Coffee Prince « Café des Princes ».

Twilight, à S. Meyer & The 1st Shop of Coffee Prince, à Lee Sun Mi

Création de Selina Lex

Chapitre 28

Verona

Un bip retentit, indiquant surement la réponse de Rosalie. 'Cab dans cinq min !'

Il lui faut attendre plusieurs minutes avant que le taxi prévu n'arrive sur les lieux. Mais Bella ne s'en fait pas car elle sait qu'à cette heure il y a toujours de la circulation dans les rues de Seattle. Donc, en bonne fille moderne qu'elle est, elle consulte tranquillement ses mails. C'est une activité moins dangereuse que si elle retourne dans le café… avec le risque de ne pas en repartir.

La jeune femme finit par monter dans le taxi qui se gare devant elle. Le chauffeur, un vieux bonhomme à l'air amical, lui demande. « Alors, où est-ce que je dépose la jolie demoiselle ? ».

Bella sourit et se place derrière le siège passager, afin de se distraire en discutant un peu avec lui. « Capitol Hill… Près du 7-Eleven. ». (Nota. Le 7-eleven est réellement situé dans le quartier d'Hilltop, pardonnez cette digression).

« Bien. C'est parti ! ».

Ils discutent un peu alors qu'il tente de s'insérer dans la circulation jusqu'au moment où, moins d'une minute plus tard, à leur arrivée au grand carrefour à proximité du café, un énorme boucan se fait entendre.

C'est toujours la merde ici…

Elle se souvient, un bref instant, de la fois où elle était tombée de moto, renversée par une voiture qui ne prêtait pas attention. Bella tourne la tête pour regarder ce qui provoque un tel bazar devant eux et voit un semi-remorque, transportant des barres métalliques, qui fait une énorme embardée au milieu de la route. La jeune femme remarque d'autres voitures prisent dans le carambolage qu'il provoque juste avant que son taxi se trouve emporté dans le mouvement. Comme si cela n'était pas suffisant, les barres que transportait le camion se décrochent de leurs lanières et filent dans l'air en tous sens, se crashant dans les véhicules à proximité. Un vrai cauchemar.

Ses yeux se ferment à mesure que son cerveau comprend le désastre dans lequel elle se trouve.

Le taxi fait plusieurs tonneaux.

Le bruit est infernal.

Elle a tout juste le temps de se replier sur elle-même, derrière le siège passager, tout en cachant sa tête contre son sac, entre ses bras et priant tous les dieux de la Terre de survivre à la catastrophe. Son corps est projeté à gauche, à droite, encore et encore tel une boule de flipper. Ça serait le moindre mal si ses bras sont recouverts de bleus en sortant de là.

La jeune femme ne sait si ce moment dure trente secondes ou une éternité.

Lorsque la voiture finit de tourner sur elle-même, Bella s'oblige à ouvrir les yeux. La tête en bas, son cerveau tente de percuter sur ce qui vient d'arriver. Elle remarque les éclats de verre securit brillants sous le soleil, l'odeur de caoutchouc brulé sur l'asphalte et surtout celle métallique qui indique que du sang a été versé.

Autour d'eux, des personnes semblent courir au ralenti… ou est-ce elle qui discerne la réalité différemment ?... Bella ressent des douleurs, sans pour autant réussir à savoir où ni pourquoi… Comme le patient du Docteur Maboul, elle sait que quel que soit l'endroit, ça fera mal. Puis, elle se rappelle qu'elle n'est pas simple spectatrice… Non, elle était au cœur de l'action et qu'il y avait quelqu'un d'autre avec elle pour ce tour de manège…

Elle remarque ensuite le volant du véhicule complètement arraché du tableau de bord par une ou plusieurs des barres métalliques que transportait le poids lourd qui a dérapé devant eux. Alors que le regard de Bella suit son mouvement, la jeune femme entend un hurlement qui lui déchire les tympans. C'est là qu'elle réalise vraiment le choc de l'accident.

