Wouhou ! Désolée d'être en ce moment si désorganisée pour poster les suites. Mais je tiens parole ! Un chapitre par semaine ! Bonne lecture ! N'hésitez pas à me donner votre avis en review !
Mortimer tenait désespérément en l'air les jambes du policier allongé sur la civière, tandis que son collègue médecin cherchait par tous les moyens à retenir les hémorragies. Ils s'agitaient tout les deux dans tous les sens pour réussir à le maintenir en vie... C'était un véritable combat. Ils ne disposaient pas du matériel nécessaire pour une opération et il ne pouvait pas l'envoyer aux urgences : l'homme était un prisonnier. Hors de question de le laisser sortir de la base. Alors ils luttaient pour que le cœur continue à battre, du mieux qu'ils pouvaient. S'acharnant à faire circuler le peu de sang qu'il lui restait tandis qu'ils cherchaient un donneur potentiel. Mais trouver la bonne personne leur était difficile. Car hormis pour ceux qui travaillaient dans le cadre de la médecine, cela importait peu aux autres membres de la base, qui n'avaient que faire de ceux qui mettaient le nez dans leurs affaires. Ils commençaient à ne plus avoir assez de temps. Le sang que faisait remonter Mortimer par son geste avait réussi à grappiller quelques secondes de survie, tout au plus... Il héla des directives à prendre aux peu d'infirmiers dont ils disposaient. Molly n'était pas là, mais elle n'aurait pas été d'un grand secours avec son bras cassé de toute manière. Sa présence lui manquait, son soutien moral aurait été d'une grande aide.
Pendant qu'ils poursuivaient leurs efforts le cœur de l'officier, las et abîmé, finit par stopper. Le pauvre homme trembla alors que son collègue attrapa un défibrillateur. Il lâcha prise tandis que les plaques froides se posèrent sur le torse blessé et envoyèrent la décharge. Le corps sursauta. Mais aucun pouls. Il y eut une deuxième tentative, puis une troisième. Mais aucune ne réussit à relancer les battements de ses veines, ne serait-ce que pendant un instant. Il allait falloir s'avouer vaincu...
Pour la toute première fois de sa vie, Mortimer allait constater un décès.
La main du deuxième médecin sur son n'épaule n'aida pas à calmer sa colère qu'il ressentit à ce moment. Car il n'arrivait pas à comprendre comment ils avaient pu en arriver là. Il ne comprenait pas pourquoi il devait faire face à la mort aujourd'hui. Son métier aurait du lui donner maintes occasions de le vivre, mais jusqu'à présent il avait toujours sauvé ses patients et il pensait qu'en prenant ce nouveau travail on lui aurait épargné ce genre de situation. Mais ce n'était pas le cas. Au contraire on lui avait donné un patient qui avait été mis à terre par la même entreprise qui l'embauchait. Et ça il ne pouvait pas le concevoir.
De rage il renversa au sol ses outils et hurla pour se défouler. Des milliers de questions se bousculaient dans sa tête, hormis ce "pourquoi" : qu'allait-on faire de ce corps sans vie à présent ? Est-ce que la famille du défunt serait prévenue d'une manière ou d'une autre ? Est-ce qu'on réservait le même sort au second policier et à tout ceux qui tenteraient de s'approcher ? C'était intolérable, ce n'était pas ce qu'il voulait faire de sa vie, ce n'était pas son métier ! Mais il se retrouvait piégé ici. Tout ceux qui étaient tenus au secret n'avaient plus l'occasion de partir ou de renoncer. Il devait être là jusqu'à ce que tout soit fini, si cela finissait un jour... Leur travail était un travail d'étude. Ils étudiaient l'autre monde. Pouvait-on imaginer que cela aurait une fin ? Devrait-il vraiment rester ici toute sa vie ? Il frappa de nouveau du poing contre un mur. S'en servant pour appuis tandis qu'il regardait le sol.
Comment pouvait-il se sortir de là ? Comment se rebeller contre ce qu'il se passait ici ? Il avait finit par le comprendre, il ne travaillait pas de son plein gré, mais parce qu'on le lui obligeait. L'équipe de Cobalt, les membres de l'organisation ō, avait la main mise sur eux depuis le jour où ils avaient accepté de prendre place au sein de ce projet. Et ce qu'il entendait par "eux" c'étaient les scientifiques, les médecins, qui avaient généralement le bon sens de ne pas tremper dans les affaires de la mafia, et ceux qui travaillaient sur le site de la porte. Des hommes de chantiers.
Même s'ils travaillaient ensemble pour pouvoir partir, ils étaient en infériorité numérique.
La frustration qu'il ressentait décupla. Il était comme enchaîné. Ne sachant pas comment se calmer, il pensa à comment il en était arrivé là. Il se souvenait très bien de l'engouement d'Arthur qui leur parlait, à lui et à Molly, d'un projet extraordinaire, qui allait remettre beaucoup d'éléments de leur histoire en cause. Que ce soit d'ordre scientifique ou d'ordre culturel. Il avait réussi à les convaincre de venir le rejoindre dans ce travail, pour participer à un évènement qui marquerait l'histoire. Qu'ils seraient fiers d'y avoir participé.
Mortimer ressentait tout sauf de la fierté dans ce qu'il avait fait. Il ne comptait pas que la mort du policier qui venait de se produire, mais aussi des expériences qu'ils avaient mené sur les enfants de la Terre, ceux qui venaient au pokécenter. Du moins, qu'on leur avait forcé de mener. Les expériences sur des échantillons de sang n'étaient pas suffisantes pour prouver à Cobalt qu'il y avait une correspondance entre certains membres de la terre et les habitants de leur propre monde. Non, il tenait à ce que l'on aille plus loin dans la démarche, quitte à enlever de jeunes enfants.
Bien évidemment, au départ, quand Mortimer et Molly étaient arrivés à la base, tout se passait pour le mieux. Jusqu'à que la porte soit enfin ouverte et qu'ils commencent à s'installer discrètement dans le nouveau monde. Il ne pouvait pas nier qu'il avait ressenti de l'excitation à l'idée de découvrir une planète à des milliers d'années lumières de la leur, ou bien de fouler son sol. C'était ce qu'on leur avait promis. Ce qu'on leur avait fait miroiter. Mais la réalité était bien différente. Et il ne savait pas ce que prévoyait de faire Cobalt et ses hommes sur Terre, mais ce n'était pas de la recherche. Ou du moins, pas de celle prévue... Il savait juste que lorsqu'ils avaient découvert que le concept des pokémons existait déjà, lorsque Cobalt commença à restreindre leurs travaux pour éviter qu'ils n'en découvrent d'avantage, cela voulait le passage vers ce monde avait déjà été ouvert par le passé.
