Coffee Prince « Café des Princes ».

Twilight, à S. Meyer & The 1st Shop of Coffee Prince, à Lee Sun Mi

Création de Selina Lex

Chapitre 25

Ristretto Bianco

Même lors de ses entraînements les plus intensifs, rarement Bella s'est demandé si sa mort était proche tant elle pouvait souffrir… Mais là, ça y est, le cap est passé à cause de cette putain de cuite.

Une douleur sourde fait écho de ses pieds à la pointe des cheveux qui poussent douloureusement sur son crâne. Au moins, elle sait qu'il lui reste assez de vie en elle pour ressentir une telle souffrance physique.

Fuck….

Evaluant mentalement les dégâts sur sa personne, la jeune femme ne fait aucun mouvement. Son crâne semble être l'épicentre du mal vu qu'un marteau piqueur s'y est greffé. Ses lèvres sont sèches mais elle n'a pas la force de passer sa langue dessus pour les humidifier.

Se remémorant, sans succès, comment elle est arrivée à cet état, Bella se demande si elle ne serait pas mieux morte et, elle finit par trouver le courage de bouger ses paupières.

La pièce est plongée dans le noir et de grands rideaux étant tirés sur les baies vitrées, il est impossible de savoir s'il fait jour ou non au dehors. Alors qu'elle reconnait, peu à peu, et à son grand désespoir, les lieux, Bella tente encore de se souvenir comment elle est parvenue à se retrouver dans une telle situation. Ses yeux clignent plusieurs fois, tentant d'améliorer sa vision nocturne et elle se force à contrôler sa respiration pour garder son calme.

La jeune femme se redresse doucement, mesurant ses mouvements afin de rester le plus silencieuse possible.

Merde, qu'est-ce que je fous là ? Fais chier ! Il faut vraiment que je me reprenne en mains.

Lorsqu'elle pose enfin ses pieds par terre, Bella manque de pousser un cri. Une douleur sourde se répand sur ses plantes de pieds et lorsqu'elle se baisse pour vérifier leur état, c'est sa tête qui n'apprécie pas le changement de gravité.

Bella presse une main contre sa bouche, déglutissant à plusieurs reprises. Son estomac lui fait subir des soubresauts désagréables. Ça s'annonce vraiment mal. Les premiers signes de vomissement dû à sa cuite phénoménale sont en train d'arriver alors qu'elle n'est même pas sûre d'être capable d'aller jusqu'à la salle de bains.

Maudissant tous les saints jusqu'à Dionysos lui-même, la jeune femme se lève d'un coup, la main encore sur sa bouche, comme pour s'empêcher d'hurler. Bella ne sait ce qui la tuera en premier. La douleur transmise par ses pieds, la migraine lancinante qui lui perce le crâne ou le fait de vider ses tripes sur le tapis du salon.

Elle a l'impression de traverser un manège en marche tant la Terre tourne trop vite pour elle, alors que des bribes de souvenirs de la nuit précédente refont surface.

Mesurant ses pas, alors que ses haut-de-cœurs s'accélèrent, Bella fait tout pour ne pas défaillir. Sa tête ne supporte plus ses élans de vertige et ses mains commencent à trembler. Elle se force à ne réfléchir qu'à une chose, le but à atteindre, son saint Graal. La salle de bains.

Sans allumer la lumière, elle se dirige vers les toilettes, dont elle remonte prudemment la lunette avant d'y verser, juste à temps, le contenu de son estomac.

Que quelqu'un vienne mettre fin à mes jours… Pitié !

Bella passe un bon moment à quatre pattes devant la cuvette, vidant ses tripes régulièrement, avec la docilité et la dévotion d'une nonne devant l'autel. N'ayant pas eu de repas solides, à part ceux avalés de force par sa sœur, son estomac montre vite sa faiblesse quand la jeune femme hoquète de la bile.

Et ça, c'est pire que tout….

La lumière du couloir la sort de sa torpeur, alors que Bella s'essuie, une énième fois, la bouche avec le plat de sa main.

Manquait plus que ça…

Son regard tente de s'adapter à cette nouvelle clarté et l'effet est immédiat. Elle vomit à nouveau.

De mieux en mieux…

Cette fois, c'est le néon de la salle de bains qui s'illumine au-dessus d'elle, ce qui n'arrange en rien son état. Bella baisse rapidement la tête, comme blessée par la lumière vive et n'aperçoit que du coin de l'œil la personne responsable de la couche supplémentaire ajoutée à son malheur.

La dernière fibre de vie qui restait en elle vient de s'échapper par la tuyauterie de la salle de bains et la jeune femme est livide. Sa bouche, malgré le goût désagréable qu'elle contient, devient encore plus sèche. Un vrai désert subsaharien. Son regard prend en compte le visage qui l'observe du seuil de la porte. Et malgré tout ce qu'elle fait pour tenter de l'ignorer, des yeux d'un vert intense la scrutent sans ménagement. « Est-ce que ça va ? ».

Fuck…

Elle marmonne. « Hin hin…. La pêche… Comme tu peux le remarquer, je vis une relation passionnelle avec la faïence de ta salle de bains. ».

Quand il s'accroupit près d'elle, lui tendant une serviette de toilette ainsi qu'un verre empli d'un liquide effervescent, il dit tranquillement. « Prends ça, tu te sentiras mieux après. ».

Détournant son visage de lui, Bella dit d'un air presque boudeur. « Je préfère encore être malade. ».

xoxo

Edward se redresse en soupirant.

Ok, ça va être plus difficile que je ne pensais.

Il lui tend, une nouvelle fois, la serviette et quand elle se penche pour l'attraper, il lui replante le verre sous le nez.

Bella grimace et il comprend aisément pourquoi. L'odeur qui émane du verre est atroce et encore plus lorsqu'on subit une cuite mais c'est le meilleur remède qu'il connaisse dans une telle situation. Et, qu'elle refuse son aide, à cette heure bien trop matinale pour être acceptable, fait que la patience d'Edward atteint vite les frontières du raisonnable.

Il se passe une main lasse dans les cheveux quand il marmonne. « Tu peux boire ça par toi-même ou je peux te le faire avaler de force. A toi de choisir. ».

Bella tente de se relever et il ne peut s'empêcher de l'aider. Même avec son soutien, la jeune femme est fébrile dans sa posture et pourtant, malgré le fait qu'elle soit dans un sale état, son contact l'électrise. « Tu n'oserais pas ?! ». Elle le regarde froidement, se détachant de lui rapidement, au risque de tomber.

Méprisant le fait qu'elle refuse contact et que cela le contrarie plus qu'il ne faudrait, Edward croise les bras, la regardant de haut. « Tu paries ? ». Pour la défier un peu plus, il nargue. « C'est tout de même dans mes toilettes que tu es en train de vider tes tripes… ».

Bella prend le verre et boit les gorgées sans prendre le temps de respirer. En même temps, c'est plus prudent, vu le goût atroce de sa décoction.

Edward reste les yeux rivés sur elle pour être certain qu'elle vide tout son verre. Ce qu'elle fait mais tout en grimaçant à mesure que ses papilles gustatives se réveillent.

Une fois fini, la jeune femme lui tend le verre. « Quelle horreur ! C'est dégoutant ! ».

Il ne peut s'empêcher de sourire. « Ouais, mais tu me remercieras quand ton estomac ne tentera plus de passer par ta gorge toutes les dix minutes. Je vais aussi te faire chauffer un peu de soupe si tu penses que tu peux la garder. ».

La tête de Bella répond à la négative. Elle se redresse. « Nan merci… Je vais juste me reposer encore cinq minutes et je te laisse tranquille. Tu peux retourner te coucher, je connais la sortie. ».

Cette fois, c'est lui qui n'est pas d'accord. « Ce n'était pas une question. Tu reste là. ». Remarquant ses traits tirés, il continue. « En plus, tu sembles prête à t'écrouler. Je ne t'ai pas fait avaler ce truc pour que tu puisses mourir dans ton coin. Donc, tu viens avec moi dans la chambre. ».

La main de Bella dépose violemment la serviette qu'elle tenait sur le rebord du lavabo. « Et pourquoi je ferais ça ? Qu'est ce qui m'empêche de rester là ou au pire dans le séjour ? ».

Sentant aisément l'arrivée d'un nouveau conflit, son ex-patron, ex-petit ami, ex-meilleur ami, ex-soleil de ses jours… enfin, vous avez compris… rétorque. « Il est trop tôt et je ne t'apprécie pas assez pour faire des aller-retour dans le salon pour vérifier que tu ne t'es pas étouffée dans ton vomi. ».

« Je pourrais vomir dans ton lit… ».

« Avec ce que tu as avalé, ce n'est pas possible…. A moins que tu le fasses exprès et dans ce cas, je t'enverrai la facture de nettoyage. ».

Bella grommelle quelque chose, peu ravie d'être ainsi menacée. Puis, capitulant sous la menace et n'ayant pas forcément la force de rentrer chez elle sans s'endormir à mi-chemin, elle demande. « Est-ce que je peux au moins prendre une douche ? ».

Un léger hochement de tête du propriétaire des lieux et l'affaire est conclue. Bella n'attend même pas qu'il soit sorti de la pièce pour retirer ses vêtements et entrer dans la douche à l'italienne. Edward reste un moment éberlué avant de reprendre ses esprits. Il finit par sortir de la salle de bains, avec toute la volonté du monde et à reculons, tant ses yeux ont du mal à quitter la jeune femme qui prend une douche tranquillement, sans lui prêter la moindre attention.

xoxo

Quelques minutes plus tard, Bella s'apprête à sortir de la salle de bains, emmitouflée dans une sortie de bains douce et moelleuse, frottant ses cheveux encore humides avec une serviette lorsqu'elle remarque quelques habits laissés à proximité, surement à son attention. Une fois habillée, elle compte filer à l'anglaise quand une délicieuse odeur l'oblige à faire un détour.

Le nez en l'air et ensorcelée comme un personnage de dessin animé, elle finit dans la cuisine. La jeune femme s'appuie contre le comptoir et observe silencieusement Edward qui réchauffe l'encas qu'il lui a promis.

Elle le contemple, alors qu'il a le dos tourné et qu'il semble en train de refaire le monde devant sa casserole. Sa main en tourne le contenu avec une cuillère en bois, qu'il finit par taper sur le bord avant de la poser délicatement sur une petite coupelle disposée là à cet effet.

Toujours sans se rendre compte de sa présence, le jeune homme se penche pour récupérer des toasts qui sautent du grille-pain et les pose sur une assiette.

Les papilles de Bella sont en train de la faire saliver mais elle n'est pas sûre que ce soit dû à la présence d'Edward dans la pièce ou du fait de la nourriture. Peut-être un peu des deux.

Après toute leur tourmente et le fait qu'elle se soit retrouvée dans ses bras ce soir, son esprit ne peut nier l'idée d'apprécier d'avoir été intime avec lui.

Il finit par sentir sa présence et semble en faire peu de cas. Bella s'approche encore un peu plus, sentant déjà ses pommettes qui s'empourprent à l'idée qu'il ait pu la surprendre en train de le mater. Edward finit par dire. « Est-ce que ça va mieux ? ».

« Yep ! ». Bella lève les mains en l'air, exprimant que le danger est écarté quand il lève son regard au-dessus de son épaule et en effet, la jeune femme semble en meilleure forme et le rouge qui tintait le contour de ses yeux s'est estompé. « Ouais, je te remercie. ». Elle désigne la casserole de la main. « Il ne faut pas en faire trop pour moi… ».

Edward hausse les épaules, saisissant un bol pour y verser un peu de soupe.

Elle s'approche et se poste juste à côté de lui. « Est-ce que tu as besoin d'aide ? ».

Il s'en écarte, comme si elle risquait de le brûler. « Non… Non… ça va. Je peux me débrouiller. ».

