Piuf ! Le redémarrage est difficile. Mais on va y arriver ! Le dernier chapitre était beaucoup plus court que d'habitude, espérons que je me rattrape avec celui-ci. Je vous promets de reprendre un post par semaine. Sans tarder la suite de notre récit !
Le vent filait à toute allure dans les cheveux de Lance. Il était glacé, tranchant. Rares étaient ceux qui parvenaient à se maintenir si longtemps dans le ciel à dos de pokémon. Mais l'air avait beau se raréfier et lui geler les doigts, sa volonté d'avancer restait la plus forte. Grand dresseur de dragons qu'il était, il ne craignait pas cet élément. Il était habitué à voler dans cette température et son corps s'était renforcé depuis sa plus tendre enfance. Il ne devait pas faiblir. Ni lui, ni son ptéra. Il fallait qu'ils avancent au plus vite et qu'ils traversent le mont argenté avant l'hélicoptère de Cobalt. Car une fois qu'il aurait franchit ce seuil et qu'il l'aurait franchi avant lui, il pourrait établir calmement un plan pour infiltrer l'organisation pour son enquête.
De toute manière, il était assuré d'avoir une longueur d'avance. Car personne ne survolait directement le mont argenté. C'était un lieu dangereux, où seuls les dresseurs ayant combattu le conseil des 4 au plateau indigo étaient autorisés. Et il était le maître du conseil, le plus fort de tous. Alors lui n'aurait aucun mal à traverser ces terres sauvages. Un dragon pouvait traverser les montagnes en volant au travers des courants d'airs et parcourir plus de distance qu'une simple machine. Ce n'était pas chose aisée, car quand le vent était contre soi il était difficile à affronter. Mais c'était beaucoup plus rapide. Lance espérait ainsi gagner quelques heures précieuses pour atteindre les ruines d'Alpha. Sans l'information que le président de la Sylphe Sarl lui avait transmis, il aurait fait fausse route et aurait été incapable de suivre les faits et gestes de l'organisation ō. Alors que s'il réussissait à suivre le mouvement en intégrant clandestinement ses membres, il pourrait avoir bien plus d'informations qu'il ne pouvait l'espérer.
"- Passe en ligne droite, ordonna-t-il au dragon. Nous ne pouvons pas nous permettre de zigzaguer plus bas entre les flancs de la montagne."
Il n'était pas du genre optimiste. Et il comptait l'avance qu'avait eut Cobalt en partant avant lui dès qu'il eut fini avec Giovanni. Il devait donc faire comme si son avance ne tenait qu'à un fil pour être sûr d'être confortable dans son plan d'action. Sans broncher, son ptéra obéi et s'éleva un peu plus haut dans le ciel, afin de passer le plus gros des monts qu'ils survolaient. L'air glacé saisi le dresseur, qui se décida à s'emmitoufler dans sa cape et à mettre ses mitaines. Cela ne servait à rien de jouer les imprudents, même s'ils n'étaient pas encore à la frontière de là où ils pouvaient voler. Très vite, le sommet du mont argenté fit son apparition. De sa masse imposante, le sommet dominait tout ce qui l'entourait, semblant réduire les autres parts de montagne à de simples collines.
Lance avait déjà parcouru une grande partie du chemin. Heureusement pour lui, les régions de Kanto et Johto n'étaient pas les plus grandes, ni les plus habitées en dehors de Céladopole et de Safrania. Il était aisé pour lui de les traverser. Il lui fallait cependant faire attention aux pokémons sauvages de la région, il ne devait pas se faire remarquer. Peu des pokémons qui vivaient dans ces montagnes étaient du type vol. Hormis Nosferalto et sa pré-évolution, cela était rare. De plus il voyageait de jour. Mais on n'était jamais à l'abri de mauvaises surprises, surtout si des dresseurs s'y entrainaient. Alors il ordonna à son ptéra de voler furtivement. Heureusement pour lui à cette hauteur, personne ne le remarqua. Il parcouru alors la région en moins de temps qu'espéré, ce qui était une bonne nouvelle. Il profita de la splendeur du paysage, qui lui rappelait sa jeunesse, du temps où on l'avait entrainé. Il ne se souvenait plus le nombre de fois qu'il avait parcouru les forêts aux sols et comment il avait du y survivre. De là où il était, cela semblait être un océan de vert prêt à engloutir le minuscule être qui le parcourait. Il pria Arceus pour le remercier de ces terres fertiles, bien que dangereuses, qui hébergeaient les pokémons dans leur élément naturel. Mais il ne se laissa pas distraire pour autant.
Attentif, il sentit que son pokémon était tendu. Le trajet avait déjà été long et le froid n'était pas l'allié des pokémons dragons, qui craignaient la glace par-dessus tout.
"- Peux-tu encore tenir mon ami ? Demanda-t-il. Nous devons au moins traverser ces montagnes, ensuite je te permettrai de te reposer et ferai appelle à dracolosse."
Le dragon grogna. Il pouvait encore tenir, il ne voulait pas décevoir son dresseur. De plus, quand le nom de dracolosse fut cité, on pu sentir une brève accélération de sa part : une pointe de jalousie qui démontrait qu'il était tout aussi capable d'aller au bout du chemin avec Lance. Le dresseur sourit, une de ses mains plaquée contre les écailles du reptile : Il avait entendu les pensés de son pokémon.
Le maître de la ligue n'était pas seulement connu pour être un combattant redoutable ni l'un des rares dresseurs de dragons. Il était aussi connu pour son étrange lien avec eux ; un pouvoir qui lui permettait de communiquer sans obstacle avec ces créatures. Ainsi, il savait qu'il pouvait compter sur eux, ses égaux, ses frères. Ptéra ne le décevrait pas.
"- Très bien. Donc, en avant vers..."
