Coffee Prince « Café des Princes ».
Twilight, à S. Meyer & The 1st Shop of Coffee Prince, à Lee Sun Mi
Création de Selina Lex
Chapitre 24
Oolong
Seth s'approche doucement des marches. Bella est là, immobile, depuis au moins cinq minutes. Au bout de ce qui semble une éternité, il finit par demander. « Bee ? ».
Il ne sert à rien de demander si cela va car il se doute qu'après ce qui vient de se produire dans le café, il ne faut pas être un génie pour savoir que non, cela ne va pas et même pas du tout.
La jeune femme tourne son visage vers lui. « Oui ? ». Sans même attendre un autre mot de sa part, elle se redresse, déclarant. « Je… Je rentre chez moi. ».
« Quoi ? ». Le cuisinier finit par se reprendre. « Est-ce que Rose ou tes parents sont là-bas ? ».
« Je… je ne sais pas. Je n'en sais rien. ».
Il lui saisit le bras doucement. « Je ne veux pas que tu restes seule. ».
Elle ne répond pas, semblant déconnectée. Se détachant de son étreinte, Bella avance vers la rue, lui offrant un dernier regard, par-dessus son épaule, avant de se diriger vers chez elle.
xoxo
Rosalie est devant le comptoir de son traiteur préféré, et alors que l'italien comptabilise les antipasti qu'elle a choisis pour le repas du soir, la jolie blonde grimace en remarquant les dollars qui ne cessent de s'accumuler sur l'écran de la caisse enregistreuse.
Se demandant la réaction de sa sœur si elle dépasse le budget prévu, Rosalie cherche frénétiquement son portable qui sonne quelque part dans le trou sans fond que peut être son sac à main. Quand elle finit par l'attraper, la jeune femme soupire en remarquant qu'elle a raté son appel, et à voir l'écran, les trois dernières tentatives aussi. Avant qu'elle ne puisse lire son historique, le prénom d'Emmett brille à nouveau alors qu'il tente encore de la joindre. Elle répond, curieuse de savoir pourquoi il la harcèle ainsi. « Allo ? ».
La voix de son petit ami est précipitée et nerveuse de l'autre côté du 'fil'. « Oh putain merci mon dieu ! Merde, Rosie, où est ce que tu étais !? ».
La jeune femme écarte, un instant, le téléphone de son oreille, tentant de comprendre sans perdre ses facultés auditives. « Em ? Qu'est ce qui se passe ? ».
La voix de son petit ami ne baisse pas d'une octave quand il répond. « Est-ce que Bella est avec toi ! Dis-moi qu'elle est bien rentrée !? Est-ce qu'elle va bien ? Putain, on est fou d'inquiétude ! Elle ne répond pas ! Elle était bizarre et Edward est méchant et James est nul et tout va de travers et… et… et…».
Les yeux de Rose s'écarquillent d'effroi. « Ok ! Tu te calmes Em et tu me dis tout ce qui s'est passé, ok ? Mais, calme-toi ! ». Il semble que sa sœur a disparue et Rosalie comprend vite que la révélation de son identité sexuelle ne s'est pas bien passée. Ce dont elle se doutait, imaginant tout de même qu'une pointe de maturité chez son patron aurait vite calmé la chose. Ce n'est pas le cas apparemment. Une fois les détails de la révélation expliqués, elle s'empresse de mettre fin à la conversation téléphonique et de payer le traiteur afin de rentrer chez elle.
Quelques minutes plus tard, un taxi freine brutalement devant la petite maison des Swan et Rosalie s'en échappe rapidement. Elle entre dans la maison et aperçoit les affaires de sa sœur. Déposant ses sacs à la va-vite, elle jette un coup d'œil au salon et n'apercevant personne dans la cuisine non plus, ses jambes montent les marches deux par deux pour rejoindre les chambres. Plutôt que d'aller dans celle de Bella, Rose se dirige vers la sienne car connaissant sa petite sœur, si quelque chose la perturbe c'est là qu'elle ira trouver du réconfort.
Ouvrant la porte doucement, elle y voit effectivement la silhouette de Bee, emmitouflée dans sa couette. Sa respiration égale semble indiquer que la jeune femme est endormie.
Rosalie referme la porte et compose le numéro d'Emmett.
Toujours aussi affolé, il demande directement. « Est-ce qu'elle est là ? Est-ce qu'elle va bien ? Putain, attends que je mette ma main dessus et je- ».
Elle préfère l'interrompre. « Oui, elle est là, avec moi. A la maison. Merci de m'avoir prévenu, je vais prendre le relais. Ne t'inquiète pas. ».
Un soupir de soulagement se fait entendre. « Merci mon dieu ! Comment elle le prend ? ».
Bien que ce soit Emmett qui pose la question, son envie de protéger sa petite sœur est plus forte que l'amour qu'elle porte au jeune homme. Elle répond calmement. « Ça ira, ne t'inquiète pas. Em… Je suis désolée mais on reporte notre diner, Ok ? Je te laisse. Merci d'avoir appelé. ».
Saisissant l'énormité de la situation, il conclut. « Je comprends. Je suis content qu'elle soit avec toi. Je ne peux imaginer si elle devait vivre ça toute seule. Honnêtement, je me suis toujours dit qu'elle était assez forte pour assumer toute cette merde mais…. C'était vraiment flippant et quand elle est partie, on n'a pas su comment réagir…. Hum… OK, prends soin d'elle. ». Sur un ton un peu plus léger, il dit. « C'est con, tu vas me rater en costard ! J'ai l'air d'un sacré clown. ».
Rosalie sourit. « Je suis désolée. Tu sais que j'aurai adoré voir ça. ».
Comme s'il voulait être rassuré, il demande. « Ce n'est que partie remise, hein ?! Tu prends soin d'elle et tu … enfin tu comprends ? ».
La jeune femme soupire. « Bien sûr Em. A plus tard. ». Après avoir raccroché, Rose reste les yeux fixés sur son mobile puis l'éteint avant d'entrer dans sa chambre. Ses pas sont feutrés quand elle s'approche du lit et doucement, elle soulève sa couette pour se glisser dans le lit auprès de sa sœur.
Une voix tremblante demande. « Rose ? ».
Elle murmure. « Ouais, c'est moi, t'inquiète, je suis là. ».
Bella hoche la tête pour toute réponse et se blottit un peu plus contre sa grande sœur.
BAM ! BAM !
« ET MERDE ! »
Rosalie se réveille en sursaut et sort précipitamment de son lit quand elle remarque qu'elle est seule dans la chambre. Elle demande. « Bella ? ». Entendant encore du bruit, elle descend rapidement l'escalier pour voir ce qui se passe.
Elle passe le séjour, glissant un gilet sur ses épaules. Surement sa sœur, étant qui elle est, est en train de passer son angoisse dans la nourriture qu'elle trouve dans la cuisine. Mais, plus elle se rapproche et son inquiétude grandit.
Des bandelettes ensanglantées jonchent la nappe cirée de la cuisine et à mesure qu'elle en retire d'autres de ses mains abimées, Bella ne se rend même pas compte de la présence de Rosalie, alors qu'elle continue à proférer des jurons. « Putain de merde ! ».
Rose va jusqu'à la table et reste choquée devant la scène.
Bella est dans sa tenue de sport habituelle, un maillot de corps et un short aux couleurs de la police de Forks, WA. Les bandes de protection au niveau de ses tibias, plats du pied et des mains sont tous en piteux état, montrant clairement la violence qu'elle a exercée contre elle-même lors de son entrainement.
La langue de Rosalie fait entendre, à plusieurs reprises, son mécontentement par les onomatopées et les jurons qu'elle dit et ses regards outrés en rajoutent une couche à l'encontre de sa petite sœur. Ensuite, la jeune femme traine une des chaises de la cuisine jusqu'à côté d'elle. Sans un mot, elle entreprend de retirer les bandes, désinfecter les plaies et ensuite poser dessus des pansements propres. Le silence de la pièce est uniquement interrompu par quelques sifflements de douleur de Bee ou le bruit métallique des ciseaux qu'utilise Rosalie.
Au bout d'un moment, Bella dégage ses bras de son maillot trempé et le retire avec difficulté. Rose remarque combien sa sœur est encore compressée. Elle finit par parler. « Tu n'es plus obligée de porter ces bandes sur ta brassière. ».
La main bardée de pansements de Bella monte jusqu'à ses joues, essuyant des larmes traitresses. « Je sais. C'est l'habitude. ».
Rosalie prend les ciseaux et libère sa sœur du corset qu'elle s'inflige depuis des mois. Ensuite, avec un linge qu'elle mouille dans de l'eau tiède, elle s'occupe des taches de sang qui maculent les bras, le visage et les épaules de sa sœur. Comment doit-on réagir face à une telle situation ? Est ce qu'elle doit appeler ses parents ? Des amis ? Faut-il crier ou pleurer avec elle ? Non, premièrement parce que Bella n'est pas ce genre de fille et ensuite parce que la situation est loin d'être réglée.
Alors qu'elle rince le tissu ensanglanté dans l'évier, ses yeux suivent sa petite sœur. Rosalie est, tout de même, perdue car jamais Bella n'a eu besoin de réconfort. Bien au contraire, cette fille est le pilier de la maison Swan. Peut-être qu'elle lui a déjà donné deux ou trois conseils digne d'une page de Vogue mais jamais rien de bien sérieux. Reposant le linge, elle préfère éviter tout sujet fâcheux. « Tu dois avoir faim. Ça te dit de l'italien ? ».
Bella semble d'une blancheur éthérée, sous la lumière des spots encastrés de la cuisine. Son teint est cireux, trop lisse, rendant sa peau presque inhumaine. Elle murmure. « Je n'ai pas faim. ». Rien que l'idée de manger lui donne envie de vider son estomac sur le carrelage de la cuisine.
Rose ne se laisse pas abattre pour autant. Retirant un des plats préparés par le traiteur, de leur frigo, elle le pose brutalement sur la table. Sa voix est autoritaire et ne laisse place à aucun débat. « Tu manges, princesse. Tu t'es entrainée. Ton corps a faim. Tu le nourris. Fin de la discussion. ».
Sa petite sœur la regarde d'un air misérable, puis baisse son regard vers le plat riche de couleurs et d'une odeur plus savoureuse encore. Artichauts, asperges et autres légumes lui font de l'œil. Mais ne trouvant pas une dernière once de courage, elle repose sa tête à même la table, sa joue appréciant le contact froid de la toile cirée. « Je suis fatiguée. Je veux juste me reposer un peu. ».
Rosalie prend des couverts dans un tiroir et va s'assoir une nouvelle fois à côté de sa sœur. « Oh non Isabella Marie Swan ! Tu ne vas pas y échapper. ».
« Laisse-moi tranquille Rose. ».
La jolie blonde saisit d'une main une poignée de cheveux de sa sœur et lui soulève la tête sans ménagement. Bella grimace et quand elle s'apprête à lui dire sa façon de penser, une fourchetée de légumes assaisonnés envahie sa bouche.
Rose l'oblige encore. « Mange ou tu t'étoufferas avec. ».
Bella mâche, son regard trahissant aisément la rancœur qu'elle porte envers son bourreau. Profitant de son statut d'ainée, Rose est prête à lui faire bouffer ses menaces. « Tant que tu ne te fais pas greffer de véritables lasers, garde ces mauvaises ondes pour toi, gamine. ». Une nouvelle fourchette est présentée devant le visage de Bella et cette fois, elle ne discute pas. Avec une fille comme Rosalie, il vaut mieux choisir ses combats et celui-ci est perdu d'avance.
Une fois que la moitié du plat est avalée, Bella demande si elle peut aller se coucher. Sa sœur répond. « Non ! Il y a des choses à régler. Tu as dix minutes pour prendre une douche et t'habiller. On sort. Ensuite, on se matera des films. ».
Malgré elle, Bella lui offre un petit sourire. La jeune femme reconnait la méthode qu'elle a utilisée avec Rosalie après que leur famille ait quitté Forks. « AYE ! AYE ! Oh Capitaine ! Mon Capitaine ! ».
Montant les escaliers menant aux chambres et à la salle de bains, son esprit prend en compte l'entrainement trop intense qu'elle a infligé à son corps. Elle ne peut s'empêcher de maudire sa faiblesse, le fait qu'elle soit moins forte que sa douleur.
La voix de sa sœur la fait revenir sur Terre. « Tu as entendu ce que j'ai dit gamine ! Alors dépêche-toi si tu ne veux pas sortir en culotte ! ».
« AYE ! AYE ! ».
xoxo
Edward frappe à la porte d'entrée.
Aro accueille joyeusement son visiteur en aboyant de l'autre côté. Jasper finit par arriver, d'un pas tranquille et ouvre avant de le laisser entrer. Il demande tranquillement. « Qu'est ce qui t'amène ? ». Il continue à avancer dans la maison jusqu'à ce qu'il se rende compte que son petit frère est encore dans l'entrée. Il se tourne complètement vers lui. « Ben rentre… Qu'est-ce qui ne va pas ? ».
Le visage d'Edward est impassible. « Pourquoi est-ce que tu ne m'as jamais dit que Bee était une femme ? ».
Jasper cligne des yeux, une fois puis deux avant de détourner son regard. Il cherche ses mots. N'en trouvant aucun, il passe près d'Edward afin d'aller dans la cuisine. « OK… Tu veux un verre de vin ? ».
La main de son frère l'arrête, l'obligeant à lui faire face. Le ton d'Edward monte un peu plus. « Ce n'est pas une visite de courtoisie. Tu crois que je suis là pour rigoler ? ».
Jasper soupire, sentant déjà le conflit qui arrive. « Quand est-ce que tu l'as appris ? ».
Edward passe sa main dans ses cheveux, la frustration et la colère clairement affichées sur son visage. « Bien trop tard apparemment ! Pour quelle putain de raison est-ce que tu ne m'as jamais rien dit ? Est-ce que tu n'as pas remarqué dans quel état j'étais à cause de ça ? C'est une putain de fille ! Et toi, tu as fait comme si tu n'étais pas au courant ! ».
Son frère hausse les épaules. « OK, je le savais mais toi… Tu ne m'as jamais rien demandé. Tu ne m'as jamais mis au courant de ta relation. Tu agis tout le temps comme si tu n'en as rien à foutre des autres de toutes les façons. ».
Les yeux verts d'Edward s'écarquillent devant tant de désinvolture. « Tu te fous de moi ? Et pourquoi est-ce que j'aurais dû t'en parler ? Est-ce que tu m'as déjà vu faire ce genre de trucs ? Tu voulais quoi ? Une confession ? Que je parle de mes sentiments avec toi autour d'une tasse de thé ? ».