Effectivement, plusieurs barres ont explosé le pare-brise et se sont encastrées dans le taxi, embrochant ainsi le chauffeur. Du sang coule à profusion du trou béant qu'était auparavant son ventre, lui laissant peu de chance de survie. Des lambeaux de l'airbag gisent autour d'eux et sont vite entachés de sang. Bella manque de vomir mais son esprit est trop choqué pour expulser la bile qui tente de remonter le long de sa gorge serrée.

Le chauffeur de taxi bouge sa tête un bref instant, tout près de la jeune femme. « Pfff…. Bl…bl….pfff… ». L'impact a été si brutal que son siège s'est presque couché jusqu'aux sièges arrières. Ses mains se déplacent, dans un effort surhumain jusqu'à son estomac. Bien qu'il soit la tête en bas, son corps ne bouge pas sous l'effet de la gravité. « Pfff…. Argh…. Blll…Blll… Pff…. ».

S'il vous plait, faites que je me réveille !

Bella tente de tendre un bras vers lui mais son corps refuse de bouger. Une des barres est entrecroisée avec le siège du conducteur et ils lui bloquent les jambes, à moins qu'elle soit écrasée, elle aussi ? Son esprit est embué et elle a trop mal partout pour comprendre pourquoi elle est si immobile. La peur, le manque de courage mais surtout la désolation lui ôtent toute idée de vérifier qu'elle n'est pas embrochée, elle aussi, sur une des piques mortelles lancées par le semi-remorque.

Malgré l'impression grandissante d'être en apnée, les oreilles comme remplies de coton, Bella entend encore et encore les hurlements.

Ce n'est que bien plus tard, qu'elle réalisera que ces cris étaient les siens.

xoxo

Le cœur d'Edward s'arrête alors qu'il reste seul sur la terrasse. Il regarde d'un air distrait la jeune femme qu'il aime qui est en train de partir de sa vie et même si elle lui a promis que ce n'était que temporaire, ça fait sacrément mal.

Une voix claire et assurée se fait entendre derrière lui. « Salut Edward ! ».

Il finit par se retourner. « Oh, bonjour Alice. ». Son regard se tourne encore une fois dans la rue, où Bella est en train de tripoter son téléphone. Peut-être est-ce qu'elle est déjà en train d'effacer son numéro ? Ou d'appeler je ne sais quel déménageur musclé, imberbe et je-ne-sais-quoi-d'autre-encore afin qu'il le remplace ? Est-ce que tout ce qu'ils ont vécu ces derniers jours ne voulait rien dire pour elle ? Ou est-ce qu'il devient juste dingue ?

Merde, ça ne fait même pas une minute qu'elle est partie ! Qu'est-ce que ça va être dans une semaine ? Un mois ? Nan, elle ne partira pas si longtemps, pas vrai ?

«Edward ? ».

Il se tourne une nouvelle fois. « Hein ? ». Le jeune homme a complètement zappé le fait qu'on lui parlait.

Alice se mord la lèvre, presque timide. « Tu sais que je vais bientôt partir et là vivre dans les cartons, ça me rend dingue alors…Je me suis dit qu'on pouvait prendre un café ensemble. Et que tu serais peut-être d'accord pour repartir sur de nouvelles bases… ».

Il regarde une nouvelle fois dans la rue. « Nan, ça va. J'ai déjà eu ma dose tout à l'heure… ». Son regard se tourne vers Alice, comme s'il venait de réaliser quelque chose. « Mais… Dis-moi…. Humm… Disons que j'ai un ami qui… ». Non, ce n'est pas possible, il se penche encore pour regarder la rue. « Laisse tomber…. Qu'est-ce que tu voulais ? ». S'il doit parler de ses sentiments à quelqu'un, il faut que ce soit une personne qui en a déjà eu…

Bella n'a pas bougé. La lanière de son sac glisse de son épaule mais elle n'en a que faire, absorbée par son téléphone. Comme si rien n'avait changé ! rien-du-tout ! Merde, ils ont tout de même couché plusieurs fois ensemble et il y a même de ça moins d'une heure ! Et ça ne lui fait rien apparemment !

« … Puis tu étais là pour moi. Et, peut-être que ce n'est pas la meilleure des façons de commencer une histoire mais j'avais besoin de toi et… ».

Edward marmonne. « Nan, mais tu peux croire ça !? Comment est-ce qu'elle est capable de faire ça ! ».

