Hum, quand j'aurais fini cette histoire, il y aura une relecture pour corriger certains éléments. En attendant : bonne lecture !


Gomuru avançait vers la salle de surveillance, les mains dans les poches. Il regardait devant lui, sans grandes convictions, ses craintes plissant son estomac dans une douleur acide. Il lui fallut un certain temps pour remarquer que son ossatueur le dévisageait alors qu'il marchait à ses côtés, le jeune homme tourna la tête vers lui et soutint son regard. Son pokémon le désapprouvait, il le ressentait. Depuis les deux ans qu'ils étaient ici, une petite distance s'était établie entre eux deux. L'aspirant soupira, approuvant la réaction de son ami, il regarda le sol quelques secondes et pris le dernier croisement avant d'arriver sur place. Il y avait peu de membres de la base dans cette partie-ci et ce n'était peut-être pas plus mal.

"- Ah ! Fit une voix. Gomuru, te voilà."

Sota le salua depuis l'encadrement de la salle de surveillance. Il lui fit un sourire en réponse. L'ossatueur grogna silencieusement. Le second sbire leur tint la porte tandis qu'il les invitait à entrer, son raichu étant comme à son habitude en dehors de sa pokéball, mais celui-ci resta dans le couloir quand le loquet fut fermé. Les deux jeunes gens s'installèrent et Sota prit la parole :

"- La base est tranquille pour le moment. Les parties les plus touchées sont toujours celles de l'Est, mais c'est consciencieusement gardé à présent, grâce aux renforts. Les ouvriers sont juste agités dans la salle vingt-deux, il faudra que tu ailles faire un tour pour que ça reste calme."

Les directives données ne sortaient pas de celles d'ordinaires. Gomuru resta silencieux alors qu'il acquiesça. Sota resta en face de lui, immobile alors qu'il semblait attendre. Mais il n'y réagit pas, soulevant de nombreuses questions. Le conscrit à la surveillance secoua la tête et posa un bras sur son bureau tandis qu'il s'installait contre son dossier.

"- Je sais que gagner ta confiance va être difficile. Souffla-t-il. Mais je te demande juste de me faire un signe. Quelque chose qui puisse me dire que je peux me lancer."

L'absence de réponse fut la réaction de Gomuru, qui restait froid alors qu'il analysait son ami. Même s'il avait affirmé à Molly que Sota était un allié, il prenait une infinie précaution sur sa manière d'agir avec lui, car il en savait autant sur l'aspirant qu'il n'en savait sur Gomuru. Ils pouvaient compter l'un sur l'autre mais ne demeuraient pas moins empli d'inconnues. Ni l'un ni l'autre n'avait fait écart à leur obéissance envers l'organisation, jamais, sauf lorsque l'attaque avait eut lieu. À ce moment, les deux avaient réagis à l'opposé de leur habitude.

"- Ce n'est pas de confiance qu'il s'agit. Répondit finalement Gomuru. C'est juste que je ne sais toujours pas pourquoi tu es venu me prévenir."

La même méfiance tournait dans la tête des jeunes hommes. Qui l'eut cru ? Qu'ils auraient pu trahir les leurs ? Gomuru s'était certes rapprocher affectivement de Molly, mais Sota n'avait montré aucun signe particulier marquant ce détachement. Il allait falloir qu'il donne une explication :

"- Je tiens à eux autant qu'à toi. Éclaircit-il. Peut-être pas au sens affectif, mais ils sont importants à mes yeux.

- Je ne t'ai jamais vu avec eux trois. Précisa le sbire.

- Gomuru, je ne parle pas que d'eux. Tous ces civils, ces gens qui n'ont rien demandé et qui sont pourtant enfermés ici..."

Le dresseur à l'ossatueur poussa un soupir. Lui ne pensait qu'exclusivement à ses amis avant les autres. Englober autant de personnes soulevait autant de questions.

"- Je ne comprend toujours pas pourquoi. Grommela-t-il.

- Et toi tu pourrais m'expliquer pourquoi tu les aides ? Piqua Sota pour souligner ce paradoxe. Écoute, il faut bien que l'un de nous deux commence alors je vais y aller le premier : je me suis infiltré ici. Je ne fais pas parti de ce groupe.

- Infiltré ?"

Gomuru voulait avoir des précisions, car cela restait très flou. Mais Sota croisa les bras et répondit :

"- Et toi ?"

Le jeune homme ne voulait pas être le seul à parler. Il fallait qu'il pousse son ami à se dévoiler un peu plus s'ils voulaient tout les deux se détendre et parler de ce qui était le plus urgent.

"- Moi ?" Demanda Gomuru.

Sota fit une légère moue. Il était vraiment prudent ! Il fallait trouver un moyen de le sortir de sa coquille. Et si jamais l'aspirant venait à se révéler fidèle, finalement, à la mafia, il pouvait sortir la menace de dévoiler son étrange petit jeu avec l'infirmière, qu'il avait surveillé avec attention.

"- Je n'ai pas été le seul à agir bizarrement. Expliqua alors Sota. Et je me demande aussi pourquoi."