Il se tut quelques instants pour réfléchir. Devait-il vraiment passer par les ruines d'Alpha pour enquêter sur les actions de Cobalt ? Il hésitait, car selon le président de la Sylphe Sarl, les hommes de l'organisation avaient déjà été rappelés. Il n'y aurait peut-être personne lorsqu'il y arriverait. Peut-être que le mieux était de suivre Cobalt, mais cela avait moins de sens, car il pouvait se faire repérer plus facilement. De plus, le "nouveau" chef de la mafia avait forcément besoin de faire une halte quelque part à Johto, ne serait-ce que pour ravitailler son hélicoptère s'il devait voyager plus loin encore. Lance ne savait pas quelle était sa destination approximative, il n'avait pas découvert où il se cachait avant de venir à la réunion, ce qui le perturbait. Non, après tout, les ruines d'Alpha étaient la meilleure solution.
"- Vers les ruines." Ordonna-t-il.
En une nouvelle accélération, son dragon corrigea sa trajectoire pour s'y diriger. Même si le maître ne parvenait pas à temps pour intercepter quelques des hommes de Cobalt, ils laisseraient forcément derrière eux des traces de leur passage, des traces qu'il pourrait suivre sans aucune difficulté.
Une fois la région du mont argenté passée, le trajet fut simple et rapide. Il n'avait pas à survoler les villes, le trajet en ligne droite coupait à travers les routes, les monts et les forêts. Ce qui l'arrangeait. Il allait de cette manière passer vraiment inaperçu. De plus, le temps était en sa faveur : il avait quitté le bâtiment où vivait Giovanni en fin d'après midi. Avec son voyage, la nuit commençait à tomber. Tout était parfait pour son infiltration. Dès que la partie de la forêt qui cachait en partie les ruines fut en vue, il intima à son pokémon de descendre doucement dans les parties à couverts. Il observa d'un coin de l'œil l'état des ruines qui portaient encore les cicatrices de la terrible lutte qui y avait eut lieu il y a vingt-quatre ans. Une large partie des ruines d'Alpha représentait un espace dallé, gravé de mythologie et de runes. Cet espace, gros comme un terrain de football, permettait l'accès aux entrées des bâtiments qui l'entouraient. Bâtiments en grande partie éventrés par la créature de l'ombre qui était apparu au court des évènements passés. La forêt aux alentours non plus n'avait pas échappé à ce combat. Certaines parties étaient jonchées de souches, seules traces des arbres arrachés qui se trouvaient là. Mais cependant les lieux avaient bien été nettoyé et ne ressemblait plus, malgré tout, à un champ de bataille.
C'était paradoxale que les équipes de Cobalt aient pris ce soin alors qu'elles trainaient les pieds pour reconstruire le reste.
Autour de ces constructions venues d'un autre âge, des bâtiments d'ouvriers et d'archéologues étaient installés. Le site à une époque avait gagné le surnom de "cité des études", car le nombre de personnes qui s'étaient installées à proximité pour étudier les décombres avait été nombreuses et avait donné naissance à une petite ville qui vivait de ses propres moyens. Maintenant, cela donnait l'impression de faire face à une ville fantôme. Mais Lance pu discerner des signes de vie. Il n'eut pas le temps d'en faire la description mais au moins cela le rassurait : il restait encore des hommes sur place.
Dès qu'il eut mit pied à terre, il envoya son compagnon se reposer dans sa pokéball. Ptéra l'avait bien mérité et celui-ci ne se fit pas prier. Il se faufila au travers de l'ombre des arbres et commença à se rapprocher des habitations pour observer le manège qui s'y déroulait. Il fut soulagé de voir qu'il s'agissait bien de membres de l'organisation qui étaient encore là. Ils étaient volontairement reconnaissables dans ces lieux, afin que les forces de l'ordre aient un œil sur eux. Il restait très peu de personnes présentes, visiblement il y avait effectivement eut du mouvement. Les derniers à être restés s'occupaient de mettre en ordre des affaires, probablement avant de partir eux-mêmes. C'était l'occasion.
Lance commença à se défaire de sa cape et la rangea soigneusement dans son sac. Il avança furtivement au plus près. Ce ne fut pas compliqué au vu de comment les lieux avaient été vidés. Même la surveillance avait pâti de cette absence de monde ; il se trouva un endroit où il pouvait rester dissimuler sans aucun problème, avant d'écouter ce qu'il se disait. Trois personnages étaient sous une tente à ranger du matériel :
"- Daishi dépêchez-vous ! Cria la voix d'une femme.
- Cessez donc de me harcelez et allez plutôt vous occuper de voir si la place est dégagée pour l'hélicoptère. Répondit le concerné. Je n'ai pas besoin que des bras cassés envahissent mon espace.
- C'est vous qui avez les bras cassés. On devrait déjà avoir changé de zone pour nous occuper du reste, mais nous sommes encore bloqués avec vous."
Un bref coup d'œil permit au dresseur d'observer leurs allures : la femme et l'homme qui discutaient semblaient plutôt âgés. Probablement des membres de longues dates ou bien qualifiés pour travailler sur les ruines. Et une troisième jeune femme s'occupait des affaires du fond sans leur prêter plus grande attention.
"-Je prend mon temps. Se justifia l'homme. Ce matériel nous est nécessaire.
- N'importe quoi ! Poursuivit la femme qui l'engueulait. On n'aura pas besoin de ça à Sinnoh ! Les équipes sont déjà bien installées et le site est dégagé."
Visiblement ces deux là ne s'entendaient pas le moins du monde. Mais déjà là, Lance se délectait des informations qui leur échappait. Et cela devait être habituel au vu de la non-réaction de la troisième personne. Celle-ci d'ailleurs se redressa après avoir fini de vérifier ses paquets et se dirigea calmement vers les deux autres :
"- D'ailleurs sait-on pourquoi on nous fait partir ? Demanda-t-elle innocemment. Habituellement ils n'ont pas besoin de nous là-bas.
- Tss, peu importe. Siffla la première. C'est Friist lui-même qui vient récupérer les troupes. On sait très bien que ce n'était qu'une couverture ici. Il doit y avoir probablement des évènements importants qui ont eut lieu et qui nécessite enfin le rassemblement général. C'est excitant !
