Jeez, ça faisait depuis un moment que je voulais trouver le temps d'écrire cette suite. Je n'ai pas cessé d'être interrompue chaque fois que je me mettais au travail. La voici enfin ! Et elle est longue bordel ! J'en ai des frissons, j'espère que vous êtes toujours accrochés, car croyez-moi, je ne vais pas vous lâcher ! N'hésitez pas à donner vos avis par ailleurs.

Réponse au commentaire du deuxième guest :

Je te remercie énormément et ça fait plaisir à savoir ! Je serai quand même curieuse que tu m'indiques les zones qui te paraissent flou pour savoir si je peux améliorer ou bien si je l'ai voulu pour la suite de l'histoire.

Bonne lecture !


Nous nous ré-enfoncions dans la forêt, la meute était bruyante et couvrait une large zone. Les plus âgés marchaient devant, les plus jeunes au centre et les autres en arrière. C'était là que nous nous trouvions, Auri, Clora et moi. Thane et le grahyenna qui semblait être l'alpha n'étaient pas loin derrière nous, ils fermaient la marche tout en guettant que tout se passait bien durant le déplacement. Nous restions tous les cinq silencieux, ce qui était à l'opposé des autres membres du groupe, mais ce silence cachait une multitude de questions que chacun de nous se posait. Il nous plongeait dans le mutisme tant nos idées n'étaient pas claires, ou bien nous attendions que quelqu'un le rompe. Les filles et moi avions du mal à marcher, surtout Clora, nous ralentissions toute la meute par nos blessures, mais ça ne semblait déranger personne. Au bout d'un certain temps, le loup au pelage clair finit par prendre la parole :

"- Alors c'est toi Lilly."

Je redressais vaguement la tête, intimidée par sa présence et ralentis mon rythme pour me retrouver un peu plus à sa hauteur. Je ne répondis pas, ma réaction étant une réponse en soit et sa phrase n'était pas une question. Il planta son regard d'ambre dans mes yeux et semblait me sonder.

"- Je ne voulais pas te rencontrer dans de telle circonstance. Poursuivit-il.

- Vous vouliez me rencontrer ? Demandais-je, déjà surprise qu'il me connaisse.

- Bien évidemment."

Il restât coi, comme si cela était pour une raison évidente, mais je ne voyais pas où il voulait en venir, c'est pour cette raison que je dus insister :

"- Pourquoi ?

- Et bien, tu es Morihogosha et moi l'alpha de cette meute. Nous étions forcément amenés à nous parler."

À mon tour, je ne répondis pas, éberluée par les informations qui étaient en sa possession sans que je ne connaisse ne serait-ce que son nom. Thane secoua légèrement sa fourrure pour me signaler sa présence et me faire comprendre que c'était de son du. Je me tournais alors vers Auri et Clora, tandis que nous continuions de marcher et compris comment tout s'était transmis. Cela ne me perturba pas trop, mais je n'en n'étais pas moins interloquée.

"- Et vous êtes ? Dis-je, voulant au moins savoir comment nommer mon interlocuteur.

- Sungri, "Le dos argenté". Répondit-il solennellement. J'avais pensé que tu en aurais connaissance avec la tâche qui t'a été assignée."

Son ton sonnait comme un sermon. On aurait dit qu'il voulait me reprocher mon manque de savoir qui contrastait avec mon rôle, ce que j'admettais bien volontiers, mais cela blessait mon orgueil car je me sentais ridicule. Je me tus pour le laisser poursuivre :

"- Mais il semblerait qu'il te reste des choses à apprendre... Nous en bavarderons plus tard. Pour le moment, je voudrais que tu m'expliques ce qu'il s'est passé tout à l'heure."

Mes oreilles se dressèrent nerveusement tandis que je fronçais des sourcils. Je m'étais tendue aussitôt.

"- Il y a déjà eut des explications. M'exclamais-je sans force.

- Pas avec tes mots. Expliqua paisiblement Sungri. Tu n'as pas parlé là-bas, pourtant cela te concernait puisque tu en étais la cause."

Je serrais les dents malgré moi comme pour retenir toutes phrases qui pourraient me trahir. Je ne voulais pas parler de ça, déjà que j'avais frôlé la catastrophe lorsque l'arcanin avait failli avouer aux autres que j'avais mentis. Plus on étalait un mensonge et plus celui-ci se voyait.

"- Je ne vois ce que je peux ajouter d'autre. Essayais-je. Auri et Clora on déjà bien expliqué ce qu'ils me voulaient.

- Et moi je voudrais que tu m'expliques. En détails."

Sungri n'était même pas sévère dans ses mots, mais je ressentais son aura de chef s'abattre sur moi et m'intimer de me plier à ses exigences. Il me rappelait Jismo, c'était exactement le même genre de sensation qui émanait de lui. Son image passa brièvement dans mon esprit, lui, le grand cerf couronné de ses bois verdoyants.

"- Tu ne nous as pas beaucoup parlé de toi depuis ton arrivée... Murmura Auri qui tentait de s'immiscer dans la conversation. Ni de ces sales types."

Comment risquais-je d'en discuter ? ! Je pensais que c'était clair que lorsque quelqu'un fuyait son lieu de vie originel c'était pour ne plus en entendre parler ! Je ne voulais pas passer par cette confession obligatoire.

"- Si tu vivais avec ces hommes avant, commença Thane à son tour, tu pourras certainement nous aider à comprendre ce qu'ils font là et pourquoi ils nous attaquent !"

Pour le grahyenna, plus que de la simple curiosité à mon égart c'était pour les siens qu'il se faisait du soucis. Il voulait chercher à tout pris à connaitre son ennemi. Sungri le coupa aussitôt dans son élan, c'était aussi ce qu'il voulait savoir, mais il ne voulait pas me brusquer directement sur ce chemin là. De plus il cherchait honnêtement à me connaitre pour d'autres raisons :

"- Doucement Thane ! Ne le noie pas sous autant d'informations. Faisons dans l'ordre : Lilly ; dis-nous d'abord qui étaient ces hommes."

J'ouvris la bouche pour donner des explications mais rien n'en sortit, mon cœur recommençait à battre à une allure folle, malgré l'engourdissement qui embrumait mon esprit et m'empêchait de trouver rapidement une solution.

"- Je... Ce... C'était..." Balbutiais-je avec difficulté. "C... C'était mes anciens..."

Je m'apprêtais à répéter comme un pijako ce qu'Auri avait dit lors de notre rencontre avec Arthur et Nikki. Mais Sungri ne voulait pas entendre ça. Il ne savait pas si mon blocage était réellement du à un traumatisme que ces hommes m'auraient infligé ou bien si je voulais cacher quelque chose, il avait un doute là-dessus. Pour en avoir le cœur net il m'interrompit en levant le ton pour me perturber encore plus :

"- Nous le savons déjà. Donne-nous quelque chose de nouveau, plus de détails à leur sujet."

Je ne pouvais pas inventer non-plus. C'était bien trop important, qui sait quel contrecoup pouvait apporter un nouveau mensonge. Mais qu'est-ce je pouvais bien dire... ? J'étais paniquée et pourtant je devais répondre maintenant :

"- Le... Le plus vieux... Arthur, il s'appelle Arthur. Il est... Scientifique ?

- C'est quoi ça ? Demanda Auri alors que Clora tournait la tête vers nous. Un "scientifique" ?

- Quelqu'un qui étudie comment fonctionne le monde."Répondit Thane, surprenant plus d'un de sa connaissance.

Il avait donné la réponse si naturellement que trois paires d'yeux se posèrent sur lui, le dévisageant d'une manière admirative. Il se contenta de sourire gêné et d'élucider :

"- Hey, Lilly n'a jamais été la première à revenir de chez les humains. Il y a longtemps j'ai déjà croisé d'autres pokémons qui...

- Et le plus jeune ?" Interrompit Sungri.

Thane s'inclina sans protester et fit même des excuses avant de laisser son aîné parler. Je ralentissais encore plus le pas sous le poids des interrogations qui m'étaient données.

"- Je... Je ne sais pas, je ne l'ai jamais rencontré, je ne connais pas tout le monde. Soufflais-je.

- Tout le monde ? Souleva le chef de meute.

