LE DESTIN RETROUVE

Bonjour à tous.

Très heureuse de voir que vous êtes encore là ! Je vous livre la suite, vous remercie pour vos commentaires, attends les prochains et vous fait des bisous !

Bises, Bergère

S'incruster à la fête

La maison des Weasley – la maison des parents de Mikhaïl – était une sorte de baraque biscornue, en hauteur, assez laide de l'extérieur, mais qui dégageait une certaine chaleur, une bizarre familiarité. Son père était froid, lui, toujours enfermé dans une petite pièce qui lui servait de bureau et d'où il travaillait. Sa mère, pour sa part, était une femme gentille et affairée, quoique très effacée. Être ici n'était pas désagréable, depuis une semaine elle y passait un temps assez doux : Mikhaïl, d'ailleurs, ne passait pas la totalité de son temps avec elle, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Elle avait du temps libre, les livres qu'elle avait amenés descendaient vite, sous le regard plein d'incompréhension de la mère de son fiancé qui ne pouvait concevoir ce genre d'amusement.

Cela dit, fondamentalement, elle s'ennuyait. Pas davantage que chez ses parents, avec qui elle n'échangeait pas plus qu'avec ces inconnus – sa future belle-famille. Mais ici, elle s'en rendait plus compte. Assise sur un fauteuil, à côté de Mikhaïl, elle regardait par la fenêtre avec sa tasse de thé. Tout cela était bizarre. Une part d'elle-même avait envie de s'enfuir en courant, de tout laisser là, de s'échapper de cette situation qui, elle ne pouvait que le pressentir, allait droit dans le mur. Pourtant, elle sentait son incroyable entêtement la visser encore à son fauteuil, prête à y passer tout le séjour prévu, puis toute la vie attendue.

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Chère Hermione,

Je réalise que j'ai été, sans doute, un peu sec dans ma dernière réponse. J'espère que tu m'en excuseras, les circonstances m'ont un peu chamboulé.

Je réalise aussi que ta lettre était, probablement, un moment de nous rapprocher à nouveau. Aussi je t'écris quelques nouvelles, dans la même veine. Je suis avec mon frère et ma sœur, je m'occupe d'eux. Cet avenir peut paraître terne, mais il me convient et convient à mon devoir. La retraite est d'ailleurs un peu plus gaie que prévu. J'ai fait la connaissance de quelqu'un, c'est déjà un ami. J'espère que tu auras un jour l'occasion de faire sa connaissance : Gellert est quelqu'un de très bien.

Comment vas-tu ? Elphias me parle de fiançailles. Je me permets de te féliciter, si la chose est vraie.

Albus

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Il lui avait écrit. De lui-même. Elle savait qu'elle aurait dû être heureuse, au moins soulagée. Un instant plus tôt, d'ailleurs, avant de décacheter le pli – quand de la lettre elle n'avait encore connu que l'écriture d'Albus – elle avait été envahie de cette sensation de joie vaguement victorieuse, sensation qui venait de l'abandonner entièrement, la laissant un peu bête. Pendant un moment à la lecture, elle avait ressenti une sorte d'empathie poignante pour cet homme qu'elle considérait, malgré tout, comme un ami. Tout ce jeu qu'elle jouait avec elle-même, en s'aveuglant volontairement sur la nature des pions qu'elle y incluait, c'était cela aussi. Cela pouvait paraître bien terne, épouser Mikhaïl, et pourtant elle le faisait et avait décidé d'en être heureuse – oui, elle n'aurait pas pu formuler la chose mieux.

Et puis elle avait été jalouse et en colère, déçue. Elle n'avait pas su qu'elle était jalouse de cette nouvelle amitié, elle s'était contentée de reposer la lettre sur son bureau, dans la chambre qu'elle habitait chez ses parents, retrouvée depuis deux jours. Le mois d'août brillait si fort qu'on pouvait à peine, sous cet angle, relire la lettre. Elle l'avait posée de côté, elle avait senti bouillir la déception d'une lettre si courte, laconique. Elle avait rouvert le gros grimoire sur lequel elle prenait des notes, et tenté de continuer.