Bella acquiesce, faisant quelques pas en arrière afin de lui laisser de la place. « Ok…. ». Butant contre une chaise, elle finit par s'asseoir dessus, calant son pied sur la chaise d'à côté pour que son genou, une fois à la bonne hauteur, puisse supporter son menton.

Moins de cinq minutes plus tard, il pose l'assiette contenant les toasts ainsi que le bol de soupe fumante devant elle. « Mange. ». Sans attendre qu'elle réponde, il se tourne et essuie ses mains sur un torchon jeté nonchalamment sur son épaule.

Pourquoi est-ce que tous les mecs font ça en cuisinant ?

Réprimant toute idée saugrenue de son esprit, elle tente de se reconcentrer sur le présent. Ses sourcils se froncent lorsqu'elle remarque qu'il manque quelque chose. « Et toi ? Tu ne prends rien ? ».

« Je n'ai pas faim alors que toi, tu dois récupérer un peu. Maintenant, tu manges. ». Son regard est assez menaçant pour que la jeune femme ne cherche même pas à discuter.

« Okayyy…. Mais, est ce que tu peux, au moins, venir t'asseoir ? Tu sais que je n'aime pas manger toute seule. ». En signe de bonne foi, elle saisit la cuillère et remue sa soupe doucement.

Edward l'observe un instant, remarquant le fait qu'elle se tient comme le faisait Bee, avec une jambe repliée sur la chaise d'à côté. Pose anodine et habituelle de sa part si ce n'est le fait que la jeune femme n'est habillée uniquement du t-shirt qu'il avait laissé à sa disposition et il faut bien l'admettre, qu'elle porte bien mieux que lui. Non point que cela soit scandaleux, vu que sa robe d'hier soir était du même acabit, mais le tissu descend jusqu'en haut de ses cuisses et le peu que cela suggère, est largement suffisant pour le faire saliver. Son regard reste encore insistant jusqu'à ce qu'il se décide à s'asseoir en face d'elle. « Hum… Ok ».

Le petit rire de Bella, sarcastique au possible, lui fait lever les yeux vers son visage tandis que sa main tire comme elle le peut sur le tissu afin de le descendre plus bas sur ses jambes. « Ok, j'ai compris le message, Cullen. Vraiment. Tu es mal à l'aise de me voir en tant que… femme. ». Posant sa cuillère sur la table, elle met ensuite sa main sur l'avant-bras de son ex. « Mais, tu as déjà vécu des choses bien plus graves que ça, alors arrête s'il te plait. ».

N'aimant pas être pris en faute, surtout s'il ne sait pas pourquoi, il repousse son bras en faisant mine de prendre une pose plus décontractée sur sa chaise. « Que j'arrête quoi exactement ? ». Il réprime l'envie de passer sa main dans ses cheveux, ce qui dévoilerait clairement sa nervosité, en croisant ses bras sur son torse, comme si cela ne suffisait pas pour montrer son impatience envers la jeune femme.

La voix de Bella se fait plus grave et sérieuse, baissant clairement le ton. « Arrête de me traiter comme si j'étais la dernière des catins. Rien que ça, cela ne serait pas mal. Oui, je le reconnais, je ne suis qu'une simple fille. Ce soir, j'ai fait des folies de mon corps avec un mec qui ne m'apprécie pas plus que ça, puis j'ai trop bu et tu m'as saaauuuvé la vie en me ramenant chez toi. Ça ne fait pas de moi une dépravée ni une moins que rien, alors garde tes jugements à la con pour toi, merci. ». Elle croque machinalement un morceau de toast, prenant bien le temps de mâcher avant de continuer. « Puis, ce n'est pas une raison pour en faire une maladie car je sais que niveau mec…». Ses mains font le signe international connu pour les guillemets. « … avec de 'l'expérience', tu te poses en champion. Ça serait mal placé, non ? ».

Edward grommelle. « Je ne vois absolument pas où tu veux en venir. Qu'est-ce qui peut te faire croire que je pense un truc pareil ? ».

« Je te connais. Je sais, un peu, comment tu penses ou réagis et là, ça ne me plait pas du tout. ».

Comprenant qu'elle a dû mal interpréter ses faits et gestes, il n'insiste pas. « Mouais, si tu le dis. ».

Il se passe la main dans les cheveux. Pourquoi est-ce que tout tourne au conflit armé entre eux, à présent ? Qu'est-ce qui fait que… Il soupire, cherchant le calme qu'il a tendance à perdre en la compagnie de Bella. Puis, Edward n'étant pas la moitié d'un demeuré, comprend d'où peut provenir la rancœur de la jeune femme. Il bafouille. « En fait… Maintenant que tu en parles, je peux comprendre d'où vient ta rancœur…. Je voulais m'excuser…. J'ai fait le con tout à l'heure et mes gestes ont pu paraitre déplacés… ». Devant les yeux éberlués de Bella, il clarifie tout de suite la situation. « Ce que je veux dire est que… Je ne regrette aucunement ce qui s'est passé au cours de la soirée mais, je pense que te donner ton solde juste après… hum… tu vois ?... ».

Bella hoche négativement la tête, le laissant creuser sa propre tombe. « Non, je ne vois pas… ».

Son soupir montre qu'il est désespéré de finir cette conversation qui est, depuis le début, sur une pente savonneuse. « … Dans le feu de l'action… J'étais encore… enfin tu vois ? ».

Elle porte la cuillère à sa bouche, savourant la crème de légumes qui semble fondre sous sa langue tout aussi délectable que la bouse dans laquelle son ancien patron est en train de s'enfoncer. « Non, je ne vois toujours pas. Mais, vas-y continues. Ça ne peut pas être pire que l'idée que tu me prennes pour une pute. ». Elle porte encore la cuillère à sa bouche, l'air sournois.

Surtout qu'Edward se doute que la chaleur honteuse qu'il ressent dans son cou et ses oreilles doit être clairement apparente. « Disons que mon attitude n'était vraiment pas chevaleresque et que cela peut mériter que… ».

Bella mâchouille son toast, avec une mine plus que contrite. « … que je te foute mon poing dans la gueule. ».

Son ancien patron acquiesce, grattant sa nuque, l'air gêné. « Oh… Hum… Oui… En effet. C'est une conclusion un peu hâtive, mais effectivement. ».

« Où veux-tu en venir Cullen oh-gentleman-extraordinaire ? ».

« Il ne faut pas croire que je te considère comme une fille facile après ce qui s'est passé tout à l'heure. J'ai fait le con et j'en suis désolé. ».

« De simples et plates excuses. Je suis censée les accepter, c'est ça ? Si tout était si simple, pas vrai ? ». Elle lance sa cuillère violemment dans le bol. Le choc contre la porcelaine fait un bruit assourdissant dans la cuisine silencieuse. « Je n'ai plus faim. ».

Le couple reste immobile. Seule la table les sépare et pourtant ils ont, tous deux l'impression que l'autre est à des kilomètres.

« Tu as presque terminé. Ça te fera du bien de caler ton estomac. ».

Bella reste les bras croisés et finit par soupirer. « Pourquoi est-ce que tu fais ça Cullen ? Tu sembles toujours être présent… là à mettre du sel sur mes plaies… ou à tenter de m'aider… Comment veux-tu que je m'en sorte ? ».

Edward ferme les yeux, grommelle quelque chose d'incompréhensible avant de lui répondre. « Et tu penses que c'est différent pour moi ? Depuis que j'ai appris la vérité, je vis une putain d'agonie. A chaque fois que je te vois, j'ai l'impression de perdre la tête. ».

« Qu'est-ce… qu'est-ce que tu veux dire par là ? ».

D'une voix contrite par sa gorge serrée, il finit par dire. « J'étais amoureux de Bee… Et à chaque fois que tu te pointes devant moi, ça me tue, car en fait il n'existait pas. ».

Les secondes passent dans un silence dérangeant. Bella ressent l'afflux sanguin qui tambourine dans ses oreilles, au fond de sa poitrine et même sous sa peau, comme des millions de petites aiguilles qui tentent de se frayer un chemin vers l'extérieur. Elle se redresse brutalement. « Quand est-ce que tu vas réaliser que je ne suis qu'une seule et même personne ? ».

Le jeune homme en fait tout autant, sa chaise étant à la limite de se renverser. Il remarque bien la mine outrée de Bella et cela le met plus en colère qu'autre chose. « Est-ce que tu crois vraiment que c'est si simple ? Tu ne te doutais pas des répercussions de ton mensonge ? Alors retire cette putain d'innocence de ton visage car je n'y crois pas une seule seconde ! ».

« Alors… pourquoi ? ».

Il prend le bol et l'assiette vides et les pose dans l'évier. La faïence manque de se briser sous le choc et, pour se calmer, Edward prend de grandes inspirations, les mains posées sur l'inox de son évier. Restant le dos tourné, il finit par dire. « Tu as besoin de moi, maintenant. Je sais que c'est chiant mais ça ne réglera rien de se prendre la tête au milieu de la nuit. On en reparlera demain. ». Quand il finit par se retourner vers elle, il remarque le visage livide de la jeune femme, contraste saisissant de celle qui illuminait la plus haute salle du Columbia Center. Posant sa main doucement au bas de son dos, pour la diriger hors de la cuisine, Edward conclut. « Allez viens, il faut que tu dormes. ».

La jeune femme maugrée mais finit par le suivre jusqu'à sa chambre.

Edward éteint les lumières de la cuisine, du séjour, du couloir… à mesure qu'ils avancent vers la chambre puis, finit par fermer la porte derrière eux.

Bella reste là, immobile et muette. Il reste un moment stupéfait par la différence avec Bee qui, quelques mois plus tôt, sautait sur le matelas comme si c'était un château gonflable

. . . .

Alors qu'il tente de reprendre son souffle, le petit serveur demande. « Combien de filles sont déjà passées dessus ? ».

Le regard vert d'Edward se pose dessus comme si c'était la première fois qu'il le voyait. « Celui-là ? ». Sa main frotte son menton alors qu'il réfléchit. « Aucune. Puis, ce n'est pas la première fois que tu dors chez moi alors ne fais pas le pudique… Généralement, je préfère les emmener à l'hôtel. Ici, ce n'est pas pareil, c'est MA chambre… ». Alors qu'il s'apprête à répliquer, Edward l'interrompt directement en levant la main. « Et non, une MST ne s'attrape pas sous les draps… sinon tu en aurais déjà eu une quand tu te vautres sur mon canapé ».

Bee émet un petit grognement « Beuhhhh », ne sachant vraiment si c'était une bonne chose à entendre, où même à demander.

Edward n'arrive pas à réprimer une esquisse de sourire. « Putain, je rigole Bee. Je ne te pensais pas si mijaurée ! ».

Les joues rouges, il pousse son patron sans vergogne. « Je n'ai rien dit ! ».

Edward le bouscule à son tour. « Pas besoin, c'est marqué en grosses lettres sur ton front ! Tu étais prêt à prendre une douche à l'eau de javel… ».

Alors que son patron lui savonne allègrement la tête, Bee tente de lui échapper, manquant de s'étouffer tant il se marre. Ils s'entendent vraiment trop bien.

. . . .

Elle finit par se décider et se glisse dans le lit, sous les draps. Il faut un effort surhumain, à l'un comme pour l'autre, pour maintenir une distance raisonnable entre eux. Edward demande doucement. « Est-ce que ça va aller ? ».

Elle acquiesce, n'osant pas bouger la tête de son oreiller. Ses yeux se ferment aisément. Le sommeil est déjà en train de l'emporter qu'elle prend le temps de murmurer un simple « merci. » avant de s'endormir.

Edward se retient de bouger, lui aussi. Son esprit semble tourner à plein régime, des questions sans réponses jaillissent comme des feux d'artifice sous ses paupières. Cette nuit, qui est déjà courte, va être encore plus difficile maintenant.

