Coffee Prince « Café des Princes ».
Twilight, à S. Meyer & The 1st Shop of Coffee Prince, à Lee Sun Mi
Création de Selina Lex
Chapitre 26
Refresha
Cela fait une bonne semaine que la famille Swan vit dans les cartons. Le planning élaboré par Renée est vite dépassé car avec Bella à plein temps dans la maison, les affaires sont vite exécutées.
Bien qu'elle n'ait pas sa joie de vivre habituelle, la jeune femme semble avoir retrouvé une certaine énergie.
Charlie est assis à côté d'elle alors qu'elle trie des livres se demandant s'il faut en garder certains ou directement les remettre à la bibliothèque locale. Son père lève la tête des pages sportives de son journal et lui demande. « Billy m'a dit que tu souhaitais reprendre l'école… Alors, est ce que tu as réfléchi ? Hum… Tu sais que la petite université de Port Angeles a un bon niveau… et si cela t'intéresse… Enfin, tu vois… tu peux venir avec nous. Je ne te dis pas de rester indéfiniment mais au moins le temps de souffler un peu. ».
Sans se tourner vers lui, la jeune femme répond. « Mmmm… J'aime l'idée. Mais, ça ne va pas vous déranger ? Vous seriez enfin seuls maman et toi… ».
Il s'esclaffe. « Et alors ? Qu'est-ce que tu crois gamine ? Que le fait de déménager nous rendra une nouvelle jeunesse ? C'est surtout pour toi… Est-ce que tu es prête à partir vivre avec nous au fond des bois… Je sais que malgré les bons et mauvais côtés de notre vie ici, tu sembles apprécier la vie à Seattle. ».
Bella feuillette un livre avant de le balancer dans un tas et d'enchainer avec un autre. « Oh tu sais, ces derniers temps j'en ai un peu marre… ça me fera surement du bien de voir ailleurs quelques temps puis, j'aime bien Forks… Mais l'idée de tomber sur mes parents en train de… enfin tu vois ! Brrr ! Je vous aime mais vous voir sous cet angle… ».
Charlie plie rapidement son journal pour lui taper la cuisse avec, c'est le seul endroit qu'il peut atteindre vu qu'il est assis et elle debout. « Tu n'as pas honte, petite insolente ! ».
Elle l'esquive à plusieurs reprises en criant des « Olé ! » et ils éclatent de rire.
Finissant par se lever pour lui asséner un bon coup sur la tête auquel elle n'échappe pas, Charlie lui prend la pile de livres qu'elle porte et lui indique l'escalier. « Allez, tu as assez bossé pour aujourd'hui, monte faire une pause. Je te remplace. ».
Levant sa main sur son front en un salut militaire, la jeune femme n'attend pas qu'il change d'avis et grimpe rapidement les escaliers menant au séjour. « Merci Chef ! ». Elle file ensuite dans la cuisine à la recherche d'une boisson fraiche.
C'est d'ailleurs ainsi que Rosalie la retrouve, la tête dans le frigo. Sa petite sœur est restée toute la journée dans la cave et la jolie blonde s'inquiète du travail maladif de sa cadette. Alors qu'elle tient encore une branche de céleri qu'elle mange avec dédain, elle l'incite à sortir ne serait-ce que pour faire quelques courses. Bella se tourne vers elle, une de ses mains retirant la poussière retombée sur ses cheveux. « Ok, ok, j'y vais. Ne t'emballe pas. ».
Rosalie garde son air autoritaire, la main sur la hanche. « Et tu me ramènes un yaourt glacé nature… Ou vanille s'il n'y a que ça. Et quelque chose à grignoter pour mettre dessus…Genre une barre de céréales…. Tu sais que je suis en plein régime…».
Alors que sa petite sœur franchit le seuil de la porte, la jolie blonde ajoute. « Peut-être aussi du chocolat… ».
Bella saisit son sac. Elle entend derrière elle. « Et… et des guimauves ! ».
Ses pieds la conduisent sur le trottoir. « Et du toffee ! Putain, je tuerais pour du toffee… ».
D'un autre côté de la maison, on peut entendre. « Langage Rose ! ».
La rose en question, loin d'être aussi délicate que la fleur du même nom, maugrée. « Ouais, ouais. ».
Levant les yeux au ciel, Bella avance rapidement, préférant filer avant que ce démon affamé ne lui fournisse une liste longue comme le bras. « Le créateur de Weight-Watchers doit faire des saltos dans son slip avec ton idée du régime… ».
« Ta gueule Bella. J'ai tellement la dalle que je pourrais te croquer la cuisse sans remord. ».
La jeune femme concernée file sans un autre mot. On ne sait jamais.
La discussion lancée par son père reste dans un coin de son esprit. Peut-être qu'il serait agréable, en effet, de s'éloigner quelques temps d'ici…. Elle y a déjà pensé au point d'en parler avec le vieux Billy, mais là avec le déménagement les choses semblent s'accélérer. Il faut qu'elle y réfléchisse.
C'est pourquoi, quelques minutes plus tard, Jasper retrouve Bella assise sur le trottoir devant leur épicier habituel. Assise par terre et cuillère à la main, la jeune femme dévore de la glace de sa sœur, à même le pot, sans se soucier du monde qui l'entoure.
L'ainé des Cullen s'installe à côté d'elle et sans qu'il ne soit obligé de lui dire un mot, elle lui tend un sac rempli de cochonneries dont il se demande si rien qu'à le tenir il ne va pas devenir diabétique. Pour toute explication, elle lui dit. « Ma sœur est au régime… ».
« Merde, je ne connaissais pas les régimes hypercaloriques. ». Aro se couche à leurs pieds, sa grosse tête poilue posée directement sur les chaussures de la jeune femme. Ouvrant un paquet de Skittles, Jasper finit par dire. « Je ne te demande pas comment tu vas. Tu as une tête de déterrée. ».
Bella lui offre un bref sourire, tout en jouant de sa cuillère dans son pot de glace. « Tu rigoles ? Je vais bien mieux qu'hier. ».
Il prend une poignée de bonbons et les trie en fonction de la couleur. A mesure qu'il tombe sur les rouges et les violets, il les place dans le pot de glace. C'est un truc entre eux, lui aime les agrumes et elle les fruits rouges.
« Le déménagement avance ? ».
Bella hausse les épaules. « Mouais. On se rend compte de toutes les conneries qu'on peut accumuler au fil des années donc le tri est assez long. ». Elle mange tranquillement. « Tu sais, ça pourrait être pire. J'ai perdu mon boulot, mon petit ami et en plus je pense que mon orgueil est en train de creuser un trou jusqu'en Australie. ».
Jasper sourit devant le brin d'humour. « Je suis désolé. En plus, je pense que tout ça c'est un peu de ma faute. ».
S'apprêtant à inhaler une nouvelle cuillère, la jeune femme s'arrête en plein vol. « Pourquoi ? Tout cet imbroglio vient de moi. ».
Aro émet un petit soupir, les dreadlocks cachant son museau se soulevant subrepticement. Jasper se penche vers elle. « C'est parce qu'il t'aime… Bien plus qu'il ne le pense. Il veut te faire croire qu'il s'en moque mais cette situation le touche plus qu'on ne le croit. Il faut que tu attende un peu et il finira par réagir.». Quand il remarque la mine impassible de son amie, il lui demande. « Tu le sais, pas vrai ? Tu connais ses sentiments ? ».
La jeune femme finit de croquer ses bonbons alors que la glace fond dans sa bouche. « Durant un bon moment, je ne m'en doutais pas. Je pensais vraiment que c'était à sens unique. Mais avec tout ce qui s'est passé… Sa peine, la mienne… Son mépris, mes supplications… et son dédain… ça m'a fait mal. Je suis fatiguée. J'ai finis de me prendre la tête avec des 'et si'… Et si je lui avais dit dès le départ… Et si je ne m'y étais pas attachée … Bla, Bla, Bla…». Sa voix est fébrile sur la fin et pour cacher sa mélancolie, elle enfourne assez de glace pour ne pas avoir à parler durant un certain temps.
Jasper soupire, comprenant aisément qu'elle soit exaspérée mais aussi il compte bien plaider la cause de son petit frère. « Tu dois juste attendre encore un peu. Il ne peut que réaliser la fille exceptionnelle que tu peux être. ».
La bouche pleine de crème glacée, les joues gonflées tel un hamster, elle lève un sourcil un brin moqueur. « Vraaaaiment ? ».
Il se retient de ricaner. « Ouais. Tu es super jolie… enfin quand tu ne manges pas… ». Aro soupire encore une fois et là, Jasper ne se retient plus. « Ouais tu as raison. Elle mange les trois quart du temps… ».
Bella place son pot de glace entre ses genoux et d'une main libre, caresse la tête du chien, toujours sur ses pieds. « Traite ! Tu n'es pas censé être de mon côté ?! ».
Aro lui offre un « hmpff ! » lui expliquant clairement qu'il faut choisir ses combats.
Jasper finit par dire, plus sérieusement. « Quand tu seras avec mon frère… Evite de lui parler de moi… ».
« Comment ça ? ».
Jasper observe un couple de petits vieux qui passent devant eux, se tenant la main tendrement. « Même si Edward te dit qu'il peut comprendre ce qu'il y a entre nous… Que c'est ok…. Et que tu peux tout lui dire… Ne le crois pas. Même si tu penses que cela pourra soulager ta conscience. Cela ne fera que le blesser et depuis notre histoire commune avec Alice… Il doutera toujours de nous. Donc, ne perds pas espoir et tu verras tout va s'arranger. Quoi qu'il arrive, n'oublie pas que je suis là pour toi. ». Aro émet un petit son et son maître rectifie rapidement ses propos. « Enfin, nous sommes là pour toi, pas vrai Aro ? ».
« Hmpff ! ».
Bella sourit. Comme toujours, Jasper tente de lui remonter le moral et cela fait du bien, même si cela n'est plus très utile maintenant. « Merci Jasper ! T'es un ange ! ».