Un instant après, elle feuilletait les ouvrages récents et articles de presse : y avait-il une chance de découvrir qui était ce Gellert, hein ? Mais il n'y avait rien. En fermant le gros livre d'histoire contemporaine dans lequel elle avait placé le plus d'espoir, elle se murmura à voix basse : tant pis. Mais, le grimoire rouvert, sa pensée était encore entièrement tournée dans cette direction inconnue, un peu effrayante. Elle ne pouvait pas se laisser absorber par cela. D'ailleurs, si elle tenait tant à obtenir des informations, elle n'avait qu'à écrire à Elphias qui, où qu'il soit aujourd'hui, pourrait sans doute la renseigner – n'avait-il pas informé Albus des nouvelles de sa vie, à elle ? Ce mot de fiançailles, dit par quelqu'un d'autre, surtout par Albus, lui faisait un bizarre frisson glacial, comme si la trace de son mensonge se reflétait dans quelqu'un d'autre qu'elle. De toute manière, ce n'était pas ses affaires.

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La seule mention d'un Gellert, c'était un certain Gellert Grindelwald. Et à son sujet, il y avait à peine 2 coupes de presse allemandes, et un malheureux article de 10 lignes dans le Prophète, quelque part à côté des informations Quidditch.

Brillant garçon qui avait manqué être renvoyé de Durmstrang pour quelque chose de très peu net et qui avait des airs de magie noire. Impliqué dans une possible mort, quelque part en Hongrie. Fleury & Bott n'avait rien de plus à lui fournir, comme documents, mais elle acheta ce qu'il y avait, pour ne pas avoir l'air de se servir de la librairie comme d'une bibliothèque. Et, ayant aussi acheté les ingrédients pour la potion qu'elle voulait essayer, elle s'apprêta à transplaner. Il allait falloir répondre à la lettre de Mikhaïl, aujourd'hui. Il attendait depuis hier, déjà, sa réponse. De toute façon, elle n'avait rien à dire, n'aurait rien à dire demain non plus.

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Hermione,

Comment vas-tu ? Je suis en Russie en ce moment, c'est assez incroyable comme endroit. Il fait une chaleur incroyable, par contre, je t'avoue que je ne m'y attendais pas. Tu recevras peut-être cette lettre un peu tard : j'ai beaucoup hésité à t'en parler, pour être honnête cela me préoccupe depuis mon départ.

Rien de très grave, ne t'en fais pas, mais… Voilà, je ne sais pas s'il t'en a parlé, mais Albus s'est fait un nouvel ami, un certain Gellert ? Un neveu de Bathilda Tourdesac ? Je l'ai vu, juste avant de partir. Très beau garçon, mais alors vraiment, grand, fort, le genre un peu impressionnant, et très intelligent. Albus est en admiration complète d'ailleurs.

Maintenant vient la partie gênante. Je sais que tu me connais suffisamment bien pour ne pas sur-interpréter ou mal comprendre. Donc voilà : je lui trouve quelque chose de bizarre. Lorsqu'Albus en parle, c'est la dernière merveille du monde – ce qui m'étonne d'Albus, franchement. Et il n'arrête pas de m'écrire qu'ils ont un grand plan, un plan passionnant et de grande ampleur, et il ne m'en dit pas plus.

Désolé, je te fais un peu profiter de ma crise de jalousie amicale, mais même si cet homme est son nouveau meilleur ami, ce qu'il me faudra bien apprécier… Je trouve cela louche, de ne dire que les choses qu'à moitié. Je sais bien que tu es en froid avec Albus, plus ou moins. Mais j'aurais besoin de ton avis. Est-ce qu'il t'en a parlé ? Est-ce que tu l'as vu ? Qu'est-ce que tu en penses ? J'aurais écrit à Aberforth, mais nous savons tous les deux qu'il ne va pas me répondre, ou bien m'envoyer sur les roses, je suis trop proche d'Albus. Je suis prêt à revenir, si tu es d'accord avec moi. Mais je t'avoue que je suis à l'autre bout du monde, je ne veux pas revenir en criant au loup si ce n'est qu'une fausse impression.