Pourtant malgré ce qu'il pense, son corps ne réagit pas du tout de la même façon. Comme si la présence de Bee à ses côtés était la pièce manquante de son puzzle, ses muscles se détendent facilement. Lui, qui tournait et se retournait sans cesse dans son lit depuis le début du drame, tel un prince au petit pois, trouve facilement une position confortable et s'endort comme un nouveau-né lors de sa première nuit sur Terre.

xoxo

Le visage de Bella se chiffonne, ennuyé d'être réveillée si tôt. Alors que la jeune femme se réveille doucement, elle tente de se remémorer pourquoi est-ce qu'elle ne dort pas plus longtemps, qu'elle a aussi chaud… et surtout pourquoi est-ce qu'elle a des fourmis dans la main gauche ?

Ses paupières s'ouvrent une fois, juste à moitié, avant de se refermer précipitamment. Elle tente encore une fois, priant tous les dieux de la Terre qu'elle a un problème de vision et qu'elle n'est pas là où elle croit qu'elle est… où elle ne devrait pas être car si elle l'est, sa journée s'annonce mal.

Hé Ho ! C'est le matin ! Un lendemain de cuite ! Alors essayez de comprendre ce que je veux dire, hein !?

La jeune femme compte mentalement jusqu'à cinq… Puis dix… Puis quinze… Ne constatant aucun changement, elle prend en compte la situation dans laquelle elle se trouve.

Bella est à moitié allongée sur son ex, ex, EX !… patron… petit ami… Meilleur ami… la main gauche coincée dans le cou du jeune homme… d'où le manque d'afflux sanguin dans le bout de ses doigts… la joue collée sur son torse… cette sensation humide, hein !? Ce n'est pas de la bave, pas vrai !? Avec une jambe insidieusement calée entre celles d'Edward… où, connaissant assez bien l'anatomie masculine, le moindre mouvement provoquerait une attention déplacée et… Cerise sur le gâteau…une main large et chaude tient le haut de sa cuisse, embrassant aisément la courbe de sa pêche…. fesse… merde là n'est pas le problème ! Afin de la maintenir en place.

A mesure que son cerveau sort de sa torpeur… Comme si la coupe n'était pas déjà assez pleine… les souvenirs de la soirée commencent à lui revenir. Le rencard avec Jasper…. Le champagne à volonté… Les petits fours… Le cadre et la musique exceptionnels… Edward… Edward… Edward… et une putain de bouteille de champ à plus de 700 dollars…. Edward… Edward… !

Fuck !

Fuck !

Fuck !

La jeune femme déglutit nerveusement. Elle l'a fait. Le courage alcoolisé qu'elle a eu la nuit dernière est peut être parti dans les toilettes de Cullen durant la nuit mais, ce n'est pas pour autant qu'elle regrette ce qui a été dit ou ce qui s'est passé… enfin presque.

Toujours collée contre lui, ressentant la chaleur dégagée par son corps et l'odeur de sa peau l'entourant, Bella se mord doucement la lèvre, se rappelant l'effet dévastateur des baisers qu'ils ont partagés, de leurs mains qui se sont permis d'explorer le corps de l'autre sans retenue. Elle ferme les yeux un instant, voulant reprendre ses esprits, contrainte d'admettre que même maintenant, et parfaitement sobre, elle le désire encore.

Bien qu'elle se soit promis qu'on ne l'y reprendrait plus, la jeune femme fait courir sa main libre le long de la peau d'Edward, frôlant ses muscles, appréciant le galbe et la texture sous ses doigts.

Encore plongé dans son sommeil, Edward resserre son étreinte autour d'elle et soupire doucement, le contentement et la fatigue teintant sa voix. « Bee… ». Il pose un baiser chaste sur le front de la jeune femme, machinalement, comme il le faisait si souvent lors de leurs câlins et repose son menton sur le haut de sa tête, toujours endormi.

Sans même s'en rendre compte, encore une fois, Edward vient d'insister sur le fait que Bee est tout ce qu'il veut… que Bella n'a aucune place dans sa vie.

Elle se demande si elle doit le repousser mais, en levant la tête, le visage d'Edward est si serein et apaisé, qu'elle finit par retenir son geste. Elle synchronise son souffle au même rythme que le torse sur lequel sa tête repose et ferme les yeux.

Même si ce n'est qu'un instant, ses problèmes s'atténuent. Il n'y a plus que lui, Edward et elle, Bella. Son esprit reconnait aisément un moment de faiblesse qui se retournera surement contre elle… Encore un, direz-vous… mais c'est le dernier.

xoxo

Quand un rayon de soleil tape sur ses paupières, Edward est plus que surpris. Déjà, cela fait bien longtemps qu'il n'a pas dormi autant. Puis, quand il reprend ses esprits, il remarque qu'il est au milieu du lit et que Bella est tout contre lui. Chacun a un bras possessivement contre l'autre et la tête de la jeune femme repose sur son épaule.

Oh Putain de nom de Dieu !

Ses yeux s'écarquillent quand il réalise l'emplacement d'une de ses mains… droit sur la courbure d'une fesse, comme s'il comptait la ... enfin non… pas quand… bon, oui ça peut arriver mais…. Ok, et je fais quoi maintenant ?

La réponse à sa question arrive rapidement lorsque la jeune femme commence à revenir parmi les vivants. Elle bouge et s'étire doucement, ses jambes bougeant à mesure qu'elle se réveille. Geste anodin si ce n'était pas fait dans les bras d'Edward. Déjà qu'il tente depuis cinq bonnes minutes de contrôler une réaction matinale, oh combien naturelle, au niveau de son bassin, voilà que Bella en rajoute. Elle le ferait exprès qu'elle ne pourrait le faire aussi bien. Enfin, si… Surement… mais, là n'est pas la question.

BORDEL !

Un soupir s'échappe de sa gorge quand il n'y tient plus. Leurs regards se croisent et s'élargissent, comme des animaux pris sous les feux des phares d'un véhicule et il ne faut que quelques secondes pour que le calme olympien explose telle une bombe.

Edward est le premier à reprendre ses esprits quand il demande. « Est-ce que ça va ? ».

Bella cligne des yeux ronds à plusieurs reprises puis hoche la tête positivement, tenant entre ses mains le drap qui lui couvrait le corps.

Elle est trop adorable. Il serait si simple de l'attirer contre lui et de… Non, non et non. Elle n'est pas celle que tu crois. Et pourtant…

« I WAS MADE FOR LOVIN' YOU BABY ! AND YOU WERE MADE FOR LOVIN'ME ! AND I CAN'T GET ENOUGH BABY ! CAN YOU GET ENOUGH OF MEEEEE ! ».

La musique du seul tube disco du groupe métallo KISS se fait entendre dans le séjour. Bella se redresse précipitamment et quitte la chambre avant qu'Edward ne se décide à faire quoi que ce soit.

xoxo

Bella se dépêche de rejoindre le canapé où sont entassées ses affaires. Quand elle récupère sa pochette, sa main agrippe son téléphone portable. L'écran lui indique que Rose a déjà tenté de la joindre plusieurs fois dans la matinée.

Elle recompose son numéro et avance vers la cuisine, le téléphone coincé entre son épaule et son oreille. La jeune femme écoute patiemment la bile de sa sœur, qui s'impatientait d'avoir des nouvelles et lui promet de descendre dans moins de dix minutes afin qu'elle la ramène à la maison se faire passer le savon qu'elle mérite, tandis qu'elle recherche, dans le placard habituel, un sac plastique où ranger ses affaires.

Bella se penche pour récupérer sa robe, qu'elle fourre sans ménagement dans le sac et au moment de se redresser, est surprise par l'arrivée d'Edward et surtout sa proximité. Elle se détourne sous le prétexte de ranger son téléphone dans sa pochette mais le jeune homme la suit dans son mouvement.

Une fois juste à côté d'elle, il soulève doucement sa main et pousse la frange qui lui barre le visage pour poser sa paume sur le front de Bella. Testant la température, il lui demande. « Est-ce que ça va ? ».

Bella repousse sa main. Ses joues sont rouges mais son regard n'exprime que du mépris. « Ne me touches pas. ». Elle fait le tour du canapé, récupérant le verre posé sur la table basse, qu'il avait posé à son attention, pour le déposer ensuite dans la cuisine.

Son ex reste stoïque. « Bee…. ». Il marque une pause avant de se reprendre. « Bella… ». Que dire de plus ? Ils sont tous les deux en colère et frustrés. Tout ce qu'ils pourraient dire risque d'envenimer un peu plus la situation.

Elle saisit un de ses escarpins et dans un équilibre précaire, l'enfile sur son pied avant d'enchainer avec le second. « Stop, c'est bon. Il n'y a rien à dire de plus. ». Elle grimace, les plaies sur la plante de ses pieds se rappelant à son bon souvenir. « Malgré ton ressentiment, tu m'as sortie d'un sacré pétrin hier soir, et je t'en remercie… Comme je l'ai déclaré hier… et même si j'étais passablement avinée… aujourd'hui est un autre jour. Tu sais… Je suis comme toi. Jusqu'à hier soir, j'étais carrément dingue de mon patron et qui plus est meilleur ami, qui en si peu de temps a pris une part importante de ma vie… tu étais celui qui me sauvait de moi-même. Mais maintenant, je ne te reconnais plus. Cette façon de refuser d'avancer, d'aller à l'encontre de mes erreurs et de réaliser la chance d'être pleinement ensemble… ça me brise le cœur, Edward. ». La fin de sa phrase a du mal à s'échapper de sa gorge serrée.

Du plomb semble s'installer dans le creux de l'estomac d'Edward. Oui, c'est sûr qu'il a eu du mal à supporter cette insistance de Bee mais là, elle semble bien décidée. La jeune femme tente de finir sa diatribe mais soupire avant de continuer. « Je voulais t'aider, tu sais…. J'ai vite remarqué le problème… Personne, dans notre entourage, ne te demande comment tu vas, ni ce que tu as envie de faire. Tu es un Cullen, alors tout est forcément parfait tout est déjà tracé, pas vrai ? … Cela aurait dû être facile mais… Pourtant, tu semblais toujours si triste. Je voulais que tu réalises combien la vie pouvait être cool si tu partageais la charge qui pèse sur tes épaules… tout le monde a besoin d'un soutien, quel qu'il soit…. ». Ses mains se précipitent sur ses yeux, appuyant légèrement dessus pour stopper le flot de larmes qui menace de s'échapper.

Le jeune homme digère tout ce qu'il vient d'entendre difficilement. Plus aucune colère ne teinte sa voix quand il dit, à haute voix, l'argument qu'il se répète inlassablement. « C'est justement le problème ! Je pensais que tu étais là pour moi. ».

Bella passe la lanière de sa pochette sur son épaule. « Maintenant… J'ai bien compris le message, alors ne t'inquiète pas. J'abandonne. ». Elle lève la tête. Ses yeux dorés sont durs et son menton est relevé, lui donnant un air fier et décidé. « N'hésite pas à…. Pfff. Non ! Désolée…. Prends soin de toi, ok ? ».

Edward ouvre la bouche, même s'il ne sait quoi dire tant ce moment semble être final. Mais, elle le stoppe avec sa main levée. « Je rentre chez moi. ».

« Est-ce que tu veux que… ».

Elle l'interrompt à nouveau. « Non, merci. Rose doit déjà être en bas. ».

Lorsque la jeune femme passe la porte, Edward est toujours planté au milieu de son séjour. Son ouïe décrypte aisément le bruit des talons qui claquent sur le bois exotique de sa terrasse, ensuite celui de la porte menant à l'escalier du bâtiment qui se referme lourdement. Puis, plus rien. Le silence.

Il passe une main frustrée dans ses cheveux. C'est ce qu'il voulait, non ? Ne plus entendre les rires de Bee ou les pleurs de Bella…

xoxo

Edward penche sa tête en arrière et fait pivoter sa chaise de bureau. Le monde autour de lui tourne de plus en plus vite, au point qu'il soit obligé de fermer les yeux pour éviter la nausée. Quand il finit par les ouvrir à nouveau, son regard se pose sur le calendrier.

