Cette histoire utilise quelques suffixes et mots japonais !
Tous ces mots seront en italique. Pour les suffixes, il y a: -san (poli, basique), -chan (enfant, ou quelqu'un de mignon, familier), -senpai (camarade en classe supérieure, personne plus expérimentée dans un domaine), kouhai (camarade en classe inférieure, personne moins expérimentée).
Si je pense à autre chose, j'essayerai de le mettre en début de chapitre ! :)
PS: Respect des conventions : les mots latins et anglais sont aussi en italique.
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Premier cliché
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Les pneus du taxi crissèrent, amenant le véhicule à une halte. D'une main nerveuse, Ayako ouvrit la portière et sortit. Face à elle se dressait, en plein cœur du quartier gaienmae, le bâtiment de l'une des plus grandes agences d'entertainment formant les mannequins les plus prisés du pays, la LuckyStar Agency. Tout de verre et de formes modernes, l'édifice se dressait sur une vingtaine d'étages. Lorsqu'elle approcha, Ayako vit son reflet dans les murs de verre. Grande, les cheveux naturellement noisette surmontés d'un nœud jaune, de grands yeux bruns, de longues jambes élancées et une taille fine Ayako reprit confiance en elle et avança, pénétrant dans le hall de l'agence bondé de monde.
- Le bureau de monsieur Uri s'il vous plait, demanda-t-elle poliment à la réceptionniste.
- Tenez, voici la carte d'accès. C'est à votre droite, premier ascenseur.
- Merci !
Elle s'était vêtue pour l'occasion d'une robe jaune bordée d'ocre, serrée à la taille par une fine ceinture de cuir marron clair et surmontée d'un gilet en laine caramel. A ses pieds, elle avait choisi d'enfiler sa paire de ballerines préférée. Son cœur battait la chamade dans sa poitrine alors qu'elle attendait l'ascenseur. L'adolescente, à dix-huit ans, avait passé le casting de l'agence et avait été engagée un mois auparavant. Aujourd'hui était son premier jour. Elle était impatiente de découvrir les locaux de la LuckyStar. Partout autour d'elle déjà étaient affichés les portraits des plus grands mannequins de l'agence, passé et présent. Dans l'ascenseur, une liste de cours supplémentaires pour les mannequins souhaitant diversifier leurs activités était accrochée dans un coin. Au quatorzième étage, les portes s'ouvrirent sur les portraits du top trois des mannequins de la LuckyStar pour l'année. En dessous, elle vit les noms familiers des trois modèles les plus payés du moment : Sasuke Uchiha, le numéro un, un brun aux yeux envoûtants et les traits fins, Seiro Mado, le numéro deux, un jeune homme châtain aux yeux perçant et à l'allure charismatique, et enfin Neji Hyuuga, le numéro trois depuis peu, les cheveux noir bleuté et les yeux gris pâle, avec un visage androgyne et un corps élancé.
- Bonjour, le bureau de Monsieur Uri ?
- Au fond à gauche, jeune demoiselle, répondit une employée qui passait en sens inverse.
Enfin. Après des années de préparation. Elle était là, devant la porte grise sur lequel le nom 'Kasaki Uri' était écrit. Il était le manager et l'agent de plusieurs mannequins dans l'agence, et s'occupait également du top trois de la LuckyStar qu'elle venait juste de contempler. Et à présent, il serait aussi son agent. Elle leva la main, et cogna trois fois.
- Entrez ! cria une voix rauque.