J'attends ton avis. Et raconte-moi tout ce que tu fais ! Comment cela se passe-t-il avec Mikhaïl ? Tu aurais difficilement pu me faire un récit plus laconique de la semaine que tu as passé dans sa famille…

Enfin, je t'embrasse. De toute façon, en octobre au plus tard je serai de retour en Angleterre,

Elphias

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Bien sûr, la lettre d'Elphias l'avait jetée dans une insupportable agitation. Ce qui se réveillait en premier ce n'était pas de l'inquiétude – elle ne savait pas vraiment s'inquiéter pour Albus, l'homme qui savait tout sur tout – mais, évidemment, de la jalousie. Elle en eut pleine conscience, cette fois, relisant la lettre en s'efforçant d'en faire une analyse à tête reposée, froide. C'est vrai que la chose était peut-être un peu bizarre, mais enfin… Finalement, le secret était tout à fait dans la nature d'Albus, réfléchit-elle avec une moue un peu dure, repensant à l'expérience qu'elle en avait faite. La chose paraissait très lointaine, mais elle n'en représentait pas moins une réalité du caractère de son – ancien - ami. La lettre reposée, elle entreprit de fouiller dans la multitude de dossiers qu'elle avait et remit la main sur les coupures de presse qu'elle avait trouvées, et qui portaient donc, effectivement, sur ce garçon. Son passé ne pouvait être absolument sans tache, quelle que soit la réalité, en détail, de ce qui avait eu lieu dans son passé scolaire.

En observant son intérieur, le tas de sa correspondance avec son fiancé, la multitude des morceaux de débuts d'articles et de calculs, les fonds de fioles, elle décida subitement de faire quelque chose. Toute cette activité intellectuelle à vide, au fond, c'était un peu rien. Elle s'ennuyait, et puis. Ouvrant un petit sac, elle y fourra quelques affaires, des clefs, un papier et une plume à encre intégrée – il fallait qu'elle réponde à Mikhaïl aujourd'hui, elle avait passé l'été à répondre à ses lettres avec un ou deux jours de retard, mais il y avait des limites, cela faisait trois jours cette fois-ci – et, comme par acquis de conscience, les coupes de journal portant sur Gellert Grindelwald. Avec cela, elle sortit, renonçant à prévenir ses parents, et transplana dans un coin du jardin.

Godric's Hollow était très calme. Il y faisait une sorte de chaleur paisible, un peu casanière, un temps à prendre de la limonade sur le porche. Elle n'était pas complètement certaine de ce qu'elle faisait là. L'excuse, c'était de pouvoir rassurer Elphias. La réalité, c'était sans doute avant tout une méchante curiosité envers ce sorcier qui accaparait tant Albus. Elle savait où était la maison des Dumbledore, mais elle n'y était jamais entrée : devant la grande porte, donnant directement sur la rue, elle eut un sursaut de pudeur. Albus voudrait-il réellement d'elle ici ? Ils étaient tout de même en froid, à peine trois lettres très circonstanciées, de tout l'été. Et puis, la fratrie seule dans cette maison, est-ce que vraiment… ? Et puis bon sang de Merlin, elle était venue jusqu'ici, elle allait faire quelque chose ! D'ailleurs, si ce type était vraiment quelqu'un de bizarre ou de mauvais, il fallait en avoir le cœur net le plus vite possible ! Elle n'était pas une poule mouillée, pas une de ces pauvres femmes timorées. Peut-être avec trop d'insistance, elle frappa fortement à la grande porte de bois.

La porte s'ouvrit dans un grand coup, créant un appel d'air, pour laisser place au visage renfrogné d'Aberforth, visiblement prêt à aboyer sur la personne à qui il ouvrait. Mais, en la voyant, ses sourcils déjà bizarrement broussailleux pour un garçon de cet âge se froncèrent, et il baissa le bras qu'il avait levé en l'air de façon agacée.

« -Oh, c'est toi…

- Je dérange ? demanda-t-elle, se sentant soudain très timide.

- Pas plus que ça. Mais le génie et son double maléfique ne sont pas là ! en exagérant l'ironie.

- Euh… pardon ? hésita-t-elle, sans comprendre.

- Albus et son nouveau meilleur ami, ne sont pas là. Ils sont en train d'échafauder va savoir quoi chez Bathilda.

- Tourdesac ?

- Oui. Bon, entre, si tu veux. Tu sais bien pour Ariana, de toute façon.