Alice reste perplexe un instant. « Pardon ? ».

Il se tourne et regarde Alice avant de retourner son attention sur Bella. « Regarde-la. Elle est en train de jouer avec son téléphone. Comme si le moment s'y prêtait. ».

Alice soupire avant de continuer, tentant de reporter son attention sur elle. « Edward, ce n'est vraiment pas facile pour moi… Ton frère m'a dit qu'il ne m'aimait plus et toi tu me dis exactement la même chose peu de temps après. On devait partir à New York ensemble ! Comment suis-je supposée supporter tout ça sans faire une dépression ? Je crois que…. ».

Il grommelle encore. « Et là elle range son téléphone sans même un regard vers nous… ».

La voix d'Alice n'est qu'un bruit de fond parmi d'autres dans l'esprit déjà contrarié du jeune homme. « … Edward, j'ai vraiment réfléchi…. j'ai pris une décision…. ».

Ses mains lâchent le garde-corps quand il décide de descendre rejoindre la jeune femme sur le trottoir. Edward manque de renverser Alice, semblant presque surpris de la voir encore là. « Oh heu… Alice ? ».

Il semblerait qu'Alice a eu la conversation de sa vie avec lui, qu'elle a dû dire des choses importantes mais qu'il n'a rien entendu… Merde !

Elle pose sa main sur son avant-bras et lui offre un grand sourire. « Ok, alors tu me rejoins en bas quand tu es prêt à entendre ma proposition ! ».

Putain de merde ! Ça devait être important vu comme elle est enjouée...

Alors qu'il s'apprête à descendre les escaliers pour une toute autre raison, Edward réalise que c'est une des premières fois qu'il ne se rue pas vers elle, attentif à ses moindres faits et gestes. Il n'a franchement pas l'énergie de supporter ses humeurs ni même l'énergie d'être épaté par le fait qu'il s'en fout carrément.

Non toute l'attention qu'il lui reste est portée sur la jeune femme qui tente de s'en aller, sans le moindre remord… Bon peut-être un peu… Mais merde, c'est lui la victime là, non ?

Voilà c'est décidé. Il se doit de la récupérer, de lui faire comprendre que son raisonnement est très con et qu'elle peut se le carrer où… Non, ça, ça n'aidera pas…. Lui dire qu'elle a tort suffira.

Il descend les marches rapidement, priant qu'il arrive assez tôt jusqu'à la jeune femme, même s'il doit pousser jusqu'à chez elle pour la retenir. Ouvrant la porte du bureau d'une main, il saisit ses clefs de voiture quand des cris se font entendre. Il éteint son ordinateur et range vite fait ses affaires car il sait que si tout se déroule bien, il compte bien rester enfermé chez lui durant les prochaines soixante-douze heures… Voire même une bonne semaine. Oh oui, si Bella passe le seuil de sa maison, il fera en sorte que jamais elle n'ait pas envie d'en sortir.

Un affolement général semble se produire dans la grande salle.

Merde, ce n'est pas le moment ! Qu'est-ce qu'ils foutent encore !?

James arrive, fracassant presque la porte du bureau dans sa lancée. « Edward ! Edward ! C'est Bella ! Merde, c'est Bella ! ».

Edward s'approche de son ami, posant une main sur son épaule pour tenter de le calmer. « Quoi ? Quoi Bella ? Qu'est-ce qu'il y a ? ».

« IL Y A EU UN ACCIDENT ! Elle est peut-être dedans ! ».

Non.

Non. Ce n'est pas possible.

Non.

Elle est encore sur ce putain de trottoir où je compte bien la rejoindre !

Edward hausse les épaules, prétendant que la situation ne peut être si dramatique. « Bon alors quoi ? Il y a eu un autre accident, c'est ça ? ».

« Oui ! Des dizaines de voitures sont cartonnées. Il faut qu'on y aille ! ».

Edward récupère son téléphone dans sa poche et appelle Bella. L'écho de la tonalité plombe petit à petit son esprit. « Ok, elle n'est peut-être pas concernée… Seth va sur la terrasse, de là on peut voir tout le pâté de maisons. ».

