Coffee Prince « Café des Princes ».

Twilight, à S. Meyer & The 1st Shop of Coffee Prince, à Lee Sun Mi

Création de Selina

Chapitre 29

Pina Sour

Lorsqu'Edward arrive aux urgences, un vrai chaos règne déjà dans la grande salle. Profitant de l'effervescence provoquée par l'arrivée massive de blessés, il passe les rideaux séparant le hall d'attente de la salle d'examen improvisée.

Ses yeux parcourent chaque lit, chaque patient, à la recherche de Bella.

Il doit la retrouver.

Une infirmière remarque son manège et finit par l'intercepter, lui bloquant le passage. Elle lui demande. « Monsieur, qu'est-ce que vous faites là ? ».

Le jeune homme maudit silencieusement sa malchance.

Malgré le fait qu'il fasse mine de l'ignorer, elle ne cède pas de terrain. « S'il vous plait, reculez. ».

Un des ambulanciers qui était en charge du taxi l'incite aussi à reculer. « Vous n'avez rien à faire ici ! ».

Bien que cela soit fort impoli, Edward ne parle qu'à lui, espérant qu'il le reconnaisse. « Est-ce que je peux aller la voir ? ».

L'infirmière le refroidit tout de suite. « Absolument pas. Nous ne sommes pas sûrs que vous soyez de la famille et la patiente n'est pas en condition de donner sa permission. ».

Edward est déjà prêt à se rebeller, à faire jouer son droit en tant que petit ami, patron ou quoi qu'il puisse user pour passer cette barrière humaine mais une main le retient. Celle de James.

Son ami lui fait un signe de la tête, l'invitant à s'assoir avec lui. D'une voix pleine de compassion, il lui suggère. « Mec, laisse-les faire leur boulot. Regarde, il me semble qu'elle est là-bas. ». Leurs regards se dirigent vers un des brancards entourés de médecins. A mesure que le temps passe, les rideaux de discrétion sont tirés mais Edward parvient à garder un œil sur la jeune femme.

Rosalie et ses parents, accompagnés d'Emmett, arrivent sur les lieux. La jolie blonde a l'air aussi dévastée que les autres quand elle parvient à sa hauteur.

« Edward ! James ! Qu'est ce qui s'est passé ? Oh mon Dieu ! ».

« Comment va-t-elle ? ».

« Où est-ce qu'elle est ? ».

« Pourquoi est-ce que tu as autant de sang sur tes vêtements ? ».

« Est-ce que tu es blessé ? ».

« Est-ce que c'est celui de Bella ? ».

Il reste prostré, sans parvenir à répondre à l'avalanche de questions. Emmett le sort de sa torpeur en le prenant dans ses bras. « Ça va aller, patron. ».

James indique aux parents de Bella où se diriger pour tenter de voir leur fille et oblige Edward à s'assoir nouveau, faisant en même temps signe à Emmett afin qu'il ne le quitte pas des yeux.

Bien que le connaissant très peu, mais alliés par la même détresse, Rosalie le réconforte aussi comme elle le peut.

Comme un seul homme, leurs regards se tournent vers le brancard lorsque Bella est emmenée en chirurgie. Ils s'assoient, la gorge serrée et les yeux humides. Il n'y a rien à dire, et encore moins à faire qu'attendre.

La journée passe et semble interminable. Après les tensions de ces dernières semaines, Edward est éreinté. Il ne tient debout que par ce qui lui reste d'adrénaline et les tonnes de café que lui tend James.

Les policiers ont fait leurs rapports, les journalistes leurs interviews et tous les blessés ont été pris en charge. La télévision installée dans la salle d'attente montre les informations du soir. Le chauffeur du camion transportant les barres métalliques s'était endormi au volant, provoquant une embardée de son chargement. Les journalistes décryptent encore et encore les images tirées des vidéos surveillances du carrefour, montrant au ralenti le chaos qui a eu lieu.

La famille de Bella est regroupée sur une banquette à proximité. Rosalie semble endormie, la tête reposant sur l'épaule de son petit ami. Et les parents Swan discutent à voix basse avant que son père ne se lève et retourne du côté de la salle d'urgence.

Edward regrette d'avoir fait partir James afin qu'il gère le café avec Billy et Seth. Les néons de la salle d'attente donnent une ambiance peu chaleureuse et dans sa fatigue, cela l'effraie plus encore. Bien que le patriarche Cullen l'ait souvent eu dans les pattes quand il allait travailler, le jeune homme n'a jamais aimé les hôpitaux.