- Euh, oui…

- Bon. Je te fais confiance avec elle, plus même qu'à Albus, ne me demande pas. Entre. »

Il laissa la porte grande ouverte et la laissa entrer, lui montrant le dos tandis qu'il marchait devant elle vers l'entrée. Ce gamin de 15 ans avait un aplomb incroyable, pour son âge, il l'intimidait même – sensation très désagréable, mais suffisamment fascinante pour qu'elle ne se sente pas trop mal. La maison était haute de plafond, toute de pierre, elle donnait un aspect très froid : ici, il ne faisait pas si chaud que dehors. Il s'arrêta devant une porte, l'invita à entrer.

« - Ariana est dans sa chambre, je ne veux pas la laisser trop longtemps seule. Mais je peux rester avec toi pour un thé.

- D'accord…

- Je me permets de te le demander directement, je pense qu'il est inutile de tourner autour du pot. Pourquoi est-ce que tu es venue ?

- Pour… prendre des nouvelles, fit-elle prudemment.

- Bon. Eh bien, pour résumer, dit-il en lui fourrant une tasse dans les mains, Albus a juré de s'occuper de sa sœur. Il l'a fait. Et puis il s'est ennuyé, et il a rencontré cet espèce de… Ce type. Brillant, son niveau intellectuel, mieux que sa sœur instable.

- Mais tout va bien ?

- Oui. Si l'on considère comme bien le délire constant dans lequel il vit. Il doit encore être en train de monter de super plans avec Gellert pour prendre le pouvoir sur le monde en dirigeant les moldus, le tout en mangeant des petits fours chez Bathilda que, franchement, je pensais moins bête que ça !

- Hein ? s'exclama-t-elle, renversant du thé sur son genou en faisant un mouvement brusque.

- Oui, Bathilda est franchement…

- Non, interrompit-elle en se levant. Donc maintenant monsieur joue au sang pur au-dessus des lois. Oh mais il va m'entendre ! lâcha-t-elle en reposant la tasse et en prenant la direction de la sortie. »

Non mais alors ! Non, vraiment, il n'y avait plus rien à faire. Elle allait l'assassiner sur place. L'assassiner ! Comment osait-il ! En se précipitant vers la sortie, elle oublia tous les éléments raisonnables, même sa jalousie envers ce nouvel ami si incroyable. Jusqu'à ce que les pas précipités d'Aberforth l'arrête dans le couloir.

« - Hermione ! »

Elle se retourna un peu brusquement, surprise.

« - Oui, je sais comment tu t'appelles, tu as été la meilleure amie de mon frère et la seule personne à avoir son niveau intellectuel pendant des années. Tu t'appelles Hermione.

- Bon. Et bien quoi ?

- Eh bien tu vas faire quelque chose de stupide, permets-moi de te le dire.

- Mais il n'y a pas de raison que… ! s'empourpra-t-elle.

- Je n'ai pas dit que tu n'avais pas raison, ni que je n'étais pas d'accord. Je suis d'ailleurs franchement très heureux de trouver quelqu'un qui s'accorde avec moi, même pour des raisons sans doute différentes, et quelqu'un qui soit prêt à s'élever face à lui. Ni mes parents ni Elphias ne l'ont jamais pu.

- Merci, s'attendrit-elle un instant. Bon, et alors, pourquoi ne devrais-je pas débarquer chez Bathilda Tourdesac et lui faire la tête au carré ?

- Parce que ça ne servirait à rien. Albus est devant ce type comme si c'était la femme de sa vie ou quelque chose. Gellert par-ci, par-là, il est parfait, etc. Moi il ne m'a jamais écouté c'est différent, on ne s'est presque jamais entendus. Mais même, je pense que rien ne peut l'atteindre au sujet de ce type-là.

- Et donc il faut rester là, croiser les jambes et prendre le thé !? s'impatienta-t-elle.

- J'ai pas dit ça. Mais y aller frontalement… Il n'écoutera rien du tout. Ecoute, reste ici, et attends de voir Albus à son retour. Tu décideras mieux par toi-même.