Jasper émet un petit rire ironique. « C'est vrai qu'avant il aurait été passablement déplacé de ta part, de me parler de tes sentiments, n'est-ce pas ? Cela doit faire bizarre d'être de l'autre côté du miroir… ».
Edward s'avance et sans que son frère ne s'y attende, il lui balance un coup de poing dans la mâchoire.
La tête de Jasper suit le mouvement et il manque de tomber à terre. Sa main agrippe, in-extremis, un meuble, stoppant sa chute. Quand il se relève, la colère d'Edward explose. « Tu savais qui elle était et tu savais aussi que je m'intéressais à elle ! Et pourtant, tu sortais avec elle, en la laissant clairement être une femme à tes cotés ! ».
Jasper masse sa joue endolorie et regarde d'un air outré son frère qui continue sa diatribe. « Tu m'as dit qu'elle était ta petite amie. Pourquoi ? Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que tu l'aimes ? Tu as fait cela pourquoi exactement ? Est-ce que tu te moquais de moi ? ».
Bougeant sa bouche pour vérifier qu'aucun gros dommage n'a été causé, l'ainé des frères Cullen soupire. « Pourquoi es-tu si en colère ? Est-ce que cela ne t'arrange pas que Bee soit une femme ? Bella m'a dit qu'elle t'aimait aussi alors où est le problème ? ».
Edward ferme les yeux. « Alors, tu es dans ses petits secrets aussi, c'est ça ? ».
Jasper ne comprend pas où son frère veut en venir. « Arrêtes de penser que le monde ne tourne qu'autour de toi Edward. ».
Ce dernier fait les cent pas à côté de lui, semblant perdu. « Quoi qu'il se passait entre nous, tu le savais. Et pourtant, tu ne m'as jamais rien dit. On a eu l'occasion de se voir et rien n'a jamais franchi tes lèvres. ». Sa respiration se fait plus haletante, comme si les mots sont difficiles à sortir de sa gorge. « Quand Alice m'a dit qu'il y avait une autre femme dans ta vie… Elle parlait de Bee ? La femme avec qui tu passes ton temps libre, que tu appelles souvent…. C'est elle, n'est-ce pas ?».
Jasper détourne encore son regard, ne sachant vraiment que dire sans incriminer un peu plus sa relation avec la jeune femme.
Edward s'arrête de marcher un instant. « Est-ce pour cela que tu ne m'as jamais rien dit ? Vous sortiez ensemble depuis combien de temps ? Etait-ce avant que je sois avec elle ? ».
« Mais non, tu ne comprends rien et tu te trompes carrément. Bella était dans une position difficile et- »
Se pinçant l'arête du nez, Edward tente de garder son calme, ce qui est difficile vu la pression qu'il subit depuis quelques heures. « De quoi est-ce que tu parles ? Qu'est-ce qu'il y avait de si dur ? Est-ce que si on m'avait dit la vérité, le ciel nous serait tombé sur la tête ? Est-ce qu'une plaque tectonique aurait avalé la Californie ? Est-ce que je serais mort sur le coup ? ».
D'un air inquiet, Jasper surveille son frère. Il remarque sa nervosité et tente de calmer le jeu. « C'est vrai. Je suis désolé. ». Il soupire. « Au début, je ne voulais pas compliquer la vie de cette fille qui voulait juste s'en sortir et garder son boulot au café. Je ne me rendais pas compte de l'intérêt que je lui portais… J'avais d'autres chats à fouetter à ce moment-là. Puis avant même que je ne puisse faire quoi que ce soit, vous vous tourniez autour et cette tension entre vous… alors je me suis dit que je n'avais pas à agir. Ça se serait fait tout seul. Tu aurais fini par faire une erreur ou tu te serais lassé d'elle et… ». Il avance et va s'assoir lourdement sur son canapé. Les coudes sur les genoux, il place sa tête entre ses mains. « Peut-être ai-je pensé que les choses étaient trop simples pour toi, que tu ne mérites pas cette femme. ».
Son petit frère avance jusqu'à lui. « Je veux une réponse. Si tu ne réponds pas, je ne sais pas ce que je dois en conclure. Lorsqu'Alice m'a dit que tu aimais quelqu'un d'autre… Est-ce de Bee dont elle parlait ? ».
Jasper lève la tête. « Ce sont mes affaires. Cela n'a rien à voir avec toi. ».
Son jeune frère serre les poings, marquant sa frustration. « Bien sûr que si alors réponds-moi. ».
Mais il n'en démord pas, s'allongeant sur le canapé et protégeant ses yeux de son bras relevé. « Ça suffit. Je ne veux plus en parler. ».
« Ok. Je vais chercher mes réponses ailleurs alors. ». Edward saisit son téléphone et compose un numéro. « Alice ? Vu que Jasper ne veut pas me parler, tu vas pouvoir éclairer ma lanterne… ». Il recule de quelques pas alors que son frère sort de sa torpeur. « Est-ce que tu connais les sentiments de Jasper vis-à-vis de Bee ? Est-ce qu'elle est la femme pour qui il t'a quittée ? ».
Jasper lui prend le téléphone des mains. Il s'exclame. « Qu'est-ce que tu fous ? Tu veux savoir la vérité ? Hein, ça te ferait tant plaisir ? ». Sa main libre passe dans ses boucles blondes. « C'est vrai. Tu as raison. J'adore Bee. Je dirais même que je l'aime. Mais, Bella m'a clairement fait comprendre que ce n'était pas réciproque. ». Ses yeux se ferment un instant, cherchant à comprendre pourquoi sa semaine est aussi merdique. Mais, son frère attend encore des réponses, alors il continue. « J'ai fait mon deuil de son rejet et je suis prêt à accepter pleinement l'amitié qu'elle m'offre. Maintenant, je suis avec Angela et pourtant je ne peux m'empêcher de penser que si un jour, Bella change d'avis… C'est le genre de relation qui parviendra à me rendre heureux. C'est ce que tu voulais entendre, non ? Est-ce que cela te suffit ? ».
Sans un mot, Edward lui prend le téléphone des mains. Il pose une dernière fois son regard sur son frère et s'en va.
Jasper s'assoit, une nouvelle fois, sur le canapé, où Aro s'empresse de le rejoindre. Il pose sa main sur la tête poilue de l'animal, le caressant machinalement. « Putain, Aro protège-toi car je pense qu'on vient d'entrer dans une zone de turbulences… ».
Le chien répond à son maître par un petit soupir exaspéré.
xoxo
Alice tient son téléphone. Elle entend la conversation entre les frères Cullen et son esprit ne cesse de répéter en boucle les propos de Jasper.
De vraies larmes coulent sur son visage. C'était ce qu'il fallait pour qu'elle comprenne que tout est fini entre eux.
Cela ne sert à rien de se battre pour quelqu'un qui ne veut pas être récupéré. Mais, un autre atout vient d'être dévoilé.
Sa main fébrile éteint son téléphone avant de le poser près d'elle.
xoxo
Bella regarde par la fenêtre du taxi. Alors que sa sœur et le chauffeur s'impatientent, elle compose une nouvelle fois le numéro d'Edward. Pas de réponse. « Il est peut-être là-haut ! Monte voir ! ».
Finissant par trouver son courage, elle sort du véhicule et monte les escaliers de l'immeuble, jusqu'au toit.
Elle frappe à plusieurs reprises à la porte de la maison et prend même le risque de regarder s'il y a du mouvement par les fenêtres. Non, il semble n'y avoir personne.
Elle glisse ses mains abimées dans les poches de son sweat, ne sachant si elle doit attendre ou rejoindre Rosalie.
La porte d'accès finit par s'ouvrir et le locataire des lieux se retrouve à quelques pas d'elle. Edward avance doucement sur la terrasse et compte bien rentrer chez lui en faisant mine de ne pas la voir.
Bella se poste devant lui. Ne le regardant que brièvement, elle a largement le temps de constater sa mine défaite et fatiguée.
Il se décale pour passer mais elle en fait autant. « J'ai quelque chose à te dire. ».
Edward soupire mais ne dit rien, alors elle continue. « Je ne voulais absolument pas te mentir. Ce n'était pas mon intention. Mais… j'avais besoin d'un boulot et ton arrangement tombait à pic. Je me suis prise au jeu. Et même si au départ c'était pour l'argent, j'ai vraiment adoré travailler avec toi… En tant que faux petit ami puis avec les princes. Je ne voulais pas perdre ça et je savais que si je te disais la vérité… j'allais tout perdre… J'allais te perdre. C'est pourquoi… ». Elle renifle mais continue avant de se dégonfler. « Je ne t'ai rien dit… Je suis désolée… Terriblement désolée. Je voulais te le dire mais on s'entendait tellement bien et j'avais peur que tu ne veuilles jamais plus me revoir… Je suis désolée… ».
Brusquement Edward la saisit par les épaules, la plaquant contre sa porte d'entrée. « Dis-moi que tu ne m'as pas trahi. Bee… Tu n'aurais pas osé me mentir, pas vrai ? Tu ne me ferais pas ça ? ».
De grosses larmes coulent sur les joues de la jeune femme. C'est bien pire que de la colère. Le mec qu'elle aime tant lui fait clairement comprendre qu'il s'agit d'une trahison.
Il insiste. « Quelle que soit la raison, si tu m'aimes tant, tu ne m'aurais pas menti, n'est-ce pas ? Cette situation n'a pas duré un jour ou deux… non, cela a duré plusieurs mois. ». Il rapproche sa tête, au point que leurs nez se frôlent. « Tu ne m'aurais pas fait ça, pas vrai ? Je sais que le Bee que je connais ne me ferait pas souffrir à ce point. ».
Alors que ses yeux dorés sont rivés sur les planches de la terrasse, elle remarque des gouttes d'eau qui tombent devant ses pieds. Levant son regard, son cœur se brise un peu plus en remarquant les larmes qui coulent le long des joues d'Edward. Il répète. « Tu n'es pas Bee. Bee est celui qui partageait ma vie. Une personne qui m'aime ne m'aurait pas menti autant. DEPECHE TOI ET DIS MOI QUE TOUT CA N'EST QU'UN MALENTENDU ! ».
Bella ferme les yeux, supportant comme elle le peut la douleur de la situation. Elle donnerait tout pour revenir en arrière. « Je suis désolée. Je suis tellement désolée. ».
Il est tellement près d'elle que ses lèvres sèches frôlent celles de Bee. Leurs souffles erratiques se mélangent mais il ajoute du sel sur leurs plaies ouvertes. « Donc, tu reconnais que tu m'as menti. C'est donc ça. Toute notre relation est basée sur un mensonge. ».
Il relâche enfin son étreinte et la pousse, sans violence, sur le côté. Ouvrant finalement la porte, le jeune homme franchit le sol et laisse une partie de sa vie derrière lui.
Une fois à l'intérieur, Edward n'allume pas les lumières. Il se dirige vers sa cuisine et ouvre son frigo. Il prend une bouteille et en boit quelques gorgées avant de verser le reste du contenu sur son visage. L'eau glacée se mêle à ses larmes et calme la douleur qui l'étreint.
xoxo
Bella redescend l'escalier. Elle saisit le devant de son sweat, comme si elle retenait son cœur qui menace de s'échapper de sa poitrine, afin de tomber en morceaux par terre.
Sans comprendre comment elle est parvenue jusque-là sans se briser un os, la jeune femme monte dans le taxi où sa sœur s'empresse de la prendre dans ses bras. Lui caressant les cheveux, Rosalie lui murmure. « Il fallait le faire. Je sais que c'est dur mais il fallait tenter ta chance et sortir tout ce que tu as sur le cœur. ». Des sanglots se font entendre et la jolie blonde continue à tenter de la consoler. « Je sais… Je sais… Je suis là. Ne t'inquiète pas, je suis là. ».
Une fois dans leur maison, les filles Swan vont s'installer dans le séjour. Leurs parents sont déjà là, regardant tranquillement la télévision. Ils comprennent aisément qu'un drame sentimental a eu lieu.
Charlie demande. « Alors, où est ce fameux Emmett ? ».
Rosalie hausse les épaules. « Il ne viendra pas ce soir. Peut-être demain, je ne sais pas encore… ».
Son père lève un sourcil vers leur mère. Serait-ce là la cause du nuage qui plane au-dessus de la maison ? Mais la suite de la conversation les éclaire un peu plus. « Dommage, je comptais nettoyer mon arme de service ce soir. ».
Bella soupire en s'allongeant sur le canapé. « C'est de ma faute. Je ne me sens pas très bien. Mais promis, dès demain tu pourras lui infligé la menace paternelle. ».
Renée, qui n'avait rien dit jusque-là, finit par se tourner vers elle. « Qu'est-ce qui se passe ma chérie ? Est-ce qu'on peut t'aider ? ».
Son bras posé sur son visage, Bella ne répond que par un léger mouvement de tête, sans en dire plus.
Rosalie, toujours aussi brute de décoffrage, déclare. « Son patron a enfin appris la vérité et comme on s'en doutait, il l'a plutôt mal pris. ».
Les réactions sont à la hauteur de chacun des Swan. Rosalie soupire, Charlie ne dit rien mais le journal qu'il tient entre ses mains menace de se déchirer par la pression exercée dessus et Renée se lève précipitamment. Elle déclare. « Je sais ce qu'il faut dans ce cas ! ».
Leur mère se presse dans la cuisine et revient quelques minutes plus tard avec un plateau recouvert de victuailles. De la glace, du chocolat, quelques pop-tarts et du thé, oui car il faut tout de même penser à s'hydrater !
Charlie marmonne. « C'est vrai que le diabète a toujours répondu aux problèmes de cœur. ».
Sa femme le réprimande d'une petite tape sur l'épaule. « Grincheux ! Tu ne comprends pas, c'est dans nos gènes. Rien de mieux qu'un peu de sucre pour se remonter le moral ! Je suis peut être au régime mais je ne vais pas laisser ma fille se décourager tout de même ! ».
« Maman, tu te sers de nous comme excuse là, non ? ».
Rosalie croque un bout de son esquimau glacé avant de se tourner vers Bella. « Alors, tu n'as rien dit de plus ? Purée que tu es conne. ».
Renée pince ses lèvres. « Langage ! ».
Bella allongée par terre, un linge humide recouvrant son visage, marmonne quelque chose d'incompréhensible. Sa sœur continue. « Mais, pourquoi est-ce qu'il est autant en colère… c'est ça que je ne comprends pas. ». Elle soupire. « Puis, je t'avais dit dès le départ que c'était un con. Il est trop difficile à gérer. ».
« Langage Rosie ! ».
« Ouais, ouais, ça n'empêche pas qu'il est vraiment con ! ».