- On se calme un peu mémère. Coupa l'homme. Ce n'est certainement pas avec vous qu'on va avancer à quelque chose. Notre couverture a probablement du être découverte et c'est pour ça que ça ne sert plus à rien d'être ici.
- Vieux débris, je ne vous permets pas de m'interrompre. Et dois-je vous signaler que ce sont les éléments jugés les moins utiles qui ont atterris ici ? Ça explique votre présence.
- Et la votre aussi."
Des éclats de protestations firent comprendre au maître qu'ils étaient proches de la bagarre. Mais à sa plus grande surprise, la jeune femme réussie à s'interposer entre eux sans user de violence, simplement en proposant une autre alternative :
"- Il ne reste que les paquets de Daishi à vérifier. Nous pouvons partir nous occuper du reste.
- Oui ! Vociféra la plus vieille, avant de se tourner une dernière fois vers l'homme. Prenez votre temps pour ranger tout ça ! Ça nous fera des vacances."
Puis elles sortirent toutes les deux, laissant l'homme seul à ses occupations. Lance décida de les suivre pour continuer à récupérer des informations. Mais ce n'était pas chose facile. Il ne devait pas aller à terrain découvert et il constatait que les deux femmes traversaient tout le terrain dallé pour se diriger vers une autre partie des bâtiments. De plus quelques autres personnes s'afféraient autour et pouvaient facilement le remarquer s'il était imprudent. Il serra la mâchoire de frustration, la seule partie de leur conversation qu'il put capter avant que les femmes ne soient trop loin fut celle-ci :
"- Il m'énerve ! Ragea la doyenne. Toujours à trainer les pieds, inefficace !
- On peut dire qu'il n'a jamais été très utile pendant toutes ces années. Confirma la deuxième. On aurait dit qu'il cherchait le meilleur spot où se planquer et ce la couler douce.
- J'ai horreur de ces parasites ! J'espère sincèrement qu'il fera parti de ceux qui seront remerciés de l'organisation, si tu vois ce que je veux dire. Il ne serait pas le premier, ils ont fait pas mal de ménage en ce moment.
- Oui, histoire de donner un coup de neuf à l'organisation. On va en avoir besoin pour..."
Malheureusement il n'entendit pas la fin de la phrase qui semblait bien intéressante. Mais au moins cela l'encourageait dans l'idée qu'il venait d'avoir : il revint sur ses pas et avisa l'homme seul dans la tente, accroupie près des affaires. Il avait sorti son pokémon pour l'aider dans ce qu'il restait : un Baggiguane. C'était parfait pour mettre son plan à exécution. Le dresseur de dragon vérifia l'emplacement qu'il y avait autour de lui, l'espace dans la tente et avisa quel pokémon il devait sortir pour l'aider. Il appela discrètement son Altaria, lui transmettant mentalement ce qu'il prévoyait de faire. Dès qu'il fut sûr que les environs étaient calmes, il avança de manière naturelle vers l'entrée comme s'il faisait partie des hommes présents, son pokémon sur ses pas.
Le premier à se retourner fut le Baggiguane, qui le regarda avec un air curieux, arrêtant de faire ce qu'on lui avait demandé. Son dresseur ne tarda pas non plus à réagir en voyant qu'on cessait de l'aider et il se tourna vers Lance avec un air interrogateur :
"- Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-il de sa voix grincheuse. Je ne vous connais pas."
Mais il ne réagit pas plus que cela, les équipes étant grandes et sur le point de quitter les lieux, il n'était pas forcément surprenant de voir une tête inconnue au bataillon surgir de nulle part. Lance, les bras croisé, fier, sourit calmement avant de répondre :
"- C'est un relèvement de fonction. Du moins, on peut appeler ça comme ça."
Quelques secondes de silence marquèrent le temps de réaction de Daishi. Qui avait déjà entendu parler, lui aussi, de la rumeur concernant les recrues défaillantes. Mais avant qu'il n'ait le temps de sursauter pour réagir, Lance avait déjà fait un pas vers lui et l'avait saisi au niveau du buste et du cou pour l'immobiliser. Il donna deux coups rapide : un au niveau de la poitrine, le second au niveau du cou. Deux simples attaques, efficaces. L'homme tituba, sonné. Il ne suffisait plus qu'à Lance de l'immobiliser avant de le rendre totalement inconscient.
Dans un même temps, son pokémon s'était jeté sur le Baggiguane pour lui bloquer aussi tout mouvement. L'expérience et la force de l'Altaria étant bien plus élevée que celles du pokémon combat, cela fut un jeu d'enfant. La seule différence, fut que celui-ci fut gardé bien éveillé.
"- Bon, commença le maître, voyons voir."
Il regarda le tas de caisses qui se trouvait là, voir s'il pouvait s'en servir à son avantage. Et tout à sa réflexion il commença à retirer la tenue reconnaissable que portait l'homme qu'il venait de mettre KO. Il s'adressa à son compagnon :
"- Il faudrait quand même qu'il soit retrouvé à un moment ou un autre, mais ça m'arrangerait si ça se faisait sous plusieurs heures."
Il ne fallait pas que l'alerte d'un intru soit donnée avant même qu'il ait intégré les rangs de l'organisation. Mais le mettre dans une des caisses et l'y enfermé pouvait s'avérer fatal. Peut-être qu'en récupérant des informations sur Daishi il réussirait à connaître ce qui lui était nécessaire. Enfilant d'abord la veste qu'il venait de prendre, il se tourna vers le Baggiguane qui cherchait à protester en vain, sentant qu'on allait s'en prendre à lui. Cependant Lance ne fit que poser la main sur sa tête. Le contact était froid et le pokémon n'était pas sûr de ce qu'il voulait faire. Jusqu'à qu'il sentit qu'on fouillait ses souvenirs.
Ignorant comment se protéger de ça, il remua dans tout les sens pour tenter de se dégager, mais rien n'y faisait. Altaria le maintenait en place. La lutte ne menant à rien, il se laissa faire à son plus grand regret. Le maître pu ainsi connaitre tout de sa vie avec son dresseur en scrutant les images de son esprit. Son pouvoir, qu'on disait provenir de la forêt de Jade, était effrayant.
