Bonjour tout le monde !

Après un bon moment, voici le chapitre 2 ! Je suis navrée de l'attente mais la rentrée en master a été un peu mouvementée (Entre les profs absents, les profs pris à l'IFAO au Caire qui n'ont pas encore de remplaçants et les ennuis administratifs habituels...)... Bref, me revoilà avec un nouveau chapitre ! Pfiou... Je vais essayer de retrouver un rythme normal de parution en tous cas.

Réponse aux Reviews

Silver, merci encore pour tes reviews. Pour le titre de Commandant, il est vrai que je me base sur les séries policières françaises où les grades sont Lieutenant, Commandant, puis Commissaire Divisionnaire. Il faut que je me renseigne pour les Anglais mais vu que j'ai pas mal de cours pour l'instant, ça risque de rester encore les termes français jusqu'à ce que les cours soient définitivement établis (Mais promis dès que j'ai le temps je corrige et change tout faut juste que je trouve les équivalents anglais). Et juste pour préciser, Ahri est Commandant (dans le sens français) des Forces de police, elle me fait pas partie de l'Armée ni du MI6 contrairement à James Bond (Oui ok c'est un gros spoil vu que c'est un peu plus expliqué dans les chapitres suivants mais bon, c'est toujours ça de dit ^^).

Concernant le "C'est Ahri, crétin", oui ça sera sûrement un Rolling gag même si je ne vais pas le sortir à tous les chapitres ça deviendrait lourd (Même si je reconnais qu'à chaque fois je me la fais à voix haute et je m'amuse toute seule). Pour le revolver c'est bien un Walther PPK c'est moi qui ait confondu. Concernant la vie dure... oui c'est tout à fait ça, je crois que si Ahri me rencontrait en vrai, elle me torturerait ^^''

PS : Mon Bond préféré est je pense Sean Connery Même si je dois reconnaître que Craig est excellent dans Skyfall (Mais c'est le seul sinon je déteste Casino Royal et Quantum of solace). Pour le film c'est toutes catégories Skyfall, puis Opération Tonnerre et Meurs un autre jour (Hale Berry et Brosnan sont super dedans ^^)

Bref, en tous cas, je te remercie de suivre ma fiction et j'espère que la suite sera à la hauteur !


Adieux

Le ciel était gris, comme ce fameux jour où Leïa avait perdu la vie. Ce fut la réflexion qu'Ahri se fit quand elle ouvrit les rideaux de son appartement : tout était triste et pluvieux. Lentement, le cœur encore lourd de remords, elle se dirigea vers sa salle de bain où elle enclencha l'eau. Quand de la buée s'échappa de la cabine, elle y entra, réprimant une petite grimace quand l'eau brûlante mordit sa peau. Et bientôt, alors que les gouttes coulaient sur ses épaules et ses cheveux, elle ferma les paupières, laissant ses larmes dévaler ses joues, seules témoins de la douleur intérieure qui étreignait son cœur.

- Si tu savais comme je suis désolée, Leïa…

Ce ne fut que quand l'eau devint froide qu'Ahri se décida à quitter la cabine, s'enroulant dans une serviette éponge pas tout à fait sèche de la veille. Lentement, elle brossa ses cheveux, puis les tressa sur le côté gauche de sa tête. Écartant une mèche folle, elle appliqua deux petits pansements sur la plaie encore visible à sa tempe : celle qui l'avait empêché de voir Leïa se précipiter. Un instant, elle fut tentée de griffer cette marque, comme si le sang pouvait tout expier, mais la sonnerie de son portable l'en empêcha. Sursautant légèrement, revenant à la réalité, elle quitta la salle de bains pour retourner dans sa chambre, s'asseyant sur le bord du lit et attrapant son portable en même temps.

- Ahri Turing.

- Je suis en bas… s'il-te-plait, j'ai besoin d'un verre…

Reconnaissant la voix de son Lieutenant, la jeune femme s'empressa de traverser son appartement pour s'exécuter. Quelques minutes tard, après qu'elle ait enfilé un jogging et un débardeur, elle fit entrer son ami. Silencieux, ils se jaugèrent un instant avant qu'il ne l'enlace brutalement, éclatant en sanglots dans son cou. Perdue, la jeune femme répondit à son étreinte, plissant les yeux pour retenir ses propres larmes : elle devait être forte pour lui.

- Comment je vais faire sans elle ?

Incapable de répondre, elle serra un peu plus ses mains sur la veste en cuir du policier en civil, posant son front contre son épaule en déglutissant difficilement. Ses émotions violentes et contradictoires lui donnaient envie de vomir.