- Oui je... Ils sont nombreux là-bas, enfin je crois.

- Un rassemblement d'humains... Mais que font-ils ?"

Si seulement je savais ! Cela ne faisait que re-soulever l'interrogation que j'avais eut précédemment : pourquoi je ne m'étais jamais intéressée à la raison de leur présence sur terre ? Qui étaient-ils réellement ? Jusqu'où la version de pokémon que je la connaissais correspondait au monde dans lequel j'avais atterri ? Et s'il y avait correspondance, est-ce que ça voulait dire que Satoshi Tajiri venait de ce monde ?

"- J'ignore ce qu'ils font là-bas... Débutais-je. On venait tout juste de m'y emmener avant de... De me..."

Avant de me transformer. Au final, combien de temps étais-je réellement restée là-bas ? À peine une après-midi ? Le temps qui s'était écoulé entre mon réveil et ma fuite avait été très court. Mais brusquement je réalisais autre chose : j'ignorais pendant combien de temps j'avais été inconsciente ! Entre la seringue qu'on avait plantée dans la cuisse en France, sur Terre, et mon éveil dans la peau d'une noctali, ici, qui sait le nombre de jours qui avaient pu s'écouler. Combien de temps fallait-il pour transformer un corps ? Autant d'éléments qui m'étaient inconnus et qui me faisaient comprendre l'ampleur de la situation.

"- Lilly..."

Sungri me sortit de mes pensés. Sans même que je m'en rende compte, les larmes m'étaient remontées aux yeux. Le vieux loup avait une expression sérieuse et semblait analyser méticuleusement tout ce que je disais. Il finit par demander :

"- Lilly, as-tu toujours été aussi grande ?"

Je fus pétrifiée sur le coup et me mis aussitôt à l'arrêt. Soupçonnait-il quelque chose par rapport à moi ? ! Avait-il fait le lien simplement avec ce que j'avais dis ? Non... Il ne fallait pas que ça arrive ! S'ils l'apprenaient, qui sait ce qu'il pourrait se passer. Accepteraient-ils quelqu'un qui était autrefois humain, alors qu'ils cherchaient justement à se défendre des hommes ? Quelles seraient leurs réactions s'ils savaient que je venais d'un autre monde, me croiraient-ils ?

"- Ou... Oui ! M'écriais-je. J'ai toujours été comme ça !

- Mais visiblement ils t'ont fait quelque chose. Soutint Sungri.

- Ils m'ont... ! Je n'étais pas bien là-bas ! Je ne savais pas ce qu'il s'y passait mais je peux vous assurer que ce n'était rien de bon."

Les quatre pokémons autour de moi n'insistèrent pas. Le ton de ma voix avait repris en assurance et on pouvait sentir tout le dédain que je ressentais par rapport à ça. Mais Sungri ne pouvait pas s'empêcher de penser qui y avait anguille sous roche. Ce qui le gênait c'était la volonté qu'avait émit le scientifique à vouloir me récupérer, il devait bien y avoir une raison bien particulière sinon il n'y aurait pas mis les moyens. Mais pour le moment peut-être valait-il mieux attendre que la tension et la fatigue diminue. Le grahyenna constatait bien que mes amies et moi étions épuisées et que nous n'avions pas forcément les idées claires pour en discuter. Aussi, il conclut avant de changer de sujet :

"- L'éclair blanc ne choisit pas ses proies au hasard et je pense que nous connaissons tous son mode opératoire. Si c'est bien ce que je pense, peut-être devrions-nous agir ?"

Thane s'agita sur place, un affût de questions vint se déverser sur lui à ces paroles. Nous étions maintenant tous stoppés et la meute avait suivi notre arrêt. Je le regardais, reprenant une expression de fatigue et de lassitude, je me demandais qui était l'éclair blanc. Sungri finit par se tourner vers le grahyenna qui s'impatientait et lui permit de parler.

"- Oui Thane ?

- Sungri, commença le loup en contenant son énergie, je ne comprend pas : n'était-ce pas une bonne chose que de ne pas avoir pris part à son attaque ? Pourquoi changerions-nous d'opinion ?

- Ta question est intelligente. Fit le vieux loup en souriant. Bien que nous n'ayons pas participé, l'attaque a belle et bien eut lieu et tout comme je le craignais les hommes répliquent. Il va falloir nous défendre. De plus, il semblerait que les actions qui ont lieu dans ce bâtiment n'engagent rien de bon pour nous."

Je vois, de part ce qu'il venait de se passer et ce que j'avais raconté, le grahyenna se doutait qu'il y aurait encore des actions à leur égard. Ce qui me surprendrait, car à la base les deux hommes étaient venus pour moi. Mais je n'étais pas très au courant des autres attaques dans la forêt. L'alpha s'avança un peu parmi les siens, les oreilles étaient à l'écoute et personne ne semblait émettre d'objection à ce qui était dit. Peut-être... Peut-être était-ce le bon moment pour aborder le deuxième sujet. Il fit volte-face et ordonna à Thane :

"- Thane. Je veux que tu ailles chercher Jismo.

- QUOI ? !"

Thane et moi nous étions écriés en cœur. Lui par la simple surprise de cet ordre, moi pour la même raison, mais aussi par étonnement de découvrir que le chef de meute connaissait le grand cerf. Pourtant, dans les conversations que j'avais eut avec lui, il m'avait bien mentionné que le contact avait été depuis longtemps perdu et qu'il ne s'était jamais approché des carnivores de cette manière. D'un bond maladroit je me plaçais entre les deux pokémons.

"- Qu'est-ce que vous lui voulez ? M'exclamais-je dans une position protectrice. Je ne sais pas comment vous le connaissez mais je ne vous laisserai pas faire s'il s'agit de lui faire du mal."

La foule retint son souffle, surtout les grahyennas et les medhyennas qui n'avaient jamais vu quelqu'un se mettre en travers du chemin de leur chef de cette manière. Comment cette Noctali, aussi grande soit-elle osait-elle s'opposer à leur chef alors que celui-ci venait de la sauver elle et ses amis ? Se demandaient-ils. Sungri se figea incrédule, puis il éclata joyeusement de rire, sans aucune animosité.

"- Je suis content de voir que tu as du répondant Lilly. S'esclaffa-t-il. Je me serais inquiété de voir qu'un des membres de Morihogosha soit un pokémon qui se laisse faire. Surtout après vous avoir sauvé des griffes de ces hommes.

- Mais... ! Contestais-je. Nous n'étions pas rétablis du précédent combat ! Et puis ils nous surpassaient largement par leur nombr...

- Ce n'est pas un reproche Lilly. Rassures-toi, la raison pour laquelle je fais venir ton partenaire n'est pas celle que tu crois. Vois-tu, moi aussi je sais ce que signifie Morihogosha et je souhaite pouvoir vous aider à le remettre en place."

Je perdis mon aspect agressif et penchais la tête sur le côté. Est-ce que j'avais bien entendu ? Décidemment la journée était pleine de rebondissement, je n'arrivais pas à en croire mes yeux. J'allais finir par imploser par la force de tous les sentiments que je ressentais.

"- Mais... Débutais-je. Pourquoi maintenant ?

- Nous risquons d'en avoir grandement besoin dans les jours à venir. De plus, je suis aussi persuadé qu'il tient à savoir quand ce genre de péripétie arrive. Et... Il est toujours bon d'avoir du soutien dans ces situations."

Je n'étais pas sûre de comprendre tous les sous-entendus de cette phrase. Déjà, je m'étais sentie troublée lorsqu'il avait utilisé le mot "partenaire". C'était tout frais dans ma tête et l'impact était toujours aussi fort, voir ces sensations se solidifier était très étrange. Je n'émis cependant pas de nouvelles objections. Le grahyenna me sourit alors en acquiesçant et confirma à Thane d'aller chercher le grand cerf. Clora et Auri n'étaient pas très enchantées non plus, mais elles ne dirent rien. Cependant, ce ne fut que lorsque le pokémon fut parti que je réalisais que j'avais oublié quelque chose :

"- Mais, comment va-t-il le trouver ? Demandais-je. Et n'est-ce pas risqué de l'envoyer le chercher ?