Daishi était un homme solitaire. Il ne se liait que très peu avec les autres. Il était souvent considéré comme un grognon, quelque peu macho, ce qui expliquait pourquoi les deux femmes qui étaient précédemment avec lui ne l'appréciaient pas. Elles s'appelaient d'ailleurs Nara pour la plus vieille et Kaba pour la plus jeune. Le seul ami qu'il avait était un homme du nom Shiba. Voilà qui allait lui être utile. Il étudia le mode de vie de l'homme et le comportement qu'il avait avec ses camarades, les habitudes sur le chantier, pour mieux passer inaperçu. Une fois fait, il laissa en paix le Baggiguane qu'il força à rentrer dans la pokéball de son dresseur.
"- Le mieux reste de l'éloigner d'ici. Dit-il pour lui même et son pokémon. Afin de donner vraiment l'impression qu'il ait été retiré volontairement du cadre des activités."
Adressant un regard complice à son ami, qui savait où il voulait en venir, il finit de se changer entièrement, mettant ses propres affaires dans son sac. Il cacha précautionneusement sa crinière rousse sous la casquette noire typique. Ses sourcils et ses cheveux à la base de la nuque étant plutôt d'une nuance de brin, cela passait inaperçu. De plus, le temps qui avait teinté sa tête d'une nuance de gris aidait beaucoup à cacher ce qui marquait son identité. Il vérifia ensuite qu'il n'y avait personne dehors avant de revenir là où il avait atterri avec son Ptara, trainant le corps sur son dos. Il appela de nouveau son dragon pour lui demander de s'en aller avec Daishi dans une zone plus éloignée. Et d'y rester jusqu'à qu'Altaria vienne le chercher sur son ordre. Ainsi il serait sûr qu'il serait tranquille jusqu'à son départ. Une fois fait, il rappela l'oiseau dans sa pokéball avant de retourner là où les deux femmes s'en étaient allées. Il les retrouva dans un bâtiment de chantier. Elles faisaient face à deux hommes, qui visiblement n'avaient rien à voir avec l'organisation. Cela devait être ceux chargés d'aider à la reconstruction du bâtiment. On n'aurait pas laissé des personnes qui ne connaissaient pas les lieux s'en occuper seuls.
"- Et où est-ce que vous allez tous comme ça ? Demanda l'un d'eux à Nara.
- Cela ne vous regarde pas. Répondit Nara. Nous vous avons rendu tout le matériel. Le deal était clair : la Sylphe nous finance, on fait le boulot. Maintenant qu'on nous a coupé les vivres, on arrête.
- Tss. Soupira-t-il. Tu parles d'un modèle. Je comprend encore moins la Sylphe."
Ce qu'il entendait par là, c'était le fait que forcer l'organisation ō à tout reconstruire n'était qu'une vaste blague afin de calmer l'opinion publique. Le monde ne savait pas réellement ce qui avait eut lieu aux ruines d'Alpha, pour la plupart ce n'était qu'un acte terroriste qui méritait punition. Et celle-ci fut la réparation des dégâts causés. Mais demander cette reconstruction après tant d'années avait été tout aussi stupide que celle de décider d'arrêter, si peu de temps après.
"- Enfin... La politique n'est pas mon domaine. Poursuivit-il, lassé. Vous pouvez partir, maintenant que tout est fait."
Nara ne se fit pas prier. Elle fit demi-tour, accompagnée de Kaba et Lance en profita alors pour se glisser sur leur chemin et s'introduire :
"- Bonsoir mesdames. Nara, Kaba... Je suis enchanté car je suis venu pour vous soulager.
- On se connait ?" Fit Nara, un sourcil levé.
Kaba resta silencieuse, cela devait être son tempérament. Ou peut-être qu'elle était timide. Quoi qu'il en fût, le maître pouvait commencer à poser ses cartes pour se faire intégrer rapidement.
"- Oh, excusez-moi. Dit-il en s'inclinant légèrement, s'habillant d'un sourire qui ne lui appartenait pas. Je suis le nouveau Daishi. Et par nouveau j'entend que vous ne serez plus ennuyées."
Il marqua une pause dans son discourt pour laisser le temps à cette idée faire le tour des têtes présentes. Il ne manquait plus qu'à faire croire que cela était organisé et sous-entendre une action de groupe.
"- On s'en est occupé. Poursuivit-il. D'ailleurs si vous avez une idée de où je pourrais trouvé un certain Shiba, je serai ravi."
Citer les noms de cette manière paya. Il donnait l'impression de connaître les membres de l'organisation. Nara était comme... Sous le charme. On venait de lui retirer des pattes la personne qu'elle pensait la moins utile du monde. Et ce sans qu'elle ait eut besoin de le demander. Elle serait alors ravie d'aider l'homme qui venait lui-même de lui porter secours. Mais curieusement Kaba la devança. Elle aussi semblait être heureuse de la nouvelle.
"- Shiba est parti avec les autres. Expliqua-t-elle doucement. On le retrouvera probablement lorsqu'on partira à notre tour.
- Hm, dommage. Répondit-il. Je n'aime pas l'idée de m'occuper de lui là-bas."
Il ne pouvait que rester dans le vague malheureusement, car il n'avait aucune idée de la destination finale hormis le fait que cela se trouvait dans la région de Sinnoh. Ce qui était déjà très éloigné de leur position. Son "là-bas" invitait les femmes à le prononcer d'elle-même.
"- À cause de Friist, j'imagine." Pensa Kaba.
Le fait que Cobalt se faisait appeler par son nom de famille amusa quelque peu Lance. Et il fut heureux de voir qu'on croyait suffisamment au rôle qu'il s'était donné pour qu'on complète son histoire à sa place.
"- Oui. Ça et le fait que j'aime le travail bien fait. Confirma-t-il. Je devais m'en charger maintenant. Tant pis je partirai en avant.
- D'où est-ce que vous arrivez, au fait ? Demanda Nara.
