Bonjour tout le monde,
Alors tout d'abord, je voulais m'excuser pour ces longs mois d'absence. A vrai dire, j'ai eu quelques problèmes avec mes études qui m'amènent aujourd'hui à changer complètement de voie, ce qui me convient enfin. De plus, ces soucis personnels et les récents évènements de Bruxelles m'avaient ôté le goût d'écrire.
Mais aujourd'hui, je suis bel et bien de retour avec une nouvelle formation et de nouvelles résolutions ; dont celle de ne plus vous laisser attendre si longtemps.
Alors j'espère que ce nouveau chapitre va vous plaire ! N'hésitez pas à me donner votre avis dans une review.
Bonne lecture mes chéris !
Viviane Karoo
Quand Aidan arriva au travail, trois jours après l'enterrement, à six heures du matin, il fut surpris de découvrir sa supérieure, endormie son bureau. Une pince retenait vers l'arrière ses cheveux teints mais quelques mèches tombaient malgré tout en bataille sur son front. La tête posée sur ses bras croisés, il sourit en comprenant que les rapports avaient eu raison d'elle. Accrochant sa veste au portemanteau, il se dirigea vers la machine à café, programmant deux tasses corsées pour bien les réveiller : lui non plus ne dormait pas beaucoup depuis la mort de Leïa. Et puis, même si elle n'avait pas reparlé du moment passé chez elle, il regrettait les paroles abjectes qu'il lui avait dites. Une petite sonnerie brève le tira de ses pensées. Se saisissant des deux tasses, il s'approcha du bureau de sa supérieure et tira une chaise devant elle avant de siffler deux fois. Au son aigu et quelque peu désagréable, Ahri grimaça avant de secouer légèrement la tête en se réveillant. Réprimant un bâillement, elle se frotta les yeux pour retirer les restes de sa nuit avant de poser son regard sur l'homme face à elle.
- Aidan ? Mais qu'est-ce-que tu fais ici ?
- Ce serait plutôt à moi de te poser la question étant donné que tu sembles avoir passé la nuit ici… Café ?
Elle le remercia d'un signe de tête en se saisissant de son mug rempli et en but deux longues gorgées, se callant confortablement dans son siège, avant de l'observer avec attention. En l'espace d'une semaine, il avait pris un coup de vieux : ses joues s'étaient creusées, les poches sous ses yeux étaient violacées, et surtout, il ne se rasait plus…
- Depuis quand t'as pas dormi ?
- Deux jours.
- Sérieusement.
- Une semaine.
Entre eux, les grandes phrases n'avaient jamais été obligatoires, un mot et une intonation leur suffisait pour se comprendre. Parfois, il suffisait simplement d'un regard, au grand désarroi du reste de leur équipe qui souvent, les suivaient sans avoir la moindre idée de ce dont il en retournait. Seule Leïa réussissait à comprendre ce qui se cachait derrière un sourire, derrière une œillade ou derrière un mot : elle avait toujours été douée pour ça.
- J'ai pris une chambre.
- Pourquoi t'as pas demandé ?
- Besoin d'être seul.
Elle ne protesta pas, comprenant parfaitement ce qu'il ressentait : elle aussi avait ce besoin de solitude, et pourtant, elle n'avait perdu qu'une amie d'enfance qu'elle considérait comme sa sœur. Silencieusement, elle but une nouvelle gorgée du liquide noir avant de poser ses yeux sur les dossiers qu'elle avait passé une bonne partie de la nuit à éplucher. Suivant son regard, Aidan s'approcha de quelques pas, s'adossant au bureau pour jeter un coup d'œil par-dessus son épaule, comme il en avait l'habitude.
- C'est quoi ?
- Rapports de Tia. Tu sais le macchabée d'hier.
Elle le vit chercher dans ses pensées avant d'hausser les épaules et ce fut à cet instant qu'elle se rappela qu'il ne s'était pas rendu sur la scène de crime, contrairement au reste de l'équipe. S'excusant d'un sourire gêné, elle lui tendit le dossier comportant les photographies du légiste, le laissant les parcourir pour se remettre à niveau. Alors qu'il parcourait les clichés, les autres membres du bureau d'enquête arrivèrent, les saluant tous à leur façon : sifflements, salutation orales, serrements de main ou simplement surnoms affectifs, tout y passait. C'était une des raisons pour lesquelles elle aimait tant cette équipe… Quand tous se furent installés, elle attira leur attention en s'approchant du tableau de plastique sur lequel ils notaient toujours le cheminement de l'enquête.
- Salut les gars. Cette nuit j'ai reçu le rapport du légiste, quand Aidan aura terminé de lire le dossier, je...
- C'est bon.
La voix monotone, comme l'interruption, la chagrina légèrement : d'ordinaire, même si voir des cadavres était loin de l'enchanter, il était un peu plus enthousiaste à l'idée d'agir pour retrouver le criminel. Là, tout lui semblait étranger, tout le laissait indifférent. Elle lut la même réflexion dans le regard de ses coéquipiers et se mordilla la lèvre inférieure avant de continuer, se promettant de lui parler en tête-à-tête un peu plus tard dans la journée.
- Viviane Karoo, Sud-Africaine résidant en Angleterre depuis 1999, 36 ans. D'après les analyses toxicologiques, c'est une dose massive de phosphore qui l'a tuée.
- Du phosphore ? Comment elle a pu ingérer ça ?