Deux semaines. Cela fait deux semaines qu'il n'a pas vu, ni même entendu un mot prononcé au sujet de Bee… Bella. Comme si son ex avait disparu de la surface de la Terre.

Quatorze putains de journées où le jeune homme ne cesse de se demander pourquoi il se sent aussi mal alors que c'est tout ce qu'il désirait.

La porte du bureau claque, à la limite de sortir de ses gonds, lorsque James entre dans la pièce. Edward lève une main nonchalante pour faire acte de sa présence mais prend au moins deux minutes avant de se tourner vers son ami. James fait le tour du bureau et s'assoit sur le rebord, au plus près d'Edward. Il doit avoir terminé son service vu qu'il arbore un t-shirt où il est imprimé 'Live like a Rock Star, Fuck like a PornStar !' au lieu de sa tenue réglementaire.

Jamie a toujours été connu pour son bon goût et son raffinement…

Quand James voit la tête de déterré de son patron, il lève les bras, exaspéré. « Bon cela a assez duré, Eddie Boy. Tu fais trop trainer les choses ! Pourquoi est-ce que tu es si chiant ? Je ne te comprends plus ! Crache ce putain de venin qu'on en finisse une bonne fois pour toutes. ».

« Arrête. ».

« Arrêter quoi exactement ? Tu ne trouves pas que tu en fais un peu trop là ? ». Il regarde ses ongles. « Normalement, c'est moi la diva. ».

« Je tiens à te rappeler que c'est toi qui a fait en sorte que je réagisse ainsi ! Putain, tu me connais depuis longtemps James ! Comment crois-tu que j'allais prendre une telle nouvelle ?! ».

« Non, mais attends… Ne me donne pas le mauvais rôle, s'il te plait Edward ! ».

« Comment ça ? N'est-ce pas toi qui m'as dit de la laisser tomber ? De ne pas lui faire confiance ? ».

James fait de gros yeux. « Tu t'emballes coco ! Moi, j'ai juste dit la vérité. Mais plutôt que d'écouter ses raisons ou ses excuses, tu lui as dit qu'elle ferait mieux d'aller se faire foutre. ». Il continue. « Jamais je ne t'aurais dit de la quitter. Vous êtes faits pour être ensemble. Merde Eddie, tu n'as jamais été aussi heureux que depuis que tu la connais. Mais faut arrêter de pousser mémé dans les orties. Tu n'es pas un gamin alors arrête de comparer vos douleurs, de te demander lequel de vous deux aime l'autre plus encore ! Purée ! Est-ce que tu te rends compte de la chance que tu as ? Je donnerais ma main droite pour avoir la moitié de ce que tu as ! ». Il contemple sa main un instant avant de conclure. « Surtout qu'elle m'a donné beaucoup d'amour celle-là ! ».

Seth, que personne n'avait vu rentrer dans la pièce, marmonne. « Trop d'info, tue l'info mec mais continue. Si Cullen n'a pas encore planté des stylos dans ses tympans, c'est qu'il est prêt à entendre la vérité. ».

Emmett décide d'y mettre son grain de sel. « Puis en fin de compte. C'est cool non ? Bee est une fille et toi, ben t'es un mec, donc vous êtes un super couple. Et tu n'es pas gay. ». Il se tourne vers James. « Je n'ai rien contre les homos, hein mais tu suffis largement à l'équipe. ». Il s'assoit sur le canapé. Toute trace d'humour semble quitter brusquement son visage bon enfant. « Cette fille t'a transformé. Au départ, tu n'étais pas un patron très cool mais depuis qu'elle n'est plus là… Ben, c'est pire. ».

Le sourcil de James se plie en un joli accent. « Merci pour ta contribution, Em. Même si c'est dit assez grossièrement, l'ours a raison. ».

Edward s'insurge. « Merci pour le vote de confiance. Ça fait plaisir. ».

James se lève d'un coup, regardant sa montre d'un air urgent. « Ok, maintenant que c'est réglé, je vous laisse. J'ai rendez-vous avec l'assistant de mon prof de Design…. Il ne sait pas ce qui l'attend encore… ».

Seth rit doucement. « Tu pervertis encore de pauvres petits hétéros innocents ?! ».

Le joli blond lève son regard par-dessus son épaule avant de franchir la porte. « Vous savez bien les amis…. Ces petits ne restent jamais innocents très longtemps et tant qu'ils n'ont pas de bague au doigt… tout est permis ! A plus tard, les garçons ! ». Il montre Edward du doigt. « Et toi, je passe te chercher à vingt et une heures. On sort ce soir ! ».

« Comment ça ? Je n'étais pas au courant. ».

« Tchao tchao ! ».

« Je n'ai pas dit oui ! ».

Seth se marre doucement. « Il se fout carrément de ta réponse, patron. Je ne sais pas comment il fait pour vivre avec un égo aussi surdimensionné. ».

Son patron sourit, déridant les muscles de son visage qu'il croyait presque atrophiés tant il les utilise peu en ce moment. « Pourquoi tu crois que j'ai pris un cabriolet ? Sa tête ne passe plus les portières depuis longtemps. ».

xoxo

Le lendemain, Jasper arrive enfin à la maison sur le toit. Sa main tape à la porte quand son frère ne répond pas aux coups de sonnette qu'il a fait quelques minutes plus tôt. N'y tenant plus, il franchit la porte grâce au double des clefs qu'il possède et entre dans le séjour. Son frère n'est pas assez con pour faire une connerie, mais on ne sait jamais. Il est peut être malade ou un truc du genre.

Reconnaissant la silhouette d'Edward sur le canapé, Jasper s'approche doucement.

Son petit frère dort, la bouche entrouverte. A la position de son corps, totalement inconfortable et à ses ronflements, l'artiste reconnait un sommeil aviné quand il a l'occasion d'en voir un.

Jasper lui soulève une paupière puis remarquant son teint cireux, il conclut en regardant l'heure indiquée sur un des appareils en veille dans le séjour. « Selon mon estimation, dans environ dix minutes, tu vas commencer à vomir tes tripes. A moins que tu ais pris le remède miracle de maman ? ».

Edward grimace. « Hurg… ».

« Je peux savoir pourquoi est-ce que tu as décidé de boire ton poids en… ». Il regarde un des cadavres de bouteilles qui restent sur la table basse. « … En rosé… ». Il sniffe le goulot. « Piquette en plus… ». Il repose la bouteille et s'approche de son frère, passant une main sur le front en sueur de celui-ci. « Plutôt cinq minutes… ». Ensuite, quand il se redresse, son regard fait le tour de la pièce. « Il y a assez de bouteilles ici, pour remplir une piscine olympique. ».

Son petit frère répond toujours de manière aussi primale. « Omfff… ».

« Au moins, tu n'es pas mort, ou en plein coma éthylique. ».

La main d'Edward tape mollement sur le canapé, exprimant comme elle le peut la colère et l'ennui du jeune homme. « Arghhh ! Fous-moi la paix…. Rentre chez toi. J'ai d'autres chats à fouetter que de supporter ta morale… ».

Jasper grommelle. « Ça serait vraiment la meilleure nouvelle de l'année si tu pouvais arrêter de te morfondre. Tu es toujours en train de penser que le monde entier est contre toi ! Car il faut savoir, mon cher petit frère, que le reste du monde n'en a rien à secouer de ta petite personne ! Alors fais ce que font les 'émos' dans ton genre, embrasse cette douleur, écris un poème et fais-toi une putain de raison.». Sa main tire légèrement sur ses boucles blondes. « Putain, je me dis que si Bee se tape ça à chaque fois qu'elle te croise, j'ai du mal à croire qu'elle puisse te trouver le moindre intérêt. Ce qui m'étonne est qu'elle cherche encore à te garder après ça ! Le jour où elle te prendra au sérieux… Tu seras tout seul, mec. ».

Son petit frère grommelle quelque chose, que Jasper ne comprend absolument pas. Il se penche et demande. « Quoi ? Qu'est-ce que tu dis ? ».

Edward, malgré le fait qu'un derviche tourneur semble en pleine prestation dans son crâne, prend le temps de lui répondre. « Va voir ailleurs si j'y suis ! ». Son ton est assez mauvais et cruel pour faire comprendre à sa victime où il veut en venir. « N'oublie pas de claquer la porte en partant… Oh ! Et si tu as l'occasion de croiser un doc… n'oublie pas de lui demander de te retirer ce balai si profondément enfoncé dans ton… ».

Jasper lui met un coup de pied, juste assez fort pour le sortir de sa torpeur et de lui rappeler qui est censé dominer dans leur fratrie. Il pose ensuite la tasse en polystyrène qu'il a ramené d'un Starbucks à son attention et s'assoit sur l'accoudoir du canapé.

Remarquant que son grand frère ne songe absolument pas à quitter les lieux, Edward finit par demander, relevant la tête un court instant. « Qu'est-ce que tu fous encore là ? Je pense que tu viens de dire tout ce que tu avais sur le cœur ou est-ce que tu as encore un peu de bile à déverser ? ».

L'artiste ouvre la bouche, puis la referme. Ses yeux se lèvent vers le ciel et ses poings tapent sur ses genoux. Il tente encore une fois de dire quelque chose, mais reste encore silencieux. Edward, dans un ultime effort, le regarde alors qu'il commence à faire les cents pas et connaissant son frère, c'est tout ce qui le retient avant de le frapper directement. Jasper finit par trouver les mots qui lui manquaient. « Il y a…. il y a tellement de trucs que je pourrais te dire… ». Il secoue sa tête et va pour s'asseoir auprès de lui. Il se retient à mi-chemin et se redresse, recommençant son manège.

Edward n'a pas d'autre choix que de le laisser faire… quoi qu'il ait l'intention de faire, d'ailleurs. Mais il aimerait vraiment que Jasper se décide vite. Que lui, puisse prendre une douche et se laver les dents car il semblerait que sa propre haleine cherche à le tuer. Qu'est-ce qu'ils ont fait hier soir pour qu'il soit dans un état pareil…. Et où est James ?

Il demande d'une voix plus posée. « Est-ce que tu as vu Jamie ? ». Il cligne des yeux. Merde… même le fait de parler calmement lui fait mal.

« Non. Mais, je n'ai pas fait le tour de la maison. Vu ton état, lui doit être bien pire. ». Sa tête se tourne vers le couloir. « Peut-être qu'il s'est roulé dans tes draps… ou endormi dans ta baignoire…. Tu te rappelles, il faisait toujours ça à la maison. ».

Grossière erreur… erreur de débutant… Edward rit. Cela ne dure qu'une petite minute… Peut-être même pas trente secondes mais c'est assez pour déclencher une tornade dans sa tête, toujours en pleine cuite. « Argh merde ! Ne me fais pas rire connard ! ».

Jasper lui frotte la tête, amusé par la situation avant de filer dans la cuisine et cherche un instant dans les placards. Quand il finit par revenir près du canapé, il tend un verre en direction d'Edward. « Oui, je t'aime aussi, petit frère. ».

Le remède d'Esmée. Breuvage magique qui permet de retrouver un état potable plus rapidement que la meilleure des ambroisies. Bien que la formule chimique de ce nectar doit être l'équivalent de celle qui sert à déboucher des toilettes, ça fait un bien fou.

La dernière fois que je m'en suis servi c'était pour Bee… j'ai l'impression que cela fait une éternité.

Jasper continue de l'observer, attendant silencieusement que ses pupilles soient moins dilatées, preuve que la substance toxique agit sur ses neurones alcoolisées. Par simple signe de nervosité, ses dents attaquent son ongle de pouce quand il marmonne. « Putain, c'est bien le moment. Pourquoi est-ce que tu es dans un état pareil ? ». Il tape ses paumes de mains contre ses cuisses. « J'avais déjà tout un speech de prêt et je peux pas vraiment le faire vu que tu es là, dans toute ta splendeur pathétique. ». Il croise les bras, ronchonnant. « Ça craint. TU CRAINS Edward ! ».

