Et en avant, plus rapidement, pour la suite. Je me suis rendue compte que dans le chapitre 21 je me suis trompée : Bari a un Scalproie, pas un Scalpion. Cela a donc été modifié. :)

Bonne lecture !


Bari regardait, incrédule, le pokémon oiseau en face de lui. Le cadoizo ne bougeait pas après avoir remit à l'homme le paquet qui lui était destiné, il attendait patiemment qu'on le renvoie, sachant qu'une réponse n'était pas attendue par son biais. Mais le chef de la sécurité était particulièrement troublé et hésitait à relire la lettre qui accompagnait le nouveau bipper qu'on venait de lui confier. Il n'était pas certain de son authenticité, cependant, si tout le contenu provenait bien de son auteur, il ne pouvait pas se permettre de contredire l'ordre qu'on lui avait donné. Saisissant son mobile personnel il tapota les numéros notés en bas de page et patienta, tremblant, que la tonalité s'arrête avant de laisser s'exprimer une voix :

"- Ici Bari, énonça-t-il, Chef de sécurité de la base... On m'a demandé."

Il s'était isolé dans une des pièces avoisinantes du grand couloir qui menait à la Porte. C'était les derniers endroits calmes, bien que pour peu de temps, sachant que tout le reste c'était transformé en zone de bataille. Debout, immobile contre une table, l'homme écouta attentivement ce qui lui était dit.

"- Oui... Acquiesçait-il régulièrement. Oui. Mais je ne comprend pas..."

La voix du haut-parleur augmenta d'un ton : Bari n'avait pas à contredire ou à demander quoi que ce soit. Il le comprit et montra rapidement qu'il se soumettait à ce qu'on lui disait :

"- Excusez-moi. Je n'ai pas à discuter."

On lui donna la suite des explications. Sa mâchoire s'était crispée, mais son regard n'avait jamais été aussi sérieux. Il n'allait pas s'opposer à la demande qu'on lui faisait, mais il était perturbé de ne pas en comprendre la raison, surtout quand il s'agissait de renoncer à une de ses convictions. Mais l'ordre de son interlocuteur était sans appel : il devait le faire.

Après ces quelques courtes minutes, la conversation fut terminée et Bari raccrocha son téléphone devenu silencieux. Il observa pendant quelques instants le mur en face de lui, en proie à une profonde réflexion. Mais son caractère militaire reprit finalement le dessus et il sortit rapidement de la salle pour s'en retourner au principal.

Il traversa au plus vite la base de long en large, ignorant ses subalternes qui contenaient les derniers hommes qui s'étaient rebellés. Bientôt, les salles de recherches et de soins furent transformées en cellules pour accueillir tous les ouvriers et les scientifiques. Certains poussaient des plaintes tandis que les bras des membres de l'organisation les poussaient à rentrer dans ces pièces. Il y avait de nombreux blessés et ce dans les deux camps. Quand Bari calcula mentalement leurs pertes, il grinça des dents. Il fallait pallier à cela. Il félicita quelques de ces hommes à qui il avait donné ses indications avant même que les policiers n'arrivent sur eux. Car ils avaient su avec brio respecter ses ordres et être efficaces. Ils avaient donc du mérite et il fallait le faire remarquer. Ce à quoi le chef de sécurité ajouta des tapes amicales sur les épaules des plus abattus, il ne fallait pas qu'ils baissent leur garde car le pire restait à venir. Ses hommes le lui rendirent, enorgueillis par son soutien. Il maintenait ainsi la flamme qui les habitait et qu'ils ne devaient jamais perdre en tant qu'aspirants.

Réduisant sa vitesse lorsqu'il parvint enfin à la porte du bureau de Cobalt, il entra sans frapper pour saluer celui-ci d'un garde à vous et de se placer à ses côtés.

"- À vos ordres monsieur." Dit-il avec force.

Le nouveau chef de l'organisation avait posé ses mains sur la table, au-dessus d'un plan qui représentait la forêt autour du bâtiment. Il y avait avec les deux hommes d'autres personnes qui attendaient patiemment qu'on leur indique la marche à suivre. Visiblement, ils semblaient être prêts à partir.

"- Je veux deux des équipes au-delà du lac. Tonna Friist. La troisième restera dans les alentours Est de la base pour vérifier à ce que notre cible ne revienne pas sur ses pas."

Il désignait, en même temps qu'il parlait, des emplacements notés d'une croix sur la carte. Bari reconnu aussitôt les indications donnés par Nikki et il su que la chasse m'était donnée.

"- Compte tenu de la situation vous serez les seuls à agir pour remettre la main sur cette gamine. Continua le maître des lieux. Il vous faudra être aussi discrets qu'efficaces. N'oubliez pas qu'il n'y a pas seulement les hommes de Vestigion présents, il y a aussi l'éclair blanc qu'il reste à abattre. Au vu du soutien qu'il a d'ailleurs été donné..."

Et par là il désignait autant l'alliance que l'éclair blanc avait faite pour s'attaquer à la base que la venu de mes amis pour m'épauler...

"- ... Je vous ordonne de chasser en même temps les pokémons sauvages. Nous avons assez de fronts auxquels faire face."

Une fois qu'il en eut terminé il donna l'ordre à ses hommes de partir d'un geste sec. Ceux-ci saluèrent martialement et obéirent, se pressant de traverser l'encadrement de la porte. Quand cela devint plus silencieux, Cobalt se frotta nerveusement le visage avant de le regretter aussitôt quand une douleur, sur sa joue droite, lui rappela la marque de son échec présent. Bari l'observa en silence attendant à ce qu'on lui donne ses propres directives, bien qu'il devinait déjà ce qu'il devait faire.

"- Les hommes sont organisés pour se défendre. Expliqua enfin le chef de la base. Ils suivent scrupuleusement les conseils que vous leur aviez déjà donnés et j'ai réorganisé ceux en intérieur afin qu'eux aussi soient efficaces. Nous n'avons pas beaucoup de temps, alors je vais vous demander immédiatement d'aller interroger ceux qui ont fomenté cette rébellion. "

Rapide, concis, le chef de la sécurité ne trouvait pas déplaisant la manière dont Maître Friist donnait ses consignes. Il y répondit de la même manière, soit, par l'action directe. Il sortit aussi vite qu'il était venu et se dirigea vers la salle d'interrogatoire qu'il savait à l'avance prête, autant par son fait qu'à la demande de Cobalt.

Ceux qui avaient fomenté cette rébellion... Il ne les connaissait que trop bien. Il esquissa même un sourire quand il pénétra dans la salle. Un sourire qui soulignait autant le plaisir qu'il éprouvait à devoir mener cette tâche, autant qu'il soulignait le masque qui cachait son sinistre caractère quand on venait à s'en prendre aux siens.