Sa petite sœur grimace. Bien qu'elle dise cela pour la consoler, Bella n'admet pas qu'on dise du mal d'Edward. Levant un coin du linge, dévoilant son œil, elle demande. « Alors qu'est-ce que je dois faire à ton avis ? ».
Rosalie sourit, machiavélique. « Tu laisses tomber toute cette histoire et je te présente quelqu'un d'autre. ». Croquant encore sa glace, tout en réfléchissant, elle cherche dans son esprit un petit ami potentiel.
Bella se redresse. « Tu crois vraiment que je ne dois pas chercher à le revoir ? Parce que je l'aime vraiment, vraiment beaucoup. ».
Cette fois, c'est une moue qui s'inscrit sur le visage de la jolie blonde. « Dans ce cas, si tu as un minimum de courage, tu dois le lui faire comprendre. Lui faire entrer ça dans le crâne, à coups de pied au cul s'il le faut ! ».
Charlie plie une page de son journal pour regarder sa fille ainée. Il marmonne. « Bien qu'elle n'ait pas tort, je me demande tout de même si je dois lui laver la bouche avec du savon ? Et on dit que c'est Isabella la sauvage… ». Avant de retourner à sa lecture, il conclut. « Mais, il y a des fois où il faut aussi savoir battre en retraite si on n'est pas désiré. ».
Renée sert le thé. Elle pose la théière sur la table basse et regarde Bella d'un air attendri. « Mon dieu, ma fille a grandi ! Elle a enfin une peine de cœur ! ».
Charlie marmonne encore. « En quoi est-ce une preuve de maturité ? Je devrais surtout faire comprendre à ce garçon ce que je pense de son attitude ! ».
Bella se lève précipitamment, essuyant des larmes avec sa paume avant que quiconque ne puisse s'en rende compte. « Je… Je vais m'entrainer… Ne m'attends pas, Rose. ».
La porte d'entrée claque derrière elle. Le reste de la famille se regarde, désespéré de la voir dans un tel état.
xoxo
Bella court, encore et encore. Son esprit tente d'échapper à son tourment en se concentrant sur sa course, son rythme et sa respiration mais un rien la mène à Cullen. Elle se demande quand est-ce qu'elle le reverra à nouveau. S'arrêtant net sur place, ses bras enserrent sa taille, de peur qu'elle ne s'effondre.
Bella ne savait pas qu'on pouvait souffrir autant les douleurs de ses entrainements sont pacotilles comparées à ce qu'elle vit maintenant. Comment peut-elle espérer avancer après cela ?
Comment ai-je pu être assez conne pour penser que Cullen prendrait bien la nouvelle ?
Les mains sur les hanches, Bella ferme les yeux fermement et tente de contrôler sa respiration, sachant qu'elle risque surtout de se rendre malade si elle continue ainsi.
Après quelques minutes, pliée en deux, elle finit par se redresser. Un coup d'œil à gauche, puis à droite… Son regard fait le tour des lieux, ne sachant jusqu'où ses pas l'ont menée. Elle reconnait aisément le quartier, puis regarde le ciel remplit d'étoiles. Elle sourit tristement. C'est un ciel qu'elle aurait pu partager avec lui, mais au lieu de cela, elle se morfond.
Faut que j'arrête ça !
Secouant sa tête à plusieurs reprises, la jeune femme se demande ce qu'elle doit faire à présent. Des aboiements joyeux prennent la décision à sa place. Elle s'exclame. « ARO ! ». Le chien lui saute dessus au point de la faire tomber à terre et lui fait une sacrée fête. « Du calme ! Du calme ! ». Tout en le caressant, elle cherche du regard le propriétaire.
Ce dernier arrive tranquillement, portant deux sacs en plastique au nom de leur épicerie habituelle. Bella remarque sa joue passablement rouge mais ne fait aucun commentaire dessus. Aidant un peu le jeune homme en saisissant un des sacs, elle finit tout de même par dire. « Je ne te demande pas comment était ta journée… ».
Il frotte sa joue endolorie de sa main libre. « Magnifique et toi ? ».
« Géniale. ».
« Je me disais aussi. ».
Ils éclatent de rire.
D'un hochement de tête, il l'invite à le suivre jusqu'à chez lui. « Qu'est-ce qui peut nous arriver de pire ? Je pense qu'avec le fait de découvrir que ma véritable mère est une arriviste de merde et que mon frère me déteste tellement car il pense que j'ai fomenté des plans diaboliques contre lui au point de venir chez moi me mettre une raclée … ».
Bella continue. « Que je me sois fait lourdée comme une malpropre par ledit frère qui aurait préféré être gay et que j'ai surement perdu mon boulot… ».
Jasper lève les yeux au ciel. « Oh, ne fais pas ta greluche… Ce n'est que la cinquième fois cette année que tu te fais virer… ».
La jeune femme fait mine d'être outrée. « Est-ce de l'ironie que j'entends dans ta voix ? ».
Il hausse les épaules. « Je n'oserais pas. ».
Elle tape joyeusement son bras. « Heureusement que je t' aime bien. ».
Une fois devant le portail de sa maison, Jasper semble hésiter avant de reprendre courage. « Hum… Alors… Est-ce que tu veux entrer boire un verre ou un truc du genre ? ».
« Qu'est-ce que tu proposes ? ».
« De l'eau. ».
« Wow, en effet. Je ne sais pas comment je pourrais refuser. ».
Moins de dix minutes plus tard, ils sont ensemble sur le canapé. Chacun a un grand verre à vin dans les mains et Bella fait tournoyer le sien dans entre ses doigts mais à aucun moment, ne porte le breuvage à ses lèvres.
« Pourquoi est-ce que tu ne bois pas ? Ça te ferait du bien. ».
Bella reste têtue. « Je préfère avoir les idées claires… Même si elles sont plutôt obscures en ce moment. ». Le vin est pourtant de qualité et son odeur est enivrante lorsqu'elle fait tourner le liquide rouge carmin mais, son estomac fait des soubresauts à l'idée d'ingurgiter quoi que ce soit. Si ce n'est sous la menace de Rosalie, rien ne passe le nœud formé dans sa gorge.
Le couple reste ainsi, silencieux, dans leurs pensées. Soudain, l'ainé des Cullen se rend compte que des larmes coulent sans discontinuer sur les joues de son amie.
Jasper pose son verre et saisit ensuite celui de la jeune femme. Il la prend dans ses bras et la garde enlacée ainsi. Il la maintient longuement alors qu'elle continue à pleurer, au point que son t-shirt commence à être trempé de larmes. Mais, Jasper s'en moque. Il aimerait pouvoir faire plus, quelque chose de plus concret. Genre mettre un coup de poing sur le nez de son ex, surtout qu'Edward a déjà un coup d'avance mais ce n'est pas si simple. Sa main passe sur sa joue, se rappelant la mandale qu'il a reçue plus tôt.
La pièce s'obscurcit à mesure que le temps passe et le musicien finit par demander. « Est-ce que ça va mieux ? ».
Elle rit doucement. « Ouais, bien mieux. Je te remercie. ».
« Tu sais que tu peux toujours compter sur moi. On a des moments difficiles et nous sommes amis… Comme dit si bien Stallone… tu sautes, on saute. ».
Bella se redresse brutalement. Elle se frotte le visage et le regarde, presque honteusement. « Je te saoule avec mes problèmes de gamine alors que tu dois gérer le fait que ta mère soit JR. Ewing en jupons. ». Sa main tente de remettre sa frange en place. « Putain, j'ai honte de moi. ».
Jasper la reprend dans ses bras, n'aimant pas la perte de contact et de chaleur que son écart a provoquée. « Nan, arrête… Tu sais que si tu as besoin de parler ou de tremper une chemise de larmes, je suis là. ».
Bella se replace contre lui et soupire. « Alors est-ce que tu peux me dire comment tu t'es fait cette marque sur la joue ? ». Elle lui prend la main. « Est-ce qu'il faut que j'aille défendre ton honneur ? Ou crever des pneus ? ».
Dans un bref éclat de rire, il lui explique son entrevue avec son frère. La jeune femme est atterrée. « Merde, je suis désolée Jasper. Il faut que j'aille lui expliquer que tu n'as rien à voir là-dedans et que… ».
Il l'interrompt. « Je pense que ce n'est vraiment pas le moment. Eddie est encore trop en colère pour écouter quoi que ce soit et encore moins accepter la situation telle qu'elle est vraiment. Tu as déjà assez rampé devant lui. Laisse-lui le temps de digérer et ensuite on lui parlera. ». Sa main saisit son verre, qu'il vide d'un coup avant de le reposer sur la table basse. « Au fait, est-ce que tu viens tout de même demain soir ? ».
Bella est confuse. « Demain soir ? Sachant qu'il est minuit passé, tu veux dire ce soir ou l'autre demain soir ? On a quelque chose de prévu ? ».
Le sourcil de Jasper se lève en un parfait accent circonflexe. « Ça fait toujours mal au crâne de te parler… Je te jure. ». Il prend le verre de Bella et le vide aussi rapidement que le sien. Sa tête se secoue un instant. « Ah ah ah ouais, là je peux t'écouter sans risque. ».
La jeune femme éclate de rire. Cette fois, aucune trace de tristesse ne teinte sa joie. « Mon emploi du temps est totalement vide. Mais, je suis censée travailler au café… ».
Jasper hausse les épaules. « Je t'assure que vu la situation, t'es virée… ».
Bella grommelle. « Merci pour le réconfort. Mais, effectivement, il m'a déjà virée pour moins que ça. ».
Il continue. « Mais, il serait bon que tu te souviennes qu'il y a la soirée de ma maison de disques et que tous les princes ont été cordialement invités. ».
Elle se lève à son tour, le suivant dans la cuisine, où il range la vaisselle utilisée ainsi que la bouteille de vin dans sa cave réfrigérée. « Vu qu'il y a de fortes chances que je ne fasse plus partie de l'équipe, viens en au fait, tu as besoin de moi pour quoi ? ».
Il prend appui contre le plan de travail et passe un de ses mains dans ses bouclettes blondes. « Ma présence est requise. Vu que le plus-un est de rigueur… Je me dis que tu peux venir avec moi. Ça nous changera les idées. ».
Bella réfute l'idée directement. « Mais, pourquoi n'y vas-tu pas avec Angela ? ».
« La princesse est encore sous le giron de son Anna Wintour de patronne… Elle n'est sur Seattle que la semaine prochaine et encore si le dragon n'a pas encore l'idée saugrenue de partir au Japon si elle veut becqueter des sushis. ».
« Je ne sais pas…. Tout le monde vient ? ».
Un soupir s'échappe de la bouche de Jasper. « Si tu veux savoir par là si mon cher et tendre frère sera présent… Je n'en sais rien. Vu comme il nous déteste en ce moment… Soit il ne viendra pas, histoire d'exprimer son mépris. Soit il sera présent, pour nous pourrir la soirée. ».
« Peut-être qu'il sera plus mature qu'on ne pense… ».
« Ouais, mais tu parles d'un Cullen là. On vit tout intensément. Et, quand on fait une connerie, on la fait jusqu'au bout. ». Il se rapproche d'elle, poussant son épaule comme prêt à l'affronter. « Mais, tu ne vas pas le laisser diriger ta vie, pas vrai ? Puis… Quand est la dernière fois que tu t'es amusée ? ».
La jeune femme sourit, le poussant à son tour et l'ainé des Cullen se félicite silencieusement d'y parvenir. Elle répond. « Hum… Je ne suis pas sûre d'être de bonne compagnie, demain… ni même ces prochains jours d'ailleurs. ».
Il s'approche d'elle, ignorant ses protestations. « Pense positif. De la bonne musique, de l'alcool gratuit et un buffet à volonté. ». Elle sourit encore. Il conclut. « Bien. Maintenant que c'est réglé. Je te propose mon canapé si tu veux dormir ici ou je te raccompagne si tu dois rentrer chez toi. ».
Pour toute réponse, Bella décroche la laisse d'Aro du mur. « Je n'imagine même pas les conséquences s'il vient aux oreilles de ton frère que j'ai passé la nuit ici. ».
Il acquiesce. « Ok alors, allons-y. ».
xoxo
Le lendemain matin, Bella gare sa moto dans l'allée du café. Elle en descend et d'un coup d'œil se rend compte que son patron n'est pas encore arrivé. Quand elle entre dans la grande salle, Emmett l'accueille à bras ouverts, la faisant valser dans ses bras avant de reprendre sa tournée des tables.
Une fois devant le comptoir, la jeune femme s'assoit sur un des fauteuils de bar et tape sur le zinc. Billy, dont le téléphone est casé entre son épaule et son oreille, lui fait un sourire. Seth, remarquant aussi sa présence, se poste devant elle, posant une gaufre encore fumante dans une assiette à son attention. Il demande. « Ça va ? ».
Elle acquiesce. « Mouais, merci. ».
Il pousse l'assiette un peu plus vers elle. « Em' m'a dit que Rose lui a dit de prendre soin de toi. Alors mange ça avant qu'elle ne vienne te l'enfoncer au fond de la gorge. ». Il fait semblant de frissonner violemment. « Je me rappelle de nos jeux étant petits, cette fille ne rigolait jamais longtemps. »
Bella prend la gaufre et en mâchouille un bout. « Tu m'étonnes. ». Lorsque Billy se rapproche, elle entend des bribes de sa conversation. Rapidement, elle comprend que ce dernier est en ligne avec Edward.
« Et pourquoi est-ce que tu ne viens pas cette fois ? Est-ce que tu considères vraiment le café comme un loisir ? Gamin, tu ne peux pas te permettre de t'absenter à chaque fois que tu as un problème personnel ! Regardes Bee, elle est là elle au moins ! ».
La jeune femme grimace d'être servie en exemple surtout dans la situation actuelle. Elle mange encore un bout de sa pâtisserie qui tourne vite au plâtre quand elle entend le reste de la discussion.
« Désolé mais moi je suis trop vieux pour ce genre de conneries. S'il y a un problème, c'est à toi de gérer ça. Tu l'as engagée, tu la vires. Mais, tu es bien placé pour parler de comportement vu que c'est toi qui es absent. ».
Bella se redresse et passe le comptoir pour poser son assiette en cuisine. Seth, qui ne perd pas une miette de la situation, lui offre un petit sourire compatissant. La porte battante s'ouvre, après que Billy ait raccroché violemment. Il déclare, une fois dans la cuisine. « Bella. Si ton patron te dit que tu es virée, tu t'en vas. Ne cherche même pas à discuter. Il faut qu'il comprenne qu'on n'est pas à sa disposition ! ».