Les portes automatiques s'ouvrent en silence laissant entrer un couple. Ce sont ses parents.

Esmée rejoint son fils et Carlisle la suit. Ses traits sont tirés car il était en intervention dans un autre hôpital mais pour rien au monde, ils ne le laisseraient seul dans une telle épreuve. Alors que son père avance vers les infirmières, flashant son badge afin d'entrer du côté des docteurs, sa mère s'installe auprès de lui. « Des nouvelles de Bella ? ».

Elle tend sa main, ses doigts effaçant les traces de larmes et de fatigue sur le visage de son plus jeune fils.

Edward pousse un soupir profond, puis un autre. Avant qu'il ne craque, les bras de sa mère l'entourent et lui montrent qu'elle est là. Réconfortante et chaleureuse, Esmée préfère rester silencieuse. Elle ne sait pas combien de temps ils sont restés ainsi, mais les yeux de son fils sont secs lorsqu'il finit par se détacher d'elle. Elle lui sourit, sa main caressant son épaule, puis ses cheveux. « Je sais que c'est une question stupide mais est-ce que ça va ? ».

Edward hausse les épaules. « Ils l'ont soignée. Ses parents sont là mais elle ne s'est pas encore réveillée. ».

Esmée acquiesce, tentant de retenir ses larmes. Elle se redresse lorsque le père de Bella sort de la salle d'urgence.

Charlie fait un signe en leur direction, incitant les Cullen à le rejoindre. « Viens fiston. Bella dort mais je me doute que si tu ne la vois pas, tu ne seras jamais tranquille. ».

Edward acquiesce et entre dans la salle.

Bella est située dans une des dernières "cabines" des urgences. Cachée par les rideaux, elle est paisible. La jeune femme semble sereine malgré le fait que son corps soit couvert de bandages. Plusieurs perfusions sont accrochées à son bras et sa peau n'a plus la même pâleur cadavérique.

Durant plusieurs minutes, Edward reste immobile, appréciant le mouvement régulier de la poitrine de la jeune femme qui monte et descend à mesure qu'elle respire. Il remarque les paupières presque translucides et les cernes bleutées qui sont sous ses yeux.

Son cœur manque un battement, sa respiration se fait haletante. Ses genoux défaillent et le patron du Café des Princes manque de s'effondrer. Sa chute est retenue par Charlie et sa mère. Renée l'approche de la chaise la plus proche du lit où il s'affale.

Saisissant la main de Bella, Edward parle doucement, la voix tremblante. « Il y avait tellement de sang. Elle semblait si fragile…. Ce n'était pas ma Bee… celle qui peut soulever des montagnes… J'ai vraiment cru… J'ai mis tellement de temps à accepter ses sentiments… Je pense qu'elle m'aime… non, je sais qu'elle m'aime et pourtant je n'ai pas arrêté de… et maintenant… ».

Esmée interrompt son train de pensées, son regard triste l'incitant à capter son attention. « Elle est forte, Edward… ».

« Mais, je n'ai fait que la repousser, constamment…. Et regarde… Je suis désolé… Je suis désolé. ».

Cette fois, c'est Renée. « Tu n'as rien à te faire pardonner. Ecoute. Isabella est la personne la plus forte et la plus courageuse que je connais. Et c'est aussi l'enfant la plus têtue qu'il puisse y avoir sur Terre… Mais… ». Sa voix est teintée de remord. « Cet accident nous a mis un coup à tous. Nous sommes ses parents et pourtant toute la famille reposait sur ses épaules. Alors, je t'assure que tu n'es pas le seul à avoir des regrets. ».

Carlisle entre à son tour dans la chambre. Edward se redresse. Il regarde intensément son père, n'osant lui demander son aide… Pour une fois, ce n'est pas un conflit d'orgueil ou de jalousie. Là, il a besoin de lui et ne sait comment lui faire comprendre sans qu'ils ne s'énervent.

Carlisle salue les parents de Bella avec compassion et montre le dossier médical accroché au pied du lit. « Est-ce que je peux ? ».

Après qu'ils le remercient à profusion pour le temps qu'il leur accorde, le docteur se penche pour observer la jeune femme, tout en lisant la plaquette contenant toutes les informations depuis son admission dans l'hôpital.