C'est dans ce contexte, encadrés par des hommes à qui Bari faisait pleinement confiance, immobiles aux côtés d'un certain scalproie, ligotés à des chaises, que Molly et Mortimer firent face à ce cruel personnage, dont l'arrivée n'annonçait rien de bon... Celui-ci vint se placer entre eux deux, la pièce étant vide de tout meuble. Il laissa un ultime moment de silence avant de prendre enfin la parole :

"- Bien... Maintenant nous allons découvrir, ensemble, ce que c'est de passer de l'autre côté..."

Sa satisfaction était si palpable, qu'il eut suffit de ces mots pour que la tension emplisse l'air. Molly parvint à maintenir son expression neutre, bien que ses yeux fussent alertes, mais Mortimer avait perdu tout sang froid depuis déjà longtemps. Sa colère s'exprimait dans son corps tout entier, retenu par la corde qui l'entourait. Tellement, que chacun des nœuds qui avaient été fais au médecin s'en retrouvaient tendus par la force qu'il émanait. Si aucun liens ne le retenait, il aurait déjà bondit sur place pour affronter son ennemi.
Bari se tourna vers lui, surpris de faire face pour la toute première fois à une telle réaction de la part de cet homme. Voilà qui allait agréablement pimenter la séance et qui allait lui permettre de jouer là où il l'entendait. Il dévisagea Mortimer, lui barrant toute visibilité à l'infirmière et commença :

"- Votre ami a de la chance de se trouver en sécurité, dit-il en parlant d'Arthur, car autrement, il y aurait longtemps que l'un de vous trois aurait rejoins ce policier... À grignoter les chetiflors par les pieds..."

La chaise de Mortimer grinça sous l'effort qu'il donnait afin de se libérer, le fait qu'il soit encore en place tenait du miracle. Les provocations du chef de la sécurité étaient efficaces sur lui.

"- Mais, poursuivit Bari, je vais devoir me contenter de vous deux. Et il vaudrait mieux pour vous que vous me répondiez franchement."

L'homme resta debout en face du médecin, patientant. Mortimer ne laissait aucun mot franchir la cloison de ses dents. Mais il était aisé de sentir qu'il pouvait explosé à tout moment, Molly essaya d'intervenir pour le tempérer :

"- Courage ! Il faut patienter, il se lassera avant nous..."

L'infirmière ignorait toujours par quel miracle elle et son ami étaient encore en vie. Ils n'avaient plus d'utilité particulière et Bari était d'ordinaire à réagir tout de suite quand on lui faisait du tort, de telle sorte à ce que cela ne se reproduise plus. Elle comptait là-dessus pour cet interrogatoire : une fois qu'il aurait ce qu'il voulait s'en serait fini d'eux, mais si ils trainaient des pieds à obéir, l'homme aurait alors besoin de temps pour gagner la patience suffisante pour les interroger. Du temps gagné pour qu'on vienne les secourir. Celui-ci se retourna vers elle, son sourire n'ayant toujours pas quitté ses lèvres.

"- Patienter pour attendre quoi ? Questionna-t-il. Nous n'avons pas besoin des hommes qui se sont enfuis et ils n'avaient rien à nous voler. Tout le temps que nous avons, vous allez le passer en ma compagnie. Je vous propose de rendre les choses plus rapides...

- Je préfère passer du temps avec vous, plutôt que de ne pas en avoir." Répliqua courageusement l'infirmière.

Elle connaissait parfaitement les risques, mais c'était tout ce qui lui restait : de la volonté. Elle et Mortimer n'étaient pas assez idiots pour penser que les policiers de Vestigions n'allaient pas tenter des les sauver, surtout si Arthur était avec eux. Les deux médecins avaient malgré tout été touchés par le fait que le scientifique les ai laissé en arrière, mais sachant comment la situation c'était retournée contre eux cela n'avait rien de surprenant...
Bari se rapprocha d'elle et plaça une main sur son épaule près du cou, de telle manière que son pouce se situait sous la carotide. Et il dit très calmement :

"- Croyez-moi, vous ne préfèreriez pas."

Cette fois-ci, s'en fut trop. Mortimer ne supporta pas la vue du chef de sécurité s'immisçant dans l'espace personnel de Molly. Il donna un coup de bras pour essayer de se dégager et vociféra à son intention :

"- Vos hommes ne se soigneront pas tout seul ! ! !"

L'intéressé tourna légèrement la tête vers le médecin. Il aurait pensé que la tête pensante se trouvait uniquement en la personne d'Arthur. Mais ce n'étaient décidément pas des idiots qui accompagnaient le généticien. Et Mortimer savait pertinemment qu'il y avait eut de nombreux blessés lors des combats et que lui et Molly étaient les seules personnes capables de les soigner. Il avait eut vent que les quelques autres membres de l'équipe des soins avaient réussi à s'échapper et il comptait bien jouer sur ça. Mais malgré sa phrase, Bari ne bougea pas d'un iota et resta dans cette même position.
Il pressa du doigt la légère entaille que son scalproie avait faite à l'infirmière, de telle sorte que le sang y perla.

"- Ce n'est pas vous qui menez ici." Murmura-t-il froidement.

Dans un son strident d'épées que l'on dégaine, le pokémon qui patientait dans l'ombre bondit sur Mortimer, visant sa main droite. Il y planta méthodiquement sa lame, arrachant un cri de douleur au médecin. Mortimer eut cependant la réaction de tenter de bloquer le bras du scalproie avec son coude, mais il ne parvint pas à l'arrêter. Ce ne fut que lorsque Bari fit un geste de la tête que le pokémon se retira de nouveau en silence tournant le dos au médecin.

"- Vous répondez à mes questions, poursuivit-il, et vous restez..."

Il était en train de se redresser tout en prononçant ces paroles. Il fut décontenancer de voir, en se retournant, que Mortimer s'était mis debout. Il avait dégagé son bras ensanglanté des cordes coupées par les lames du scalproie par son mouvement de coude et s'apprêtait à lui mettre un coup de poing mémorable. Personne n'eut le temps de réagir. Tout simplement parce que Bari et son pokémon ne lui faisait pas face lorsqu'il s'était levé et aussi parce que personne n'eut cru qu'il aurait eut moyen de répliquer.
Le coup parti dans un claquement d'air. Bari, n'ayant aucun appui se retrouva projeté à terre. Malheureusement, le médecin l'y rejoignit. Car bien que ses jambes n'était pas attachées aux pieds de sa chaise, son autre bras, son dos et son bassin y étaient immobilisés et son mouvement ne lui avait pas permis de garder l'équilibre. Il se retrouva le dos sur le sol, tandis que les trois sbires présents se jetèrent sur lui pour l'arrêter et lui rendre ce qu'il venait de donner.

