Le lendemain fut dur pour le réveil. Dans moins d'une semaine, je reprenais -enfin- les cours. J'avais donc encore quelques jours à ne rien faire. On m'avait prévenu que ma colocataire arriverait plus tôt que prévu, aillant son vol d'annulé pour la semaine prochaine, et tous les autres déjà réservé. Ça ne me laisserais pas assez de temps pour m'habituer ici, toute seule. Mais dans un sens, je pourrais mieux faire connaissance avec elle. La matinée passa plus vite que je ne l'aurais pensée. J'étais descendu à la cafétéria, j'avais rencontré une Angela Weber, plutôt gentille. Du moins, pour ce qu'elle montrait. On avait regardé les cours que nous avions en commun, et j'en avais deux avec elle. Le sport, on avait fait d'un commun accord que comme elle n'aimait pas ça non plus, et moi et ma maladresse génétique, qu'elle m'emmènerait à l'infirmerie à chaque fois que je me casserais quelque chose, ce qui arrivera probablement à chaque cours de sport, sans aucun doute. J'avais rencontré aussi Tyler, mais j'ai complètement oublié son nom de famille. Une famille remplit de richesse, comme il aime le faire remarquer. Prétentieux. La fin de l'après-midi arriva, je finis de lire Les Nuits blanches de Fiodor Dostoïevski. Un jeune homme solitaire et romanesque... Probablement ce que toutes les filles de mon âge aimaient, du moins rêvait. Le preux chevalier qui arrive sur son étalon blanc et la sauve. Grotesque, mais je confirme que j'adore ses choses-là. Ça donne de l'espoir, mais ça le tue, aussi. Un sourire resta accroché à mes lèvres quand j'eus fini de le lire, mais une larme, puis deux coula tout de même. Jamais ce genre de chose n'arrivait dans la vraie vie.
Quelqu'un frappa d'un coup à la porte, puis deux fois. Je n'ai réagi qu'au bout de la cinquième frappe. Je me relevais, et des questions se posaient dans ma tête, c'était sûrement ma colocataire après tout. Elle était peut-être une pimbêche. Une truie ? Pourquoi m'en faire ? Elle est peut-être, juste adorable, et normal. Une banalité, comme ma personne. Je mis le pass sur la porte, et j'empoigne la poignée et découvris, un garçon. Pas n'importe quel garçon : mon frère. Jasper se tenait devant moi, grimaçant. Ou peut-être un sourire. Son visage de prêt faisait tellement plus mature, plus vieux. Comme s'il n'avait pas mon âge. Ses yeux semblaient fatigués et tiraillés.
« Jasper. Qu'elle surprise. Je pensais que c'était quelqu'un d'autre.
Je murmurais un petit : J'aurais même préféré.
« Et bien non, comme tu le constates. »
« Pourquoi es-tu venu ? Tu veux me renvoyer à Forks peut-être ? »
« Ce serait bien, oui. Tu n'as rien à faire ici, dit-il d'un ton platonique ».
« Je vois, tu veux qu'on rate tous notre vie comme toi, c'est ça ? Pas la peine. Je suis ici, mais pas pour toi, mais pour nous, tu vois ? Moi, papa et pour maman. Elle serait fière de moi, contrairement à toi. Je sais, ce ne sont pas des choses qui se disent, mais j'en assumerais la totale responsabilité, parce que tu sais quoi ? Tu étais peut-être en colère, mais tu n'avais pas le droit de nous abandonner comme tu l'as fait. Donc, tes leçons de morale, tu te les gardes bien volontiers, merci. Je vais réviser, au revoir. »
Et je ferme la porte sur lui, mes larmes étant apparus pendant ma longue tirade quand j'ai commencé à parler de maman. Renée. La haine que j'avais refoulée était réapparue. Je m'en voulais de lui avoir dit tout ça, mais il n'avait pas le droit de me demander de partir. Il était certes mon grand frère de 6 minutes, mais ça ne donnait aucun droit sur moi, comme le fait que je n'ai eu aucun droit sur lui ses six derniers mois. Il avait essayé de frapper à la porte, mais sans aucune chance. Je ne lui pardonnerai pas cette fois-ci, il n'a aucune excuse pour me parler comme ça. Une fois, que je m'étais assurée qu'il était parti, j'étais descendu une nouvelle fois dans la grande cafétéria du campus, je vis une grande blonde, mince avec une valise qui roulait derrière elle, elle semblait carrément désorientée. Elle avait peut-être besoin d'aide ? Mais je n'avais même pas commencé à manger. Tant pis, ça ne me fera pas de mal, si tout le monde lui ressemblait, j'allais devoir me battre pour leur ressembler. J'approche la jeune fille qui ne devait pas être plus vieille que moi, je lui souris.