Il se lave les mains avec le désinfectant mis à disposition et entame une auscultation rapide. Le père d'Edward remarque qu'on a nettoyé correctement ses plaies, révélant toute une série de petites coupures jusqu'au bandage qui part de sa tempe et descend jusqu'à sa nuque. Bougeant un peu sa blouse, des marques violacées montrent les endroits où son corps a percuté l'intérieur de la voiture. Elles seront surement bleutées demain et entameront une myriade de couleurs jusqu'à leur disparition.

Il soulève son poignet et soupire devant les écorchures de ses mains, recouvertes de pansement liquide. Son regard remonte ensuite vers le visage paisible de la jeune femme. Le bandage cache la coupure soignée par les urgentistes puis le chirurgien de garde. A en croire une des radios disposées au-dessus du lit, ils ont dû retirer le bout de verre sécurit qui s'y était logé puis ils ont refermé la plaie avec du fil.

« Elle semble hors de danger, Edward. ». Il montre les radiographies. « La blessure n'a pas endommagé son lobe temporal. Les brisures de sa boite crânienne ont été correctement soignées. Il faudra attendre que les lésions cicatricielles soient un peu plus résorbées pour faire un nouveau scanner et évacuer tout risque. ». Il s'approche de la jeune femme et montre les pansements qui parsèment sa peau. Se disant qu'elle pourra bientôt bénéficier de pansements liquides, bien moins agressifs, il continue. « Les injures physiques sont principalement dues au verre brisé et au fait que le taxi ai fait plusieurs tonneaux avant de retomber sur le toit. Vu qu'elle est dans une excellente condition physique, je pense qu'il lui faudra une ou deux bonnes semaines avant que tous ses bleus ne disparaissent. Les prochains jours seront rudes car ses muscles sont encore sous le choc. ». Il pose sa main sur l'épaule de son fils. « Elle aura besoin d'être entourée dès son réveil. Son esprit risque d'être encore dans l'accident. Je pense qu'elle va s'en sortir sans réelle cicatrice. Ils ont fait du bon travail. Au pire, cela sera à surveiller, voire à corriger avec un peu de chirurgie réparatrice. ».

Il retire la paire de gants stériles et montre les perfusions. « Ça c'est pour le sang qu'elle a perdu… et dans celui-là, ils y ont mis un antiinfectieux, un antidouleur et un sédatif. ».

La main resserrée au niveau de son cœur quand elle absorbe toutes ces informations, Renée semble rassurée. « Pourquoi est-ce qu'ils ne la réveillent pas ? Comment savoir s'il y a un problème si Bella ne peut réagir ? ».

Carlisle lui explique, cherchant les mots qu'il faut. « Suite à un tel accident, elle doit être en état de choc tant physiquement que mentalement. Là, les médecins ont choisi de lui offrir un temps de répit. Elle ne s'en soignera que plus vite et mieux. Ils ont fait une IRM pour vérifier tout dégât interne et sa tension est prise constamment. Si aucun problème ne se déclare dans les prochaines 24 heures, vous n'aurez plus à vous inquiéter. ».

Edward regarde son père d'un air hébété. Il est difficile pour lui de concilier ce docteur plein de compassion avec l'homme froid et distant que peut être son père. L'image de Carlisle s'est effritée au fil des années, passant de héros à simple géniteur. Il reconnait que dans sa rancœur, il n'a jamais cherché à se réconcilier avec lui. Il y a peu de temps de cela, ça lui aurait fait mal de dire une chose pareille, mais là son père lui a accordé du temps. Edward prend sur lui et dit. « Merci. ».

« N'oublie pas que nous sommes là pour toi. ». Carlisle pose gentiment sa main sur la tête de son fils, ébouriffant ses cheveux, comme il le faisait quand il était petit.

« Il se fait tard. Nous allons rentrer. Prenez soin d'elle et de vous aussi. ». Esmée caresse le front de Bella, avec une douceur infinie, puis prend la mère de Bella dans ses bras, l'invitant à l'appeler pour toute occasion puis, elle rejoint son mari et ensemble, ils sortent de la chambre.

Rosalie arrive avec un petit sac, contenant des affaires pour sa sœur cadette. « Papa, maman… Rentrez à la maison et reposez-vous. ». Elle montre Edward. « On va se relayer, ok ? Ça évitera que l'un de nous tombe de fatigue. Vous imaginez la réaction de Bella si l'un de nous s'écroule à son réveil, hein !? ».