Et il avait aussi appris avec ses collègues que le groupe pour qui ils travaillaient n'était autre que l'organisation ō, d'une terrible réputation. À partir de là, tout n'avait fait qu'empirer...
Ne tenant plus en place et n'ayant pas d'autre travail à faire après cet échec cuisant, Mortimer décida de partir. Il se dirigea avec hâte vers le couloir pour se rendre dans ses appartements. Il espérait retrouver Molly en chemin pour lui faire par de la nouvelle... Cela ne pouvait plus durer. Mais le hasard voulu que ce soit une autre personne qu'il croisa : Arthur, qui était suivi par Nikki.
Bien que celui-ci était son ami, dans la confusion de ses sentiments et en voyant qui l'accompagnait, ce fut de la colère qui apparu sur son visage lorsque leurs regards se croisèrent. Arthur s'arrêta en le voyant et fut désarmé à l'expression qu'il arborait. Il n'osa pas parler tant Mortimer bouillonnait de rage. Ce fut ce dernier qui prit la parole, d'une voix brisée :
"- Cela tombe bien, je crois que j'ai deux mots à te dire... !"
Arthur resta coi sous l'étonnement tandis que Nikki se fit discret plus pour éviter de s'interposer entre eux et assouvir sa curiosité face à cette soudaine apostrophe. Au bout de plusieurs tentatives pour s'exprimer, le concerné fini par répondre :
"- Qu'est-ce... Qu'est-ce qu'il se passe ? Quelque chose ne va pas ?
- Oh ça on peut le dire que quelque chose ne va pas !" S'exclama Mortimer, tandis que son regard foudroya tour à tour Arthur, puis Nikki.
Les larmes commençaient à lui monter aux yeux tandis que ses yeux froncés sous la colère se posèrent de nouveau sur ceux bleu acier d'Arthur. Il déglutit pour faire descendre le nœud qui commençait à lui monter à la gorge et il essaya de reprendre plus calmement ; bien que sa voix laissait transparaitre ses sentiments :
"- Il faut qu'on parle. Vraiment."
Il observa de nouveau Nikki qui baissa les yeux pour tenter de se rendre invisible. Il n'aimait pas que celui-ci se retrouve à écouter leur conversation, car il ne pouvait trop en dire sur ce qu'il avait sur le cœur.
"- Le deuxième policier est mort." Se contenta-t-il d'affirmer.
Il dut faire un effort considérable pour que l'afflue de ses larmes ne double pas. Mais au moins il avait fait passé le message. Car Arthur le connaissait bien. Celui-ci reçut un choc à la nouvelle, plus faible que celui de son ami, qui lui avait échoué dans son travail, mais un choc malgré tout. Il baissa les yeux et songea à oublier de raconter ce qui était arrivé au deuxième durant l'interrogatoire, sachant qu'il le soignerait lui aussi probablement. Il ne voulait pas accabler le médecin plus qu'il ne l'était déjà. Curieusement, le troisième homme aussi fut secoué d'apprendre la mort de l'officier.
Nikki était jeune, très jeune pour un membre de l'organisation ō. Il était à peine plus âgé que vingt ans. Ses exploits en tant qu'homme de main de Giovanni étaient faibles. Il avait attaqué beaucoup de personne avec son pokémon. Pillé, volé, menacé... Ça il l'avait déjà fait. Ce qui lui avait permis de se faire remarquer. Surtout qu'il était plutôt malin et avait réussi à retrouver la trace de l'organisation tout seul pour la rejoindre. Mais tuer, jamais il n'avait réussi à le faire.
Arthur ne sut pas de nouveau quoi dire. Et il avait comprit qu'il ne pouvait pas en parler ici, ni rassurer son ami dans ce contexte. La situation le mettait très mal à l'aise, il tenta de s'en défaire rapidement :
"- Va retrouver Molly. Je... Je te rejoindrais. Je dois d'abord soigner le pokémon de Nikki."
Il commença à se glisser à côté de Mortimer pour poursuivre son chemin. Mais la réponse qu'il avait donnée ne plut pas au médecin. Citer Molly ne l'arrêterait pas, surtout si c'était pour que son meilleur ami aille soigner "l'arme" qui avait servi à tuer son patient. Il lui barra brutalement la route de son épaule, serrant les dents tandis qu'il prononça ces mots à son oreille :
"- Tu ne crois pas que cela suffit ? Pourquoi continues-tu de les suivre ?"
Cela blessa le scientifique. Mais ce fut son orgueil plus que sa tristesse qui répondit quand son ami sous-entendait qu'il était du côté de Cobalt. Il se redressa avec quelque peu de fierté, bien que son regard brillait sous l'humidité. Avec un ton incroyablement calme il s'expliqua clairement, à haute voix :
"- Non, ce n'est pas ce que je fais, au contraire."
Nikki, n'ayant pas entendu la phrase précédente, il ne pouvait pas comprendre ce que signifiait celle-ci. De cette manière, il montrait à Mortimer qu'il pouvait toujours compter sur lui.
"- Je t'expliquerai, mais pour l'heure, je dois y aller."
Son ami eut un sentiment de culpabilité qui remplaça sa colère face à cette réponse. Il baissa la tête et laissa le passage aux deux hommes. Nikki lança un regard par-dessus son épaule, tandis qu'ils s'éloignaient, et constata que le médecin ravalait ses larmes avant de poursuivre son chemin.
"- J'ai pas compris Doc'. Fit-il perplexe. C'est de quoi qu'il en retourne ?
- Aah... Nikki... Soupira Arthur. En quoi dois-je t'expliquer la mort d'une personne... ?"
Sachant qu'il en était responsable, le jeune homme ne pipa mot à cette remarque. Du moins pas immédiatement. Car on n'allait pas le refaire lui et son caractère de sale gosse :
"- Il d'vrait moins prendre son métier au sérieux vot' pote. Dit-il. Ça lui éviterait d'se sentir comme ça plus souvent."
Arthur roula des yeux. Il savait qu'il ne pouvait pas expliquer à cet idiot à quel point sa remarque était stupide. Il n'avait aucune notion de morale dans son éducation.
