Bonjour et bonne lecture ! Je catapulte cette introduction pour vous dire que j'avais vraiment hâte d'écrire ce chapitre. C'est pour cette raison qu'il arrive aussi vite.
Le scientifique ne s'était jamais rendu compte du poids de la tristesse qu'il portait depuis toutes ces années. Combien de temps cela allait-il faire ? Sept ou huit ans ? Il ne les avait pas vu défiler et il se demandait à présent où était passée sa vie pendant tout ce temps. Il n'arrivait plus à contenir ce qu'il ressentait et tentait vainement de cacher ses sentiments aux gendarmes. Devant tant de sincérité et de peine, ceux-ci respectèrent son silence et ne dirent un mot. C'était en grande partie grâce à Bastian qui avait malgré tout défendu sa position avant que l'interrogatoire ne débute. De son expérience de la base, il ne pouvait effectivement pas ignorer que le scientifique était celui qui avait cherché le plus à faire ressortir l'aspect positif de la situation, avec le médecin, et que c'était même lui qui avait soigné son deuxième pokémon. Ils patientèrent calmement qu'Arthur arrive à se redresser et à leur faire face, mais son regard embué laissait comprendre qu'il n'était pas vraiment là, qu'il était perdu dans les souvenirs qu'il ressassait afin de leur répondre.
Où tout avait commencé...
La première image qui lui revint fut celle du tout premier entretien qu'il avait eut avec Cobalt. La première fois qu'il lui faisait face et qu'il ignorait tout de lui. Cette rencontre avait eut lieu pour une raison bien particulière : il cherchait du travail et l'homme qu'il ne savait pas être à la tête de l'organisation ō venait lui en proposer. Maintenant qu'Arthur visionnait cette situation avec assez de recul, il réalisait à quel point Cobalt s'était montré sournois, à quel point il avait su le manipuler...
Tout ceci avait commencé il y avait sept ou huit ans, lorsque le généticien, tout d'abord vétérinaire, avait vu sa vie devenir plus noire et glaciale encore que la nuit à l'un des deux pôles. Lorsqu'il se trouvait au bord du gouffre...
Arthur avait un jour été père. Avant que tout ceci ne se passe, il avait fondé une famille : sa femme, sa fille et lui. Ils vivaient à Unys à cette époque, dans une ville située à proximité de Méanville. Cela faisait un an et demi qu'ils étaient mariés et ils venaient tout juste d'emménager, la petite avait alors onze ans. Le scientifique embrassait sa carrière de vétérinaire et soignait les pokémons, tandis que sa femme, qu'il avait rencontrée lors de ses études, faisait un métier similaire, plutôt tournée vers l'observation. Il leur arrivait parfois de travailler ensemble, ils étaient très heureux et souhaitaient s'installer définitivement ici.
Le métier de Yunda, sa femme, faisait que parfois elle travaillait à la maison. Elle en profitait alors pour passer un peu de temps avec leur petite fille qui jouait souvent dans le jardin avec les pokémons de ses parents. À ce moment-ci, Arthur ne possédait que Fahanji, qui venait tout juste d'évoluer en arcanin, et Yango qui était alors un très jeune malosse. Et ils passaient énormément de temps avec la petite pendant l'absence du vétérinaire, veillant sur elle lorsque sa mère ne pouvait le faire à cause de ses obligations. Yunda n'avait elle aussi que deux pokémons : un delcatty, sorte de grand chat à la fourrure soyeuse, jaune et rose et un gallame, pokémon psy et combat similaire aux humains qui combattait avec les lames de ses bras.
Ce fut un jour similaire à cette composition que cela se produisit... Yunda travaillait chez eux avec son gallame et son delcatty jouait avec sa fille. Arthur était absent, à son centre vétérinaire comme une journée de travail et ses pokémons se reposaient dans un coin du jardin, profitant du lourd et magnifique soleil d'été. C'était une journée très calme et on pouvait entendre la petite courir avec amusement après le félin. Une course poursuite s'engageait dans le petit jardin, dans la joie et l'insouciance, personne ne venant interrompre leur jeu.
Le pokémon sentant que la fille s'enhardissait et courrait plus vite que les jours précédents, il bondit entre les arbres fruitiers, zigzagant pour la mettre au défi de l'attraper. La petite le suivit sans broncher dans un rire cristallin et arriva rapidement à sa hauteur. Le félin accéléra alors gaiement le mouvement et fit le tour du jardin, passant à proximité des deux autres pokémons qui dormaient à poings fermés. Il se retourna pour vérifier qu'il était toujours suivit : la petite était toujours sur ses talons et n'était pas perturbée le moins du monde par toutes ces acrobaties. Le delcatty pris alors la décision de l'emmener sur des terrains nouveaux, voir si elle le suivrait encore : il passa le portique blanc ouvert du jardin et couru jusqu'au milieu de la route. Il s'arrêta, tourna la tête un énorme sourire aux lèvres et regarda avec amour l'enfant qui ralentit à cette frontière, leurs jeux ne quittant usuellement pas le jardin. Le félin se demanda si elle aurait le courage de tenter l'aventure. Mais malgré son hésitation, la fillette poursuivit finalement sans crainte le pokémon et le rejoignit là où il était. Elle courut, la main en avant, donna une toute petite tape sur son flanc en poussant un cri de victoire :
"- Capturé !"
