Bonsoir !
Voici un nouveau chapitre ! Je suis navrée d'avoir attendu un mois pour vous le publier...Il y a quelques rebondissements mais je vous laisse les découvrir par vous-même.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !
Lyana.
Coups de gueule
- Nos équipements ne sont pas assez puissants pour nous permettre de tracer ce signal, chef…
Un grognement s'éleva dans le dos de Théo qui blêmit légèrement en passant sa main dans nuque nerveusement : depuis le départ d'Aidan, sa supérieure était sur les nerfs, et ce malgré l'arrivée de Dean qui était un des meilleurs éléments avec qui ils avaient eu la chance de travailler. Cependant, malgré toute la bonne volonté du bureau d'enquête, ils se retrouvaient bloqués pour faute de mauvais équipement, ce qui était particulièrement rageant.
- C'est Ahri, bordel je vais finir par me le faire tatouer sur le front !
Derrière son bureau situé à l'autre bout de la pièce, le Sergent pouffa en baissant la tête, peu désireux de se faire remarquer par sa supérieure, mais ce fut sans compter sur Théo qui éclata véritablement de rire en l'appelant pour lui faire un clin d'œil. Ce son suffit à attirer l'attention d'Ahri qui soupira en laissant retomber le dossier qu'elle tentait de lire depuis près de trente minutes sans succès.
- Bon, si j'ai bien compris ce que tu viens de me dire, on est bloqués, c'est ça ?
L'informaticien passa sa main dans sa nuque avant d'hocher faiblement la tête, mal-à-l'aise : il savait à quel point sa supérieure tenait à cette information, et il détestait la décevoir. Cependant, à sa plus grande surprise, il ne reçut aucun commentaire piquant. Observant avec un peu plus d'attention l'Inspecteur, il réussit à déceler son sourire triste quand elle se laissa aller contre le dossier de son fauteuil.
- Est-ce-que tu connais quelqu'un en dehors de la brigade ?
Théo réfléchit à toute vitesse avant de faire un petit signe négatif de la tête sous l'œil attentif de Dean qui se demandait la raison pour laquelle elle demandait une telle chose. Ne se formalisant pas de son air surpris, la jeune femme se leva avant d'aller fermer la porte de son bureau, tout en prenant un morceau de papier sur lequel elle inscrivit un numéro.
- Appelle ce gars de ma part, il s'appelle Benjamin et à ce qu'il m'a dit, il est excellent dans son domaine. Demande-lui de tracer ce signal, et, si c'est possible, d'installer le logiciel de traçage sur ton ordinateur portable afin qu'on puisse suivre l'évolution. D'après ce que j'ai vu quand je suis allée chez lui, il possède tout un attirail qui nous serait bien utile.
Incertain de ce que sa supérieure lui demandait, Théo échangea un regard avec Dean avant de pencher sa tête sur le côté, prêt à l'interroger, mais elle fut plus rapide, comprenant ses craintes d'un simple regard. Pressant fermement son épaule, elle le rassura d'un sourire avant de se pencher pour attraper le dossier qu'elle étudiait un peu plus tôt, traversant la pièce pour le donner à Dean qui perdit son sourire presque aussitôt.
- Fais-moi confiance. Appelle-le et dis-lui que c'est extrêmement urgent. Moi, je vais voir l'Inspecteur-Chef histoire de couvrir nos arrières. Dean, épluche-moi ce dossier à la recherche de la moindre chose qui pourrait manquer dans l'appartement de Karoo. Et si jamais quelque chose t'interpelle, tu peux m'interrompre quand tu veux, d'accord ?
Sans lui laisser le temps de répondre, elle attrapa un second dossier qu'elle glissa sous son bras avant de quitter le bureau rapidement en attrapant une cigarette dans son blouson qu'elle alluma en traversant le couloir d'un pas légèrement pressé. Derrière elle, Théo passa la tête dans l'embrasure de la porte avant d'hausser les épaules et de prendre son téléphone pour quitter les locaux de la criminelle à son tour, laissant Dean tranquille pour ses recherches : dans le cas où le « Big boss », comme ils l'appelaient, ne donnait pas son accord, ils avaient besoin du maximum d'informations exploitables.
Ahri sentait sa patience fondre comme neige au soleil face au flegme de son supérieur qui ne semblait pas le moins du monde concerné par l'enquête en cours, ni par le fait que le manque de moyens dont ils disposaient les empêchait de bien faire leur travail.
- Pouvez-vous m'assurer que cet appel masqué est lié à votre enquête et non à une question personnelle ?
Elle leva les yeux au ciel à ces mots, se mordant l'intérieur de la joue pour s'empêcher de se lever, d'abattre son poing sur le bureau de l'homme et de lui hurler ce qu'elle pensait de lui, de sa conduite, et de sa façon de gérer le bureau d'enquête. Prenant une respiration profonde, elle ferma les yeux quelques secondes avant de poser n regard de braise sur lui.