Ahri haussa les épaules pour lui montrer son ignorance : dans le fond, s'ils découvraient comment, ils découvriraient qui et pourquoi, et l'enquête serait bouclée… Lisant ce raisonnement dans les pupilles claires, Aidan esquissa un léger sourire avant de se mordiller la lèvre en détournant le regard, le posant sur une des photos du bureau de sa supérieure, celle la représentant avec Leïa lors d'une de leurs virées shopping à Paris pour leurs anniversaires. Pendant ce temps, ne remarquant pas le visage soudainement renfermé de son adjoint, Ahri s'approcha du tableau pour y accrocher les photos du cadavre et des pièces à conviction qui se trouvaient être très peu nombreuses.
- Autrement, aucune maladie, aucun sévices sexuel, pas de marque de torture et la victime ne se droguait pas. Il faut donc réussir à déterminer pourquoi, et surtout comment, Viviane a ingéré le phosphore qui l'a tuée. Des questions ?
Il y eut d'abord un petit silence avant qu'un homme dont les cheveux noirs semblaient étrangement bleus sous la lumière ne lèvre la main d'un air légèrement blasé.
- Marc ?
- Qui s'est occupé des dépositions des témoins ?
- Je crois que c'est toi, Théo, non ?
Le dénommé Théo, un grand brun aux yeux verts et au physique carré et sportif fronça les sourcils en se penchant sur son bureau pour chercher ses papiers. Finalement, il trouva les notes sous une tasse de thé – ce qui fit lever les yeux au ciel à Ahri – et s'approcha pour lire les témoignages à voix haute : c'était un couple qui avaient trouvé le corps lors d'un jogging matinal dans la forêt.
- Véronique et Graham Nesbitt, respectivement vingt-six et trente-deux ans, sont partis de chez eux à huit heures quarante hier matin pour leur jogging habituel, à savoir le tour du village où ils habitent et la boucle du lac. C'est au retour qu'ils ont assisté à la mort de Miss Karoo, il devait être environ huit heures d'après leurs dires.
La formulation fit tiquer Aidan : elle n'était pas déjà morte ? Peinant à cacher son trouble, il attira sur lui l'attention d'Ahri qui fronça les sourcils, signe qu'une certaine inquiétude la rongeait : ce n'était guère dans l'habitude de son second de manquer un tel élément dans le rapport… Mais elle ne dit rien, laissant Théo continuer son compte-rendu.
- Madame Nesbitt a déclaré avoir vu au loin une personne tituber alors qu'un nuage de vapeur vert s'élevait autour d'elle. Elle a d'abord cru à une illusion mais quand le corps est tombé, elle a immédiatement pressé son mari d'appeler une ambulance, s'approchant pour prodiguer les premiers soins à la morte.
- Les premiers soins ? releva Marc, intrigué.
- Madame Nesbitt est infirmière. Si elle n'a pas fait le lien avec le phosphore, elle a reconnu les symptômes d'un empoisonnement à cause de la bave aux coins des lèvres bleuies. Cependant, elle n'a rien pu faire, le poison ayant – visiblement – déjà fait son œuvre.
Tout en parlant, il avait commencé à écrire les noms au marqueur sur le tableau, les liant entre eux tout en notant quelques horaires par-dessus. Une fois ce travail terminé, l referma son calepin en passant sa main dans sa nuque lentement, comme s'il était gêné d'avoir accaparé leur attention : il n'avait jamais été être mis en avant…
- L'ambulance est arrivée à neuf heures quinze et a constaté le décès : ils n'ont rien pu faire pour la sauver.
- Des liens entre le couple et la victime ? interrogea Marc, commençant déjà à taper sur l'ordinateur de son bureau.
- Aucuns. Il semblerait que Mademoiselle Karoo se soit installée dans le village depuis un mois, cependant, elle n'avait encore tissé de liens avec personnes.
Laissant l'informaticien travailler, Théo posa ses notes sur son bureau pour laisser la place à Ahri qui reprit la parole, non sans avoir remarqué qu'Aidan avait à nouveau décroché de l'exposé qu'ils faisaient – en grande partie pour lui permettre de s'intégrer à l'équipe.
- Tia a analysé les pièces à conviction, à savoir : une boite de pilules pour le cœur, une bouteille d'eau et un inhalateur, mais n'a trouvé de trace de poison dans aucun de ces produits. Il faut donc établir la façon dont elle a ingéré le phosphore. Dès que les résultats de l'analyse du bol alimentaire seront terminés, Tia nous les enverra. En attendant, on épluche la vie de cette femme : contacts, amis, famille, médecin, santé, habitudes, je veux tout savoir. Puisque nous n'avons ni mobile, ni suspects, sa famille ne semblant pas vivre ici, il faut tenter de reconstruire sa vie.
Dès qu'elle eut terminé sa phrase, chacun s'ébranla pour se mettre au travail. Marc, qui avait déjà commencé entendant à peine la fin du point, se plongea définitivement dans ses recherches informatiques, tandis que Théo et Richard, eux, commençaient à passer des coups de téléphone pour retrouver trace de la famille de la défunte. Voyant son équipe s'activer, Ahri décida de s'approcher de son Lieutenant, le prenant à part.
- Il faut qu'on parle.
Et sans protester, sachant déjà ce qu'elle risquait de lui dire, le brun la suivit hors de la cellule, attrapant un paquet de cigarettes sur le bureau de l'accueil en remarquant qu'ils se dirigeaient vers la sortie : pour qu'elle ne souhaite pas parler devant l'équipe, ça devait être plus grave qu'il l'avait escompté.
Posté le 8 avril
Et voilà ce qu'il en est pour le chapitre 3 !
Alors qu'en avez-vous pensé ? Une petite review pour me donner votre avis ?
La suite ne tardera pas cette fois, c'est promis ! Il faut juste que j'écrive les chapitres manquants mais ça ira plus vite à présent.
Alors à bientôt pour la suite !