Gomuru détourna légèrement le regard vers sa droite, un mouvement de mâchoire vers l'avant, avant de s'exprimer :

"- Je ne veux plus être ici.

- Ce n'est pas très clai... Remarqua Sota

- Je regrette de faire partie de l'organisation ! Coupa Gomuru avec force. C'est plus clair comme ça ?

- Carrément !"

L'ossatueur se tourna vers son dresseur avec un changement d'intensité dans son regard. Il y était enfin apparu, après ces deux années, un éclat qui avait disparu pendant tout ce temps : de la fierté mêlée à de l'admiration. Le pokémon, n'avait jamais approuvé le choix de Gomuru, car il ne l'avait plus reconnu dès lors. Aujourd'hui, il savait qu'il était sur la voix de la guérison.
Sota décroisa ses bras pour les placer sur ses hanches, il semblait prendre son courage à deux mains pour parler.

"- Bon, voilà ce qu'il en est pour moi. Commença-t-il. Ne répète ça à personne, pas même à Tsumeko. Tu as compris ? Sinon, j'aurais des ennuis, même quand on sortira de là.

- Des ennuis ? Demanda Gomuru. À quel niveau ?"

Il n'était pas habitué au vrai nom de Molly. Mais qu'on lui demande de taire ce qu'il allait entendre, c'était très fort, car elle restait sa confidente.

"- Tu comprendras très vite. Répondit le jeune homme. Tu es n'es pas encore initié. Moi non plus, mais... J'ai pu découvrir beaucoup de choses, en partie grâce à ce que je vais te révéler. Crois-moi, quand on se sortira de là, l'organisation sera le cadet de nos soucis à moi comme à toi.

- Quoi, moi aussi ?

- Si on parvient à s'échapper et à se détacher du groupe, tu crois que la police va nous accueillir comment en tant qu'ex-membre ?

- Oh... S'exclama Gomuru, voyant où il voulait en venir.

- Et bien sache que ce serait peut-être pire pour moi."

Il fit une pause, triturant ses mains. Un secret qu'il avait gardé pendant si longtemps, pendant plus de vingt ans. Il n'avait eut de cesse que de chercher les réponses à ses questions et il les frôlait aujourd'hui du bout des doigts. La proximité de ce dénouement ne faisait que le brûler intérieurement, lui qui n'avait jamais eut que son compagnon pour se confier.

"- J'avais... Débuta-t-il. À peu près dix ans, quand l'organisation s'en était prise aux ruines d'Alpha. Tu te souviens de cet évènement ?

- Je n'étais pas encore né, mais j'en entends beaucoup parler.

- Aujourd'hui la mafia a finalement quitté ces ruines pour nous envoyer des renforts ici. C'est Cobalt qui les a ramené. Et bien si tu ne le sais pas, il y avait deux portes originellement pour aller sur terre et la deuxième était là-bas."

Ces explications ne faisaient pas de sens pour Gomuru. Mais il se doutait que les ruines d'Alpha étaient similaires avec celles cachées ici. Ce fut donc sans surprise qu'il continua d'écouter Sota :

"- Elle a déjà été ouverte là-bas. Poursuivit celui-ci. Quelqu'un l'a traversé et n'est jamais revenu.

- Oui, Saji. Quand on a découvert qu'il était vivant ça a été le moment où on a restreint les équipes pour faire le voyage... Mais dépêche-toi d'en venir au fait, ce n'est pas comme si nous avions du temps !

- C'est mon père."

Sota avait à peine attendu la fin de la phrase de Gomuru, qu'il avait donné cette réponse. Le dresseur à l'ossatueur se figea sur place sous le coup de la surprise. Il détailla d'une toute autre manière l'homme qui lui faisait face.

"- Depuis qu'il a disparu je n'ai arrêté de le chercher. Décrivit Sota. Et quand j'ai trouvé ses recherches et ses affiliations, j'ai trouvé moyen d'intégrer les rangs de l'organisation ō pour en savoir plus, marcher sur ses pas. Aujourd'hui, je ne suis pas sûr de vouloir suivre du même côté que le sien, mais... Voilà la vérité."

Sota, une transformation des premières syllabes de son nom complet. Nom identique à celui de son père : Saji Totashiri. Depuis plus de vingt-quatre ans à présent, il était parti à la recherche de réponses. La disparition de Saji correspondait à son départ pour son voyage initiatique. Au départ, il s'était lancé sur les routes pour se former, lui et son fidèle Pikachu. Puis à ses quinze ans, sa volonté de retrouver son père et de comprendre sa disparition fut plus sérieuse, surtout quand il fut révélé au public ce qu'il s'était réellement passé aux ruines d'Alpha.

Arrivé à ce point là, cette image vous est peut-être familière. Un enfant de dix ans, partant sur les routes avec son ami, une souris électrique... Le choix du nom japonais de Sacha ne s'était pas fait au hasard. "Satoshi", nom donné officiellement en l'honneur de celui qui avait créé Pokémon, mais plus personnellement, un hommage à un fils que l'homme ne verrait pas grandir. Sota était cette personne.

Gomuru n'en revenait pas.