- Ne t'en fais pas. Hocha paisiblement Sungri. Il l'a déjà rencontré et sait parfaitement où le trouvé."

Le mystère s'épaississait. Jismo ne m'avait pas parlé de cette rencontre, ce que je lui reprochais profondément. Mais sans que je veuille l'admettre, une partie de moi fut rassurer de savoir qu'il allait se tenir à mes côtés d'ici peu. Je m'entendais certes très bien avec Auri et Clora, mais je n'étais pas encore à l'aise avec elles et j'avais un très grand besoin de réconfort. Cela faisait à présent une quinzaine de jours sans que je voie un proche, sans que j'ais le soutien qui m'était nécessaire. Tant que je n'avais pas mes marques j'étais isolée dans ce monde ; et pour le moment, seul le grand et noble cerf arrivait à m'apporter cela, lui ainsi que Colmillo qui m'aimait sans crainte comme une mère.

Tandis que sous les ordres de leur chef, tous s'installèrent pour cette grande halte, je m'allongeais sur le sol, repliant les pattes sous mon ventre, fermant les yeux pour que le temps s'écoule plus vite. La discussion semblait être terminée pour le moment et je ne tenais plus debout. J'eus un petit sursaut en sentant Clora venir se blottir contre moi, car elle était tout aussi épuisée. Le sommeil ne fut pas long à venir nous cueillir, elle par ses blessures, moi par la lutte contre le sédatif qu'on m'avait administré partiellement, cette pause était la bienvenue.


"- Vous pouvez répéter ?" Fit le chef de Police.

Ses subordonnés s'étaient tous penchés au-dessus de la lettre que lisait l'un des policiers. Pourtant c'était vers leur chef qu'ils tournaient à présent leur regard. Leur teint était livide, leur lèvre scellée et ils n'osaient pas s'exécuter. L'adjudant avait la moustache frémissante et il tenait fermement l'accoudoir de son fauteuil. L'homme qui tenait le bout de papier, qui accompagnait le paquet et la caméra que l'arakdo et le rapasdepic avaient ramenés, dut obtempérer. Ils étaient obligés d'accepter cette vérité. Il s'éclaircie la gorge afin de parler le plus clairement possible et relu à voix haute le passage tant redouté :

"- ... Nous nous sommes trompés de cible en pensant trouver l'éclair blanc en nous enfonçant dans la forêt. Bien que l'attaque ait bien eut lieu et fut bien de son fait, ce au quoi nous faisons face aujourd'hui est bien plus redoutable encore. J'ai le malheureux devoir de vous informer que l'organisation ō a pris plein pied dans le cœur de la montagne..."

Le chef s'enfonça dans sa chaise comme s'il venait de se recevoir un puissant coup. Ses yeux fixaient le vide et sa terreur était bien plus que visible. De nouveau, le lecteur s'arrêta et attendit patiemment, dans la crainte, la réaction de son supérieur. L'adjudant se releva et du se soutenir avec l'aide de son bureau, ses jambes avaient du mal à le soutenir. De toute sa vie, il n'aurait jamais cru être amené à traiter ce genre d'affaire : c'était bien trop gros. On réservait ce travail à des postes plus élevés que le sien. Il prit cependant son courage en main, il avait un devoir à accomplir :

"- Poursuivez la lecture."

Sa voix était devenue sèche. Forte, bien que tremblante d'appréhension. Il avait confiance en Bastian et savait que ses paroles étaient empreintes de vérité. De plus c'était son pokémon qui avait ramené ces documents. Mais une minuscule part de doute subsistait, il aurait confirmation avec ce que la caméra aurait filmé, mais comment croire à une telle chose ? L'organisation ō...

"- Je suis moi-même sceptique. Repris le sous-officier. Mais le complexe dans lequel je me retrouve prisonnier ne dément pas ce qu'on m'a expliqué. Si je peux vous contacter maintenant, c'est grâce à une aide intérieure, vous aurez plus de détails avec le dossier qui vous sera joint. Sachez malheureusement, que le collègue qui m'accompagnait est à ce jour décédé par la main des hommes qui me retiennent..."

Le lecteur perdit sa voix à cette nouvelle et s'interrompit sans qu'on le lui demande. On ne lui en voulu pas, car il furent tous choqués et attristés par la nouvelle.

"- Je ne peux m'étaler en détail sur le sujet. Se reprit-il. Je m'en remets aux personnes qui vont se charger de transmettre ce message à mon arakdo, si jamais elles respectaient notre accord. Une intervention immédiate est nécessaire. Tous les renseignements vous seront donnés. Bastian. O à V.

- Officier à Vestigion."Corrigea l'adjudant qui comprit la prudence de son subordonné quand à la signature.

On ne pouvait savoir si cette missive allait être interceptée par l'ennemi. Et il en dépendait probablement de sa survie.

"- Nous pouvons avoir directement accès à ce qu'a filmé la caméra ? Finit par demandé le chef.

- Oui mon adjudant." Répondit un des hommes.

Pendant que la lecture de la lettre s'était faite, d'autres personnes s'étaient immédiatement attelées à la tache d'accéder aux données de l'élément électronique. La carte mémoire était à présent branché sur un écran et s'apprêtait à être visionnée. L'adjudant demanda à ce que le commissariat soit fermé et que l'accès y soit restreint. Puis ils observèrent tous ce qui avait pu être récupéré.

Au départ, l'image était rapide, entrecoupée. On observait des morceaux de ciel, de forêt passer et on comprit qu'il s'agissait du trajet effectué par le rapasdepic. Les membres du commissariat retenaient leur souffle et prenaient leur mal en patience, ils ne devaient pas perdre une miette de ce qu'ils avaient récupérer au risque de perdre des éléments important. L'arakdo et le rapasdepic étaient là eux aussi et assistait à la scène en silence. Au bout d'un temps qui dura une éternité, ils purent finalement visionner un passage d'intérêt : l'oiseau venait de s'arrêtait près d'un taillis et se redressait autant qu'il pouvait pour que l'objectif qu'il portait puisse voir ce que lui-même voyait. Une immense clairière de bois coupé, au centre de laquelle trônait un bâtiment qui perçait une des montagnes. Il semblait abîmé, percé par endroits et de nombreux hommes s'y afféraient. La plupart étaient en tenue de civil. Mais certains qui semblaient plus jeunes étaient vêtus de noir, une tenue que certains officiers reconnurent tandis que leurs dents grincèrent. La vidéo se poursuivit, jusqu'à que la caméra se fixe vers un point où un mur était éventré. Là, un homme, qui lui portait une blouse blanche en sortit et lança sa pokéball dans la direction de l'appareil. Le pokémon s'agita et la vidéo fut interrompue à plusieurs reprises et vu les sons qui s'en échappaient, on comprit immédiatement qu'il s'agissait d'un combat. L'écran devint rapidement noir, signifiant que pendant une courte période l'enregistrement avait cessé.
Certains policiers crurent que c'était tout ce qu'ils auraient à ce moment là et ils commençaient déjà à se lever pour se soucier des autres documents. La tension était à son comble et tout le monde voulait savoir.

Une voix s'éleva des enceintes, tandis que l'écran s'affichait toujours sans aucune vidéo :

"- C'est bon ?" Murmura une voix.

Les officiers et l'adjudant eurent en cœur un sursaut de joie. Car ils avaient reconnu la voix de Bastian.

"- Oui. Répondit un homme dans le film. Vous pouvez vous exprimer."

Cette voix était celle d'Arthur. Dès qu'il eut prononcé ces mots, l'image revint et on pu voir la scène. C'était centré sur Bastian, qui regardait de très près l'objectif. Après être certain que cela enregistrait, il se recula et on pu distinguer la pièce dans laquelle il se trouvait. C'était la salle de soin des pokémons. On ne distinguait pas énormément d'éléments, on pouvait à peine remarquer un bout du scientifique et qu'il s'afférait à quelque chose. On su rapidement de quoi il s'agissait quand on entendit des rugissement du rapasdepic qui semblait se débattre à proximité. Quelques paroles du généticien arrêtèrent les protestations et fit comprendre qu'il était aux soins.

"- Hey salut. Débuta Bastian à la caméra. Pardonnez ma familiarité mais on craint un peu pour sa peau ici...