« C'est moi qui doit te remercier. Sans même le savoir, tu as fait beaucoup pour moi. Donc, quoi qu'il arrive soit forte. ». Il tape sur son épaule et avant qu'il ne puisse dire autre chose, son téléphone portable se met à sonner. Il se redresse et répond discrètement. « …. OK, j'arrive. Je suis là dans cinq minutes. ».
Comprenant que leur discussion est terminée, Bella dépose le pot de crème glacée sur le trottoir et se lève aussi. Ses mains passent sur le tissu de son pantalon, pour retirer toute trace de saleté et elle récupère ses déchets, afin de les jeter dans une poubelle à proximité.
Jasper met fin à sa conversation et se tourne vers elle. « Je suis désolé Bella mais je dois rentrer chez moi. ».
Elle sourit. « Pas de problème. J'ai pu comprendre que tu es attendu. On se revoit bientôt ?».
Il acquiesce. Cela change tellement des esclandres que pouvait faire Alice si elle n'avait pas toute son attention. La prenant dans ses bras en une accolade amicale, l'artiste lui promet de l'appeler très bientôt, à moins qu'elle craque avant.
Bella soupire. « Les frères Cullen et leurs égos démesurés. Ça va, je peux me passer de toi encore un peu. ».
Jasper attrape son chien, lui mettant une laisse afin qu'ils rentrent plus rapidement. « Tu es sûre ? ».
La jeune femme secoue la tête devant de tels enfantillages. « File avant que je change d'avis et que je m'accroche à toi comme une fan en délire. ».
« Je peux comprendre. N'oublie pas que je suis une star ! ».
Bella secoue sa main et part dans l'autre sens pour rentrer chez elle.
xoxo
Lorsque Jasper arrive chez lui, il reconnait aisément la voiture de son frère garée dans son allée. Celui-ci est assis sur les marches menant à la porte d'entrée.
Ils la franchissent silencieusement.
Jasper dépose la laisse de son chien sur le crochet prévu à cet effet et montre son studio du doigt. Toujours aussi calmes, les deux frères montent à l'étage. Chacun s'installe sur un siège et l'ainé est le premier à briser le silence. « J'ai croisé Bella aujourd'hui. Je suis allé à l'épicerie et elle était déjà là. ».
Edward saisit une partition et la déchiffre tout en répondant, son ton légèrement sarcastique. « Vraiment ? Tu la croise quand tu vas faire tes courses… quand elle fait ses livraisons… Quand elle fait son jogging… c'est dingue tout de même. Peut-être que vous étiez fait pour être ensemble. ».
Jasper soupire, comprenant que cette visite ne se présente pas sous les meilleurs auspices. « Si c'était le cas. Ça serait déjà fait, ne penses-tu pas ? ».
Les épaules d'Edward s'affaissent. Il finit par maugréer. « Et comment elle va ? ».
« Pardon ? ».
Edward articule un peu plus. « Bella… Comment elle va ? ».
Attrapant du bout des doigts le Stetson trainant sur une étagère, Jasper le pose sur sa tête. « À ton avis ? ». Il se penche en arrière, le visage à moitié caché par la large bordure du chapeau. « Je pourrais être presque triste pour toi. Tu finis enfin par ressentir ce que je pouvais vivre avec Alice. Mais, tu as bien plus de chance que moi, vu que Bella n'est pas le genre de femme à piétiner tes sentiments. »
« Je veux juste savoir si elle va bien, vu que tu sembles avoir plus de chance que moi dans le fait de la 'rencontrer'. ».
Exaspéré, Jasper grimace. « Est-ce que tu te sentirais mieux, si je te promettais de ne plus jamais la revoir ? Je peux faire mine de ne pas la connaitre lorsqu'on se croise dans la rue… ». Quand son petit frère ne répond pas, il soupire. « Bon, si ça ne te dérange pas, je dois travailler. Donc, tu peux rentrer chez toi, s'il te plait ? Tu connais le chemin, claque la porte en partant. ».
Edward comprend où son frère veut en venir. Effectivement, il reconnait que sa jalousie est mal-placée… surtout vis-à-vis de Jasper… Ce dernier aurait toutes les raisons du monde de le punir ou de lui en vouloir. Il finit par souffler. « Je suis désolé. Je n'étais pas là pour ça, en plus. ». Il se redresse, posant les partitions, à proximité. « Je suis venu pour m'excuser. ». Jasper relève son nez de sous son chapeau. Son petit frère se plante devant lui. « Je suis désolé de t'avoir frappé. ». Ses bras ballants, frottent le tissu de son pantalon avant d'entrer et sortir de leurs poches. Ses mains montent ensuite jusqu'à ses cheveux et y passent à plusieurs reprises.
Jasper manque de sourire. Si ça ce n'est pas un enchainement de signes de nervosité.
Edward garde la tête baissée. « J'ai eu tort et je me suis trompé. ». Il se demande s'ils vont faire comme lorsqu'ils étaient gamins. Si oui, il risque fortement de se manger une droite, car c'est ainsi qu'ils résolvaient leurs litiges. 'Si tu me frappes alors je te rends la pareille'. Ce qu'il pourrait aisément comprendre et il irait presque jusqu'au point d'admettre qu'il le mérite. « Il y a aussi toute cette histoire avec… Avec Alice… Je suis terriblement désolé. J'ai agis comme le dernier des cons durant les neuf années que cela a duré et voilà que je me permets de te sauter à la gorge… C'était… non, c'est nul.». Il se rapproche de son frère. « Alors vas-y, te gêne pas. Tu peux m'en mettre une… et même y rajouter des intérêts car je l'ai mérité. ».
Jasper retire son chapeau. Son regard bleu offre un air glacial à l'attention de son petit frère. A mesure que les secondes passent, un sourire s'inscrit sur son visage. « Putain… Depuis le temps que j'attendais ce moment. Tu ne sais pas le bien que cela me fait. ».
Edward reste éberlué, ne comprenant pas où il veut en venir. Jasper se lève aussi et le prend dans ses bras avant de retourner sur son siège et lui dit de s'approcher, afin qu'il s'assoit auprès de lui. « Tu ne te sens pas plus léger ? Depuis que je ne suis plus sous le joug d'Alice, j'ai l'impression que tout est possible. Je n'ai plus à justifier mes choix ou mes idées… J'ai… J'ai… ».
Edward pose le chapeau de cowboy sur sa tête et soupire. « Comment a-t-on fait pour en arriver là ? ». Son frère hausse les épaules alors qu'il continue. « Et si elle ne partait pas, est ce que tu serais tenté de retourner avec elle ? ».
Jasper expire. « Pour rien au monde. ».
Edward saisit des baguettes en bois qui trainent non loin de la batterie auxquelles elles appartiennent. « Tu sais… Je me dis que c'est une chance qu'Alice ait pu être avec toi. Cela aurait été n'importe qui d'autre, que je serais surement avec elle depuis un bon moment. Grace à toi, j'ai échappé à quelque chose de terrible. ».
« Ouais, ouais, je suis le meilleur grand frère de Seattle. ». Ses yeux se posent sur un énorme cadran numérique accroché au mur. « Maintenant, je suis sérieux. Rentre chez toi ! J'ai vraiment beaucoup de boulot. ».
Edward se lève et pose un bécot sur le haut du crane de son grand frère avant d'y mettre le chapeau. Il se dirige vers les escaliers quand Jasper l'interpelle. « Tu vas l'appeler, n'est-ce pas ? ».
« Je ne sais pas. ».
« QUOI ? Comment ça tu ne sais pas ? ».
« Je préfère la voir en direct… Histoire de jauger la situation… Tu sais que ramper au téléphone, ce n'est pas très crédible… ».
Jasper grimace à nouveau, rien qu'à l'idée de ce qui attend son petit frère. « Ah ouais, moche. ». Edward lui fait un signe de la main avant de filer dans l'escalier.
Une fois seul, Jasper se tourne vers ses instruments et se met à travailler jusque tard dans la nuit. Le fait de ne plus être dans une relation toxique avec Alice, puis maintenant son frère, lui donne vraiment des ailes.
Le lendemain, il saisit la bouteille de jus d'orange de son frigo avant de s'installer à table. Il sourit et contemple sa mère qui finit de servir le petit déjeuner complet qu'elle a préparé spécialement pour lui. « Maman, je suis content que tu aies pu te libérer... Mais tu n'avais pas à faire tout ça ! ». Il montre les victuailles qui emplissent sa table.
Esmée pose deux assiettes fumantes sur la table, enlève le tablier qu'elle lui a emprunté et s'installe en face de lui. « J'ai pu faire de la place dans mon planning juste pour toi ! Allez, manges pendant que c'est chaud. ».
Jasper attrape sa fourchette et plonge dans son plat de pancakes, œufs brouillés et pain perdu, avec entrain. « Ça fait longtemps que je n'ai pas eu un de tes bons petits plats. Ça m'a l'air trop bon ! ».
Esmée le regarde, contemplative. « Enfin, ce n'est qu'un petit déjeuner ! Tu ne me joues pas de comédie, hein ? Juste pour me faire plaisir… ».
Son fils hoche la tête vaillamment, ses joues remplies comme celles d'un castor. Il finit avant de se remettre à parler. « Tu ne connais pas l'alimentation dissolue d'un célibataire… Pourquoi jouer la comédie si je n'ai pas vraiment faim ? ». Il remarque l'autre assiette, pratiquement vide. « Et toi ? Tu ne manges pas plus que ça ? ».
Elle soupire. « Oh tu sais à mon âge, je n'ai pas besoin de plus que ça. ».
Le sourcil d'un blond sombre de Jasper se soulève, intrigué. « Comment ça, à ton âge ? ».
« Oui, tout ce que je mange finit directement dans ma bouée. ».
« Ta bouée ? Comment, une belle femme comme toi… qui parait encore vingt ans… peut parler de bouée ? ».
« Tu es déjà sur mon testament, pas besoin d'en rajouter… Est-ce que tu as vu ton frère ? Il me semble passablement troublé. ».
Jasper hausse les épaules. « C'est une façon de dire les choses subtilement. Mais ne t'inquiètes pas. Tu sais qu'Edward est une véritable tête de bois et maintenant il n'a plus qu'à accepter la vérité… ».».
« La vérité ? ».