- Du point de rencontre que notre chef avait eut. Avisa Lance. Il nous a envoyé pour qu'on s'en occupe tranquillement pendant son absence.
- Dommage qu'il raccourcisse notre temps d'action, en rentrant plus tôt que prévu. Ça vous laisse peu de marge."
À partir de cet instant il devait faire très attention à la manière dont il tournait ses phrases. Le dresseur de dragon ne savait pas si cela était du à la présence des deux autres hommes dans la pièce ou bien parce qu'il venait d'arriver, mais malgré les perches qu'il avait tendu, il n'avait toujours pas eut plus de détails sur le point de rendez-vous. Il essaya alors de manœuvrer le plus naturellement possible, pour les mettre encore plus en confiance. Il poursuivit la discussion tout en commençant à sortir de la pièce. Nara et Kaba qui n'avaient plus rien à faire ici le suivirent.
"- Dommage qu'à moitié. Corrigea-t-il. Il se passe enfin quelque chose."
Il se rappelait la conversation qu'il avait épié et le mécontentement des troupes se retrouvant mis en arrière aux ruines. Il espérait ainsi piquer leur intérêt.
"- Des idées sur ce qu'il se passe ? Interrogea Nara. Il y a eut du mouvement sous la montagne ?"
Sous la montagne ? Ça se précisait un peu.
"- Non ne je n'en sais pas plus. Se contenta-t-il de dire. Mais c'est assez gros pour nous faire bouger.
- Personne ne sait vraiment ce qu'il se passe, c'est frustrant. Mais de toute manière on va bientôt nous en dire plus.
- Probablement. Friist est censé arriver quand ?
- On a encore deux ou trois heures. Il doit faire un certain détour avant d'arriver.
- Je ferai peut-être mieux de partir tout de suite. Shiba...
- Vous n'allez pas partir tout de suite ? S'exclama Kaba. La route est longue avant Volucité. Et puis vous risqueriez de rater les nouvelles qu'on pourrait avoir : Cobalt veut vérifier deux trois détails dans les ruines avant de repartir, ce serait l'occasion de savoir ce qu'il se passe."
Voilà qui était tentant. Lance eut un sourire satisfait sur le visage. Plus il bavardait avec ces femmes et plus il en savait d'avantage. Pourquoi son enquête n'avait-elle rien donné précédemment ? Peut-être qu'effectivement, quelque chose de très important se passait et ravivait l'énergie dans les rangs de l'ennemi. Mais quoi ? Ça ne pouvait pas seulement être le fait qu'on libérait l'organisation ō de la reconstruction du site. C'était comme si une activité sous-jacente avait lieu et avait beaucoup d'intérêt. Ce n'était pas une très grande surprise pour lui, il se doutait que quelque chose se passait. Mais cela lui rappelait amèrement les évènements d'il y a vingt-quatre ans, comme si tout recommençait. Et malgré tous les efforts du monde il n'avait jamais su pourquoi la mafia s'était intéressée d'aussi près aux restes archéologiques, ni comment elle avait provoqué une telle catastrophe.
Et bien qu'il connaissait l'objectif profond de Giovanni, il ne faisait pas le lien avec ça.
Pensant pouvoir grappiller d'ultimes informations qu'il aurait loupé, il accepta de rester. Il voulait vérifier auprès des autres personnes présentes s'il ne pouvait rien apprendre d'autre. Cela occupa tout son temps avant l'arrivée de l'hélicoptère de Cobalt. Mais malheureusement, il n'obtint rien de plus. Les membres de la famille se rassemblèrent, peu nombreux, pour accueillir leur chef. Lance n'aimait pas enquêter aussi prêt des personnes concernées. Il prit soin de s'effacer parmi le groupe et aucun ne lui fit de remarques. Au final, les hommes et les femmes qui étaient restés ici se connaissaient peu, comme s'il s'agissait vraiment de la branche de l'arbre qu'on avait laissé pourrir pour mieux s'en défaire. Et Friist porta une attention égale à son intérêt aux membres présent. Le maître de la ligue ne put pas s'approcher d'avantage, quand il observa l'homme au col roulé noir inspecter le plus grand des bâtiments des ruines, celui qui avait été le plus touché par le combat qui avait eut lieu par le passé. Il ne restait pas grand chose des quatre murs et encore moins du plafond dont il était formé avant. Un trou béant laissait apparaitre un reste d'arcade qui se trouvait en son centre.
On remit à Cobalt un dossier, plutôt maigre, avant que celui-ci n'acquiesce et ne donne l'ordre du départ final. Cela fut bref et peu instructif. Le dresseur de dragon regretta de ne pas être parti plus tôt. Il s'éclipsa alors rapidement.
De ce qu'il pu savoir, Cobalt n'allait pas partir directement pour Unys. Traverser l'océan en hélicoptère était impensable. Non, l'homme prévoyait de se diriger vers Doublonville pour y prendre un avion après s'être reposé une demi-journée aux ruines. Il prendrait ensuite un jour ou deux pour organiser le départ commun vers Unys. C'était la seule chance pour Lance de reprendre l'avance qu'il avait gagné. Il userait de ses dragons pour partir directement, coupant à travers les terres et les mers. En prenant soin de partir sans qu'on le remarque, il envoya son Altaria récupérer on Ptéra. Il s'excusa d'avance auprès de son ami pour user de ses dernières forces afin d'arriver à l'océan. Une fois là-bas il ferait appel à son dracolosse pour continuer son voyage. Le dragon obtempéra sans broncher. Il était capable de tout pour son dresseur, peu importait les coûts. Il étendit les ailes et offrit son dos pour faciliter la monté. Le maître de la ligue fut plus détendu. Il préférait de loin la compagnie de ses pokémons aux présences humaines. Surtout quand il s'agissait d'hommes peu fréquentables et qu'il avait du faire appelle à ses meilleures compétences de comédiens pour se mêler à eux.
