Bonsoir !
Alors comme promis, voici la suite ! Oui, je tiens vraiment à me faire pardonner de mon retard des derniers mois, surtout que j'ai enfin retrouvé l'inspiration pour cette fic qui était jusqu'à il y a quelques semaines à trous ! Vous voyez ces textes à trous qu'on donnait au primaire (Et même au lycée chez certains) et que vous deviez remplir ? Bah... remplacer les phrases par des chapitres et vous avez une idée de ce qu'était Catch me if you can...
Bref ! Je ne vous fais pas plus attendre, voici le chapitre 4 ! Bonne lecture à vous !
Mises au point
Ahri ne se soucia pas vraiment de savoir si Aidan la suivait ou non alors qu'elle se dirigeait vers le patio extérieur où les fumeurs avaient pour habitude de s'isoler lors de leurs pauses nicotine. Ouvrant la porte d'un geste vif – mouvement qui convainquit les rares personnes dehors de rentrer le plus vite possible – elle fit quelques pas avant de se retourner pour dévisager avec attention son Sergent qui s'approchait d'une façon faussement nonchalante. Elle reconnut sans peine son abattement à ses épaules voûtées, et sa fatigue aux cernes inhabituelles qui formaient des poches sous ses yeux. Pourtant, bien qu'elle ressente un pincement au cœur, elle ne se laissa pas attendrir : il avait refusé de prendre un congé – pourtant amplement mérité et conseillé par l'Inspecteur chef et même le Superintendant en Chef – pour se donner à fond dans son travail, alors elle attendait de lui, en tant que supérieure et amie, qu'il soit à la hauteur.
- De quoi tu voulais m'parler ?
Le semblant de détachement qu'il avait tenté de donner à sa voix fit l'effet d'un soufflé sorti trop tôt du four et ne réussit qu'à faire hausser un sourcil narquois et interrogateur à la policière qui croisa ses bras sur sa poitrine.
- Tu n'as pas d'idées ?
Il se contenta d'hausser les épaules en sortant une cigarette du paquet emprunté qu'il alluma grâce à une autre clope laissée sur une pierre. Par habitude, il savait que ce genre d'attitude exaspérait son amie et, sans vraiment en comprendre la raison, il avait au fond de lui cette envie de la faire sortir de ses gongs.
- Aucune.
Alors qu'elle avait décidé de rester calme aux vues de la situation d'Aidan, Ahri sentit ses veines s'enflammer vivement à ces mots. Lentement, elle se pinça l'arête du nez, expirant longuement dans l'espoir de calmer la colère qui grandissait en elle. Quand sa tension fut légèrement redescendue, elle rouvrit les paupières pour rencontrer les yeux bruns, moqueurs, qui la dévisageaient.
- T'aurais-je poussée à bout ?
Le ton condescendant, plus que la phrase elle-même, eut cette fois raison de la patience de la policière qui décroisa ses bras brusquement pour franchir en deux pas la distance qui les séparait et pour empoigner la veste du brun.
- Je peux savoir à quoi tu joues Aidan ?
Contrairement à ce qu'il avait espéré, elle ne cria pas, mais siffla sa phrase si bas qu'il sentit comme un glaçon lui geler l'échine de l'occiput au coccyx. Gêné par la sensation désagréable de picotement qui subsistait, il se secoua légèrement, geste qu'elle prit pour une demande de le lâcher. Hésitant, elle serra légèrement ses doigts avant de finalement le lâcher pour se reculer, mettant entre eux une distance certaine et efficace.
- En quoi ça t'concerne ?
Le jeu du chat et de la souris. N'étant, déjà au départ, guère joueuse, Ahri se fit la réflexion que s'il s'aventurait sur ce terrain, elle ne mettrait pas longtemps avant de vraiment exploser et à cet instant, rien ne l'arrêterait plus.
- Fais attention, Aidan, ne pousse pas le bouchon trop loin.
Il sentit la menace sous-jacente dans la voix glacée, bien plus grave et rauque que de coutume, pourtant, il n'en tint pas compte, décidant de tirer le diable par la queue. Ignorant les yeux clairs qui le suppliaient presque de s'arrêter là pour ne pas déclencher de catastrophes plus grandes que lui, il s'approcha pour cracher sa fumée au visage renfermé de la policière.
- Et toi alors ? Ne l'as-tu pas déjà poussé trop loin ?
Il vit l'incompréhension passer dans les pupilles alors qu'elle fronçait les sourcils, ouvrant puis refermant sa bouche à plusieurs reprises, passant sa main dans sa nuque en se mordillant la lèvre de mécontentement : il savait parfaitement qu'elle n'aimait pas mettre en avant sa qualité de chef dans les décisions et c'était exactement ce qu'il l'avait poussée à faire.
- Écoute, tu as décidé de rester au boulot malgré ce qui s'est passé. Ce compte-rendu était pour toi et tu n'as strictement rien écouté, la moindre des politesses serait d'y mettre du tien. Ce n'est pas ta supérieure qui te le demande, Aidan, mais l'amie qui te conseille de montrer un minimum de respect, si pas envers moi, au moins envers tes collègues.
Même si la tirade avait été dite de la façon la plus calme possible, le brun sentit parfaitement le tremblement caractéristique de la colère contenue à grands peines, ce qui lui arracha un nouveau rictus moqueur. Prenant une nouvelle taffe sur sa cigarette, il se recula, enfonçant ses mains dans ses poches et lui tourna le dos en recrachant longuement la fumée, ce qui eut le mérite de faire sauter encore quelques liens qui l'empêchaient d'exploser.