"- Ça suffit !" Hurla Bari de rage tandis qu'il se remettait debout.

Les hommes s'écartèrent, chacun tenant un membre de Mortimer pour veiller à ce qu'il ne recommence pas. Molly observait la scène, à la fois émerveillée et horrifiée : Mortimer, l'homme le plus doux du monde, venait de mettre à terre une armoire à glace. Mais pour le coup, l'armoire à glace en question allait répondre à ce geste et ça l'inquiétait beaucoup. Pourtant, quand le chef de la sécurité vint se tenir au-dessus de lui, personne ne pu retirer le sourire provoquant de Mortimer qui ne laissa pas à Bari l'occasion de parler le premier.

"- Parlez autant que vous voulez... Grinça-t-il la bouche en sang. Si vous la touchez vos hommes pourront souffrir en silence car je ne ferai rien..."

Bari plaça un de ses pieds sur l'assise de la chaise en signe de défi tandis que son scalproie se plaçait de nouveau derrière Molly. Mortimer finit par perdre son sourire mais pas sa détermination.

"- Vous êtes vraiment sûr de ça ? Soutint Bari en se frottant la mâchoire. Vous voulez peut-être vérifier ?"

Le médecin retint de toutes ses forces ses yeux de se poser sur Molly et la menace qui planait sur elle. Il posa son regard sur le chef de la sécurité comme on croise le fer, serrant douloureusement ses dents et il prononça clairement ce qui suivit :

"- Essayez-donc et on verra qui de nous deux à le plus de parole..."

Le silence réussit finalement à s'installer. Les deux hommes se dévisageaient mutuellement avec chacun une expression féroce. Molly et les autres hommes regardaient le chef de la sécurité en attendant sa réponse. Tout le monde savait que Bari tenait sa parole quoi qu'il advienne, autant que le médecin. Alors si Mortimer arrivait à le tirer dans ce sens, Molly ne craindrait plus rien... Mais il fallait du cran pour tenter pareilles négociations.
Le chef de la sécurité avisa l'homme qui lui faisait face et il devinait que s'il laissait l'infirmière tranquille il respecterait cet accord tacite. D'un côté cela ne lui plaisait pas de la laisser sauve, mais d'un autre c'était à son avantage : il ne voulait pas commencer l'interrogatoire par ce sujet à la base, il souhaitait savoir comment le trio s'y était pris et avec qui pour organiser cette tentative de fuite. Ensuite, il aurait négocié le soin de ses hommes, moyennant la sauvegarde de Molly et des autres civils, qui avaient eux aussi besoin de soins. Mais maintenant que Mortimer avait joué cette carte, il ne pouvait plus l'utiliser.

Bari était gagnant.

"- Bien. Répondit-il. Nous allons prendre soin d'elle, autant que vous prendrez soin de mes hommes."

Il ordonna silencieusement aux trois hommes de sortir l'infirmière pour la ramener en cellule. Mortimer poussa un soupire de soulagement et toute tension le quitta finalement. Il observa Molly se faire détachée de la chaise, bien qu'elle restait partiellement ligotée. Celle-ci lui rendit son regard, montrant une infinie reconnaissance pendant qu'on l'emmenait. Elle admirait le courage dont il avait fait preuve, même si elle n'approuvait pas de le laisser seul dans cette situation. Si elle s'était opposée, elle aurait tout gâché. Leurs yeux ne se lâchèrent que lorsqu'elle fut sortie, laissant Mortimer aux mains de Bari qui était resté au-dessus de lui, bras derrière le dos, le visage étrangement calme.

Quand le son de fermeture de la porte se fit entendre, il abaissa son masque pour dévoiler une expression froide. Il était hors de question qu'il montre une once d'attention dans ce qu'il faisait. Tout était calculé.

"- Quant à moi, je vais m'occuper de vous."

Et d'un geste violent, il abattit son pied dans le ventre de Mortimer, au sol, qui n'eut plus aucun souffle pour crier.

L'interrogatoire se poursuivit sur plusieurs heures, Mortimer ne cracha pas facilement le morceau sur ce que voulait savoir Bari. Mais même s'il sut ne pas tout révéler, il était humain et certains éléments lui échappèrent, heureusement les informations que l'organisation voulait savoir n'étaient pas capitales. Molly avait été conduite là où Bastian était précédemment enfermé. On avait replacé correctement les barreaux et les lieux étaient gardés par une femme et son feuforêve. Pourtant, cela n'empêcha pas Gomuru de s'y rendre.

Aux yeux de tous, il faisait partie intégrante de l'organisation. Il avait été fidèle et s'était joins à ses confrères et consœurs durant le combat, de plus, il était le favoris de Bari. Mais... Il avait du remord. Il se demandait ce qu'il souhaitait faire vraiment. C'est le cœur ombré par ces sentiments qu'il se présenta au sbire présent, pour prendre sa relève. C'était de sa propre initiative et son ossatueur l'accompagnait. Au départ, la femme fut réticente à laisser sa place, mais elle accepta finalement, le temps de prendre du repos. Quand il fut certain qu'ils étaient seuls, le jeune homme se précipita vers les barreaux, tandis que son pokémon montait la garde. L'infirmière était déjà contre eux, attendant son interaction.

"- Molly ! S'exclama-t-il. Je suis tellement désolé..."

Il cogna sa tête contre l'une des barres en métal et resta dans cette position. Ses yeux étaient fermés, ses sourcils froncés et tremblants. Il sursauta presque quand l'infirmière posa avec douceur une de ses mains sur la sienne. Il leva les yeux vers elle et il constata qu'elle ne lui en voulait pas.

"- Ne t'en fais pas, c'est mieux comme ça. Dit-elle doucement. Reste cachés parmi eux, on est assez de victimes.

- Mais je ne peux pas rester comme ça ! Me fondre parmi eux ça veut dire agir comme eux et j'ai compris que ce n'est pas ce que je veux..."

Il se laissa rassurer le temps de quelques minutes. Depuis qu'il était arrivé ici Molly avait toujours été l'épaule de soutien dont il avait besoin. Il ne trouvait pas ça chez les autres hommes et les autres femmes qui étaient pourtant censés être ses partenaires. En réalité, depuis qu'il avait intégré l'organisation il ne se reconnaissait pas. Lui aussi avait besoin d'évacuer sa tension, mais il se ressaisit. Il se redressa tout en prenant du recul et poursuivit :

"- Je ne peux pas le laisser vous briser un par un ! Je ne sais même pas ce qu'ils vont faire de vous, ni comment ils comptent gérer la situation... Déjà que pour..."