Ayako appuya sur la poignée, et avança. Le bureau était spacieux. Des fenêtres s'étalaient en face d'elle, faisant pénétrer la lumière. A sa gauche, des étagères prenaient le mur. Au fond à droite, le bureau de son agent, Kasaki Uri, assit dans un fauteuil en cuir noir. Mais plus impressionnant encore, dans le bureau se tenaient les trois jeunes hommes qu'elle venait d'admirer précédemment. Pour la première fois se tenait devant elle les mannequins homme les plus brillants de sa génération. Son cœur rata un battement. Adossé à une étagère, Sasuke Uchiha semblait s'ennuyer ferme. Ses cheveux, noir de jais, étaient stylisés à l'arrière et laissaient des mèches encadrer naturellement son visage. Il portait un simple pull cobalt rayé horizontalement de lignes noires, et dont le col laissait apercevoir ses clavicules, ce qui lui donnait un air lascif, un pantalon moulant et serré aux chevilles bordeaux et des chaussures mélangeant un patchwork de cuir véritable et de cuirs gris et noirs. Seiro Mado et Neji Hyuuga étaient tous les deux affalés dans les fauteuils confortables près du bureau. Seiro Mado avait laissé ses cheveux châtains en bataille, et portait également des lunettes de style. Il était vêtu d'une chemise noire dont le col dépassait d'un pull ardoise, et le portait sur un jean serré bleu foncé. A ses pieds, il portait des chaussures de ville noires bordées de gris. Neji Hyuuga, fidèle à son image androgyne, avait attaché ses longs cheveux bruns en une queue de cheval négligée. Il portait un tee-shirt argent large au col ouvert, laissant sa gorge pâle à la vue de tous, ce qui paraissait presque indécent venant d'un jeune homme naturellement sensuel. Lui aussi portait un jean serré bleu foncé et à ses pieds, il avait opté pour des baskets beiges.
- Parfait ! Pile à l'heure, s'exclama Kasaki Uri, l'homme brun se levant de son fauteuil pour l'accueillir. Messieurs, voici Ayako Mai, notre toute nouvelle recrue.
L'agent vint jusqu'à elle, l'invitant à s'asseoir dans l'un des fauteuils. Les trois senpais avaient tous au moins cinq ans de plus qu'elle. Elle fut très intimidée, mais tendit ses documents à Kasaki avant de prendre place dans le dernier fauteuil de la pièce. Les garçons la saluèrent, Sasuke d'un mouvement de menton, Seiro et Neji avec des paroles encourageantes.
- Félicitation et bienvenue, salua poliment Seiro avec un petit sourire.
- Bienvenue à la LuckyStar, Mai-san, dit Neji.
- Ah…E-euh, appelez-moi Ayako, Hyuuga-senpai, balbutia-t-elle.
- Hm ! Ayako-san, rectifia le brun.
Kasaki Uri frappa dans ses mains, l'air satisfait, amenant l'attention à lui.
- Bien ! Ayako-chan, tu arrives un très bon jour. La première chose à faire aujourd'hui est de se rendre aux studios Light Art pour mettre à jour vos books à tous. Te voilà donc directement accompagnée de nos trois beaux jeunes hommes, plaisanta-t-il en lui lançant un clin d'œil.
- Oooh ! Light Art ? Uri-san, vous nous gâtez ! s'enjoua Seiro. As-tu déjà entendu parler des studios Light Art, A-ya-ko-chan ?
L'adolescente secoua la tête négativement, surprise de la familiarité du numéro deux. Ses joues se teintèrent de rose. Elle ne s'attendait pas à un accueil aussi chaleureux.
- Hm, je suppose que c'est normal, poursuivit Seiro. Ils sont les meilleurs, et aussi les plus difficiles. Avoir un rendez-vous chez eux relève du miracle. Des rumeurs disent même qu'ils peuvent refuser une demande s'ils n'aiment pas les mannequins !
Seiro rit de plus belle, visiblement pas inquiété de son sort. Elle jeta un coup d'œil à Neji, plus réservé, qui lui adressa juste un sourire encourageant. Le Hyuuga semblait être plus posé que son collègue déluré, et moins effrayant et intimidant que l'Uchiha qui n'avait pas encore prononcé la moindre parole. Peut-être était-ce l'occasion de voir en l'androgyne son premier ami potentiel au sein de l'agence.
- J'appelle Tasuka, allons au parking. Je détesterais être en retard chez un studio aussi prisé. Suivez-moi ! appela Kasaki.
Les trois garçons se levèrent, et Ayako suivit. Dans les couloirs, il était évident que bien qu'ils venaient souvent, les trois garçons faisaient de l'effet au personnel du bâtiment, même parmi les kouhais comme elle. En chemin, elle aperçut de nombreux autres mannequins. Elle était fière de pouvoir travailler au même endroit que certains d'entre eux qu'elle avait admiré dans les magasines pendant des années, priant pour un jour rejoindre une bonne agence. Tomber à la LuckyStar était une chance inouïe.