- Ouah, des conseils d'amis ? Ça fait longtemps, ma foi. Et du respect ? Mais qui m'en montre à moi du respect ? Pourtant j'en mériterais, et encore plus que n'importe lequel d'entre vous !
- Tu n'es pas le seul à souffrir de la situation, Aidan, je te rappelle que tout le monde aimait Leïa, elle s'était fait une place dans l'équipe sans être dans la police. Et je te rappelle aussi que c'était ma meilleure amie, alors tu n'as pas le droit de dire de telles choses !
Cette fois, il fut véritablement surpris par l'éclat de voix de sa supérieure qui l'avait coupé dans sa tirade. Bridant sa curiosité qui l'enjoignait à faire volteface vivement pour dévisager le visage de son amie déformé par la colère, il ne fit que pivoter la tête pour la toiser avec mépris, ne voyant vraiment pas, cette fois, la tristesse passer dans les pupilles de son amie.
- Chacun, dans la cellule d'enquête, comprend ce que tu ressens. Néanmoins, ça ne te donne absolument pas le droit de te croire plus important qu'eux. Tu as voulu venir travailler plutôt que de prendre les congés que nos supérieurs t'avaient conseillé de prendre, alors à présent, il faut assumer. Si on peut tous accepter que tu sois à cran, il est hors de question que j'accepte de tels propos envers eux, rentre-toi bien ça dans le crâne !
Contrarié par la tournure des évènements qui ne tournait pas à son avantage, Aidan jeta sa cigarette au sol, ne prenant même pas le temps de l'écraser, et se retourna pour faire face à sa supérieure. Son visage était déformé par la colère, si bien qu'elle ne se sentit guère à l'aise ou en sécurité quand il se rapprocha d'elle en deux pas. Pourtant, elle resta sur ses positions, cachant son trouble à la perfection, cillant à peine quand il empoigna le col de sa veste en cuir. Et, dans un coin de sa tête, il l'admira.
- C'est toi qui me parle d'assumer ? Alors que tu n'assumes même pas ta part de responsabilité dans le meurtre de Leïa ? Tu te fous de ma gueule ?
Mentalement, elle soupira en se disant « Nous y voilà », sentant qu'enfin il abordait le fond du problème. Néanmoins, elle ne put s'empêcher de redouter les paroles qui allaient être prononcées, parce que dans le fond, elle savait à quel point la douleur pouvait faire perdre la tête.
- C'est toi qui l'as tuée, Turing. Toi et ta putain d'irresponsabilité ! Si tu étais restée près d'elle, rien de tout ça ne serait arrivé et elle serait encore à mes côtés. On serait mariés à l'heure qu'il est et tout irait pour le mieux. Mais il a fallu que tu fasses ton héro, que tu l'abandonnes au milieu de la foule pour aller essayer de prouver Dieu seul sait quoi ! Et à quoi ça a servi ? Tu n'es même pas morte à sa place ! Toi, t'es là, alors que tu t'es pris une putain de balle dans la tête, et elle, elle est en train de pourrir au fond d'un trou !
Aidan ne comprit véritablement le sens de ses mots qu'à l'instant où ses larmes coulèrent le long de ses joues pour tomber au compte-goutte sur le cuir qui couvrait ses bras. Dans sa colère, il s'était saisi de la gorge de sa supérieure, la serrant en la plaquant contre le tronc d'un des arbres présents. Bien que suffoquant légèrement, elle ne s'était pas débattue, restant calme en le dévisageant. Ce furent deux membres du Département d'Investigation Criminelle (C.I.D.) qui le firent lâcher prise, l'éloignant de leur supérieure qui se plia immédiatement en deux, prise d'une violente quinte de toux qui raviva sa douleur à la tête. Alors que Théo s'approchait pour l'examiner, elle releva la tête, fixant son Sergent avec tristesse et résignation, refusant l'aide de l'autre d'un simple mouvement de la main. Se massant la gorge, elle s'approcha et le dépassa sans un mot, attitude qui le fit baisser la tête. Mais sur le seul du patio, elle se retourna, indiquant aux autres personnes présentes de partir devant, fixant ses prunelles claires sur son ami.
- Tu sais que c'est faux, Aidan. J'aimais Leïa comma ma sœur, et chaque jour, je me demande comment j'ai pu l'abandonner et la laisser mourir. Je n'ai pas joué au héros, j'ai fait mon job, comme elle a fait, malheureusement, le sien. Et chaque matin je me réveille en regrettant que les rôles n'aient pas été échangés. Alors si, je sais exactement quelle est ma part de responsabilité dans ce drame, et ce n'est pas à toi de me le rappeler. Maintenant, et c'est L'Inspecteur qui parle et non plus l'amie, soit tu te remets au travail en faisant la tête basse, sans te faire remarquer, soit tu dégages. Je ne me répèterai pas, mais quelle que soit ta décision, je veux que tu t'y tiennes, et que tu sois digne de l'insigne que tu portes.
Et quelques secondes plus tard, il se retrouva seul dans le patio, les joues baignées de larmes et le cœur serré de regrets. Il ne lui fallut que peu de temps avant de prendre sa décision : cette fois, il n'avait plus le droit à l'erreur.
Posté le 21 avril 2016.
Voilà pour ce nouveau chapitre.
Je ne vais pas vous cacher que l'histoire met un peu de temps à se mettre en place, mais ça arrive ! Prochaine chapitre, on va commencer à rentrer dans le vif du sujet. Mais en attendant, qu'en avez-vous pensé ?
N'hésitez pas à me laisser une petite review pour me donner votre avis surtout !
A bientôt pour la suite.
Lyana.