- Il s'agit d'une affaire personnelle puisque Leïa était ma meilleure amie et la fiancée d'Aidan, mais je suis intimement persuadée que cet appel est lié à notre enquête puisque nous avons retrouvé des traces d'enregistrements vocaux de mon amie chez la victime. Analyser cet appel, ainsi que l'endroit d'où il provenait, et de ce fait établir l'identité du corbeau nous permettront certainement d'avancer dans l'enquête sur Viviane Karoo.
Elle retint un sourire victorieux à l'idée d'avoir réussi à sortir toute cette tirade sur un ton calme et respectueux alors qu'elle n'avait qu'une envie : hurler et réduire cet homme arrogant en charpie. Mentalement, elle s'encouragea en se disant que même s'il refusait, elle avait gagné suffisamment de temps pour permettre à Benjamin d'installer le logiciel traceur. Priant silencieusement pour que l'échange se termine rapidement, elle déchanta quand l'homme croisa les mains sur sa bedaine en se raclant la gorge, un sourire suffisant étirant ses lèvres. Ce fut à cet instant qu'elle comprit que sa journée était gâchée et qu'elle allait craquer.
- Je ne peux vous autoriser à faire une telle démarche en me basant sur des suppositions. Il me faut des certitudes.
Cette simple phrase brisa le dernier fil de self-control de la jeune femme qui serra les poings avant de se lever brusquement, ses deux mains frappant si violemment le bureau que le gobelet dans lequel étaient disposés tous les stylos bascula et se déversa sur le sol dans un bruit de cascade. Impressionné par l'aura dangereuse émanant de la policière, l'Inspecteur en Chef se ratatina sur lui-même, n'osant pas, malgré son statut s'interposer et l'interrompre.
- Si on fait ce boulot, c'est qu'on n'a pas de certitudes mais qu'on les cherche ! Si on était payés pour juger et agir en fonction des certitudes, on serait juges, et encore, même eux n'en ont pas puisque les erreurs judiciaires existent encore ! C'est pour ça que nous, les flics, nous sommes payés ! Pour les éviter et pour récolter les preuves permettant d'accuser ou d'innocenter un suspect. Notre job, c'est d'explorer des « peut-être » pour établir des « certains », pas l'inverse !
La jeune femme se rendit à peine compte du silence de plomb qui s'était abattu sur les bureaux alors que sa voix traversait le mur, plus agressive que jamais : elle était à bout de nerfs. Rapetissant de plus belle sur son siège, son supérieur tenta d'intervenir mais elle l'interrompit une nouvelle fois, continuant sur sa lancée avec encore plus de hargne, décidant de vider son sac une bonne fois pour toutes.
- Vous voulez des certitudes ? Je vais vous en donner… Le matériel avec lequel nous bossons est archaïque par rapport à celui des mecs que nous traquons. Vous êtes à la tête de notre service et vous vous cachez derrière votre bureau en envoyant les autres au casse-pipe, sans même vous soucier de l'opinion collectif sur les flics ! Avec vos envies de certitudes, vos craintes ou je ne sais pas quelle autre merde, vous empêcher les enquêteurs de faire convenablement leur travail ! Mais vous vous en foutez, vous êtes bien à l'abri, occupé à vous remplir la panse et à jouer au golf pendant que nous nous crevons le cul à résoudre des meurtres avec les moyens du bord et la presse qui dresse l'opinion publique contre nous !
Quand enfin elle eut vidé son sac, elle sentit un poids quitter ses épaules. La crainte de se faire virer ou d'avoir une sanction ne lui effleura même pas l'esprit alors qu'elle ramassait son dossier pour s'approcher de la porte qu'elle ouvrit encore fortement, la retenant juste avant qu'elle n'aille s'encastrer dans le mur. Cependant, avant qu'elle ne quitte le bureau de son supérieur, elle se retourna une dernière fois vers lui, un sourire légèrement moqueur aux lèvres.
- Et pour votre gouverne, Inspecteur-Chef, je n'ai pas attendu votre accord pour faire analyser cet appel. Je préfère rendre des comptes à un incompétent patenté plutôt que de risquer de laisser un assassin en liberté par manque de moyens.
Et elle claqua la porte, faisant trembler les vitres alors qu'elle retournait à son bureau d'un pas furieux, remarquant à peine les policiers qui s'écartèrent de son passage comme s'ils avaient peur de s'attirer ses foudres.
Quand elle claqua la porte de son bureau et qu'elle se laissa tomber sur sa chaise pour prendre sa tête entre ses mains, Ahri sentit toute sa colère disparaître, allant même jusqu'à esquisser un petit sourire soulagé. A son bureau, Dean arqua un sourcil, une moue amusée étirant ses lèvres, avant de se lever et de s'approcher prudemment.