"- Essaye d'apprendre à un médecin de ne pas ressentir le mal de son patient. S'essaya-t-il malgré tout. C'est comme d'essayer d'apprendre à un dresseur de ne pas se soucier de ses pokémons."
Nikki eut un air interrogateur. Il ne comprenait aucune des deux images citées. C'était dire à quel point c'était peine perdue de tenter de lui faire comprendre ce sentiment. Mais le scientifique n'avait pas de temps à perdre avec cela. Il était déjà préoccupé par la nouvelle que lui avait annoncé Mortimer et ses propres inquiétudes. Il rentra sans la salle de soin pour pokémon, où le granbull se trouvait toujours, tandis qu'il poursuivit :
"- Ne perdons pas de temps avec ça. Sors-moi donc ton pokémon."
Il voulait recentrer le sujet sur ce qu'il c'était passé dans la forêt. Il voulait connaître le détail de la rencontre de Nikki avec moi, car c'était son unique moyen de pouvoir me remettre la main dessus et corriger cette première erreur.
Le jeune homme s'exécuta sans broncher. Il se dirigea vers le coin de la pièce le plus large et fit sortir son grand pokémon. Celui-ci apparu en silence, allongé sur le sol, recroquevillé sur lui-même. Sans perdre de temps, Arthur commença à l'examiner. Il constata en premier l'entaille qu'il avait aux yeux, ce qui lui rappela ironiquement celle du Grandbull. Bien que celle de l'ours était bien moins grave. Puis il remarqua les traces de coups sur le reste du corps, dont beaucoup étaient marquées par la présence de poison. Poison qui continuait d'affaiblir l'animal.
"- On dirait que ton pokémon s'est fait attaqué par un nidoran... Dit-il.
- Ah bah ça, répondit Nikki, c'est le cas !
- Je croyais que tu t'étais fait attaqué par Lilly ?
- Mais ouai ! Grave ! Vous m'faites radoter doc' mais elle a aidé des pokémons sauvage."
Le scientifique ne répondit rien. Cela le surprenait. Du moins, en partie. Car il avait bien constaté que je m'étais amusée à découvrir ma nouvelle forme, au lieu de m'en sentir paniquée. Mais il ne se serait jamais attendu à ce que je m'adapte tant que ça. Pas au point de m'allier à d'autres pokémons. Comment est-ce que j'avais fait d'ailleurs ? Il se le demandait. Comment avais-je pu communiquer avec eux ? Est-ce que sous ma nouvelle forme cela était inné ? Tous les pokémons pouvaient donc communiquer entre eux ?
"- Aidé ? Insista l'homme.
- Bah ouai. J'allais attaquer l'pokémon sauvage qui se trouvait là, quand y a eut un haydaim qui est venu le balayer. Puis ensuite votre expérience est arrivée et elle a commencé à attaquer."
Arthur nota précautionneusement tout ces détails dans sa tête tandis qu'il alla chercher un antidote contre le poison qui circulait dans le grand ours. Il en avait reçu une grande quantité et s'il ne soignait pas cela en premier il risquerait d'être en danger. L'ursaring avait peut-être attaqué et tuer des hommes, mais c'était sous un ordre de son dresseur ; il n'aimait pas malgré tout laisser les pokémons dans le besoin, c'était son métier à lui.
"- Qu'est-ce que tu faisais précisément dans la forêt ? Questionna-t-il.
- J'devais effacer les traces de l'éclair blanc.
- Cela incluait d'attaquer des pokémons sauvage... ?
- Bah ouai. L'autre tiplouf aurait pas attaqué des pokémons. Le but c'était de faire passer l'attaque pour un ursaring déchainé."
Cela faisait sens. Arthur devina que c'était Bari qui avait donné cet ordre. Comprenant grâce à l'interrogatoire que les policiers enquêtaient sur l'éclair blanc, il était intelligent de vouloir faire penser que les traces de l'attaque dans la forêt n'étaient pas dues à celui-ci.
"- C'est dans quelle zone de la forêt que tout ça c'est passé ? Demanda-t-il.
- Vous posez vraiment beaucoup de questions Doc'.
- Tu n'as pas réussi à l'affronter. Je ne peux donc pas vraiment compter sur toi pour la rapporter à la base.
- Quoi... ? Vous parlez de la noctali ?
- Lilly. Précisa le scientifique. Et de qui d'autre veux-tu que je parles ? Il faut bien que je cherche à la ramener.
- Ouai... Fit Nikki, gêné d'y avoir échoué. Enfin c'pas comme si c'était le plus important. Elle est rien pour la base."
Arthur soupira. Ce n'était pas de ça dont il était question pour lui. Lui se souciait vraiment de mon bien. La seule chose qui intéressait le jeune homme à l'opposé, c'était de cacher son échec et de réussir la mission qu'on lui avait confiée. Mais il n'avait pas répondu à sa question alors il insista, sur un ton sévère, pendant qu'il commençait à s'occuper des plaies du pokémon :
"- Et bien ? Où est-ce que c'était ?
- Je vous y conduirai... Je ne peux pas vraiment vous décrire le lieu où ça se trouve."
L'argument était de mauvaise foi, mais ce n'était pas comme si Arthur pouvait le faire remarquer. De toute manière il avait évidemment l'intention de s'y rendre accompagné de Nikki pour être sûr de retrouver le lieu précis. Il allait demander des détails sur le combat qui avait eut lieu quand la porte s'ouvrit pour laisser entrer Bari. Le chef de la sécurité avait l'air sérieux et tenait un téléphone dans sa main. Il souleva un sourcil en voyant qu'on soignait le pokémon de son cadet.
"- Quand je disais que je ne te croyais pas capable de manier ton pokémon... Dit-il méprisant. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?"
Pour le coup, le scientifique laissa tout le loisir de répondre au concerné. Ça risquait de lui remettre les idées en place. Celui-ci déglutit et eut encore plus de honte d'avouer la situation à son supérieur. Il décida d'omettre certains détails :
"- Une horde de... De pokémons sauvages qui se sont rebiffés."
Bari hocha la tête, comme s'il confirmait l'idée qu'il se faisait du jeune homme. Puis il ne lui prêta plus attention, avant de se tourner vers le scientifique :
"- J'ai reçu un appel de Cobalt. Commença-t-il. Celui-ci est en route pour rentrer."
Arthur retint un sursaut.
"- Il m'a demandé de vous dire qu'il comptait sur vous pour avoir fini ce qu'il vous avait demandé. Il sera là dans quelques jours."