Sitôt dit sitôt fait, le cuisinier redescend les marches et retire son tablier le regard grave. « Patron, c'est… Faut y aller. ». Il semble prêt à vomir sur ses pompes.

Edward, qui était assis sur un des tabourets du comptoir, bondit de son siège. Il doit y aller. Il doit rejoindre Bee et prouver à tous ces crétins qu'elle n'est pas dans ce putain d'accident.

Sans même s'en rendre compte, il court comme un dératé dans la rue, priant et maudissant tous les dieux qu'il connait. Ça ne peut pas se passer ainsi. La vie ne serait pas aussi cruelle envers lui.

Contrairement à d'habitude, il n'y a pas l'activité bouillonnante dans le carrefour, car entre le trafic urbain, les vendeurs à la sauvette, les touristes et autres flâneurs, le coin est toujours très vivant.

Là, c'est un silence de plomb entrecoupé de cris de détresse et de bruits de ferraille.

Cela ne l'empêche pas de courir. Il tombe à terre, trébuchant sur un bout de parechoc en plastique et se rattrape comme il le peut sur un véhicule arrêté à proximité. Edward ne prend pas le temps de vérifier l'état de sa cheville qui lui fait mal. Elle est surement foulée mais il n'en a cure pour le moment.

Sur tous les véhicules amassés là comme un tas d'Hot-wheels qu'un gamin géant aurait laissé trainer, Edward remarque et reconnait surtout le taxi jaune qui est sur son toit. Une de ses roues tourne encore sur elle-même.

Non, non, non, non !

Il arrive en titubant devant la voiture, grimaçant lorsque son poids entier se pose sur sa jambe douloureuse. C'est douloureux mais il n'a pas de temps à perdre.

Un cri déchirant se fait entendre auprès de lui et bien qu'il ne l'ait jamais perçue dans une telle détresse, Edward reconnait le timbre de Bella. Il faut qu'il la retrouve. Des nausées le prennent quand il remarque le chauffeur de taxi, carrément embroché dans son siège. Le jeune homme se tient le ventre, retenant des haut-le-cœur. Il fait le tour de la voiture, plus lentement. Et si Bella est dans le même état que ce mec ? Est-ce qu'il pourra le supporter ?

Se forçant à quitter des yeux la scène horrifique située à l'avant, il ne peut voir sa petite amie avant d'être tout près de sa portière.

Elle est là, en position fœtale, le corps enfermé dans la voiture. Des traces de sang montrent qu'elle a dû tenter de sortir par l'interstice laissé dans la vitre brisée mais surement par manque de force, a dû abandonner et se replier sur elle-même.

Edward ne reconnait plus la jolie robe qu'elle portait le matin même. Elle est couverte de taches si sombres qu'on ne pourrait même pas suggérer que ce soit du sang à première vue. Il finit par reprendre ses esprits et se jette auprès d'elle. « Ne t'inquiète pas, Bella ! Je suis là ! Je suis là ! ». Il manque de glisser et de se couper sur les débris mais cela ne l'arrête pas pour autant.

Pitié qu'elle respire encore ! Un battement de paupière… Juste un souffle…

Bella réagit. Elle laisse échapper un gémissement de douleur avant de murmurer. « Ed… Ward ?... Edward ?! ».

Ce dernier tend sa main et se penche un peu plus afin de l'atteindre. Il parvient à lui caresser la tête. Lorsqu'il inspecte ses doigts, ceux-ci sont recouverts de sang. Cela ne le décourage pas pour autant. Se plaquant contre le bitume, il pousse encore un peu afin d'atteindre ses épaules et finit à moitié dans l'habitacle.

Presque à son niveau, il demande doucement. « Hey Bee ! Tu m'entends ? Ça va ? Bee, réponds s'il te plait ! ».

Bella met un certain temps avant de réagir à nouveau, mais finit par soupirer doucement. « Ed…Ward ? Tu… es… là ?! ».

Il sourit, tentant de retenir ses larmes et de ne pas montrer son inquiétude. « Bien sûr ! Je t'ai dit que je ne te lâcherai plus ! ».

Elle acquiesce même si le mouvement la fait grimacer. « C'est… Vrai… ».