- Hm… »

Aberforth marqua une longue hésitation. Il semblait soudain le garçon de son âge qu'il était en effet, derrière le masque. Elle se laissa désarmer, les épaules qu'elle tenait tendues retombèrent, elle admit que peut-être il n'avait pas tort. Cette alliance inattendue avec le petit frère d'Albus lui semblait surréaliste, mais elle accepta tout de même en se retournant vraiment vers lui, refermant la porte d'entrée derrière elle.

« - Admettons, conclut-elle.

- Si tu veux… Si tu veux, se décida-t-il, je peux te présenter Ariana. »

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Elle avait eu le temps de rencontrer Ariana, réellement, figure frêle et pâle, mais qui paraissait habitée d'une sorte de gaieté inexplicable. Puis d'écrire à Elphias pour lui dire de ne pas se déranger, qu'elle allait passer voir Albus. Puis d'écrire à Mikhaïl une lettre qu'elle finit par affectueusement, en réponse à celle où il avait conclu pas un je t'aime des plus embarrassants. Enfin, Albus était arrivé chez lui. Gellert l'avait raccompagné jusqu'à l'entrée. La voix grave du garçon parvenait jusqu'aux oreilles de ceux qui, restés dans le salon, attendaient en chiens de faïence. La voix d'Albus avait une inflexion étrange, un peu aiguë, qu'elle ne lui reconnaissait pas. En entrant dans le salon, il avait un sourire sur le visage, un peu rêveur, un peu étrange.

« - Alors, prêt à prendre le pouvoir Albus ?

- Tais-toi Aberforth, tu n'y comprends rien ! fit la voix cassante de son frère.

- Et toi tu cours le monde avec ton super ami au lieu de t'occuper de ta sœur.

- Tu n'y connais rien, tu es un enfant. Avec Gellert, nous préparons de grandes choses. Et toi, j'espère que ta valise est faite.

- Je ne retourne pas à Poudlard ! s'exclama le jeune frère en se levant.

- Tu y retournes, ça, je te l'assure. Je suis tout à fait capable de… »

Ça y était, Albus venait de l'apercevoir du coin de l'œil. L'attitude de son ami lui paraissait, en effet, complètement aberrante. Cet orgueil, ce n'était pas très surprenant, mais les idées… c'était comme s'il n'avait pas été entièrement maître de lui-même, en quelque sorte ensorcelé. Aberforth avait raison, s'énerver, provoquer la discussion, ça ne servirait à rien.

« - Tiens, Hermione…, lâcha Albus d'une voix altérée, s'éloignant de son frère et tentant de réveiller un sourire sur son expression devenue très froide.

- Salut, Albus, fit-elle doucement.

- Je ne savais pas que tu serais là…

- Oh, oui, c'est impromptu. »

Quelque chose ici n'était pas clair. Elle lança un regard en direction du jeune frère, qui resta de marbre. Non, il fallait rester à observer, voir ce qu'elle pouvait faire. De toute façon, il n'y avait qu'à tenter.

« - Je suis venue faire une visite de courtoisie, mais tu n'étais pas là. Et puis, comme mes parents font des travaux… enfin, Aberforth a suggéré que je reste ici quelques jours, dans une chambre d'ami. Si, bien sûr, cela ne te dérange pas. »

Elle se mordit l'intérieur de la bouche. Si Aberforth explosait de son audace, elle ne pourrait jamais regarder aucun des deux en face de sa vie. Mais, du coin de l'œil, elle crut voir l'expression approbatrice d'Aberforth. Pour sa part, Albus semblait gêné, visiblement partagé entre l'envie de mettre tout le monde dehors pour être tranquille, et celle d'être un hôte agréable, peut-être même une joie, modérée, de la voir. Il inspira, se frotta les mains, et eut un sourire forcé :

« - Mais bien sûr, Hermione, aucun problème, avec le plus grand plaisir. Mais Aberforth sera parti dès demain.

- Ce n'est rien, je vais récupérer de quoi m'occuper, je ne gênerai pas, mentit-elle éhontément, certaine de gêner Albus puisque, précisément, elle comptait jeter un œil sur lui.

- Très bien, très bien. »

Sur cela, Albus la laissa seule avec Aberforth, lequel lui lança un regard admiratif avant de prendre le chemin de la sortie de la pièce.

« - Tu prendras sûrement la chambre de l'étage, lui dit-il en sortant. Et merci. »