Voilà qui n'était pas une bonne nouvelle. Pas du tout. Arthur pensait avoir du temps pour enquêter dans le dos du chef de la base et agir par rapport à moi. S'il rentrait déjà, cela voulait dire qu'il serait arrivé ici dans à peine quatre jours. Cela n'arrangeait rien et risquait d'aggraver les choses. Surtout avec la porte qui s'était fermée de ce côté-ci.
Le chef de la sécurité releva légèrement la tête en appuyant un certain regard sur lui. Il attendait une réaction.
"- Il verra ça par lui-même quand il arrivera. Dit Arthur qui ne voulait pas lui donner le plaisir de répondre sur ce qu'il en était. On ne va pas le rappeler pour si peu."
Déçu, Bari hocha la tête et tourna les talons avant de partir. Laissant le scientifique et Nikki de nouveau seuls. Le premier oublia son interrogatoire : il fallait agir vite. Donc il n'y avait pas de temps à perdre en bavardant. Il se concentra sur sa tache, listant ce qu'il avait à faire, tandis que le jeune homme derrière lui commença à siffler une chanson pour patienter. Tout d'abord, me retrouver. Pour m'administrer le produit inverse de celui qu'ils m'avaient injecter. Ensuite, étudier ce que cherchait l'organisation ō et se sortir d'entre leurs griffes.
Mortimer déambulait dans les couloirs à la recherche de la seule personne capable de l'apaiser. Il était déjà passer par ses appartements mais n'y avait pas trouver Molly. Ce fut au réfectoire, qui souffrait encore des traces laisser par le combats avec les pokémons sauvages, qu'il la rejoignit. Son visage était encore tiré par sa tristesse et sa colère. Alors quand l'infirmière posa ses yeux sur lui, elle devina le mal qui lui rongeait l'esprit. Elle savait ce qu'il avait eut à faire en urgence :
"- Ça c'est mal déroulé... ?" Demanda-t-elle en se relevant pour être prête à le soutenir.
Son approche était la même que celle d'Arthur, pourtant, aux yeux du médecin cela sonnait comme de la compassion et non comme quelqu'un qui se moquait de lui. Cette fois-ci il ne se mit pas sur la défensive et laissa le flot de ses sentiments s'écouler. Il n'y avait pas grand monde au réfectoire.
"- Il est mort Molly. Répondit-il d'une voix qui tremblait. Dans une autre situation ça se serait peut-être mieux passé. Mais on travaille avec les assassins..."
Comprenant immédiatement son sentiment et sachant que les mots ne seraient probablement pas encore efficaces pour le rassurer, elle se contenta alors d'ouvrir ses bras pour le serrer contre elle. Il se laissa faire sans broncher, posant sa tête sur son épaule sur laquelle il pouvait se reposer. Des larmes lui échappèrent sous quelques sanglots, il accusait le coup de toute cette pression qui pesait sur eux. Après avoir attendu un temps suffisant pour qu'il se détende un peu, Molly prit la parole :
"- Ça ne se serait pas mieux passé, tu n'as jamais vécu ça... Une mort reste une mort, peu importe le contexte dans lequel on la vit. Alors tu n'as pas à t'en vouloir, au contraire, tu es ici pour remonter la balance."
Il hocha frénétiquement la tête, ne bougeant pas de là où il était tandis qu'il joignait lui aussi ses mains dans cette étreinte qui lui faisait du bien. Il s'imprégnait de l'odeur des cheveux de Molly en tentant d'oublier le reste.
"- Tu es une force positive ici. Poursuivit celle-ci. Ta présence apporte un grand bien. Alors ne lâche pas l'affaire d'accord ?"
Il secoua encore la tête en adéquation avec ce qu'elle venait de dire, puis pris une grosse inspiration avant de se défaire de ses bras. Il garda les yeux fermés pendant quelques instants pour ne pas perdre ce sentiment de bien, une main sur l'épaule de la femme qui se tenait en face de lui. Quand il les rouvrit, son sentiment de doute n'était pas complétement éteint. Il avait encore besoin de se confier, car il n'y voyait toujours pas clair. Molly le fixa intensément, pour le pousser à s'exprimer sur ce qui continuait de le tracasser.
"- Je ne sais pas ce qu'on fait ici... Murmura-t-il. On ne peut même pas faire les recherches que nous étions censés faire, on ne devrait pas rester là pour les soutenir..."
Elle lui sourit tristement, en accord avec lui. Mais n'ayant pas de solution miracle à lui proposer.
"- ... De plus, Continua-t-il avec le ton de sa voix plus serrer, je n'arrive pas à ne pas en vouloir à Arthur. Je sais qu'il ne voulait pas nous mettre dans une situation pareille, mais... Je n'arrive pas à comprendre ce qu'il veut...
- Comment ça ?
- Et bien en... En sortant tout à l'heure de la salle de soin, je l'ai croisé... Accompagné de Nikki. Je ne sais pas s'il continue de les soutenir comme s'il ignorait qui ils étaient vraiment ou bien... S'il est de leur côté... En même temps il n'arrête pas de s'en vouloir pour la jeune fille alors... Je ne sais pas comment lui en parler."
Molly fronça des sourcils tandis qu'elle écoutait attentivement. Jusqu'à présent elle n'avait pas émis de doute quand à leur ami. Pour elle, il les avait simplement entrainer dans une aventure qu'il n'avait pas totalement saisi. Mais à entendre ce qu'en disait Mortimer cela ne lui donnait pas envie de prendre son parti, car apparemment Arthur ne faisait pas ce qui était nécessaire pour bouger les choses.
"- Tu penses qu'il n'essaye pas de trouver de solution ? Demanda-t-elle.
- C'est difficile à déterminer... J'imagine que ça ne doit pas être simple pour lui non plus. Même avec son statut actuel il ne peut pas forcément agir librement...
- Il doit quand même avoir accès à des éléments qui nous aideraient.
- Je ne sais pas..."
Mortimer doutait encore de son jugement, qu'il savait faussé par son état, et ne voulait pas émettre d'avis pour le moment. Il s'en voudrait d'accuser son ami aussi facilement alors qu'il n'était sûr de rien, après tout, la situation n'était simple pour personne en ce moment. Molly, elle, se permit d'exprimer la colère du médecin à sa place :
"- Est-ce que tu sais où est-ce qu'il est ? Dit-elle en élevant la voix. Parce que si tu veux je peux lui demander moi-même.