Charlie acquiesce et prend la main de Renée. « Nous…. Hum… Nous allons remplir les derniers formulaires… Vous êtes sûrs que cela ne vous dérange pas ? On repasse demain matin mais n'hésitez pas à appeler si…».

Rosalie le pousse vers la sortie. « Bien sûr. Bla, bla, bla. Ne vous inquiétez pas. ». Les mains sur les hanches, elle se tourne vers le dernier occupant éveillé de la chambre. « Bon, Cullen. A ton tour. ».

Edward soupire mais ne bronche pas. « Je ne bouge pas de là. ».

La jolie blonde s'approche, menaçante. « Oh si coco. Il faut que tu manges, que tu te reposes et surtout que tu prennes une douche pour retirer cette odeur bizarre qui te colle à la peau et tout ce sang séché qui font croire que tu es un tueur en série. ».

La tête du jeune homme se penche, de manière qu'il espère discrète, pour renifler son odeur et inspecter ses vêtements. En effet, il n'est pas de toute première fraicheur, mais ça peut attendre, non ? « Je ne peux pas faire ça maintenant. Je ne peux rien faire pour le moment. Je dois rester là… pour elle. ».

Malgré le fait qu'il soit effectivement au trente-sixième dessous en ce moment, Rosalie l'entoure de ses bras affectueusement. « Nous ne sommes peut-être pas heureux maintenant, mais bientôt… je te le promets, bientôt tout ira bien. Ça ne sera qu'un mauvais souvenir. Je ne peux pas te laisser dans cet état. ».

Edward tente d'insister. « Tant qu'elle est là, je reste ici. ». Il reprend la main de Bella. « Je ne veux pas qu'elle reste seule. ».

Rosalie promet. « Je ne bouge pas. Je t'assure que rien ne lui arrivera. ». Elle pose une main ferme sur son épaule, l'obligeant en même temps à se lever. « Prends une douche. Force-toi à manger ce que tu peux et essaie de dormir, même si ce n'est qu'une heure ou deux. Je t'appelle s'il y a le moindre changement. Même un clignement d'œil, Cullen… Promis. ».

Edward grommelle quelque chose d'incompréhensible, pesant le pour et le contre dans les propos de la jeune femme. Les sœurs Swan sont pareilles à tenter de réconforter leur prochain alors qu'elles sont-elles-mêmes dans la détresse. « Merci. ».

Alors que Rosalie prend sa place sur le fauteuil près du lit de Bella, Edward sort de la chambre.

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Encore quelques heures passent….

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Le buzz du téléphone d'Edward le sort de son sommeil. Durant quelques instants, le jeune homme met du temps à émerger de sa torpeur. Puis se remémorant les dernières heures, il se dépêche de saisir son portable.

La voix de Rosalie, forte et enjouée, l'oblige à ouvrir les yeux. « Edward ? ».

Il s'assoit automatiquement sur son lit, retirant les couvertures avant de se frotter les yeux. « Je t'écoute… J'allais me lever. ».

« Bella est réveillée. Elle est avec les médecins et te demande. ».

Il bégaie. « Elle… Elle est réveillée !? ».

Rosalie semble laisser échapper un gros soupir de soulagement. « Oui et ça va. Elle va bien. ».

Tenant son téléphone entre son oreille et son épaule, Edward tente maladroitement d'enfiler un jeans. « Putain, j'arrive. Laisse-moi le temps de prendre mes clefs de voiture et je suis là. ».

La sœur de Bella rigole. « Ouais, ok. Je lui dis ça et calme-toi. Là, ils sont encore en train de l'ausculter donc tu peux prendre ton temps. ». Bien qu'elle sache que cela ne va pas le ralentir, Rosalie peut tout de même espérer.

Une fois qu'ils ont raccroché, Edward glisse son téléphone dans sa poche. La paume de ses mains frotte ses yeux laissant, malgré ses efforts, quelques larmes couler.

Lorsqu'il arrive à l'hôpital, Edward a encore du mal à se rappeler comment il est arrivé là. Est-ce qu'il a bien garé sa voiture au moins ? Pfft. Il s'en souciera qu'après avoir vu sa petite amie.

Une fois devant la chambre, il prend une grande respiration avant d'entrer. Il lui faut beaucoup de concentration pour éviter de pleurer comme une fillette à la vue de Bella.