« Oui, que Bee est en réalité une fille… Une femme même devrais-je dire… Qu'il est vraiment amoureux et qu'il est temps de grandir…. Purée, ça fait beaucoup pour un tel idiot… ».
Esmée boit une gorgée de jus d'orange avant de se permettre aussi une remarque. « Ne dis pas du mal de ton frère ! ». Son ton est rieur quand elle enchaine. « Ah j'aurais plus dit qu'il devait accepter qu'il est le dernier des crétins à bouder ainsi. ». Malgré son ton léger, elle s'inquiète un peu. « Mais, est-ce que ça va aller ? Pourquoi est-ce qu'ils en sont là ? ».
« Disons qu'en plus, je suis fortement attachée à elle… Donc forcément, il est quelque peu en colère… Mais c'est normal qu'il le soit. ».
« Oh non ! Quel drame va encore avoir lieu !? ».
« Aucun maman, ne t'inquiètes pas. Je suis avec quelqu'un d'autre et je ne compte pas empiéter sur les plates-bandes de mon petit frère. Ah oui ! Au fait, je ne suis plus du tout avec Alice. Et Edward non plus. ».
Ils restent ainsi, silencieux, le temps que la mère d'Edward digère la révélation. « Plus avec Alice… C'est… Intéressant… Mon Dieu, sacrée loterie aujourd'hui. Est-ce que tu as encore d'autres nouvelles à m'annoncer ? Si oui, il faut que je prenne des cachets pour ma tension. ».
Jasper rit silencieusement, prenant une nouvelle bouchée de pancakes. « Oh oui, fais-nous une crise cardiaque car j'aimerai vraiment rendre ce moment encore plus inconfortable. ».
Esmée le regarde, admirant son fils. Tout comme son petit frère, il semble plus serein. Comme si le fait de s'être détachés de cette jeune femme a allégé leurs consciences. Elle saisit une serviette et nettoie une petite éclaboussure de sirop d'érable sur sa joue. « Manges lentement. ».
Jasper, ralentissant sa mastication, finit par dire doucement. « Au fait, j'ai rencontré ma mère. ».
La main d'Esmée, qui était encore auprès de lui, bat en retraite à mesure qu'elle se redresse. « Je dois vraiment prendre des cachets, c'est ça ? ». Elle tente de garder un visage impassible mais elle a déjà peur de la conversation qui va suivre. « Mais bon… c'était à prévoir… Ton père m'a informé de sa présence à Seattle. ».
Jasper lève le regard de son assiette. « N'en fais pas une attaque, ça ne le mérite vraiment pas. ». Sa main, tenant la fourchette, fait des va-et-vient sans pour autant atteindre sa bouche. Ses yeux redescendent vers son plat sans qu'il ne dise quoi que ce soit.
Malgré un pincement au cœur, elle demande avec compassion. « Elle t'a manqué, n'est-ce pas ? Est-ce que vos retrouvailles ont été à la hauteur de tes attentes ? ».
Son fils hausse simplement les épaules, n'exprimant ni accord ni désapprobation. « J'avais déjà vu sa photo et j'ai même eu accès à son dossier. L'avocat de papa me l'a refilé… Il semble qu'il la surveille régulièrement… Je ne me faisais pas d'illusion quant à notre rencontre. ».
Esmée reste surprise. « Ah… Je… Je n'étais pas au courant… Il est vrai qu'on n'en a jamais vraiment parlé. ».
Jasper pose sa fourchette et se frotte doucement les yeux avant de la regarder. « Est-ce que tu es inquiète ? ».
« Oui ! Enfin… Non… Pas vraiment. ».
Il sourit et reprend sa fourchette, avalant rapidement une grosse part de pancake.
Esmée lui sert un verre de lait. « D'une certaine manière, je lui dois beaucoup. Cette femme m'a donné un magnifique fils…. Et a manqué sa chance de le voir grandir et s'épanouir… Je la plains… de ne pas avoir connu ce bonheur et tout cet amour qu'il était prêt à donner. Mais, je ne la blâme pas non plus. Certains ne sont pas fait pour ça… enfin… ». La peur d'en dire trop, ou pas assez, lui glace petit à petit le sang. Comment dire à son fils qu'elle exècre sa mère biologique, sans le froisser ?
Jasper, sans lever les yeux de son assiette, ralentit ses mouvements. Sa mâchoire qui se contractait et se décontractait à mesure qu'il mâchait est presque arrêtée. Il pose sa fourchette et continue de fixer son plat. « Maman… ».
Esmée demande. « Oui ? ».
« Maman… ».
Elle réitère, inquiète. « Qu'est-ce qu'il y a mon chéri ? ».
Lui offrant un grand sourire, Jasper conclut cette conversation malaisée, d'une voix tendre. « Tu es ma maman. C'est tout ce que je voulais dire. Et, tant que tu es d'accord, personne ne peut te déloger de cette place. ». Il baisse les yeux et remplit une nouvelle fois sa bouche des merveilles préparées juste pour lui, par sa mère.
xoxo
Edward sort sa voiture de son emplacement et commence à rouler en direction du café. Il s'est accordé quelques heures de répit afin de récupérer tout le sommeil qui lui manquait depuis quelque temps.
Alors qu'il continue à avancer, sans même le réaliser, il fait le chemin qui mène à la maison de Bella. Ne voulant pas passer pour un voyeur psychopathe, il se gare de l'autre côté du trottoir menant à la cour intérieure, profitant de la possibilité de voir la fenêtre donnant sur la chambre de la jeune femme. Les volets sont ouverts mais les rideaux sont tirés. Son doigt appuie sur l'ouverture de sa vitre et il se penche un peu en avant, regardant tranquillement les alentours. Bien que la maison soit vieillotte, la famille Swan a réussi à lui ôter son côté délabré. La superbe Ducati est garée dans un coin et Edward ne peut s'empêcher de revoir son souvenir de la jeune femme qui s'exclame qu'il n'y a rien de plus 'orgasmique' que cet engin.
Il croise les bras et pose sa tête sur le volant, hésitant sur ce qu'il doit faire maintenant. Est-ce qu'il prend le courage de sonner à la porte ?
Non. Il lui faut un plan. Un putain de truc bien rodé, afin qu'il ne manque pas son coup auprès de la jeune femme. Et, bien que le temps passe, il ne doit pas non plus se précipiter.
Il soupire et sa main redémarre son véhicule, jetant un dernier coup d'œil en direction de la maison. Entamant la marche arrière, il commence à faire demi-tour afin de reprendre sa destination initiale.
C'est exactement à ce moment que Rosalie sort de chez elle. Habillée d'un simple leggings sombre et d'un top gris, sa boîte à outils dans une main et un chiffon dans l'autre, elle est déjà prête à s'attaquer à la Ducati défectueuse. « Ok, ma grande, ce matin c'est toi et moi ! ».
Un bruit d'inversion de moteur se fait entendre, la jeune femme lève la tête et après un instant, elle finit par reconnaitre la voiture qui s'apprête à quitter sa rue. « Hey ! HEY ! HEY ! ». La main tenant son chiffon se lève et le secoue en suivant du doigt la Volvo. Faisant tomber sa boite à outils sur le sol, elle retourne à l'intérieur. « Bella ! Bella ! Descends ! ». Elle repasse sa tête, surveillant si la voiture est encore visible. Entendant du bruit dans les escaliers menant à l'étage, elle est déjà prête à laisser exploser la nouvelle « Bella ! Merde, qu'est-ce que tu fous ?! »… quand… Les jambes poilues de son père lui indiquent qu'il y a erreur sur la personne. Elle s'exclame. « Papa ! Tu n'as pas vu Bella ? ».
Charlie descend tranquillement, son journal à la main. « Elle est partie faire son jogging. ».
« Et merde ! ».
Sans être plus motivé que ça, mais avec la force de lui mettre un coup sur la tête avec son journal, il soupire. « Langage gamine ! ».
Alors qu'elle se frotte l'endroit endolori, Rosalie hausse les épaules. « Bon ben, je lui dirai quand elle daignera rentrer. ». Elle ferme la porte d'entrée et récupère sa caisse à outils. Se penchant vers la moto, la jeune femme sifflote tout en se mettant au travail.
xoxo
Bella court à vive allure dans le quartier de Belltown. Elle sait qu'elle n'a rien à faire dans le coin mais elle n'a pu s'y empêcher. Plutôt que de faire son itinéraire habituel, c'est-à-dire de chez elle, à Capitol Hill, jusqu'à l'aquarium situé dans Pike Place pour remonter ensuite dans l'autre sens, elle décide d'enchainer jusqu'au Olympic Sculpture Park d'où elle arrive en longeant les quais. Les quelques badauds qui se promènent sont un contraste saisissant avec la foule qu'il peut y avoir en période de festival. Elle continue à courir, suivant le chemin balisé avant de reprendre sa route et que ses pas la conduisent dans le coin où vit Edward.
Ce quartier est vraiment hétéroclite, alternant des bâtiments en briques rouges et d'autres tout en verre, des trattorias et des restaus plus chics. De grandes marches couleur crème annoncent son arrivée au pied de l'immeuble qu'elle redoute.
Saisissant tout son courage, elle fait le code de la porte d'entrée et monte directement par les escaliers jusqu'au toit. Ici encore, elle doit prendre sur elle pour franchir la porte coupe-feu et avance doucement sur la terrasse en bois exotique.
Sa main frappe à la porte une première fois, puis une seconde quelques minutes plus tard. Pas de réponse.
Est-ce qu'il dort encore ? C'est possible.
La jeune femme avance jusqu'au bord du garde-corps et se penche un peu pour voir si la voiture de son ex petit ami est garée à proximité. Elle sait qu'il a aussi un parking souterrain mais connaissant ses habitudes, la Volvo devrait être dehors.
Elle retourne devant la porte et ses phalanges tapent une nouvelle fois sur le bois.
Bon, tant pis.
Sa capuche lui couvrant le visage et ses mains profondément enfoncées dans les poches de son coupe-vent, c'est d'humeur morose qu'elle sort de l'immeuble. Elle descend quelques marches puis s'assoit sur l'une d'entre elles. Ses bras reposent sur ses genoux et sa tête semble lourde. Des milliers de scénarios se forment dans sa tête.