Son petit frère, quant à lui, finit de boire le breuvage avant d'enchaîner directement avec le café tiédasse qu'il lui a apporté plus tôt. Il réprime un rot puis deux, signe que son estomac n'est pas ravi du mélange, mais prend sur lui pour continuer sa désintox, restant silencieux, car il n'est même pas sûr d'avoir quelque chose d'intelligent à dire ou à répondre.

De toutes les façons, Jasper semble déjà monté sur son cheval alors autant le laisser continuer sa conversation à sens unique…

Sa gorge semble être ripée par du papier de verre. Il la gratte intérieurement et extérieurement, à plusieurs reprises et seul un grognement s'en échappe.

Jasper lève un sourcil vers lui. « Hein ? ».

Edward lève sa main, faisant des moulinets pour l'inciter à continuer. Il s'en fout, de toutes les façons, il ne l'écoute pas vraiment.

Les mains de Jasper claquent sur ses cuisses lorsqu'il les repose dessus violemment. « Je ne te demande rien, sauf d'écouter ce que j'ai à dire. Putain, je n'étais pas venu pour ça… ça dépasse les limites de l'entendement et je ne veux absolument pas qu'il y ait de tension entre nous.». Sa voix est claire mais légèrement teintée de tristesse. « J'ai pas mal réfléchi… ».

Edward grimace. Ça déjà ce n'est pas bon signe. Son frère continue.

« Lorsque j'ai rencontré Bella, il y a maintenant quelques mois de cela… Elle n'était que ma petite livreuse de pain. Même si ce boulot était ingrat et pas forcément très féminin, Bella était resplendissant et joyeuse. Un vrai rayon de soleil dans ma vie…. ». Il soupire, passant sa main lentement dans ses cheveux. « Tu me connais. J'ai toujours eu du mal à me lier aux autres mais elle… elle est entrée dans ma vie le plus naturellement du monde. Puis… ».

Jasper se redresse et fait, encore une fois, les cents pas devant le canapé.

A ce rythme, je vais être obligé de changer de tapis… Edward manque de laisser échapper un petit rire. Non, reprends-toi mec… Tes pensées partent dans tous les sens…

« C'est bien elle qui était avec moi à l'expo d'Alice. Mes sentiments pour Alice fondaient comme neige au soleil et le fait que Bella était si jolie, si compatissante envers moi… adorable… Mais, le temps que je réalise mes sentiments pour elle, elle t'aimait déjà. Tu sais… Une des premières fois qu'elle me l'a avoué, c'était en pleurant… ».

Edward se redresse un peu sur un coude et fait mine de bailler. « Tu me fatigue… Viens en au fait ou arrête de parler si tu n'as rien de plus à dire. ». Ce n'est vraiment pas le moment d'entendre encore une fois que lui… la victime il faut le rappeler…est odieux et qu'elle, dont il ne citera pas le nom… la coupable… est aussi innocente qu'un lapereau.

« Elle voulait te le dire, à maintes reprises mais n'en a jamais eu le courage. Je peux en témoigner. Cela fait des années qu'elle ne vit plus que pour sa famille, c'était donc difficile de réaliser qu'elle désirait quelque chose pour elle seule. Il lui a fallu du temps pour y croire. ».

Jasper finit par se rasseoir sur l'accoudoir. « Tu voulais que je sois honnête alors… Comme tu l'as compris. J'étais accro et je lui ai fait comprendre... Mais merde, elle t'aime. Nous sommes donc restés amis. C'est tout. Ta jalousie est inappropriée surtout connaissant ta relation avec mon ex. ». Il se lève et commence à marcher vers la sortie. « Bella a toujours été présente pour toi. Je pense que tu perds ton temps et le sien avec ta colère mal placée. ». Quand il voit que son frère n'a aucune réaction suite à ses propos, cela énerve Jasper plus que de raison. « Mais, je perds aussi le mien à tenter de te convaincre. Pfff, rappelle-moi quand tu seras en état, Ok ? ».

Lorsque la porte d'entrée claque, annonçant clairement que l'intrus est parti, Edward s'assoit. Il se frotte les yeux un instant et reste silencieux. Bien qu'il ait fait mine de ne pas être concerné par sa présence, son discours n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd.

L'idée d'une bonne douche et d'hiberner dans son pieu lui vient, une nouvelle fois à l'esprit. Mais, son téléphone sonne. La musique lui vrille la tête l'incitant à jeter l'objet par la fenêtre. Edward décroche tout de même et soupire. « Salut Alice. ».

La jeune femme semble troublée, une certaine détresse teintant sa voix. La conversation ne dure qu'un instant et après une douche plus rapide qu'il ne le voulait, le jeune homme file jusqu'à chez elle.

A chacun ses priorités, n'est-ce pas ?!

Dans le loft, de grands draps blancs recouvrent les meubles et quelques cartons traînent encore ici et là, annonçant le départ imminent de la propriétaire du lieu.

Lorsque Alice s'approche de lui, elle lui tend une boisson fraîche, dévissant le capuchon d'une autre pour elle-même. Edward s'assoit lourdement sur le canapé et la remercie d'un hochement de tête. La canette sur son front agit à merveille contre le vilain mal de tête qui menace de se repointer à l'horizon.

Sans préambule, la jeune femme lui dit. « Je suis désolée. Je ne t'ai rien dit pour Bee et cela ne se faisait pas. ».

Il l'interrompt ne voulant pas rejouer la scène qu'il a déjà eue avec son grand frère. « Parle-moi plutôt de ton déménagement. Pourquoi tant de précipitation ? Est-ce que tu comptes revenir ? ».

Alice soupire et joue avec la petite bouteille dans ses mains. « Hum… Je ne reviendrai pas de sitôt. Le projet de Demetri est assez conséquent et… ». Ses mots restent en suspens et son regard distant.

« Est-ce que c'est à cause de Bella ? Ou peut-être Jasper ? ».

Alice lève ses yeux vers lui mais ne dit rien.

Il la regarde d'un air distrait. Est-ce que je suis censé lire dans ses pensées ? J'en ai marre de tous ces non-dits.

Edward réitère sa question mais différemment cette fois. « Est-ce que la relation entre elle et mon frère était sérieuse au point que tu préfères lâcher l'affaire et quitter Seattle ? ».

Elle boit une gorgée avant de répondre. « Pourquoi es-tu si curieux ? Est-ce que tu te demandes vraiment jusqu'où ils sont allés ? Est-ce qu'ils passaient leurs nuits ensemble alors que tu étais seul chez toi ? Tu aimes tant que ça remuer le couteau dans la plaie ? ».

Un éclair d'outrage passe un instant sur son visage avant qu'Edward ne se reprenne. « Que… Qu'est-ce… Non… non mais… Cela aurait été cool si tu m'en avais parlé… Tu ne te rends pas compte ! J'ai l'impression d'en vouloir à la Terre entière et que… ». Il passe une nouvelle fois la main dans ses cheveux. « Putain, je ne sais plus quoi penser. ».

Elle hausse les épaules. « De tout ce que je sais est que… tu n'as pas à t'inquiéter. Connaissant ton frère, il a dû déjà être pas mal choqué de ressentir quelque chose pour une autre femme que moi et le temps de le réaliser, Bella s'était déjà entichée de son patron. ». Sa main est fraiche quand elle saisit celle du plus jeune des frères Cullen. « J'ai beaucoup réfléchi et je sais que tout autant que les autres, je me suis mal conduite avec vous et bien que ça me fasse mal d'admettre une chose pareille, je ne peux te dire qu'une chose…. Pardonne-lui. ».

« De quoi tu parles ? ».

« Bee… Bella. Pardonne-lui. Tu ne pourras pas avancer si tu restes bloquer par une telle histoire. Ça te hantera longtemps. ».

« Si tu dis une chose pareille alors pourquoi est-ce que tu t'en vas ? Pourquoi est-ce que tu n'appliques pas ces conseils ?».

Alice boit une gorgée, comme pour se donner du courage. « D'une certaine façon, c'est ce que je fais. J'ai décidé de faire le deuil de ma relation avec ton frère et je veux justement aller de l'avant. Je l'ai toujours provoqué sans jamais me douter qu'un jour, il finirait par se lasser…. Que mes exigences finiraient par détruire l'amour sans faille qu'il me portait. ».

Sa main fébrile se pose doucement sur sa pommette, comme pour vérifier si des larmes ne coulent pas, trahissant son émoi. « Tu n'imagines pas ce que j'ai ressenti lorsque j'ai pu constater que Jasper était si heureux ces derniers temps et qu'en fait, ce n'était pas grâce, ou à cause de moi. Que je l'ai tellement manipulé durant toute sa vie, qu'il ne s'est même pas rendu compte du fait qu'il pouvait être amoureux d'une autre… d'un amour bien plus fort et plus sincère que celui qu'il me portait. Et toi, qui passais ton temps à vérifier ton téléphone au cas où cette fille t'appellerait… ».

Elle porte la boisson à ses lèvres et savoure sa gorgée. « Je sais que c'est totalement immature de ma part, que j'ai dit et fait des choses dont je ne suis franchement pas digne ou fière mais… tu connais l'adage, hein… Mon cœur avait ses raisons. ».

Edward se redresse et s'approche de la grande baie vitrée, surplombant la rue. « Je me demande pourquoi Jasper ne m'a jamais considéré comme un vrai rival ? Est-ce parce qu'il savait que je n'avais aucune chance contre lui ? ». Il se tourne vers la jeune femme. « Ou parce qu'il croyait que tu ne l'aurais pas quitté pour moi ? ».

Alice acquiesce, comprenant très bien où il veut en venir. « Une fois… Une fois, je lui ai demandé s'il ne s'inquiétait pas de ma relation avec toi… Il m'a dit que non. Il m'a dit que tu es son petit frère… ».

« Et… ? ».

« C'est tout ce qu'il a dit. Jasper te fait entièrement confiance. Ce qui rend tous nos actes encore plus vils, n'est-ce pas ? ».

Il repose son regard sur la ville. « Même lorsque tu es partie… Il a continué d'attendre ton retour. Il était persuadé que tu allais revenir… ».

« … ».

« Cette confiance… C'est à cause de ça qu'il a été stupide au point d'attendre une fille qui l'a quitté pour un autre. Une fille qui était capable de coucher avec son propre frère. ».

« Est-ce pour ça que tu ne fais rien pour Bee ? Tu manques de confiance… en elle ou en toi ? ».

Appuyant son dos contre la vitre glacée, il soupire. « On parlait de toi là… Pourquoi avoir fait cela si tu ne comptais pas être avec moi ? Je me demande comment est-ce qu'il a pu supporter cela… Si longtemps… Moi, je ne peux pas imaginer... ».

Alice le regarde d'un air presque moqueur. « N'est-ce pas cela qui t'a attiré au départ ? Ce sentiment d'interdit… Le fait que tu puisses t'immiscer entre nous. ».

Un gout aigre s'installe dans la bouche du plus jeune des Cullen. « Peut-être mais…. J'ai enfin grandi. J'étais tellement jaloux de l'intérêt que tu lui portais…. Pourtant, maintenant… J'ai pu voir à quoi ressemblait une véritable relation. Quand ton partenaire ne te dénigre pas ou n'attend pas que tu le places sur un piédestal. ». Il saisit ses clés, laissées sur la table basse, prêt à quitter le loft sans un regard pour la propriétaire du lieu. L'air de la pièce semble presque malsain et Edward souhaite partir de là, comme s'il avait le feu aux trousses. Il conclut froidement. « Je me rends compte de mes erreurs et je sais que cela ne se reproduira plus. Mais putain… Quoi que tu décides, ne joues plus avec nous ainsi. Je sais que si tu refais souffrir mon frère comme cela a été le cas par le passé, je te détesterai. Amie d'enfance ou pas. ».