Il comprenait cependant comment celui-ci avait eut accès à plus d'information que d'autres personnes. S'il avait remonté jusqu'à l'organisation par les éléments laissés par son père, cela faisait sens. De même pour le fait que nul ne se doutait de ses origines. Gomuru n'était pas très au fait de ce qu'il se savait sur Saji, mais il avait eut vent de la disparition de son fils. Il n'était pas rare que les jeunes dresseurs disparaissent pendant un temps leur de leur parcours, pas qu'ils fussent perdu, mais plutôt que le contact en terre sauvage était particulièrement difficile. Sota aurait alors profiter de ça pour disparaitre et se forger une nouvelle identité.

"- Et ce n'est pas tout..." Fit celui-ci.

Déjà abasourdi par cette révélation, Gomuru ne parvenait pas à croire qu'il y avait encore quelque chose à ajouter, mais Sota lui prouva le contraire :

"- Maintenant que tu connais mes motivations, il est bon de parler action. J'ai vu que tu as discuté avec Tsume... Avec Molly, probablement d'un plan pour qu'elle s'échappe avec les autres."

Gomuru ne confirma rien, dans le doute, mais invita son ami à poursuivre malgré tout. Ce qui restaiten soit, une marque d'approbation.

"- Je ne sais pas si vous êtes parvenu à trouver quelque chose... Continua Sota, ignorant que l'alakazam de Molly était toujours en liberté. Mais sache que j'avais pris la décision de contacter de l'aide en extérieur, bien avant que vous ne débutiez votre rébellion...

- RAICHU !"S'écria la souris électrique en rentrant dans la salle.

Sota s'arrêta dans sa phrase et jeta un regard à Gomuru qui comprit immédiatement ce qu'il se passait. Quelqu'un allait arriver et le pokémon était resté dehors afin de les prévenir. L'aspirant pris alors la décision de reprendre le discours que son aîné tenait lors de son arrivée, pour jouer le jeu :

"- Les ouvriers sont agités comment ? Demanda-t-il, en prenant l'air le plus naturel possible. Je ne vais pas devoir les calmer à coup de massue, si ?"

Sota, lui, se plaça bien en face de ses écrans et pointa une des salles où se tenaient des prisonniers. Quand ils furent en position, la porte s'ouvrit de nouveau, laissant passer Nikki.

"- Fou... Souffla celui-ci. J'en peux plus, chuis exténué !"

Il se vautra sur le sol, adossé à un coin. L'ossatueur et le raichu se tinrent à l'écart de lui. Les deux autres le regardèrent en silence, ils lui laissèrent le temps de respirer avant que Sota ne prenne la parole :

"- Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Depuis qu'l'chef m'a vu revenir bredouille, expliqua le jeunot, avec le traitre en plus, il m'fait faire les pires travaux d'la base. Même mon ursaring il a du mal à suivre...

- Il faut être plus efficace dans ce cas."Ne pu s'empêcher de narguer Gomuru.

Quand Gomuru prit la parole, Nikki fit un bond pour se remettre debout et protester :

"- J't'aurais bien vu faire face à une meute complète de grahyènas tient ! Tu la ramènerais un peu moins.

- Ah mais moi je peux me le permettre. Insista Gomuru. Au moins je fais ce qu'on me dit !

- Ouai... Fit Nikki, amer. On m'a dit qu't'as réussi à déjouer des bleus à l'ouest qui voulaient nous avoir en tenaille...

- Qui t'a raconté ça ?"

L'aspirant, qui n'avait pas été fier de la position qu'il avait du tenir durant le combat, n'avait pas parlé de cette réussite. De plus il n'avait pas été seul sur le coup, il avait été soutenu par deux autres membres à ce moment là. Nikki sourit faussement, comme marqué par le dégout.

"- Tss. Cracha-t-il. C'est Tsakan qui me l'a dit, vu qu'elle a combattu avec toi. Elle m'a dit aussi que toutes les initiations allaient être repoussées à cause de l'attaque. Sauf quelques unes..."

Gomuru serra les dents. Nikki souhaitait vraiment plus que tous faire ses preuves aux yeux de l'organisation et ses échecs l'en tenaient éloigné pour le moment. Alors apprendre cela, avait du lui mettre un coup dur. Mais l'amertume et la colère qu'il dégageait avec quelque chose de différent par rapport à son comportement habituel. Ni lui ni Sota ne l'avait vu dans cet état.

"- Il faut dire que pour le moment nous avons d'autres priorités. Tenta l'aîné. On a difficilement le temps pour ça."

Le plus jeune releva la tête les lèvres serrées comme s'il était furieux. Il ne quittait pas des yeux Gomuru avec une expression de défi. À cette image, Sota se redressa brusquement, il avait oublié de prévenir celui-ci d'un élément important.

"- Elle a quand même précisé que certains auraient cette chance. S'obstina Nikki. Ils vont nommer de nouvelles têtes car la base à besoin d'éléments de forces."

Son insistance était désagréable et soulevait une certaine jalousie. Cette fois-ci Gomuru mit du temps avant de comprendre pourquoi, car c'était quelque chose qu'il n'imaginait pas et qu'il se forçait à dénier. Perturbé, il répliqua aussi cinglant que possible :

"- Et tu t'étonnes de ne pas être choisi ? Avec le talent que tu as c'était plus qu'évident...