Edward continue son inspection comme il le peut. Merde, il n'est pas le fils d'un médecin réputé pour rien. Les premiers soins d'urgence, il les a appris avant même de savoir marcher. La jeune femme a le teint cireux. Une de ses tempes semble ouverte et la griffure descend jusqu'à son oreille. Un mélange de sang et de sueur colle sa frange sur son front. Sa langue passe rapidement sur ses lèvres bien trop craquelées pour être humidifiées par sa salive. « Qu'est…ce …Fais… là ? ». Son regard l'inspecte autant qu'elle peut. « Bl…blessé ? ».

Un fou rire dément manque de s'échapper de sa gorge et Edward hoquète un bon moment avant de parvenir à se reprendre. Il n'y a qu'elle pour se soucier de son état de santé alors qu'elle vient de vivre un putain de carambolage. Quand il pense qu'il a pu douter un instant de l'amour qu'elle lui porte.

Le jeune homme retire sa veste et en déchire un pan afin de l'enrubanner autour de la tête de Bella, espérant ainsi atténuer le flux de sang qui s'échappe de la plaie ouverte au niveau de sa tempe. Il lui faudra quelques points de suture.

De sa main libre, elle lui montre son sac et murmure. « Rose… Rose… ».

Ne lâchant pas la pression qu'il exerce, Edward répond négativement. « Bella, je ne peux pas le prendre, ça te ferait bouger et ce n'est pas prudent. ».

Les sourcils de la jeune femme se froncent. Elle parvient de moins en moins à parler. « Siii… Te plait… sac… Rose… ». Même ses gestes sont raides et succincts.

Bien que cela lui fende le cœur, Edward accepte. Il saisit le sac en question, tentant de ne point toucher la jeune femme et rampe pour s'extirper de la voiture. A genou sur le bitume, tape rapidement le numéro de Rosalie en favori sur le portable qu'il contenait. Chaque tonalité semble accentuer son agonie jusqu'à ce que la voix de la sœur de Bella finisse par se faire entendre de l'autre côté du 'fil'. « Bella ? Putain gamine, qu'est-ce que tu fous ? J'espère que tu as une super excuse car papa et… ».

Comprenant que sa famille n'est pas encore au courant, Edward préfère interrompre sa diatribe acerbe. « ROSALIE ! C'est… c'est Edward ! Edward Cullen ! Il y a eu un accident et … Oh mon dieu, Bee qu'est-ce que je dois lui dire ? ». Il ne comptait pas être si désespéré au téléphone mais il semblerait que son cerveau soit uniquement en mode panique.

« Allo ? Cullen ? Edward est-ce que c'est toi ? Qu'est-ce qui se passe et où est Bella ? ».

Il finit par se reprendre. « Il y a eu un accident… Je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé mais il y a eu un putain de carambolage… pas loin du café et… Bee… Bella était dans un taxi… et… ». Il se passe la main dans les cheveux. « Putain… Elle était là avec moi mais…. Merde, elle devait partir et…. ».

La voix de Rosalie est stressée mais reste pourtant ferme et résolue. « OK, calme-toi. Est-ce que quelqu'un a appelé les secours ? La police est-elle déjà là ? ».

Il hoche la tête positivement avant de réaliser que la jeune diplômée ne risque pas de le voir au travers du téléphone. Il murmure, sa main tirant encore ses cheveux à mesure qu'il reprend ses esprits. « Oui… James et les autres ont fait le nécessaire… enfin... Je ne sais pas… Je suis à côté de Bella et merde…. Y'a du sang partout et …. Putain… Qu'est-ce que je peux faire ? ».

« On arrive… Ne t'inquiète pas. Reste auprès d'elle s'il te plait. Ne la quitte pas. Quoi qu'il arrive, reste auprès de ma petite sœur… Est-ce que tu peux faire ça pour moi ? ».

Sa paume essuie son visage couvert de larmes et de sueur. Il expire et inspire violemment, tentant de retrouver un semblant de calme. « Ouais… Bien sûr ! Enfin, je crois. ». La jeune femme l'encourage encore quelques secondes au téléphone avant de raccrocher afin qu'il retourne près de Bella.