La jeune femme murmure. « Edward. ». Sa voix est éraillée comme on peut l'être après avoir été intubé, ce qu'elle a subi et son sourire est un peu figé, surement à cause du bandage et de la douleur.

Ses parents se mettent un peu en retrait et décident de sortir de la chambre, tenant dans leurs bras Rosalie, leur laissant un peu d'intimité pour se retrouver.

Edward s'avance doucement et lève sa main, lentement, comme si elle risquait de disparaitre s'il était trop brusque.

Il n'ose l'embrasser de peur de lui faire mal ou pire encore d'aggraver les coupures sur son visage.

De son pouce, il retire une larme qui coule des yeux dorés de la jeune femme. Et, lorsqu'il est assez près pour s'assoir auprès d'elle, Bella l'attire encore plus près. Bella colle leurs fronts l'un contre l'autre, comme elle le faisait souvent pour le consoler.

Il soupire. « Je t'aime. Je t'aime tellement Bella. ».

Encore plus de larmes s'échappent des yeux de la jeune femme quand elle essaie de le prendre dans ses bras. « Oh Edward…. ». Elle crie de douleur quand son corps refuse ce simple geste. « ARGHHH ! Oh putain, ça fait un mal de chien ! ».

Edward éclate de rire. Même si c'est surtout nerveux, cela fait du bien tant pour lui que pour elle. Rosalie passe la tête par la porte et demande. « Ça va ? Sérieusement, vous ne pouvez pas vous retenir cinq minutes ? ».

Bella maugrée. « Je veux juste… lever les bras ! ». Elle 'gratte' sa gorge à mesure que les mots sortent de sa bouche.

Lorsque sa sœur ainée ouvre complétement la porte, laissant entrer ses parents à sa suite, Edward se redresse tellement vite que les sœurs Swan manquent de faire un anévrisme.

Rosalie sourit, ironique. « Pas besoin de faire le coup de la chasteté. On sait déjà que ma petite sœur est un petit chaperon rouge. ».

Charlie reste intrigué et se tourne vers sa femme. « Hum ? ».

René hausse les épaules. « Elle a déjà vu le loup. ».

« Rose ! ».

Au regard que le père de Bella lui lance, Edward sait qu'il aura bientôt le droit à un sermon ou pire des menaces. Pff… On ne peut pas lui laisser un peu de répit ? C'est vraiment trop demandé ?

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Le lendemain…

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Billy et Seth viennent de partir, retournant au café et c'est James qui vient de prendre le relais. Bien que la situation de Bella le rende plus calme, le serveur est tellement exubérant à la base, qu'il est tout de même fabuleusement enjoué en sa compagnie.

Il prend soin de raconter tous les détails de ses services au café depuis l'absence de la jeune femme… histoire de la tenir au jus comme il dit si bien… Ses anecdotes sont tellement emberlificotées que personne ne sait ce qu'il s'est réellement passé. Ce qui ne les empêche pas de rire à chaque souvenir.

Lorsque Bella grimace et grogne, se tenant les côtes pour s'empêcher de rire, les deux garçons se tournent vers elle. James la regarde. « Qu'est-ce qu'elle a Macy Gray ? ». (Chanteuse à la voix éraillée)

Edward prend la défense de la jeune femme. « Oh, ne te moque pas. Le doc a dit que d'ici quelques jours, elle retrouvera sa voix. ».

Elle le regarde d'un œil mauvais. « J'ai mal partout et rien que le fait de rire me fait plus mal que tout ce que vous pouvez imaginer… Et… Et toi tu le fais exprès ! ».

La diva blonde continue le tour de la chambre, inspecte les médicaments déposés sur la table à côté de la malade et dit. « Oh tu paies pour tes crimes ma grande ! Tout ce stress ! Mon dieu, j'ai pris au moins dix ans d'âge avec tes conneries…. ».

Il tire la langue en direction de Bella qui pleurerait presque tant elle a envie de sourire et de rire en même temps. Il secoue un des petits flacons et hoche la tête, appréciateur. « Purée, ils te donnent de la bonne came. Tu dois planer sévère avec ça. ».

Edward lève un sourcil. « Et comment tu peux savoir ça ? Je ne me rappelle pas que tu sois déjà allé dans un hosto… ».

James l'interrompt, secouant sa main. « Oh, tu sais. Quand on est jeune on teste des trucs, on se rend malade et on passe à autre chose. ». Il semble avoir une illumination quand il déclare. « Comme le sexe en fait ! Tiens ça me rappelle…. ».