Lorsqu'il fut assuré qu'il ne croiserait personne, il parti plein ouest. Ptéra donna tout ce qu'il avait pour arriver au plus vite à l'autre bout de la région. En partant immédiatement le maître de la ligue pouvait espérer gagner au moins une demi-journée, mais cela allait être particulièrement éreintant, autant pour lui que pour ses pokémons. Pourtant il n'était pas spécialement inquiet, car Cobalt n'avait aucune raison de se presser et un tel trajet l'épuiserait lui aussi. Cela demandait beaucoup de ressource, surtout quand on devait gérer des hommes avec soit. Il ne fallait pas perdre une miette de temps. Le voyage fut rude, même pour le puissant maître dragon qu'il était. Il avait réenfilé ses affaires pour se protéger du vent et se trouvait sur son dracolosse qui faisait vrombir l'air glacé dans ses oreilles. Le premier pokémon du dresseur était le plus puissant de son équipe et il savait qu'il pouvait compter sur lui pour ne pas faiblir et se donner à fond pour traverser rapidement cette distance. Le trajet durerait un jour et demi et Lance prévoyait d'user de son léviator une fois qu'il serait assez près de Volucité. Il ne fallait pas pousser le vice trop loin et que son entrée en ville soit modérée.
Dans sa tête, il avait établi un plan d'action pour trouver des indices sur ce qu'il se tramait.
Lorsque le soleil se leva au bout d'un jour et demi, Haru se trouvait encore dans les bureaux du QG de la police internationale de Volucité. Il avait passé encore une fois une nuit blanche à étudier ce qu'on lui avait apporté : un gros pansement sur une de ses arcade, un petit dossier en main, il fronçait - douloureusement - des sourcils pour chercher à comprendre ce qui clochait. Cela faisait maintenant plusieurs jours qu'il avait contacté son ami et collègue Bastian pour étudier les traces que l'éclair blanc avait laissé dans la forêt de Vestigion. Mais depuis que celui-ci était parti enquêter, il n'avait plus eut de nouvelles. Du moins, plus de nouvelles directes. Car quand il s'était adressé au poste de police de Vestigion, on lui avait confirmé qu'ils avaient potentiellement découvert quelque chose, mais qu'ils étaient en attente de plus d'éléments pour pouvoir se prononcer dessus. Visiblement, l'éclair blanc trainait encore dans les parages et il était dangereux de l'approcher. Il fallait attendre. Et l'officier ne savait pas pourquoi, mais il trouvait cela étrange.
On frappa brusquement à sa porte, qui était ouverte. Il releva la tête et observa le capitaine Jenifer, deux cafés en main qui s'appuyait contre l'encadrement.
"- Oui ? Demanda-t-il innocemment d'une voix rauque. C'est pourquoi ?"
La jeune femme eut l'air surprise de cette question. Elle se contenta de rentrer, sans qu'on l'y invite et de poser une des deux tasses devant Haru avant de boire à la sienne et de s'exclamer :
"- Les bureaux sont vides. Et je n'ai personne avec qui partager mon petit déjeuner."
Le jeune homme ne réagit pas immédiatement. Sa nuit blanche lui laissait une impression de gueule de bois plutôt désagréable. Il pensait sincèrement qu'on venait lui apporter d'autres affaires sur lesquelles il devait bosser et ça ne l'enchantait pas. Alors, pour lui faire bien comprendre que ce n'était qu'une venue amicale, Jennifer s'assis sur un coin de la table et pris ses aises avant de poursuivre :
"- Je devrais apprendre aux autres officiers comment on sert correctement dans ce métier. Vous êtes un des seuls à vous concentrer sérieusement sur nos affaires."
Haru se secoua et huma l'odeur de sa boisson. Rien que le parfum qui s'en dégageait le requinquait un peu. Il se dépêcha alors d'en boire quelque gorgés. Il frotta ensuite ses habits froissés pour répondre finalement :
"- Certains ont une vie de famille, il vaut mieux pour eux qu'ils rentrent.
- Moui. Acquiesça le capitaine. Mais pas tous. Et on a quelques dossiers urgents sur lesquels nous pencher."
La jeune femme jeta un coup d'œil à son officier qui commençait maintenant à réorganiser son bureau. Un vrai bourreau du travail celui-là. Qu'est-ce qu'il pouvait être sérieux parfois. Elle le laissa faire pendant quelques instants avant de l'interpeller.
"- Repos, Haru. On a bien le temps de reposer un peu nos esprits.
- Je suis inquiet. Ce contenta-t-il de répondre.
- Pour quoi ? Pour Bastian ?
- La mission est un peu spéciale mais je ne m'attendais vraiment pas à un silence radio de sa part.
- Bah, ne vous en fait pas de trop. Approcher l'éclair blanc a toujours été difficile à faire, il vaut mieux prendre son temps. Il veut peut-être simplement ne rien gâcher en transmettant des informations.
- Je sais..."
Cette réponse n'était pas des plus franches. Mais elle était des plus humaines. Jennifer pris donc le temps de siroter ce qui lui restait de café. Autant laisser la boisson faire son effet et réveiller un peu plus son collègue. Quand il eut le regard plus clair, elle demanda :
"- Des nouvelles informations ?
- Le commissariat de Vestigion est sur le qui-vive pour agir. Ils n'ont pas plus de visu que moi sur le sujet. Mais ils m'ont affirmé que très rapidement ils auraient le cœur net sur ce qu'il se passe et que les choses avanceront plus vite.
- Voilà qui est plutôt une bonne nouvelle.
- Je ne sais pas... Mon intuition me dicte plutôt le contraire."
Posant la tasse vide sur le bureau la jeune femme haussa les épaules, ne partageant pas cet avis. Rien d'alarmant ou d'inhabituel par rapport aux contacts qu'ils avaient déjà eut par le passé avec l'éclair blanc. Mais elle n'eut pas le temps de réfléchir plus longtemps à la question qu'un homme entra en vitesse sans prendre le temps de s'annoncer :
"- Capitaine ! On vous demande.
- Oh, Kenvi ! S'exclama-t-elle. Le commissariat vient à peine d'ouvrir, ce n'est pas dans vos habitudes de venir me chercher directement dans ces cas là."