Puis les crissements de pneus retentirent.
La camionnette de livraison qui roulait sur cette même route ne les avait aperçut qu'au dernier moment. Elle roulait à la vitesse limitée, mais le pokémon et la gamine étaient si petits... Que non seulement ils avaient été remarqués que bien trop tard, mais ils furent aussi gravement touchés. Tellement, que le pokémon mourut sur le coup et la gamine ne se releva pas du choc.
Quand on alla chercher Arthur à la clinique, ce fut plusieurs hommes et femmes qui le tirèrent rapidement du bâtiment, le pressant au plus vite au vu de l'urgence de la situation. Au départ il ne comprenait pas ce qu'il se passait, tout était confus dans les explications qu'on lui donnait. Et quand finalement il saisit ce qu'il venait de se produire, il prit rapidement la tête du groupe pour courir jusqu'à chez lui.
Les urgences n'étaient pas encore arrivées, le centre vétérinaire étant bien plus proche et le trajet bien plus direct. Une petite foule commençait à encercler les lieux : le conducteur se tenait près de son véhicule, en pleur, ses mains couvrant les sanglots qui s'échappaient de sa bouche. Quelqu'un tentait de le rassurer, répétant sans cesse qu'il s'agissait d'un accident, qu'il n'y était pour rien. Arthur poussa les gens en travers de son chemin pour se frayer un passage jusqu'à la scène. Quand il eut écarté la dernière personne il se figea sur place, sans expression. Fahanji se trouvait près du petit corps qui ne bougeait plus. Il gémissait, poussait de petits aboiements, s'accroupissait, se mettait debout, trébuchait sur le goudron. Mais rien de ce qu'il faisait ne donnait de réaction. Yango petit chiot qu'il était, pleurait avachi sur le delcatty. Le vétérinaire sentit son cœur se serrer comme si on venait de lui transpercer la poitrine et de le saisir. Il effaça la distance qui le séparait de ce triste spectacle et laissa tombé ses genoux sur le sol à s'en faire mal avant de soulever délicatement la tête de sa fille entre ses mains.
Beaucoup de sang salissait ses cheveux lisses blond foncé et ses épaules. Et malgré les suppliques de son père elle n'ouvrait pas ses yeux qu'elle avait du même bleu que les siens. Mais elle était toujours vivante. Arthur pleura pour qu'elle se réveille mais elle n'en fit rien, tandis que les sirènes de l'ambulance finirent par se rapprocher. Fahanji avait passé sa tête sous son bras et se frottait désespérément contre lui se lamentant tout autant. Yunda, la mère, était bien évidemment sortie pour constater le tragique accident qui venait d'avoir lieu. Mais sous le choc, elle s'était réfugiée dans la maison, accompagnée par des voisins qui tentaient absolument tout pour la calmer.
Seul Arthur monta dans le véhicule d'urgence avec les infirmiers pour suivre la civière qui allait être conduite à l'hôpital. Sa femme ne trouva pas le courage de le faire immédiatement, elle ne le rejoignit queplus tard pour attendre avec lui le terrible verdict qui allait être annoncé par les médecins au sujet de leur enfant. Ce furent les heures les plus longues de leur vie, à patienter adossés contre les murs blancs, sur les sièges froids de l'établissement. Quand le chirurgien principal ressortit finalement du bloc opératoire et remonta les voir, ce n'était que pour leur annoncer la triste nouvelle qu'il ne pouvait plus rien faire, et que leur fille allait s'éteindre dans peu de temps.
Les deux parents s'effondrèrent.
Tout s'enchaîna si vite ensuite... Mortimer, qui avait été diplômé un peu plus tard qu'Arthur, appris très rapidement la nouvelle et accouru soutenir son ami. Il se joignit aux médecins qui s'étaient occupés de la petite pour la suite des interventions et se déplaça à l'hôpital afin de proposer son aide. Peut-être qu'il n'aurait pas du... Mais c'était ce que lui disait son cœur, car c'était bien une des seules choses qu'il pouvait faire en plus du soutien moral qu'il pouvait donner.
Les obsèques eurent lieu quelques jours plus tard. Un certain nombre de personnes connaissaient la famille de par leur métier et furent présents. Le vétérinaire épaula sa femme afin qu'elle reste debout durant toute la durée de l'enterrement. Car maintenant, ils n'étaient plus qu'eux deux et leur pokémons pour se soutenir dans cette situation. C'est ce qui fit qu'il ne fut jamais prêt à subir l'enchaînement de réactions qui en découla...
Au lieu de les rapprocher cette situation éloigna les deux amants. Yunda ne supportait pas d'avoir en même temps perdu son premier pokémon ainsi que son premier enfant. Le choc était bien sûr le même pour elle que pour son mari, mais sa manière de réagir était beaucoup plus violente : elle commençait par avoir moins de contact avec le scientifique, elle sortait beaucoup avec d'autres de ses connaissances pour tenter d'effacer ce qu'elle venait de vivre. Elle changea même son lieu de travail, préférant l'austérité d'un bureau que le confort de chez soit. Elle ne voulait plus subir le souvenir que lui rappelait sans cesse cette maison, ce qui provoquait une sorte de fuite constante. Laissant souvent seul Arthur qui lui à l'opposé restait sur place, regrettant de ne pas avoir été présent pour avoir pu faire quelque chose.