- Allez à l'essentiel, coupa une voix féminine, nous n'avons pas beaucoup de temps."

La personne qui venait de s'exprimer était Molly. Bien évidemment, les policiers ignoraient qui étaient des scientifiques et ils ne pouvaient pas les identifier. Quoi qu'il en fût, tous parlaient faiblement comme s'ils ne voulaient pas être entendus. Les membres du commissariat prêtaient des oreilles attentives. Aussi, l'officier continua son message :

"- Sans me compter moi-même des hommes sont pris au piège ici. Je crois ne pas me tromper en citant les disparitions d'Unionpolis. J'ignore ce qu'on fait ici, mais ça a assez d'intérêt pour avoir attirer l'éclair blanc qui a tout attaqué. La base, cette base, est sans dessus-dessous. Et les personnes qui en sont prisonnières voudraient profiter de cet état pour s'enfuir avec notre aide..."

Par là, Bastian sous-entendait bien évidemment l'aide du commissariat de Vestigion. Et ce qu'il citait, les "disparitions d'Unionpolis", c'était les hommes de chantiers mystérieusement disparus après le lancement de la construction d'un nouvel immeuble, demandé par une grande société au lieu dit. Alors que la construction avançait à une vitesse ahurissante, un drame eut lieu, provoquant l'effondrement de la structure. On retrouva peu des hommes chargés de sa construction, c'était un des grands mystères des dernières années. Mais l'adjudant ne fit pas le lien.

"- ... Comme je l'ai mentionné dans ma note, nous avons affaire à l'organisation ō. Ce n'est pas une petite affaire et il faudra beaucoup de moyen pour sortir de ce nid de dardargnans. Je suis aidé par trois personnes ici présentes qui m'ont indiqué la meilleure tactique. Visiblement, le chef actuel de l'organisation, que nous connaissons sous le nom de Cobalt Friist, va revenir ici, car c'est bien ici qu'il s'est installé. Il faut profiter de son retour pour agir. Vous aurez des plans pour vous aider ainsi que la date approximative de son arrivée..."

À partir de ce moment là l'adjudant se redressa. Son instinct venait de le presser, il ne savait pas pourquoi. Il interrompit la lecture de la vidéo et alla demander ce qu'il en était de la réunion qui devait avoir lieu à Safrania avec justement le dit Cobalt - Cette information était relayée partout dans le monde au vu de son importance, même au public - quand un de ses sous-officiers revint vers lui avec l'information ce ne fut que pour confirmer son intuition : la réunion s'était avérée beaucoup plus courte que prévu.

"- Il nous faut prévenir le QG d'Unys. Déclara l'adjudant. Ce sont eux qui sont chargé de surveiller le déplacement de Friist et qui seront à même de nous indiquer sa position. De plus nous pourrons les tenir au courant sur ce que nous venons tout juste de découvrir..."

Sans parler du fait que c'était le commissariat de Volucité qui avait demandé l'enquête sur l'éclair blanc.

"- Nous reprendrons l'étude de ces documents dès que nous seront renseignés. Conclut le chef. Si nous devons nous préparer il vaut mieux savoir le temps qu'il nous reste afin d'être prêts !"

Tous acquiescèrent et se ruèrent vers leur poste pour se mettre au travail. Seul une poignée resta sur place et sortirent de l'enveloppe kraft les papiers qu'Arthur y avait glissé pour les étudier. Il s'y trouvait un plan de la base, bien qu'incomplet car il manquait la partie décrivant l'accès à la porte. La vidéo fut laissée sur pause jusqu'à qu'on en sut plus sur l'avancée de Cobalt vers Sinnoh.
Bien évidemment, lorsque les informations furent transmises à Volucité, le capitaine Jennifer ainsi que l'officier Haru firent parti des premiers à être tenus au courant. Ils purent alors décrire entièrement le trajet du présent chef de l'organisation. Bientôt, bon nombre des lignes d'informations de postes de police affichaient les mises à jour du déplacement des troupes de la team ō. Les services spéciaux furent appelés à la rescousse, car dorénavant la prudence et la discrétion étaient de mise et rapidement, on pu savoir l'endroit exact où se trouvait le convoi de Cobalt.

Convoi qui allait arrivé un jour plus tard à destination.

Les équipes de la base s'étaient préparées. Tout était en ordre dès qu'on fut prévenu que le transport de Cobalt entrait dans les environs de la forêt. À partir de ce point il fallait se montrer patient car aux yeux du monde il devait disparaitre, s'évanouir dans la nature comme si rien ne s'était jamais passé. Arthur avait été très rapidement demandé afin d'être en tête des personnes à accueillir Friist. Vu qu'il avait été son remplaçant pendant tout ce temps, il fallait qu'il passe la main en faisant un rapport détaillé sur tout ce qu'il s'était passé. Il s'était préparé, mais la tension était à son comble car il savait que c'était aujourd'hui qu'il allait pouvoir sortir avec ses amis des griffes de cet enfer. S'il échouait, il savait que Cobalt lui imposerait des épreuves encore plus dures que celle qu'il avait pu vivre jusqu'à présent. Et il s'y refusait. Il aurait aimé savoir où est-ce que Molly et Mortimer se trouvaient durant toute cette phase d'attente, mais il ne le pouvait pas, ce qui le paniquait encore plus.
Toutes les têtes importantes de la base étaient avec lui. Il y avait les trois archéologues, le chef de l'équipe linguistique, la chef des membres de l'organisation qui étaient censés rester sur terre. Il ne manquait plus que le chef de la sécurité, Bari. Car son travail le forçait à constamment faire le tour de la base vérifier que tout allait bien. Quelque part, son absence n'était pas plus mal, car la présence inquisitrice de cet homme le perturbait beaucoup. Le temps fut long à passer. Ils attendaient au niveau de l'entrée principale de la base qui avait regagné son statu originel après les travaux. De là, Arthur pouvait observer les rondes que faisaient les dresseurs et les pokémons chargés de surveiller les alentours. Nikki en faisait parti et patrouillait avec son ursaring derrière lui, le grand ours avait finalement récupéré de ses blessures et le jeune homme pouvait de nouveau reprendre son poste. Visiblement, vu la tâche qu'on lui avait attribué, il avait du se voir rétrogradé, il n'avait pas l'air dans son assiette et ne faisait pas l'imbécile contrairement à son habitude. Cela décrocha un quart de sourire à Arthur, qui n'était pas mécontent de voir qu'il avait été enfin remit en place.

Un mouvement dans la forêt finit par avoir lieu. Les hommes de sécurité aux alentours commencèrent à former une allée. C'est à ce moment là que Bari fit son apparition, accompagné par Sota, le jeune homme qui se chargeait des vidéos surveillances.

"- Enfin. Grogna l'homme en se tournant vers le scientifique. Je ne suis pas déçu de le voir arriver. Tout est prêt de notre côté, rien à signaler."

Arthur hocha gravement la tête et pris une longue et silencieuse inspiration. À partir de là, il fallait qu'il se tienne sur ses gardes. Au moins la remarque de Bari l'avait rassuré et les hommes de chantiers avaient réussi à ne pas éveiller de soupçon. Mortimer l'avait tenu informé sur la remarque que l'un d'eux lui avait fait, il savait où il devait se rendre lorsque tout s'enclenchera. Le seul problème était de savoir quand les policiers allaient agir, si jamais ils agissaient.

"- Nous avons pensé à nous débarrasser du corps." Dit Bari.

Le scientifique arrêta de respirer un bref instant, mais tacha de garder une attitude calme et sereine. Le deuxième officier qui était mort des suites de ses blessures... Arthur et Mortimer s'étaient longuement demandés ce que comptait faire les hommes de mains de Cobalt de sa dépouille. Ils avaient espéré d'une manière ou d'une autre pouvoir la ramener à sa famille, pour honorer sa mémoire. Cela fut un coup pour lui d'apprendre qu'il ne pourrait rien faire.

"- Vous ne dites rien ? Insista le chef de la sécurité.

- Les ouvriers se tiennent en place ? Demanda Arthur en rentrant dans son jeu.

- À carreau." Répondit-il en surprenant le généticien.