- Je ne sais pas, Aidan…

Elle le sentit plus qu'elle l'entendit pouffer dédaigneusement à ces mots : comme s'il s'était attendu à une autre réponse de sa part. Comprenant sa douleur mais aussi sa colère, elle s'écarta de lui, se dirigeant vers le bar de la cuisine américaine où elle rangeait ses alcools, lui offrant un regard désolé.

- Si tu savais comme je suis désolée.

A nouveau, il pouffa en prenant le verre qu'elle lui tendait, le vidant d'une traite. Elle grimaça en imaginant la brûlure dans sa gorge mais il ne sembla pas s'en formaliser, reposant un peu trop fort le verre sur le plan de travail. Elle l'entendit presque autant qu'elle le vit se fendiller sous la puissance.

- Qu'est-ce qu'elle foutait là ? Tu peux me le dire ça ?

Ne se formalisant pas outre mesure du soudain éclat de voix, elle se servit son propre verre avant de ranger la bouteille, passant sa main dans ses mèches désordonnées.

- Elle venait de choisir sa robe de mariée. On s'apprêtait à aller te retrouver.

Il eut un rire étranglé à ces mots et serra le verre dans sa main jusqu'à ce qu'il explose. Surprise, elle le regarda, captant son regard blessé et fou de rage et de douleur.

- Pourquoi t'y es allée ? Ahri, merde c'était une civile.

- C'était mon job, Aidan, tu aurais fait la même chose si tu avais été à ma place.

Malgré la tension qu'elle commençait à sentir, elle s'efforçait de garder son calme, serrant à son tour son verre d'alcool dans la main.

- Je ne l'aurais pas laissée seule. Merde, t'aurais dû veiller sur elle !

A ces mots, la policière relava la tête, jetant son verre au sol dans un élan de colère. Les yeux brillants de larmes, elle empoigna le col de la veste de l'homme. Dans ses yeux, il vit briller une colère et des remords plus grands encore que les siens.

- Tu crois que je ne me le suis pas assez répété ? C'était ma meilleure amie, une amie d'enfance que j'avais depuis des années, Aidan, et elle est morte parce que je n'ai pas été capable de la protéger ! Crois bien que jamais je ne me le pardonnerai !

Devant l'éclat de voix de sa supérieure hiérarchique et amie, Aidan resta sans voix, sa colère disparaissant aussi rapidement qu'elle était arrivée quand il était entré dans l'appartement. Tremblant légèrement, il s'avança jusqu'à Ahri qu'il enlaça doucement, glissant ses doigts dans la tresse qui se défaisait déjà.

- J'suis désolé.

Bien que Leïa n'ait pas été un membre des forces de l'ordre, contrairement à sa meilleure amie et à son fiancé, chaque membre du bureau d'enquête s'était rendu à son enterrement en tenue officielle, à l'exception d'Ahri. Elle n'avait pas tenu compte du regard furieux du Superintendant du C.I.D qui n'appréciait guère son indépendance, ni de celui plutôt suppliant d'Aidan qui n'avait aucune envie de jouer les intermédiaire en une telle journée. Non, elle s'était présentée devant le prêtre dans un pantalon de toile noir et un débardeur sur lequel elle avait jeté gilet gris dont la capuche couvrait ses cheveux, celui-là même qui avait été partiellement brûlé lors de l'incident qui avait couté la vie à son amie. Tia Hale, la légiste, avait levé les yeux au ciel en la voyant se mettre dans les rangs tandis que le Commissaire faisait son discours, mais Ahri ne l'avait pas vraiment remarqué. Non, elle n'avait fait que garder à l'esprit ce que Leïa lui avait dit le jour où elle avait appris qu'elle s'engageait dans les forces de l'ordre.

- Surtout, s'il m'arrivait de mourir avant toi, je ne veux pas te voir en uniforme à mon enterrement. Je veux que tu te souviennes de moi comme j'ai toujours été : une gamine tarée et exubérante, et je veux te voir, de là, haut, telle que je t'ai toujours connue : excentrique et toi-même, pétillante, même dans la douleur.