Alors qu'il s'apprête à franchir la porte d'entrée, Alice murmure. « Au moins, c'est clair. Mais, quoi qu'il advienne, n'oublie pas que je suis là pour toi Edward. ».

Le jeune homme hoche la tête sans même se retourner vers elle avant de dévaler les escaliers lui permettant de sortir de l'immeuble.

xoxo

Une fois chez lui, Edward s'installe sur la balancelle située sur sa terrasse. Il contemple silencieusement le ciel, ressassant tout ce qui lui est arrivé.

Laissant échapper un soupir de contentement, enfin apaisé par rapport à la tourmente de sa matinée, Edward reste allongé, tranquillement, la tête sur l'accoudoir de la balancelle, alors qu'un de ses pieds effectue les gestes nécessaires afin de maintenir le balancement.

Sa main retrouve 'la petite laine' que Bee laissait toujours à proximité, pour profiter du lieu sans être agressée par un courant d'air froid, et il s'en recouvre appréciant la douceur duveteuse de la laine. Son esprit ne cesse de lui remémorer qu'il y a peu de temps de cela, ils partageaient ensemble cette intimité.

Puis, dans cette douce torpeur, il divague un peu plus sur le moment qu'ils ont partagés, lors de cette dernière nuit ensemble. Un de ses bras remonte vers son visage, protégeant ses yeux du monde extérieur afin de profiter pleinement de ce souvenir, tandis que l'autre, se glisse sous la flanelle afin de reposer contre son ventre.

Le moment qu'ils ont vécus était si intense et sensuel, qu'il ne lui est pas difficile de le revivre. Son bassin se retient d'exécuter le va et vient contraire à celui de la balancelle. Comme si une chaleur ardente se développait doucement, Edward résiste comme il peut à ne pas accorder l'attention que son sexe désire. Il se mord la lèvre inférieure, passant sa langue dessus, se rappelant combien sa bouche avait eu l'occasion de dévorer la jeune femme. Comme elle désirait être consommée, ravagée et être l'héroïne de toutes ses attentions, lorsqu'il mordillait sa poitrine tendue par ses soins, rougie par ses morsures et frissonnante à chacune de ses caresses, réunissant le mélange parfait de plaisir et de douleur qu'il pouvait lui offrir.

Edward ne sait pas ce qu'il serait prêt à donner pour revivre ce moment. Est-ce qu'un jour, il finira par oublier cette sensation, cette plénitude ?

Arrête, putain mais arrête !

Malgré cette once de tristesse, devant ce paradis perdu, le corps du jeune homme continue à s'éveiller. Faisant fi de ses supplications, son cerveau lui ressasse la sensation de son contact, de la douceur de sa peau lorsqu'il la couvrait de baisers et qu'elle ouvrait la bouche, en un joli 'o' pour murmurer son prénom en plein extase. « Edward, oh Edward… ». Il lui remontre ensuite les images du regard doré, intense et brillant de la jeune femme, alors qu'elle lui caresse les cheveux, ses mains se resserrant à mesure qu'il la porte vers son orgasme… « Oui… Oh mon dieu, oui… oui… ».

Ou ne serait-ce que ces simples moments, où ils faisaient des choses simples comme regarder un film ou lire des magazines, l'un contre l'autre, tandis qu'elle passait ses doigts dans ses cheveux bronze, qu'il n'a jamais autant appréciés que depuis qu'il sait qu'elle les adore. « Mon dieu, ce que j'aime tes cheveux… Tu sais que beaucoup de femmes seraient prêtes à tuer pour avoir des cheveux pareils ! ». Ça finissait souvent en bagarre, vu qu'ensuite Bee se moquait du fait qu'il ne soit qu'à un dégradé d'être rouquin.

Il aurait pu tout lui offrir et elle ne voulait rien. Rien que lui.

Bee ne voulait jamais sortir dans les endroits branchés mais juste profiter de sa présence, se collant contre lui, à se frotter comme un chaton, à l'embrasser dans le cou ou sur le front alors qu'Edward tentait de lire les rapports comptables du Café des Princes et qu'il repoussait la frange de Bee, bien trop longue et qui glissait aisément afin de cacher son visage.

Le jeune homme se redresse, interrompant le mouvement de la balancelle en posant ses deux pieds sur le sol. La petite couverture tombe à terre et il ne fait rien pour la ramasser. Il secoue sa tête, chassant de son esprit tous ces souvenirs qui ne font que le miner un peu plus chaque jour.

Son téléphone sonne. James. Il décroche sans grand entrain et écoute la voix de son ami.

« Tu es chez toi. ».

Il répond positivement et raccroche sans même lui laisser le temps de dire autre chose.

Qu'est-ce qu'il y a de plus à dire, de toutes les façons ?

Moins de cinq minutes plus tard, c'est James qui entre dans la maison. C'est à se demander s'ils ont peur de le laisser tout seul. Jamais Edward n'a vu autant de monde qu'en ce moment.

Merde, est-ce qu'on est dans le hall de Grand Central ici ?

Dans toute sa splendeur, James s'assoit près de lui, sur la balancelle. « Mon dieu tu as une de ces têtes, Eddie Boy. ».

Edward lève les yeux au ciel, ne cherchant même pas à argumenter sur son surnom stupide. « Ouais, merci de me le faire remarquer. Commence par dire bonjour, ça serait sympa. ».

James sourit devant cette attitude plus qu'aigrie. « Ohhh, quelqu'un s'est levé du pied gauche ce matin ! ».

« Alors que tu sembles un 'gai' luron, pas vrai ? ».

« Un vrai p'tit rayon de soleil, dis donc. ».

« … ».

James soupire. « Je pense que ça ne vaut pas le coup de te demander pourquoi tu es de si bonne humeur…. A moins que le thème ait changé et que je ne sois pas au courant de la tendance !? ».

« Ça serait le comble ! J'ai eu le droit au passage de Jasper et j'ai aussi vu Alice. ».

« Ouh en effet, tout ça dans la même journée ! Tu tapes dans le lourd et pourtant ce n'est pas ta fête… enfin, je crois… tu as vérifié ? ». Il rit doucement, poussant son ami joyeusement. « Bon alors, raconte ! Vu que ton frère est une crème, je n'ai qu'une seule question ! Qu'est ce qu'elle a encore fait ? ». James se retient vraiment de finir par '…cette sorcière' tant il n'apprécie pas la jeune femme qui s'est permis de piétiner le cœur des frères Cullen depuis tant d'années.

Edward répond, une certaine rancœur teintant sa voix. « Qu'est-ce que… Laisses tomber. Disons qu'elle a fait son mea culpa. Et maintenant, je peux dire que c'est vraiment fini. ».

« Tout ça sans écarter ses cuisses ? Nom d'un p'tit Jésus ! Bel effort. Je dirais même qu'il y a du progrès. ». Le regard de James s'éclaire quand il remarque le regard outré de son ami. Ses yeux bleu océan se plissent tant son sourire est énorme, limite carnassier.

Est-ce que j'étais le seul à ignorer son manège ?

Edward manque de tomber de la balancelle tant il lui fait presque peur. « Putain James ! Elle s'appelle peut être Alice mais tu n'as pas besoin de sourire comme le chat du Cheshire ! C'est flippant ! ».

James lui offre des yeux ronds et une bouche pincée, ne s'étant même pas aperçu qu'il souriait comme un dément. « Non, mais tu ne réalises pas combien cette info me fait plaisiiir ! ».

Edward renifle, repoussant le fait de pouffer devant sa mine puis, n'y tenant plus il grimace avant de se muer en véritable éclat de rire. « Tu ne changeras jamais !? Heureusement qu'il n'y en a pas deux comme toi ! ».

« Ah non, je suis le seul et l'unique exemplaire ! Mes parents n'ont pas voulu réitérer l'expérience… Trop de boulot et de cheveux blancs apparemment… Que veux-tu ? Diva un jour, diva toujours ! ». Plus sérieusement, il continue. « Alors, ça y est ? Tu n'es plus ensorcelé par l'opium de la jolie Alice ? ».

« Pourquoi est-ce si dur à croire ? Purée… J'aimerais surtout comprendre comment cela a pu durer aussi longtemps... ».

James bougonne, juste assez pour être compréhensif. « C'est peut être comme dans les films. Un sortilège ou une potion, ou encore… ».

Edward ne l'écoute déjà plus. Il aimerait bien que cela soit quelque chose d'aussi facile qu'une simple potion. Il éprouverait moins de remords dans les choix qu'il a fait. Au moins, il pourrait regarder son frère en face, sans culpabilité.

Quand il reprend le fil de la discussion, James a déjà enchaîné sur la suite des événements. « … Et comme ça tu peux aller voir Bee et faire le point avec elle. ».

« Ca fait presque deux semaines que je n'ai pas eu de ses nouvelles… ».

« Quoi ? Mais comment est-ce possible ? ».

« Elle fait uniquement ce que je lui ai demandé. J'ai dit que je ne voulais plus la voir et voilà. Mais, ne t'inquiète pas. Je commence à m'y faire. ».

« Et c'est quoi qui marche le mieux ? Le fait de te morfondre dans ton coin ou en celui de passer tes soirées complètement torché ? C'est sûr que ça roule pour toi…. Un bel avenir de suicidaire alcoolique. ».

« Ça va passer. ».

« C'est vraiment ce que tu crois ? Tu as raison. C'est un bon plan. Reste là, aussi longtemps qu'il te faut pour oublier cette idiote. ». Il tend son bras pour tapoter gentiment la cuisse de son ami. « Puis, ça laissera la place libre pour ton frère, pas vrai ? Tu ne penses pas qu'il va laisser passer cette chance. Surtout après votre contentieux… Pfff, des filles comme Bella, y'en a plein les rues… ».

« Putain arrête ! OK ! C'est bon, n'enfonce pas le clou. J'ai compris où tu veux en venir. ». Se prenant la tête entre ses mains, Edward semble prêt à exploser.

Cette fois, c'est sur son épaule qu'il ressent une tape amicale. Jamie est presque joyeux quand il déclare. « Eh bien ! C'est la première étape. Tu reconnais tes conneries. ».

Edward relâche une profonde expiration, ne se rendant même pas compte qu'il était comme en apnée durant tout ce temps. « Pourquoi n'as-tu jamais rien dit ? Surtout si c'était si évident ? ».

Il hausse les épaules. « Que voulais-tu que je dise ? Prends Alice par exemple… Edward, cette fille est un véritable poison, mais comme tu pensais être vraiment amoureux ! Comme si tu allais croire ton meilleur ami qui n'a pas eu une relation stable depuis 1996 ! N'oublie pas que c'est toujours le messager qu'on tue en premier… Alors maintenant, je pense que le mieux est de résoudre un problème à la fois. Celui-ci est réglé donc on s'occupe de Bee, pas vrai ? ».

Edward pensait pourtant que c'était une merveilleuse idée, s'obliger à ne plus la revoir, ne plus être tenté de la prendre dans ses bras mais en fait… ça le rend dingue… carrément, complètement dingue. « Ce n'est pas un problème. Elle ne fait plus partie de ma vie. ».

Cela fait maintenant plusieurs jours qu'il pense entendre la sonnerie qui lui est dédiée sur son téléphone, la sonnette de la porte ou même tout simplement la voix de la jeune femme qui l'interpelle, comme elle le faisait si souvent pour le narguer. « Cullen ?…. Cullen ?…. Edward ?... non, rien ! ».

Ça me rendait dingue et maintenant…

« Putain… Mais qu'est-ce que j'ai foutu ? ».

« Pardon ? ».

« Non, Jamie. Ce n'est pas à toi que je parle. ».

James grimace et finit par briser le silence. « Oh Ok. Je vois que tu discutes avec ton double maléfique. Alors, je vais vous laisser tranquille, hein… ».

Les yeux outrés d'Edward montre combien il le fatigue. « Je ne suis pas en train de perdre la tête ! Merde, arrête un peu ! ».