Il se penche une nouvelle fois tout auprès d'elle et tente de la rassurer… Même si c'est surtout lui qui a besoin de réconfort. Bella soupire comme si le simple fait de rester éveillée était un effort surhumain. « Qu'est-ce… se passe ? … chauffeur ? ». Elle tente de bouger sa tête, afin de voir ce qui se passe autour d'elle.

Edward la retient. « Chuttt… Ne bouge pas. Ne t'inquiète pas, les secours arrivent et vont gérer tout ça… ». Lui-même a du mal à poser son regard sur l'homme encastré définitivement dans son véhicule de fonction.

« M'sieur… sorti ? Il… le… bien ? ».

La voix de son ami se fait plus impatiente qu'il ne faudrait. « Je me fous complètement de ce qu'il peut lui arriver ! Tout ce qui compte, c'est toi Bella ! Putain, mais qu'est-ce qu'ils foutent ! ». Les yeux de la jeune femme s'écarquillent devant l'emportement d'Edward. Elle essaie de bouger mais quand il s'en rend compte, Edward se reprend, plus calmement. « Je… Je ne voulais pas dire ça comme ça… C'est juste que… Bella… Il faut que tu restes avec moi, d'accord ? Reste consciente jusqu'à ce que les secours arrivent… ».

Elle gémit doucement, collant sa tête tout contre lui et il répond à ce geste en l'accueillant volontiers. « Ed…Ward… ai mal… ».

Sa main passe sur son visage, pour essuyer un peu le sang qui se répand sur sa peau. Geste futile vu la quantité qui s'échappe de la plaie au niveau de sa tempe, le bandage de fortune qu'il avait apposé est déjà rouge sombre et imbibé. Parvenant à garder un ton calme et peut-être même rassurant, Edward lui dit doucement. « Je sais… Ça va aller… Jamie et les autres ont prévenu les secours… ».

Un bleu énorme est clairement visible au niveau de son épaule et Edward fait tout pour l'éviter. Alors qu'il se remet à lui parler, le jeune homme réalise que Bella respire avec de plus en plus de difficulté car elle pleure. Il lui prend la main et lui dit d'une voix ne laissant aucun choix possible. « Tu vas t'en sortir. Ce n'est rien. Plus de peur que de mal, pas vrai ? ».

Elle émet un petit soupir de soulagement, appréciant son réconfort malgré le fait que cela semble un véritable effort pour elle. « … quiète… pas pou… moi… Sors… de là... ».

Edward hoche la tête. « Hors de question. Je ne te lâche pas. ». Son ton est de plus en plus fébrile à mesure que l'état de son amie se dégrade. « Tu vas être forte et tu sais que tu ne peux pas me laisser tomber. ». Sa main passe sur son visage, écartant la frange qui cache toujours son regard qui là parait vitreux au lieu d'être pétillant. « Ecoute… Tu iras à l'Université et…. Le temps que tu te remettes de cet accident, je t'y emmènerais moi-même s'il le faut Puis, on fera des entretiens pour trouver un nouveau prince… à part si tu veux que je garde ta place au chaud. Mais pour ça, il faut que tu tiennes le coup, ok ? Imagine-moi en serveur ?! Je sais qu'avec mon caractère de cochon, je vais surtout faire fuir la clientèle mais je m'en fous ! Tant que tu te reposes et que tu restes auprès de moi ! Tu peux faire ça hein ? ». Des larmes coulent abondamment sur ses joues, nettoyant les traces du sang laissé par la jeune femme. « S'il te plait… S'il te plait... On est une équipe et qu'est-ce…qu'est-ce que je ferais sans toi, hein ? ».

James lui touche la jambe, l'obligeant à se tourner vers l'extérieur. Edward entend enfin qu'autour de lui le monde s'active. Il était tant absorbé par la jeune femme qu'il ne s'était pas rendu compte que la Terre ne s'était pas arrêtée de tourner. Plusieurs véhicules d'urgence sont arrivés. Le roulement des brancards sur le bitume est assourdissant. Des pompiers s'évertuent à éventrer les véhicules encastrés les uns dans les autres afin de sauver le plus de monde possible et deux d'entre eux sont déjà en train de s'occuper du véhicule où reste planté le jeune homme. Les ambulanciers s'agenouillent à côté de ce qui reste du taxi et l'incitent à leur laisser la place. Lorsqu'il ne bouge pas, James et Seth sont obligés d'intervenir, le détachant doucement du corps de la jeune femme.