Une fois dans le van, le groupe partit dans les rues bondées de Tokyo. Ayako était assise à côté du silencieux Sasuke Uchiha. En face d'elle étaient Seiro et Neji, et devant, à côté du jeune homme dénommé Tasuka et qui apparemment aspirait à devenir lui aussi agent, Kasaki Uri feuilletait les pages d'un journal.
- Ayako-chan, susurra Seiro, n'hésite pas à me poser des questions. Ton senpai t'aideras autant qu'il peut ! Après tout, nous avons tous commencé il y a six ans à peu près, nee, nee ? lança-t-il à ses collègues.
- Hm, acquiesça Neji. Peut-être nous verrons-nous rarement, ou souvent, mais n'hésite pas. Echangeons nos LINE !
Seiro fut tout excité à l'idée. Ayako sortit son portable de son sac et tous échangèrent leur LINE d'un geste de téléphone, excepté Sasuke Uchiha qui semblait vivre dans un autre monde. Elle regarda son senpai, gênée, et suivit le regard du brun. Sur un bâtiment, une immense affiche pour la promotion du nouveau film Espions cachait la façade. Un homme brun, terriblement charismatique, tenait un revolver de la main gauche. A ses côtés, une actrice à la coupe de garçon manqué prenait la pause, elle aussi comme prise dans le feu de l'action. Les noms en bas de l'affiche l'interpelèrent tout de suite.
- Ano… Uchiha-senpai, se pourrait-il que vous et Uchiha Itachi soyez liés d'une quelconque façon ? tenta-t-elle timidement.
Le brun sembla prendre conscience de la question. Il la regarda d'un air désintéressé et tourna à nouveau sa tête vers l'extérieur, peu enclin à répondre.
- Quelle impolitesse, U-chi-ha-san ! plaisanta Seiro. Tu as raison, Ayako-chan. Impressionnant, n'est-ce-pas ? Les frères Uchiha, chacun au top de leur profession. Pour l'instant en tout cas, ajouta-t-il en lui lançant un autre clin d'œil.
L'Uchiha considéra Seiro Mado un instant. L'allusion faite sembla le faire doucement rire. Il reprit sa contemplation du monde extérieur à travers les vitres teintées. Seiro lui tira la langue avant de reprendre la conversation avec elle et Neji Hyuuga.
Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent finalement aux studios Light Art. Le bâtiment était richement décoré et presque aussi bondé que l'agence. Ayako se sentit perdue dans ce flot de personnes toutes affairées à leur travail. Les couleurs, les odeurs, les bruits et le son des appareils photos lui donnèrent le tournis. Kasaki Uri les conduisit jusqu'à un bureau. A son grand soulagement, à part le directeur, la pièce était vide.
- Bienvenue, bienvenue. Asseyez-vous donc ! invita l'homme.
Ayako cacha son étonnement. Le directeur n'avait pas un visage si vieux, mais ses longs cheveux blancs semblaient naturels. Il était grand et musclé, et avait le même regard qu'un enfant malicieux. Elle vit avec horreur un roman érotique traîner sur son bureau. La pièce était éclairée artificiellement car les stores avaient été baissés. Des plantes vertes occupaient l'espace en dessous des fenêtres, et des canapés en cuir beiges avaient été installés pour accueillir au maximum une dizaine de personnes.
L'homme, dont le nom sur la porte indiquait qu'il s'appelait Jiraiya Yubi, vint serrer la main de Kasaki Uri avant de serrer la sienne.
- Enchanté, Mai-san. Je suis Jiraiya Yubi, le directeur de Light Art.
Ayako répondit d'un petit hochement de tête timide, puis l'homme s'adressa brièvement aux trois modèles. Il blagua un instant avec Kasaki puis retourna au sujet principal.
- Mai-san, on doit dire que la LuckyStar gâte ses nouvelles recrues. J'ai fait circuler avant ton arrivée quelques clichés que tu as utilisé pour tes auditions à la LuckyStar. L'un de mes meilleurs photographes, Gaara Sabaku, s'occupera de toi aujourd'hui. L'idée est d'étendre d'emblée ton book afin de te donner les meilleurs chances de commencer à travailler le plus tôt possible, expliqua-t-il, bienveillant.
- Merci beaucoup, répondit-elle.
- Et pour mes garçons, Yubi-san, que peut-on espérer ? demanda Kasaki.