« Je t'adore Eddie, mais tu dois reconnaître qu'en ce moment t'es un peu plus dingue que d'habitude. Peut-être que c'est toute cette énergie refoulée qui fait que…. Enfin, tu vois ?! Est-ce que tu as déjà pensé à la masturbation ? ». Il mime discrètement le geste avec sa main, faisant mine d'être de bon conseil.

Plus qu'exaspéré, Les mains d'Edward se resserrent autour de son téléphone. Est-ce que l'assurance de son mobile prend en charge les accidents tels que l'envoi dudit objet dans la tête de quelqu'un ?

Je vous assure Monsieur l'Agent ! Ce n'était qu'un accident ! Le téléphone a percuté plusieurs fois la tête de cet idiot ! Non, je n'explique pas ce phénomène…

James continue à discuter alors que les deux amis entrent dans la maison et s'installent dans la cuisine. « Qui serait assez con pour gâcher une histoire pareille ? ».

Edward soupire, cognant son front contre la table, exactement comme l'a déjà fait Bella. « Moi apparemment. ». Relevant la tête, il finit par demander. « Dis-moi ce que je dois faire ? ».

La porte d'entrée est frappée. Si fort, qu'Edward se demande s'il parviendra à l'ouvrir encore un jour. Il ose un coup d'œil et soupire.

La voix tonitruante d'Emmett se fait entendre. « On sait que tu es là ! Ouvre la porte, patron ! ».

James passe devant lui et ouvre la porte. « Oh génial ! Vous êtes là ! ». Il saisit les sacs que porte le serveur. « Tu as pris tout ce qu'il y avait sur la liste ? ». Sans même attendre de réponse, il se dirige vers le séjour.

Emmett passe ensuite le seuil, suivant James tandis que Seth, resté en retrait jusque-là, pose une main compatissante sur l'épaule de son patron. « D'avance, je suis désolé pour tout ce qui va arriver au cours de cette soirée. ».

Au départ, tout se passe pour le mieux, les mecs s'installent dans le séjour, certains sur le canapé, d'autres sur les fauteuils et ils discutent de l'activité du café tandis que James fait l'hôtesse en servant boissons et amuse-gueules.

La soirée se passe dans une atmosphère de détente jusqu'au moment où la conversation dérive vers la relation de leur patron avec la jolie Bella. Quand Edward émet une énième complainte sur le fait qu'il n'y a pas d'issue possible dans cette histoire, James rétorque. « Maintenant que tu as décidé d'aller de l'avant, on peut trouver une solution… Tout dépend de ce que tu es prêt à admettre. ».

« Hein ? ».

James reste calme durant un moment. « Faisons le point. Elle t'a menti, check. ».

Seth, n'ayant toujours pas sa langue dans sa poche, met aussi les pieds dans le plat. « Et pour Jasper ? ».

« Quoi Jasper ? ».

« Il me semble qu'il est très proche d'elle, lui aussi. Qu'est-ce que tu comptes faire dans ce cas ? Vas-tu lui demander de choisir entre vous ? ».

Edward reste interdit un instant. Il déglutit. « Je ne pense pas avoir de soucis de ce côté-là. Enfin, il m'a dit qu'il n'y a… qu'il n'y avait rien entre eux… et… Il me semble qu'elle l'a confirmé aussi… ». Il n'est même pas certain de cela tant il était pétri dans son mépris pour la jeune femme. Oh combien il regrette de ne pas avoir pris le temps de l'écouter réellement.

James aspire lourdement son cocktail par sa paille. « Tu les connais mieux que nous Eddie. Et, ils ne te mentiraient pas sur ça…. Ils… ». Il soupire lourdement, posant sa boisson avant de croiser les bras sur son torse. « Tu les as vu. Ce ne sont que des amis. ».

La tête d'Edward repose lourdement sur l'appui tête de son canapé tandis que les princes regardent leur patron, inquiets.

Seth mange un amuse-gueule et pose encore une question. « Et ta copine ? Hum… Je ne connais pas son prénom…. ». Il se tourne vers Emmett afin qu'il l'aide. « Tu sais… la p'tite mignonne qui nous regarde de haut. ».

Emmett se renfrogne, surement en pleine concentration, et son visage s'éclaire avant de s'assombrir à nouveau. James met fin à sa torture mentale avant qu'il ne fasse un anévrisme. « Alice ? ».

Emmett tape son poing contre la paume de son autre main, comme s'il avait résolu un véritable mystère. Il hurle. « ALICE ! Ouais, c'est ça ! ».

Seth soupire. « Merci Em. ». Il passe son doigt dans son oreille la plus proche de son collègue. « Putain, j'ai perdu l'audition. ». Le cuisinier se tourne une nouvelle fois vers son patron. « Alors ? Je ne comprends pas… Tu ne sortais pas avec elle ? ».

La mâchoire d'Edward se resserre alors qu'il fait mine de regarder ailleurs. « Non, ce n'était pas le cas. C'est ridicule. C'est l'ex de mon frère. ».

Emmett fait une tête, savant mélange entre éberlué et dégouté. « Pourtant vous avez l'air sacrément… ». Ses doigts font les guillemets. « … Ami-amie… ».

Seth acquiesce. « En fait, quand on y réfléchit… c'est plutôt de toi qu'il faut s'inquiéter. ».

« Tu peux parler. ».

« Qu'est-ce que tu veux dire par là ? ».

« Même le grand crétin à côté de moi a remarqué combien tu tournais toujours autour d'elle ! ».

Edward soupire, pressant ses paumes contre ses genoux afin d'éviter de les foutre sur la gueule de son cuisinier. « C'était une erreur… Mais et toi ? Il semble que tu apprécies beaucoup Bee. ». Il se retient, vraiment, vraiment, de montrer la jalousie qui le mine quand Seth et Bee sont dans la même pièce.

« Je ne l'ai jamais caché. Mais, je sais où est ma place. ».

« Alors, pourquoi agis-tu ainsi ? ».

Seth le regarde, fier d'avoir tiré une émotion, quelle qu'elle soit, de son patron devenu amorphe depuis le départ de leur amie. « Parce que… ». Il sait qu'il risque sa place au sein des princes ou même plus évidemment, une droite, mais il est temps que son patron réalise ce qu'il y a en jeu. « Je ne suis pas certain que tu sois bon pour elle. ».

Emmett et James ont une réaction de surprise commune. Le « Oh ! » et le « Aye ! » qu'ils disent en même temps en serait presque risible. Ça jette un froid glacial sur leur soirée. Apparemment, Seth n'est pas là pour rigoler. Leurs regards ne cessent d'aller de l'un à l'autre, comme un match de tennis et ils ne sont plus là que pour compter les points.

James semble en pleine réflexion quand il finit par dire. « C'est pas faux. ».

La mâchoire d'Edward se contracte alors qu'il réprime son envie de les foutre dehors. Merde ! Qu'est-ce qu'il y a de si spécial chez cette fille pour que tout le monde soit là, à la protéger ?

En fait, quand il y pense sérieusement, elle n'a jamais rien fait pour mériter l'attention qu'il lui a portée. Ce n'était qu'un petit voyou… Elle se faisait passer pour un mec, bordel de merde ! Elle mange comme quatre et boit plus que tous les participants d'une soirée AA. Puis, il se remémore les différents sourires qu'elle arbore si aisément. Son regard adorable quand l'attention de la jeune femme se posait sur lui et le temps qu'elle lui consacrait malgré sa vie trépidante.

Il réprime un soupir qui menace de s'échapper de sa gorge alors qu'il reste bloqué dans ses souvenirs. Est-ce qu'ils ont raison ? Peut-être que c'est lui qui ne mérite pas de vivre auprès d'elle.

Le claquement des doigts de Seth, juste à côté de son visage, le ramène à la réalité. Edward réalise qu'il n'a toujours pas défendu sa cause auprès d'eux et les princes attendent patiemment les conclusions de son errance mentale.

A mesure que les minutes passent, ses joues prennent distinctement une couleur rosée. « Ha… Heu… Hum… Enfin… ».

Seth prend le temps de saisir une autre bière et l'ouvre avec rapidité avant de la tendre vers lui. « Bon alors tu sais ce qu'il te reste à faire… ? ».

Edward manque de laisser tomber la bouteille. Relevant la tête vers son cuisinier et s'éclaircissant la gorge devenue soudainement contrite. « Pardon ? ». J'ai mal entendu, pas vrai ? « Bien que ma relation avec Bee ne regarde que nous… Je tiens à dire que je ne suis pas dans le genre à cacher mes sentiments… ».

Seth lui dit lentement, le dédain clairement dans sa voix. « Ouais, passe-moi la guimauve. Je te demande quand vas-tu lui dire que tu es amoureux d'elle ? ».

« Je suis amoureux de qui ? ».

Emmett s'impatiente, ne comprenant pas qu'Edward fait intentionnellement traîner la discussion. « Ben, de Bella, évidemment ! ».

James soupire. « En fait, il serait bon que tu fasses ton deuil une bonne fois pour toute, Eddie. Bee n'était que la partie émergée de l'iceberg. Bien que tu t'y accroches comme un morpion à une couille, la personne que tu aimes est un tout. Et c'est Bella. ».

Les autres princes hochent la tête, clairement d'accord avec ce que vient de dire le blond.

« Je… Que…». Edward n'arrive même pas à répliquer. « Quoi ? Non, enfin… Non ! ». Il a l'impression qu'on vient de lui ôter tout l'air de la poitrine. Se redressant précipitamment, il passe une main nerveuse dans ses cheveux.

James se penche pour récupérer une poignée de picore apéritive avant de se les lancer adroitement dans la bouche. « Tu te fais du mal pour rien… ». Il lance encore une noix qui qu'il mâche avant de continuer. « T'es trop accro et… ».

Alors qu'il continue son manège, Edward s'impatiente. « Et quoi ? ».

« Tu ne peux pas revenir en arrière. Tu sembles presque malade. ».

« On a l'impression que tu portes tout le poids le monde sur tes épaules. ».

Emmett acquiesce vigoureusement. « Patron, avant que tout cela n'arrive, c'était comme si vous étiez dans votre monde. Il pouvait se passer n'importe quoi, c'est comme si il n'y avait que vous deux dans la pièce… ». Bien qu'il soit un lourdaud de première catégorie, sa main attrape prestement la noisette que James comptait avaler, juste au-dessus de sa bouche et l'enfourne dans la sienne, l'air goguenard. « Comme avec ma Rose ! ».

James, tout autant outré qu'il est amusé, pose son coude sur la table afin de soutenir sa tête dans le creux de sa paume. « Eh ! Oh ! Prends les tiennes ! T'es un gamin ou quoi ? ».». Il finit par éclater de rire.

Tentant de reprendre un minimum de sérieux, James réplique. « Ok, voilà comment je vois les choses. ». Il montre Edward du doigt. « Tu es le seul à savoir ce qui se passe dans ta tête. Mais, tout ce que je peux te conseiller, c'est… Fais en sorte de ne pas avoir de regret. Tu es peut-être en train de passer devant quelque chose d'exceptionnel et ton orgueil t'empêche de réaliser ce que tu es en train de perdre. ».

« Ça veut dire quoi, ça ? ».

« Je veux dire que tu ne sais pas ce qui va se passer demain… ni les jours suivants. Cette histoire avec Bee… Bella est peut-être celle de toute une vie ou ne durera qu'une semaine mais au moins, tu auras tenté le coup. Ne passe pas le reste de ta vie à te demander si tu as fait le bon choix. Prends une décision et ne reviens pas dessus. Ce n'est pas juste pour toi et encore moins pour elle. ».

Edward s'apprêtait à ouvrir la bouche pour le contredire quand il finit par être convaincu par ces propos. Effectivement, il doit y réfléchir. Soupirant devant une telle concession, il s'appuie contre le mur situé derrière lui. « D'accord. ».

Seth se lève et se dirige vers le bar. « Maintenant qu'on a fini de faire les minettes, est-ce que je peux avoir quelque chose de fort avant qu'on se fasse les ongles ? ».