Les ambulanciers la pose délicatement sur un brancard après avoir protégé son cou dans une minerve et la blessure de sa tête par un bandage plus costaud que celui fait à la va-vite par son ami. Durant tout ce temps, Bella semble faire ce qu'elle peut pour ne pas perdre de vue Edward. Il fait de même, notant la sueur qui perle sur son front, le sang qui dégouline de sa tempe, la poussière collée sur ses joues, ses lèvres craquelées mais aussi les cernes naissants sous ses yeux et surtout la lumière qui semble s'éteindre de son regard. Leurs mains se rejoignent, l'une moite et brulante tandis que l'autre est sèche et de plus en plus froide mais le contact qu'ils maintiennent fait tout.

Edward comprend. Il reconnait enfin cette sensation dont lui parlait sans cesse sa mère lorsqu'elle lui contait des histoires le soir avant d'aller dormir ou lorsqu'elle faisait semblant de ne pas pleurer lorsqu'il la surprenait en train de regarder des films romantiques le dimanche après-midi.

C'est un sentiment indescriptible, douloureux mais d'une douceur infinie, puissant et intemporel, qui lui donne envie d'hurler tout en étant en paix. C'est ce qu'il pensait avoir trouvé chez Alice et la vie futile qu'il menait avant de venir à Seattle.

Des ambulanciers poussent le brancard tandis que d'autres s'affairent pour voir s'ils peuvent encore sauver le chauffeur. Des pompiers sont présents avec une machine, ressemblant fortement à une scie circulaire afin de le désincarcérer de son siège.

Quand il perd le contact physique qu'il maintenait avec Bella, Edward semble prêt à devenir hystérique. « Attendez… Attendez s'il vous plait, laissez-moi auprès d'elle ! Je ne peux pas la perdre ! ».

Au même moment, peut-être est-ce dû au son de sa voix ou simplement un hasard de la médecine, la jeune femme commence à trembler violemment, signe qu'elle convulse et que son état empire.

Un des urgentistes lui demande. « Vous êtes de la famille ? ». Lorsque la réponse est négative, les portes de l'ambulance se referment devant lui.

James le prend dans ses bras, le forçant à reprendre pied dans la réalité et à ne pas se jeter sur le véhicule. « Edward ! Edward, calme-toi ! Respire mec ! ». Il lui montre l'ambulance puis la Volvo garée un peu plus loin. « On va les suivre, Ok ? On sera juste derrière eux ! ».

Avec le soutien de Seth, le serveur fait monter son patron dans sa voiture, l'installant à la place du passager. Alors qu'il se place derrière le volant, Billy arrive auprès d'eux. « On prend le temps de fermer et on arrive, d'accord ?! ».

James hoche la tête et la voiture quitte sa place de stationnement, s'insérant dans la circulation malgré la foule de curieux et les véhicules d'urgence qui pourraient bloquer sa route. Arrêté à un feu rouge, il se permet un coup d'œil vers Edward, constatant l'état dramatique de son ami. Sa main se pose sur l'avant-bras de ce dernier. « Ça va aller ! Bee est bien plus forte que le commun des mortels ! Elle fait partie des Princes ! ».

Alors qu'il s'apprête à redémarrer et que sa main retourne vers le volant, James remarque qu'elle est tachée de sang... Surement celui de la jeune femme… il frotte sa main contre son pantalon. Réprimant son dégout devant le côté macabre de la situation, il se met à prier intérieurement. Même si cela fait des années qu'il a fait une croix sur la pureté de son âme, le karma et toutes les autres 'conneries' religieuses à la mode, le serveur est prêt à promettre de jeter au feu toute idée de paillettes et cotillons, voire même de bruler son DVD collector de la série 'Beautiful People uk' si cela permet de ne pas perdre ces moments où ils étaient encore insouciants.

xoxo

À bientôt !