Il venait d'emprunter l'expression française pour imager l'état des hommes de chantier. Jusqu'à présent, il n'avait jamais montré le moindre intérêt à la langue des terriens. Arceus merci, Arthur avait toujours pris soin de ne pas jouer les malins et de ne pas parler avec ses amis en la présence de qui que ce soit. Mais il n'eut plus le temps à d'autres réflexions, car quelqu'un héla :

"- Maître Cobalt Friist arrive !"

Tous sans exception se mirent au garde-à-vous ou du moins se redressèrent. Entre les arbres de la forêt de Vestigion on pu voir la forme de Cobalt et ses hommes apparaitre. Celui-ci était encadré par son nidoking et son galopa et avançait tranquillement vers la base. Affublé de son habituel col roulé noir, il avait l'air serein et heureux de rentrer "chez lui", mais en réalité il n'en était rien, car il avait toujours en tête l'échec cuisant de sa rencontre avec Giovanni. Par ailleurs, il en était marqué : courant de son oreille droite à sa bouche, la marque de l'attaque griffe du persian, encore rouge et partiellement cicatrisée. Beaucoup furent surpris de cette blessure mais personne n'osa en faire remarque, mais quelque chose de bien plus important encore estomaqua tous ceux qui était présent. Arthur devint blanc comme un linge.
Cobalt ne rentrait pas seul. Il avait amené avec lui les hommes des Ruines-d'Alpha. Et leur nombre était conséquent. Dès ce moment, le scientifique sut que leur chance de réussite venait de baisser drastiquement. Il observa Bari du coin de l'œil pour s'assurer que celui-ci ne l'observait pas mais il fut étonné de constater que celui-ci ne se tenait plus à ses côtés, il avait commencé à s'avancer vers le chef. Le généticien ne savait pas s'il devait le suivre ou non, dans le doute il préféra s'abstenir. Il observa alors le chef de la sécurité arriver à la hauteur du maître des lieux, le saluer le plus sérieusement avec une attitude de chien fidèle. Puis il marcha à ses côtés et commençait à expliquer les différents évènements qui avaient eut lieu, Cobalt hochait régulièrement la tête mais son regard c'était fixé sur Arthur. Quand il arriva à sa hauteur, Bari n'avait pas finit son récit mais il l'interrompit en tendant sa main devant lui :

"- Heureux de voir que mes sentinelles sont restées fidèles..." Dit-il, un sourire machiavélique sur les lèvres.

Le scientifique se maudit mille fois. Jamais il ne se serait plié à un homme pareil autrefois, pourtant aujourd'hui il courbait l'échine et avait assumé un rôle qui ne lui ressemblait pas. Il avait fait ce que sa morale lui interdisait. Il baissa les yeux et serra malgré-lui faiblement la main qu'on lui tendait.

"- Bienvenu parmi nous Maître Friist." Répondit-il, très amer.

Il ne regretta peut-être pas tant que ça que ses amis ne soient pas là pour le voir. Sa posture était bien basse et il ne le supportait pas. Heureusement, il n'en n'aurait plus pour très longtemps.

"- Je reviendrai vers vous après m'être occupé de ce qui est du portail. Reprit Cobalt. Faites en sorte d'avoir les résultats de vos expériences."

Puis l'homme vêtu de noir le dépassa en ordonnant à Bari, la chef des équipes de la Terre et les archéologues de le suivre à la salle de la porte. Laissant Arthur seul sur le pas de l'entrée avec Sota. À partir de maintenant il n'avait plus aucun pouvoir sur les membres de la base, il ne pouvait plus compter que sur ses amis et les autres civils qui étaient prisonniers. Il se secoua quelque peu et se dirigea vers son bureau, il espéra croiser une dernière fois Molly et Mortimer dans les couloirs, mais malheureusement il n'eut pas cette chance. Les hommes et les femmes de l'organisation reprirent leur position habituelle.

Quand Cobalt arriva à la salle du passage vers la Terre, toujours accompagné de ses pokémons, il y avait quelques ouvriers qui attendaient patiemment dans un coin, voir si on allait leur donner des ordres particuliers. Il y avait aussi Gomuru et deux autres Sbires qui saluèrent leur chef à son arrivée. Gomuru était le plus en avant et il fixait le sol bien qu'il se tenait bien droit. Il avait une expression serrée sur le visage, Bari se dirigea vers lui pour se placer à sa hauteur.

"- Monsieur je vous présente Gomuru, un des membres les plus prometteurs de cette base." Dit celui-ci.

Le concerné ne broncha pas, pas même pour remercier son supérieur.

"- Je lui ai demandé de voir si avec ses connaissances informatiques il pouvait nous aider, la porte fonctionnant comme une sorte de réseau.

- Et qu'est-ce que cela a donné ? Demanda Cobalt.

- Même épaulé par ces archéologues, la porte reste fermée, du moins dans un sens. Cependant il a pu constater que seul les êtres vivants se voyaient bloqué l'accès, humains comme pokémons, ce qui n'est pas le cas des machines.

- Et vous avez pu récolter des informations sur l'autre côté ?

- Personne n'a investi la grotte de l'autre côté du passage, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Car il reste caché.

- Très bien."

Cobalt se rapprocha de l'arc de pierre gravé qui se trouvait au centre de la salle. Il se planta droit devant et chercha à analyser le voile invisible qui marquait la frontière entre les deux mondes. Un courant d'air frais caressa son visage, il repensait à ce que Giovanni lui avait fait remarqué avant que le passage ne se referme de ce côté-ci :

"- C'est la première fois que quelqu'un de la terre franchit de ce côté-ci ?" Avait-il dit lors de leur rencontre.

Le maître légitime de l'organisation ō n'avait pas fait d'autres remarques ensuite. Friist se creusa la tête, il se tourna vers la chef des équipes de la Terre :

"- Citez-moi toutes les allées et venues des équipes au travers du passage avant mon départ !" Ordonna-t-il.

La jeune femme s'exécuta et sorti ses notes. Elle commença à les lister et à les dater. Gomuru en profita pour vérifier si Bari restait près de lui ou bien s'il semblait en avoir fini, il voulait s'échapper de son autorité au plus vite. Quand il constata que celui-ci avait toute sa concentration sur le chef, l'aspirant se rapprocha un peu de la porte de sortie et se cala au mur. Il voulait s'assurer malgré tout qu'on ne lui tiendrait pas rigueur de son départ et voulait donc attendre avant de partir.

"- Répétez ! Siffla Cobalt en levant une main.

- Réception du cobaye, puis... Recommença la jeune femme. Puis..."

D'un bond Cobalt se retrouvait en face d'elle, le regard sévère. Il acheva à sa place :

"- Puis le voyage sur terre a cessé de fonctionner."

C'était donc ça, l'homme comprenait à présent pourquoi son aîné c'était montré si sévère envers lui. Tout simplement parce que la raison pour laquelle la porte ne les laissait plus passer était évidente, tellement évidente que personne n'y avait prêté attention.
Depuis qu'on m'avait amené ici, un mécanisme s'était enclenché et avait tout bloqué, un mécanisme très simple. Mais plutôt que de voir le problème dans ma venue, qui semblait ne pas être une raison suffisante, les hommes de la base avaient préféré voir un soucis dans le procédé qui faisait fonctionner la porte. La chef des équipes terriennes eut les lèvres qui tremblèrent, elle n'osa pas affronter directement le regard de Cobalt. Celui-ci allait abattre sa colère quand un sifflement sonore l'interrompit. Le bipper de Bari venait de sonner, celui-ci, sans ciller, le décrocha de sa ceinture pour y jeter un regard consciencieux sans se soucier du reste.

"- Puis-je vous interrompre maître Cobalt ?" Demanda-t-il le plus naturellement du monde.

Le concerné regarda son chef de sécurité, qui avait vêtu une expression très grave. Il foudroya alors la jeune femme du regard, promettant une sanction redoutable pour cette inattention, puis il donna son autorisation.

"- Je vous écoute."