Préférant ne pas continuer sur le sujet, Edward se tourne vers Bella. « Ça va ? Toute l'équipe est passée… Entre Emmett et l'autre là-bas… Ces guignols ne te fatiguent pas trop ? ».

Elle secoue la tête, préférant mille fois leur présence que la solitude qui lui pèse dès que les heures de visite sont terminées.

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Une semaine plus tard…

Edward avance jusqu'à l'étage où Bella a été transférée.

Maintenant qu'elle est hors de danger, la jeune femme est dans une chambre simple, à l'étage. Il esquive aisément les infirmières qui tentent de l'intercepter, lui faisant des avances limites surtout qu'elles savent bien pour quelles raisons, il est présent.

Le jeune homme ralentit lorsqu'il réalise que la porte de la chambre de sa petite amie est entrouverte. Il inspire et tente de se calmer un peu. Bien que rassuré par les médecins et par la jeune femme, les nerfs d'Edward restent à vif tant qu'elle séjourne dans ce putain d'hôpital. Passant sa main dans ses cheveux, il se décide enfin. Il s'apprête à entrer quand il remarque ce qui se déroule de l'autre côté. Elle n'est pas seule.

Le rire, redevenu cristallin, de Bella fait écho dans ses oreilles et la voix qui y répond n'est pas celle auquel il s'attendait. La silhouette du visiteur ne permet pas de le discerner clairement vu qu'il est allongé de tout son long à côté de la jeune femme et qu'il lui tourne le dos mais, Edward sait directement qui c'est.

Cela aurait pu être Emmett, ou même Seth vu que ceux-là semblent inséparables. Mais non. Le mec allongé auprès de sa petite amie, dans le lit étroit de l'hôpital, rit de bon cœur avec elle, comme si cette place lui était attribuée.

Bien qu'ils aient fait le point sur les sentiments de chacun, il n'arrive pas à se détacher de ce soupçon de trahison et de jalousie qui pointe son nez. Restant scotché sur place, son regard reste fixé sur eux, maudissant son manque de courage devant une telle situation.

Bien que Bella aille beaucoup mieux, elle semble encore être passée sous un rouleau compresseur avec les bleus qui parsèment son corps, sa lèvre encore un peu enflée par sa coupure et le bandage qui cache sa tempe et le début de son cuir chevelu. Confortablement installée sous les draps immaculés, malgré tout, elle offre un sourire joyeux à l'homme avec qui elle partage son oreiller.

Jasper, lui aussi semble à l'aise. Une de ses mains est passée sous sa tête tandis que l'autre tient un iPad, leur permettant ainsi de visionner l'écran avec aisance.

Edward remarque la veste en cuir posée sur la chaise et les boots de son frère, disposés à proximité.

Bella marmonne quelque chose, soufflant sa frange hors de sa vue. Comme d'habitude, ses cheveux rebelles reviennent directement en place. Jasper lui tend la tablette afin de l'aider. Sa main repousse la frange et continue son mouvement jusqu'à atteindre son oreille. Sa voix est calme et posée quand il lui dit. « Là, ça va mieux ? ».

Elle grimace. « Je sais. Mes cheveux sont incontrôlables. Puis, là… ». Elle montre le pansement et les cheveux rasés tout autour. « …J'ai vraiment un style à part. ».

Jasper se penche un peu pour regarder et hausse les épaules. « Ça va encore. J'ai vu pire. Est-ce qu'il faut que je te donne le numéro du toiletteur d'Aro ? ».

Elle grommelle, prête à en découdre. « Gnagnagna… Dis donc, on ne t'a pas dit d'être gentil avec les malades ? ».

Il retient les bras qui manquent de le frapper et dit doucement, pour l'attendrir. « Je suis passé par tous les stades. L'inquiétude. L'angoisse. La joie… Et maintenant que tu vas bien… Ce n'est pas de la gentillesse qui me vient en tête… En fait… Si tu continues ainsi, je vais être obligé de t'enfermer dans une tour afin qu'il ne t'arrive rien. ».

Bella sourit, levant les yeux au ciel. « Je ne suis pas en sucre. ».

« Oui mais tu comptes énormément. ». Il soupire et Bella se blottit un peu entre ses bras. Jasper presse un baiser sur son front. « Tu m'as vraiment fait peur Bee… Je me rends compte que tu ne peux pas disparaitre de ma vie… ».