La jeune femme acquiesce. Le vieux gérant pose une main bienveillante sur son épaule et quitte la pièce en maugréant encore un peu.
Elle rejoint James qui se tient à l'entrée, au petit stand 'petit dej' express'. Il déclare directement. « Ne serait-ce pas notre shameless It girl !? Comment oses-tu te pointer là après avoir fendu le cœur de notre prince préféré à coups de hache !? ».
Elle soupire et demande. « Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? J'ai déjà supplié, pleuré et crié… Qu'est-ce que je peux faire de plus sans passer aux menaces ? ».
James pose une main sur sa hanche avant de servir une nouvelle cliente. « Je ne sais pas moi… Camper devant sa porte… crever ses pneus ».
« Tu le connais mieux que moi et tu sais très bien que Cullen ne mange pas de ce pain-là. ».
Seth les rejoint avec une nouvelle fournée de pâtisseries. « Laisse-la tranquille, Jamie. ».
James est outré. « Comment ça ?! Tu as bien vu la situation ! Ils ne se parlent plus et semblent malades comme des chiens. Et ici, ça se détériore à vue d'œil et on ne doit rien faire ? ».
Seth soupire. « Tu ne peux pas arranger la situation à coups de paillettes et de musique salace. Laisse-les régler ça tous seuls comme des grands. Bee, t'es pas encore virée alors occupe-toi des tables dans la grande salle, s'il te plait. ».
La jeune femme hoche la tête et file sans demander son reste.
Les deux autres serveurs semblent encore en grande discussion quand soudain, ils s'arrêtent net.
Edward vient de franchir l'allée menant au café. Il est à pied et semble au bout du rouleau. Il traverse la terrasse, sans un regard pour qui que ce soit.
xoxo
Moins d'une heure plus tôt, Edward est dans les escaliers d'un immeuble cossu. Il est encore furieux de sa conversation avec Billy et se demande brièvement s'il est vraiment bon de passer voir Alice de si bon matin. La jeune femme le rejoint dans le hall et s'approche des boites aux lettres en le saluant.
Elle regarde son courrier à mesure de monter les marches menant à son appartement. Une fois devant la porte, la jeune femme demande. « Alors, est-ce que tu as réfléchi ? Est-ce que tu n'aimerais pas vivre avec moi ? Je sais que tu as toujours trouvé New York très excitant… ». Elle lève un sourcil, son regard plein de sous-entendus. « On pourrait tout recommencer… Vivre une nouvelle vie. ».
« Je ne sais pas… J'ai l'impression que si je fais ça, ça serait comme fuir. Et comme dit si bien ma mère… ».
« Ceux qui fuient sont les criminels et tu n'as rien à te reprocher, n'est-ce pas ? ».
« Ah, j'oublie souvent que tu as passé une partie de ta jeunesse en notre compagnie. ».
Ils rient un instant et elle finit par ouvrir la porte menant au loft qu'elle occupe. Une fois dans le séjour, ils sont accueillis par un homme, qu'Edward reconnait rapidement. Il ralentit son pas, hésitant un moment à franchir rapidement le chemin dans l'autre sens.
L'autre se lève quand Alice fait les présentations. « Demetri. Edward. Vous vous connaissez déjà, non ? ».
Edward maugrée. « Demetri. ».
Ce dernier est plus amical, il lui tend la main et sourit. « Ça doit être la seconde, voire même la troisième fois qu'on se rencontre. C'était à New York, il me semble…. ».
Restant poli, Edward lui serre la main. « Oui, et une fois à Seattle. ».
Alice demande. « Est-ce que vous voulez boire quelque chose ? ».
Lorsque Demetri demande un café, la jeune femme sourit et s'en va vers l'espace cuisine.
Est-ce qu'il est aussi matinal que moi ou est-ce qu'il a passé la nuit ici ?
Les deux hommes s'assoient sur les fauteuils à disposition, visiblement mal à l'aise. Demetri est le premier à briser la glace. « J'ai vu que ton café marche bien et le studio de ton frère aussi. A croire que la fibre des affaires est dans les gènes des Cullen. Est-ce que tu as collaboré avec Alice ? ».
Edward acquiesce. « Elle a choisi l'uniforme de mes gars et fait la fresque murale de la grande salle. ».
Demetri sourit. « Ah, elle sait poser sa marque partout. ».
Alice revient avec un petit plateau. Servant les tasses, elle dit doucement. « Demetri, je t'ai fait le café que tu adores. Tu sais celui du petit torréfacteur qu'on a découvert à Milan. Tu te rappelles ? ». Ses yeux ne peuvent s'empêcher de regarder Edward, qui reste silencieux devant son manège. « Du sucre ? ».
Demetri hoche la tête. « Merci. Oui… Chez Romeo…. Je m'en souviens. ».
Elle continue. « C'était sympa et malgré le travail, ça semblait être de vraies vacances. ».
Edward pose ses mains sur ses genoux et demande, regardant Demetri directement. « Excuse-moi mais est-ce que tu peux nous laisser ? ».
Sachant quand il est de trop, Demetri pose sa tasse. « J'étais sur le point de partir de toutes les façons. Al', merci pour le café. ».
Alice reste un moment interloquée avant de se lever à son tour, posant sa main sur l'épaule d'Edward, elle dit. « Je reviens de suite. ».
xoxo
Une fois dehors, la jeune femme s'excuse auprès de Demetri. « Je suis désolée. Je me suis servie de toi et tu t'es retrouvé dans cette situation… ». Elle gratte son avant-bras machinalement, mal à l'aise d'être ainsi découverte.
Il soupire. « S'il t'aime autant que tu le penses, pourquoi cette comédie ? Où est le problème ? ».
Elle se frotte encore le bras et prend appui contre les boites aux lettres à proximité. « Ce n'est pas si simple… Est-ce que je dois vraiment te répondre ? ».
Il sort un paquet de cigarettes de la poche de sa veste. « Tu sais que je t'aime encore, pas vrai ? ».
Elle acquiesce.
Cette fois, il porte une cigarette à sa bouche, l'allumant dans la foulée. « Alors, tu te doutes que ce n'est pas terrible de me vautrer dans une telle situation avec le mec qui te plait alors que je suis présent. ».
« Je suis désolée. ».
Sa cigarette fait des volutes de fumée dans l'air matinal. « Non. Je sais très bien que tu ne l'es pas. Tu devrais tenter de dire la vérité, de temps en temps, ça fait du bien.».
Elle grimace. « Je ne sais pas pourquoi je fais ça, ni même pourquoi je suis comme ça. J'ai toujours eu une grande place dans la vie des frères Cullen… et… Je ne supporte pas l'idée qu'ils se mettent à aimer d'autres femmes que moi. ».
Cette fois, c'est lui qui semble offusqué, tirant plus violemment la nicotine de sa cigarette. « Je ne sais pas si je dois te féliciter de ton honnêteté ou te maudire de dire cela tout en connaissant mes sentiments pour toi. ». Ses doigts finissent par projeter au loin la cigarette à moitié consumée. « Tu sais… Je déteste l'Italie. ». Sans un autre regard, il descend les dernières marches et remonte la rue.
Alice l'interpelle. « Est-ce que tu veux que j'appelle un taxi ? ».
Il sourit, montrant que dans peu de temps, leur relation redeviendra amicale. « Non. Je crois que je vais marcher un moment. Retourne à l'intérieur. Tu es attendue. ».
Une fois dans le loft, Alice retrouve Edward dans la cuisine. Il rince les tasses utilisées quelques minutes plus tôt. Elle demande, croisant les bras au niveau de sa poitrine. « Qu'est-ce que tu fais ? ».
Il sourit. « Appelle ça une déformation professionnelle mais, la vue d'une tasse sale m'exaspère à présent… ». Sa main pose le torchon dont il s'est servi, proprement plié sur le bord de l'évier. « C'est dingue, vu notre situation… Mais, je ressens une certaine jalousie en revoyant Demetri. C'est ridicule, pas vrai ? ».
Il avance vers elle, lui tenant la main pour aller s'assoir tranquillement sur le canapé. « Je ne te demanderai même pas ce qu'il foutait là mais… Qu'est-ce que tu veux vraiment Alice ? Si nous partons ensemble, est-ce que ça te suffira ? ». Il ne peut s'empêcher de penser à la relation de la jeune femme avec son propre frère, d'abord il y eu Edward puis Demetri et qui sait si elle ne fera pas la même chose avec lui ? Son frère a toujours été conciliant avec elle mais lui ne mangera pas de ce pain-là.
De manière énigmatique, elle répond. « On ne peut toujours avoir ce que l'on veut. Exactement comme Bee est en train de vous échapper… Ton frère et toi… ».
Edward se repose un peu plus dans le canapé, reposant sa tête lourdement contre le dossier. « Qu'est-ce que tu veux dire par là ? ». Quand elle ne répond pas, il finit par se redresser, posant ses coudes sur ses genoux. « Alice. Faut qu'on arrête ça. J'ai… Je ne peux pas te donner de réponse maintenant. Que ce soit pour New York ou pour l'idée d'une relation entre nous. J'ai… besoin de mettre de l'ordre dans ma tête et en ce moment c'est un sacré foutoir dans mon esprit. ».
Elle demande, exaspérée. « Est-ce qu'il te faut du temps pour l'oublier ? Est-ce que je ne te suffis plus ? Je sais que tu n'es pas dans le genre à parler pour ne rien dire ni à déclamer tes sentiments… mais à quel point est-ce que tu l'aimais ? Car il faut parler au passé, n'est-ce pas ? Lorsque je te demande de venir avec moi… tu es censé me répondre oui car elle n'était rien pour toi. Me dire 'Alice, c'est toi qui compte depuis toujours et à présent'. ».
Edward passe une main lasse dans ses cheveux. « Est-ce que tu t'entends ? Ça ne fait même pas une semaine que je viens de perdre la personne que j'aime ! Bee était mon meilleur ami, la personne avec qui je voulais passer le reste de ma vie et là… Là, tu me demande d'oublier cette fille comme si elle n'était rien pour moi. Merde, Alice, réfléchis un peu. ».
Elle tente de lui prendre les mains, de nouer un contact physique avec lui. « Tu es en train de me perdre aussi, est-ce que cela ne te fait rien ? ». Lorsqu'il hoche la tête, elle continue. « Alors viens avec moi et fais en sorte de l'oublier. Je t'aiderai. Qu'est-ce qu'elle a que je ne pourrais t'offrir ? Je te connais Edward, depuis toujours… C'est la première fois que tu montres autant de sentiments pour quelqu'un. Même moi, je n'ai pas eu droit à un tel traitement… Et, c'est ce qui me fait peur… et qui me met tant en colère. Pourquoi elle et pas moi ? ».
« Alice… ».
« Depuis que je te connais, malgré le fait que j'étais avec ton frère, tu n'avais d'yeux que pour moi. Tu t'es tapé la moitié de Seattle et tu commençais déjà à battre un record dans les zones VIP de New York mais ces connasses n'étaient rien pour toi… tu étais toujours présent pour moi, à mes côtés. Tu acceptais mes bons et mauvais moments… puis tu es revenu ici. ».
Il hésite à retirer sa main de son étreinte mais n'ose pas. « Rien n'a changé entre nous, Alice. ».
« C'est là où tu te trompes. Tout est différent. Tu aimes cette fille et ton frère en aime une autre… Je suis la seule à rester là. ».
Edward ne sait comment réagir… Est-ce qu'Alice pense réellement que Jasper n'est pas intéressé par Bee ? Est-ce que cela peut être vrai ? Pourtant, tout semble les lier ensemble… Il n'arrive plus à penser clairement.
Sans même s'en rendre compte, il se redresse et se dirige vers la sortie. « Tout ce que je peux te demander, c'est un peu de temps. Effectivement, il y a quelques mois de cela, j'aurais donné la lune pour vivre une relation au grand jour avec toi, mais… Je dois reconnaitre que j'ai connu autre chose. Quelque chose de si différent que je ne sais si je m'en remettrais totalement maintenant que c'est fini. ».
La jeune femme attend que l'écho de sa porte d'entrée s'atténue enfin, pour commencer à pleurer. Demetri se trompe clairement… Etre honnête ne sert à rien.
xoxo
De retour au café, Edward avance dans la grande salle, ne sachant même pas comment il est parvenu jusque-là sans se planter tant il est dans le brouillard. Alors qu'il est presque arrivé à son bureau, Emmett se poste devant lui et l'interpelle. « Patron…. Hum… Je voulais vous dire que….Hum… Je suis désolé. On aurait dû vous dire la situation de Bee, mais…. ».
Edward ne le laisse pas continuer. « Ne joue pas l'innocent alors que tu fais partie de ceux qui m'ont menti. ».
Emmett baisse la tête mais la relève ensuite, prêt à dire autre chose, défendre sa cause et celle de Bee quand Billy sort du bureau, lui faisant signe de déguerpir. Le serveur file sans demander son reste.
« J'ai préparé le solde de Bee… je lui ai mis la totalité du mois malgré le fait qu'il reste six jours…. ».
Edward répond. « Fais ce que tu veux. Pourquoi est-ce que je suis obligé d'être présent pour gérer ça ? ».
Billy pose l'enveloppe matelassée contenant les billets et son regard se porte sur la jeune femme située à l'autre bout de la salle. Il grommelle. « Cette fille s'est démenée pour aider au café. En tant qu'employée, elle ne mérite, en aucun cas, un tel traitement. Elle fait tout ce qu'elle peut pour aider sa famille car ils ont eu pas mal de problèmes et vu que c'est elle qui gère les cordons de la bourse dans la maison, il était plus facile de vivre comme un mec. C'est pourquoi elle est ainsi. Est-ce que tu crois qu'une jeune femme apprécie ce genre de situation ? Alors tes idées de complot à ton encontre, tu peux te les carrer car elle n'a vraiment pas que ça à faire. ». Sa main passe son éternel chiffon sale sur le zinc afin de conclure. « Oh puis merde. Oublie les radotages d'un vieil homme. Ce sont tes problèmes, pas les miens. ».
Son jeune protégé prend le temps d'assimiler ce qu'il raconte avant de déclarer froidement. « Reprends l'enveloppe et donne-lui. ».
« Tu l'as embauchée, tu la renvoies. ».
En fin de journée, alors qu'il s'apprête à quitter le bureau qu'il n'a quasiment pas quitté, Edward remarque l'enveloppe laissée près de son ordinateur. Billy le sort de sa torpeur en lui indiquant qu'il va bientôt rentrer chez lui et qu'il ouvrira le café le lendemain vu que les autres ne seront pas en état de le faire. Il est rapidement rejoint par James qui l'incite à se bouger car il lui faut un certain temps pour se préparer. Le jeune homme soupire. « Putain, la soirée de Jasper… J'avais déjà oublié cette connerie. ».