Un soir cela éclata en dispute et cela s'étala pendant de nombreux jours. Plus le temps avançait et plus Yunda cherchait à reporter la faute sur son mari, son absence, ses pokémons qui n'avaient pas réagi, le choix de l'emplacement de la maison... Tout pour ne pas accepter la vérité. Ce n'était bien évidemment la faute de personne, mais c'était dans la nature de tout être vivant que de trouver un responsable à ce genre d'accident.
Un mois ou deux après, la femme quitta le vétérinaire et ne souhaita ne plus jamais le revoir. Elle le laissa seul afin de débuter une toute nouvelle vie où elle ne ferait pas les mêmes actions ou les mêmes choix.
Arthur n'a jamais compris. Il n'a jamais su pourquoi la seule personne qu'il aimait encore avait pris la décision de se séparer de lui au lieu de l'aider lui aussi à remonter la pente. Il finit par se renfermer à son tour et arrêtât d'être vétérinaire pour un temps afin de se tourner vers la génétique. Il avait besoin de quelque chose de nouveau pour focaliser son esprit, pour ne pas tomber dans la spirale infernale de la tristesse. Il choisit lui aussi de partir ailleurs, afin de tout recommencer, sans vraiment y croire.
C'était à ce moment précis que Cobalt était arrivé.
Un an après que le scientifique ait réussi sa reconversion et qu'il recherchait une nouvelle place dans le métier de la génétique, l'homme au col roulé noir s'était présenté à lui. Ils avaient pris rendez-vous dans un lieu neutre pour discuter de la proposition qu'il avait à lui faire. Au départ Arthur s'attendait à une rencontre banale pour rentrer dans une société publique. Mais au fur et à mesure de leur conversation, Friist devint de plus en plus discret sur les détails et laissa très clairement sous-entendre que l'organisation pour laquelle il allait travailler, s'il l'acceptait, était du domaine du privé. Et qu'elle travaillait sur un projet qui ne serait probablement pas révélé au public. Du moins, avait-il dit, pas dans l'immédiat. La curiosité du généticien commençait à monter.
"- Pour faire court... Avait commencé Cobalt. Vous devez savoir que l'équipe de médecine, avec laquelle vous serez affecté, ne sera pas la seule à travailler avec vous."
L'ancien vétérinaire était resté coi à cette remarque, attendant patiemment qu'on lui décrive la suite pour découvrir si le projet aurait de l'intérêt pour lui.
"- Vous serez aussi accompagné d'hommes de main d'œuvre, poursuivit l'homme en noir, d'une équipe linguistique et de quelques archéologues..."
À ce moment là Arthur avait été surpris et ne saisissait pas la liaison entre ces personnes et sa présence. Cela piqua au vif son intérêt et il essaya de comprendre la logique d'une telle organisation. Cobalt, avisant son regard emplit de questions avait alors sourit de manière satisfaite, content d'avoir produit l'effet voulu. Il s'était ensuite accoudé à la table qui les séparait, joignant ses deux mains et continua son explication :
"- Notre travail consiste en une étude. Et nous avons besoin de personnes polyvalentes, capables d'assurer un travail sur plusieurs fronts. Si vous vous joignez à nous, vous vous occuperez autant des recherches dont nous avons tout juste parlé, mais aussi des soins dont les pokémons des autres équipes pourront potentiellement avoir besoin.
- Potentiellement ? Avait souligné le vétérinaire.
- Nous investissons un ancien site et des accidents peuvent survenir."
L'homme ne tiqua pas à la remarque, mais il analysa le peu d'informations que cela lui avait donné : s'il était question d'archéologues et d'un "ancien site" il était évident qu'on parlait ici d'ancienne ruines, découvertes probablement récemment. Mais pourquoi cet aspect privé ? Et où intervenait-il ? Il réfléchi quelques instants et pensa au travail que menaient certains chercheurs sur les traces d'anciens pokémons, laissées sous forme de fossiles. Sa curiosité grandit d'avantage et il ressentit une pointe d'excitation à l'idée qu'on lui permette de toucher à de tels éléments. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas ressenti ce genre de sensation, jusqu'à présent, il se contentait d'avancer du mieux qu'il pouvait, le cœur lourd et sombre.
"- Nous avons de besoin de quelqu'un comme vous. Insista Cobalt. Votre présence apportera les compétences qui nous sont nécessaires et vous serez accompagné par les personnes qu'il vous faut pour vous soutenir dans vos recherches. Nous tenons à avoir le meilleur dans nos rangs.
- Si vous vous fixez un tel objectif, répondit Arthur, vous pouvez comprendre que j'admets une certaine réserve : rien n'est moins sûr que la manière dont vous fonctionnez et comment je vais savoir m'adapter à cela.