Il se stoppa net : il allait parler de Mortimer qu'il savait être en train de se faire torturer. Mais il ne fallait pas qu'il inquiète Molly déjà qu'elle se trouvait dans une piètre situation. Il donna un coup dans les barreaux de frustration et porta ses doigts sous son menton pour trouver une solution.

"- Gomuru... Commença Molly.

- Déjà vous savez que je peux tenter quelque chose pour vous aider. Fit celui-ci sans répondre à l'infirmière. Je n'ai pas la moindre idée de quoi faire pour l'instant mais... Mais si déjà je peux apporter quelque chose...

- Gomuru !"Reprit Molly avec insistance.

Le jeune homme osa finalement lever les yeux vers elle et fut étonné de voir que celle-ci n'avait pas autant l'air inquiète qu'elle aurait du, alors que lui ressentait une profonde honte.

"- Je sais que je peux compter sur toi. Expliqua-t-elle. Et je ne veux pas que tu t'inquiètes, tout ira bien."

Le sbire la regarda avec une expression troublée. Elle avait su rester sûre d'elle malgré la situation, ce qui était plutôt admirable. Cependant il restait hors de question pour qu'il reste les bras croisés, il fallait qu'il trouve un moyen de les aider. Mais plus il regardait Molly et plus il se rendait compte de quelque chose. L'expression de l'infirmière était solennelle et elle semblait attendre quelque chose de sa part. Finalement, ouvrant de grands yeux pétillants et un sourire en coin il s'écria :

"- Tu as un plan c'est ça ? !"

Elle resta d'abord silencieuse et leva les yeux plus haut : elle observait la caméra qui était postée là. Malgré ses lèvres pincées qui retenaient difficilement ce qu'elle souhaitait dire, elle était consciente des risques et avait peur qu'on ne les découvre, mais l'aspirant la rassura immédiatement dans un murmure :

"- C'est Sota qui m'a prévenu pour vous.

- Quoi... ? Souffla Molly, incrédule.

- Sota est celui qui gère la surveillance. J'ignore pourquoi mais il était venu me prévenir avant que Bari ne donne les ordres. Et je... Je suis persuadé qu'on peut lui faire confiance. Je veux dire, c'est le seul autre "ami" que j'ai ici.

- On a tous cru avoir des amis ici... Et regarde où ça nous a mené.

- Non, non. Fais-moi confiance je t'assure. Explique-moi !"

Que pouvait-elle faire d'autre ? À part attendre qu'on en finisse avec eux ? Elle ne voulait pas briser tous ses espoirs, mais elle savait que Gomuru malgré les apparences s'était toujours montré fidèle. Fronçant des sourcils et plissant les lèvres, elle finit par hocher la tête et expliquer en demandant au jeune homme de se rapprocher.

"- C'est délicat. Débuta-t-elle. Je sais que les pokémons ont été séparés de leurs dresseurs, mais j'ignore où...

- Je ne peux pas te ramener Arakjöm. Fit Gomuru en parlant de l'alakazam. Ce serait bien trop visible.

- Non, tu n'y es pas. Je n'ai pas besoin que tu me l'amènes, je veux juste savoir où ils l'ont enfermé.

- Mais même si tu le sais on ne peut rien faire à ce niveau là, c'est précautionneusement gardé.

- Gomuru, fais-moi confiance toi aussi. Je te dis que ce n'est pas ce au quoi tu penses.

- Beh... Où est-ce que tu veux en venir ?"

Il jeta un regard rapide derrière lui pour vérifier que personne ne venait, mais son ossatueur lui fit signe que tout allait bien. Il était très attentif à ce qu'il se passait.

"- J'ai bien plus de ressource que tu ne le penses. Affirma Molly.

- Je ne suis pas sûr que ça soit efficace... Répondit le sbire.

- Qu'est-ce que tu en sais ?

- Et bien dis moi !

- D'accord, mais ne sursaute pas.

- Que je ne sursaute pas... ? Pourquoi ?"

Il se retourna doucement et retint son souffle pour éviter de se faire surprendre. Il n'y avait rien devant lui. Du moins, au départ. Car brusquement Arakjöm se téléporta dans un coin de la pièce qui permettait qu'on ne le repère pas depuis le couloir. Le sang du jeune homme ne fit qu'un tour, tandis qu'il retint une exclamation :

"- Ça ne va pas Molly ?! S'écria-t-il tout bas. Tu crois qu'ils ne vont pas remarquer son absence là-bas ? Renvois-le tout de suite !

- Que tu veux qu'ils le remarquent. Dit Molly à moitié rieuse. C'est Minria qui est là-bas.

- Minria ?"

Il resta coi. Car il ne connaissait qu'un seul pokémon à Molly et c'était Arakjöm son alakazam. Personne n'en avait vu d'autres.

"- Tu... Bégaya-t-il. Tu as deux alakazams ? !

- Minria n'est pas un alakazam. C'est un métamorph.

- Quoi... ? ! Mais tu ne me l'as jamais dit !

- Je l'ai toujours gardé secret, même pour Mortimer. Il était toujours mon dernier recours pour surprendre mon adversaire.

- Mais... Comment cela peut-il être un metamorph alors qu'il a combattu les pokemons de maître Friist et de Bari ? Il reste limité pour utiliser les attaques de ceux qu'il imite.

- Si tu avais vu le combat tu saurais à quel moment j'ai inter-changé les places.
- À quel moment ?

- Secret ! Tu n'avais qu'à être là."

Le jeune homme n'en revenait pas. Il était en train de discuter avec elle de comment la sortir de là et elle trouvait moyen de rester secrète. Mais Molly tenait à ne pas dévoiler toutes les cartes qu'elle avait en main. Lorsqu'elle avait compris, lors de leur tentative de fuite, qu'ils allaient perdre, elle avait ordonné à Arakjöm d'user de son attaque flash. Et le pokémon savait ce que cela signifiait. Le temps que tout le monde puisse voir de nouveau, il avait échangé sa place avec Minria le temps d'un téléport. Minria était toujours présent, mais il se cachait jusqu'à qu'on l'appelle.

L'alakazam se rapprocha avec précaution et abaissa noblement la tête pour faire signe qu'il se tenait prêt. Gomuru finit alors par demander :

"- Comment comptez-vous agir ?

- Je partirai informer les hommes de Vestigion de ce qu'il se passe ici. Expliqua le pokémon lui-même. Mais pour cela il faut que je puisse me déplacer librement dans ces lieux et nous mettons nos espoirs sur toi.