- Je n'te permets pas ! Hurla Nikki. Moi j'ai tenu tête à Arthur au moins ! Je n'ai pas fuit en arrière comme un abra !

- Tu as quoi ? ! S'écria Sota.

- Oui c'est vrai ! Soutint Nikki. L'chef m'a donné une seconde chance en partant l'affronter !

- Et pourtant il ne fait pas parti des prisonniers..."Grinça Gomuru.

Le jeunot fit un pas en avant pour se jeter sur lui. Mais il se recula bien vite quand l'ossatueur à côté le menaça de sa masse d'os. Il n'avait pas intérêt à lever le petit doigt ou il allait le regretter. Furieux, Nikki jura à en jeter sa casquette par terre et s'apprêta à partir sur le champ, mais Sota eut la témérité de le retenir pour lui demander :

"- C'est vraiment toi qui a affronté Arthur lors des combats ?

- Oui c'est moi ! Fulmina le benjamin. Et c'est même grâce à moi qu'le chef a pu savoir ce qu'il se passait !"

Il s'écarta d'un coup d'épaule et s'éloigna. Il était venu pour se reposer mais il ne supportait pas la présence du cadet et sa manière de le provoquer. Autant qu'il aille ailleurs. Avant de disparaitre au détour du couloir il s'écria :

"- Et vous allez voir ! Y a pas d'quoi s'moquer ! J'finirai par être plus fort !"

Les deux jeunes hommes rentrèrent de nouveau dans la salle, secoués.

"- Ce fut rapide ! Déclara Sota.

- Ce n'est pas plus mal..."Maugréa Gomuru.

Déjà que celui-ci n'était pas au mieux de sa forme à son arrivée, là il se sentait vraiment mal, car il avait deviné la cause de la jalousie de Niki. Sota lui donna une tape au niveau de l'épaule et s'expliqua en se rasseyant :

"- J'aurais du commencer par là... C'est vrai qu'il y a des bruits qui courent comme quoi il y aurait deux trois initiations à venir.

- Je ne veux pas ! S'exclama Gomuru.

- Méfie-toi. Bari ne tourne pas autour de toi pour rien en ce moment.

- Dans ce cas là dépêchons-nous !

- Oui. Tu as raison."

Sota se réinstalla confortablement et attendit que son ami se remette du choc. S'ils ne faisaient rien rapidement, l'organisation allait le faire devenir membre à part entière de la famille et c'était une offre qu'on ne pouvait refuser. Soit on faisait partie de l'organisation, soit on en était éliminé.
Le plus vieux demanda à son pokémon de retourner à son poste pour veiller à ce qu'ils ne soient plus dérangés avant de reprendre la parole :

"- Comme je te le disais : j'ai fait appel à une aide extérieure bien avant. On aura des renforts rapidement crois-moi.

- Quel genre d'aide ?

- Lors de l'attaque des ruines d'Alpha, le conseil des quatre était sur le coup. Alors j'ai contacté le maître."

Gomuru recula sa tête dans une grimace.

"- T'es pas sérieux là... ?

- On ne peut plus sérieux. Et crois moi, avec le dossier que j'ai envoyé, il va venir, s'il n'est pas déjà là."

Le sbire resta bouché bée. On pouvait dire que Sota savait se montrer efficace, mais il ne s'attendait vraiment pas qu'il aille chercher quelqu'un d'aussi important.

"- À partir de là, continua celui-ci, est-ce que Molly et toi avez eut une idée ensemble ? Que je puisse vous aider ?"

Maintenant persuadé que Sota était des leurs, Gomuru s'apprêtait à répondre, tout en fixant les caméras. Puis il remarqua qu'au travers de celles-ci, ils pouvaient savoir où tout le monde se trouvait : les membres de l'organisation, les prisonniers civils et ceux pokémons. Il repensa à Arakjöm qui devait savoir où sa copie se trouvait pour pouvoir se déplacer librement, le reste vint par lui-même :

"- Oui, nous avons un début de plan. Affirmat-il. Et je crois bien que tu vas pouvoir nous aider !"

Il se rapprocha de lui et commença à donner explications.


Le souffle manquait à tous ceux qui étaient autour de lui. Ils pensaient sincèrement que le récit qui allait leur être donné aurait simplement été amplifié par la force des évènements. Mais le choc de chaque mot qu'il avait prononcé repoussait un peu plus, à chaque phrase, la limite de ce qu'eux-mêmes pouvaient croire. Et lorsque finalement Arthur mit un point final à son histoire, tous s'étaient figés autour de lui. Durant un instant les personnes présentes eurent du mal à se convaincre que tout ceci n'était pas une expression de leur imagination. Même Lance, qui avait pourtant cru que plus rien ne pouvait le surprendre, s'était tut.
Il regardait le scientifique en face de lui, une lueur étrange brûlant au fond de son regard comme une flamme qu'on ne pouvait jamais éteindre. Arthur n'y prêta nullement attention, car maintenant qu'il avait exprimé par des paroles la triste réalité à laquelle ils faisaient face, il déversait péniblement ses dernières larmes. Ce qui était le plus important pour lui, c'était ses amis. La porte menant à la Terre, cela faisait plus de cinq ans qu'il en avait connaissance.

