Par la force des choses, la dinette n'eu pas lieu pendant les deux autres semaines suivantes, à la grande tristesse de Kurt.

Il était si excité qu'un autre garçon aimant les dinettes puisse venir chez lui pour y jouer! Mais quand sa mère et lui retournèrent au parc, Blaine n'était nulle part à la ronde. Et il fut encore absent le lendemain.

Kurt se dit alors que Blaine était surement puni, parce que c'était seulement quand il était puni que Kurt ne pouvait pas aller dehors pour jouer.

Mais cela ne l'empêchais pas de s'ennuyer de son nouvel ami, au contraire. Il insistait pour que sa maman et lui aillent au parc chaque jour, dans l'espoir de retrouver Blaine.

Il n'était jamais là, et Kurt retournait chez lui la mine piteuse.

Finalement, après deux longues semaines, Kurt aperçu Blaine assit sur les balançoires.

Il semblait différent.

- Tu as des nouveaux vêtements!, s'exclama Kurt en s'approchant de son ami.

Blaine afficha un heureux sourire narquois et sauta immédiatement de la balançoire lorsqu'il aperçu Kurt.

- On a eu la visite de ma grand-maman, papota Blaine. Elle vient des fois et elle m'apporte toujours de nouveaux vêtements, des jouets et d'autres trucs. Regarde ça, j'ai des nouveaux souliers! Il déploya alors ses petites jambes.

- Ils sont vraiment chouettes, dit Kurt avec le sourire. Tu as trop l'air intelligent.

Blaine pencha sa tête sur le côté en signe de confusion.

- Intelligent? Comme, intelligent, intelligent?

Kurt haussa des épaules.

- J'sais pas. J'ai déjà entendu ça à la télévision. Je crois que ça veux dire que tu as l'air vraiment chouette.

- Ah!, rigola Blaine, ce qui fit sourire Kurt car il ne ne savait plus s'il avait déjà entendu Blaine rire autant.

Le rire de Blaine était vraiment chouette.

Kurt tendis sa main. Blaine la pris immédiatement.

- Alors, est ce qu'on va la faire cette dinette?, demanda Blaine. J'aurais aimé venir jouer, mais ma grand-maman voulait que je reste avec elle. Elle est partie hier, alors je suis revenu.

- Je suis content que tu sois là, admit Kurt. J'étais triste sans toi.

- Ça me rend triste aussi quand je suis sans toi, lui dit Blaine.

Kurt serra la main de Blaine. Ça le rendait tout drôle que Blaine soit triste quand il n'était pas là. C'était le premier ami à lui dire ça.

- Bon, on a plus à être triste parce qu'on est ensemble maintenant. Et ma maman nous attend pour qu'on aille jouer!, dit Kurt, pointant l'endroit où sa maman parlait avec une autre mère.

- D'accord.

Ils marchèrent main dans la main jusqu'à la maman de Kurt. Elle se retourna et leur sourit.

- Alors c'est toi Blaine?, demanda sa maman.

- Ouais, c'est lui Blaine, dis Kurt en hochant la tête. Il ne pouvait pas venir au parc avant parce que sa grand-maman lui rendait visite.

- Je comprends parfaitement, sourit-elle. Allons-y alors! Ton papa a fait des sandwiches pour vous deux.

- Est-ce qu'ils seront en forme de triangle? Kurt devait en être certain, car il était convaincu que les sandwiches carrés ne sont pas aussi bon que ceux en triangle.

- N'est-ce pas ce qu'il fait toujours?, lui dit sa maman, les menant vers l'extérieur du parc.

Ils suivirent la maman de Kurt hors du parc, descendirent la rue et marchèrent sur quelques pâtés de maisons afin d'atteindre la leur. Lorsque la maman de Kurt versa de l'eau dans sa tasse de thé et que son papa apporta le plateau de sandwiches, Blaine ne dit pas un mot et garda sa tête penchée jusqu'à ce qu'ils retournent à l'intérieur.

- Tes parents sont vraiment chouettes, commenta Blaine tandis que Kurt se servait un sandwich triangulaire.

- Ouais, ils sont chouettes plupart du temps. Sauf quand je fais une bêtise, enfin…

- Je crois pas qu'il y ai un papa ou une maman qui soient gentil quand on fait des bêtises.

Kurt approuva de la tête et pris une bouchée de son sandwich. Il remarqua que Blaine ne faisait que fixer le plateau, lichant ses petites babines, mais ne semblait pas se servir.

Mais Kurt se dit qu'on lui avait surement enseigné les bonnes manières, parce que sa maman les lui avait enseigné et la politesse dit qu'il ne faut pas se servir avant que quelqu'un nous le dise.

- Tu peux en prendre, dit Kurt poliment. C'est pour nous deux. Et t'as l'air d'avoir faim.

- Pour de vrai?, demanda Blaine, l'espoir illuminant ses grands yeux ronds.

- De vrai, de vrai.