- Toutes nos équipes sont extrêmement soudées, comprenez que pour que nous soyons efficaces il faut que la machine tourne et qu'elle tourne bien. C'est pour ça que nous prenons un très grand soin à faire nos choix et à nous assurer que tout ce déroule pour le mieux. Et cela passe par l'intégration de nos hommes à ce grand projet commun."
Certain d'avoir argumenter avec les mots qu'il fallait pour harponner le scientifique, Cobalt se cala contre son dossier et croisa les bras. Il observa quelques instants la mine soucieuse du personnage en face de lui afin d'analyser sa réflexion. Puis quand il sentit que c'était le bon moment, il attaqua :
"- Entre vous et moi, tout ce que je viens de dire ne tient que du professionnel... Si je pouvais vous parler franchement, je dirai que c'est une chance que vous ne pouvez pas laisser passer."
Le généticien leva ses yeux bleus vers lui, l'incertitude marquant son regard.
"- Nous sommes sur le point de découvrir quelque chose d'extraordinaire et nous sommes tous rassemblés dans l'espoir que cela aboutisse. Et cela va aboutir ! La question est, est-ce que vous serez là lorsque nous allons réussir ?
- "Est-ce que je serai là ?" Répéta Arthur à la fois amusé et interloqué.
- Oui. Confirma Friist. Car croyez-moi, si vous ne participez pas à cet évènement, vous en aurait des regrets toute votre vie.
- C'est exagéré."Protesta le scientifique, se braquant immédiatement.
De nouveau Cobalt sourit, mais il garda intact son expression qui laissait paraître de lui un homme honnête qui ignorait tout de la situation d'Arthur.
"- Non, maintint-il fermement, rien n'est exagéré quand il s'agit de restituer aux hommes et aux pokémons l'histoire qui leur appartient. Nous n'avons pas souvent l'occasion de pouvoir maîtriser de tels évènements."
"Maîtriser de tels évènements"... Voilà ce qu'Arthur aurait bien voulu pouvoir faire plus tôt. Cobalt le savait pertinemment, mais l'homme n'avait pas assez de recul pour comprendre qu'il était en train de se faire manipuler.
"- C'est pour ça que j'insiste, termina l'homme vêtu de noir, ce serait idiot de passer à côté. Prenez votre temps."
Prendre le temps pour donner une réponse. C'était une manière de maquiller le faux choix qu'il laissait à Arthur et c'était beaucoup moins direct que s'il lui avait dit que la décision ne dépendait que de lui. Mais le nouveau maître de l'organisation savait pertinemment qu'il allait obtenir ce qu'il voulait. Il n'avait pas désigné ses futurs membres de la base au hasard : en dehors de ses propres hommes qui lui étaient fidèles, il fallait des personnes sans attaches et qu'il pourrait facilement manipuler, en plus d'être compétents. Et c'est ce qu'il avait repéré dans le scientifique.
Et nous connaissons en partie la suite : Arthur accepta ce travail. Il était seul au départ et il fut étonné du soin donné à la discrétion lorsqu'on le transporta. Il fut rapidement accueilli à la base par tous ceux qui comme lui avaient été engagés par Cobalt. Tout d'abord la petite équipe médicale constituée d'un médecin, d'un infirmier et d'une généticienne. Puis les trois archéologues et l'équipe linguistique. Les ouvriers n'étaient pas encore présents, mais les hommes de Cobalt l'étaient. Cependant à ce moment là ils s'étaient mêlés à eux comme membres quelconques du projet. Le bâtiment sentait le neuf, comme s'il venait tout juste d'être construit.
Chaque équipe reçue du matériel ainsi qu'un dossier sur le travail qu'ils devaient mener. Tous sans exception furent surpris par tout ce qui avait déjà été fait. Que ce soit l'équipe linguistique qui avait presque un manuel pour déchiffrer les murs de la salle de l'arche ; les archéologues - qui travaillaient de paire avec eux - qui avait des documents de lieux similaires détaillés ; ou bien l'équipe médicale qui reçue une documentation quasi complète sur des manipulations génétiques jamais vu encore aujourd'hui. Déjà qu'ils en savaient peu sur leur employeur voilà que le mystère s'épaississait. Mais ils étaient si heureux d'avoir la chance de travailler sur de tels projets que personne ne protesta ou n'essaya d'en savoir plus. Quel ne fut pas leur choc quand ils découvrirent ensemble ce vers quoi leur travail aboutissait : les archéologues parvinrent rapidement à trouver et activer le mécanisme de la porte un an plus tard, quand ils purent nettoyer et organiser le site grâce à l'arrivée des ouvriers pour les aider.