"- Cela ne peut être vrai... Finit par s'exclamer Jennifer.

- Je vous jure que ça l'est. Murmura le généticien.

- Je peux vous assurer qu'il ne ment pas." Affirma le Maître, sa voix tremblante d'une force contenue.

Le capitaine se leva pour marcher le long du mur, elle ne réalisait pas ce qu'il se passait. Cela n'était pas possible, c'était beaucoup trop gros pour que son esprit ne l'accepte. Dans ce doute, elle se tourna vers le dresseur de dragons, qui lui ne remettait pas en question les dires du scientifique.

"- Maître... Commença-t-elle fermement. Vous y croyez si facilement... Vous savez quelque chose à ce sujet ? !"

Le maître de la ligue resta impassible et se tourna vers l'agent de police, avant de répondre le plus sérieusement possible :

"- Les évènements qui se sont produits aux ruines d'Alpha sont en accord avec ce qu'il vient de dire. L'organisation ō n'a pas mit la main sur les maîtres du temps et de l'espace pour rien.

- Mais... Balbutia-t-elle. Qu'est-ce que cela veut dire ? Un autre monde...

- Cela veut dire que comme cet homme l'a demandé, rien de ce qui n'est dit ici ne doit en sortir !"Tonna Lance.

Sa réplique secoua de nouveau les personnes à l'écoute, ne leur laissant pas le temps de se remettre de leurs émotions. Il restait fièrement droit et voulait garder l'autorité sur le moment présent. Son apparence était à l'opposition de ce qu'il ressentait au travers de tout son corps. Giovanni était parvenu à aller beaucoup trop loin, beaucoup trop d'avance ! "L'autre monde"... Il fallait qu'il agisse, vite ! Sinon tout serait perdu.

"- Combien d'hommes sont retenus prisonniers là-bas ? Demanda-t-il à Arthur.

- Je... Hésita celui-ci. Nous étions une... Trentaine je crois.

- Est-ce vraiment la question qui doit être soulevée ? Fit Jennifer, récupérant son calme.

- Des hommes sont sous le joug de cette abomination : cette organisation ! S'écria le Maître. Je doute que ce soit une autre question qui doit être soulevée ici. Nous n'avons que peu de temps et je ne permettrais pas une catastrophe comme cela s'est déjà passé il y a des années !"

Le ton de sa voix exprimait une colère sans nom et ne laissait pas de place à l'opposition. Bastian, qui était enfin sortit de sa torpeur le soutint en ce sens :

"- Il a raison ! Regardez mon état... J'ai déjà perdu mon collègue, je ne veux pas qu'il y ait d'autres victimes.

- Vous avez raison. S'excusa Jennifer. J'étais juste désorientée avec toute cette histoire, mais il ne faut pas perdre de vue notre objectif premier."

Arthur poussa malgré lui un soupir de soulagement. Il n'était pas prêt à affronter d'autres questions sur cet autre univers dont l'accès se situait à la base. Il pensait d'abord à Mortimer et Molly, il n'y avait pas une seule seconde sans que son esprit ne se détache d'eux.

"- Combien de temps pensez-vous que nous disposons ?" Demanda le capitaine à l'attention générale.

Les trois autres prirent le temps de réfléchir pour faire leur propre évaluation, mais le généticien y répondit immédiatement :

"- Pas beaucoup... À quoi voulez-vous qu'ils leurs servent... ?

- Ce sont des otages, ils ne peuvent pas se permettre de les perdre. Affirma Jennifer.

- Pas tous, c'est vrai, mais ils sont nombreux... Et la colère de Friist peut déjà en abattre quelques uns."

Silencieusement, il faisait déjà des prières pour que ses amis soient épargnés. Ils les avait entrainé là-dedans et c'était avec eux qu'il avait réfléchit à un moyen de fuir. Par conséquent, les premiers à répondre de leurs actes au chef de l'organisation.

"- Il faudrait agir maintenant. Dit Haru à son tour. Nous n'avons plus moyen de les prendre par surprise alors pourquoi perdre notre temps ?

- Ils sont nombreux. Expliqua Lance. Il nous faut plus de force."

Il serra les poings sur la table en se rappelant la présence de Friist. Il y avait quelques jours à peine, il se trouvait encore en face de lui et il aurait pu saisir la chance pour le mettre à terre. Mais il ignorait ce qu'il se passait à Sinnoh à ce moment là. Cela l'enrageait.

"- Haru, allez tout de suite contacter nos collègues. Ordonna Jennifer. Mais ne donnez pas trop de détails !

- Tout de suite ! Répondit celui-ci sans se faire prier.

- Combien d'hommes de Vestigion peuvent se joindre à nous ? Demanda Lance.

- Pas assez. Dit Bastian. Ce n'est pas une très grande ville, les effectifs policiers sont limités, heureusement que nous avons déjà l'aide du QG d'Unys.

- Il faut pourtant que nous agissions dans les heures qui suivent."