- Minria malgré sa force reste limité. Poursuivit Molly. De temps en temps il faudra qu'il reprenne sa forme originelle et c'est pour ça qu'Arakjöm a besoin que tu lui indiques où il est supposé être enfermé... À partir de là..."

L'ossatueur qui montait la garde poussa un grognement dans leur direction. Immédiatement, Molly et Gomuru se séparèrent et Arakjöm disparu. Retournant à sa position en arborant de nouveau son expression froide et supérieure, l'aspirant se cala auprès de son pokémon comme s'il veillait à son rôle. Il attendit avec crainte que le sons des pas ne se rapprochent pour savoir à qui il avait à faire. Mais avant même que la personne ne lui fasse face, il reconnu ce pas feutré et sec qui était si souvent sur ses talons. Il déglutit tout en se raidissant, ne sachant s'il aurait la force de tenir tête.
Bari avait finalement décidé de s'arrêter un temps pour l'interrogatoire. Et il avait envoyé le médecin s'occuper de ses hommes blessés. Pour que celui-ci soit efficace, il avait du laisser les membres de l'homme intact, sinon il n'aurait pu opérer. Par conséquent, il avait du user d'autres moyens pour parvenir à ses fins. Avant de reprendre son rôle au sein de la base, il voulait tout vérifier pour ne pas de nouveau se laisser surprendre. Il rôdait partout comme une ombre et tout particulièrement dans les lieux d'intérêts comme celui où Molly était retenue.

Le chef de la sécurité s'arrêta à quelques mètres devant Gomuru quand il vit que son protégé se trouvait à la place de la garde à qui il avait confié cette mission. Il leva un sourcil en signe d'interrogation, mais le jeune homme ne dit rien. Voilà une chose qu'il n'appréciait pas... Depuis l'attaque il voulait retrouver l'aspirant afin de le tenir à l'écart de l'infirmière, car il avait déjà constaté par le passé qu'il se trouvait souvent avec elle et il ne voulait pas qu'elle lui inspire de mauvaises idées...
Il effaça la distance qu'il restait entre eux et jeta un coup d'œil à la cellule où Molly s'était réfugiée le plus éloigné des barreaux possible. Elle avait l'air contrarié.

"- Je peux savoir ce que tu fais ici ?" Questionna froidement Bari à l'intention de Gomuru.

L'intéressé fit un mouvement de tête en direction de son interlocuteur mais n'arriva pas immédiatement à énoncer ses mots. La peur que lui inspirait cet homme renfrogna son visage dans une expression colérique.

"- Je suis venu prendre la relève. Parvint-il à formuler.

- Je ne t'ai pas donné cet ordre ce n'est pas ta place ici."Gronda Bari.

Gomuru baissa les yeux. Son ossatueur, lui, le dévisageait.

"- Je peux savoir ce qui t'a permis de croire que tu pouvais prendre des initiatives ? Insista son chef.

- Je voulais simplement m'assurer que... Tout soit en ordre."

Molly se mordit l'intérieur de la joue et décida de jouer la comédie afin de venir en aide à son ami. Elle le savait très intelligent. Elle se leva d'un bond et vint se cogner à la grille de sa prison avant de s'exclamer :

"- Que tout soit en ordre ? ! Mais tu as vu la situation ? C'est ce que tu appelles de l'ordre avec cette foutue organisation ? !

- LA FERME !"Hurla naturellement le jeune homme.

La force qu'il employa dans sa voix fit reculer tout le monde. Tellement qu'il se sentit gêné de s'être écrié de la sorte. Car il n'avait pas jouer ces paroles, elles émanaient vraiment de lui : entre Molly et son plan dont personne ne devait avoir soupçon et Bari qui le tenaillait sur sa présence, la peur qu'il ressentait avait parlé pour lui, mais ce ne fut heureusement que pour lui donner plus de crédibilité. Quand il réalisa que l'infirmière cherchait à lui donner une chance de se justifier il se reprit la voix tremblante :

"- Je... Je voulais voir par moi-même que..."

Bari lui donna une tape sur l'épaule, une expression de fierté irradiant tout son visage. Autant Gomuru craignait cet homme et redoutait sa colère, autant il le haïssait encore plus dans cet état car cela le maintenait pieds et poings lié à ses idéaux alors que sa moral et ses valeurs étaient à son opposé.

"- Seul maître est l'organisation. Proclama Bari. On ne peut faire confiance à ceux de l'extérieur, j'espère que tu l'auras compris.

- Oui monsieur..."Balbutia l'aspirant.

Il ne sut dire si c'était de la chance ou non, mais le chef de la sécurité croyait dur comme fer qu'il s'était senti trahi par l'action de l'infirmière et était présent pour voir de lui-même que cela était bien vrai. Comme si sa loyauté envers la mafia lui dictait de venir méprisé la brebis galeuse du troupeau.

"- Bien. Fit Bari. J'ai cru comprendre que Sota te cherchait. Va le voir et fait ce qu'il te demande, je m'occupe de régler son cas."

Il désigna Molly de la main. Gomuru du faire un énorme effort pour prendre sur lui et s'avancer dans le couloir pour retrouver son ami au poste de surveillance. Il souhaita du plus profond de son cœur que l'infirmière s'en sortirait indemne. Quand il fut finalement parti, son ossatueur sur ses talons, celle-ci demanda avec mépris :

"- Je croyais que vous me laisseriez tranquille si Mortimer s'occupait de vos hommes...

- Pour cela il faudrait qu'il puisse savoir comment vous allez. Dit méthodiquement l'homme qui arbora un sourire satisfait. C'est simplement qu'il ne dépend que de vous que votre ami ne subisse pas les tortures qui vous sont dues, si vous acceptez de répondre à mes questions.

- Ordure."

L'homme ne pu retenir un rire de complaisance. Son égo n'était pas surdimensionné, mais Dieu qu'il était ravi de son efficacité.

Pendant ce temps, Cobalt cherchait un moyen pour se sortir de cette situation dans son bureau. La base était découverte et les policiers ne tarderaient pas à les attaquer de nouveau et ce avec des renforts et il était certain que Giovanni était déjà probablement au courant. L'importance de ce site était bien plus grande qu'on eut pu le croire, le chef originel de l'organisation ō misait tout dessus. S'il venait à le perdre alors ils perdraient tout, car les ruines d'Alpha avaient été détruites. L'homme se rendait compte qu'il avait prit bien trop d'éléments à la légère et que cela avait coûté le secret si bien gardé pendant toutes ces années. Sa plus grosse erreur avait été celle de ramener les hommes de Jotho à Sinnoh. Cela avait attiré l'attention sur lui.
Il ne savait pas quoi faire pour pouvoir sauvegarder leur position. Mais il eut une idée pour gagner du temps pour y réfléchir. Il appela une de ses équipes pour venir le rejoindre, celle-ci arriva immédiatement.