Est-ce qu'il n'est pas encore rentré ou est ce qu'il est déjà parti ? Peut-être qu'il est là mais qu'il ne veut pas ouvrir ?
N'y tenant plus, elle se reprend en expirant et inspirant à plusieurs reprises. Un couple qui passe par là, la regarde avec perplexité avant de s'écarter un peu plus vers le bord du trottoir. Bella secoue sa tête et se redresse, prête à repartir chez elle.
Elle tourne sa tête à gauche, puis à droite, lève les mains, haut vers le ciel et soulève ses genoux à plusieurs reprises, s'échauffant doucement pour reprendre sa course.
Tant pis ! C'est une occasion de perdue. Peut-être est-ce le karma et qu'il ne vaut mieux pas que j'insiste.
xoxo
Une semaine plus tard, la situation de la jeune femme est toujours au même point. Elle se lève tôt le matin pour aller courir, prend sur elle pour ne pas passer chez Edward, ensuite passe la journée à préparer le déménagement de ses parents avant d'enchainer avec son entrainement.
Durant plusieurs jours, elle est restée obnubilée par le fait qu'Edward soit passé chez elle… surtout qu'ils tentaient de se voir au même moment ! Mais depuis, son ex-patron n'a pas donné signe de vie. Non point qu'elle l'attende… enfin, disons que son portable n'est jamais très loin d'elle et que son parcours de jogging s'est notablement raccourci….MAIS ! Mais cela ne veut rien dire, pas vrai ?
Elle passe aussi un peu de temps avec Billy, en dehors du café, bien entendu, pour discuter de son avenir. L'idée de vivre un certain temps à Forks et peut être même reprendre ses études à Port Angeles, lui viennent en tête. C'est un projet à creuser, surtout si plus rien ne la retient ici.
Puis aujourd'hui elle a autre chose en tête. C'est un grand jour. Un superbe jour, même !
La superbe Ducati noire et jaune de Bella se gare à une place libre devant le café des Princes. Elle descend de sa moto, jetant un coup d'œil aux alentours. Elle expire l'air qu'elle retenait quand elle réalise que la Volvo d'Edward n'est pas garée dans le coin.
Putain, je suis pathétique ! Toute ma vie tourne autour d'un mec qui ne veut pas de moi ! Bientôt je vais me mettre à écrire des poèmes…
Tout le monde la regarde. Sans même le savoir, la jeune femme est un centre d'attention. Elle est fine mais avec de jolies formes, accentuées par un pantalon noir en cuir souple et des bottes assorties. Avant de dégrafer son casque, elle prend le temps de retirer ses gants de moto, eux aussi en cuir, qu'elle glisse dans une des poches de sa veste Ducati.
Au premier coup d'œil, les passants se doutent qu'ils n'ont pas affaire avec une fille ordinaire. Elle se tourne vers le café, ébouriffant sa frange pour la remettre en place et rien qu'avec ce geste, nombreux sont ceux qui, même si cela ne dure qu'une seconde, en ont le souffle coupé.
Elle sort un portable d'une poche intérieure, prononce juste quelques mots avant de remettre ses gants.
Moins de cinq minutes plus tard, James descend les marches du café, d'un pas guilleret et s'approche de la jeune femme. Il la regarde, puis ses yeux se posent sur l'engin, avant de la regarder à nouveau. « Quand je pense que tu nous cachais tout ça ! J'ai toujours l'impression que tu es le petit Bee qui portait des vêtements trois fois trop grands et qui cherche toujours à être le plus invisible possible. Alors qu'en fait tu es un véritable trésor ! ».
La jeune femme tire sur le tissu de son pantalon. « Ouais, c'est vrai que cela fait bizarre. Rose a sorti ça de mon armoire et je me rends compte que j'ai maintenant du mal à porter mes anciens vêtements. J'étais plus à l'aise en mec ! ». Elle tire ensuite sur le col de sa veste. « Je suis à l'étroit là-dedans. ».
James soupire. « Tu dois retrouver ta place dans ton corps de femme. Ça ne doit pas être facile. ». Devant la mine renfrognée de son amie, il préfère lâcher le sujet. « Alors, comment on y va ? ».
Bella tape le peu de place qu'il reste à l'arrière pour lui indiquer où s'asseoir. « Je t'invite à partager mon fidèle destrier ! ».
Les yeux bleus de James s'écarquillent, prêts à sortir de leurs orbites. Puis, ne sachant comment faire pour s'y installer, il finit par s'y poser en amazone, c'est-à-dire avec les deux jambes du même côté.
Restant interdite un instant, Bella finit par demander. « Putain, mais qu'est-ce que tu fous assis comme ça ? ». Elle rit. « Sérieusement Jamie ? Est-ce que tu te prends pour Samantha, ma sorcière bien-aimée ? Même Xéna s'assoit correctement sur sa monture, alors fais un effort !».
Il grimace et soulève sa jambe pour chevaucher la moto. Bella démarre après qu'ils aient mis leurs casques. Une fois prête, elle lui dit par-dessus son épaule. « Accroche-toi car nous ne sommes pas en avance, Jamie. ».
Il lui lance un regard mauvais à travers la petite vitre de protection et croise ses bras sur son torse. « C'est bon. Arrête de te foutre de moi ! Je ne suis pas un gamin non plus. ».
La jeune femme hausse les épaules. « Comme tu le sens. ». Avec un bon kick sur la pédale, ils décollent de leur place pour filer dans la rue.
James hurle de surprise et aussi, il faut le reconnaitre, un peu de peur. Ses bras vont quasi-immédiatement entourer le corps de Bella et si ce n'était pas dangereux, ses jambes iraient aussi.
Alors que la route défile à vive allure, il ferme les yeux, son casque cognant celui de Bee tant il essaie de se dissimuler dans le dos de son amie.
Bella, de son côté, rit ouvertement. « Allez James ! Ouvre les yeux ! ». Arrêtés à un feu rouge, elle tente de le persuader, « ça ne fait pas si peur que ça. Regarde autour de toi. Admire les lumières de la ville. Si tu prends le temps de ressentir la moto, tu vas apprécier les sensations. ».
Mais James n'en n'a que faire et il lui carrerait bien ses idées dans un endroit bien profond, qui ne voit jamais la lumière du jour, si vous voyez ce qu'il veut dire... Il hurle encore, se cassant la voix en répondant. « J'EN AI RIEN A SECOUER ! Dépêche-toi d'arriver là-bas que je descende de cet engin de malheur ! ».
Vingt minutes plus tard, le couple arrive à l'Université de Seattle. Devant l'entrée du Grand Hall, ils rejoignent les autres princes ainsi que la famille de Bella.
Bien que James soit un peu vert, il arbore tout de même un grand sourire, de rigueur dans ces circonstances. Il clame à qui peut l'entendre. « C'est bientôt mon tour, vous savez ?! ».
Bella, quant à elle, reste auprès de ses parents, saluant les quelques amis de Rosalie qu'elle reconnait, avant de suivre la foule jusqu'à la salle où se déroule la cérémonie prévue ce jour.
Reniflant discrètement, Bella tapote ses yeux avec son mouchoir alors qu'elle regarde sa grande sœur qui monte sur l'estrade afin de récupérer ses diplômes auprès d'un des membres du personnel de l'Université. Sa mère, assise à côté d'elle, est toute aussi émotive et lui prend la main afin qu'elles supportent ensemble ce moment.
Le professeur s'exclame, lui remettant deux parchemins enrubannés. « Rosalie Lilian Hale Swan, Docteur en Design et Ingénierie mécanique. ».
Le sourire de Rose est éclatant alors qu'elle saisit les diplômes avant de se tourner vers la foule d'où elle est acclamée par sa famille et ses amis, tous bruyants et fiers de son accomplissement. Elle leur fait une petite révérence puis remercie ses professeurs. Une fois à nouveau sur son siège parmi les autres diplômés, le calme revient. Le processus continue jusqu'au dernier élève avant que tout le monde ne se retrouve dans le Grand Hall.
Dans le chaos des retrouvailles entre les étudiants et leurs familles, la jeune femme finit par retrouver la sienne et est prise d'assaut par sa mère qui la félicite joyeusement. « Ma petite princesse est diplômée ! Je suis tellement contente ! Oh mon Dieu ! Mon bébé ! ».
Elle rit, remarquant son père qui lève les yeux au ciel devant l'exubérance de sa femme. « Merci ! Merci maman ! ».
Les yeux de Charlie sont brillants quand il remplace Renée dans ses bras. Il pose un baiser sur le front de son ainée et dit. « Je suis si fier de toi ! ».
Vient le tour de Bella qui approche plus timidement. Elle se moque. « Alors, ça y est ! Tu es une grande ! Tu peux plus te planquer sous prétexte que tu as cours le lendemain ou des devoirs à faire ! ».
Rosalie fait mine de regarder ses ongles avant de sourire. « Je peux toujours faire un autre cursus. Puis, ne compte toujours pas sur moi pour faire quoi que ce soit. Le travail ce n'est toujours pas mon truc ! ».
Charlie ajoute son grain de sel. « Ah oui ça, ce n'était pas de la faute des études, c'est juste sa flemme légendaire ! ».
Renée s'interpose entre eux. « Oh, n'embêtez pas mon bébé ! C'est un jour de fête pour elle. ».
Rosalie est tout sourire, sachant qu'avec sa chance, elle n'est pas prête de faire une corvée ménagère jusqu'à ce que l'effet 'jeune diplômée' se dissipe. « Ouais, Bee. Ecoute ce que dit maman ! ». Elle attrape sa petite sœur par le cou, prête à lui shampooiner la tête, mais l'agile petite anguille file entre ses doigts pour rejoindre les princes.
Les photos de groupes, de famille et amis, ont toutes étés faites, les mails et contacts ont été échangés et les 'au revoir' plus ou moins dramatiques ont été dits. Il faut au moins une bonne heure avant que le groupe entier ne rejoigne le parking. Avant de se disperser dans les différents véhicules, tout le monde se donne rendez-vous au café que les Swan ont 'empruntés' pour l'occasion.