James lui ôte toute idée de désistement de la tête. « C'était prévu depuis longtemps et je t'assure que les princes ont vraiment, mais alors vraiment besoin de ça ! Alors tu bouges ton petit cul blafard et on y va. ».
Edward bougonne. « Tu as juste besoin de quelqu'un pour te ramener si tu es trop bourré. ».
Son ami sourit. « Oh oui et n'oublie pas aussi de me tenir les cheveux au cas où je vomis. ». Il émet un petit rire et est ravi de constater qu'Edward est capable de sourire. Puis, il finit par avouer. « Ne t'inquiète pas. Je compte bien profiter de cette soirée sans me mettre minable. Mes plans sont bien plus machiavéliques que cela… Me faire un petit artiste, miam, voilà qui est bien. Donc, tu n'es aucunement inclus dans mes plans…. ».
« Alors, ai-je besoin de venir ? ».
James saisit sa veste et l'enfile avant de se diriger vers la porte. « Tu n'arrêtes pas de dire que tout est fini avec Bee alors qu'est-ce que tu attends !? Montre au monde entier que tu es libre comme l'air ! ». Devant le regard outré de son patron, il continue. « Il faut bien que tu montres à la gente féminine que tu es de retour, non ? Tu ne vas pas fuir toute ta vie, alors quoi de mieux qu'une brochette de starlettes qui ne demandent que ça, pour te remettre en selle ?! ».
Edward préfère s'avouer vaincu devant les remarques implacables de son ami surtout qu'il n'a pas forcément tort.
Mon dieu, si je commence à approuver les dires de ce mec, le monde court à sa perte…
Il saisit son trousseau de clefs et quitte enfin son bureau. Alors qu'il s'apprête à verrouiller la pièce, le jeune homme revient sur ses pas et place l'enveloppe qu'il devait donner à Bee dans sa poche. Peut-être qu'il aura plus de courage maintenant d'affronter son employée.
C'était sans compter sur sa malchance car lorsqu'il arrive dans la grande salle, Edward se rend compte que les autres employés sont déjà partis. Il soupire, supposant que le renvoi de Bee peut attendre le lendemain.
James l'interpelle depuis l'entrée, l'incitant encore à bouger son arrière train car bien qu'il soit courant et fashion d'être en retard… il n'est pas rare que les meilleurs plans partent les premiers.
Edward hésite un instant et repart vers la sortie. S'il voit Bee lors de la soirée, il faut qu'il trouve le courage de mettre un terme à son emploi au café. Moins il verra la jeune femme et mieux il se portera. Edward en est certain.
C'est bien ce qu'on dit, non ? Loin des yeux…
James hurle le surnom ridicule dont il l'affuble régulièrement. Sur de tels augures, son patron est déjà désespéré de passer la soirée en sa compagnie. Son ami est bien trop excité pour que la soirée ne finisse pas sans qu'Edward soit obligé de payer une caution au commissariat du coin.
xoxo
Bella essaie plusieurs tenues devant son miroir tandis que Rosalie feuillette un magazine, emmaillotée dans sa robe de chambre et confortablement allongée sur son lit. Alors que ses jambes se balancent, elle lève un œil vers sa sœur et demande. « Dis-moi que tu ne te sers pas de ce mec pour oublier son frère car cela serait passablement malhonnête de ta part. ».
Levant ses yeux au ciel, Bella passe un cintre au niveau de sa tête pour évaluer une robe. « Oh non, ne t'inquiètes pas ! Il n'y a rien entre nous qu'une amitié sincère ! ».
Rose grimace devant son choix et reprend sa lecture quand Bella remet le cintre dans l'armoire. « Mais, est-ce qu'il est au courant ? ». Elle préfère insister. « Eclaircie la situation avant de te retrouver dans une nouvelle merde, OK ? N'oublie pas que les mecs sont des crétins quand il s'agit de sentiments… Tu parlerais bière ou football que là, ils pigent tout de suite… ».
Bella soupire mais ne dit rien. Ne voulant pas polémiquer sur le fait qu'Emmett, bien qu'il soit adorable, n'est vraiment pas le crayon le mieux taillé de la boite tandis que Jasper est d'une catégorie largement au-dessus… Un feutre donc ?! Ou alors, un stylo plume… ouais c'est ça, un Mont-Blanc… Bella, merde ! Faut que tu dormes, tes idées partent dans tous les sens ! Mais, il faut pour ça qu'Edward cesse d'apparaitre dès que mes paupières se ferment.
Coupant son fil de pensées, Bella hoche la tête, acceptant le conseil. Une robe-chemise bleu-nuit, légèrement corsetée, attire son attention. « Ce n'est pas à moi, ça. ».
La blonde regarde un instant et ironise. « Tu m'étonnes. ».
« Je peux ? ».
Un coin du magazine se plie pour l'observer. « J'ai quoi en échange ? ».
« Hum… J'oublie ta dernière escapade au centre commercial… ».
Le magazine est oublié dans la seconde. Rosalie saute du lit et l'aide à se préparer. « La ceinture accrochée au cintre va parfaitement avec…. Et mets des escarpins… Les Jimmy Choo… non, non pas celles-là…. ».
Bella saisit une paire, puis une autre avant de tomber sur le bon choix. Rosalie la met en garde. « C'est de la dentelle alors fais gaffe, OK ?! ».
Sa petite sœur hoche la tête, peu confiante. « Comment veux-tu que je marche avec ça ? ».
« Tu es le plus-un d'un des mecs les plus importants de la soirée, tu ne veux pas y aller en baskets, pas vrai ? Et ces Luna sont le meilleur choix pour la tenue que tu as choisie. ».
Bella tient les chaussures comme si elles risquaient de la mordre mais finit par reconnaitre la vérité. Même si elle est ravie que Rose ait pu l'aider à choisir ses vêtements, ça lui met un peu la pression. Lorsqu'elle a eu Jasper au téléphone, il y a deux heures de cela, il lui a fait comprendre qu'elle pouvait porter ce qu'elle voulait mais étant à son bras, la jeune femme se doute qu'elle doit quand même faire un putain d'effort. La dernière fois qu'elle a dû jouer la fille, c'était déjà pour lui. Mais pourquoi se sent-elle si nerveuse ? « Ok, Ok. ».
« Ce sont des pompes à 600 dollars, alors fais gaffe tout de même. ».
Sa petite sœur manque de s'étouffer. 600 dollars pour ça ?! Elle a l'impression qu'en mangeant un petit four de trop, les chaussures risquent de se disloquer instantanément alors qu'elles coûtent un bras ! Lorgnant vers Rosalie, Bella se dit qu'il faut vraiment qu'elles aient une conversation sérieuse…
Bella regarde sa sœur se préparer à son tour. Elle écoute la musique qui se diffuse dans la pièce et est bien plus tranquille lorsque, à l'heure prévue par Jasper, on frappe à la porte. La jeune femme saisit sa pochette et passe la porte. Appréciant la beauté du véhicule stationné à proximité de sa Ducati, elle marmonne. « Tu n'étais pas obligé de descendre de voiture. ».
Jasper sourit à son tour. « Cela ne serait pas digne d'un vrai gentleman. ». Son allure est fantastique dans un ensemble pantalon noir et veste assortie.
Bella monte et demande. « Alors, où est ce qu'on va ? ».
Son chevalier servant ferme doucement sa portière avant de faire le tour de la voiture pour y monter à son tour. « Columbia Center. ».
« Ohhhh sérieux ? … Génial. Est-ce qu'on va haut ? ».
Jasper lui offre un clin d'œil avant de démarrer sa voiture. « Skyview, normalement. ».
« Toi, tu sais comment mettre une femme dans ta poche. ».
Lorsqu'elle vibre, Bella réprime un frisson. Ce n'est pas aussi intense que sa moto, mais elle s'en contentera aisément.
« C'est parti. ».
xoxo
Jasper laisse sa mustang, d'un noir rutilant sous les lumières de la ville, au voiturier. Lorsqu'il ouvre la portière pour Bella, il entend déjà les exclamations joviales des princes à proximité.
Le couple repère rapidement leurs amis parmi la foule accumulée à l'entrée du building et Jasper retrouve aussi ses amis Peter et Charlotte ainsi que ses collègues de travail.
Chacun montre son carton d'invitation à l'entrée et ils montent tous jusqu'au dernier étage du gratte-ciel.
Une fois tout en haut, ils se saluent tous et James siffle en remarquant Bella. « Tu nous avais caché tout ça ! En fait, tu es bien la sœur de Rose. Quel gâchis de cacher tout ça sous la tonne de vêtements trop larges que tu portes habituellement ! ».
La jeune femme sourit et le pousse de la main. Elle lui montre sa sœur qui apparait lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrent à nouveau. James hausse les épaules. « Ouais, elle est sublime, comme d'hab.' ! Mais, toi tu es divine et c'est tellement peu courant de me surprendre. ». Il la regarde encore. « Putain, ta paire de boobs me fait fantasmer ! ».
« Hum… tu veux la même ? ».
« Naaaan ! Je passerais mon temps à me peloter ! ». Il continue sur la même verve encore un moment puis, telle la diva qu'il est, James repart papillonner, et faire profiter de sa présence auprès des différents convives qu'il connait.
Quand Jasper rejoint la jeune femme avec une flûte à champagne pour chacun, elle rit encore de sa discussion avec le serveur. Ses joues sont rouges et son regard pétille. Pour résumer, elle est plus belle que jamais.
Jasper soupire. « Qu'est-ce qu'il a pu dire pour te mettre dans un état pareil ? ».
« James vient de baptiser mes nichons et a offert de leur apporter un verre… ».
« C'est un vrai charmeur. ».
« Je pensais qu'il était gay. ».
« Non pas uniquement, ça serait limiter le choix. ».
« Je me disais aussi… Pourquoi se limiter à la crémière quand on peut aussi avoir le crémier… ».
« Et le livreur de lait. ».
Ils sourient en buvant une gorgée du liquide doré. La soirée s'annonce sous de bons auspices, en espérant que cela continue.
Comme prévu, la musique est bonne, le buffet encore mieux et les invités plus intéressants les uns que les autres. Bella chantonne un air en même temps que la chanteuse, qui est actuellement sur scène, tandis que Jasper l'observe du coin de l'œil.
Lorsqu'elle croise son regard, sa main reste en suspens devant sa bouche, retenant un macaron du bout de ses doigts. Elle lui sourit et ose même un clin d'œil.
Leur bulle éclate quand des applaudissements se font entendre. Le morceau vient de se terminer. Le couple se rajoute à la foule amassée devant la petite scène.
Ils croisent Edward et les princes qui sont entourés d'un groupe de jeunes femmes et tous semblent jouer de leurs charmes. Seth lève son verre vers le couple avant d'être entrainé avec les autres vers un des coins VIP alors qu'Edward, passant clairement devant eux, fait mine de ne pas les voir.
La jeune femme réprime un frisson. Jasper se penche vers son oreille et demande doucement. « Est-ce que ça va ? Tu tiens le coup ? ».
Bella sourit mais ce n'est pas un vrai sourire, celui qui peut éclairer une petite ville par les mégawatts qu'il dégage habituellement. « Ouais, ça va… je vais m'y faire. ». Elle continue de regarder vers eux, ses joues prisent d'une couleur rosée. Son cœur semble battre plus fort dans sa poitrine et son estomac fait des soubresauts terribles.
Jasper finit sa coupe et la dépose sur le plateau d'un serveur. Il avait prévu le coup. Entrainant la jeune femme avec lui, il l'emmène vers une balustrade. Devant eux, s'étend la ville, éclairée de mille lumières et à cette hauteur, la vue est incroyable.
Bella expire. « Ouah ! C'est magique ! ».
Jasper est ravi. « On dirait une petite fille… ».
Elle se rapproche de lui et l'incite à se pencher aussi. « Regarde comme c'est beau ! ».
Il lui montre différents sites et soupire. « Si un jour je dois déménager, je ferais comme mon frère… une maison sur le toit de l'immeuble le plus haut que je pourrais trouver. ».
« Où vivrais-tu ? ».
« Dans un endroit tempéré. Ni trop chaud, ni trop froid. Puis, avec un parc assez grand pour Aro… ».
« Et pourquoi pas une forêt ? ».
« Ah ouais, pas mal. Il serait ravi. Qu'est-ce que tu vois d'autre ? ».
La jeune femme sourit mais confesse tristement. « Je suis désolée mais pour le moment mon imagination est carrément en panne. ».
Toujours appuyé contre la balustrade, Jasper se tourne vers la salle. « Oh, donc même le cerveau fertile de Mademoiselle Swan a ses limites ! ».
Elle finit par demander. « Est-ce que tu as déjà eu l'envie de quitter Seattle ? ».
« Plus souvent qu'il ne faudrait. Mais, toute ma famille vit ici, alors… ».
« Tu prends sur toi… ».
« Exactement. ». Remarquant le ton maussade de la conversation, il demande. « Qu'est-ce que tu as prévu demain ? ».
« Après que je me sois remise de cette soirée ? Rien de spécial. Le café est hors de question et je veux m'accorder un peu de temps avant de trouver un autre job… Et toi ? ».
« Hum. Je voulais te proposer un déj. Je me suis occupé du dessert ! ».
Incrédule, elle demande. « Tu as fait un dessert !? ».
« J'ai acheté de la glace. Mais, je la mettrais dans de jolis bols… Je pousserais peut être même l'excellence en ajoutant quelques pépites de chocolat… Mais, c'est vraiment pour montrer mon talent ! ».
« Mon dieu, un vrai chef. ». Il hoche la tête à plusieurs reprises, confirmant qu'il est parfaitement d'accord avec elle. Elle éclate de rire.
Son rire cristallin domine un moment la salle car l'orchestre vient d'entamer sa pause et de nombreux invités se tournent vers le couple en souriant car son rire est communicatif.
Les joues rougies par la honte, Bella lève la main doucement, proclamant des excuses. Quand la mine contrite d'Edward rencontre le couple, ils sont vite refroidis.
Elle soupire. « J'aimerais tant revenir en arrière. ».
« Tu sais, revenir en arrière n'est pas si facile non plus. Tu dois faire les mêmes erreurs, dans l'autre sens tout en sachant que ce n'est pas le bon chemin, ni la bonne route à prendre et que tu as fait des erreurs en lisant les panneaux… ».
« J'aurais dû écouter toutes les personnes qui m'ont dit que je faisais une connerie… ».