- Merci, dit Blaine, et ouais, se dit Kurt, il s'était juste fait enseigner les bonnes manières.

Blaine se pris un sandwich et le mastiqua lentement.

Il ne dit pas à Kurt qu'il n'avait rien mangé depuis la veille, depuis que sa grand-mère était partie.

- Alors, c'est qui que tu veux jouer pour la dinette ?, demanda Kurt à son ami. Tu veux toujours être le prince Éric?

- Et si on était tout les deux des princesses?, imagina Blaine. On pourra se raconter tout ce qui se passe avec nos princes et nos méchantes belles-mères et tout.

- D'accord!, approuva joyeusement Kurt, nettoyant les miettes sur ses mains. Reste ici, j'ai des couronnes de princesses!

Kurt se précipita dans sa chambre. Il ouvrit un joli coffre et en ressortit ses deux couronnes préférées. Il laissera Blaine porter sa favorite, décida-t-il, parce que c'est ça que font les amis, pas vrai? Ils se partagent leurs trucs préférés. Il se dépêcha de retourner à l'extérieur et donna une couronne à Blaine.

Sans que Kurt ne puisse le remarquer, Blaine emballa un triangle de sandwich dans une petite serviette et la rangea dans sa poche pour plus tard, quand il sera chez lui.

Ils jouèrent à la dinette plus d'une heure, Kurt jouant Cendrillon et Blaine jouant Ariel. Ils partagèrent du thé (qui était en fait de l'eau, mais ils étaient bien capable de faire semblant), des petits biscuits et portèrent fièrement leur couronnes. Ils chantèrent même des chansons de la Petite Sirène, sautant partout dans la cours, recréèrent des scènes du film, rigolant et piaillant de la façon dont seuls les enfants heureux sont capables.

Au bout d'un moment, Blaine du retourner chez lui.

- Ma maman ou mon papa peut te reconduire, dit Kurt. Comme ça, tu n'auras pas à marcher si longtemps. Et tu risquerais de te perdre, parce que c'est la première fois que tu viens ici.

Blaine regarda le soleil couchant et observa les alentours, et Kurt vit qu'il réalisait que, non, il ne savait pas où il était et qu'il pourrait vraiment se perdre.

- Tout va bien, dit Kurt lorsque Blaine eu l'air d'avoir plutôt peur. On peut te ramener chez toi.

La petite poitrine de Blaine trembla d'une respiration nerveuse, mais il hocha la tête quand même. Kurt couru à l'intérieur afin de dire à ses parents que Blaine devait retourner à sa maison, mais qu'il ne voulait pas marcher parce qu'il pourrait se perdre vraiment beaucoup et que Kurt ne voulait pas tellement que son nouvel ami que son nouvel ami ne s'égare complètement.

La maman de Kurt pris alors ses clés et elle, Kurt et Blaine s'entassèrent dans sa voiture. Blaine couina son adresse quand elle la lui demanda et Kurt remarqua qu'elle fronçait les sourcils.

- C'est vraiment loin, commenta-t-elle. Tu marches pour aller au parc tout les jours?

- O-ouais, lui avoua Blaine. C'est pas si loin. Mon père travaille beaucoup, comme ma maman, Alors ils ne peuvent pas me reconduire.

- Hum.

C'est tout ce qu'elle dit et Kurt vit que Blaine était soulagé quand elle ne lui pose pas d'autres questions. Kurt trouva que la route n'est pas si longue, mais ils traversèrent deux autres voisinages avant d'arriver à la maison de Blaine. Kurt trouva que la maison était petite, mais son papa lui avait toujours dit que des petits pots venaient les meilleurs onguents et Kurt croyait à cela parce que Blaine était très petit, même s'ils s'étaient rendu compte qu'ils avaient le même âge, et que Blaine était son super ami.

- Blaine, mon chou, dit la maman de Kurt, sortant un bout de papier et un stylo de son sac à main. Elle gribouilla quelque chose sur le papier et lui tendit. C'est notre numéro de téléphone. Si tu as besoin que moi ou le papa de Kurt vienne te chercher pour t'amener quelque part, même si c'est juste au parc, n'hésite pas à appeler et on viendra.

Blaine fut sans voix, mais il pris toutefois le papier.

- Alors tu n'auras plus besoin de marcher longtemps, conclu Kurt. On pourra se voir bien plus souvent.

Blaine hocha sa petite tête frisée et détacha sa ceinture de sécurité.

- Me-merci.

La maman de Kurt lui sourit tandis qu'il ouvrait la porte.

- On pourra jouer ensemble demain?, demanda Kurt à son ami.

- Je l'espère, dit Blaine. L'école commence bientôt, et on pourra plus se voir au parc à chaque jour.

- Mais on va aller à la même école, pas vrai?, demanda Kurt, commençant à paniquer. Tu vas aller à l'école?

Les yeux de Blaine devinrent tristes et il secoua sa tête.

- Mon père et ma mère me font l'école à la maison.