- Ha... Molly... Répondit Mortimer dont le visage commençait à dessiner un sourire.
- Non mais c'est vrai. Je suppose que tu n'as pas pu lui en parler maintenant à cause du gamin qui le suivait. Mais allons, le voir, je ferai déguerpir l'autre à coup de talon !"
Le médecin ne put cacher son amusement et son appréciation quant à la réaction de l'infirmière. Il se contenta de la regarder naïvement. Celle-ci le poussa à la suivre.
"- Allé viens ! "
Elle n'était pas vraiment en colère, elle voulait juste mettre la situation à plat puisqu'elle ne pouvait plus durer. Elle allait juste faire comprendre à Arthur qu'elle n'avait pas la patience que celui-ci fasse on ne sait quoi, avant d'agir. Se laissant tirer par le bras pour lui emboiter le pas, Mortimer la suivit dans les couloirs.
"- Est-ce qu'il est à notre centre de soin pokémon ? Fit-elle.
- Normalement oui, il devait soigner le pokémon de Nikki."
La base s'organisait de cette manière : elle prenait naissance dans la grotte où se trouvait la porte vers la Terre, puis formait un très long couloir autour duquel on avait placé les autres pièces. Hormis quelques exceptions, comme autour du réfectoire, il suffisait de marcher tout droit pour arriver là où on le voulait. C'est pourquoi ils tombèrent rapidement nez à nez tout les deux avec Arthur lui-même, qui apparemment avait fini ses soins et se dirigeait vers la salle d'études. Celui-ci avait une expression soucieuse et fut surpris de les croiser.
Il était même plutôt gêné, il ne s'attendait pas à devoir se confronter immédiatement avec Mortimer en explications. Il tenta alors de faire comme s'il était pressé et occupé en bafouillant :
"- Euh, hum... Je dois finir encore..."
Mais Molly lui coupa la parole d'un geste de la main. Elle le saisit par son bras en état et le poussa à rentrer dans la salle vers laquelle il se dirigeait avec elle. Mortimer sur ses talons. Le scientifique protesta mais on ne lui laissa pas le temps de s'exprimer :
"- Arthur, il faut qu'on parle. S'exclama-t-elle, rappelant une autre personne. Il faut qu'on fasse un point sur la situation."
Elle fit une courte pause pour s'assurer que le concerné enregistrait bien tout ce qu'elle disait.
"- Ça commence à devenir dangereux pour nous ici. On ne peut pas rester les bras croisés à ne rien faire... Ce n'est pas la première fois qu'on en parle, mais il faut que ça soit la dernière ! Sinon on va se retrouver emprisonné de la situation."
Arthur détourna le regard tandis qu'on sentit sa mâchoire se crisper. Sa gêne était amplifiée et plus que cela sa culpabilité remontait. Une bien plus forte que celle que Mortimer avait pu expérimenter. Cependant, le fait qu'il restait coi était assez étrange. Et tandis que le silence s'installait ce fut une autre voix qui répondit à l'infirmière :
"- Et bien ! Si cela commence à être dangereux pour vous, qu'est-ce que ça doit en être pour moi !"
Molly tourna la tête vers Mortimer, constatant que ce n'était pas lui qui avait parlé, puis jeta un regard vers l'intérieur de la pièce : placé contre le mur du fond et attaché à un bureau se trouvait Bastian.
Elle sursauta et foudroya Arthur, accusatrice. Celui-ci haussa les épaules et les bras se justifiant silencieusement que la situation ne lui avait pas permis de prévenir ses amis. Il gardait cependant une expression froide. Observant le côté pittoresque de la situation le policier poursuivit :
"- Je vois au moins que le médecin est là. Est-ce que ce serait trop demandé à ce qu'on m'ausculte tant qu'on y est ?"
Malgré le ton d'humour qu'il tentait de prendre, c'était du sarcasme. Il était dans un piteux état et restait recroquevillé sur lui-même. Après l'interrogatoire, il avait réussi à maintenir ses doigts dans une position correcte dans l'optique d'une éventuelle guérison. Mais la douleur qu'il ressentait dans tout son corps était ignoble. Il n'avait pas envie de rire.
Mortimer fit lentement quelques pas vers lui. Figé, car son devoir lui disait qu'il allait avoir l'obligation de lui annoncer la triste nouvelle, pour son coéquipier. Son expression se fit désolée puis attentive, car il essaya de voir les dégâts causer par Bari. Plus légers qu'ils ne le pensaient.
"- Quoi ? Demanda Bastian d'une petite voix. J'ai une ecchymoses en plein milieu du nez ?"
Le médecin secoua tristement la tête alors qu'il continuait d'avancervers le blesser pour l'examiner. Pendant ce temps là, Arthur décida de s'expliquer à l'infirmière :
"- J'essaye déjà d'agir mais il faut être prudent... Tout à l'heure Bari m'a apprit que Cobalt allait rentré plus tôt. Nous n'avons que quatre jours aproximativement."
Molly se figea, concentrée sur ce qu'il disait, mais ne lui laissant pas l'occasion de se débiner. Mortimer lui commençait à regarder les doigts cassés de Bastian.
"- Mais qu'est-ce que tu comptes faire alors ? Insista la femme. Tu ne peux pas nous laisser dans l'inconnu, puisque c'est aussi ce que nous essayons..."
Un cri de douleur coupa brièvement la conversation mais ils se refocalisèrent pendant que le médecin fouillait dans le local pour trouver des bandages et les placer.
"- Je fais par ordre de priorité, on ne peut pas simplement partir d'ici." Siffla en réponse le scientifique.
Il essayait de garder son calme, car ce n'était ni Bari ni Nikki qu'il avait en face de lui, mais un de ses proches à qui il ne voulait pas faire de mal.
"- Et bien expliques-nous ! S'exclama Mortimer qui entendait parfaitement bien tout ce qui se disait tout en continuant de s'occuper des soins. À trois ça devrait aller plus vite..."
Le policier le fixa longuement, avec un air interrogateur. Il commençait à percevoir que les trois personnes présentes ici n'étaient pas heureuses de travailler pour ces hommes cachés dans la forêt. S'ils cherchaient à s'en échapper cela voulait dire qu'ils avaient probablement le même objectif que lui, mais est-ce que ça en faisait des alliés ? Il se demandait même si ça pouvait être une mise en scène pour faire baisser sa garde, mais quel intérêt ? Il n'était pas non plus un espion avec des informations capitales, mais un simple officier.