« C'est trop tard maintenant. Il faut que tu acceptes ce qu'il se passe. Le fait que tu aies fait de mauvais choix parce que tu n'étais pas assez prudente. Tu n'aurais pas pu deviner une telle réaction de sa part. Je sais que c'est facile à dire mais maintenant, il faut que tu acceptes les conséquences de tes actes. ».
« Tu me dis d'abandonner ? De passer à autre chose ? ».
« En aucun cas je ne prendrais une telle décision pour toi, Bella. Ce que je veux dire, est que la Terre ne s'arrêtera pas de tourner qu'il décide de te pardonner ou non. ».
Bella ne cesse de se remémorer les moments qu'elle a vécus avec Edward malgré le fait qu'elle passe une bonne soirée avec son grand frère.
La soirée continue et le couple croise souvent leurs regards mais sans aucune interaction entre eux.
Malgré elle, Bella Swan reconnait une chose. Elle savait parfaitement comment réagirait Edward mais, d'une manière bien méprisable et égoïste, la jeune femme pensait que son amour pour lui suffirait à calmer sa colère.
Apparemment non.
xoxo
Cela fait déjà plus d'une heure qu'il observe Bee. Edward grommelle doucement avant de finir son whisky d'une gorgée. La brûlure diffuse de l'alcool dans sa gorge le retient de se lever pour la rejoindre.
Bella qui est en train d'onduler lentement au rythme de la musique. Elle semble émerveillée devant les lumières de la ville et le jeune homme n'avouera jamais qu'il désespère d'être à la place de son frère.
James s'installe auprès de lui, poussant une des pouffes qui s'accroche, telle une sangsue en manque, au bras de son ami. Il suit son regard et grimace. « Gamin, tu es aussi transparent qu'un t-shirt mouillé. Pourquoi est-ce que tu ne vas pas lui parler ? On peut voir à trois mille mètres qu'elle n'attend que ça. ».
Edward offre un sourire plein de charme à la fille à son bras. « Non merci, je suis déjà occupé. Je n'en ai rien à faire… Mais alors rien à faire du tout. ».
James regarde le couple et finit par persiffler. « Ouais, c'est ça. Mon dieu, je viens de perdre foi en l'humanité. Ne me prends pas pour un idiot, ok !? ». Il stoppe directement toute envie que peut avoir son ami de répondre en levant sa main. « Arrête de perdre ton temps car je sais que tu ne le penses pas. Tu sais Eddie, si tu la veux tant que ça… la fixer ainsi ne sert pas à grand-chose. ».
Une des filles à ses côtés réclame son attention en déposant un baiser sur sa joue avant qu'il ne réponde. « Ta gueule, Jamie. Tu ne sais pas de quoi tu parles. ».
James saisit une des cerises confites de son verre et la mâchouille consciencieusement. « Vu les regards que tu lui lances depuis qu'elle est arrivée, je pense que toute la salle sait maintenant qui t'intéresse vraiment. ».
Edward manque de lâcher le nouveau verre qu'un des serveurs lui offre, essayant de voir si quiconque porte attention à leur conversation. « Quoi ? ».
Maintenant, son ami joue avec le petit parasol coloré de son cocktail. « Calme-toi ! Je plaisantais. ».
« Mon dieu, tu es aussi drôle qu'un ulcère. ».
« Rabat joie. ».
« Folle. ».
« Coincé. ».
Seth se tourne vers eux et soupire. « Vous ne pouvez pas faire votre Scrabble ailleurs ? Vous me rendez dingue ! Et Cullen, ça me désole d'approuver ce guignol mais James a raison. Ça m'étonne que Bee ne se soit pas désintégrée vu comme tu la mates. On a l'impression qu'elle est l'air que tu respires… Va la voir avant de faire une syncope. ».
James éclate de rire et lui tend la main que Seth frappe joyeusement. « Alléluia ! ».
xoxo
Rosalie fait un signe de tête en direction d'un point derrière sa sœur. Bella se doute de qui vient jusqu'à elle. La jeune femme se tourne légèrement sur son tabouret de bar et fait face à son ancien mec/patron… qui est accompagné d'une fille accrochée à lui comme une moule à son rocher.
Sa sœur attire son attention une seconde, lui signalant qu'elle retourne auprès d'Emmett. Elle n'y répond que par un simple hochement de tête, son attention entière déjà dévouée à celui qui se présente devant elle. Bella croise les bras et marmonne ironiquement. « Je me demande si je dois utiliser mon pouvoir d'invisibilité pour faire le bien ou pour tenter de mettre le monde à mes pieds. J'ai toujours préféré les méchants dans les films alors pourquoi ne pas faire ma Moriarty et tenter de voler les bijoux de la couronne ? ».
Edward finit par la regarder, réprimant l'esquisse de sourire qui menace de s'inscrire sur son visage. Un de ses sourcils se soulève. « Comme tu le vois, je suis un peu occupé… ».
La voix de la jeune femme est toujours pleine de sarcasme. « Oh, tu as fini par remarquer ma présence. Je commençais à me demander si je n'étais pas invisible. On peut trouver un endroit tranquille où discuter ou est-ce que tu vas faire semblant de ne pas me voir encore longtemps ? ».
« Tu étais avec Jasper… Je ne voulais pas vous déranger. ».
« Cullen, tu sembles bien plus occupé que moi. ».
Edward enserre un peu plus la jeune femme qu'il tient dans ses bras et lui susurre quelques mots à l'oreille. Celle-ci hoche la tête, son regard, plein de dédain, posé sur Bella avant de se diriger vers le coin VIP, en balançant ses hanches langoureusement.
Bella marmonne. « Elle doit se taper une sacrée scoliose en fin de journée à marcher comme ça, non ? ».
Son ex…. patron… petit ami… ami…. réprime un sourire. « Tu voulais me parler ou cracher ton venin ? Parce que figure-toi que je n'ai pas que ça à faire… ». Son regard suit toujours sa conquête qui lui fait signe de l'autre côté de la salle.
Bella lève les yeux au ciel et lui indique de la suivre. Ils traversent la grande salle sans être interrompus et se retrouvent devant une porte dont une pancarte indique que l'accès est privé. Bella sort la carte en plastique de sa pochette et devant le regard surpris d'Edward, elle marmonne. « Pas de mystère. Jasper me l'a filée en arrivant. ». L'accès est déverrouillé dès que la carte est lue par le lecteur et la jeune femme entraine Edward en le tenant par la manche de sa chemise.
Le jeune homme reste obnubilé par les ondulations de sa robe et le cliquetis des talons hauts qu'elle porte comme une reine.
xoxo
Ils avancent encore un peu et se retrouvent dans le couloir menant en cuisine. Les festivités ayant débuté depuis un moment, le lieu est assez calme pour avoir une conversation tranquille sans hausser le ton. Chacun marque sa distance en restant appuyé sur les murs opposés. Lui s'obstine à regarder la porte qu'ils viennent de franchir et elle reste les yeux posés sur lui.
La main de Bella glisse de son épaule jusqu'à son coude, réprimant un frisson. « Edward… ».
Putain… Arrêtes de prononcer mon nom !
Bella continue. « … Avant que les autres ne se rendent compte de notre absence ou tentent encore de s'immiscer dans la conversation… On peut se parler franchement? ».
Il ne se tourne toujours pas pour lui faire face. « À propos de quoi ? Je pense que tout a déjà été dit. En plus, tout le monde semble être de ton coté… ça doit être génial d'avoir de tels amis. ».
Il l'entend qui se rapproche et, elle réplique doucement. « Ce sont aussi les tiens. N'en doute pas s'il te plait. ». Puis, elle le contourne pour lui faire face et le manège recommence. Edward s'apprête déjà à repartir. Il ne peut même plus la regarder.
« Je suis désolée d'avoir eu si peu conscience de ta position. Je sais que j'aurais dû t'expliquer ma situation dès le début mais, je ne savais pas… Je ne pensais pas que les choses auraient pris une telle ampleur. ».
« Je n'ai pas envie d'écouter encore une fois cette rengaine. ».
Alors qu'il repart dans l'autre sens, Bella le retient. « Attends, écoute-moi…. Ne serait-ce qu'une dernière fois. ».
Il s'échappe de son étreinte brutalement. Son regard montrant clairement le dédain qu'il lui porte. « Cela a dû être drôle… un mec qui te propose de jouer le rôle de son petit ami et qui finit par réellement tomber amoureux de toi… Je n'imagine même pas ce que cela a dû faire à ton égo. Je devais vraiment avoir l'air d'un con avec tous mes sentiments… ».
Alors qu'elle tente de garder sa constance, il demande, sa voix s'emplit de colère à mesure qu'il développe ses arguments. « Miss Swan, quand est-ce que tu comptais m'avouer la vérité ? Tu avais l'opportunité. Des tas d'opportunités même… Nous étions souvent seuls tous les deux. Quand j'ai dit que tu comptais autant qu'un frère pour moi, n'as-tu pas réalisé combien ça me bouffait de mettre une telle distance entre nous ? On passait les trois quart de nos nuits ensemble… sur la plage… au restau… chez moi… Est-ce qu'à aucun moment tu ne t'es posé des questions sur mes sentiments pour toi ? Et quand cette situation a commencé à me rendre malade, est-ce que là tu n'as encore pensé qu'à toi ? Dis-moi !? DIS-MOI !? ».
Bella ferme les yeux. Sa respiration est erratique et elle semble prête à craquer, mais elle tient bon. « Je n'y arrivais pas. Je ne voulais pas casser ce qu'il y avait entre nous… en arriver au point où nous sommes aujourd'hui. Je sais que j'ai eu tort. ».
« En fait, tu ne pensais qu'à toi. ». La jeune femme baisse la tête. « Tu ne t'es jamais souciée de ce que je pouvais vivre. Lorsque je t'ai dit que je t'aimais… que je me foutais des conséquences sur ma famille, mes amis ou mon entourage… Tu t'enfonçais dans ton mensonge mais tu n'as toujours rien dit. Est-ce que c'était si plaisant ? ».
Bella répond en serrant les dents. « Il n'y avait rien de drôle là-dedans. Je t'aimais tellement que je n'ai rien osé dire. Je pensais qu'il n'y avait aucune possibilité d'avenir entre nous. ». Elle fait les cent pas dans le petit couloir, sans pour autant s'écarter de lui. « Tu m'as dit que tu comptais repartir à New York, que tu ne voulais pas rester ici alors que tu sais que je suis obligée de vivre ici. ».
Edward hoche la tête. « Et quand je pense que j'avais pour projet de t'emmener avec moi. Que je cherchais des solutions pour que tu ne t'inquiètes pas pour ta famille. Mais, tu avais déjà l'intention de me laisser tomber. ». Sa main passe dans ses cheveux et il semble prêt à les arracher tant la situation le frustre. « Putain, mais est-ce que je n'étais vraiment rien pour toi ? ».
« Tu… as dit que je ne t'aurais pas intéressée en tant que fille. Tu as dit que tu étais heureux que je sois un mec… Que tu avais surtout besoin d'un ami. Je voulais être ça pour toi. Peu importe mon rang tant que j'étais à tes côtés ! ».
Edward voit bien la déception dans le regard de Bella et il se demande si elle a enfin compris et qu'elle va arrêter de le poursuivre. Mais, contre toute attente, elle pose sa main sur son épaule. Son contact est léger mais cela suffit à le stopper. Sa main remonte pour appuyer sur sa nuque, l'obligeant ainsi à baisser la tête. Plutôt que de se tourner vers elle, Edward s'obstine à regarder le sol. La jeune femme demande calmement. « Ne me rejette pas, s'il te plait. ».
Le regard vert d'Edward se fait plus glacial. Sa voix manque de conviction. Bella est si, si proche de lui. Il parvient à demander. « Qu'est-ce que tu me veux ? ».
Elle se mord la lèvre. « Je… Je veux que tu sois honnête avec moi. ». Comme si elle retrouvait son courage, elle continue plus fermement. « Je veux que tu me dises…. Où on se trouve. Est-ce qu'il y a une chance entre nous… est-ce que j'ai raison d'espérer ? ».
« Je te l'ai dit… Tu ne comptes plus pour moi. ».
Un serveur passe avec des plateaux chargés de verres sales. Au lieu de retourner de son coté, Bella reste près d'Edward. « Comment peux-tu dire une chose pareille ? ».
Celui-ci semble embarrassé et prêt à fuir. « Tu as toujours fait en sorte d'être sûre que tu ne seras jamais inquiétée, ou blessée… sans te soucier de moi. Pour moi, tu es comme toutes les autres. ».
Là, Bella ne dit rien. Elle se rappelle de leurs conversations nocturnes, lorsque tout allait bien entre eux et que Cullen lui expliquait son rapport aux femmes, combien elles étaient 'faciles' et qu'il ne cherchait que des relations sans lendemain.
« Putain, mais il n'y avait que toi, Cullen ! Je te l'ai maintes fois répété ! Je ne sais pas pourquoi tu t'obstines à penser que je puisse aimer ton frère ou que j'ai pu penser vouloir te faire du mal ! ». La voix de Bella finit par craquer. « Tu me manques tellement. ». Elle s'approche de lui et pose un baiser sur sa joue. Quand il ne réplique pas, elle ose le coin de ses lèvres et, quand Edward fait encore mine de ne pas réagir, elle l'embrasse pleinement sur la bouche. « Tellement. ».
Edward laisse échapper dans un soupir. « On ne devrait pas… ».
Les mains de la jeune femme glissent encore dans son cou. Le bout de son nez frôle le sien et ses lèvres sont si proches qu'il peut ressentir chacune de ses expirations. « Peut-être juste un… un seul baiser… ».
C'est comme s'il tentait de se convaincre. Mais, dès lors qu'elle pose ses lèvres contre les siennes, seule l'idée de combler le manque, qu'elle a provoqué par ses mensonges, domine.
Il finit par céder, réalisant combien il a besoin de la sentir auprès de lui. En étant un mec, Bee était avec lui presque 24/7 alors maintenant qu'elle est contre lui c'est comme refiler un verre de rhum à un patient de Betty Ford, il te boit ça comme de l'eau.
De ses petits poings, elle agrippe le tissu de sa chemise et semble prête à lui arracher. Elle cambre son corps contre le sien et par un automatisme réglé depuis des mois, il l'enserre dans ses bras, assez pour qu'il puisse sentir chaque centimètre carré de Bee contre lui. Edward se remémore le dernier moment où ils se sont retrouvés ainsi ensemble et rien ne semble plus important que d'avoir le plus de contact avec sa peau possible.
Lorsqu'un autre employé les interrompt encore, elle lui saisit la main et l'entraine dans un petit local technique. Fermant la porte derrière elle, la jeune femme trouve l'interrupteur d'une petite loupiotte.