- Nous allons faire de même. Aujourd'hui, je ne peux rien vous débloquer. Mais vous pouvez aller vous présenter aux photographes à cet étage. Vous savez comment ça marche ici. Ce sont nos professionnels qui choisissent leurs modèles.
Jiraiya ponctua sa phrase d'un rire gras. Seiro semblait anxieux, et Ayako perçut une pointe de compétitivité traverser son regard quand il regarda ses collègues. A ce moment-ci, quelqu'un frappa à la porte. Un jeune homme aux cheveux rouge cerise entra. Il avait la peau pâle, les cheveux en bataille et un tatouage du kanji de l'amour sur le front. Pour compléter son originalité, ses yeux, vert pâle, étaient soulignés de khôl noir, ce qui lui donnait un air oriental. Il portait un tee-shirt carmin à manches longues, relevées jusqu'au coude, et par dessus le quel il portait un autre tee-shirt noir plus large sur lequel était inscrit un nom de groupe de rock. Ses jambes pâles dépassaient d'un bermuda noir et il portait de simples baskets noires à ses pieds. A sa main, il tenait un appareil photo impressionnant.
- Jiraiya-san, salua-t-il sans prêter attention au reste des gens dans la pièce.
- Ah ! Gaara-chan, te voilà !
Le rouquin ne sembla pas prêter attention au 'chan', mais Ayako, elle, avait ouvert les yeux en grand, hébétée. C'est ainsi que la vit pour la première fois Gaara Sabaku, l'un des photographes de mode les plus prisés du pays.
- Voici la sublime Ayako Mai dont tu as accepté de t'occuper aujourd'hui. Je vous laisse procéder, j'ai encore à faire avec Uri-san ici présent.
- Mai-san, salua le photographe.
- Enchantée, Sabaku-san ! s'écria Ayako avant de se courber poliment.
Le photographe approcha d'elle, et elle se sentit soudain très impressionnée par le charisme du jeune homme qui devait avoir le même âge que ses senpais. Lentement, il leva la main, l'invitant à le joindre. Son visage avait sûrement dû prendre une teinte cramoisie, mais elle plaça sa main droite dans celle du roux qui la tint fermement et l'entraîna à sa suite, ses yeux verts toujours planté dans les siens.
Presque au fond du couloir, Gaara Sabaku l'invita à entrer dans son propre studio. Il désigna de la main une pièce adjacente dans laquelle les membres du personnel s'occuperaient de sa coiffure et de son maquillage.
- Demande Sai. Il s'occupera de ton maquillage, précisa le photographe.
- Ah, merci !
La nouvelle salle était majoritairement occupée par des loges, des rails entiers de vêtements et des cabines d'essayage. Plusieurs célébrités étaient présentes, prises en charge par une armée d'assistantes, de coiffeurs et de maquilleurs. Le brouhaha était pourtant plaisant. Ayako aimait cette atmosphère animée. Elle avait choisit ce métier pour soutenir financièrement son jeune frère, parce qu'elle en avait l'apparence, mais aussi parce qu'elle appréciait le milieu de la photographie. Rien ne lui plaisait plus que de prendre la pause dans un nouveau personnage à chaque séance. Elle demanda à une fille où elle pouvait trouver le prénommé Sai.
- Assieds-toi là-bas, je le préviens de ta venue ! Quel est ton nom ?
- Mai, Ayako, répondit-elle.
- Ahh, cette façon formelle ! Tu es nouvelle, n'est-ce-pas ? Tu as beaucoup de chance ! Gaara-san s'occupera bien de toi ! lui assura-t-elle. Moi, c'est Yuka ! Sai-san arrivera dans un instant !
Yuka lui sourit avant de la quitter, la dirigeant de la main vers son siège. Ayako était seule, mais entourée d'une foule de monde à la fois. Elle prit place sur son siège désigné où une étiquette à son nom avait été collée. Elle se regarda dans le miroir éclairé de plusieurs ampoules et se sourit à elle-même. Bientôt, deux autres filles arrivèrent. Ayako reconnut tout de suite les deux actrices. Ino Yamanaka, de l'agence Chuusaki, ses longs cheveux blond platine remontés en queue de cheval et ses yeux bleu clair scannant la salle. Elle portait une robe turquoise évasée, dos nu et décorée de dentelle devant. Derrière elle vint Sakura Haruno, la numéro un de l'agence DarkPink. L'actrice avait les cheveux roses, bouclés au fer. Elle, portait une robe mauve ceinturée à la taille et flottante jusqu'aux genoux. A ses poignets, des bracelets argentés teintaient au rythme de son pas, et ses talons blancs cliquetaient également sur le sol. D'autres kouhais saluèrent les deux actrices qui vinrent s'installer sur les sièges à côté d'Ayako. Pétrifiée, elle n'osa pas les regarder. Ce fut Ino Yamanaka qui prit la parole.
