18.
Au petit déjeuner, ayant opté pour le prendre au Mess des Officiers, Alérian s'était retrouvé presque seul.
- Pourquoi je me lève au chant des poules, alors qu'il n'y a pas le moindre volatile à ce bord ? !
- Encore des œufs frits ? proposa Beebop.
- Oui, plein, une montagne, et ramène-moi encore plus de piments, je te prie. Et j'ai encore très envie de saucisses grillées et de légumes.
- Bien. Et du porridge ?
- Non, une assiette m'a suffi. Je préfère me rabattre sur le salé. Je termine mon repas, merci, Beep'.
Et sa petite Ordonnance rouge et blanche ayant roulé hors de son appart, Alérian revint à son bureau.
Le commandant de bord et Amiral de la Flotte Indépendante, Alérian avait fait son dernier rapport en date.
- Tut est prêt pour les Aspirants. J'ai avalisé les Missions nécessaires, et refusé d'autres. Voilà tous mes avis, je vous en souhaite bonne réception, Etat-Major !
- Bien reçu, Amiral Rheindenbach, fit le reçu électronique des faits.
Alérian soupira.
- Maintenant, je suis libre…
Phop Torsbim et tous les Lieutenants se levèrent.
- Amiral sur la Passerelle !
- Repos, pria Alérian en s'asseyant dans son grand fauteuil noir de commandement. Lieutenant Tosbim !
- Oui ! firent les jumeaux.
- Non, Phop seulement. Venez.
Et le jeune être au teint bleuté et à la crinière écarlate obéit.
- Oui, Amiral ?
- Comme je vous ai initié : prenez mes fonctions, pour le Firestarter. Je dois m'absenter.
- Longtemps ?
- Je ne peux vous donner cette information.
Phop Torsbim salua impeccablement, obéissant, et se retirant en parfait petit soldat.
- Merci… murmura Alérian, dans le vide.
Mais sortant son éternel médaillon de rose, noir, à son cou, depuis toujours, Alérian eut soudain confiance en lui.
L'estomac repu, Alérian s'était couché, stressé au possible, et donc il avait usé de l'habituelle téléportation pour se retrouver au Sanctuaire du Suprême Juge Lovisthar.
- Je suis là, moi ton horreur Humaine infinitésimale, pour t'affronter. J'ai défait tes enfants, je ne te laisserai aucune chance !
- Quelle fanfaronnade, minable Humain ! Je le lis en toi, tu n'as plus le moindre pouvoir quasiment ! Tu croyais donc parvenir à me vaincre ainsi ? Mais je suis tout puissant ! Et si tu refuses ta propre évolution, tu te condamnes d'avance ! J'adore trop ce genre de suicide, il y a longtemps que tu n'avais plus eu envie d'en finir avec toi-même !
Alérian soupira, trop agité et s'étant réveillé, rompant le lien avec le Sanctuaire de Lovisthar.
- Je dois y retourner !
A nouveau face au Suprême Juge Lovisthar, Alérian serra les poings, ailes déployées.
- Des ailes ou des plantes, je peux t'arrêter ! rugit la statue.
- Non, je ne crois pas…
Et rassemblant toutes ses forces Alérian projeta cette énergie sur son adversaire !
Repoussé comme un fétu de paille, sur le dos, Alérian tenta simplement de retrouver un peu d'air à respirer, mais n'y parvenant pas.
- Je dois recommencer, même si ça semble ne lui faire aucun effet !
Et se remettant debout, il concentra son énergie pour la relancer sur le Juge Suprême.
Mais Lovisthar le terrassant une fois de plus sans effort, le jeune homme toucha encore le sol, un goût de sang dans la bouche.
Alérian à terre, Itha s'interposa de sa toute puissance de Déesse Dorée, contrant la frappe du Suprême Juge, mobilisant sa force pacifique sans attaquer, figeant le combat dans le temps et l'espace, le plaçant dans un status quo interminable et à l'issue incertaine.
FIN