Ils s'afférèrent tous au travail. Ils ne laissèrent malheureusement pas le pauvre Arthur récupérer, car ils avaient besoin de lui et de ses indications sur ce qu'ils connaissaient de la base et des hommes qu'elle contenait. De plus, le maître de la ligue n'avait pas l'intention de le laisser, car il avait bien d'autres réponses à obtenir. Tandis que Jennifer, Haru et Bastian partirent faire le décompte de leurs hommes, il s'approcha du scientifique et demanda calmement :

"- Au final... Combien de temps de temps êtes-vous restés près de Cobalt en connaissance de sa véritable identité ?"

Le généticien ne pu s'empêcher de se sentir aussi mal à l'aise que lorsqu'il se tenait près des Cobalt lorsque le Maître fut à côté de lui. Pourtant il savait que c'était un allié, malgré la position qu'il occupait à l'instant, mais il ne pouvait empêcher ce frisson qui lui remontait le long de l'échine.

"- Un an, presque deux... Répondit-il sans vouloir croiser son regard.

- Et qu'est-ce que vous avez pu apprendre d'eux pendant tout ce temps ? Insista le dresseur de dragon.

- Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?

- Et bien, vous étiez aux côtés de l'organisation ō pendant que nous cherchions encore moyen de découvrir ce qu'ils tramaient. Durant ce lapse de temps, il doit bien y avoir des informations qui vous sont parvenues..."

La voix doucement suave de Lance sonnait aussi amical qu'un ursaring au printemps. Le scientifique eut la respiration qui s'accéléra tandis qu'il tentait de répondre.

"- Ils ont toujours été très discrets... Bredouilla-t-il.

- Discrets ? Alors qu'ils opéraient directement sous vos yeux ?

- Dois-je vous rappeler que chaque membre de l'organisation exerçait sur nous une menace ? Non, ils savaient nous tenir à l'écart, nous n'avons rien su de plus malgré nos questions...

- Ils n'étaient quand même pas invisibles. Appuya Lance qui ne comptait pas abandonner. Vous devez bien avoir une idée.

- Non ! S'exclama Arthur avec force tandis qu'il tenait fermement les accoudoirs de sa chaise. Je n'en sais rien... Je me pose encore la question."

Le maître de la ligue recula avec ennui. Il croisa les bras et alla s'installer à la place de Jennifer, en face du vétérinaire. À son expression, il se demandait probablement à quelle sauce il allait manger le généticien.

"- Ce n'est pas parce que nous nous employons à prendre possession du bâtiment que nous allons vous oublier. Expliqua-t-il sereinement. Les autres membres de la ligue sont beaucoup trop éloignés pour que je les appelle, mais avec ma présence et mon autorisation, le capitaine peut faire demander à autant d'aide qu'il est nécessaire. Donc croyez-moi, j'ai encore du temps pour vous."

Arthur releva finalement les yeux et ce tint immobile dès qu'ils croisèrent ceux du puissant dresseur. Assis presque de façon arrogante, celui-ci le piégeait seul dans cette salle et n'avait pas fini de le torturer avec cette histoire. Le scientifique en vint même à préférer une torture physique plutôt que celle-là. Il songea à ses pokémons qu'il avait laissé dans le couloir et aurait aimé avoir leur soutien.

"- Vous voulez peut-être avoir la présence de vos compagnons ? Proposa le maître.

- Je..." Commença Arthur.

Oui était la réponse qui lui venait, naturellement. Mais il fut perturbé que cette question corresponde à ce qu'il avait silencieusement souhaité. Et il était évident que cela ne pouvait que cacher une autre tentative afin qu'il obtempère. Il préféra alors rester silencieux.

"- Il n'y a pas de mal à ça. Continua Lance. Vu ce que vous venez de vivre et ce que vous avez traversé, c'était une façon pour nous de nous assurer que vous nous diriez la vérité, que de vous tenir éloigné d'eux."

Toujours persuadé que cela n'était pas sincère, le silence d'Arthur s'étira dans le moment qui suivit. Le dresseur de dragon hocha la tête et se leva en direction de la porte.

"- Très bien... Ne bougez pas, je vais les chercher."

Il le laissa seul dans la pièce pendant quelque minutes et Arthur, peu habitué à ce calme et à cette solitude, ne sut pas s'il devait en profiter pour faire quoi que ce soit ou bien rester gentiment sur place. Cela le paralysa, suffisamment longtemps pour que le maître revienne accompagné par son Arcanin.

"- Les autres se reposaient. Dit le dresseur. C'est le seul qui était encore debout à vous attendre."

Il se réinstalla dans son siège tandis que le pokémon trottina vers son ami. À son approche, il baissa la tête, les oreilles en arrières dans une demande de pardon, pour l'avoir forcer à avancer dans la bataille, sans aller chercher Molly et Mortimer. Arthur le devina mais ne su pas quoi dire. Il tendit machinalement la main vers le pokémon feu qui vint s'y coller pour y chercher caresses. Le contact détendit brusquement l'homme qui soupira avant de devoir prendre quelques instants pour reprendre son souffle.
Lance les regardait sans rien dire, ses yeux flamboyants les décrivant sans que cela ne lui provoque un sourire. Finalement, ce fut le chien de feu qui se tourna vers lui, interrogatif devant son inaction.