L'homme en question était petit, le crâne dégarni et portait des lunettes. Sa moustache remua avant de répondre timidement :
"- Je sais bien Madame. Mais ça sort de l'ordinaire, il faudrait que vous veniez tout de suite.
- Entendu. Dit-elle. J'arrive tout de suite.
- Je vous attend dans votre bureau."
Elle se remit debout et se tourna une dernière fois vers Haru avant de partir :
"- Ne vous faites pas trop de bile. Et surtout ne vous surmenez pas. Je reviendrai vous voir pour vous aider dès que je peux, n'hésitez pas à venir me voir si vous avez des éléments nouveaux."
Le jeune homme hocha passivement la tête et la posa contre ses mains accoudées à son plan de travail. Il prit le temps de se poser quelques instants, fermant les yeux juste assez longtemps pour que ça soit reposant, mais pas assez pour qu'il ne s'endorme. Il reprit ensuite courageusement son rangement et fouilla les autres cas qu'on lui avait donné. Mais il soupira d'avance, au vu des titres des dossiers : des petits cas de vols, d'atteinte à la vie privé, d'outrage à agent public... Des petites affaires sans grande importance. Il savait qu'il mériterait coups de fouets pour penser une telle chose, car ces dossiers méritaient tout autant d'être résolus que celui qui l'obnubilait. Mais son état de fatigue et l'inquiétude mêlée d'excitation qui le parcourait, en pensant à ce qu'il se passait à Sinnoh, occupait tout son esprit. Il n'arrivait pas à se concentrer. Il tournoya sur son fauteuil, passa les mains derrière la tête et s'installa confortablement pour laisser passer un peu le temps.
Quelque part il aimerait pouvoir se rendre sur place et enquêter lui-même. Cela faisait tellement longtemps qu'il s'occupait de surveiller les nouvelles pistes possibles... Maintenant qu'on en avait une de tangible et qu'il pouvait la remonter, il souhaitait vraiment le faire. Lui-même. Au lieu de déléguer à des personnes plus proches et de s'inquiéter ensuite de leur sort. L'officier ne remarqua pas le temps passer une fois dans cette position. Quand il reprit ses esprits, il se redressa et décida d'aller demander une autorisation à son capitaine. S'il voulait avoir l'esprit tranquille, il fallait qu'il se bouge !
Si le QG avait ses membres présents à ce moment là, ses collègues auraient pu le voir foncer très rapidement au bureau de Jennifer. Il avait embarqué son café avec lui, histoire de refaire le plein malgré tout, car ce n'était pas comme ça qu'il allait balayer une nuit blanche. Quand il arriva à la porte, il frappa et entra avant qu'on ne lui réponde, il commença alors à parler :
"- Capitaine. Je voudrais vous demander..."
Mais il se coupa net en voyant un autre homme dans la pièce. Un homme vêtu d'une cape, les cheveux roux et les yeux tout aussi cernés que les siens. Haru se maudit. Il perdait vraiment ses moyens dans la fatigue, il avait totalement oublié qu'on avait appelé Jennifer pour une affaire. Celle-ci ne tarda pas à en faire la remarque :
"- Et bien officier. La fatigue vous fait oublier la politesse ? Ne vous en faites pas. De toute manière vu que vous êtes le seul compétent présent, j'allais vous appeler. Je vais avoir besoin de vous. Fermez la porte."
Figé, désolé, Haru ferma finalement la porte automatique après quelques secondes d'hésitations. Jennifer ferma aussi les stores et alluma le plafonnier. L'officier ressentit alors une pointe d'intrigue naître en lui et lui redonner de l'énergie. Ce n'était que lors de cas important que le capitaine agissait de cette manière. Il se tourna alors vers elle, interrogative.
"- Officier Haru, répondit-elle alors face à cette question muette, laissez-moi vous présenter le grand Maître de la ligue pokémon de Kanto et Johto : Lance Wataru."
L'appellation complète gifla silencieusement le jeune homme qui se raidit instinctivement, tant la personne qui se tenait à côté de lui était importante. Il tendit machinalement sa main pour serrer celle du dresseur de dragon qui le fit avec force avant de se tourner de nouveau vers le capitaine :
"- Je vous remercie de m'accueillir si vite. Dit-il. Habituellement les services de police mettent du temps avant de prendre en charge les cas que je leur transmet."
On pouvait dénoter une certaine pointe de sarcasme dans cette affirmation. Mais la jeune femme ne fit pas de remarque sur cette critique insinuée. Elle se contenta d'ouvrir ses oreilles pour écouter la demande du maître qui poursuivit :
"- Comme je vous le disais je suis les mouvements d'hommes en particuliers. Mais avant d'en dire plus je voudrais savoir si vous et votre collègue êtes assez compétents pour prendre cette affaire en main."
Et voilà que le maître devenait arrogant. Jennifer n'apprécia pas, mais elle ne se sentait pas en pouvoir de protester. L'aura que dégageait cet homme était bien plus forte que la sienne. Même Haru n'arrivait pas à réagir, ne serait-ce que par un tic corporel sous la surprise de telles proclamations. Mais cependant elle jeta rapidement un regard à son officier qui compris d'instinct ce qu'il devait faire. Il se mit au garde à vous et alla à ses côtés en prenant l'air le plus solennel qu'il pouvait. Le capitaine se contenta de relever la tête avec comme un air de défi :
"- Nous sommes tous deux chargés des affaires les plus importantes ici et nous gardons contact avec des hommes capables, un peu partout dans le monde. Éclaircie-t-elle. Vous vous trouvez quand même à l'un des QG de la police internationale. Pas à un petit commissariat de campagne.
- Bien, voilà qui me rassure. Répondit Lance. Commençons donc."