La première fois que celle-ci "s'ouvrit" le vent s'engouffra violemment de leur côté ; on eut dit qu'une tornade venait de s'enclencher en plein cœur de la montagne. Puis petit à petit, se souffle se calma. Personne ne savait de quoi il s'agissait, tous sauf les hommes de Cobalt. Quand ça arriva, il fut immédiatement prévenu. Au départ, tous les hommes de la base s'étaient préparés comme au pire, on les avait vu se tenir prêts au combat, en position d'alerte. Mais rien ne survint et l'extase que Friist éprouva ne suffisait pas à décrire ce qu'il avait exprimé. Cette joie se répandit au travers de tous les hommes, bien que les équipes extérieures à l'organisation ō ne surent définir pourquoi. Mais très rapidement, on leur donna l'explication - sans pour autant leur révéler l'identité de la mafia - et ils eurent d'abord du mal à y croire. Pourtant, une toute première équipe s'organisa rapidement pour passer le voile invisible qui allait les emmener à cet autre monde. Trois femmes traversèrent le voile invisible et disparurent dans un souffle sous les yeux ébahis de bon nombre. Elles revinrent très rapidement, en courant :
"- Ça a bien fonctionné ! Avait crié le chef de l'équipe. Il y a une autre caverne de l'autre côté et nous avons trouvé un passage menant à l'extérieur ! Il faisait nuit... Et les constellations ne sont pas les mêmes ! C'est un autre ciel que nous avons vu !"
Cela était bien vrai : d'une manière où d'une autre, elles avaient franchit des milliers d'années lumières pour atterrir dans un endroit nouveau : la Terre.
Joie et allégresse fut le mot d'ordre durant les jours qui suivirent. Mais les équipes qui n'avaient pas connaissance de toute l'histoire ne parvenaient toujours pas à y croire. Il fallut attendre que les hommes de chantiers installent une partie "externe" à la base pour s'installer dans la grotte opposée, sur notre planète, où une seconde arche se dressait dans un lieu quasi-similaire. Il fallut attendre un peu plus pour dégager l'étroite sortie, par laquelle les trois femmes étaient passée, soit dégagée. Et il fallut encore plus de patience pour se préparer à l'exploration... Car personne, pas même Cobalt, ne savait à quoi s'attendre.
Bien évidemment, qu'ils ne savaient pas ce qui les attendait. Il y avait dix-neuf ans - à ce moment là - ils avaient certes ouvert la porte aux Ruines d'Alpha, Saji l'avait certes traversé, mais il n'en était jamais revenu, il n'avait jamais eut l'occasion de revenir ! Puisque la porte, lorsqu'elle avait été ouverte, avait fait apparaitre un monstre d'ombre qui les avait attaqué et tout détruit. Le premier passage y comprit. C'était donc sans autre information qu'ils se lancèrent à la découverte de la planète.
Et quelle ne fut pas leur surprise, de découvrir que d'autres hommes la peuplaient. Beaucoup d'hommes. Ils n'avaient jamais vu une telle population, à contrario de leur monde ou chaque espèce de pokémons avait un nombre d'individus similaires au nombre d'individus de l'espèce humaine, ce n'était pas du tout le cas chez nous. Et ils affrontèrent le premier choc des cultures : les pokémons n'existaient pas chez nous. À la place nous avions ce que nous appelions des animaux, des êtres qui agissaient bien différemment des créatures de leur propre monde.
"- Je vous les recommandes. Avait conjuré Arthur à Cobalt. Nous manquons de personnel pour pouvoir soigner tout le monde à la base depuis que la porte est ouverte. Avec eux dans nos équipes nous ne serions que plus efficace."
Si le vétérinaire rêvait d'une chose après l'ouverture de la porte, c'était de découvrir l'autre monde avec ses amis : Mortimer et Molly. C'est pourquoi il avait eut cette idée en proposant leurs noms - leurs vrais noms - au chef de la base. Depuis leur première visite, des personnes étaient tombées malades et il fallait s'y attendre car nouveau monde, voulait dire nouveaux virus et bactéries en tout genre. Ils allaient falloir prendre des précautions avant de voyager ainsi que préparer un lourd bagage de médecine pour pouvoir soigner tout les fiévreux en salle de repos. Et Mortimer et Molly était ce qu'Arthur proposait. Cobalt ne mit pas beaucoup de temps avant d'accepter et ce fut le généticien lui-même qui alla les chercher. Ils pouvaient encore sortir de la base, mais c'était très restreint
Il avait vraiment hâte de les convaincre de venir. Cela faisait depuis un certain temps qu'il n'avait pas été proche d'eux, car il s'était isolé depuis l'accident. Ils furent tout deux surpris de découvrir cette impatience chez lui, rassurés de voir qu'il semblait allé mieux et qu'il avait passé le cap. Mais leur intrigue fut la même que la sienne et ils le suivirent jusqu'à cet étrange bâtiment caché dans les montagnes de Sinnoh.
Après avoir mis en place un système afin d'éviter toute contamination, les trois personnages découvrir ensemble cet autre monde. Accompagner par l'équipe linguistique qui s'était vu elle aussi s'agrandir de quelques membres, ils apprirent le français et tachèrent de découvrir un maximum de cette nouvelle culture. Bien qu'ils furent maintes fois repoussés par certains usages, notamment notre cuisine, car dans le pokémonde les hommes étaient végétariens. Mais rien n'était plus merveilleux que d'étudier un monde extraterrestre. Ils se rendaient maintenant bien compte de cette chance qu'ils avaient et Arthur ne pouvait que valider ce que Cobalt lui avait dit : il aurait eut des regrets toute sa vie d'être passé à côté de ça. Lui et ses amis s'amusèrent beaucoup à rassembler des informations sur notre histoire. Ils cherchaient un lien avec le monde pokémon : pourquoi un tel passage existait ? Qui l'avait créé ?