C'était la seule fois où elles avaient parlé de cette éventualité, Ahri ayant toujours été persuadée qu'elle périrait avant son amie à cause de sa manie de toujours foncer tête baissée sans réfléchir aux conséquences. Seulement, tout ne s'était pas passé comme prévu et c'était Leïa qui se trouvait entre ces six planches de bois, dans un trou creusé dans la terre. A cette constatation, elle ne put empêcher une larme de rouler le long de sa joue, emportant légèrement son eye-liner. Perdue dans ses pensées, dans ses souvenirs, elle entendit à peine le prêtre prendre la relève du Commissaire pour son oraison funèbre. Ce ne fut que quand Aidan s'avança pour jeter sa rose blanche sur le cercueil qu'elle releva la tête. Lentement, quand il se fut écarté, elle s'avança, faisant tomber sa capuche pour dévoiler des cheveux courts, complètement en bataille, fraichement teints aux couleurs de l'arc-en-ciel. Et alors qu'elle jetait la rose sur le bois, fixant la photo dans le cadre posé au pied de la croix, elle s'autorisa à pleurer véritablement.

- Je suis désolée de ne pas avoir pu te sauver…

Après le cimetière, toute l'équipe s'était rendue au bureau pour porter un dernier toast en l'honneur de la fiancée d'Aidan. Le Superintendant leur ayant accordé leur journée, ils avaient décidé d'un commun accord de soutenir l'ancien fiancé de leur mieux. Pour ce faire, ils avaient momentanément transformé les locaux de la criminelle pour rappeler au mieux l'Irlande natale de l'ancien couple. Et quand Aidan passa les portes, il ne sut cacher son émotion, lançant un regard à Ahri qui lui rendit un sourire complice, bien que mélancolique. Enlevant sa veste, elle se servit un verre de whisky avant de passer sa main dans sa nuque doucement, sentant le regard de son ami dans son dos. Il fallut quelques minutes avant que tous ne soient servis, mais quand ce fut le cas, chacun se tourna vers l'Inspecteur Turing, attendant vraisemblablement un discours quelconque qui pourrait les réconforter. Et même si elle s'y était préparée, Ahri sentit ses jambes trembler : elle n'avait jamais aimé parlé, laissant toujours Tia ou Leïa s'en charger, mais là, elle ne pouvait décemment pas y échapper. Alors, la gorge sèche et la main légèrement tremblante, elle se tourna vers ses hommes, ancrant son regard dans celui d'Aidan, avant de commencer, d'une voix bien plus calme qu'elle l'aurait tout d'abord imaginé.

- Leïa était une fille formidable. Casse-pieds, têtue, emmerdeuse, elle était aussi adorable, compréhensive, aimante et présente pour ceux qu'elle aimait. Et elle avait trouvé en toi, Aidan, le compagnon parfait : tout aussi gentil, borné et chiant qu'elle. Voilà trois jours qu'elle nous a quitté et j'ai pourtant l'impression que c'était hier. J'entends encore sa voix, j'attends toujours qu'elle m'appelle pour m'engueuler, et je sais que c'est également ton cas. Que c'est le cas de chacun d'entre vous. Il y a trois jours, nous avons perdu une amie, mais toi tu as perdu une fiancée.

Elle remarqua les larmes qui menaçaient de déborder des yeux de son Lieutenant, et celles qui roulaient déjà le long des joues sa légiste. Luttant contre les siennes, elle fut obligée de déglutir avant de reprendre.

- Je n'ai parlé qu'une seule fois de la mort avec elle, étant persuadée qu'elle serait celle à me survivrait… je ne me suis jamais autant trompée. Mais ce qu'elle m'a dit ce jour-là m'avait bien plus marquée que je l'aurais d'abord pensé. Et si elle ne te connaissait pas à l'époque, Aidan, je sais que cela s'appliquerait aussi à toi. Elle n'a jamais aimé pleurer les gens. Elle a toujours préféré se souvenir d'eux comme ils étaient dans leurs meilleurs moments. Et c'est ce qu'elle m'a demandé. Et si j'ai failli à mon amie de son vivant, je ne faillirai pas à sa mémoire, et je vivrai en me rappelant de la fille chiante et pleine de vie qu'elle était. Je vivrai pour elle, pour réaliser les rêves que nous avions en commun, et pour que le monde, son monde, garde d'elle le souvenir de la fille éclatant de bonheur qu'elle était.

Puis, parcourant une dernière fois l'assemblée de son regard brillant, elle leva son verre, vite imitée, avant de prononcer d'une voix claire, à l'unisson avec Tia et Aidan :

- Pour Leïa.

Et alors qu'une clameur s'élevait, elle tourna la tête pour fixer le ciel derrière la fenêtre : c'était une promesse, elle ne faillirait plus à son souvenir.


Modifié le 13 avril

Bonjour bonjour ! Alors qu'avez-vous pensé de ce chapitre ?

N'hésitez pas à me laisser une petite review... Même une toute petite ^^

Et à bientôt (j'espère) pour la suite !