Il prit la peine de s'assoir et de se mettre à l'aise. Le voyage qu'il venait de faire n'était pas du plus confortable et il avait besoin de se reposer un peu pour décrisper ses muscles endoloris. Il fut imité par les deux autres personnes présentes qui prirent place de l'autre côté du bureau, en face de lui. Alors, à ce moment là seulement, il s'expliqua :
"- Les hommes que je poursuis sont ceux de Cobalt Friist. Je surveille les mouvements de l'organisation ō. Peut-être avez-vous eut vent de la réunion de rapport qui devait avoir lieu à Safrania ?
- Ah oui, je vois. Confirma Jennifer. Nous étions chargés de les surveiller pendant leur passage à Volucité.
- Dois-je comprendre que cela était sorti de vos esprits ?
- Pas le moins du monde. Je crois me rappeler avoir été averti de leur départ prématuré des ruines d'Alphas."
Lance tourna une tête qui examina de plus près le capitaine.
"- Vraiment ? Demanda-t-il.
- Quand je vous disais que nous avions des hommes un peu partout. Insista-t-elle.
- Vous ne semblez pas être particulièrement dérangée par ce fait.
- Notre rôle consiste à jeter un œil sur eux pour éviter de nouvelles catastrophes, pas à les espionner.
- Ils vont bientôt repasser par ici pourtant.
- Oui ce qui ne nous arrange guère car nous avons déjà du travail à Sinnoh."
De nouveau, le maître chercha à sonder l'esprit de Jennifer. Il voulait savoir de quoi il s'agissait, piquer au vif, car il savait que Cobalt devait se rendre dans cette région. La jeune femme se tourna vers son collègue qui répondit à sa place :
"- Nous sommes aussi chargé de trouver l'éclair blanc. Pour arrêter les ravages qu'il provoque.
- Si ce n'est pas encore pour vous confirmer notre capacité à pouvoir parvenir à votre demande... Continua Jennifer. Du moins lorsque vous nous la formulerez."
L'éclair blanc... Ce n'était pas rien effectivement. Et le dresseur de dragon ne put s'empêcher d'avoir un sourire de fierté en pensant à ça. C'était quelqu'un qui avait le même but que lui et qui agissait en conséquence. Il le considérait presque comme un frère.
"- La présence de l'organisation ō me plait encore moins à moi qu'à vous. Poursuivit-elle. Mais me mêler de conflits politiques ne me mènerait à rien.
- Ils ne sont pas que politiques.
- Nous n'avons rien contre eux, pas même le moindre petit soupçon d'activités illégales qui nous permettrait de nous interroger sur ce qu'ils font. Le gouvernement a été très clair : cela ne nous regarde pas. Ce n'est pas comme si nous n'avions rien tenté.
- Et bien si je vous apportais ces preuves pour que vous puissiez agir, me suivrez-vous ?
- Qu'est-ce que vous voulez que nous fassions ?
- J'ai besoin d'aide pour déterminer où est-ce qu'ils opèrent. Car pour être plus direct avec vous, il m'est avis qu'ils vont reproduire quelque chose de similaire à ce qui a eut lieu à Johto."
Un froid parcouru la pièce. Soupçonné un acte de cette envergure était un peu gros. Mais il était difficile de ne pas prendre au sérieux le maître de la ligue pokémon. Non seulement parce qu'il était justement un maître, mais aussi parce qu'il avait aidé à arrêter ce qu'il s'était produit auparavant.
"- Donc quand Cobalt Friist reviendra vous... Commença le capitaine.
- Je voudrais que vous suiviez ses mouvements, oui. Acquiesça le dresseur."
Les deux policiers acquiescèrent, c'était dans leur corde, mais à présent ils voulaient des preuves de ce qui était avancé. Car ils ne pouvaient pas simplement agir parce qu'on leur demandait.
"- Ne vous en faites pas. Rassura Lance. Je vous apporterai les éléments que j'ai trouvé. La seule chose de précise que je peux vous dire pour l'instant, c'est que c'est vers Sinnoh que Cobalt se dirige. Et que visiblement le lieu où il s'est établi se trouve dans les montagnes.
- Décidément, on aura travaillé sur le sujet. Répliqua Haru.
- Je vous demande pardon ?
- La dernière attaque de l'éclair blanc qui a relancé notre enquête a eut lieu elle aussi dans les montagnes de Sinnoh. Une partie de forêt a grandement été détruite."
Le maître de la ligue et Haru enregistrèrent mutuellement les informations qu'ils venaient de se transmettre. Ils ne le savaient pas, mais tous les deux avait la même idée qui venait de germer au fond d'eux. Mais une idée encore trop petite et trop jeune pour qu'ils y prêtent attention. Seul une phrase résonna dans la tête de Lance quand il entendit ces explications : "Et bien évidemment, vous mettriez à feu et à sang forets et bois pour découvrir de ce qu'il en est ?". C'était la phrase que lui avait sorti le nouveau chef de la mafia quand il avait cité le "projet Bis". L'éclair blanc était quelqu'un qui lui ressemblait, comme il l'avait précédemment souligné. Peut-être que celui-ci avait agit de la même manière qu'il l'aurait fait, après avoir découvert quelque chose d'important.
Mais pour le moment, ce n'était qu'une idée...
"- Bon, Je vous propose que nous nous organisions pour mettre tout ça en œuvre. Se reprit-il. Mais peut-être serait-il intelligent de trouver un meilleur lieu dans lequel nous pourrions nous installer. Je vous assure que ce serait plus confortable pour nous."
Que cela soit pour le fait que les murs pouvaient avoir des oreilles ou bien parce qu'il ne se sentait pas particulièrement à l'aise dans ces lieux, il fut satisfait de voir qu'Haru et Jennifer approuvèrent cette décision. Ce qu'ils allaient aborder était quelque chose de particulièrement sérieux et nécessitait que l'on se prépare correctement. Surtout si cela allait impliquer des éléments aussi graves que ceux aux ruines d'Alpha. Ils se donnèrent alors rendez-vous une heure plus tard dans un autre bâtiment de la ville qui offrait des bureaux temporaires à ceux qui en avaient besoin. Lance pourra alors à ce moment là leur donner le dossier complet qu'on lui avait envoyé anonymement.
Un dossier donné par une personne qui savait ce qu'il se tramait.