Avant de partir avec Emmett, Rosalie retient sa sœur un instant. Ses joues sont encore rosies par l'émotion et ses yeux déjà magnifiques, pétillent comme jamais. Elle murmure. « Merci… ». Elle lui montre les diplômes, qu'elle serre ensuite tout contre sa poitrine. « Je n'y serais jamais arrivée sans toi ! ».
Bella renifle et passe sa main rapidement sur son visage, ne voulant pas se montrer trop émotive. « Je t'aime Rose… et…. Et tu sais que rien n'est trop beau, ni trop grand pour ma sœur préférée. ».
La soirée se passe sans encombre. Tout le monde est là. Des amis de la famille, ceux de Rosalie et même les parents d'Emmett ont fait le déplacement.
Depuis son arrivée au café, la jeune femme fait mine de ne pas remarquer Edward dans la salle et il semble en faire tout autant. Se permettant juste quelques regards, à la dérobée, Bella se taperait presque l'épaule pour se féliciter de son sang-froid.
Alors qu'elle sirote tranquillement un jus de fruits derrière le comptoir, Esmée s'approche et s'installe sur un des tabourets en face de la jeune femme.
Sans attendre, Bella prend le temps de la remercier de la présence de sa famille. Elles aperçoivent Carlisle qui discute… ou plutôt se chamaille avec Billy, tandis que Jasper et Edward sont en grande conversation avec Emmett et Rosalie.
Esmée lui offre une accolade amicale. « C'est à nous de te remercier. Nous faire le plaisir de partager un tel moment ! ». Elle demande. « Est-ce que ça va ? Tu me parais un peu pâle… Tu prends soin de toi au moins ? ». Sa main se tend, passant au-dessus de la table pour toucher délicatement la joue de la jeune femme.
Bella hausse les épaules, appréciant le contact de la main d'Esmée sur son visage, même si ce n'est qu'un court instant. « Non… Ouais… Un peu…. Ma famille ne me lâche pas d'une semelle et… Je prends sur moi… ». Elle se gratte le front puis passe sa main dans sa frange. Bella sourit, fière qu'aucune larme ne vienne ternir son visage. « Je sais que ce n'est difficile que durant un temps et je suis prête à enterrer cette période de ma vie, mais pff… Je pense vraiment aller de l'avant, maintenant. Donc, ça va. »
Elle interrompt la conversation pour servir quelqu'un venu passer commande au comptoir avant de se tourner à nouveau vers la mère des frères Cullen.
« Je comprends ce que tu traverses, mais… ce que je peux te dire est que je reconnais que ce garçon est un parfait crétin. Oui bien qu'il soit un de mes fils, Edward Cullen est un idiot fini. Comme l'était son père et son grand-père avant lui… J'ai cru durant une courte période que mon petit Jasper échapperait à ce destin mais non… Il est comme les autres… Que dire… C'est un gène défectueux qui se transmet de père en fils chez les Cullen… Ce qui ne les empêche pas d'être adorables. ». Elles éclatent de rire et Bella s'empresse de préparer une nouvelle tournée pour elles seules.
Esmée soupire. « Je suppose que vous avez couché ensemble, au moins une fois, non? Je connais mon fils et s'il est comme son père… il a dû te prouver sa frustration par des actes. ».
Bella manque de s'étouffer lorsqu'elle entend Esmée lui dire les faits sans détour. « Pff pff… Esmée ! ». Malgré le fait qu'elle soit majeure et vaccinée, elle fait partie de ces gens qui ont toujours un peu de mal à entendre des parents dire quoi que ce soit de caractère sexuel.
Esmée la regarde, souriant devant son air outré. « Quoi ? Est-ce que tu penses que j'ai une vision prude de la vie que mènent mes deux grands et beaux garçons… cela fait bien longtemps que je ne me fais plus d'illusion sur leurs aptitudes à déverrouiller les ceintures de chasteté ! Je me rappelle d'une époque où je faisais exprès d'énerver Carlisle rien que pour nos phénoménales réconciliations. ».
Bella marmonne, vidant son verre d'un coup. « Si je dois continuer cette conversation… Je pense… Je pense que je vais préparer quelque chose de plus fort que ça… ». Elle se penche et cherche de quoi se faire un véritable Irish Coffee, en se passant allégrement du café, de la crème et du sirop inclus dans la recette.
Esmée lève son verre à sa santé, l'encourageant par la même occasion. « Faites donc jeune fille car je n'en ai pas fini avec vous ! ».
Bella est vraiment et agréablement surprise. Elle avait pourtant eu des doutes quant à l'invitation qu'elle avait lancée auprès de la famille Cullen, surtout que Rose ne porte pas vraiment Edward dans son cœur en ce moment. Mais ses craintes restent, pour le moment, infondées.
Edward n'est pas le 'trou du cul'… appelons un chat, un chat… qu'il peut être quand il fait sa victime et Esmée discute et rit avec elle comme si Bella n'avait jamais piétiné le cœur de son rejeton.
Ses yeux s'écarquillent et elle manque de recracher son whisky quand Esmée répond correctement à une des blagues salaces de James, qui s'empresse de lui en raconter de nouvelles. James lui offre un sourire moqueur. « Ne sois pas si offusquée ! Elle m'a tout appris ! ». Le jeu entre eux est tellement rodé qu'elle se demande un instant qui est le maître de l'élève.
Ok, j'ai ma réponse.
Esmée redevient sérieuse dès que Bella est libre pour discuter. « Je pense qu'il n'était pas assez mature pour supporter une telle relation mais si tu prends le temps… enfin maintenant qu'il a ouvert les yeux… Est-ce que tu en as encore le courage ? ». « Je connais ton histoire, Bella. Dans les moindres détails. Je sais que tu es quelqu'un qui prend soin de sa famille mais le problème est aussi là… Tu as sacrifié ta vie pour ta famille. Maintenant, il est temps que tu vives la tienne. ».
C'est aussi la question qu'elle s'est posée durant un bon moment. Ses paupières papillonnent alors que la jeune femme réfléchit sérieusement à trouver une réponse. « Je dois y réfléchir encore un peu. ». Elle pose son tablier et s'apprête à rejoindre sa famille, située un peu plus loin dans la grande salle. « Mais, promis, je vous tiens au courant. ». Elle se permet de poser un baiser sur la joue d'Esmée, la remerciant d'être venue vers elle.
Une fois qu'elle n'est plus à portée d'oreilles, James se penche vers Esmée et demande. « Qu'est-ce que tu voulais dire par le fait qu'elle a sacrifié sa vie pour sa famille ? ».
Esmée reste un peu interdite, dépitée par le manque de garantie de la jeune femme. « Ce n'est pas à moi de raconter ainsi les secrets de familles de quelqu'un mais, tu ne t'es jamais demandé comment sa sœur a pu se payer les cours à l'université alors que leur famille est dans une telle merde ? ».
James hoche la tête, remarquant qu'effectivement, il y a anguille sous roche chez les Swan.
xoxo
Bella joue le rôle de la parfaite hôtesse tout au long de la soirée. Commençant à sentir la fatigue, elle se réinstalle derrière le comptoir afin de servir les invités. Tout d'un coup, l'attention de la jeune femme est détournée par un rire tonitruant. Elle le reconnaitrait entre mille tant il est plein de fausseté, de méchanceté gratuite et hautain. Lucy Swan, sa tante, cynique et autoritaire, accompagnée de son fils Linus… Oui les Swan ont une passion pour Peanuts mais heureusement que Charlie n'a pas suivi le mouvement…. Donc cette Cruella d'Enfer personnifiée est en train de cajoler le pauvre Emmett qui semble prêt à s'énucléer avec le tesson de la bouteille de bière qu'il tient dans la main.
Son père s'approche du comptoir en souriant. « Ohhh regarde-moi ça ! Pour la première fois de sa vie, Lulu est sur le point de montrer une émotion ! Ce garçon est vraiment incroyable ! ».
Bella renifle bruyamment, exprimant clairement son mépris. « Franchement, je ne sais pas comment elle parvient à bouger son visage tant il est tiré… ». Au bout de deux minutes, Bella regarde la scène avec dégout, surtout quand Linus se penche un peu trop près du petit ami de Rosalie, pour tenir une conversation normale. « Papa, je crois qu'elle tente de caser son fils avec Emmett. ».
« Oh non, le coup n'est pas que pour son fils… Tu sais qu'ils partagent tout … ». Charlie sourit et continue. « Et quand je dis tout…. Je veux dire tout. S'il survit à son attaque, je promets que je ne ferai pas semblant de nettoyer mon arme lors de notre prochain diner de famille. ».
Réprimant un frisson mais hochant la tête devant une telle avancée offerte par son père, le regard de Bella se pose ensuite sur Edward. Celui-ci discute avec un couple, un peu en retrait des amies de Rosalie qui semblent prêtent à s'évanouir dès qu'il regarde dans leur direction.
Elle cherche ensuite les autres princes. James se tient près d'Emmett et ils supportent maintenant ensemble la séduction de la tante Lulu. Elle s'amuse de leur manège. Avec la régularité d'une montre suisse, le blond tend discrètement une flasque vers le serveur. La jeune femme assume aisément que la petite bouteille ne contient pas de l'eau vu qu'à chaque gorgée avalée, le teint d'Emmett devient un peu plus rosé.
Quand James revient vers elle, abandonnant lâchement leur ami, elle le met en garde. « Tu sais qu'il va t'en vouloir s'il finit torché. ».
James ricane. « Nan, ne t'inquiète pas. Il me remerciera un jour. La soirée se passera mieux ainsi pour lui ! ».
Bella le reprend. « Tut tut tut tut ! S'il vomit ses tripes sur les pompes de mes parents, je ne suis pas sûre. ».
« Ohhh rabat joie ! À quoi servent les amis sinon ? Ne t'inquiète pas. Je ne vais pas l'imbiber totalement. Juste assez pour qu'il se mette à bégayer et à montrer une morale un peu suspecte. ».
« Si je te laisse faire, Rose va me tuer. ».
« Qu'est-ce que tu veux en échange de ton silence ? ».
« Ton gilet bleu… ». Devant l'air perplexe de James, Bella précise. « Tu sais, celui avec les bandes blanches… ».