"- Je veux que vous rassembliez quelques des civils que nous avons à la base. Ordonna-t-il. Trois serait parfait. Prenez ceux qui ont été les plus blessés durant les combats. Je veux que vous survoliez Vestigion pour y déposer ces colis, je me chargerai de vous transmettre un message qui sera à délivrer en même temps, ne vous faites pas prendre et revenez intacts."

Il fallait marchander le temps qu'ils pouvaient en rappelant qu'ils avaient sous la main des personnes dont le destin pouvait s'avérer funeste à la moindre occasion. Et vu que ces personnes étaient nombreuses, ils pouvaient même se permettre de faire tomber des têtes pour assurer tout le monde que la menace était bien réelle.
Quand Arakjöm, caché dans la base eut vent de ce mouvement et vit que des ouvriers étaient trainés de force, il décida de ne pas attendre l'ordre de Molly pour prévenir Arthur et les policiers. Plus tôt il les aurait prévenu qu'il pouvait jouer les infiltrés, plus tôt ils pourraient agir. Il fut persuadé que c'était la meilleure chose à faire quand il constata que les hommes choisis étaient brûlés au deuxième degré voire plus. En quelques téléportations, il fut assez éloigné dans la forêt pour prendre la route.


La panique régnait dans la forêt. Peu de temps après le retour du groupe de grahyèna et d'Auri, une poignée d'hommes était partie de la base et s'était mis à appliquer la technique de la terre brûlée. Des pokémons feu étaient mis en avant et brûlaient tout ce qu'ils pouvaient sur leur passage. Derrière eux, des pokémons eau afin de diriger les flammes dans le sens qu'ils souhaitaient. Les pokémons sauvages se retrouvaient dans l'obligation de fuir le plus rapidement possible, ceux qui ne parvenaient pas à le faire se retrouvaient attaqués. Alors ils migrèrent au-delà du lac pour s'échapper.
Des hurlements de loups raisonnaient partout. Les troupes de Sungri communiquaient du mieux qu'ils pouvaient sur tout ce qu'il se passait. Ils étaient les plus rapides en ces lieux et assez vifs et agiles pour se glisser entre les hommes pour constater les dégâts. L'alpha qui pour le moment se tenait à l'écart des attaques directes avec les siens poussa une longue plainte. Thane ne tarda pas à pointer le bout de son museau :

"- Thane ! S'écria le vieux loup. Dépêche-toi de retrouver Lilly. Je conduis le gros de la meute à l'abri avant de te rejoindre. Cette fois c'est organisé et efficace, nous n'en rechaperont pas. Par ailleurs j'ai cru comprendre que d'autres grahyènas suivaient les ordres de ces hommes. Ils faut faire attention à nos communications."

Le pokémon hocha à l'ordre de son supérieur.

"- Sungri, fit-il, tous les pokémons sont attaqués et fuient sans se soucier de ce qui les entours.

- Et alors ? ! Gronda l'Alpha qui ne pouvait patienter.

- Alors, les herbivores courent aux côtés des carnivores et j'ai pensé que...

- Ce n'est pas le moment ! Parons au plus urgent ! "

C'était le moment. Mais la terreur était maître des évènements. Thane frémit mais obtempéra. Il parti au galop à ma recherche, mais heureusement pour lui, je courrais dans le sens opposé : je cherchais à les rejoindre, accompagnée par Jismo. Et derrière nous...

Sa harde.

Du moins ses membres les plus forts.
Une telle alerte avait fait écho jusqu'aux parties les plus reculées de la montagne. Les pokémons oiseaux étaient les premiers à parvenir jusqu'à nous et à prévenir tous les pokémons présents de la menace. Et tandis que la panique proliférait comme une tempête, la paire Morihogosha avait décidé de prendre les choses en main.

"- Lilly ! S'écria Thane.

- Thane ! Répondis-je. Nous avons su ce qu'il se passait. Nous sommes arrivés le plus rapidement possible pour vous donner des renforts.

- Des renforts... ?"

Il posa ses yeux, la truffe frémissante, sur le troupeau d'herbivores qui le dévisageaient. Il parvenait avec difficulté à y croire.

"- S-Sungri te cherchait. Expliqua le grahyena. Il est juste là.

- On te suit."Dis-je.

Nous retournâmes avec fracas vers la meute qui se figea à notre arrivée. Cela faisait à peine une nuit que nous nous étions séparés et ils ne s'attendaient pas à notre retour en force. Jismo passa en avant avec moi et Sungri se rapprocha les yeux écarquillés et les oreilles en alerte.

"- Jismo... Murmura-t-il.

- Sungri. Répliqua fièrement celui-ci.

- Mais qu'est-ce que vous faites ici... ? Vous tous ?

- Nous sommes venus porter notre aide.

- Votre aide ? Si vite... ?"

Bien qu'en accord avec Morihogosha, le chef de meute ne pensait pas établir aussi précipitamment ce pacte. Il n'était pas rassuré alors qu'il tentait de mettre à l'abri les siens, sa famille, et qu'ils faisaient face à de grands cerfs âgés et matures.

"- L'heure est grave Sungri. Expliqua Jismo.

- Je le sais... Je voulais vous transmettre les informations que nous avons pu récupérer.

- Nous t'écoutons."Répondis-je à mon tour.

Nous formâmes un cercle ordonné afin d'être tous au courant. L'Alpha se sentit mal à l'aise avec cette formation. Il battit l'air de sa queue mais entreprit son discours :

"- Auri est revenue. Nous sommes pris entre deux fronts, car les hommes se livrent bataille. Certains viennent de la ville située loin à l'Est d'ici, les autres sont comme nous le savons de ce batîment... Ils se sont attaqués mutuellement quand nous sommes arrivés sur place. Et maintenant ils envoient des leurs nous attaquer et détruire le terrain sur lequel ils marchent.

- Est-ce que nous connaissons la raison de leur conflit ? Questionna Jismo.

- Non, nous l'ignorons. Mais les combats sont violents et ne sont pas ceux ordinaires. "

Sous-entendu, ce n'était pas des combats classiques de dresseurs ni une compétition. Les hommes se battaient pour de bon entre eux.

"- S'ils nous prennent aussi pour cible, commença Jismo, il nous faut nous organiser pour se défendre.

- C'est ce que nous étions en train de faire, je mets les miens à l'abri. Mes grahyènas les plus vaillants surveillent les environs.

- Sungri, il faut que nous nous allions pour aider les autres pokémons.

- Quoi ?