Edward reste coi devant une telle déclaration. Jamais, il n'a vu son grand frère si tendre et affectueux avec quelqu'un. Même au meilleur de sa relation avec Alice, il n'a jamais vu Jasper montrer un signe si flagrant d'affection.

Edward ne sait pas quoi faire, ni même penser. Voir ainsi la femme qu'il aime avec le frère qu'il réapprend à aimer…. Son cœur manque des battements et ses genoux semblent prêts à lâcher. Il recule d'un pas… puis de deux… Putain, ça fait mal. Il sait que Bella et Jasper sont proches. Mais, pourquoi cette relation semble si… si spéciale… si unique. Pourquoi est-ce qu'il a l'impression qu'il est le maillon en trop dans cette histoire ?

Ils ont jurés qu'ils ne sont qu'amis. Alors pourquoi cela semble si difficile à croire ?

Les poings d'Edward se resserrent avant que ses mains passent nerveusement dans ses cheveux. Le courage lui manque. Le jeune homme recule encore et s'apprête à repartir quand il entre en collision avec une personne qui était derrière lui.

Il reste un moment surpris, quand une voix pleine de dédain lui fait reprendre ses esprits. « Tu restes ou tu te tires ? En tous cas, ça serait bien de me laisser passer. ».

Rosalie lève ses yeux bleus vers lui, la tête encore coincée contre le torse d'Edward.

Edward passe sa langue sur ses lèvres sèches et détourne son regard un instant, priant tous les saints qu'elle n'a pas remarqué son manège.

Le sourire doux qu'elle lui offre montre clairement qu'elle sait. Les bras croisés, elle fait un pas chassé et observe l'intérieur de la chambre.

Malgré son manque de courage, Edward la regarde. Le visage de la jeune femme prend un ton soucieux qu'il prend tout de suite pour de la pitié. Elle lui saisit la main. « Allez viens Cullen, on va boire un café. ».

Se laissant entrainé par la grande sœur de Bella jusqu'au bout du couloir, il cherche toutes les solutions possibles pour se tirer de là. Elle lui tend un petit gobelet avec une des boissons insipides qu'on paie à prix d'or dans les hôpitaux, l'empêchant clairement de filer.

Au bout de quelques minutes, Rosalie demande. « Ça va ? ». Quand il ne répond pas, elle prend soin de continuer. « Je ne sais pas si ce sont des baffes que tu mérites ou si t'ôter ces idées stupides de ton crâne changerait la donne. J'aimerai savoir quel genre de film tu es en train de te faire ? ».

Manquant de s'étrangler avec son café, il réagit enfin. « Qu… Quoi ? ».

Un index parfaitement manucuré… surtout pour une femme qui passe tout son temps libre sur la Ducatti de Bella… le menace et le désigne en même temps. « Dans cette putain de chambre, il y a ton frère et ma sœur… Je ne sais pas comment ça se passe chez toi, mais la famille c'est sacré. On ne se trahit pas ainsi et lorsqu'un Swan aime quelqu'un c'est jusqu'au bout. Tu es celui qu'elle voulait auprès d'elle en se réveillant… et tu oses… Tu oses avoir ces putains de doutes ?! ».

Il bafouille presque. « Je ne sais pas pourquoi… Je le sais, mais… ».

Elle jette son gobelet dans une poubelle à proximité. « Tu vas t'acheter une paire de couilles et entrer dans cette chambre. Affronte tes démons et surtout n'oublie pas de t'excuser. ». Rosalie lui offre un dernier sourire en coin et lui tend le sac en papier qu'elle tenait depuis son arrivée. Les portes de l'ascenseur situé juste à côté s'ouvrent et elle entre dedans.

Avec son index et son majeur, elle lui montre ses yeux avant de diriger ses doigts vers les siens, annonçant clairement qu'elle le surveille.

Merde… et on dit que c'est Bella le garçon manqué ? Rosalie semble tout droit sortie d'un film sur la mafia.

Frissonnant presque, il se dirige une nouvelle fois vers la chambre, prêt à affronter ce qui l'attend.

xoxo

Merci à tout le monde pour les reviews et les encouragements...

je vais tenter de répondre aux mails que je n'ai pas encore ouverts tant ma frustration, face à mon manque de motivation, était grande.

Merci à Lyra pour sa correction.

Merci à Daria pour ses encouragements (et bon anniversaire encore...)