Voyant son regard, le médecin se dit qu'il fallait prendre son courage à deux mains. Il avait fini de placer un semblant d'attelle sur les fractures et de plus il n'oubliait pas que Bastian lui aussi entendait la discussion et qu'il ne fallait pas qu'il se focalise dessus. Il soupira mais réussi à garder une voix calme tandis qu'il parla :
"- Monsieur... Euh. Hum. Je ne connais pas votre nom, mais je me dois de vous annoncer..."
Il se coupa et fit appel à une force incommensurable pour ne pas pleurer. Ses deux amis stoppèrent immédiatement leur conversation en se rendant compte de ce qu'il allait faire et vinrent le soutenir. Molly posa une main sur son épaule. Subitement, le policier eut l'intuition que ce qui allait être dit était grave. Il retint son souffle.
"- Je suis... Tenta de poursuivre Mortimer...Votre collègue est mort."
Sous le choc, Bastian n'eut pas de réaction. Le médecin cru alors qu'il devait se justifier :
"- Les blessures... Nous n'avions pas le matériel nécessaire à ses soins..."
Avant qu'il n'ait l'occasion de poursuivre, le blessé l'interrompit brusquement, tandis que ses yeux se remplissaient de larmes.
"- Ça suffit. C'est bon. J'ai compris."
Puis il se mit à fixer le sol, avec comme un air de dégout, commençant à être persuadé qu'il n'avait aucun allié ici. Mortimer se retrouva désarmé et son sentiment de faiblesse risquait de le faire flancher. Ce fut Arthur qui prit la relève, voulant porter secoure à son meilleur ami.
Il détacha Bastian à la plus grande surprise de tous et prit la parole :
"- À la fin de l'interrogatoire je vous ai promis de montrer que vos pokémons allaient bien. Suivez-moi."
Il lança un bref regard aux deux autres, signifiant qu'il continuerait de s'expliquer, mais après avoir finit au moins cela. Il prêta son épaule au blessé pour se relever et l'emmena au centre de soin pokémon. Bastian montra une certaine hâte : avec tout ce qu'il avait subit, il était impatient de retrouvé un visage familier et réconfortant. Lorsqu'ils arrivèrent devant la porte, deux des pokémons du scientifique montaient la garde. Son arcanin et son élecsprint. Arthur était peut-être compatissant, mais il n'était pas fou, il ne voulait pas risquer que le policier retourne son pokémon contre eux.
Cela fut remarqué, aussi Bastian se tint à carreau. Bien que lorsqu'ils rentrèrent et qu'il vit son pokémon il ne put s'empêcher de totalement fondre totalement en larme et de courir vers lui, en boitant.
"- Granbull !" S'écria-t-il.
Le molosse accueillit son dresseur d'une forte accolade, lui aussi émut. Il se laissa faire lorsque celui-ci constata sa blessure au visage, qui laisserait probablement une cicatrice à vie... Mais curieusement il se mit à chercher autour de lui, comme s'il attendait à voir autre chose :
"- Et l'autre... ?" Demanda-t-il innocemment.
"- Celui de votre collègue ? Il se trouve ici."Fit Arthur en ouvrant un tiroir d'où il sortit une pokéball.
Il lui lança, mais après l'avoir rattrapé Bastian resta perplexe. Il observa avec des yeux ronds le scientifique, avant de tenter soudainement de cacher cette expression. Comme s'il tentait de dissimuler quelque chose. Arthur ne comprit pas tout de suite, il ressassa ce qu'il venait de dire pour comprendre d'où venait l'incompréhension.
"- Quelque chose ne va pas ?" Fit-il.
Et il comprit aussitôt avant de s'exclamer :
"- Vous... Vous parliez de votre second pokémon ? !
- N-Non."Essaya de se justifier le policier, surprit par l'esprit de déduction du scientifique.
Mais trop tard. Le mal était fait. Mortimer et Molly sursautèrent à l'unisson et se jetèrent un regard affolé.
"- Cela veut dire qu'il en reste toujours un dehors ! Fit la deuxième.
- Ils vont découvrir la base..." Poursuivit le premier.
Mais contrairement à ses amis, Arthur gardait parfaitement son calme. Il se mordait la lèvre et semblait réfléchir à toute allure. Il jeta un regard sérieux au policier, qui cru que cela allait se retourner contre lui. Mais le scientifique se contenta d'aller à la porte pour faire rentrer ses pokémons avant de la verrouiller derrière eux. Le silence se fit, l'incrédulité gagnant les trois autres. Puis il tira une chaise pour s'assoir en face de l'officier, mains croisées.
Il prit une profonde inspiration.
"- Vous l'avez forcément constaté, commença-t-il, mais lorsque nous sommes entrés tout à l'heure nous débâtions d'un sujet."
Au départ, personne ne suivait l'idée qui lui traversait l'esprit et tout le monde était attentif à ses paroles :
"- Nous n'approuvons pas ce qu'il se passe ici."
Mortimer eut un sursaut, percutant où son ami voulait en venir.
"- Et nous cherchons un moyen de nous en sortir... Et visiblement, nous venons de le trouver."
Ce fut au tour de Molly qui murmura un "Mais oui...". Bastian l'observa du coin de l'œil avant de s'en retourner vers Arthur, intrigué. Lui aussi commençait à comprendre. Mais il était moins sûr que les deux premiers. L'homme qui lui faisait face, voyant que l'idée avait fait le tour de la salle s'exprima clairement, après s'être assuré qu'il n'entendait personne dans le couloir :
"- Si vous pensez que votre pokémon va ramener du renfort, dites-le nous. Car je pense qu'on va vous suivre..."
Le policier était perplexe. Il avait toujours appris à se méfier dans son métier. Et il avait peur que ces trois personnes dans cette pièce ne cherchaient qu'à récupérer des informations quand aux secoures qui pouvaient arriver.
"- Et qu'est-ce qui me prouve que vous êtes de confiance ? Remarqua-t-il. Vous accompagniez le deuxième homme de l'interrogatoire je vous rappelle."
Il était vrai que prouver qu'ils étaient de bonne foi allait s'avérer particulièrement difficile. Mais il fallait jouer la carte de l'honnêteté, car un plan commençait à se dessiner dans la tête d'Arthur. Cependant, il n'oubliait pas qu'il devait des explications à ses amis dont il sentait l'impatience grimper en flèche. Il se tourna alors vers eux :
"- Si je mets autant de temps à agir et que je reste autant avec les membres de l'organisation, c'est parce que je veux retrouver Lilly.