- Merci ciel ! Une personne décente à mes côtés, pas comme cette truie d'Haruno ! Et comment s'appelle notre jeune brebis ?
Ayako était estomaquée. Sakura Haruno réagit en lançant un regard meurtrier à la blonde.
- Ayako Mai, nouvelle recrue chez LuckyStar, annonça-t-elle d'une traite.
- Oh, mais voyez-vous ça, une toute nouvelle mannequin ! Ino Yamanaka, mais tu dois déjà le savoir.
- A-Ah, bien sûr, Yamanaka-san ! J'ai vu tous vos films !
- Qui étaient tous plus affreux les uns que les autres, j'imagine, coupa Sakura Haruno. Franchement, Ino, tu n'as que ça à faire d'embêter les petites nouvelles ?
- Ne m'adresse pas la parole ! protesta Ino. Je ne sais pas comment ton agence a obtenu une séance ici, mais Light Art aurait dû refuser.
- Refuser quoi ? Une actrice qui sait, elle, récolter les meilleurs scores d'audience ? Et pourquoi feraient-il ça, ma chère Ino, rétorqua la rose, furieuse.
- A-Ano… N'est-ce-pas Sabaku-san qui vous a choisi ? demanda Ayako, espérant faire retomber la tension.
Les deux actrices la contemplèrent, se toisèrent mutuellement, et s'ignorèrent royalement, retournant à leur maquillage dès que les assistantes revinrent s'occuper d'elles. Ayako baissa la tête. Elle n'avait pas imaginé que les rumeurs de rivalité cuisante dont souffraient les deux actrices étaient en réalité bien fondées. Ino Yamanaka et Sakura Haruno avaient apparemment étudié dans les mêmes écoles, et s'étaient toujours détestées. C'était d'ailleurs la raison pour laquelle elles avaient choisi de postuler dans les deux compagnies d'acteurs rivales, Chuusaki et DarkPink. Les deux géants de l'industrie étaient les compagnies les plus rentables du pays depuis déjà une dizaine d'années.
- Tu dois être Ayako-chan !
Elle releva la tête, apercevant dans le reflet du miroir un garçon derrière elle.
- Sai To, maquilleur, annonça le brun avec un sourire radieux. Appelle-moi juste Sai !
Ayako le salua. Sai la contempla un moment, complimentant son choix vestimentaire, puis s'attaqua à son maquillage. Le garçon brun était d'humeur joviale et extrêmement amicale avec elle et tout le personnel en général. Il avait les cheveux courts, et la peau aussi pâle que celle de Gaara. Ayako se demanda si c'était naturel, ou si c'était leur travail acharné dans les studios sans fenêtre jour après jour qui expliquait leur complexion. Elle se perdit dans ses pensées, totalement abandonnée aux bons soins de Sai en attendant de commencer sa séance.
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Sasuke Uchiha était le garçon le plus impassible de l'industrie de l'Entertainment. Les gens qui avaient eu la chance d'entendre sa voix se comptaient sur les doigts d'une main. Alors qu'il déambulait dans les couloirs des studios photos comme l'y avait poussé Kasaki, il regardait distraitement les gens s'afférer autour de lui. Il ne comprenait pas pourquoi tout le monde était si pressé et stressé. Il avait quitté Neji et Seiro immédiatement. Il détestait les deux autres modèles. Seiro, sous sa façade enjouée, ne pensait qu'à une chose : prendre la position de numéro un. Mais lui l'avait acquis sans effort, et sans ambition particulière. Neji, il pouvait le tolérer. L'autre garçon semblait être entré avec le même manque de motivation que lui dans l'industrie du mannequinat. Sûrement pour l'argent, ou bien comme lui, pour échapper à son entourage. Ils en avaient le physique après tout. Et Sasuke détestait sa famille. La seule exception était son grand frère, l'acteur célébrissime Itachi Uchiha. L'aîné avait un mauvais brother complex à son égard, mais au moins, il lui témoignait de l'affection. C'était déjà beaucoup demander pour un Uchiha. Ils étaient les deux anomalies de la légendaire famille Uchiha, richissime, dominant le marché national.