L'ampoule se balance d'avant en arrière, éclairant et obscurcissant le couple avec la régularité d'un métronome.
Bella fait glisser ses mains sur la chemise d'Edward.
« Ça ne marche pas Bella… Tu ne me tentes pas du tout. ».
La jeune femme n'en est pas si sûre. Puis, ce n'est pas ce genre de propos qui risque de la décourager. Elle sait combien il est impuissant face à son contact et elle sait ce qu'elle veut.
Elle tire doucement sur sa cravate, avant de la faire glisser le long de son col. Ensuite, du bout de ses doigts, elle écarte le col afin d'exposer la peau cachée en dessous. Assez proche pour sentir son odeur corporelle, la jeune femme reconnait aisément le parfum qu'elle préfère.
Bella embrasse doucement l'espace découvert et il tente de l'en empêcher, retenant ses mains en lui tenant les poignets. « Est-ce que c'est ce que tu fais pour obtenir ce que tu veux ? C'est ce que tu es prête à faire pour me montrer de l'intérêt ? ».
N'étant pas certaine de sa voix, elle acquiesce, bien que ce qu'il vient de dire peut laisser pas mal d'interprétations différentes. Mais, elle n'en a cure. Ce qu'elle souhaite surtout est de renouer le contact entre eux.
Quand Edward finit par la relâcher, Bella inverse leurs positions, sachant qu'il ne risque plus de prendre la fuite, à la moindre occasion. Elle ne dénie pas le fait que chacun de ses gestes sont comme un clou planté dans son propre cercueil. Mais, elle sait que les minutes qu'elle passe en ce moment, sont pour compenser les heures que marqueront son absence auprès d'elle car avant même qu'elle ne le réalise, Edward aura quitté sa vie.
La jeune femme serre les dents une brève seconde et ferme les yeux, sa poitrine se contractant aussi sous la douleur de cette vérité.
La pièce est loin d'être silencieuse car tel un rythme cardiaque, les basses de la musique jouée dans la grande salle font vibrer les murs du local. Avant même qu'ils ne comprennent ce qui se passe, la main de Bella l'attire par sa cravate tandis qu'Edward semble prêt à arracher les boutons de sa robe. D'ailleurs, certains petits bouts de nacre tombent déjà au sol.
Bella passe ses bras autour de son cou et s'empresse de l'embrasser à nouveau. Edward l'enserre à son tour et attire son corps contre le sien. Elle se cambre tout contre lui alors qu'ils font les quelques pas qui les séparent du bureau à l'allure bancale. Il la soulève et repoussant d'une main, le bordel sur le bureau, dépose la jeune femme dessus. Elle s'empresse d'écarter un peu plus les jambes afin qu'il se glisse entre elles. C'est toujours avec une certaine surprise qu'ils se rendent compte qu'ils vont si bien ensemble, leurs corps se cognent tant ils cherchent presque à fusionner, l'un avec l'autre.
Il n'y a plus d'hésitation ni de colère, c'est comme si le couple s'était retrouvé ainsi des centaines de fois auparavant. Enfin, c'était le cas mais le secret de Bella l'obligeait toujours à garder une certaine distance.
Maintenant, les mains d'Edward parcourent son corps sans restreinte et il écarte les pans de sa robe avec trépidation. Bella fait de même avec sa chemise, appréciant le contact avec sa peau. Comme toujours, son corps est chaud et sa peau est incroyablement douce.
Edward ne recule pas à son contact. Il la laisse le toucher, alors elle en profite, savourant chaque instant.
Bella sait, enfin… quand elle n'était que Bee, Edward aimait ça. Il adorait même cela plus qu'autre chose. Comme s'il avait manqué d'attention durant une partie de sa vie et que le moindre contact 'tactile' de Bee était comme trouver de l'eau en plein désert. Il en savourait chaque instant, comme c'est le cas en ce moment.
Elle lui retire complètement sa chemise puis relève doucement ses genoux. Cela a l'effet escompté. La jeune femme peut apprécier son érection pressée contre ses cuisses et cela ne fait qu'augmenter son appétit pour lui. C'est une chose de savoir que quelqu'un vous apprécie mais c'est totalement différent de ressentir son désir.
xoxo
Edward laisse échapper un soupir, profond et presque guttural. Ses mains larges remontent des hanches de Bella jusqu'à sa nuque. Il saisit une poignée de cheveux et oblige sa partenaire à pencher sa tête, dévoilant ainsi le satin de son cou. Ses lèvres effleurent la peau douce et chaude.
Il respire l'odeur de sa peau. Un mélange simple de savon et de crème avec cette pointe épicée qui est si typique de Bee… Bella. Malgré tout ce qui peut y avoir entre eux, sa fragrance est, à ses yeux, l'ultime opiacée et il se sait capable de tout pour sentir encore une fois cette drogue dont son esprit se délecte à chaque dose.
Ses mains ne sont pas en reste. Elles quittent la nuque de la jeune femme pour lui caresser les hanches, remontant vers sa poitrine. Il effleure le coté de ses seins, insistant sur la rondeur des courbes et appréciant le fait que Bella morde sa lèvre inférieure, le souffle court, anticipant chacun de ses gestes.
Elle se cambre un peu plus, subtilement, afin d'être un peu plus appuyée contre ses paumes, afin de l'inciter à continuer. Ses yeux sont clos et il peut voir aisément l'ombre de ses cils sur ses joues, les petites taches de rousseur qui parsèment son nez et ses lèvres boudeuses rendues écarlates par les attentions qu'il lui inflige.
Il ne se fait pas d'illusion. Bella a dû clairement sentir son membre durci contre sa cuisse et elle sait qu'il a envie d'aller plus loin tout autant qu'elle peut le désirer lui. Mais, Edward continue son manège, la touchant doucement. Ses doigts entament un jeu séducteur, longeant la démarcation de ses mamelons d'un rose poudré, pointant déjà par l'excitation.
« Edward… ! ». Elle lève sa tête, lui faisant face.
Edward lui offre un regard intense, brulant de passion et d'envie et hoche la tête. Sa voix n'est qu'un murmure, comme s'il ne voulait pas vraiment qu'elle entende sa confession. « Tu ne peux imaginer à quel point j'ai pensé à un tel moment… ». Il se penche encore, et à mesure qu'il s'abaisse, défaisant du bout de ses doigts les boutons de la robe, sa bouche mord doucement sa peau découverte.
Le jeune homme ne s'arrête pas là, il place une multitude de baisers sur le ventre de Bella avant de s'agenouiller devant elle. Ses index soulèvent la dentelle de sa culotte et font glisser le tissu jusqu'à ses chevilles. Presque religieusement, il soulève un pied, puis l'autre, débarrassant Bella de son sous-vêtement sans pour autant la débarrasser de ses escarpins.
Toujours à genoux, il lève son regard vert intense vers celle qui détenait son cœur depuis peu. La voir ainsi 'offerte' est tout ce qu'il désire en ce moment. Quelques secondes suffisent pour qu'il se retrouve à déguster le sexe de la jeune femme, maintenant une de ses jambes sur son épaule, tandis qu'il lèche, mordille et lape doucement le trésor qu'elle cachait.
Bella pousse un petit cri de surprise et une de ses mains s'accroche rapidement au bureau quand ses jambes menacent de défaillir par les assauts répétés et enthousiastes d'Edward. Son autre main glisse dans les cheveux sombres de son partenaire, serrant et desserrant son étreinte à mesure qu'il lui procure du plaisir.
Edward ne peut s'empêcher de penser à l'ironie de sa situation. On peut compter sur les doigts d'une seule main, le nombre de fois où ses préliminaires n'ont pas consisté uniquement en une bonne fellation et là, sans même désirer la réciprocité du geste, il se met à genoux devant elle.
Tel un fruit qu'il dégusterait, il prend soin d'apprécier l'écrin intime et si sensible de Bella. De sa langue, il en savoure la texture et de ses doigts, il en explore les cavités.
On peut dire ce qu'on veut sur Edward Cullen, d'ailleurs beaucoup de choses ont été dites à son sujet… Mais l'une des vérités indiscutables est que ce mec apprend vite. Appréciant les réactions d'une Bella totalement à sa merci, il note ce qu'elle aime… Quel contact la fait vibrer ou frémir… Les endroits où sa langue peut passer qui font qu'elle se cambre… L'angle atteint par ses doigts qui fait qu'elle frissonne de plaisir… Quand ses mains parcourent la longueur de ses jambes fuselées, qu'elles continuent sur ses hanches, son ventre, prenant ensuite en coupe ses seins, pour pincer doucement ses tétons… Quand ses doigts la chatouillent et titillent sa peau devenue sensible.
Et, tous ces moments s'ajoutent à la liste, déjà longue, des plaisirs qu'il avait avec Bee…
Non, ne repense pas à cela… Bee n'existe plus. Bee n'existe plus. Bee n'existe plus.
La voix de Bella le fait revenir sur Terre. Son corps entier est pris de spasmes tant son orgasme est inattendu. « Mon dieu… Edward… ». La main toujours dans ses cheveux, elle l'oblige à remonter à sa hauteur. Comme il la dépasse aisément, même avec le talon vertigineux de ses Jimmy Choo, la jeune femme s'étire langoureusement contre lui pour l'embrasser. Son baiser est fougueux et intense, surement à hauteur de ce qu'elle ressent pour lui mais il ne parvient toujours pas à croire en son honnêteté.
Elle avance ses mains vers la ceinture d'Edward, frôlant sa peau, détachant chaque petit bouton de sa braguette avec soin. Son pantalon et son boxer sont vite écartés, libérant son sexe.
Il a encore du mal à réaliser ce qu'il se passe, mais il ne faut pas trop y penser non plus. Aucun mot n'est prononcé et leurs regards ne se croisent que brièvement. La peur que la réalité prenne le dessus, que l'un d'eux ne flippe et se défile…
Il demande. « Est-ce vraiment ce que tu veux ? Es-tu prête à aller jusque-là ? ».
Sa voix n'est qu'un soupir. « Oui… ».
« J'aimerais te dire que je vais être tendre ou affectueux… ». Edward écarte le reste de la robe de la jeune femme, la dévoilant complètement devant lui. « Mais, ce serait tester le peu d'indulgence qu'il me reste… Je n'aurais rien d'autre à t'offrir ensuite… ».
Bella soupire. Ses yeux, flashant une certaine tristesse avant que sa voix ne soit emplie de détermination. « Continue… S'il te plait, continue Edward. ». Elle se penche et sans pour autant perdre le contact, recherche un instant dans sa pochette, ressortant un petit carré argenté.
Le beat de la musique jouée dans la grande salle fait vibrer les murs du local, contrastant avec le silence absolu dans la petite loge quand elle s'applique à poser le préservatif, puis qu'elle place ses jambes autour de la taille d'Edward et qu'il est profondément enfoui en elle.
Bella expire et agrippe ses épaules. Les muscles du jeune homme se tendent sous ses doigts alors qu'il la pénètre, cognant ses hanches contre les siennes. Son visage est concentré et il cherche sa bouche afin de l'embrasser. Une de ses mains la force à le rencontrer à chacun de ses coups de rein tandis que l'autre masse le sein qui est à sa portée.
Il halète, comme surpris par l'effort. « Regarde… ce que tu as fait de moi ! Comment puis-je te désirer… autant... alors que tu m'as brisé le cœur ? ».
Chaque seconde est féroce. Lui comme elle, tente de marquer son territoire, de montrer qu'il est plus déterminé que l'autre, que son amour ou sa haine surpasse la douleur de l'autre. Elle s'agrippe à lui, laissant des griffures dans son dos, sur ses épaules et en mordant son cou. Il se penche, mordillant la peau souple de ses seins, le muscle de son bras ou le lobe de son oreille.
Bella gémit quand il lui saisit les cheveux, l'obligeant à dévoiler son cou et qu'il laisse des traces rouges et brulantes là où ses lèvres la marquent.
Edward pose ses mains sur ses hanches, glissant jusqu'à saisir à pleines mains son adorable derrière. Le mouvement lui permet d'être encore plus profondément en elle. La soulevant légèrement, il va plus vite et, la réaction ne se fait pas attendre. La bouche de Bella forme un 'O' de surprise et ses yeux menacent de faire un tour complet dans leurs orbites tant le plaisir la submerge et lorsque son orgasme culmine, Edward n'est pas loin derrière elle.
Le sexe de Bella convulse doucement, tentant de le garder en elle plus longtemps. Il ne peut se permettre que quelques coups de reins supplémentaires avant qu'une plainte presque silencieuse s'échappe de sa gorge. La respiration encore haletante, il la berce doucement, presque tendrement, alors qu'ils redescendent de leurs orgasmes. Bella pose une tête lasse contre sa joue, et soupire de contentement. Il lui prend la main et embrasse sa paume, puis son poignet avant de conclure par un dernier baiser sur la bouche aussi dévastateur que les précédents.
Le couple demeure ainsi, les yeux clos, savourant ce moment avant que leur bulle n'éclate.
Après le plaisir reçu, la douleur et la fatigue, tant mentale que physique, reprennent le dessus. Edward reste le front appuyé contre celui de Bella et pousse un soupir. Ses pensées dérivent en tous sens.
Il se sent comme un con pour avoir cédé à ses pulsions, comme un lâche pour la manière dont il va se défiler maintenant que c'est fait et comme un traitre car son cœur va se briser un peu plus lorsqu'il va quitter la pièce où il s'est enfermé avec la jeune femme. Il regrette déjà ce qu'il a fait et ce qu'il s'apprête à faire. Il n'avait aucun droit d'attendre quelque chose en retour, de piétiner ainsi les sentiments de Bella alors qu'il ne compte pas lui pardonner. Sur l'instant ça paraissait tellement clair et logique, tout ce qu'elle était prête à lui offrir, il n'a eu qu'à tendre la main pour l'obtenir. Il la désirait et elle s'est offerte à lui.
Bella Swan est en fait comme toutes les autres. Elle voulait obtenir quelque chose de lui et l'a obtenu mais Edward ne mange plus de ce pain-là.
Il ne bouge pas quand Bella pose sa main sur son torse. « Est-ce que je t'ai manqué ? Ne serait-ce qu'un peu ? ».
Aucune réaction. Après quelques minutes, où ils reprennent leurs respirations, Edward se recule et se rhabille rapidement.
La jeune femme, comprenant que leur moment intense est bel et bien terminé, murmure. « Apparemment pas. ».
Cachant, tant bien que mal, ses sentiments, Edward déclare froidement. « C'était… tout ce que je pouvais imaginer. Tu t'es servie de moi et… Maintenant, on peut dire qu'on est quitte. ».