- Quel rapport avec l'équipe de Cobalt ? Demanda Molly un air légèrement hautain.
- Nikki s'est fait battre par la jeune fille dans la forêt.
Mortimer et Molly eurent une expression ahurie et dirent en cœur :
- Il s'est battre par elle ? !
- Oui. Il eut une sorte de fierté en affirmant cela. On peut dire que l'expérience est un succès total, mais là n'est pas le sujet. Car il peut m'indiquer où est-ce qu'elle se trouve dans la forêt et lui rendre sa véritable apparence."
Le policier commençait à perdre le fil. L'infirmière croisa les bras, du moins un, et leva la tête :
"- Je vois... Fit-elle. Cela explique pourquoi tu l'as aidé. Pour qu'il continue à te faire confiance.
- Oui. Et puis j'aimerais vous rappeler que nous voudrions découvrir ce que cherche l'organisation ō de l'autre côté."
Bastian eut un hoquet de surprise, il reconnaissait ce nom :
"- Q-que quoi ? !"
Arthur lui fit de nouveau face et lui expliqua :
"- C'est pourquoi ce n'est pas aussi simple pour nous. C'est une longue histoire. Mais sachez que nous sommes autant prisonniers que vous en un sens."
L'officier de police digéra la nouvelle, bien qu'il avait du mal à y croire. La terrible organisation ō? ! Celle qui avait la main mise sur la région de Kanto ? ! C'était impossible, qu'est-ce qu'elle faisait là ? Il se rendait compte que le plus important, avant de savoir si ces gens étaient de confiance, c'était de connaître les raisons de la présence d'une telle base ici. Et quelque part cela ne lui semblait pas si impossible qu'il s'agisse de la mafia, car un tel complexe caché devait demander une certaine somme et une bonne organisation. Les hommes qui s'y trouvaient n'avaient rien de membres du gouvernement.
"- Expliquez-moi ce qu'il se passe ici, si vous voulez que je vous crois." Dit-il alors
Arthur regarda les autres qui secouèrent la tête. C'était bien trop complexe à expliquer ici et maintenant. Déjà que cette histoire semblait improbable, qui croirait à une porte ouvrant sur un autre monde ? De plus il valait mieux éviter d'éventer l'information. Même si l'existence de la porte était connue par de bonnes personnes, les conséquences pouvaient s'avérer désastreuse si on ne prenait pas les précautions nécessaires pour se rendre de l'autre côté, sur Terre.
"- Plus tard. Se contenta de dire Arthur, tandis qu'il poursuivit ses explications à Molly et Mortimer: Tant que nous jouons de leur côté nous avons accès à certaines de leurs informations.
- Du moins TU y as accès. Corrigea Mortimer.
- Oui. Je suis désolé que mes agissements vous aient laissé croire que j'étais vraiment des leurs."
Il abaissa la tête, grise mine, tout en serrant des poings. Était-il si mauvais que ça pour que ses amis réussissent à avoir des doutes à son sujet ? Certes ses actions jusqu'à présent ne démontraient pas d'une grande empathie. Mais...
"- ... J'étais sous pression. Vous plus que les autres devriez le savoir. Cobalt ne m'a pas donné le commandement de la base en son absence pour rien. Quand on est le... "Chef", il faut agir en tant que tel. Si j'avais fait un faux pas, toute la base l'aurait remarqué."
Ses amis se murèrent dans un silence désolé, comprenant mieux la situation. De plus ils gardaient parfaitement en mémoire la manière dont ils avaient tous été menacés par Cobalt, lorsqu'ils avaient protesté sur les expériences menées sur les enfants. Le scientifique se tourna de nouveau vers Bastian.
"- Je vous le redemande... Est-ce que votre pokémon va revenir avec des renforts ?
- Vous venez de m'apprendre que vous avez l'actuel contrôle sur les lieux et vous me demandez ça ? Insista le policier.
- Oui, justement car nous pouvons nous entraider. Mon statut actuel ne met pas forcément en confiance les hommes avec qui je "travaille". Mais je peux donner quelques ordres qui nous éviteraient d'avoir des ennuis pendant que nous agissons.
- C'est si soudain quand même."Ne put s'empêcher de faire remarquer Molly.
Arthur se redressa et leva un sourcil interrogatif accompagné d'un sourire. Même Mortimer ne put s'empêcher de rire amicalement.
"- Nous voulons tout d'abord qu'il agisse plus vite et puis nous nous plaignions ensuite de la soudaineté des évènements ? Dit-il.
- Oui pardon... S'excusa-t-elle. C'est juste que nous saisissons des évènements qui se passent contre notre volonté. Ce n'est pas comme si c'était nous qui avions tout planifié.
- Oui... Répondit Arthur. Je vois... Désolé de vous avoir entrainé là-dedans..."
Un certain silence commença à s'installer et l'officier commença à faire le tour des visages qui lui faisaient face. Ils respiraient la sincérité. Mais est-ce qu'il faisait bien de leur accorder sa confiance ? De toute manière, au vu de comment son ami avait terminé et son propre état, il n'avait pas le choix.
"- On dirait que vous n'avez pas vraiment choisi de faire parti de cette entreprise... Nota-t-il.
- Au départ nous ne savions pas qu'il s'agissait de l'organisation ō. Expliqua Molly. Nous pensions juste rejoindre un projet de recherche.
- Hum... Et ce projet vous me l'expliquerez donc plus tard... Je sens que je vais le regretter mais... Oui, il manque mon arakdo. Qui m'a aidé durant le combat où j'ai été mis à terre. Et je parierai n'importe quoi qu'elle reviendra me chercher."
Les trois scientifiques eurent tous une lueur d'espoir qui s'alluma dans leurs yeux. Bastian secoua la tête mais poursuivit :
"- Mais elle est maline. Mes collègues comprendront qu'ils devront examiner le terrain avant de se lancer. Si vous voulez préparer une fuite de groupe c'est ce que nous devons saisir pour leur donner le plus d'informations possible sur ses lieux."
Des sourires s'affichèrent. Enfin. Ils avaient une porte de sortie. Il ne restait plus qu'à régler ce qu'il fallait à la base avant de lancer l'opération de sauvetage. Ils discutèrent encore un peu sur l'organisation. Puis Arthur laissa ses deux amis gérer ça pendant qu'il s'en allait vérifier quelque chose.