- Uchiha-senpai ! Un autographe, s'il vous plait ! s'écria une actrice en s'approchant de lui, le décolleté de sa chemise blanche mettant en avant sa poitrine refaite.
Il l'ignora superbement et continua sa route. S'il voulait survivre la journée sans migraine, sa meilleure chance était de faire abstraction de toutes les pouffes qui viendraient se coller à lui et de toutes les fanatiques qui tenteraient d'obtenir quelque chose de sa part. D'ailleurs, il ne fallait pas exclure les hommes de la liste. Il était la cible des deux sexes à part égale, et son visage était considéré comme le plus noble et le plus sensuel du pays. Même l'apparence androgyne de Neji n'avait pas suffit à propulser le Hyuuga plus haut dans le top trois. Neji n'était monté sur le podium de la LuckyStar que quelques mois auparavant. Sasuke, lui, était le premier depuis presque cinq ans, c'est-à-dire, presque aussitôt après son arrivée dans le business.
D'un pas trainant, il arriva jusqu'à une salle au fond du couloir. Le décor attira son œil, et il entra. Les assistants étaient tous occupés à leurs tâches et ne l'embêtèrent pas. Il prit son temps, s'adossant au mur au fond de la salle, et regarda ce qu'avait préparé le photographe pour sa séance. En face de lui, un panneau recouvert de verdure exotique prenait toute la place. Des plantes supplémentaires avaient été disposées à plusieurs endroits pour donner l'impression que les modèles étaient réellement en pleine jungle. Une série de marchepieds en osier et en bois permettraient aux modèles de prendre la pause sous différents angles, et de s'élever en cas de besoin.
Plus loin, sortant des loges, deux jumeaux sortirent, un garçon et une fille d'une vingtaine d'années, accompagnés de plusieurs assistants. Tous les deux avaient les yeux bruns et les cheveux teint en gris. Leur maquillage était tribale et leur donnait un air sauvage. Leurs habits étaient un mélange de tissus, de plumes et de cuir. Sasuke dut reconnaître que leur concept leur allait à merveille. Quelques assistantes retouchaient encore la coiffure de la fille, et son frère semblait parler à son agent. Tous les deux semblaient très enthousiastes. Il était rare de voir une atmosphère aussi positive et créative dans des studios prisés. La plupart du temps, on ne remarquait que la pression du temps qui forçait tout le monde à s'activer sans relâche. Les photographes avaient des sets épurés, et proposaient tous les mêmes concepts clichés. Light Art semblait être différente. L'Uchiha avait eu peur des intentions du directeur, aux premiers abords, peu rassuré par le roman érotique sur son bureau et les quelques revues douteuses dans ses étagères. Mais bien que l'homme ait l'air d'un pervers ultime, il ne semblait pas viser ses employés ni ses clients. L'homme était extravagant, dans sa tenue, dans son physique et dans sa façon de se comporter. Peut-être travaillait-il exclusivement avec des originaux, des photographes qui n'appartenaient pas au moule habituel. L'idée lui plut. Il passa une main dans ses cheveux et se détendit. Il se laissa porter par le brouhaha. S'il était parmi les parias du monde de la photographie, alors il était sûrement à sa place. Il était loin d'avoir le caractère type, arrogant, expansif, naïf ou bien extrêmement extravertis des mannequins à Tokyo.
Les deux jumeaux examinaient le set quand un jeune homme à la chevelure blonde dorée entra dans la pièce. Plusieurs personnes le saluèrent. Il avait à la main du matériel de photographie. Sasuke en déduisit qu'il s'agissait du photographe pour cette séance. Le blond ressemblait à un vrai geek. Il devait avoir son âge, mais était habillé comme un adolescent. Il portait un tee-shirt vert amande à manches trois quart noires, surmonté d'une veste à capuche ambre à manches mi longues, ainsi qu'un pantalon cargo noir et des baskets ambre également. A son poignet droit, il portait un bracelet de perles en bois et au poignet gauche une montre en silicone noire. Ses cheveux blonds en bataille donnaient l'impression que le photographe venait juste de se lever, et des lunettes à la monture noire participaient avec ses cheveux à cacher la moitié de son visage. Enfin, autour du cou, il portait un collier, ou plutôt un lacet de cuir auquel un pendentif de pierre, de couleur bleu paon, était accroché.
