En pleins partiels, mais ça me fait du bien d'écrire ! J'espère que ce chapitre vous plaira :)
Résumé des chapitres précédents : Lorsque Draco décide de parcourir le temps, il ne se doute pas qu'il le fera en compagnie d'un Harry Potter en cavale, ni qu'ils resteront bloqués à une époque qu'ils n'ont pas choisie. Partis avec leurs fils respectifs, Scorpius et Albus, ces derniers ont désormais grandi et s'apprêtent à être répartis à l'école de Magie de Poudlard. Nous sommes en 1930.
POV Scorpius
La répartition. Poudlard. On y est enfin !
Je dois dire que ça me fout un peu les pétoches de savoir que ça va décider de notre Maison pour les sept prochaines années. Tom a l'air un peu mal à l'aise, alors je lui donne un coup de coude pour l'encourager, avant qu'on ne nous mette en ligne. D'ailleurs on se retrouve à la suite avec Al et Tom. Lysandre est largement devant.
Le directeur, qui dit s'appeler Monsieur Dippet, prononce un discours dont personne ne semble se soucier. Puis c'est notre tour.
« Abbot, Andrea. » commence le directeur. C'est un garçon minuscule aux cheveux chatain et au visage constellé de taches de rousseur.
« Pouffsouffe ! » crie le chapeau rapiécé
« Black, Lysandre. »
« Serdaigle ! »
Elle nous fait un petit signe de la main en se dirigeant vers la table la plus proche.
Les autres années nous regardent soit avec intérêt, soit d'un air blasé, mais tous applaudissent quand l'un d'entre nous est réparti dans leur maison.
« Jedusor, Tom. » semble agacé par le chapeau, et est finalement envoyé à Serpentard.
« Kettleby, Albus. » Un des professeur lui lance un regard tellement perçant qu'il semble essayer de lire ses pensées. Al semble s'en rendre compte et sourit donc en retour. J'aimerai bien savoir ce qu'aurait vu le professeur si c'était le cas.
Al s'avance doucement vers le Choixpeau et le porte sur sa tête. Sa répartition semble s'éterniser, alors que son sourire ne fait qu'augmenter.
« Serpentard ! » hurle le vieux chapeau.
« Quoi ?! » je hurle à mon tour !
Tout le monde me regarde à présent, ce qui me fait rougir comme jamais.
Al ne semble pas s'en soucier et trottine vers la table des vert et argent.
« Le Fey, Scorpius. »
« Bonjour Monsieur le Choixpeau, je peux savoir pourquoi Al a été envoyé là bas ? Il n'a rien à y faire. Il est trop intelligent pour ne pas aller à Serdaigle, et il était fasciné par Poufsouffle ! »
« Bonjour jeune Scorpius. Ton ami m'a demandé à être envoyé là où il y avait un Maître des Potions. Il m'a raconté qu'il aurait voulu être de toutes les maisons à la fois, et il est vrai qu'elles lui conviennent toutes, mais c'est malheureusement impossible. Je l'ai alors laissé choisir. »
« Vous pensez pas qu'il sera malheureux là bas ? »
« Non, je pense sincèrement qu'il y trouvera sa place. Parlons de toi jeune homme. Gryffondor te conviendrait certainement le mieux, mais tu as de hautes ambitions et aller à Serpentard te donnerait les moyens d'atteindre tes buts. N'es-tu pas d'accord ? »
« Je veux devenir Maître des Potions. »
« Alors c'est parfait ! Serpentard ! »
« Mc Gonagall, Minerva » est ensuite envoyée à Gryffondor, et la répartition continue jusqu'à ce qu'il ne reste plus personne à répartir - bien entendu.
Le repas est copieux. J'ai l'occasion de discuter avec un troisième année. Il s'appelle Cygnus Black et c'est le cousin de Lysandre. Il a le menton pointu et des cheveux noirs pleins de brillantine. Ça lui donne un air un peu coincé, mais il est sympa avec moi. Il s'intéresse à ma famille. Je lui explique que je suis probablement un descendant de Morgane Le Fey, la sorcière des Chocogrenouilles. Ça a fait son petit effet – et ça me fait bien rire intérieurement. C'est à mon tour de lui poser des question sur sa famille et il a l'air surpris que je ne la connaisse pas.
« C'est parce que j'ai vécu en France quelques années. Je ne connais pas vraiment les grandes familles anglaises. »
« Alors tu parles bien français ? J'aurai besoin d'un petit coup de main à l'occasion. Je m'occupe d'accueillir la délégation de Beauxbâtons pour le Tournoi des trois sorciers … mais je parle pas un mot de français ! »
« Ça me pose pas de problème. » je lui répond en haussant les épaules. Je crois que j'ai définitivement gagné son respect à ce moment là.
« Dis, qui c'est ce garçon à l'autre bout de la table ? Il me ressemble tellement que j'ai cru voir mon double avec quelques années de plus. » je demande.
« Je me suis fait la même réflexion, c'est vrai que la ressemblance est frappante. Il s'appelle Abraxas Malfoy, cinquième année. Tu veux que je te présente à lui ? »
« Ce serait super. »
« On est entre serpentards, c'est normal de s'entraider. » dit il en se levant de sa chaise pour se diriger de l'autre côté de la table. Je jette un œil à Al : il est en pleine discussion avec Tom. Tant mieux pour tous les deux. J'ai comme l'impression que l'ambiance « entre grandes familles » ne leur convient pas trop. Tom surtout a intérêt a être discret sur ses origines.
Je suis désormais en face de mon fameux sosie-avec-quelques-années-de-plus.
J'ai vraiment une impression bizarre en le regardant. Et ça semble être réciproque : lorsqu'il se retourne pour nous saluer, mon camarade et moi, il ne peut s'empêcher de me scruter du regard.