Bari s'avança vers lui et lui tendit son bipper. Cobalt lu le message et plus il avançait plus son visage devint froid. Quand il eut terminé, le chef de la sécurité commença à lui parler si bas que cela en devint presque du silence. Gomuru qui ignorait la scène jusqu'à présent, leva les yeux vers eux tant ce silence devenait pesant. Les ouvriers de la pièce observaient sans dire un mot.
Brusquement, la porte s'ouvrit. Ce n'était pas avec fracas, mais cela contrastait tant avec le calme de la pièce que tout le monde excepté Cobalt et Bari, sursauta. Les deux chefs ne se tournèrent même pas pour constater l'arrivée de Sota. Le jeune homme tourna la tête à plusieurs reprises pour scruter la pièce avant de réaliser que la personne qu'il cherchait était juste à côté de lui.

"- Gomuru !" S'exclama-t-il.

Puis il avisa l'écho qu'il venait de provoquer et reprit plus doucement.

"- Gomuru je dois te parler. Reprit-il.

- Bien sûr, je t'écoute. Fit celui-ci trop heureux de voir qu'on allait lui donner une raison valable de partir.

- Ne vous éloignez pas trop Sota, apostropha Bari, j'ai besoin de vous immédiatement."

Sota hocha la tête mais Gomuru fut certain à présent de lire une expression d'inquiétude sur son visage. Le jeune homme chargé de la vidéo surveillance l'attrapa férocement par le col et le tira vers lui. Il fut décontenancé.

"- C'est pour eux qu'ils discutent, chuchota-t-il sur un ton de désespoir, va les prévenir !

- De quoi... ?! Souffla Gomuru, éberlué.

- C'est une mutinerie... ! Bari est au courant ! Vas les prévenir où ils vont échouer !"

Gomuru ne saisissait pas ce qu'il se passait... Il était sous le choc, car il était assez intelligent pour comprendre de quoi Sota était en train de lui parler. Mais pourquoi le prévenait-il ? Celui-ci le lâcha d'ailleurs d'un coup et pris une toute autre expression :

"- Dépêches-toi de te rendre sur la partie Est de la base. Dit-il intelligiblement. On a besoin de toi là-bas !"

Cette fois les deux chefs se tournèrent vers lui et Gomuru compris que ce qu'il voyait immédiatement n'était qu'un masque de comédie pour le couvrir. Il ne se fit pas prier une deuxième fois, il accouru vers le couloir.

"- Sota ! Fit puissamment Bari. Tu les as repéré ? !

- Oui monsieur !"

Cobalt et le chef de la sécurité se regardèrent dans les yeux, la même force brûlant au travers de leurs pupilles. Le maître de l'organisation ō commença à s'avancer à pas rapides vers la sortie, suivi par son nidoking.

"- Danse-flamme..." Murmura-t-il.

Les personnes encore présentes eurent à peine le temps de réagir que le galopa se mettait déjà sur ses pattes arrières... Et quand ses sabots frappèrent le sol, se fut pour déchainer une mer de flammes affamées sur les ouvriers présents. Les hommes ne ripostèrent que lorsque leur peau fut léchée par le feu, ils sortirent leurs pokémons, imités par les sbires qui étaient restés sur place.

Gomuru couru le plus vite possible qu'il lui était donné dans le grand couloir principal. Son objectif : trouver Molly. Il ne voulait pas qu'il lui arrive quelque chose. Il n'avait pas été tenu au courant que les scientifiques avaient réussi à élaborer un plan de fuite, mais Bari ne l'avait pas lâcher jusque là et il savait qu'il n'aurait pas pu être prévenu... Quand il tourna en dérapant dans le couloir qui menait à l'infirmerie il aperçut au loin une première personne qu'il pouvait alerter : Mortimer. Il couru jusqu'à lui et se laissa glisser sur le sol pour le percuter et l'attraper par les épaules.

"- Bari sait ! Commença-t-il. C'est maintenant !"

Puis, pour la sécurité du médecin sachant que l'alarme n'avait pas été encore donnée ; et pour être sûr que personne ne le verrait faire ce qu'il était en train de faire ; il repartit dans la même direction par laquelle il était arrivé. Mortimer eut du mal à réagir, mais l'adrénaline monta rapidement dans son sang lui ordonnant rapidement quoi faire.

Si Molly n'était pas avec le grand homme, c'était qu'elle devait être dans une autre partie de la base. Quand Gomuru regagna le couloir principal, il ralentit le pas en sentant le sol vibrer... Il tourna la tête vers ce qui provoquait de telles secousses et il pu observer un nidoking courir sur ses quatre pattes, faisant trembler tout sur son passage. Derrière lui Cobalt et un nombre conséquent de personnes qui commençaient à se rassembler pour comprendre ce qu'il se passait. Le maître de l'organisation pris une grande inspiration et aboya ses ordres :

"- Position découverte ! La police de Vestigion va envahir les lieux. Enfermez tous les civils, tous ceux qui ne font pas parti de nos rangs !"

Bari n'était pas chef de la sécurité pour rien... Quand il avait découvert le potaux roses, il avait enquêté sur la manière dont les ouvriers et les scientifiques comptaient s'enfuir. Lorsqu'il avait vu Arthur revenir sur son Arcanin de la forêt, il se doutait qu'il cherchait le contact avec les autres policiers qui devaient rechercher leurs collègues. Aussi était-il revenu sur ce qu'ils avaient obtenu comme information après l'interrogatoire de Bastian : "Un capitaine à Volucité.". En plusieurs appels, il avait demandé à des membres de l'organisation infiltrés là-bas de lui transmettre des informations sur les potentielles découverte du QG international de police. Donc lorsque Vestigion envoya un message pour appeler à l'aide sur leur sujet, ils furent très vite au courant...
Et le message qu'il avait reçu sur son bipper était pour lui indiquer que la police allait passer à l'action incessamment sous peu. Il avait pris de l'avance quand aux actions qu'il devait mener pour arrêter cette rébellion. Et pour ça, il en réservait la surprise à tout ceux qui tenteraient quoi que ce soit.

Il avait prévu plusieurs coups d'avance.

Ce fut pour cette raison que le chef de la sécurité ne se pressa pas pour se diriger vers un point précis de la base. Il prit deux de ses pokéballs à la main et se tint prêt à en faire usage. Son bipper sonna une deuxième fois. Il le saisit, prit le temps de le lire, le replaça à sa ceinture et envoya sa première pokéball pour sortir son propre nidoking. Et il ordonna à celui-ci de pousser un puissant hurlement qui raisonna partout dans la base et les alentours. Et lorsque cela fut fait, les hommes qu'il avait placés sur le toit à ce signal firent cracher leurs pokémons feu droit sur la forêt.

Les policiers durent reculer.

Et la bataille commença.

Chaque camp envoya ses combattants sur le terrain et l'écho du choc que cela provoqua fit trembler la forêt. Arthur comprit immédiatement ce qu'il se passait dans son bureau et il se pressa d'en sortir. Il attrapa ses quatre pokéballs et appela ses amis à la rescousse :

"- Fahanji ! Yango ! Taïjho ! Fan !"

Tour à tour, son arcacin, son démolosse, son elecsprint et son feunard apparurent. Tous quatre le regardèrent et d'un geste de la tête il leur indiqua la direction à prendre : les cellules de la base. Fahanji et Yango prirent la tête et ouvrirent le passage, les deux autres pokémons en arrière et Arthur au centre. Ils foncèrent rapidement retrouver Bastian qui à l'entente de tout ce remue-ménage s'impatientait dans sa geôle. Il n'y avait personne lorsqu'ils arrivèrent. L'arcanin fit claquer sa mâchoire sur les barreaux pour laisser assez d'espace à l'officier pour passer. Le scientifique lui tendit alors une pokéball, son granbull, qui sortit immédiatement. L'officier de police hocha la tête, plein de reconnaissance. Mais quand ils se retournèrent pour sortir, un ours leur barrait le passage...

"- L'chef m'avait prévenu que ce serait là qu'vous iriez d'abord. Piailla Nikki, en position de garde. Il m'a chargé de vous empêcher de passer."

Arthur sentit son cœur faire un battement de trop. Bari était au courant ?! Comment ?! Tout ceci risquait de mal finir... Surtout avec les effectifs bien plus nombreux de l'organisation ō. Mais il se prépara à faire face. Bastian aussi, il serrait son poing encore valide, prêt à en découdre.

"- Toi me barrer la route ? Fit Arthur. Ça n'arrivera jamais.