'Peut-être le photographe le moins professionnel du monde,' songea Sasuke.
Néanmoins, tout le personnel semblait attendre patiemment que le blond se prépare. Sasuke fut le premier surpris quand le photographe ouvrit d'un coup sec un sac dont il sortit un appareil cher. Il sortit de sa poche une batterie qu'il plaça dans l'appareil et referma l'ouverture avec dextérité, allumant de son autre main un autre appareil photo posé sur un trépied. D'une voix claire, il indiqua à ses assistants quoi faire avec la lumière et s'avança vers les jumeaux. Les deux modèles le saluèrent chaleureusement, faisant part de leur honneur de pouvoir procéder à une séance avec le blond. Il semblait bien loin du geek qui était entré un moment auparavant. Le photographe semblait sûr de lui, et une certaine chaleur émanait du garçon qui brillait sans doute plus que ses modèles. La séance commença, et Sasuke décida de rester, captivé par la façon de se mouvoir du blond. Ses mouvements étaient fluides et vifs. Il bougeait sur le set, lançant des ordres et des indications aussi bien au personnel qu'aux jumeaux qui semblèrent prendre plaisir à la séance. Les deux modèles rayonnaient et se prirent facilement au jeu, enchaînant des poses originales qui ne manqueraient pas d'attirer l'œil du consommateur.
Deux assistantes qui ne participaient pas à la séance en elles-mêmes vinrent se poster non loin de l'Uchiha, et commencèrent à discuter à côté de lui. Il tendit l'oreille malgré lui, espérant en apprendre plus sur le mystérieux photographe dont il n'avait jamais entendu parler.
- …et Sayuki avait totalement raison ! Il n'y a pas d'autre studio comme Light Art. Et puis, regarde cette séance, Naruto Uzumaki n'est-il pas un photographe de génie ? demanda la première jeune femme en remontant ses lunettes alors qu'elle observait le photographe à l'œuvre.
- To-talement d'accord ! s'enthousiasma la deuxième assistante. Lui et Sabaku-san sont les meilleurs de la profession, sans aucun doute ! Parfois, j'aimerais qu'ils acceptent les particuliers. Imagine des photos de mariages signées Sabaku ou Uzumaki !
- Tu rêves, ma pauvre ! … mais j'adorerais ça aussiiii !
Les deux assistantes gloussèrent et continuèrent de faire l'éloge des deux photographes. Inévitablement, l'une d'elle finit par reconnaître Sasuke Uchiha. Dans sa vision périphérique, il devina qu'elle le pointait du doigt pour que son amie se tourne dans la même direction. La deuxième sursauta, et s'approcha de lui.
- Oh-mon-dieu, vous êtes Uchiha-san. Dites-moi que vous êtes Uchiha-san !
Sasuke contracta sa mâchoire. Il lui fallut faire un effort surhumain pour ne pas rétorquer quelque chose de pas très décent à la jeune femme qui venait de lui adresser la parole. A la place, il lui jeta un regard polaire. Malheureusement, l'assistante ne semblait pas être douée pour lire entres les lignes. Elle profita de voir son visage de face pour couiner, littéralement couiner, et prendre les mains de son amie dans les siennes.
- Yuko-chan ! Sasuke Uchiha vient de me regarder !
- Enchantée, Uchiha-san ! Je m'appelle Yuko, et voici mon amie Mikan ! Vous venez ici pour une séance photo avec Uzumaki-san ? Je n'ai pas vu votre nom sur la liste, pourtant !
- Hiiiii !
Il lui fallut tout son sang-froid pour ne pas enfoncer son poing dans le mur. Il se détacha du dit mur, prêt à tourner les talons, quand il remarqua que le silence s'était abattu sur la salle. Les couinements des deux sottes avaient dérangé la séance, et tous les regards étaient tournés vers eux. Il vit avec désespoir certains membres du personnel le dévorer des yeux et lui lancer des regards lubriques. S'il n'avait pas rien mangé de la journée, il aurait probablement vomi sur place. Mais son regard fut attiré par celui courroucé du photographe. En réalité, il ne voyait pas vraiment les yeux du blond, mais il sentait son aura menaçante grandir à mesure que les secondes défilaient. A côté de lui, l'une des assistantes hoqueta. Apparemment, déranger l'artiste dans son travail était très mauvais signe, et bientôt la suite du personnel se contenta de regarder le sol, tous devenus subitement craintifs. De sa façon si spéciale de se mouvoir, le photographe avança vers lui, le poing serré autour de son appareil photo. A travers les mèches blondes, il aperçut deux yeux bleu azur cachés derrière ses lunettes lui lancer un regard meurtrier.
