'avais enfin trouvé ma place, quelqu'un… Quelqu'un en qui je puisse avoir réellement confiance. Que cette personne ne me trahirait pas, ou ne profiterait pas de moi. ». Un rire amer s'échappe de sa gorge serrée. « Mais toi… Je me rends compte que je ne sais même pas qui tu es réellement avant même que tu ne piétines mes sentiments… ».
Bella ouvre la bouche pour répondre mais il l'interrompt. « Tu écoutes, ok ? Ne dis rien… Tu écoutes… Je ne pense pas avoir ensuite le courage d'en dire plus… ». Sa main passe à plusieurs reprises dans ses cheveux, tandis qu'il rassemble ses idées. « Cela me fait mal, Bee… ça me fait tellement souffrir… Je me rends compte que tu n'as jamais été capable de me parler… et c'est tellement… dingue… injuste… cruel… Je ne sais comment j'aurais réagi mais… Tu avais largement le temps de me le dire… Tous ces moments que nous avons passés ensemble et… Putain… C'est tellement… ».
La jeune femme tente de s'approcher mais Edward tend son bras pour maintenir l'écart physique entre eux. « C'est tellement tordu. Tu m'as fait t'aimer… Tu m'as fait réaliser que je pouvais réellement aimer quelqu'un… pour ensuite me retirer ce… cadeau… ».
Il fixe son regard dans celui de la personne en face de lui. Son employé… son ami… celui ou plutôt devrait-il dire celle, qui vient de lui briser le cœur. « Je ne suis pas dégouté du fait de tes mensonges, Bee… Je suis blessé car tu m'as donné quelque chose que je ne pourrais jamais avoir. Je n'ai jamais ressenti autant d'amour dans ma vie et tu viens de m'apprendre que ce n'était pas la réalité… Que ce bonheur n'était en fait pas pour moi. ».
Il avance, passant tout près d'elle et laisse échapper un soupir une fois à sa hauteur, marquant une certaine hésitation. Puis, sans même un autre regard, Edward contourne la jeune femme avant de sortir du bureau.
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Installé au niveau du comptoir et cherchant à retrouver son calme, Edward regarde la personne qu'il pensait si bien connaitre, qui passe devant le zinc pour sortir ensuite précipitamment du café. Il plante ses ongles dans ses paumes afin d'éviter de lui courir après.
Dans un coin, Billy bougonne. « Si vous vous aimez autant, pourquoi est-ce que vous faites toute cette comédie ? ». Il jette sa serviette de service sur le comptoir et finit. « Je suis vraiment trop vieux pour ces conneries. ».
Edward n'entend pas la réplique de Seth tant il se tord le cou pour regarder Bee… Bella… reste immobile sur les marches menant à la rue. Il sent James qui s'approche derrière lui, serrant son épaule pour le réconforter. « Eddie… ». Il ne parvient pas à continuer.
Qu'est-ce qu'il y a de plus à dire de toutes les façons ?
Rien de ce qu'il pourrait dire ne pourrait retirer cette douleur lancinante. La main d'Edward couvre un instant celle de son ami avant de lui retirer. « Laisse-moi un peu de temps, d'accord ? ».
« Je comprends. »
Edward se lève, fébrile. Il passe la cuisine et se dirige vers la réserve, ne désirant rien d'autre qu'un simple moment solitaire, où il peut se reprendre.
Il entre dans la pièce sombre, et ferme la porte derrière lui. Quelques secondes plus tard, il avance de manière aveugle à l'intérieur.
Maintenant qu'il est complètement seul, le semblant de contrôle qu'il exerçait part en fumée. Tombant à genoux, Edward est pris de soubresauts. Une envie de pleurer le submerge mais il n'y parvient pas. La douleur physique prend le pas sur sa souffrance mentale. Ses mains tremblent quand il tente de s'asseoir et ses paupières brûlent des larmes qu'il ne parvient plus à retenir.
Je l'ai laissé partir… J'aurais dû… non, elle m'a trahie… Putain, je ne sais pas…
Edward ne sait combien de temps il est resté ainsi, dans le noir. Fermant les yeux fermement avant d'y appuyer le plat de ses mains, il finit par se redresser. Sa respiration est plus calme. Ses tremblements se sont atténués.
Le jeune homme avance vers la lumière qui filtre derrière la porte menant à la cuisine et sort de sa torpeur. Ses yeux clignent à mesure qu'ils s'accoutument de la luminosité.
Seth et James sont les deux seuls présents dans la cuisine. Qu'ils aient entendu ou non sa détresse, aucun des deux princes ne le montrent. Passant ses collègues, Edward rejoint Billy et s'excuse auprès de lui car il ne se sent pas capable de continuer à travailler.
Il traverse la cour, remarquant, malgré lui, l'absence de Bee.
Une fois en voiture, il ne cesse de repenser aux moments qu'il a partagés avec Bee… Bella.
C'est vrai que dès leur première rencontre, Edward doutait de l'identité sexuelle de son ami mais pourquoi est-ce qu'il… qu'elle n'a jamais rien dit ?
Comment ai-je pu être aussi stupide ? Aussi aveugle ?
Il se rappelle ces fois où Bee lui demandait sa réaction s'il était une femme, s'il l'aurait aimé s'il était une putain de femme !
Mais Edward n'en avait cure. C'était un frère, un ami.
Il finit par se garer précipitamment sur le bas-côté, n'ayant plus assez de contrôle pour conduire sa Volvo en toute sécurité. Il hurle une fois, puis deux, des larmes coulant sur ses joues.
Qu'a-t-il fait de mal pour en arriver là ?
Un souvenir précis lui revient à l'esprit. Dans sa lucidité, il saisit son téléphone et compose le numéro qu'il connait par cœur. Sans une once d'émotion dans sa voix, devenue rauque par sa gorge serrée, Edward demande. « Billy. Emmett. Seth. James et Rosalie. Qui d'autre ? ».
« Pardon ? ».
Le jeune homme tape sur son volant. « Qui d'autre était au courant ? Est-ce que Jasper le savait ? ».
A l'autre bout du 'fil', Bella renifle doucement mais ne répond pas. « Où est ce que tu es ? Je te rejoins. Il faut qu'on se voit. ».
Edward passe sa main dans ses cheveux. « Putain, dis-moi la vérité pour une fois ! Est-ce que mon frère était au courant ? ».
Bien qu'il ne puisse la voir, Bella acquiesce et souffle. « Oui. ».
Derrière le volant de sa voiture, son patron fulmine. Éteignant son téléphone avant de le jeter sur le siège passager, il démarre rapidement sa voiture, connaissant immédiatement sa nouvelle destination.
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Je sais, super longue attente, super long chapitre… j'espère avoir atteint vos attentes.
Un grand merci à Daria Dazzling et à LyraParleor pour leurs relectures !
A bientôt !
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