"- Je comprend que cela puisse être retord à colère, débuta alors le Maître, que Fahanji vous ai forcé à laisser vos amis derrière vous."

Les deux compagnons sursautèrent ensemble et se mirent une barrière mentale, prêts à affronter l'homme qui leur faisait face. Sans dire quoi que ce soit, le dresseur avait deviner le nom du pokémon et bien qu'Arthur ait décrit la manière dont il était parvenu à Vestigion avec Bastian, Il n'avait jamais prononcé l'homonyme de son ami, ni la volonté de revenir en arrière pour porter secours à ceux qu'il aimait.
Sans qu'ils ne puissent rien faire, Lance laissait s'étendre l'étrange pouvoir qu'il avait obtenu de la forêt de jade. Il frôla l'esprit du pokémon et commença à analyser ce qui l'intéressait. Fahanji secoua la tête tandis que ses souvenirs remontaient

Il se rappela son arrivée à la base. Alors qu'il accompagnait Arthur pour la visite, il reniflait partout les odeurs nouvelles qu'il y découvrait. Puis il se remémora quand il patientait le retour du vétérinaire devant la Porte, vu qu'aucun pokémons n'avaient le droit de la franchir pour éviter de prendre tout risque. Les détails de la grotte repassaient devant ses yeux : ses gravures, ses couleurs, son agencement. Cette vision ce brouilla avant de l'amener beaucoup plus loin : Cobalt, menaçant, donnant des ordres... Ce moment, il le reconnaissait, c'était celui ou le chef de l'organisation avait prononcé ces mots :

"- Vous ne donnez pas d'ordre ici. Vous obéissez. Et c'est fait maintenant."

Le pokémon feu se tendit brusquement en réalisant ce qu'il se passait.

"- C'est à vous de vous en occuper, poursuivit la voix lointaine de Cobalt, c'est votre responsabilité."

À ce moment là, le souvenir le faisait se retourner vers la personne qui était allongée sur la table, une personne à qui on venait d'injecter un produit particulier.

Fahanji hurla.

Il aboya du plus fort qu'il put et se secoua pour chasser l'intru qui pénétrait son esprit. Puis il se mit en position d'attaque, le poil hérissé, les crocs dégainés, en faisant face, agressif, au maître de la ligue.

"- Qu'est-ce que vous faites ? !" S'exclama Arthur, en soutenant son compagnon.

Il n'eut pas cru qu'il aurait eut assez d'énergie pour ressentir de la colère, mais force était de constater que dès lors qu'on se prenait aux siens il était capable de tout. Lance qui avait croisé les bras, ria en réponse, satisfait. Il avait été repoussé par le pokémon alors qu'il essayait de voir ce qu'il avait vu à la base. Heureusement pour Fahanji qu'il n'était pas en contact direct avec lui, ou bien il n'aurait pas pu s'y opposer.

"- Rien de bien méchant. Finit-il par répondre calmement. Je souhaitais juste voir par moi-même.

- Ne recommencez pas. Supplia le généticien. Vous m'avez pour répondre à vos questions...

- Oui mais parfois une image vaut mieux qu'un long discours."

Suite à cette expression commune à la notre, le scientifique chercha à en comprendre le sens. Mais il ignorait l'étrange pouvoir que possédait le maître de la ligue. Cependant, il en allait être rapidement témoin :

"- Qu'est-ce que vous pouvez me dire sur le travail des hommes de Cobalt autour de cette Porte ?"

Arthur serra les dents, tandis que Fahanji se rasseyait sur le sol à ses côtés tendu.

"- Ils avaient déjà des documents sur celle-ci."Débuta le généticien.

Lance se tourna vers lui, les sourcils levés :

"- Je vous remercie de votre réponse, dit-il, mais ce n'est pas à vous que je m'adressais."

Puis il reposa les yeux sur le pokémon qui regarda son dresseur, interrogatif.

"- Quoi ? Maugréa Fahanji. C'est à moi que vous parlez ?

- Naturellement, à qui d'autre ?"Fit le dresseur de dragons.

L'arcanin écarquilla les yeux et recula un peu. Arthur garda sa main poser sur lui pour le rassurer en réalisant ce qu'il se passait.

"- Vous... Vous me comprenez ? ! Couina le pokémon feu.

- Allez-vous me répondre ? Gronda Lance.

- Je... Balbutia son interlocuteur. Euh... Oui bien sûr... Mais..."

Il se tourna vers Arthur cherchant une approbation, il lui fit un petit signe de tête pour l'encourager. Ce n'était pas comme s'ils avaient le choix.

"- C'était durement surveillé, expliqua le canin, n'importe qui ne pouvait pas s'approcher des lieux sans autorisation."

Lance garda le silence pour le laisser parler.

"- Il n'y avait surtout que beaucoup d'homme de Friist... Et ceux-ci surveillaient férocement la salle comme s'ils allaient se faire attaquer à tous moments.

- Se faire attaquer ? Souligna le dresseur.