« Madame a bon gout… A.D.I.D.A.S…. Je me rappelle de ce qu'on disait à l'époque… All Day I Dream About Sex… Je te reconnais bien là, coquine. Marché conclu. ».
Emmett arrive auprès du couple. Il transpire et sa main tire sur sa chemise fermée jusqu'au col. Bella lui offre un verre d'eau fraiche et se met à rire, désignant sa tante subtilement. « Et dis donc Emmie… Il te les faut toutes ! ».
Le gaillard se gratte la tête, l'air gêné. « Hum… Bella… Ils ne sont pas un peu…. Hum…. Bizarres ? ». Il regarde à droite puis à gauche, malaisé de penser du mal de personnes pouvant être proches des sœurs Swan. « J'ai rien contre les couples avec une… certaine différence d'âge mais là… à part le fait qu'ils soient … hum… intimes… On pourrait croire que c'est sa mère ! ».
Elle essuie un des verres qu'elle vient de nettoyer. « Nan, tu crois ? ». Décidant de mettre fin à son calvaire, Bella lui dit. « Bien deviné Sherlock ! C'est sa mère Em… et ouais, tout le monde a des brebis galeuses dans sa famille…. Et chez nous, ce sont eux. ».
James le surveille du coin de l'œil. « Ben Emmett, un plan à trois, ça ne te tente pas ? ».
Les joues du serveur prennent une teinte rosée si rapidement que la jeune femme se demande s'il ne va pas leur faire une syncope, là au beau milieu du café. Il bredouille. « Je ne dis pas non tant que ma Rosie est d'accord. Mais pas avec eux… ».
Posant une main inquiète sur sa poitrine, Bella demande. « Est-ce qu'il faut que je m'inquiète pour ma vertu ? ».
James pouffe, sarcastique. « Ouais, c'est ça ! Ta vertu ?! Et moi j'ai perdu ma virginité la nuit dernière ! ».
Le sourcil de Bella se lève en un parfait accent circonflexe. « Laquelle ? Je ne suis pas certaine qu'il te reste une once de virginité ni même à ceux qui vivent dans un rayon de cinquante kilomètres autour de ton appart. ».
Faisant mine d'être outré, le blond pose sa flasque brutalement sur le comptoir. « Tu rigoles ?! On trouve toujours le moyen d'avoir une première fois… Que ce soit un lieu, une posi… ».
Emmett pose sa main large sur sa bouche, l'empêchant de continuer sa diatribe. « Hep ! Il y a la famille de ma Rose ici, alors tenez-vous bien les enfants ! ».
Devant le sérieux de leur ami, Bella et James haussent les épaules. Ce dernier prend appui sur le comptoir avec ses coudes. « Vous n'êtes pas drôles. ». Lorsqu'Edward passe non loin d'eux afin d'entrer dans son bureau, James saute de son tabouret et se précipite à sa suite. Il ferme la porte derrière lui et s'installe sur une des chaises faisant face au bureau. Il fixe son regard bleu azur sur son patron. « Alors mon Eddie, comment ça va ? ». Remarquant le manque de réponse, il comprend vite que quelque chose ne va pas… Mais alors pas du tout.
Edward est affalé sur son fauteuil et ses mains semblent prêtes à lui arracher les cheveux. Sans un autre mot, son ami se redresse et quitte la pièce. Il revient quelques minutes plus tard avec un grand verre d'eau rempli de glaçons et deux aspirines.
Emmett arrive à son tour et s'installe dans le canapé. « Alors quel est ton poison cette fois ? ».
James hausse les épaules, montrant que pour une fois, il n'est pas dans le coup et se tourne vers Edward.
Lever les yeux au ciel, lui demande un effort incroyable mais il répond tout de même. « Jägermeister. ».
Encore sous le coup de l'alcool qu'il a ingurgité en douce, il baragouine. « C'est quoi un ja…ja….jer masse….ter ? ».
James soupire mais ne peut s'empêcher de sourire. « Pour résumer, c'est la façon allemande de dire 'bon comme un coma éthylique' ».
Edward rit doucement mais supplie rapidement. « Oh putain, me faites pas rire. Arrrrgh ! Ça fait mal ! ».
Emmett reste perplexe. « Mais c'est quoi exactement ? ».
James se lève et commence son cours. « Tu vois dans les Disney, les méchantes sorcières font des potions magiques dans de grands chaudrons, histoire de tuer la jolie princesse et se taper allégrement le prince bien trop jeune pour elles ?! ».
Elève particulièrement attentif malgré son taux élevé d'alcoolémie, Emmett acquiesce rapidement… Un peu trop d'ailleurs, à s'en déboiter les cervicales.
James l'arrête avant que sa tête ne tombe et continue. « Eh bien, c'est ça ! À part qu'au lieu de te réveiller dans un joli château, entouré de lapins, de biches et de pétales de rose… Tu finis dans une chambre minable d'un hôtel miteux avec une sale réputation sur les réseaux sociaux. ».
Emmett reste ébahi puis se tourne vers son patron. « Mais pourquoi est-ce que tu bois ça ? ».
Edward relève la tête, qu'il avait de collée sur le bois de son bureau. « C'est tout ce qui reste dans mon bar… et il me fallait un peu de courage pour venir ici. ».
James se tourne vers lui. « Mais, d'habitude tu préfères le Goldschlager, non ? ».
Edward marmonne. « Ouais mais Bee a fini la bouteille… il… Elle boit ça comme du petit lait. Je n'ai pas refait le stock depuis… ».
« Putain, un truc à 40°… faut déjà avoir les tripes pour ! ».
Edward repose sa tête. « Ouais, ben c'est pas mon cas. ». Il prend le verre et le colle sur son front après avoir avalé les deux cachets. « Je vais me reposer cinq minutes ou peut être que je vais mourir là mais s'il vous plait, fermez la porte derrière vous en sortant. ».
Il ne sait pas combien de temps il a sommeillé mais tout d'un coup, quelqu'un tape à la porte avant d'entrer directement. Sans même faire l'effort d'ouvrir les yeux, Edward sait qui vient d'entrer dans le bureau.
Il ne faut pas se leurrer, le jeune homme l'observe depuis le moment où elle est arrivée avec James pour la remise des diplômes.
Elle est jolie… vraiment jolie. Depuis quelques temps, elle semble reprendre ce côté féminin qui était enterré en elle depuis si longtemps.
Lorsqu'elle avançait vers eux, son regard se posant sur chacun des princes pour les remercier de leur présence dans un moment si important pour la famille Swan, elle était rayonnante et il faut le dire carrément sexy. Il avait presque l'impression de voir cette scène au ralenti, comme dans les films.
D'après les dires de ses collègues, Edward a été surpris plusieurs fois la bouche grande ouverte, à la limite de la langue pendante.
Ce qu'il ne savait pas est que son calvaire était loin d'être fini. La célébration s'est poursuivie dans le café, où son ex jouait la parfaite maitresse de maison, glissant d'une personne à l'autre afin de gérer leur moindre désir. Au point de se demander s'il ne doit pas consulter un spécialiste, Edward ne pouvait s'empêcher de l'observer. Habillée d'un pantalon noir et d'un top sans manche, elle ne peut être plus jolie dans sa simplicité. Même maintenant, plusieurs heures plus tard, elle est encore resplendissante.
Il daigne prendre en compte sa présence, alors qu'elle entre dans le bureau, en ouvrant les yeux et s'étirant de tout son long sur son fauteuil. Son regard doré se pose dans tous les coins de la pièce jusqu'à ce qu'elle soit obligée de le regarder lui. « Je te croyais déjà parti… ».
Faisant mine d'ouvrir le courrier pour se distraire de la présence de la jeune femme, Edward retire le contenu d'une enveloppe. « Ah merde ! ». Machinalement, il porte le doigt qu'il vient de couper avec du papier… La pire des blessures, toute petite mais super douloureuse… à sa bouche avant qu'il ne saigne partout.
Toujours silencieuse, Bella passe devant lui et farfouille dans une des étagères situées à proximité. Elle se pose sur le canapé et l'invite, d'un geste à s'assoir auprès d'elle, posant sur ses genoux la boite dédiée aux premiers secours.
Elle en retire une compresse ainsi que du désinfectant et une boite de pansements. Edward se lève et d'un pas trainant, va s'assoir à ses côtés. Défaisant deux boutons de sa veste, il prend la boite de ses genoux et en inspecte l'intérieur tandis que Bella commence à s'occuper de lui. « Quelqu'un doit avoir une sacrée confiance en mon énergie… ». Sa main libre soulève une ligne de préservatifs en rang d'oignons dans leurs emballages brillants. « Y'en a au moins trente dans cette boite ! ».
Bella lève un sourcil, faisant mine d'être outrée. « Comment ça ? Tu ne te sens pas capable de les utiliser ? ». Elle soupire tout en désinfectant la coupure. « Je suis déçue. Moi qui croyais en toi. ».
Il les fait retomber, restant bouche bée devant le trait d'humour de la jeune femme. « Je n'ai peut-être plus dix-huit ans, mais je tiens encore la route… Si c'est ce que tu sous-entends ! Tu doutes peut être de mes capacités ? ».
Bella n'offre qu'un petit rire pour toute réponse alors que son regard doré se pose sur lui. « Oh non, je me doute que ta réputation vient bien de quelque part, Cullen… ».
Elle l'observe des pieds à la tête et Edward ne sait si c'est un bon signe ou pas. Bien qu'il se soit laissé aller ces derniers temps, pour cette occasion, le patron du café des Princes a fait l'effort de porter un costume gris sombre légèrement moiré avec une chemise blanche, une cravate grise et des chaussures italiennes lustrées.
Edward prend son courage à deux mains et finit par demander. « Quoi ? ». Il tire sur sa veste. « Quelque chose ne va pas ? Je pensais pourtant qu… ».
Elle le stoppe dans sa diatribe en posant une main sur sa tête, appréciant rapidement la douceur de ses cheveux d'un bronze sombre surement dû à la quantité de produit qu'il a mis dedans pour les faire tenir disciplinés. Elle secoue ses doigts, défaisant tout son travail pour rendre l'aspect 'sex-air' qui lui va beaucoup mieux. « Tu es bien comme tu es. Tu sais que c'est ma famille qui était là, non pas la Reine Victoria. Le costume n'était pas obligatoire. ».