Bella maugrée quelque chose d'incompréhensible avant d'être plus claire. « Est-ce vraiment ce que tu penses, Cullen ? ».
Il acquiesce.
Elle se mord la lèvre, semblant contrôler un flot d'insultes qui pourrait s'échapper de sa bouche puis finit par s'avouer vaincue. « Si j'ai bien compris… Chacun peut faire sa vie de son côté, pas vrai ? ».
Après un temps d'hésitation, Edward acquiesce encore.
Elle renifle doucement. « Au départ… Je ne pensais pas que tu aurais pu aimer quelqu'un comme moi. J'ai vite compris ton 'attachement' pour Alice. ».
Lorsque le jeune homme se tourne vers elle, elle l'empêche de l'interrompre. « Même moi qui suis une femme, je sais à quelle point elle est charismatique, superbe, élégante et riche de surcroit…. Tout ce qu'il faut pour être aux côtés d'un Cullen… c'est ce que tu m'as dit, il me semble. Qu'il te fallait une femme que tu puisses montrer à tes parents. Enfin, tout ça pour dire que je pensais qu'il aurait été mieux pour moi de rester un mec… ». Elle respire un grand coup avant de continuer. « Je ne suis pas féminine, ni même jolie. Je n'ai ni sa culture, ni la moitié de son éducation donc si nous étions frères… ça me suffisait tant que je restais à tes cotés. On rigolait bien et la vie était cool. Au point que j'en ai oublié que les bases de notre amitié n'étaient pas solides que tout était basé sur un mensonge dans lequel je m'enfonçais… Donc, je comprends et Cullen… putain… Tu ne sais pas à quel point je suis désolée. ».
Les doigts d'Edward appuient fortement sur sa tempe, comme si sa tête semblait prête à exploser. « Je déteste ça. Pourquoi est-ce que je suis toujours trahi par les gens que j'aime ? Mes parents… Jasper… et toi maintenant. Je n'arrête pas d'y penser… Pourquoi ? Pourquoi est-ce que tu n'étais pas capable de me dire la vérité ? Est-ce que tu ne me fais pas assez confiance pour me dire quelque chose d'important ? Est-ce que tu manques tant de foi en moi pour penser que cela peut me toucher aussi ? Je t'aimais… Je t'aimais tellement. Mais, tu n'as jamais cru en nous… en moi. ».
« Ce n'est pas ça. Tu te trompes Edward. Cette confiance, c'est en moi que je ne l'ai pas. C'est de ma faute. Je n'ai jamais eu de chance alors je n'ai jamais vraiment cru que tu m'aimais. ».
« J'ai besoin de quelqu'un qui croit en moi. Que même si le reste du monde pense que je suis un raté… J'ai besoin de quelqu'un qui pense tout de même que je suis capable de faire de mon mieux. Tu m'as trahi, t'inquiétant uniquement à partir du moment où ton mensonge a été dévoilé. ».
« Ce n'est pas vrai. Ça me mine depuis des mois. Je ne voulais pas que tu me quittes. ».
« Au moins maintenant, tu as un souci en moins, vu que c'est le cas. Je ne veux plus te voir Bee. Je ne sais pas qui est Bella. La personne que j'aimais était un petit voyou courageux qui parvenait toujours à garder le sourire malgré tout ce qui lui tombait dessus. Je l'admirais et c'était lui qui m'inspirait. Mais toi… Tu n'es que Bella. Et avec ce que je sais d'elle, je n'ai pas envie de la connaitre. ». Il cherche un instant dans ses poches et retire une enveloppe qu'il lui tend.
La jeune femme la saisit et découvre une liasse de billets à l'intérieur. « Qu'est-ce que c'est ? ».
« Ton solde. Comme tu t'en doutes, tu es virée. ».
xoxo
Il fait cela pour la punir. Il est encore en colère contre elle et il ne cherche plus qu'à lui faire mal. Mais là, c'est simplement cruel. Bien qu'elle sait clairement qu'elle n'aurait jamais dû aller aussi loin surtout en sachant très bien combien il la hait en ce moment. Mais là, la coupe est pleine. « OK. J'ai bien compris le message. Là, je pense que tu ne pouvais pas me rabaisser plus que ça. ».
Avant qu'il ne puisse voir la défaite inscrite clairement sur son visage, Bella se retourne, préférant faire face au mur qu'à l'homme qu'elle avait décidé d'aimer.
Edward semble indécis, comprenant aisément que, malgré tous les arguments du monde, filer des billets à une femme juste après avoir couché avec, n'est vraiment pas fin de sa part. Mais, ne sachant que dire de plus, il finit par quitter la petite loge sans un autre mot.
La jeune femme attache sa robe et glisse l'enveloppe dans sa pochette. Elle n'est pas sûre de ce qu'elle ressent à ce moment précis. Si la situation était différente, elle l'aurait surement roué de coups et se serait aussi giflée pour un tel comportement, mais là. Elle l'a aguiché, attiré dans sa toile pour ensuite lui offrir le bâton pour la battre littéralement. Et, il ne s'est pas gêné pour la punir de la plus pécheresse des façons.
Sortant du local où ils étaient enfermés, Bella passe devant les toilettes et se réfugie rapidement dans celles dédiées aux femmes. Elle titube jusqu'au grand miroir surplombant les lavabos et constate les dégâts sur sa personne.
Son mascara a coulé et sa coupe de cheveux est complètement foutue. Des boutons de sa robe ont sauté durant leur étreinte, dévoilant un peu de la dentelle de son soutien-gorge. Sans parler de ses bas dont l'un est complètement filé. Ses yeux sont rouges mais elle ne pleure pas.
Mettant en marche un des robinets, Bella tend ses deux mains jointes pour en récupérer l'eau fraiche qui coule. Elle s'asperge une fois, puis deux, puis trois, insistant sur ses cheveux avant de courir jusqu'au distributeur d'essuie main pour se sécher.
Elle récupère sa pochette et balance son contenu sur le comptoir. Ce qui est bien avec une sœur comme Rosalie, outre le fait qu'elle sache réparer une moto les yeux fermés, c'est qu'elle arrive à caser l'indispensable dans l'équivalent d'un œuf Kinder.
Bella retire l'excédent de mascara qui charbonne le contour de ses yeux et se passe une crème matifiante, échantillon d'une grande marque, sur le visage et le cou, ensuite un peu de gloss et la voilà avec un teint presque crédible.
Ses doigts passent à plusieurs reprises dans ses cheveux et avec une petite barrette brillante, elle parvient à caser sa frange sur le côté.
Elle arrange son col afin de paraitre moins négligé et retire ses bas avant de remettre ses escarpins. Elle soupire en reculant de plusieurs pas. La vue d'ensemble de son reflet dans le miroir semble bien. Toujours fraichement baisée mais au moins avec une pointe de romantisme plutôt que la claque qu'elle a reçue.
Bella nettoie derrière elle avant de récupérer sa pochette et tout le contenu dispersé. Elle sort des toilettes et rejoint le cœur de la soirée, bien décidée à foutre le camp de là. Repérant sa sœur, elle lui indique qu'elle est fatiguée. Bien entendu, Rose et Emmett s'inquiètent, mais préférant ne pas dévoiler ce qu'elle a fait, Bella leur dit à plusieurs reprises que tout va bien, qu'un taxi l'attend et que le couple doit profiter de sa soirée.
Seth s'approche d'elle, un verre à la main. « Putain, même sous cette lumière, tu ressembles à une morte vivante. Est-ce que ça va ? ».
Bella passe une main sur son visage, soupirant son anxiété. « Mouais. Je suis juste crevée. ».
Saluant quelques personnes de sa connaissance, elle boit encore quelques coupes de champagne, pour adoucir sa gorge serrée et sèche.
Le jeune cuisinier demande. « Ça fait combien de temps que tu n'as pas réellement dormi ? ».
La jeune femme hausse les épaules, sans vraiment répondre. Il soupire, posant une main compatissante sur son épaule. « Ok, écoutes Bee. Tu sembles être au radar et ça, ça m'inquiète. Rentre chez toi et sur le chemin, achètes un truc léger pour dormir. Une de ces conneries que tu peux prendre sans ordonnance parce que là, tu ne sembles même plus humaine. Tu n'es pas la Bella que je connais. Puis, merde. Là, le patron est vraiment dingue. Je pense qu'il a atteint une certaine limite émotionnelle. Tu le connais, pas vrai ? Laisse-le se calmer et dans quelques temps, tu pourras revenir. ».
« C'est là le problème, Seth. Je n'ai plus envie de revenir. ».
Il tourne sa tête, à gauche puis à droite, vérifiant où sont placés les autres princes avant de se reconcentrer sur elle. « Raconte pas de connerie. Prends ça comme des congés et reviens en forme. Puis… .N'oublie pas que si je suis là, c'est aussi à cause de toi. ».
« Tu veux dire 'grâce à moi' non ? ».
« Parce que tu considères que travailler avec cette équipe est un cadeau ? ».
Elle sourit. Même si ce n'est que furtif, c'est déjà une sacrée victoire pour Seth. « Quoi qu'il en soit, on garde le contact ok ? Tu ne disparais pas de ma vie, d'acc' ? ».
Elle acquiesce et, avec toute la dignité qu'il lui reste, la jeune femme franchit l'espace qui la sépare de Jasper.
Ayant peur de n'être plus capable de retenir ses larmes, elle l'embrasse avant de lui dire qu'elle rentre chez elle. Après plusieurs minutes pour le convaincre de sa bonne foi, et la promesse de déjeuner ensemble, elle parvient à le laisser profiter de la soirée.
Bella franchit les grandes portes vitrées, sans laisser transparaitre sa détresse.
Descendant le long de la rue, Bella entre dans un caviste encore ouvert malgré l'heure tardive.
On dort toujours profondément après une cuite, non ?
Elle s'offre une bouteille de Champagne Clicquot Grande Dame, non point qu'elle s'y connaisse mais c'était la plus chère exposée et le nom est ironique vu qu'elle vient de se taper son ex dans un local obscur…. Et comme si elle était la dernière des putes, il lui a filé des billets pour l'occasion… Tout d'une Grande Dame, non ? Puis, avant même de sortir du magasin, elle fait sauter le bouchon et l'offre au vendeur qui reste, un bon moment, surpris d'un tel sacrilège.
Une fois sur le trottoir, elle retire ses chaussures qui lui font un mal de chien et les tient d'une main. Elle continue à avancer, jusqu'à chez elle, portant à un rythme régulier le goulot du grand cru à ses lèvres.
Ironique, elle ne peut s'empêcher de penser à Cendrillon, qui elle au moins à eu l'intelligence de se sauver à minuit, plutôt que de faire l'erreur de se taper un prince qui ne cherchera absolument pas à la revoir le lendemain.
xoxo
Il la regarde déambuler dans la salle, comme si rien n'était. Elle enchaine les flutes de champagne comme de l'eau alors qu'il sait bien que la jeune femme ne se nourrit plus correctement depuis un moment.
Lorsque Bella passe le pas de la porte, il hésite un moment, surveillant du coin de l'œil si les amis de la jeune femme ont, comme lui, remarqué que son comportement n'était qu'un subterfuge. Mais non, Rosalie est en train de danser avec Emmett, James et Seth sont en train de discuter au bar tandis que son propre frère est en charmante compagnie.
Après quelques minutes indécises et faisant fi de ses principes, le jeune homme saisit ses clefs de voiture et part retrouver la jeune femme.
Dix minutes plus tard après l'avoir cherché un moment, il la retrouve en train de marcher tranquillement dans une des rues qu'elle emprunte pour rentrer à la maison des Swan. Il soupire. Heureusement qu'ils habitent dans un quartier tranquille car elle serait vraiment une proie aisée pour toute personne mal intentionnée.
Il s'arrête un peu plus haut dans la rue et la rejoint. Les yeux de Bella s'écarquillent en le voyant et sans en être plus perturbée que cela, elle demande d'une voix trainante. « C'est toi ? Tu en veux ? ». Sa main se lève, montrant les escarpins qu'elle portait un peu plus tôt. La jeune femme éclate de rire et bafouille. « Nan, attends. Tiens, regardes. ». Son autre main dévoile une bouteille.
« Bella. Merde, mais qu'est-ce que tu fous ? ».
La jolie brune soupire et hausse les épaules. « Je m'accorde une dernière soirée de déprime avant de me botter le cul demain matin, enfin si je ne fais pas un coma éthylique. ».
Il l'entraine, s'empressant de lui ôter la bouteille des mains. Quand il remarque l'étiquette, ses yeux manquent de sortir de leurs orbites. Etant un Cullen, il s'y connait tout de même un peu en grands crus et là… C'est certain que cette bouteille ne vient pas de la soirée à laquelle ils ont participés. La jeune femme a dû passer une partie de sa prime dedans. Sa gueule de bois va être accompagnée d'un infarctus quand elle va réaliser qu'elle a dépensé une partie de sa solde dans un litre de boisson pétillante.
Plutôt que de la ramener à son domicile, il préfère l'emmener chez lui. Il la connait assez pour savoir que si ses parents la découvrent dans un tel état, elle passera ses prochains anniversaires, totalement sobre, avec les Alcooliques Anonymes.
Il la fait assoir sur son canapé et part chercher ce dont il a besoin pour qu'elle passe une nuit tranquille. S'installant en face de la jeune femme qui marmonne des choses incompréhensibles, il lui soulève les jambes. Ses pieds saignent un peu d'avoir marché directement sur le sol. Il nettoie et désinfecte ce qu'il peut à l'aide de compresses et d'eau chaude disposée dans une coupelle. Ses mains glissent, à plusieurs reprises, de ses orteils jusqu'à ses chevilles, doucement, pour éviter de lui faire plus mal encore surtout qu'elle a d'autres plaies apparentes, surement dues à ses entrainements.
Aucun des deux ne dit mot. Quand il lève son regard vers elle, ses yeux dorés sont à peine visibles sous ses paupières mi-closes. Il continue ainsi plusieurs minutes avant de reposer ses pieds sur le canapé.
Bella susurre un petit merci alors qu'elle s'endort déjà sur l'oreiller qu'il a posé près d'elle.
Une demi-heure plus tard, après avoir rangé sa trousse de premiers soins et pris une douche, il entend des sanglots provenant du séjour, en sortant de sa salle de bains. Alors qu'elle n'a pas bougé d'un pouce et est clairement endormie, la jeune femme pleure dans son sommeil.
Il passe une main lasse dans ses cheveux, hésitant à la rejoindre pour la consoler.
Non, ce n'est pas à moi de faire ça.
Plusieurs minutes passent et il continue à regarder Bella avant de se décider à aller dormir à son tour.
À bientôt !