- Et moi j'ai un compte à régler..."Ajouta Bastian en pensant à son collègue aujourd'hui décédé.

Le feunard et l'elecsprint étaient ceux qui pouvaient affronter directement l'ursaring. Mais la difficulté résidait dans le lieu de combat : l'espace de la base était étroit et l'ursaring bloquait entièrement le couloir, Nikki se glissa malgré tout derrière lui. De plus, une masse sombre traversa le mur pour se joindre au pokémon massif, un pokémon spectre, un feuforêve. Cela allait se corser.

"- Je n'ai jamais dit que j'étais tout seul... Expliqua Nikki.

- Je m'en charge." Affirma Arthur.

Il intima à tous ceux qui ne prenaient pas part au combat de reculer afin d'éviter d'être blessés. L'elecsprint fit grésiller son énergie tout autour de lui. On ne voyait pas le second dresseur, mais ils n'en avaient pas besoin.

"- Onde de choc ! Ordonna le scientifique. Lance-flamme !

- Rafale psy ! Cria une voix féminine.

- Mania !"Hurla Nikki.

Bari avait bien choisit la partenaire du sbire. Car l'ursaring ne pouvait pas toucher physiquement le pokémon spectre et donc leurs attaques ne s'annulaient pas. Ils avaient décidé de débuter très fort. Il allait falloir au généticien des perles de stratégie pour se sortir de là.

Plus loin dans la partie Est de la base, près de l'endroit précédemment éventré par l'éclair blanc, se trouvait Molly, accompagnée de plusieurs ouvriers qui la soutenaient. Bien que les hommes avaient laissé cette partie-ci du bâtiment fragilisé, le chef de la sécurité ayant eut vent de leur plan avait ordonné aux sbires de créer un mur de glace en extérieur, empêchant ainsi toute nouvelle destruction du mur. Ils étaient pris au piège, entourés par bon nombre de membre de l'organisation ō. Elle leur faisait face avec son alakazam. Les ouvriers avaient sorti leurs machocs et leur charminas.

"- C'était justement vous que je cherchais."Fit une voix derrière les sbires.

Bari se fraya une chemin entre ses subalternes et dévisagea l'infirmière avec un sourire plus que mauvais sur le visage. Son nidoking marchait derrière lui. Dans toute la base résonnait les divers affrontements qui y avaient lieu. Même l'équipe linguistique y avait mis du sien.

"- Et bien me voici. Fit Molly en soulevant un sourcil. Ça faisait longtemps que je rêvais de vous donner ce que vous méritez.

- Montrez-nous donc."Répondit un autre homme à l'opposé.

Molly se retourna et serra les dents. Cobalt venait d'arriver sur l'autre flanc. Deux hommes, deux nidokings. Elle ne savait pas si ils allaient faire le poids.

"- Je propose la force contre le mental." Souffla-t-elle.

Les ouvriers acquiescèrent et les charminas se mirent en avant. Et dans un galop fracassant, l'ennemi lança sa première attaque en cherchant à les écraser en sandwich. Les chocs mentaux fusèrent pour provoquer une barrière de protection et quand cela stoppa les colosses les machocs les saisirent en cœur pour leur renvoyer une attaque. Ils parvinrent à repousser le nidoking de Cobalt, mais ils ne furent pas assez nombreux pour celui de Bari. Molly eut juste le temps de voir une corne foncer vers elle, mais avant que le choc n'ait lieu le pokémon fut retenu.

Derrière Bari venait d'arriver d'autres ouvriers et surtout Mortimer. Celui-ci avait sorti son mackogneur pour protéger l'infirmière. Le pokémon combat usait de ses quatres bras pour immobiliser son adversaire. Le chef de la sécurité éclata de rire tandis que tous s'afférèrent au combat autour d'eux.

"- Bien ! S'exclama l'homme. Je peux maintenant sortir mon deuxième atout."

Il lança sa deuxième pokéball sans prononcé quoi que ce soit, et un éclair argenté passa par-dessus l'épaule du mackogneur lui coupant considérablement le muscle. Le pokemon rugit de douleur et plaça une de ses quatre mains sur la plaie. Cela libéra le nidoking. Le pokémon qui venait d'attaquer était un scalproie, un pokémon digne du caractère de Bari.

"- Vous savez quelle est la différence entre vous et moi ?" Demanda Bari à Mortimer.

Le médecin l'ignora et ordonna à son pokémon de lancer une frappe atlas tandis qu'il envoyait son insécateur au combat. Vu l'espace étroit, user d'une telle attaque risquerait de faire de gros dégâts sur le pokémon.

"- C'est que j'ai bien plus d'expérience que vous." Conclu Bari seul.

Pas une seule seconde le chef de la sécurité ne parla. Pas une seule fois il fit un geste. Pourtant son scalproie s'élança ingénieusement dans la bataille, s'attaquant au mackogneur. L'insécateur de Mortimer tenta tant bien que mal de parer les attaques, mais il ne savait pas où les prévoir, son ennemi était bien trop rapide. Sans compter le fait que le mackogneur étant constamment attaqué, il ne parvenait pas à affronter le nidoking contre qui il était le seul à pouvoir faire le poids. Molly aurait voulu aider, mais elle devait se concentrer avec les ouvriers sur le nidoking de Cobalt. Il ne les lâchait pas. De plus le chef de l'organisation avait l'audace de ne pas utiliser son galopa, pourtant bel et bien à ses côtés. Ce qui annonçait rapidement l'issu du combat.

"- Coup-croix ! Ordonna Mortimer. Mettez-vous y à deux pour l'abattre !

- Autre chose..." Poursuivit Bari.

Le scalproie évita l'attaque du mackogneur et le nidoking prit les devants pour intercepter celle de l'insécateur.

"- Je ne perd pas mon temps. Termina le chef de la sécurité.

- Flash !"Hurla Molly.

L'alakazam s'exécuta et pendant un instant tous furent aveuglés. Aussi bien les membres de la mafia que les ouvriers et les médecins. Quand tous purent reprendre connaissance et observer l'état de la situation, une lame enserrait le coup de Molly. Le scalproie avait profité de la couverture du nidoking pour pouvoir l'attaquer directement. L'infirmière tremblait pour ne pas faire le moindre mouvement, car elle sentait à la désagréable sensation sur sa peau que les armes du scalproie étaient terriblement affutées.

"- NON ! Cria Mortimer au désespoir.

- Couchez-vous où je la tue."Ordonna l'homme impitoyable.

Le sol fut brusquement secoué par une attaque ordonnée par Cobalt. La plupart des pokémons des ouvriers étaient à terre et l'alakazam se souciait de sa dresseuse. L'espace commença à se faire silencieux et cela n'était pas rassurant. Mortimer et Molly se regardèrent dans les yeux. Le médecin passa une main paniquée dans ses cheveux et ça faisait depuis longtemps que Bari souhaitait voir cette expression sur le visage de cet homme. Obligé, Mortimer s'accroupi au sol en signe de soumission, imité par ses pokémons.

Souriant de plus belle, le chef de sécurité pu savourer sa victoire.

Les batailles faisaient rage dehors. Et les policiers n'arrivaient pas à gagner du terrain, ils avaient sous-estimé leur adversaire. Bientôt il ne leur serait plus possible de rester sur place pour porter secours aux civils. Certains avaient réussi à sortir en catastrophe et avait pu être aidés par les officiers, mais bien peu y parvenaient par rapport au nombre prévu. Arthur et Bastian tentaient de se frayer un chemin par l'entrée principale, ils avaient réussi à battre Nikki et sa coéquipière mais malheureusement bien trop de monde s'était mis en travers de leur chemin vers le lieu où ils devaient se diriger. L'espace était bien plus libre à l'entrée de la base et ils purent enfin respirer l'air extérieur, bien que celui-ci était brûlant et sec du aux feux provoqués par les sbires placés sur les toits.

"- Mes collègues ne tiendront pas longtemps à ce rythme. Commença Bastian. Il faut y aller maintenant !

- Non ! Protesta Arthur qui constatait avec horreur le mur toujours intact de la base. Je ne partirai pas sans eux !

- Il y aura plus de perte à rester là ! Croyez-moi je comprend !"