Edward hausse les épaules, marmonnant. « Je me devais de faire un effort. Tu mérites que je fasse un effort…. Enfin, je veux dire… Hum… Ce n'est pas tous les jours…. Enfin tu vois…. C'est un jour spécial… Pour toi… Pour vous… alors je me devais d'être présentable… ».
Alors qu'il s'enfonce un peu plus dans son vomi verbal, Edward se dit que tout ce qu'il a fait aujourd'hui n'est rien. Rien comparé à ce que cette jeune femme mériterait.
Car Bella est spéciale.
Elle est différente des autres et il se rend compte que c'est surement pour ça qu'il a totalement flippé.
C'est la seule qui était prête à le connaitre véritablement.
Longtemps, il a cru qu'Alice était celle qu'il lui fallait. Qu'elle était la bonne, l'unique. Mais il avait tort. Maintenant, il le sait. Putain, quand il pense qu'il était prêt à partir, voire se marier avec cette femme, un rien sociopathe.
Etait-ce dû à cette jalousie maladive qu'il avait envers Jasper ? Tout ce qu'il savait était qu'il fallait qu'il obtienne ce que son frère désirait le plus. Ce qui est stupide car si tu veux vraiment blesser quelqu'un il faut lui prendre ce dont il a besoin. Alice n'est qu'un écran de fumée. Une femme parfaite que l'on tient à son bras puis qu'on remet dans une vitrine. C'était la plus jolie fille du lycée. Elle était parfaite…. Un fantasme parfait.
Bella est la réalité.
Cette réalité lui a fait peur au point d'en perdre pied mais il va se rattraper. Bella du genre à se rendre indispensable… un meilleur ami, une petite amie, un conseiller et une épaule réconfortante si besoin, tout ça dans un joli emballage. Et il fallait que Jasper s'en rende compte avant lui. Karma Is a bitch !
Toc… Toc toc…. Toc toc toc….
Le couple se regarde et ils disent en même temps. « James ! ».
Ce dernier ouvre la porte et indique, sa voix montrant clairement son soulagement. « Bon ! On a tout nettoyé. Bella ne te dérange pas car je rentre avec les garçons ! Bye Bye ! Et ne faites pas ce que je ne ferais pas ! ».
Bella rigole. « Ça nous laisse une sacrée marge de manœuvre. ».
Il sourit. « C'est clair… ». Leur souhaitant de passer une bonne fin de soirée avant de refermer la porte derrière lui.
Bella se redresse et s'empresse de le rejoindre. Elle salue aussi Seth et Billy qui étaient aussi restés là et s'amuse à faire de grands signes même lorsqu'ils sont déjà dans la rue.
Edward se poste derrière elle, devant les grandes baies vitrées. « Ce sont des abrutis. ».
Sans avoir besoin de voir son visage, il sait qu'elle sourit en répondant. « De gentils abrutis alors… Puis n'oublie pas que tu les as embauchés alors qu'est-ce que ça fait de toi ? ».
Il grommelle. « Ouais, c'est ce que je pensais aussi. Mais je n'étais pas comme ça avant. J'en viens à me dire qu'ils déteignent sur moi. ».
« C'est ça petite oie blanche. ».
Ils se mettent à rire et arrêtent tout aussi brutalement. Un silence pesant plombe soudainement l'atmosphère.
Plusieurs minutes passent sans qu'un mot ne soit prononcé. La grande salle n'est éclairée que par la lumière venant du bureau ou par les néons de la rue. Est-ce qu'ils arriveront à redevenir comme avant ? « Pourquoi est-ce que tu n'es pas partie avec eux ? ».
Bella soupire et se tourne vers son ancien patron. « Je… Je vais rentrer chez moi. Tu as raison… Je ne sais pas à quoi je pensais… J'imagine qu'être amis n'est pas vraiment possible avec Edward Cullen, pas vrai ?… ». Elle marche à reculons, puis se retourne brusquement prête à fuir de la pièce. La bonne humeur de Bella fond comme neige au soleil et cela laisse un goût aigre dans la bouche d'Edward.
Les épaules d'Edward s'affaissent un peu. Il semble en pleine réflexion puis il se redresse. « Je ne voulais pas dire ça ainsi… ça ne te dérange pas de rester afin qu'on discute un peu ? ». Il prend appui contre la vitre et observe la jeune femme. « Alors, tu peux me dire ce que tu deviens ? ».
Elle fait mine de ne pas comprendre le fait qu'il implicite clairement qu'elle l'évite. « Je suis ici et là. J'aide mes parents avec leurs cartons… enfin, tu vois, des trucs comme ça… Ce n'est pas comme si j'avais des tas de trucs à faire non plus. Je te rappelle que je n'ai plus de boulot… ».
Là, elle marque un point. Secouant sa tête face à cette logique implacable, il décide de laisser tomber le sujet, surtout que Bella est assez têtue. L'expression 'avoir une idée en tête et pas ailleurs' a été créée en pensant elle alors qu'Edward, comme tout bon mec qui se respecte, peut avoir plein d'idées mais il suffit qu'une paire de nichons passent et pfff ses idées révolutionnaires sont parties en fumée. Il préfère donc changer de sujet. « Tu as un petit creux ? ».
Bella s'écarte aussi de la fenêtre et s'apprête à s'assoir sur un des tabourets du comptoir. « Humm… Tu me connais, toujours ! Qu'est-ce que tu as à me proposer ? ». Elle semble se détendre un peu alors qu'Edward l'observe du coin de l'œil quand elle s'étire, ignorant le fait que son top remonte au point de montrer un peu de peau. Faisant le tour du comptoir pour accéder à l'un des petits frigos qui se cachent en dessous, il espère que sa première tactique pour l'amadouer va fonctionner.
C'est parti… Premièrement, jouer sur son appétit !
Il tire sur son col. « Alors… Ah oui ! ». La boite de Godiva qu'il lui réservait atterrit devant la jeune femme qui émet un petit 'oh' de surprise. Ses yeux s'écarquillent devant la boite dorée au nœud bleu et jaune caractéristique de la marque. Elle fait glisser ses doigts sur la boite aussi religieusement que si elle contenait le Saint Graal. Alors qu'elle l'ouvre doucement, son souffle se perturbe devant les petites fraises recouvertes de chocolat blanc alignées comme de petits bijoux devant elle. « C'est au chocolat blanc… Mais tu as horreur de ça ! ».
C'est vrai et cela a été un long sujet de débat entre eux. Bella dit qu'il n'y a rien de plus doux et savoureux bien qu'elle apprécie aussi le chocolat au lait alors qu'Edward considère le chocolat blanc comme un véritable sacrilège.
Après d'âpres discussions et de nombreux tests chez différents confiseurs, ils ont fini par accepter le fait qu'ils ne seront jamais d'accord, sans risquer une crise de foie carabinée.
« Tu adores ceux-là. ».
Rien que son regard vaut tout le temps qu'Edward a perdu à faire les yeux doux à la vendeuse afin d'obtenir des Godiva de ce type car habituellement les fraises ne sont qu'aux chocolat au lait ou noir mais pas à cette pâte blanche immonde qui ose s'appeler chocolat.
La suspicion teinte la voix de Bella quand elle demande. « Est-ce que tu les as commandés exprès pour moi ? ».
Il hausse les épaules. « C'est le moindre mal. ».
La jeune femme n'est pas idiote. Elle sait qu'une boite habituelle coûte au moins quarante dollars. Ce qui est carrément indécent quand on sait qu'il n'y a que six fraises dedans. Là, il y en a facile une quinzaine… en plus d'être une commande spéciale…. Même en vendant un de ses reins, elle n'est pas certaine de pouvoir se le permettre. « Qu'est-ce que tu veux en échange ? ».
Il s'assoit près d'elle, posant son coude sur le comptoir afin que sa main soutienne sa tête. Son regard inspecte son autre main alors qu'il semble soucieux. « Je… Je voulais m'excuser auprès de toi. ».
« Et ? ».
Sa tête se penche, montrant son repentir. « Je suis désolé. ».
Bella n'en croit pas ses ovaires, comme dit si bien Rosalie. « Je n'ai pas bien entendu. Peux-tu répéter ça ? Plus fort si possible et une bonne dizaine de fois… ».
Edward relève la tête, lui offrant un petit sourire en coin. « Je ne vais pas détailler les raisons pour lesquelles je te dois des excuses vu qu'on y passerait une bonne heure… ». Devant le sourcil relevé de la jeune femme, il ajoute. « Ok, on y passerait une bonne semaine. Mais, en tout cas, je reconnais que j'ai agi et pensé comme un con. ».
Bella ne dit toujours rien et continue à le regarder, ses mains l'incitant à continuer sa diatribe.
Le jeune homme se frotte la tête, cherchant encore ce qu'il devrait rajouter. Il montre la boite qu'il lui a offerte. « Ça, c'est aussi pour me faire pardonner mais je pense qu'il faudrait probablement que je t'en achète une autre… ». Bella grimace. Se demandant s'il ne ferait pas mieux de s'enfoncer le poing dans sa bouche, il s'excuse. « Non point qu'on puisse acheter tes sentiments… Ouais, je ferais mieux d'en commander plusieurs car mes excuses ne font qu'empirer les choses. ». À ces mots, elle acquiesce. Il marmonne. « Pourquoi j'ai l'impression de mettre fait avoir ? ».
Avant qu'il ne réalise que oui il s'est fait plumer, Bella lui demande. « Qu'est-ce que tu veux d'autre, alors ? ».
« Rien. Mais, si tu es prête à me montrer de l'attention… histoire de me remercier… Je ne dis pas non. ».
Elle fait mine d'être outrée, se retenant de sourire comme elle le voudrait. « Vous êtes bien présomptueux jeune homme ! ».
« C'est normal. As-tu oublié qui me donne des cours ? ».
C'est à l'unisson qu'ils éclatent de rire en prononçant le nom de leur diva préféré. « JAMES ! ».