Edward le rejoint, sortant les alcools forts du placard, se demandant. « Où est-ce que je pourrais l'emmener ? ».

« Comment ça ? Après l'avoir tuée et découpée son corps en morceaux ? ».

« Non, il faut que je fasse le premier pas… On pourrait juste dîner. Histoire qu'elle piétine ce qui va me rester de dignité et ensuite on verra comment se déroule le reste de la soirée. ».

« Hum, dans ce cas, ça dépend... ».

« De ? ».

« Il faut que tu lui dises tout ce que tu as sur le cœur. ».

« Ce n'est pas si simple. ».

« Si ça l'est. ».

« Non, ça ne l'est pas. ».

« Et pourquoi pas ? ».

« Parce que… ».

« Parce que quoi ? ».

« Parce que… ». Edward se tourne vers eux et grimace. « Il y a d'autres choses à prendre en compte. ».

Seth demande. « Comme ton frère ? ». Et Emmett surenchérit. « Où ton Alice ? ». Est-ce qu'ils ont vraiment décidés de ne pas le lâcher ce soir ?

N'étant pas au courant de toute la dramaturgie de l'histoire, James les informe. « Nan, il n'y a pas de soucis à se faire de ce côté-là. ».

Se réinstallant sur le canapé, leur patron acquiesce. « Il l'aime aussi. C'est certain mais je ne doute pas de lui. ». Sa tête repose lourdement sur le haut du dossier tandis que ses doigts frottent ses tempes.

James rétorque. « Ne te sers pas de Jasper comme excuse. Tu sais qu'il ne fera rien tant que tu n'abandonnes pas clairement l'idée de toute relation avec Bee. Tu as de la chance d'avoir un frère pareil, j'en connais qui te trahirait pour moins que ça. ».

Après qu'il leur ait promis de se reprendre en main, les princes laissent enfin leur patron tranquille. Dans le calme, enfin retrouvé de sa maison, Edward range le bazar qu'ils y ont mis avant d'aller dans sa chambre pour dormir.

Allongé dans son lit, il prend enfin la décision de contacter Bee dès le lendemain afin que le couple s'accorde une nouvelle chance. Enfin, surement après qu'il ait rampé jusqu'à ses pieds et offert trois ou quatre repas à l'œil. Putain, ce n'est pas gagné !

Il rêve encore de Bee, cette nuit-là.

Encore un de ces moments doux, tranquilles mais intenses, qu'ils ont eu ensemble. Mais cette fois, il revit la scène différemment. En acceptant que Bee soit une femme. Bella, ce côté féminin, entrevu lors de la soirée au Center, qu'il dénigre tant prend place dans son esprit, remplaçant aisément le côté androgyne de Bee.

Bee presse doucement sa bouche, contre la sienne. Presque timidement. Elle fait courir ses doigts dans ses cheveux bronze, appréciant le contact jusqu'à sa nuque. Comme d'habitude, cela semble toujours la satisfaire autant que lui. Alors qu'Edward est de plus en plus instable, maintenant qu'il agit sans se soucier des convenances, qu'il peut la sentir, la goûter et apprécier sa douceur. Son corps et son esprit en redemandent toujours plus.

Sa langue glisse sur la lèvre boudeuse, et elle accepte volontiers l'invitation. Elle murmure son prénom, appréciant le roulement de sa langue contre ses dents quand elle le prononce, et se presse un peu plus contre lui.

La jeune femme couvre son cou de baisers, laissant une ligne humide autour de sa pomme d'Adam et mordant tendrement le lobe de son oreille. Dans un mouvement souple, elle descend le long de son torse, dessinant des arabesques du bout de ses doigts. Elle interrompt son mouvement pour se redresser brusquement. « Est-ce que tu es sûr de toi ? ».

Oui… Edward est persuadé qu'il n'a jamais été aussi certain de toute son existence. La jeune femme lui sourit. Ses yeux dorés brillent et elle se mord la lèvre, anticipant les plaisirs à venir. Sa gorge laisse échapper un gloussement mutin.

Edward soulève sa main et la passe sur la nuque de Bella, l'attirant tout contre lui. Ils s'embrassent fougueusement quand elle l'arrête et fronce les sourcils.

« Quoi ? ».

« Ça sonne. ».

Les yeux d'Edward s'ouvrent brutalement quand son cerveau réalise, qu'en effet, ça sonne. Grommelant sa frustration, il se dirige d'un pas traînant jusqu'à sa porte. Sans même regarder qui est de l'autre côté, il ouvre brutalement la porte d'entrée, prêt à en découdre avec la personne qui ose interrompre un rêve si bien engagé.

Toute idée perfide ou charnelle s'évapore comme de l'eau au soleil quand il se retrouve nez à nez avec sa maman. Tu parles d'une douche froide.

xoxo

Esmée avance sur le toit terrasse et reste admirative devant la vue offerte par la hauteur. Elle attend que son fils, parti enfiler un t-shirt, revienne pour s'extasier. « Mon dieu, que c'est magnifique ici. On devrait déplacer la maison pour l'installer de la même façon. ».

Edward sourit alors qu'il se tient sur la balancelle de sa terrasse. « Mais bien sûr… J'imagine qu'il faut déjà un sacré immeuble pour soutenir tout le manoir Cullen… ».

« Oh manoir, comme tu y vas fort… c'est grand mais pas à ce point.. ».

« C'est ça oui… ».

« J'ai vu Billy aujourd'hui. ».

« Oh non... Je suppose que tu sais tout. ».

« Oui. ».

« Et ? ».

Elle cherche ses mots, ne voulant pas le contrarier. « Je ne te pensais pas si… émotif ? ».

« Je ne le suis pas. ».

S'installant à côté de lui, elle continue. « Tu ne montres que rarement tes sentiments et là… ». Esmée grimace puis expire doucement. Elle semble vraiment se contenir. « Tu es tombé amoureux d'une femme plutôt simple… ça fait encore bizarre de dire que Bee est une fille. Est-ce que tu préfères que je dise garçon ? C'est ça qui te gène non ? Ah non, car tu la détestes maintenant… c'est quoi le problème ? Est-ce que tu préférais l'idée d'être homosexuel ? Je t'avoue que je ne comprends pas toute cette histoire. ».

Edward soupire. Il y a peu de temps de cela, il aurait mal pris le dédain de sa mère vis-à-vis de son cas, mais après être passé sous les vannes des princes et de son frère, il prend les choses du bon côté. « Cela a l'air de t'amuser. ». Il saisit la main de sa mère, si petite et délicate dans la sienne. « Ne t'inquiètes pas pour moi mais… il y a quelque chose que je dois savoir… Je ne comprends toujours pas… ».

« Dis-moi ce qui t'empêche de vivre cette relation ? ».

Passant sa main dans ses cheveux, il finit par dire. « J'ai peur de… Tous ces mensonges… comment est-ce que je pourrais… Non… Enfin… Alors, expliques-moi comment… Comment peux-tu rester avec papa alors qu'il t'a trompé ? ».

« Ah c'est une histoire de confiance alors… Tout ce que je peux te dire mon enfant… C'est qu'il faut choisir ses batailles. ». Elle s'assoit à côté de lui et ils se balancent doucement. « Ton père et moi… étions désespérés d'avoir un enfant… de créer notre propre famille… ».

Elle lui prend la main et soupire. « Je ne sais pas si tu connais la procédure mais c'est très très lourd tant sur le plan physique que pour le moral du couple. Je te passe les détails mais je devais prendre mon poids en médicaments, nous faisions l'amour à heures fixes et j'étais malade vingt heures sur vingt-quatre. ».

« Ouais mais tu avais papa pour te soutenir, non ? ».

« Au début oui. Mais, ton père avait ses propres démons à gérer. La clinique commençait à être connue et il travaillait aussi à l'hôpital pour payer nos dettes. Et moi, j'étais là à le tanner pour qu'il s'implique dans notre couple… puis Jane est arrivée… Bien que ça me fasse encore souffrir rien que d'y penser, je reconnais qu'elle a dû être une bouffée d'oxygène dans la vie de Carlisle… ».

« Oui, mais exactement comme Michael Douglas, il est tombé sur une psychopathe. ».

Sa mère laisse échapper un petit rire. « Tu m'étonnes. Je pense que la moitié de ses cheveux blancs viennent de cette histoire… Le reste vient de ces deux merveilleux petits monstres que sont nos enfants… Tu vois de qui je peux parler ? ».

« Non, moi je suis un ange. ».

Elle pose sa main sur sa jambe. « Oui, c'est cela. ». Elle soupire. « Mais, tout ça pour te dire que… Je savais qu'il me mentait… Qu'il risquait de me quitter… Surtout que je me transformais en baleine avec toutes ces hormones… ». Un petit rire s'échappe de sa poitrine.

Edward est outré. « Comment peux-tu trouver ça drôle ? Tu devais être dévastée… être en colère ! Je ne sais pas moi ! ».

« Je sais qu'il s'est détesté durant de nombreuses années après son aventure mais cela ne changeait rien à mes sentiments pour lui. Je suis loin d'être un paillasson, ne t'inquiètes pas. Je lui ai fait payer son crime au centuple mais jamais je n'aurais pu le quitter pour cela. On se disputait souvent mais tout finit toujours par se calmer. ».

« Comment ? Pourquoi ? Je n'arriverais jamais à comprendre. ».

« C'est simple, mon chéri. On peut toujours se disputer et être à la limite d'en venir aux mains mais… Lorsque je commence à douter de mon couple, je me pose cette question. 'Est-ce que je suis prête à vivre sans lui ?' Et là, ma colère disparait ou alors je lui mets un coup de poêle à frire et quand il reprend connaissance, on n'en parle plus. ».

« Quoi ? C'est quoi cette histoire ? ».

« Tu demanderas à Billy… Carlisle a eu la fille mais notre dentiste a eu sa maison de campagne… ».

« Je ne suis pas certain d'en être capable… ce que tu me dis est que je dois laisser passer tout cela. Que ma relation mérite d'être… Tu vois toujours le bon côté des choses. ».

« Je t'ai vu sourire… Je t'ai vu être heureux… Tu as pris ta vie en main. Et si cette fille est capable de cela alors c'est aussi à prendre en compte. Mais, si tu ne veux pas, loin de moi l'idée de te forcer la main. Tu es un beau jeune homme, mon fils et quelle que soit ta décision, je serais à tes côtés. ».

« Maman, je pense que tu es la seule personne au monde qui a foi en moi. ».

« C'est là où tu te trompes, Edward et il serait temps que tu le réalises. En ce qui te concerne… Tout ce que je peux te conseiller est, de ne pas confondre ta colère et ton orgueil…. Il serait dommage que tu rates une occasion d'être heureux juste parce que tu ne supportes pas le fait de t'être fait avoir. ».

Alors qu'il profite de la présence réconfortante de sa mère dans ses bras, Edward murmure. « Je l'aimais tellement. ». Il baisse un peu sa tête, et apprécie le sourire d'Esmée. « Je l'aime tellement que ça me terrifie. ».

Esmée s'écarte de son fils mais ne perd pas le contact en gardant sa main sur son avant-bras. « Mais pourtant tout le principe est là mon chéri. L'amour est souvent la cause et le remède à toutes nos angoisses. ». Elle lui pose un baiser sur le front. « Et c'est ce qui rend ce sentiment si spécial et unique. ».

xoxo

Comme d'habitude un grand merci à mes relectrices LyraParleor Fanfic et Daria Dazzling !

Un énooooorme merci pour toutes les personnes qui ont pris le temps de laisser une review ou un pm (même si c'était histoire de me secouer un peu TT mais je dois reconnaître que ça incite plus que tout à écrire… Je dirais même que ça rend accro, plus on en reçoit et plus on en désire et plus on doute de ses capacités et forcément plus on veut être rassurée… ça rend dingue).

Je vous adore !

Merci et à bientôt !

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