- J'peux te parler ?
Surprise d'entendre la voix hésitante de son nouveau Sergent, la jeune femme arqua un sourcil en le dévisageant avant d'esquisser un petit sourire en coin en décalant sa chaise, attirant un tabouret à côté d'elle pour l'inviter à s'asseoir. Appréciant l'attention, Dean s'assit avant d'étaler les photos de la perquisition ainsi que l'inventaire qui avait été dressé avant et après l'effraction. Attirée par les cercles rouges sur les feuilles, Ahri s'en servit pour savoir quoi chercher sur les photos et elle n'eut aucun mal à comprendre ce que l'homme avait découvert.
- Tout le matériel informatique et d'écoute téléphonique qu'on avait trouvé chez elle a disparu…
Le blond acquiesça, changeant les photos pour montrer le travail qui avait été fait de façon remarquable : si les policiers n'avaient pas fait de photos avant le cambriolage, jamais ils ne se seraient doutés que quelque chose avait été volé. Esquissant une petite moue impressionnée, la jeune femme glissa sa main dans ses cheveux colorés pour les rabattre vers l'arrière avant de se mordiller la lèvre inférieure, pensive.
- Boss ?
- Les ordinateurs et tout ce genre de trucs… ils ont des numéros de série non ? Et un moyen de les localiser en cas de perte, je me trompe ?
Il ne fallut que quelques minutes à Dean pour comprendre où sa supérieure souhaitait en venir et il se pencha pour attraper le téléphone. Cependant, avant qu'il ne compose le numéro, il lui adressa un regard soudainement inquiet, l'observant se replonger dans la lecture d'un autre dossier, les sourcils froncés. Devant son manque de réaction, il se racla la gorge, s'attirant un regard surpris.
- On a l'autorisation de l'Inspecteur-Chef ? Je veux dire, tout le bureau a entendu votre engueulade alors… Faire un truc interdit n'est t'être pas la meilleure idée…. Si ?
Ahri resta silencieuse quelques secondes à ces mots avant d'esquisser un petit sourire amusé en reculant sa chaise. Dans le couloir, elle vit Théo revenir, suivi, à sa plus grande surprise, de Benjamin qui semblait passablement énervé. Reportant son attention sur son Sergent, elle lui adressa un petit sourire réconfortant alors qu'il reposait le téléphone, soudainement mal-à-l'aise à l'idée d'agir en opposition avec les ordres de leur supérieur hiérarchique direct.
- Tu veux attraper ce gars ou pas ?
Puis, sans lui laisser le temps de répondre, se basant uniquement sur l'étincelle qui fit pétiller ses yeux, elle lui tendit le combiné en lui faisant un clin d'œil.
- Alors fais-le. Dis-toi qu'en cas d'embrouille, j'serai celle qui prendra toute la responsabilité, alors n'hésite pas.
Théo n'avait pas eu le temps de lui annoncer le résultat de ses recherches et des opérations de Benjamin que ce dernier lui faisait déjà signe de le suivre dans la cour intérieure, passablement énervé. Grimaçant légèrement, elle s'excusa d'un regard auprès de l'informaticien avant de demander à Marc de le mettre au courant de la situation et de la dispute qui avait eu lieu un peu plus tôt. Puis, elle s'empara de son paquet de cigarettes pour rejoindre Benjamin qui l'attendait déjà. Elle eut à peine le temps de s'allumer sa clope que déjà il lui sautait à la gorge.
- Je peux savoir ce qui t'est passé par la tête ? Est-ce-que tu sais ce que je risque en faisant ça ?
Guère impressionnée par l'homme frêle qui s'énervait face à elle, la jeune femme se contenta de le fixer en recrachant un peu de fumée, laissant ses prunelles le suivre alors qu'il gesticulait en traversant la véranda de gauche à droite, effectuant des cercles qui ne tardèrent pas à donner la migraine à Ahri.
- En plus ton pote ne m'a même pas laissé le choix. Tu sais que c'est interdit de faire ce que j'ai fait ? Et si jamais je me fais choper ? Si jamais le mec n'a rien à voir avec ton hacker et qu'il m'attaque en justice ? Je dirais quoi pour ma défense ? Désolé mais c'était l'idée d'une amie qui est flic ? Ah non, elle n'avait pas de commission et je ne bosse pas pour elle mais je ne savais pas que ça pourrait me porter préjudice, Votre Honneur… Sérieusement, tu y crois ?