« Salut Abraxas, je te présente Scorpius Le Fey, un petit nouveau. Il était curieux à ton sujet. Je vais vous laisser pour rencontrer les autres nouveaux. »
Les quelques personnes à proximité commencent à chuchoter en nous regardant tous les deux tour à tour.
« Je me disais qu'on devait avoir de la famille en commun, vu la ressemblance. » je commence, avec un aplomb parfaitement feint.
Il me répond avec le même ton traînant que mon père « Enchanté. J'avoue que ça m'intrigue moi aussi. D'autant plus que ma famille n'a pas de lien récent avec les Le Fey. D'aussi loin que je puisse me souvenir, nos plus proches liens remontent à plus de 300 ans. »
« Oui, mais peut être est-ce par ma mère ? » Je sais que je ressemble à mon père, mais je n'ai jamais vu de photos de lui à mon âge. « Elle s'appelait Astoria. Mon père ne me parle pas trop d'elle, je ne sais même pas son nom de famille, peut être que toi ... ? »
« Astoria et Scorpius. Etoile et constellation, comme dans la tradition des Black. C'est peu commun ! D'ailleurs leurs yeux sont du même gris que les tiens. Tu devrais chercher dans cette direction. Je contacterai mon père de mon côté, si tu le souhaite. »
« J'apprécierai, merci.» je dis en me levant. « Je suis vraiment ravi de t'avoir rencontré. Je vais rejoindre mes camarades de promotion, maintenant. Passe une bonne soirée. »
« Je suis préfet, si tu as besoin de conseils... »
Je suis retourné m'asseoir à côté de Tom.
« Tu devrais faire attention, je crois qu'ils ont du mal à accepter ceux qui ne sont pas d'une grande famille. J'ai de la chance qu'une de mes aïeules soit sur une carte, et Al aussi, mais ça a pas l'air d'être ton cas. Je sais pas si tu vois d'ici, mais cette pauvre Liberty a eu le malheur de dire qu'elle était née de moldu en première année, et du coup elle est carrément mise de côté. Si tu veux on a qu'a dire que t'es le cousin de Al ? Et que t'as été élevé en orphelinat parce que personne savait que ta mère avait eu un fils… Enfin, si ça te dit. Je sais que c'est un peu tiré par les cheveux, mais si ça te permet de faire une scolarité normale.»
« J'ai pas vraiment envie de faire une scolarité normale, et on m'a pas encore posé de questions, mais ça me va. » répond-il avec un sourire en coin.
« J'ai subi un véritable interrogatoire. Ça doit être Al qui les a fait fuir : il sourit trop. T'as de la chance d'être tombé sur des gens aussi ouverts que nous, mon cher Tom.
Moi non plus j'ai pas envie d'être dans la norme. Je t'ai déjà dit que je voulais devenir Maître des Potions ? »
« Au moins trois fois. Ton père a raison, ton débit de paroles est vraiment impressionnant. » Il répond en riant sous cape.
« Je vais prendre ça pour un compliment. » dis-je en entamant un dernier morceau de tarte.
On a été placés dans un même dortoir, avec les autres garçons de première année.
« La déco est vraiment … spéciale. Pourquoi la lumière est verte ? »
« On est sous l'eau ! Vous croyez qu'on peut voir le calamar géant d'ici ? » demande Albus, excité comme une puce.
« C'est superbe. » répond pour sa part Tom.
Je me retourne vers les deux autres occupants :
« Enchanté de vous rencontrer … »
« Thomas Fortarôme. »
« Anton Smith. »
« Je suis Scorpius Le Fey, et voilà mon ami Albus Kettleby et son cousin Tom. »
Les deux autres nouveaux ont l'air dans leur élément. Ils ont une mine un peu lugubre -comme la plupart des élèves de Serpentard – je me rends compte. On doit détonner un peu dans le décors, nous autres.
La pièce est agencée de la manière suivante : cinq grands lits à Baldaquin, cinq bureaux, et cinq armoires, chacun dans une sorte d'alcôve circulaire. Le tout forme une sorte de gigantesque trèfle à cinq feuilles. C'est plutôt pas mal, ça nous laisse un peu d'intimité, un peu comme si on avait notre propre partie de la chambre. Le vert est clairement la couleur dominante, avec quelques touches d'argent ici et là.
Au centre il y a un large escalier en colimaçon, taillé dans un bois sombre. Il donne sur la salle de bain. Cette dernière est somptueuse. Les robinets sont gravés de nombreux serpents aux yeux émeraude, magnifiquement ouvragés. Je sens que je vais m'y plaire.
Nous redescendons. « Je prend le premier lit ! » Je m'exclame. Le lit le plus proche de la porte, comme mon père m'avait conseillé. C'est la meilleure place parce qu'on voit tout le monde entrer et sortir.
Al a choisi la plus belle vue sur le lac, et Tom s'est mis entre nous deux.
Après la douche, on s'est retrouvés tous les cinq pour apprendre à mieux se connaître. Ça a vite dégénéré et j'ai fini par raconter les pires histoires d'horreur que je connaissais. C'est comme ça que j'ai découvert le petit côté morbide de Tom. L'histoire qu'il a raconté était vraiment terrible. Elle parlait d'un enfant qui parle aux serpents et qui décide un jour de se venger des sévices que les autres enfants lui avaient fait subir. Il a fini par enfermer ses bourreaux dans « une grotte à l'eau sombre et noire, d'où sortent des murmures ».
Il y a mit force de détails et je dois avouer que j'y ai cru tout au long de son récit. Son sourire sadique a pas aidé non plus.
« […] M'enfin, ça a l'air d'être un gars sympa et pas prise de tête, ce Tom Jedusor.
Bisous, Scorpius. »