- Oui... Depuis que la porte a été ouverte on aurait dit des pokémons de garde. Ils étaient aussi aux aguets que des grahyenas affamés."

Le maître de la ligue posa la tête sur le dossier de son fauteuil. Et il chercha à analyser cette information. Pourquoi Cobalt se sentirait menacé de la Porte alors qu'il savait ce qu'il se trouvait derrière ? Il réfléchit quelques instants, avant de se remémorer les éléments qu'il avait lui-même en sa possession. Les documents qu'on lui avait envoyés au sujet des ruines d'Alpha...
Et brusquement ça fut plus clair.

Tout se répétait. Tout, y comprit l'ouverture du passage. Qu'il avait été bête de ne pas se rendre compte plus tôt, surtout quand on lui avait parlé de Saji Totashiri... Il n'avait pas réalisé jusqu'à présent, mais grâce aux images puisées des souvenirs de l'arcanin et les ruines du site à Jotho, il retrouvait des similitudes : il y avait eut une première Porte, dont il connaissait l'emplacement, qui avait justifier ce mouvement de la part de Giovanni par le passé. Et elle avait été ouverte. Et dès que cela fut fait... Cela avait viré au cauchemar. Pour tous.
Il se tendit sur place, porta la main à son visage. Il hésitait. Maintenant qu'il associait cela, il se rendait compte du second danger qui régnait sur place et qu'il ne fallait surtout pas ignorer. Et ça, lui seul pouvait y faire quelque chose, il ne pouvait pas rester à ne rien faire et à attendre que les piètres hommes de police se chargent eux-mêmes de cela. Mais il était partagé, car d'autres informations tout aussi importantes l'attendaient, il n'avait qu'à se baisser pour les ramasser. Mais l'urgence ne le lui permettait pas. Amer, il dévisagea ses deux interlocuteurs avant de dire :

"- Je vois... Malheureusement, avec ce que vous venez de dire il va falloir que je prenne une toute autre décision..."

Arthur et Fahanji retinrent leur souffle en attendant le verdict.

"- Allez vous reposer. Ordonna le Maître de la ligue. Vous allez en avoir bien besoin, car le peu de repos qu'il vous sera permis de récupérer sera immédiatement utilisé pour que vous nous aidiez."

Il se leva, mystérieux, et se dirigea vers la porte :

"- Nous devons sortir cette vermine de la montagne aussi vite que possible."


Je glissais derrière Sungri, marchant dans ses pas aussi silencieusement que possible. Nous étions encadrés par ses loups et Auri et Clora nous avait rejoins. Pour atteindre l'éclair blanc, nous avions du remonter par le lac et donc, par la même occasion, nous avions pu les récupérer sur place. Les deux évolitions n'avaient pas beaucoup récupéré, nous avions même protesté à ce que Clora ne rejoigne la troupe vu son état. Malgré ses soins, elle ne guérissait pas et restait à boiter tout en avançant. Elle nous ralentissait, mais nous n'avancions pas de façon pressée. Sungri ne nous le conseillait pas. Je me demandais toujours pourquoi. Il avait justifié cela par le fait qu'il ne fallait surtout pas se montrer agressifs pour qu'on ne nous confonde pas avec les hommes. Cette idée me paraissait assez improbable, mais nous obtempérâmes sans protestations.
Le chef de la meute escalada une énième colline, tandis que les arbres autour de nous commençaient à couvrir la totalisé du ciel et à assombrir les lieux dans lesquels nous avancions. Arrivé en haut, il balaya le paysage en face de lui, depuis les fourrés et se tourna ensuite vers moi, solennel.

"- Lilly. Dit-il. Avance-toi."

Alors que les autres pokémons s'étaient tous arrêtés, je m'avançais furtivement auprès de lui. Il me fit de l'espace pour que je puisse observer la même chose. Je retins mon souffle tandis que je découvrais ce qui se trouvait derrière les feuillages : des arbres dont les tronc dépassaient la largeur d'un nidoking, formaient un grand cercle gigantesque dans une sorte de clairière. Cependant, il n'y avait pas un seul morceau de ciel de libre ici non-plus, car leurs épaisses branches empêchaient tout rayon de passer. C'était un dôme végétal dont l'existence paraissait presque irréelle.

Et ce n'était pas tout.

Dans cette trouée, un grand nombre de pokémons trônaient : papilusions, rapasdepics, roucoups et roucarnages, nidorinos, nidokings, caninos, maraistes... Je ne dénombrais plus les espèces tant il y en avait. Je me retournais, surprise, vers Sungri qui hocha sérieusement la tête avant de m'intimer de poursuivre mon observation.
Lors que je le fis, je remarquais alors que prédateurs et proies se trouvaient ensembles. Tous étaient agités et se méfiaient les uns des autres. Mais ils restaient cependant assis, contraignant leur instinct, formant un cercle vers une souche qui autrefois devait représenter un des plus grands bois de la forêt.

Sur cette souche, il se tenait là, fièrement debout, le regard assuré, emplis de force et de colère. Sa grande taille en impressionnait plus d'un, sa couleur blanche encore plus.

Sen, le dracoloss albino, plus connu sous le nom de l'éclair blanc, était le présent maître des lieux.