Mais ce qu'ils aimaient par dessus tout c'était profité de notre culture artistique. On retrouvait beaucoup de similarités avec le parcours de leur planète, mais ils dévoraient nos fictions qui n'avaient jamais été racontées chez eux, ce fut d'ailleurs de cette manière qu'ils obtinrent leurs surnoms : Arthur venait du conte des chevaliers de la table ronde, Mortimer de la bande dessinée "Blake et Mortimer" et Molly du film "Ghost".
Malheureusement, un jour ils durent revenir à la réalité... Car ils ne pouvaient rater une célèbre série de jeux, de dessins animés, de cartes et de mangas sous le nom mondialement connu de POKEMON.
Pokemon, ou poket monster, créé par Satoshi Tajiri. L'évidence était bien trop flagrante pour qu'il échappe aux équipes. Il eut suffit d'une personne pour mentionner ce qu'il s'était passé aux Ruines d'Alpha des années avant et la vérité sur l'organisation qui les engageait fut faite. Cependant, celle-ci avait engagé aussi des recherches sur Terre et avait retrouvé bien avant eux la trace de leur collègue disparu depuis tout ce temps. Le piège se referma à partir de ce moment là... Ils n'étaient plus maîtres de leurs mouvements, ils n'eurent plus le droit de partir de la base, ni d'explorer l'autre monde, ils devinrent pour ainsi dire prisonniers. La tension s'installa et bien qu'Arthur semblait remit, le masque qui cachait ses blessures profondes ne tint qu'à un fil. Et par ailleurs, Cobalt n'hésita pas à jouer avec cela, il n'avait pas oublié les recherches sur le génome qu'il avait confié au généticien.
Friist emprunta les résultats des fruits de leur labeur et décida de passer aux tests supérieurs. Fini ceux faits en laboratoire, sous le microscope et la seringue. L'homme vêtu de noir voulait quelque chose de concret. Bien que la vérité avait été faite sur lui et ses hommes, il entretenait un certain flou dans leurs relations avec les autres équipes. Après tout, on ne pouvait pas rompre des liens devenus forts en un rien de temps, on ne pouvait pas ignorer qu'ils avaient vécu trois ans en se côtoyant comme des amis et collègues. Cobalt revint vers Arthur et lui proposa :
"- Vous qui désiriez savoir le lien qui nous unis entre les hommes d'ici et de là-bas... J'ai quelque chose à vous proposer."
Le scientifique se montrait réticent, il se sentait trahi une fois de plus.
"- Voyons directement à la source. Poursuivit l'homme. Je vais demander à mes hommes de vous apporter des personnes "de l'autre côté" pour faire des analyses."
Le généticien n'avait pas donné un franc accord, mais même s'il avait refusé il sentait qu'on l'y aurait obligé. Et il tentait malgré tout de se raccrocher au faible espoir que l'organisation ō n'était peut-être pas si mauvaise. Cobalt eut même l'effort de souligner le fait que ce serait la première fois qu'ils auraient un contact direct avec un terrien, ce qu'ils n'avaient jamais fait pour éviter de prendre des risques inutiles. Et inconsciemment, il avait cette curiosité étrange, qui le poussa à accepter. La tension de la rencontre, du premier contact. Seulement, il déchanta très vite quand on lui apporta de jeunes garçons et filles... Et encore plus quand il remarqua qu'on avait modifier ses recherches pour des études beaucoup plus... Radicales.
La modification directe de l'adn afin de transformer des personnes en pokémons. Encore une fois, venait s'ajouter au dossier de base un dossier complémentaire qui venait de la mafia. Et ce que le scientifique y découvrit le secoua : des résultats d'expériences qu'on aurait jamais permis. Ses protestations furent violentes, jamais il ne toucherait un enfant, mais comme il s'y attendait, on lui expliqua qu'il n'avait pas le choix. Soit c'était lui qui en faisait l'essai ou bien on laissait la main à des personnes dont ce n'était même pas le métier. Alors il se plia à ce qu'on lui demandait. Et il fut soulager de voir que cela fut infructueux et que l'on rendit ces gamins à leur famille, au risque d'attirer l'attention des autorités. Arthur se jura ensuite qu'on ne le forcerait plus à ça.
Pourtant un jour, on apporta une jeune fille dans le bureau du scientifique. C'était l'équipe qui était restée sur place sur Terre qui l'avait ramené. Et cette jeune fille, c'était moi. J'étais inconsciente à cause du calmant qu'on m'avait injecté et on me déposa sur une civière qui se trouvait là. À cette vision le vétérinaire s'exclama :
"- Je sais pertinemment ce que vous voulez et je ne le ferai pas !"
Les hommes et femmes qui m'avaient apporté ne répondirent rien, ce fut Cobalt qui rentrait derrière eux qui le fit, un sourire aux lèvres :
"- Nous n'avons pas encore essayé sur des personnes plus âgées.