- Je suis venu avec les membres de ma harde pour avancer vers là où les combats ont lieu pour aider ceux qui peinent à fuir.

- Si nous agissons maintenant, ajoutais-je, nous respecterions l'objectif que nous nous sommes fixés. Nous sommes les gardiens de la forêt. Il faut nous entre-aider.

- Ce n'est pas le moment. Protesta le pokémon. J'ai des responsabilités.

- Je ne demande pas de vous mettre en danger et d'attaquer. Rétorqua l'haydaim. Je vous demande d'épauler sur votre route tout ceux qui en auraient besoin.

- Vous croyez vraiment que dans une telle situation les pokémons nous feraient confiance ?"

Nous ne répondîmes tout de suite à cette réplique. Nous savions que dans ce contexte les pokémons seraient plus que réticents, mais il n'y avait pas meilleure occasion pour faire nos preuves et nous souhaitions le plus sincèrement du monde protéger tous ceux que nous pourrions.

"- Nous le ferons." Fit une petite voix aigue.

Nous tournâmes la tête en arrière pour voir arriver un petit groupe de nidorinas et de nidorinos. Sur la tête d'une des femelles, un petit être violet se tenait vaillamment sur ses pattes.

"- Colmillo !" M'écriais-je dans un sursaut.

Le petit rongeur ne me regarda pas. Il essayait de faire oublier à tous, par une moue sur son visage, qu'il n'était qu'un petit souriceau loin d'être adulte.

"- On va vous aider à convaincre les autres pokémons. Affirma-t-il.

- Qui es-tu petit ?"Demanda Sungri en baissant la tête comme pour humer son odeur.

Colmillo se tassa sur place, intimidé malgré la prétention dont il venait de faire preuve. La nidorina sur laquelle il se tenait avança et parla à son tour. Je la reconnu, elle avait été là lors de l'attaque de Nikki.

"- Nous avons déjà participé à l'attaque de l'éclair blanc. Dit-elle. Nous savons que les prédateurs peuvent oublier pour un temps leur nature et nous aider.

- Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?"Grogna Sungri, menaçant.

Il n'était pas convaincu de la réalité de la situation. Ce au quoi la nidorina eut un mouvement de tête vers le haut, désignant le petit rattata qui la surplombait.

"- Des rumeurs courent la forêt, expliqua-t-elle, et nous avons maintenant assisté par trois fois à de tels actes. Nous craignons pour nos vies et nos maisons, il faut agir."

Le chef de meute tapota le sol de ses pattes avant, nerveux, ce qui ne semblait pas être dans ses habitudes. Mais il tenait tant à protéger les siens qu'il préférait perdre tout charisme pour maintenir sa lucidité. Il poussa un grondement dubitatif mais finit par s'assoir tandis que les autres grahyènas et medhyènas regardaient, les yeux perdus, ce qu'il se passait.

"- Très bien. Fit Sungri en récupérant son ton naturel. Qu'est-ce que nous devons faire ?

- Avec Lilly et les autres haydaims, débuta le grand cerf, nous allons retournés sur vos pas pour aider les pokémons retardataires. Certains membres de ma harde tenteront de retenir l'avancé des hommes.

- Ils ont des pokémons feu Jismo. Déclara le loup. Ils vont rapidement vous repousser.

- On se chargera de les aider ! Proposa la nidorina.

- Colmillo il est hors e question que tu viennes ! Ajoutais-je alors.

- Mais maman !"Protesta le concerné.

De petits medhyènas tournèrent leur regard vers moi avec étonnement et répétèrent dans un murmure : "Maman ?"

"- Et ensuite ? Demanda Sungri. Qu'est-ce que nous devons faire ? Je ne peux pas vous envoyer mes loups tant que les autres membres de la meute ne seront pas à l'abri.

- Aidez les pokémons sur votre chemin. Répondis-je. Et emmenez Colmillo avec vous.

- Nous vous appellerons à l'aide ensuite."Poursuivis Jismo.

Pour le moment, répliquer n'était pas le mot d'ordre, mais plutôt le fait de mettre tout le monde en sécurité. Ce qui eut comme point positif de ne pas braquer Sungri qui acquiesça alors en accord avec notre demande. Il allait reprendre la parole quand un grahyèna arriva en trombe au milieu de la troupe. Il avait l'air paniqué et épuisé, comme s'il avait couru de toutes ses forces.

"- Sungri ! S'excria-t-il. Sungri !"

Il cherchait du regard son Alpha et parvint finalement à remarquer sa présence. Il rampa en vitesse à ses pieds et s'exprima sans qu'on ne lui demande :

"- L'éclair blanc est revenu ! Il est revenu et il est au courant des attaques ! Il arrive !"

Le deux chefs eurent un frisson qui leur parcouru l'échine. Ils se regardèrent avec intérêt, comme si la même idée venait de traverser leur esprit.

"- S'il peut nous aider... Débuta Sungri.

- Alors nous avons les moyens nécessaires de nous protéger d'eux."

Tout le monde était d'accord là-dessus, que ça soit les haydaims, les grahyènas ou la famille des nidorans. Il n'y avait que moi qui avais du mal à saisir la valeur de la présence de l'éclair blanc. Frustrée j'eus néanmoins la décence de patienter.

"- Il faut que nous allions à sa rencontre. Déclara Sungri.

- Il vous écoutera peut-être mais pas nous. Affirma Jismo en pointant sa harde. Nous ne faisions pas partis de ceux qu'il a été cherché.

- Mais il faut que Morihogosha soit présent lors de la rencontre.

- Lilly pourra y aller.

- Moi ? Fis-je.

- Oui."Confirma Jismo.

Le haydaim releva la tête pendant quelques instants. S'il ne pouvait pas se rendre lui-même à cette rencontre, il pouvait néanmoins me donner des conseils pour que tout se déroule pour le mieux. Surtout quand il savait qu'avant je vivais avec des hommes et que l'éclair blanc répudiait cela. Et pendant que je partirai il irait aider ses compagnons au combat...

Mais... Il voulait se sentir plus utile que cela. Vu que nous prévoyions de réagir à l'attaque des hommes, ils devaient savoir ce qu'il se passait réellement. Savoir pourquoi les hommes de l'Est étaient venus affronter les autres. Et il pouvait s'en charger.

"- Pendant ce temps là, poursuivit-il, j'irai vers l'Est voir ce qu'il en est vraiment.

- Tu veux te renseigner sur ces hommes ? Demanda Sungri.

- Oui, il faut que nous le fassions pour faire un point sur la situation. Nous ne pouvons pas avancer en aveugles.

- Il faudra être prudent. Dis-je.

- Je le serai. Mais parlons de toi et de Sungri avant tout. Il faut aussi préparer cette rencontre.