« Bonsoir ! Tu as l'air perdu, tu as besoin d'aide ? »
Toute la cafétéria, du moins les 6 ou 7 élèves présents, nous observait maintenant intéressé par ce qui se passait.
« Je veux bien. Je suis arrivée en avance puisque mon vol de la semaine prochaine a été annulé, donc me voilà. Je m'appelle Rosalie Hale, enchantée.
« Oh, de même ! dis-je un sourire se formant sur mon visage, tu es sûrement ma colocataire de chambre alors ? Je me nomme Isabella Swan, mais appelle-moi Bella ! Viens, je vais t'accompagner. Tu as besoin d'aide avec tes valises ? »
« Je veux bien, s'il te plaît. Ce serait adorable. »
Et c'est comme ça qu'on fit connaissance, en l'aidant à s'installer. Elle venait de Chicago, ses parents s'étaient séparés quand elle était enfant, ce qui nous fît venir sur le sujet Renée puis on a remarqué avait pratiquement tous nos cours en commun aussi. Les mêmes cours que j'ai avec Angela et quelques autres cours en plus. Je pourrais les présenter tiens. Puis on finit par s'endormir, j'avais envoyé un message pour Charlie quand même, Jasper lui avait sûrement raconté notre altercation, ce qui ne jouerait pas en ma faveur puisque papa l'avait disputé, et voilà que je n'avais pas arrangé les choses.
« Bonsoir papa, je ne sais pas si tu dors ou non, je me suis fait des amies, dont ma voisine de lit, tout se passe bien, si tu as des nouvelles de Jasper me concernant, ne t'en occupe pas, bisous. Dors bien. B. »
La semaine passa sans aucun souci, je continuais de faire connaissance avec Rose, et plus j'en apprenais sur elle, plus je l'appréciais, le soleil passait à travers les volets, éclairant mes yeux d'un orange qui me fit sortir de mes rêves. On pouvait jamais dormir tranquille. Mais au moins, le soleil changeait de Forks, l'éternelle ville de la pluie. Rosalie était déjà debout, tournant dans la chambre comme une tempête. Elle m'avait appris la veille qu'elle était maniaque, le contraire de ma personne, j'avais le chic pour mettre le bordel à chaque minute de la journée. Même si, elle avait affirmé que pour l'instant elle ne me voyait pas comme quelqu'un de bordélique, je lui avais assuré qu'elle s'en rendrait vite compte. Plus vite qu'elle ne le pense. Les cours reprenaient aujourd'hui, j'allais rencontrer les enseignants ainsi que les élèves, j'étais plutôt angoissé. Trop de nouveau pour ma petite personne. Je n'avais plus qu'à faire avec. Je me préparais, m'habillant banalement malgré le fait que Rose désapprouve. Comme elle dit, je devrais m'habiller en « bombasse que les mecs rêveraient d'avoir. » sauf que ce n'était pas moi ça, à son plus grand malheur. Je pris donc un slim et un tee-shirt avec une sorte de tête de tigre avec la bouche grande ouverte, mes cheveux lâchés comme à mon habitude, sac sur le dos et nous partîmes pour notre première heure. Les garçons de notre âge se retournaient sur Rosalie qui portait un short plutôt court. Angela nous attendait devant notre salle de biologie. Elles avaient fait connaissance, et au final, elles étaient devenues de grandes amies. Nous nous assîmes toutes les trois à côté ayant des tables collées par quatre. Le Tyler se mit à côté de Rosalie, probablement pour pouvoir bien la reluquer. J'étais au milieu des deux filles, en rigolant nous suivîmes le cours. C'est ainsi que la première heure se passa.
À la fin de la journée, j'en avais déjà marre, ayant un exposé sur tout ce qu'on savait sur Stephen King et Harper Lee pour la semaine prochaine. Rose et moi, avons finit plus tôt, nous sommes donc allées faire les magasins, bien évidemment dans un magasin de luxe, luxe que je ne pouvais pas m'offrir. Nous étions dans le centre de Seattle, quand je vis mon frère trainant avec deux garçons plutôt baraqués. L'un avait des cheveux plutôt cuivre, et décoiffés, le regard plutôt dur. Son regard rencontra les miens, j'ai baissé instinctivement ma tête mais le releva au bout de quelques secondes, mais ils n'étaient déjà plus là. Je n'avais pas vu l'autre garçon qui était avec mon frère.