S'ils restaient là tous les deux, ils seraient pris au piège à leur tour, grossissant le nombre des pertes. Et pour pouvoir aider les autres il fallait pouvoir s'aider soi-même, ils ne pouvaient pas revenir en arrière.
Fahanji, l'arcanin, le savait tout aussi bien. Aussi, quand il vit son dresseur et ami se retourner vers là d'où il venait, il le saisit pour le forcer à venir avec eux. Le scientifique se débattit violemment.

"- Fahanji ! Lâche-moi !"

Mais déjà le pokémon partait au galop suivit par les autres pokémons d'Arthur et Bastian, qui fermait la marche. Ils passèrent la frontière de flamme et furent accueillis par les collègues en panique de l'officier qui commençaient à reculer. Il était maintenant trop tard, il fallait ordonner la retraite. Ils reviendraient bien plus préparés, mais pour l'instant, il fallait retourner à l'abri à Vestigion.

Arthur ne réalisa pas le temps qui s'écoula durant leur fuite. Il oubliait tout ce qu'il y avait autour de lui : les troncs d'arbres qui petit à petit se clairsemaient, l'apparition progressive des bâtiments, les officiers qui hélaient des ordres dans tous les sens... Il continua de se débattre contre son pokémon jusqu'à qu'il n'eut plus d'énergie. Quand il redevint calme, Fahanji le déposa par terre, mais l'homme ne tenait plus debout. L'arcanin l'épaula alors jusqu'au commissariat qui avait été transformé pour accueillir les rescapés. Mais là, toujours, le scientifique ne semblait pas prendre conscience de la situation. Il ne vit pas le jour s'écouler, installé dans une des salles du bâtiment, aidé par des infirmiers pour soigner les blessures légères qu'il avait reçues durant le combat. Il pensait à ses amis, là où il les avait laissé, alors qu'il leur avait promis de les sortir de là.
Il émergea beaucoup plus tard, lorsque trois personnes s'adressèrent à lui :

"- Vous êtes Arthur c'est bien ça ?" Demanda une jeune femme.

Il releva pitoyablement la tête, épuisé, vers son interlocuteur. Jennifer lui faisait face, la mine légèrement sévère, les mains sur les hanches. Elle était accompagné de Haru et de Bastian qui avait eut le droit à de meilleures attelles que celles que lui avait bricolé Mortimer.

"- Oui... ? Répondit le généticien.

- Suivez-moi. Sans vos pokémons." Dit-elle simplement.

Arthur regarda autour de lui et su qu'il n'était pas en mesure de protester, il les suivit alors dans une salle au calme où ils lui demandèrent de s'assoir à une table. Ils firent un moment de silence pour laisser au scientifique le temps de se reprendre. Une impression de déjà vu lui traversa l'esprit et il se douta de pourquoi il était ici.

"- Nous avons des questions pour vous. Expliqua Jennifer qui s'assit en face de lui. Un bon nombre j'en ai peur.

- J'ai des réponses ? Tenta vainement Arthur.

- Si vous coopérez facilement, on s'entendra, je le pense.

- Allez-y."

Le capitaine hocha la tête de manière satisfaite. Il laissa le temps à Haru de prendre de quoi noter, Bastian se contentant d'observer l'interrogatoire afin d'y amener son point de vue sur ce qu'il pouvait. Le calme de la pièce était à l'opposé du combat qu'ils avaient du mener.

"- Donc, vous vous appelez Arthur..." Commença Jennifer.

Elle attendait un complément afin d'avoir le nom complet du scientifique mais celui-ci poussa un long soupir en redressant la tête en arrière. Il sentait déjà que ça allait être compliqué.

"- En fait non... Répondit-il. C'est un pseudonyme.

- Quel est votre vrai nom dans ce cas ?"

Arthur soupira de nouveau. Ils allaient retracer toute sa vie avec cette information. Cependant il le leur donna et donna aussi d'autres informations générales à son égard.

"- Bien, ce n'était que les formalités... Fit Jennifer.

- Je m'en serai douté.

- Pour faire court, je suis Jennifer. Capitaine au QG de Volucité. À la base, nous enquêtions sur l'éclair blanc avant que cette affaire ne tourne de cette manière. Bastian m'a expliqué ce qu'il s'est passé là-bas au complexe, aussi je voudrais que vous répondiez le plus honnêtement possible...

- Je vous ai déjà dit que je répondrai.

- Selon lui, durant l'absence de Cobalt Friist vous auriez été celui en charge des lieux..." Commença-t-elle.

Oula... Arthur n'avait pas envisagé qu'elle parte sur ce terrain. Malheureusement pour lui, Jenniffer était toujours offensive et direct quand elle voulait quelque chose.

"- Est-ce vrai ? Insista-t-elle.

- C'est vrai... Du-t-il avouer.

- Et pendant que vous dirigiez cette... "Base"... Quels étaient vos objectifs ?

- Je devais juste... Surveiller le complexe. Veiller à ce que tout se passe bien durant l'absence de Friist.

- Donc, c'était vous qui contrôliez tout ce qu'il se passait, notamment lorsqu'une attaque a été menée contre mon présent collègue et le second officier aujourd'hui décédé..."

Arthur se crispa, les bras croisés en défense. Il planta son regard las et fatigué dans les yeux de Jennifer et garda le silence.

"- Était-ce vous ?

- J... Oui, c'était moi mais... !

- Selon Bastian, coupa-t-elle, lorsque vous l'avez abordé pour proposer une échappatoire, vous avez précisé que vous étiez retenus contre votre gré dans ces lieux.

- Oui... C'est ce que j'ai dit.

- Pourtant vous étiez toujours à ce moment là maître des lieux.

- C'est plus complexe que ça ! Protesta le vétérinaire. J'y étais obligé.

- De quelle manière y étiez-vous obligé ?

- Si je ne faisais pas ce qu'on attendait de moi on m'aurait mis aux fers !

- Est-ce qu'on attendait de vous d'attaquer ces hommes ?

- Bien sûr que non !

- Et qu'est-ce qui est arrivé ?

- Arrêtez ça !"

L'homme était prêt à bondir de sa chaise, comment pouvait-on lui mettre tout ça sur le dos ? N'ont-ils pas compris à qui ils avaient affaire ? N'avaient-ils jamais entendu parler de l'organisation ō ?

"- J'admet qu'il y a des erreurs... Poursuivit-il. Dans ce que j'ai fait. Mais je n'ai jamais voulu ça, je ne l'ai jamais ordonné ! J'ai même été celui à proposer un moyen de s'échapper...

- Vous n'avez jamais voulu ça ? Insistait-elle toujours. Même la torture ?

- S'il vous plaît...

- Lorsque vous avez interrogé mon collègue, vous l'avez tor-tu-ré.

- Ce n'était pas moi...

- Vous l'avez laissé faire ! Hurla-t-elle en claquant ses mains sur la table.

- Arrêtez !"

Cette fois-ci il se redressa et passa les mains derrière la tête avant de les repasser devant lui comme s'il saisissait quelque chose et de s'exclamer :

"- J'ai mes amis qui sont là-bas ! Cria-t-il. Et je ne sais pas si je peux compter les retrouver vivant si on n'agit pas rapidement ! Je connais les hommes qui les retiennent prisonniers et je connais les risques ! Alors si vous pouviez faire ce qu'il faut au lieu de jouer au même jeu qu'eux, je vous en serait plus que reconnaissant et Arceus sait combien je serais prêt à vous aider !"

Jennifer ne répliqua pas, mais elle joignit les mains calmement, une expression des plus normale sur le visage. Elle n'avait plus besoin de travailler cet homme au cœur pour qu'il lui dise tout ce qu'elle souhaitait savoir, il avait largement assez de remords et de regrets pour que cela se fasse tout seul. Satisfaite elle reprit la parole, toujours sur un ton inquisiteur :

"- Alors asseyez-vous ! Et dîtes-moi, où tout à commencer..."

Où tout à commencer... Arthur ne pouvait plus se le cacher. Il devait l'affronter, là, maintenant, la triste vérité qui l'avait amené sur se chemin de braise. Il passa son visage dans ses mains, ne contenant plus les larmes amères qu'il avait emmagasiné toutes ces années...