- Et on ne le fera pas ! Répondit Arthur. Ce n'est pas pour ça que j'ai voulu travailler ici."
Friist leva légèrement la tête et souleva un sourcil. Il avait les mains dans son dos et tenait un objet de petite taille dans l'une d'elle. Il marqua un temps d'arrêt avant de persister :
"- Vous ne donnez pas d'ordre ici. Vous obéissez. Et c'est fait maintenant."
Il déposa la statuette de noctali, qu'il m'avait pris lorsqu'on m'avait trainé ici, sur le bureau du scientifique. Et celui-ci comprit alors que le chef de l'organisation avait déjà procédé à l'injection du sérum.
"- C'est à vous de vous en occuper, termina Cobalt, c'est votre responsabilité."
Il s'éloigna de quelques pas avant de se tourner de nouveau vers son interlocuteur :
"- Vos amis seront ceux qui vous aideront dans votre tâche. Et ceci afin d'assurer deux choses..."
Il se rapprocha de l'homme en blouse blanche et pencha sa tête en avant :
"- Plus que des personnes qui ont les compétences pour vous aider, tant qu'ils seront à vos côtés ils seront saufs... À vous de veiller à ce qu'ils le restent."
Le sang du scientifique se glaça et comprit le message : s'il ne forçait pas Molly et Mortimer à obtempérer eux aussi, il risquerait leur vie. Les amener ici n'avait jamais autant été une erreur. Il baissa tristement les yeux sans dire un mot et le chef de l'organisation parti enfin. Non sans lancer une dernière pique :
"- Au fait, aurais-je oublier de vous préciser qu'elle se nomme Lilly ?"
C'était un coup bas. Le hasard avait donné à Cobalt les moyens d'être dangereux et d'agir sournoisement.
Par la suite, le généticien alla chercher ses amis, leur expliqua la situation sans préciser la menace qui pesait sur eux et ils vinrent s'occuper de mon cas.
Je tremblais sur le brancard sous l'effet du produit qui était dans mes veines. Ma température était brutalement montée et je me crispais malgré mon inconscience sous la douleur qui parcourait mon corps. Les os étaient les premiers touchés et c'était le pire à supporter. Très vite ils me placèrent sous antidouleurs pour éviter que le choc ne me tue, car il était possible de mourir sous une trop grande souffrance. Ils étaient surpris de constater que finalement la formule avait fait effet et aujourd'hui encore la raison de cette réussite était un mystère.
Ma transformation n'était pas agréable pour moi, mais encore moins pour eux. Personne avec un minimum d'empathie ne pouvait supporter de voir quelqu'un autant souffrir. De plus, plus j'avançais dans les phases de ma métamorphose et plus je devenais difforme. À un moment donné on ne pouvait ni me rapprocher de l'animal, ni de l'humain. Et c'était particulièrement pénible à observer, surtout quand l'on devait soigner ce corps qui se distordait dans tous les sens. Il y eut même un stade où je perdis mes cheveux et mes ongles... Pour laisser place à une fourrure noire et des griffes de la même couleur. Ma queue apparue et toute la transformation se finit par mes yeux.
Quand cette épreuve fut terminée, il n'était pas étonnant de voir que les scientifiques étaient heureux de leur réussite. Ils ne comptaient plus le nombre de fois où ils avaient cru que j'allais mourir, tuée par mes nombreuses déformations. Et leur stupeur augmenta quand après mes deux longues semaines de coma, j'avais repris conscience en montrant de grands signes d'énergie alors que j'avais été si faible.
Mais avant cela, Cobalt avait du partir. Et il lui était venu une idée afin de mettre encore plus de pression sur les épaules du généticien et assurer le calme pendant son absence : lui donner comme rôle de garder la base. C'était particulièrement vicieux car Friist laissait derrière lui des hommes qui lui vouaient une loyauté sans faille. S'ils venaient à tourner leurs regards vers le scientifique, ils le forçaient à respecter la mission qu'on lui confiait au risque de voir les membres de l'organisation se retourner contre lui. Et vu qu'Arthur était un des premiers à être arrivé à la base et à s'être lié d'amitié avec l'équipes linguistiques, les archéologes ainsi qu'avec les ouvriers, pas même eux ne lèverait le petit doigt et ils suivraient ses ordres.
Voilà comment tout c'était passé. Voilà comment il était tombé au plus bas de sa vie, plus bas encore que lorsqu'il avait perdu sa femme. Plus bas encore que lorsqu'il avait perdu sa fille. Il avait salit son honneur en travaillant pour les pires hommes sur lesquels il pouvait tomber dans ce monde, les hommes de l'organisation ō. Et maintenant il risquait de perdre les êtres chers qui lui restaient, ses amis, la seule vraie famille qui ne l'avait jamais quitté même pendant toutes ces années... Et pourtant il ne savait pas s'il reverrait un jour Molly et Mortimer, car pour quelles raisons Bari et Cobalt chercheraient à les garder en vie après ce qu'il venait de se passer ?
Il ne savait pas par où commencer.