Rosalie choisit ce moment-là pour sortir du magasin d'habit, toute excitée d'avoir trouvé le haut qu'elle cherchait désespérément pendant que je continuais à penser à mon frère et ses amis qui n'avait pas l'air d'être des saints. Nous rentrâmes le soir après avoir mangé rapidement dans un fast food, à l'heure du couvre-feu. Je contactais Charlie quelques minutes avant de dormir, c'était une habitude maintenant, je ne divulguais pas ce qui s'était passé cette après-midi, par contre. Et je m'endormis dans les bras de Morphée. Je fis un rêve des garçons dans l'après-midi, dans mon rêve, ils me regardaient de travers, et Jasper disait : Dégage. On est mieux sans toi. Tu n'es rien. À mon réveil, mon cœur battait dans mes tempes, de la sueur coulait le long de mon front, et j'éclatais en sanglots. Mon portable annonçait qu'il était 5h32 du matin, je me levais dans moins d'une heure. Il fallait que je prenne une douche, je serais prête avant que Rosalie se lève, elle n'insistera pas pour que je mette autre chose que mes habits. Je pris donc une douche, plutôt froide pour calmer mon subconscient qui me demandait d'appeler Jasper et de le disputer alors qu'il n'avait strictement rien fait pour une fois. Comment se faisait-il que nous en soyons arrivés là ? Renée n'aurait pas accepté ça. Je me sens si faible sans mon frère, nos souvenirs d'enfances remontant à la surface petit à petit. Je sortis de la douche, me sécha et prit mes sous-vêtements dans le placard et ainsi que mes habits pour aujourd'hui. J'avais sport en plus, la catastrophe arrivera certainement. À n'en pas douter. Nous avions en plus, athlétisme. Qui était assez débiles, pour croire que les jeunes aimaient ça, en dehors de ceux qui pratiquaient ce sport ? Exaspérant. J'allais me faire mal pour quelqu'un, parce que parmi tous les sports, il avait eu cette préférence. Rosalie se prépara une fois levé, et nous prîmes la direction de la salle de sport.
Contre toute attente, je ne mettais rien cassé. J'ai décidé d'inviter Rosalie à sortir à notre prochaine heure de libre, pour fêter ça, et c'est ce que nous fîmes. En rentrant, je décide de parler de Jasper à Rosalie.
« Rose ? » Murmurais-je.
« Oui Bell's ? »
« Je crois, que je ne t'es pas encore parler de Jasper, n'est-ce pas ? »
« C'est ton petit ami ? »
Elle avait maintenant l'air intrigué, au moins ça l'intéressait, c'est déjà ça. On se trouvait maintenant dans un petit parc, on s'assit sur un banc qui n'avait pas l'air d'être tout jeune.
« Et bien non, c'est mon frère jumeau, à vrai dire. »
Mais avant que je ne puisse continuer, on entendit un vfou qui se termina dans un bruit sourd, un bruit que j'avais trop entendu auparavant, quand Charlie m'emmenait dans les salles de tir, un pistolet silencieux, pas si silencieux que ça, comme il me l'avait bien fait remarquer. Pour qu'on puisse l'entendre, il n'était pas si loin que ça. Mon sang ne fit qu'un tour, et je me relevais, mais au lieu de partir comme j'aurais dû le faire, je cherchais d'où venait le bruit. Rosalie semblait terrifiée, me tenant fermement le bras, murmurant des « On doit partir. » J'avais beau lui dire que je l'a rattraperais plus tard, elle restait accrochée. Un autre vfou se fit une nouvelle fois entendre, plus distinctement, je pris la direction du bruit, grâce aux lampadaires, je vis un garçon, les cheveux foncés avec un reflet roux/cuivré s'enfuir en courant laissant un mort avec une balle dans la jambe et une autre dans la tête. Le sang dégoulinait, faisant une plus grosse tâche à chaque seconde.
« Rosalie, appelle les ambulances, s'il te plaît ! »
Pourquoi avais-je décidée de rester ici, après le premier bruit ? J'étais si inconsciente ? Suicidaire, peut-être ? Je voyais flou, les choses tournaient peu à peu autour de moi, puis je vis des gyrophares rouge et bleu, signe que les ambulances et que les policiers étaient arrivés chercher le pauvre homme au sol, nous emmenant à leur tour comme des témoins. Une fois au poste, j'appelais Charlie, espérant qu'ils puissent les convaincre de nous relâcher pour les cours, mais il ne répondait pas à son portable, ni à celui de notre maison. J'allais donc passer la nuit au poste avec Rosalie qui dormait à présent sur le siège inconfortable sur lequel nous étions. Le changement entre Forks et Seattle aura été radical.