'Rien que ça' songea-t-il.
- Oy, monsieur l'empêcheur de tourner en rond, si tu veux faire mouiller des écervelées, fais-le ailleurs. Tire-toi ! cracha-t-il, le visage défiguré par la colère.
Plusieurs personnes dans la salle déglutirent difficilement. Sasuke était soufflé. Quelqu'un osait, OSAIT, s'adresser à sa seigneurie Uchiha ainsi ? Et un photographe habillé comme un cancre à l'université de surcroit ?
- Est-ce-qu'un clochard est vraiment en train de m'insulter ? railla-t-il, l'air mauvais.
- Pardoooon ? beugla le blond, se rapprochant dangereusement.
L'une des assistantes, paniquée, s'accrocha au bras du photographe, essayant en vain de le calmer.
- Uuuzumaki-saaan, votre langage ! C'est Uchiha Sasuke! Uchiha ! Vous ne pouvez pas vous adressez à lui comme ça. Si vous devez punir quelqu'un, punissez-nous, Mikan et moi ! le supplia-t-elle.
- Oy, oy, qu'est-ce-que tu crois faire ? Bas les pattes, siffla-t-il en chassant l'assistante. Toi et ta copine, pareille. Vous dégagez fissa !
Les deux assistantes partirent aussitôt en trottinant, les larmes aux yeux. Si elles avaient été des chiens, nul doute que Sasuke les aurait vu fuir la queue entre les jambes. Il resta en face du blond, amusé par le culot de l'individu. Il avait entendu son nom, mais n'avait pas semblé enregistrer ce que cela signifiait vraiment. D'humeur joueuse, il s'avança, se retrouvant nez-à-nez avec l'Uzumaki. L'autre tressaillit, surpris. Plaçant son index sous le menton du blond, il souleva son visage, et fit mine de l'observer. Les yeux bleus tirèrent des lasers, et le photographe chassa sa main d'une claque sèche.
- Hm. Clochard mais pas si vilain à regarder, nota calmement Sasuke. Uzumaki-san ? Peut-être faudra-t-il songer à prendre des cours d'étique ET retenir le nom de vos futurs clients. Sur ce.
Fier de son effet, il tourna les talons. Dans son dos, d'autres assistants retinrent le blond qui débita une série de jurons à son égard, prêt à en venir aux mains avec lui. Un sourire cruel étira ses lèvres. Sasuke Uchiha décida qu'il ferait de la vie de ce photographe, Uzumaki, un enfer. Il rit intérieurement. Un rire diabolique à glacer le sang des morts. D'un pas tranquille, il décida de retourner au bureau du directeur où Kasaki Uri était resté.
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Salut ! L'aventure commence ! :P
Alors, ce premier chapitre ? J'ai bien ri en le relisant pour les fautes xD ! J'espère qu'il vous a plu.
J'ai été très surprise en voyant le nombre de personnes qui ont lu le prologue, merci beaucoup ! De même pour ceux qui suivent l'histoire et ont commenté ! Toute cette attention m'a touchée :3 ! En espérant que la suite vous plaira !
Une précision importante: Cette histoire n'est PAS angst. Elle n'a pas été classée angst pour une bonne raison. Oui, les personnages n'ont pas la vie facile, font des bêtises, ont leurs problèmes, mais il n'y aura pas d'histoire poussée de dépendance, dépression, descente aux enfers etc. Je suis une petite boule de miel au soleil, j'peux pas écrire d'histoire aussi déprimante ! :D
Que pensez-vous d'Ayako-chan, la petite nouvelle toute innocente et optimiste ?
Et la rivalité Sasuke/Naruto ? Parce qu'aucun ne se laissera faire, c'est garanti ! ;)
Merci d'avoir lu, et à la prochaine !