Cela faisait un moment qu'il n'y pensait plus et qu'il devait vérifier de quoi il en retournait : quand on lui avait appris que la porte ne fonctionnait plus que dans un sens, il avait demander d'essayer de faire venir des terriens, voir si pour eux cela fonctionnaient correctement. Il regrettait cette demande, car s'ils avaient vraiment fait venir des personnes ici ce n'était pas pour leur bien. Et cela l'inquiétait.
Suivit par ses pokémon et se dirigea vers la grotte. Encore une fois, il y avait de l'agitation... Il espérait ne pas arriver trop tard.
Quand il s'approcha il constata que des personnes avaient franchi la porte. Il s'agissait de membres de la base. Il eut un soulagement pendant quelques secondes, mais son stress revint rapidement. Est-ce que la porte fonctionnait de nouveau ? Ce n'était pas plaisant... Surtout s'il comptait partir. Il ne voulait pas savoir la porte entre de mauvaises mains. Il continua alors d'avancer et demanda rapidement des explications.
Maladroitement, les hommes du chantier lui expliquèrent que les hommes qui revenaient étaient ceux à qui on avait dit de rester sur Terre. Pas de nouveaux hommes. Ils étaient tous en train de rentrer en urgence et ils ne savaient pas pourquoi. Arthur écarta ses collègues pour aller rejoindre ces personnes. On aurait dit qu'elles avaient couru de toute leur force. Pour le moment il en était arrivé trois et un quatrième franchissait le passage dans un éclat de lumière. Mais dans sa mémoire, il se souvenait qu'il s'agissait d'une équipe de six membres. Six personnes restée sur place.
Le scientifique se saisit du premier à portée pour le redresser et lui demander avec autorité :
"- Qu'est-ce qu'il se passe ?! Pourquoi est-ce que vous rentrez ?"
Le jeune homme qu'il tenait dut reprendre son souffle avant de lui répondre :
"- C'est... Haa... C'est les autorités de l'autre monde. Haa. Ils ont ouvert une enquête et ont perquisitionné nos locaux au village.
- Quoi ? ! Et qu'en est-il pour le passage ? !
- Ils ne nous ont pas suivi jusque là... Nous... Haa. Nous quatre sommes les seuls à être parti sans être vu. On a du faire tout le chemin à pied et en courant."
Une enquête ? Pourquoi ? Leur fausse boutique tenait la route et respectait les lois du pays dans lequel elle se trouvait. Cela leur avait demandé un mal fou pour installer un tel bâtiment et récupérer la monnaie nécessaire pour débuter.
Puis le scientifique se frappa du plat de la main pour avoir eut une réflexion aussi idiote : la raison de cette enquête était évidente, il avait la réponse puisqu'il faisait parti des causes...
De l'autre côté du portail... Éloigné des montagnes des Pyrénées où se trouvait le passage... Dans un petit village à la frontière France-Espagne, devant une boutique spécialisé, se trouvait une journaliste, qui tournait pour le journal de la région, tandis que derrière elle la police encadrait les lieux pour pouvoir trouver des indices quant à son enquête.
La femme tenait son micro devant la caméra et expliquait la situation :
"- Nous nous trouvons actuellement devant le lieu supposé de la disparition. En effet c'est ici qu'a été aperçue pour la dernière fois la jeune fille, comme le prouve de nombreux témoignages. La police actuellement ne dispose d'aucun élément, hormis deux suspects arrêtés alors qu'ils tentaient de fuir."
Puis elle enchaîna sur les détails : elle racontait l'histoire d'une adolescente qui avait prit des vacances ici et qui le lendemain de son arrivée n'avait plus donné de nouvelle. Inquiets, et ne voyant pas la jeune fille rentrée après plus de deux semaines, les membre de la famille poussèrent le cri d'alarme et la recherche avait commencé.
Grace au témoignage de l'aubergiste qui avait accueillit la jeune fille et aux enfants du village, on avait pu diminuer le cercle de recherche à ce magasin. Les deux hommes qui avaient été arrêtés n'avaient pas parlé jusque là. Et lorsque l'un d'eux c'était exprimé, les policiers n'avaient pas compris un seul mot de ce qu'il avait dit. On avait alors supposé, sans preuve, qu'il s'agissait d'homme de l'est. Des trafiquants.
Le reportage se termina sur l'image de la boutique et de son logo. Quelques jours et quelques coups de fils plus tard, on tint au courant l'entreprise dont le magasin affichait l'enseigne : Nintendo. Et la nouvelle se répandit dans ses bureaux comme une trainée de poudre. Il fallait faire appel à des avocats pour ignorer tout rapport quelconque dans cette affaire. Les suspects avaient usé de leur nom sans accord. Il fallait envoyé un représentant pour s'excuser de l'image qu'avait apporté cet évènement à toute la communauté.
Quand cela arriva aux oreilles aux bureaux de Game Freak, Satoshi Tajiri, ou plutôt Saji Totashi de son vrai nom, nota particulièrement le détail qu'il s'était dit par rapport aux deux individus arrêtés. Il réussit à avoir un extrait des interrogatoires.
Et personne ne sut pourquoi, mais aussitôt, il se proposa lui-même pour se rendre sur place.
Résumé des personnages :
Arthur : Un des scientifiques qui a transformé Lilly. Il est celui qui a remarqué qu'elle se plaisait dans sa nouvelle forme. Spécialisé en pokémon, il aide le groupe de Cobalt sur l'étude de la Terre, mais enquête sur des évènements passés.
Morthimer : Un des scientifiques qui a transformé Lilly. Spécialement en médecine, il a aidé le groupe de Cobalt sur l'étude de la Terre. Meilleur ami d'Arthur dans ses recherches.
Molly : Un des scientifiques qui a transformé Lilly. Spécialisée elle aussi en médecine, elle a aidé le groupe de Cobalt sur l'étude de la Terre. Elle aide Arthur et Mortimer dans ses recherches.
Nikki : Espion de la base, il est un des plus jeunes membres de l'organisation. Il possède un ursaring très puissant.
Bari : Chef de la sécurité de la base. C'est un vétéran. Il a une dent spécialement contre Mortimer.
Cobalt : Semble être le grand chef qui dirige le projet d'étude sur la Terre. Il est actuellement en train de rentrer après avoir rencontrer Giovanni.