Alors que Bella saisit une fraise et croque goulument dans la petite merveille, son ancien patron fait ce qu'il fait de mieux, il l'observe, buvant chaque détail comme un assoiffé. Il est content qu'elle ait bien réagit et est ravi qu'ils soient encore capables de discuter malgré tout ce qui s'est passé entre eux. Et… aux petits soupirs de plaisir qui sortent de sa gorge, ce sont les cent dollars les mieux dépensés depuis un bon moment.
Bella s'essuie les mains avec une serviette restée à proximité et demande. « Au fait, qu'est-ce que tu fais encore là ? Je te pensais parti avec ta famille… ».
Edward hausse les épaules. « C'est ce qui était prévu mais j'ai encore des choses à faire ici alors… Puis, le patron se doit d'être le dernier à quitter le navire, non ?».
« J'aurai tout entendu ici… Ok. ». Elle saisit la boite et va d'un pas lent vers le bureau. Une fois à l'intérieur, elle dépose la boite sur la table et au moment de s'assoir sur le canapé, une petite pile de documents attire son attention.
Une canette de coca à la main, Edward s'apprêtait à la suivre quand il la découvre en train d'étudier un projet qu'il a en tête. Pris sur le fait qu'il compte s'investir un peu plus dans le café, le jeune homme n'ose plus franchir la porte du bureau.
Bien que ce ne sont que des idées griffonnées à la va vite, des graphiques simulant son projet et quelques dessins montrant l'évolution qu'il souhaite pour le café, il ne se sent pas vraiment prêt à être soumis aux critiques de quiconque même s'il ne s'agit que de Bella… surtout si c'est Bella en fait.
Et si elle me dit que mon travail est merdique ? Putain, je ne m'en remettrais jamais !
Restant silencieuse, concentrée sur ce qu'elle lit, Bella ne le remarque pas tout de suite. Son regard passe au-dessus des feuilles, surement parce qu'elle a dû sentir sa présence. Elle se décale un peu, laissant de la place sur le canapé afin qu'il s'installe à ses côtés. Il semble hésitant. Décidant de ne pas jouer plus longtemps avec ses nerfs, elle s'extasie. « Cullen, c'est génial. ».
Edward ne dit rien, buvant une gorgée de son soda afin de ne pas dévoiler ses joues rosies par le compliment. Ne sachant jamais si c'est pour se moquer de lui, pour ne pas le vexer ou si c'est juste parce qu'il est un des fils Cullen qu'on le complimente, Edward est vite mal à l'aise. Mais comme c'est Bella… Elle semble vraiment apprécier ce qu'elle voit.
Elle reporte son attention sur les feuillets qu'elle étale sur la table basse. « Je savais déjà que tu étais doué mais là… ». Elle lui tape sur la jambe, ne se rendant pas compte qu'il est presque terrifié. « …là, ça m'épate. Putain, tu as un vrai talent de gestionnaire ! ». Elle montre les dessins du doigt. « Et ces dessins sont épatants ! ». Sa main se retire précipitamment de sa cuisse alors qu'elle replace sa frange puis elle se mord la lèvre en soulevant un des dessins. « J'espère que j'aurais l'occasion de voir ce que ça va donner ! ».
Les sourcils d'Edward se froncent car malgré le compliment, Bella semble hésitante sur son avenir. Pourquoi est-ce qu'elle ne pourrait pas voir les changements qu'il compte effectuer ?
Bella lui sourit encore. « Il faut vraiment que tu en parles avec Billy ! ».
Son enthousiasme est presque contagieux et le jeune homme est ravi qu'elle l'encourage ainsi. Bien qu'il soit très bien loti dans sa vie familiale, professionnelle ou affective, Edward a toujours manqué de confiance, au point qu'il passait sa vie à échouer dès qu'il se devait de faire ce qu'on attendait de lui. Ses plus grandes réussites étaient souvent des occasions qui lui tombaient toutes cuites dans le bec. Jusqu'au jour où sa mère l'a obligé à prendre les rênes du café des Princes et qu'il a rencontré Bee.
Bella lui sourit. « Par contre, c'est bien d'avoir mis les chiffres en plus des diagrammes car j'ai parfois du mal à discerner certaines couleurs. ».
Il regarde attentivement son graphique. « Je ne savais pas que tu étais Daltonienne. ».
Elle se lève et récupère sa boite de fraises avant de revenir vers lui. « Je ne le suis pas… la maladie de Dalton est un terme générique. Moi, j'ai une tritanomalie… tout ce qui contient une nuance de bleu sort différemment… Par exemple, j'ai cru que tes yeux étaient bleus lorsque je t'ai rencontré, puis à force de te regarder j'ai compris qu'ils étaient verts… D'un vert intense en plus… ». Rougissant un peu, elle conclue. « … enfin, tu vois. ».
Edward se rapproche, au point de coller son front contre celui de la jeune femme. « Et là, tu peux discerner leur couleur ? Est-ce que tu l'apprécie toujours autant ? ».
Elle croque dans le fruit qu'elle tenait dans sa main. L'odeur sucrée de la fraise monte à leurs narines. Sa voix est douce quand elle lui demande. « Qu'est-ce que tu fais Edward ? Tu tentes de me séduire ? ».
Tout près de ses lèvres, il sourit. « Oui, on peut dire ça. ».
« Ok… Et qu'est-ce que je…».
Ne lui laissant pas le temps de dire autre chose, Edward se penche un peu plus, saisissant ses lèvres avec les siennes jusqu'à ce qu'elle soit à la limite de s'évanouir.
xoxo
Bon, si elle doit réellement l'avouer, Bella a une expérience limitée avec le sexe fort… Et la plupart des mecs avec qui elle a pu échangé quelques fluides corporels n'étaient pas vraiment intéressés par les préliminaires. Ce n'est souvent qu'un simple échauffement avant le plat principal.
Alors que Cullen…. Edward… oui, on peut se permettre de l'appeler par son prénom vu qu'il tente de la dévorer sur le canapé dans lequel ils sont vautrés. Donc l'Edward, elle peut l'avouer sans contrainte, est largement un cran au-dessus de tous ceux qu'elle a connus auparavant. Déjà, quand il embrasse, il arrive à faire ce petit truc avec sa langue qui chatouille ton palais, puis ses mains te vénèrent et t'effleurent comme si tu étais l'œuvre d'art principale du MOMA… Mais putain, quand il passe à la vitesse supérieure en faisant de même entre tes jambes….
Bella ferme les yeux, ne sachant plus quoi faire d'autre. Ses mains cherchent à la maintenir sur Terre, l'une agrippant fermement l'accoudoir du canapé qui crisse sous ses ongles et l'autre tirant sur les cheveux de son ex petit ami.
Elle ferme les yeux et laisse échapper un soupir profond. Malgré le fait qu'elle ait perdu tout contrôle de la situation... Elle portait un top et un pantalon avant, non ? Pour rien au monde, Bella ne céderait sa place à quiconque.
Alors qu'elle s'approche du but ultime de la manœuvre, Edward prend son temps, attisant son désir tout en jouant avec elle. La jeune femme est rapidement à fleur de peau. Elle soupire des mots doux quand il atteint les endroits qu'elle désire et des obscénités quand il fait exprès de les quitter. En tout cas, elle est toute à son attention. Son dos se cambre au même rythme que la langue d'Edward jusqu'à ce qu'il arrête son manège juste avant qu'elle ne parvienne à l'orgasme. Une fois encore, il change d'approche et malgré les supplications de la jeune femme, Edward ne cédera qu'au moment où la jeune femme oubliera son propre nom pour scander le sien.
Le corps de Bella est encore en train de subir les soubresauts et les frissons dus à son orgasme quand Edward souffle doucement sur la peau de son ventre nu. Il marmonne quelque chose et dans son état proche de l'euphorie la jeune femme a du mal à discerner s'il parle ne serait-ce que la même langue qu'elle. Elle soupire. « On n'aurait pas dû aller aussi loin. ».
Le visage d'Edward se fait plus sobre. « Je ne savais pas qu'il y avait une limite dans notre relation. ».
La main de Bella repousse sa frange et passe lentement sur son visage. « Il n'y a pas de limite… ni de relation. Ce n'est pas parce que j'ai accepté tes excuses qu'on doit faire n'importe quoi ! ».
Pourtant, elle ne dit rien lorsqu'il pose des baisers humides sur son nombril, sa poitrine, son cou jusqu'à ce qu'il atteigne sa bouche. Elle ne dit mot car elle sait, elle sait qu'il est impossible de lui résister. Ne serait-ce que par son charme naturel mais aussi par le fait que bien qu'il ait été cruel envers elle, Bella Swan est carrément dingue d'Edward Cullen ou du moins de sa langue… Oh ce n'est pas bien de penser ça ! Mauvaise fille Bella !
Elle secoue sa tête et bouge un peu, enveloppant Edward avec sa jambe, l'invitant à être encore plus proche d'elle. Ses mains tirent sur la chemise qu'il porte, souhaitant l'en débarrasser afin de toucher enfin sa peau.
Il sourit. Ce sourire en coin qui fait se pâmer les clientes du café alors qu'il ne leur offre que son dédain, voire son mépris. Mais, il lui offre sans aucune concession avant de l'embrasser à nouveau. Un baiser chaud et pressant, ne montrant aucune hésitation ni doute, juste le reflet du besoin qu'elle ressent elle-même. Elle lève les bras, les passant au niveau de ses épaules larges, entourant sa nuque pour laisser courir ses doigts dans les cheveux sombres… aux reflets mordorés… si doux qu'elle les jalouse toujours un peu.
Elle a l'impression d'être incandescente à son contact mais… est-ce qu'il ressent la même chose ? Elle fait courir ses doigts le long de la colonne vertébrale du jeune homme et pour toute réponse, un gémissement étouffé et une vague de frissons hérisse la peau d'Edward comme si une bulle de savon venait d'éclater sous ses doigts dans toute sa violence éthérée. Alors, est-ce qu'il ressent quelque chose ?
Oui.
xoxo
Merci à toutes les personnes qui m'ont encouragée à écrire malgré ma flemme !
Encore merci à LyraParleor et Daria Dazzling pour leur temps !
A bientôt !