Le chef de meute ordonna aux grahyènas et aux medhyènas de reprendre la route avec ses combattants les plus forts. Thane en faisait parti, à contre cœur. Il prit Comillo par la peau du coup, le rattata poussant un couinement de protestation, et m'informa avant de partir qu'Auri et Clora s'étaient réfugiées près du lac. Je l'en remerciais avant de me lancer dans la conversation avec Jismo et Sungri pour nous préparer tactiquement. Le loup accepta d'envoyer deux-trois de ses membres de meute avec les haydaims pour revenir en arrière et pour accompagner le cerf vers l'Est. Tandis que moi et lui irions à la rencontre de l'éclair blanc. J'en étais toute impatiente de découvrir qui il était, mais on m'expliqua le comportement que je devais respecter pour que tout se déroule bien. Car visiblement ce personnage pouvait être... Susceptible. Briefés et prêts, nous nous séparâmes finalement, chacun vers son objectif.


Jismo ne perdit pas de temps sur sa route. La ville située à l'Est de la forêt était très éloignée et il ne parviendrait pas à l'atteindre avant plusieurs heures. Deux haydaims l'accompagnaient ainsi qu'un grahyèna. Ils étaient tout trois silencieux et ne semblait pas vouloir discuter, ils galopèrent alors ainsi pendant une heure ou deux avant de ralentir pour reprendre leur souffle. Le grand cerf prit la décision de vérifier les alentours afin de garantir leur sécurité : ils étaient extrêmement éloignés des combats mais on n'était jamais trop prudent.
Posant furtivement ses sabots devant lui, son regard capta un mouvement étrange qui le fit s'avancer un peu plus loin.

Entre les arbres et les buissons, il percevait quelque chose qui avançait de manière erratique. Il abaissa sa tête et augmenta sa discrétion, se fondant dans le décor par ses bois feuillus. Il parvint finalement à décrire de quoi il s'agissait : un alakazam. Celui-ci semblait autant éreinté qu'eux, mais il poursuivait son chemin, jetant des petits coups de tête à droite à gauche par moment. Le haydaim savait que ce type de pokémon n'était pas originaire de la région et qu'on ne pouvait en trouver aucun ici. Il devait donc s'agir d'un pokémon dressé.
Prudemment, il fit signe à ses compagnons d'approcher silencieusement. Il expliqua alors à voix basse de s'assurer qu'aucun homme n'était présent.

"- S'il est seul, c'est peut-être pour nous une occasion. Chuchotait-il. Il doit connaitre des informations que nous ignorons."

Vérifiant patiemment que l'alakazam était bien isolé, ils le prirent en filature, un pokémon à chaque point cardinal. Quand ils furent en place, Jismo donna le signal et ils sautèrent sur lui.

Arakjöm, malgré sa vivacité, fut pris par surprise. Il se téléporta de justesse avant de ne se faire écraser par le grahyèna, mais sa téléportation ne le mena qu'un mètre plus loin, tout juste pour dévier cette attaque. Il dut user de son mur lumière pour créer un champ protecteur autour de lui et se défendre des deux autres haydaims. Mais Jismo parvint à transpercer celui-ci et à cogner fermement le pokémon qui recula sous le choc. Constatant que sa fuite serait difficile, l'alakazam préféra s'immobiliser en position de défense.

"- Je vous en prie ne me faites pas de mal. Implora-t-il calmement. J'ai besoin d'aide."

Cette complainte étonna tout le monde tandis qu'un cercle ce formait autour de lui. Il n'avait pas l'air particulièrement inquiet, mais cela était du à la parfaite maîtrise du pokémon psy qui exerçait beaucoup son mental.

"- Si tu es bien un pokémon des hommes qui rôdent dans la forêt il faudra pour ça que tu répondes à nos questions. Tonna Jismo.

- Vos questions ? Répéta Arakjöm.

- Vous nous attaquez et nous avons le droit de savoir pourquoi.

- Oui, effectivement. Mais je ne fais pas parti de ceux-là... Au contraire je tente d'aider des prisonniers victimes des mêmes personnes.

- D'autres pokémons ?

- Pokémons et humains. La situation est grave et ils y a déjà eut morts et blessés."

L'alakazam leva les mains en signe de soumission, il devinait que les pokémons sauvages ne se comporteraient pas comme les membres de l'organisation ō et se laisseraient convaincre s'il s'y prenait correctement. Et il devina, par la même occasion, par cette phrase "d'autres pokémons", que l'haydaim en face de lui me connaissait.

"- Je suis en train de partir chercher de l'aide. Continua Arakjöm sereinement. Je pars pour Vestigion chercher des secours, je ne vous veux aucun mal.

- Qu'est-ce qui nous le prouve ?"Demanda Jismo.

Le pokémon psy ferma ses poings et les abaissa à sa poitrine. Et dans une aspiration d'air il se téléporta à plus de dix mètres de là.

"- Je me serai déjà enfuis autrement."Conclu-t-il simplement.

Le chef de harde galopa vers lui pour être de nouveau à sa hauteur, imité par les autres. Il regarda de haut le pokémon, le visage serré et poursuivit son interrogatoire :

"- J'exige de savoir ce qu'il se passe pour que nous méritions pareil sort ! Pourquoi nous mêlez-vous à tout cela ?"

Arakjöm prit le temps de réfléchir, le visage neutre. Il ne voulait pas perdre de temps dans son voyage mais une petite idée lui trottait dans la tête. Avec ingéniosité il trouva la réplique à donner :

"- Ceux qui s'en prennent à nous tous ne voulaient pas que vous ne les gêniez dans leur plans. Cela a mal tourné, car les hommes de la ville située plus loin à l'Est les ont découvert.

- Ceux-là même qui sont venus attaqués ceux déjà présents. Tu parles beaucoup et trop facilement.

- Je cherche de l'aide. Des vies sont en jeu et il nous faut leur interaction pour que nous puissions nous en sortir.

- Cela n'apporte que plus de combats.

- Non, car contrairement aux autres ils vous aideront car ils ne souhaitent pas qu'il vous arrive du mal.

- Es-tu en train de chercher de me convaincre que ce sont des alliés ?"

Jismo abaissa ses cornes en signe de menace, pour expliciter clairement que l'alakazam partait sur un chemin dangereux s'il décidait de prendre ce parti là. Arakjöm ne se laissa pas intimider.

"- N'était-ce pas vers là où vous vous dirigiez ? Demanda-t-il.

- Nous cherchons des éclaircissements. Éluda le cerf.

- Et bien vous en aurez si vous vous y dirigez, mais je vous en prie, laissez-moi vous accompagner...

... Des vies en dépendent."