Plus amusée que penaude face à la tirade du brun, Ahri finit par détacher son regard de lui pour le poser sur les vitres derrière lesquelles les policiers s'étaient arrêtés pour les fixer avec amusement. Recrachant un peu de fumée, elle se dirigea vers la porte qu'elle ouvrit avant de leur crier de se remettre au travail car ils avaient tous des choses à faire et que dans le cas contraire, elle se ferait une joie de leur en trouver. Presque aussitôt, les couloirs se vidèrent et elle se retourna pour reporter son attention sur Benjamin qui s'était étrangement tu pour la regarder avec des yeux écarquillés derrière ses lunettes épaisses.
- Écoute je suis désolée d'avoir eu à agir de cette façon mais notre matériel est inefficace face à cette technologie de pointe et mon supérieur ne voulait rien entendre. Dans une enquête, chaque heure compte et si l'appel est lié à ce meurtre, il faut que je le sache, est-ce-que tu peux comprendre ça ?
Le geek resta silencieux en la dévisageant, assimilant lentement le fait qu'elle venait de lui annoncer qu'elle avait agi de son propre chef, sans l'accord de ses supérieurs, ce qui, objectivement, n'était pas fait pour arranger ses affaires si le pot aux roses était découvert. Remarquant les rouages de son cerveau qui fonctionnaient à vive allure, la jeune femme poussa un long soupir ennuyé avant de glisser sa main dans sa nuque doucement, se demandant si elle n'avait pas fait une erreur.
- Écoute, je sais que ce n'était pas très fairplay de ma part, surtout que j'ai envoyé Théo à ma place, mais c'est ma façon de bosser. Avant, avec Aidan, je n'avais pas de problème parce qu'il était lui-même un sacré geek, mais maintenant qu'il est parti, je dois trouver un plan B. Il se trouve que tu es particulièrement doué avec tout ça, contrairement à moi, et c'est vrai que j'en ai profité, mais je n'avais pas d'autre possibilité si je voulais avancer !
L'homme la dévisagea encore un moment, le visage fermé et les bras croisés sur son torse, avant de finalement esquisser un petit sourire amusé en penchant sa tête sur le côté, posant ses yeux clairs sur elle. S'attendant à être une nouvelle fois sermonnée – la prochaine fois, elle y réfléchirait à deux fois avant de lui redemander un service, même par l'intermédiaire d'un de ses officiers – elle ne remarqua pas la lueur d'amusement brillant au fond des orbes clairs. Aussi fut-elle particulièrement surprise en entendant la voix légèrement moqueuse de Benjamin.
- T'es vraiment nulle en informatique ?
Surprise du changement de sujet et de ton, la policière le fixa avec des yeux ronds, la bouche entrouverte avant d'acquiescer lentement en fronçant légèrement les sourcils, penchant sa tête sur le côté en se mordillant la lèvre inférieure doucement. Ce fut le petit sourire moqueur de son nouvel ami qui acheva de lui faire perdre son sérieux. Un rire léger mais contenu lui échappa et bientôt, elle se frappa le front du plat de sa main en riant véritablement, ses yeux plissés brillant légèrement.
- T'es sérieux ? C'est tout ce que tu as retenu ?
Le brun haussa les épaules en se rapprochant pour passer son bras autour de ses épaules, se penchant vers elle comme s'il voulait lui avouer un secret au creux de l'oreille. Cependant, au lieu de ça, il ne se gêna pas pour en rajouter une couche, semblant particulièrement apprécier la nouvelle qu'elle venait de lui livrer.
- J'ai retenu ce qui m'intéressait. C'est tout.
Pouffant légèrement, Ahri leva les yeux au ciel avant de donner un léger coup de poing dans l'épaule du brun qui se recula en mimant une vive douleur. Bientôt, au lieu des cris, ce furent des rires qui s'élevèrent de la cour intérieure, attirant une nouvelle fois l'attention des policiers qui passèrent la tête dans le couloir pour les observer. Ne se souciant guère des regards braqués sur eux, la policière et le geek finirent par calmer leurs soubresauts pour se lancer une dernière injure au visage, de larges sourire étirant leurs lèvres.
- Un cours d'informatique demain soir, t'es partante ? Histoire que tu ne me dérange pas dans mon boulot à chaque fois…
Lui serrant la main d'un air faussement solennel, Ahri accepta, avant d'être appelée par Dean dont le sourire banane indiquait qu'il avait trouvé une information. Saluant Benjamin qui retrouverait bien le chemin de la sortie tout seul, elle le salua d'un geste de la main avant de lui dire de passer la prendre le lendemain à dix-neuf heures car sa moto était au garage et que la dernière fois qu'elle avait fait le trajet, elle était inconsciente. Et sans véritablement attendre de réponse, elle disparut en lui adressant un petit signe de la main.
Posté le 19 aout 2016.
Et voilà pour ce huitième chapitre. Alors qu'en avez-vous pensé ? Une petite review pour me donner votre avis ?
On se revoit bientôt pour le neuvième chapitre !
Lyana.