Il ne savait pas ce qu'il devait expliquer aux policiers, sans qu'on ne le condamne. Il souhaitait plus que tout au monde expier ses erreurs, il rêvait de profiter de la liberté qu'il avait promis à ses proches une fois sortis de cette prison, de pouvoir de nouveau vivre ouvertement sans chaînes attachées à son cœur. Mais que dire pour se défendre ? !
Le son d'une porte qu'on ouvrait le sortit de son interminable torpeur. Un nouveau personnage en franchit le seuil, imposant sa présence par l'aura qui émanait de lui. Cet homme qui gardait consciencieusement le silence portait une tenue plutôt élégante et guerrière. Ses yeux incandescents croisèrent ceux d'Arthur qui ressentirent la force qui émanait d'eux.
"- Arthur." Fit Jennifer.
L'interpelé se tourna vers la jeune femme. Il était toujours sous le coup de la tristesse mais petit à petit il arrivait à retrouver son calme. Il essuya ses larmes d'un coup de main sur son visage ridé par le souci et pris une profonde inspiration.
"- Je ne sais même pas si vous allez me croire..." Murmura-t-il.
Le capitaine de police allait répondre mais ce fut Lance, le maître de la ligue pokémon, celui qui de venait d'entrer, qui s'avança calmement vers la table avant de s'exprimer :
"- J'ai déjà vu ces hommes qui se terrent dans la montagne, ce sont les mêmes qui ont détruit il y a des années de ça un lieu ancien dans la région de Johto.
Ils se sont servis, par caprices, d'entités proches d'Arceus afin d'arriver à leur fin et ils ne se sont pas privés pour faire de nombreux ravages par leur ambition démesurée.
Leur objectif final, je le connais. Ce que je ne sais pas, c'est leur prochaine méthode avfin de tout mettre à feu et à sang.
Vous nous dîtes que nous ne vous croirons pas quand vous aurez expliqué ce qu'il se passe là-bas ? Détrompez-vous. Car c'est vous qui ne nous croirez pas quand nous vous aurons énoncé tous les risques que nous encourons si nous ne les arrêtons pas, maintenant."
La véhémence de ce discours saisit tous ceux qui étaient présents dans la pièce. On sentait la colère, la haine que le maître de la ligue nourrissait à l'égard de Cobalt et ses hommes, mais aussi envers Giovanni qu'il savait en train de manipuler les ficelles dans l'ombre.
Ce n'était pas Arthur qui allait le contredire. Ils risqueraient pire encore si rien n'était fait rapidement. De toute manière, l'homme ne voyait aucune raison de leur cacher quoi que ce soit, car il se doutait que lorsque tout ceci serait fini, si jamais il venait à y avoir une fin, ils découvriraient pas eux-mêmes les secrets qui se cachent, là-bas, à la base. La seule chose dont il n'allait pas parler c'était à mon sujet.
"- Comme vous pouvez le constater, commença Jennifer en pointant Lance de la main, nous sommes les plus haut placés pour vous parler aujourd'hui. Rien de tout ce qui sera dit ici ne sera transmis de quelque manière que ce soit au public ou à d'autres membres inférieurs de la police.
- Qu'Arceus vous entendent et vous en tienne parole. Proclama le scientifique. Car il faut absolument que rien de tout ce que je vais pouvoir vous dire ne sorte de ces quatre murs."
Il s'avança sur la table, grappillant le peu de courage qui lui restait pour parler clairement. Il redressa la tête et il entama son long, très long récit. Et peut-être était-ce du aux paroles qu'il venait de prononcer, mais ce furent des oreilles attentives et des bouches closes qui lui firent face, scellant la promesse silencieuse que personne d'autre que les concernés n'entendraient parler de ce qu'il allait dire.
Cela faisait un jour maintenant que l'avion de Satoshi Tajiri, alias Saji Totashiri, avait atterri à Lyon. Il s'était rendu immédiatement encore plus dans le sud de la France, pour se reposer dans un hôtel d'une ville la plus proche du village, où le drame avait eut lieu. Après une bonne nuit de repos qui le requinquât après les nombreuses heures de décalage, il avait réussi, personne ne sut comment, à obtenir un entretien avec les deux hommes qui avaient été capturés lors de l'enquête. On les installa dans une petite pièce pourvue d'une vitre tintée tandis que Saji s'asseyait en face d'eux.
Les deux sbires, les bras croisés, avisèrent cette nouvelle tête qui leur faisait face, mais ne semblaient pas y porter une grande importance. Leurs mines étaient las de ce manège incessant où on tentait de leur extraire des informations sur ma disparition, alors qu'ils ne comprenaient quasiment pas un mot de ce qu'on leur disait.
"- Bonjour camarades." Dit Saji un rictus aux lèvres.
Les deux hommes sursautèrent. On venait de leur parler dans leur langue, ils s'empressèrent aussitôt de demander :
"- Qui êtes-vous ? !
- Moi ? Demanda Saji. Je suis un disparu d'il y a vingt-quatre ans. Et si vous êtes là c'est que le passage s'est ré-ouvert. Vu que vous n'êtes pas pressés et que je suis curieux, je voudrais que vous m'expliquiez tout ce qui c'est passé pour que vous soyez présents ici.
Et faites-moi confiance, maintenant que je suis arrivé vous ne craignez rien."