- Mais t'as dit que ton papa et ta maman travaillent beaucoup, lui fit remarquer Kurt. Comment ils peuvent te faire l'école à la maison s'ils sont au travail?

- C'est ça qu'ils ont toujours fait, dis Blaine en haussant les épaules. Il remarqua alors que le soleil était presque couché. Je-je dois y aller, mon père doit bientôt arriver. Je vais tout faire pour qu'on se voie demain.

- Ah, d'accord, dit Kurt, chagriné. Il tendit sa main d'où il était assit dans la voiture.

Blaine afficha un faible petit sourire et se pencha afin de serrer les doigts de Kurt.

- Bye, Kurt.

- Bye, Blaine.

Blaine retira sa main de celle de Kurt et ferma la porte de la voiture. Kurt le regarda se précipiter vers sa maison et disparaitre à l'intérieur.

- Blaine aime ça quand on se prend la main, expliqua Kurt alors qu'ils se dirigeaient vers leur maison. Il regarda par la fenêtre.

- J'ai remarqué ça, lui dit sa maman. Est-ce que tu aimes ça, tenir la main de Blaine?

Kurt hocha la tête, reposant sa tête contre la fenêtre.

- Ouais. J'aime quand on se tient la main. Je pense pas qu'il y a un tas de personnes qui la lui tienne.

- C'est très triste.

- Je trouve aussi, affirma avec toute les connaissances que possède un enfant de sept ans. Je pense que tout le monde devrait avoir quelqu'un qu'il peut lui tenir les mains. Et nos mains vont vraiment très bien ensemble.

Du siège arrière où Kurt était assit, il ne put pas voir le mince sourire sur le visage de sa maman et la petite larme au coin de son œil de sa maman. Elle hocha la tête.


Le numéro de téléphone bouleversa un tantinet leur routine. Blaine appelait toujours Kurt après l'heure du diner et sa maman et venaient le chercher tout de suite. Parfois ils allaient jouer au parc, mais la plupart du temps ils restaient dans la cour de Kurt et organisaient des dinettes, jouent à faire semblant et chantent leurs chansons préférées. Kurt remarqua que Blaine avait arrêté de porter ses vieux vêtements, ceux qui étaient trop grands ou trop petits, et qu'il portait toujours ses chaussures. Il était content pour Blaine, car il croyait que c'est important que tout le monde ait des vêtements à sa taille.

Cependant, toutes bonnes choses ont une fin. L'été se terminait et l'école commencait.

- Comment s'est passé ta première journée à l'école?, lui demanda Blaine lorsqu'ils s'assirent sur leur balançoire.

- C'était ordinaire, répondit le petit Kurt en haussant les épaules.

- Je pensais que t'aimais ça l'école, dit Blaine. Tu l'avais dit.

- J'aime apprendre des choses, approuva Kurt. Mais je n'ai pas d'amis comme toi à l'école.

- Qu'est-ce que tu veux dire, des amis comme moi?

- De bons amis qui ne se moquent pas de moi, expliqua Kurt.

- Pourquoi ils se moqueraient de toi?, se demanda Blaine.

- Je crois que c'est parce que je suis… différent, admit Kurt. Parce que je n'aime pas le genre de trucs que les autres garçons aiment. Ils disent que j'aime des trucs de filles. Comme les dinettes.

- C'est un truc de filles les dinettes?, demanda Blaine.

- Ça doit.

- Bien, j'aime les dinettes aussi, dit Blaine. J'adore nos dinettes. Elles sont très chouettes. Alors… on peut être différents ensemble.

- Vraiment?, dit Kurt, de l'espoir dans sa voix.

- Vraiment, dit Blaine, suivit d'un faible sourire.

Kurt sourit à son tour et ils commencèrent à se balancer doucement, main dans la main. Kurt était très heureux de savoir que ça ne dérange pas Blaine d'être différent. Il n'y a rien de pire que de se sentir seul au monde. Il était content de ne plus l'être.

- Et de ton côté?, le questionna Kurt. Comment c'était l'école à la maison?

- Ennuyant, lui dit Blaine. Toute la journée, je fais juste des cahiers d'exercices.

Kurt fronça son nez.

- Ça n'a vraiment pas l'air amusant.

- Ça l'est pas. J'aime beaucoup lire. Mais je déteste les cahiers d'exercices.

- J'aime lire aussi!, s'exclama Kurt. C'est quoi que tu aimes lire?

- Plein de choses différentes, dit Blaine, excité, tandis que leur balançoires s'arrêtaient. Même si j'ai pas beaucoup de livres. Mais je peux les lire des tas de fois.

- Tu devrais aller à la bibliothèque! Il y a plein de livres à la bibliothèque. J'y vais avec ma maman parfois. Tu devrais venir avec nous la prochaine fois. On passe la journée entière dans la bibliothèque.

- Mais tu es à l'école toute la journée, remarqua Blaine.

- On peut y aller en fin de semaine, dit Kurt. On peut y aller, tu pourras lire, tu pourras me dire ce que tu as appris dans tes cahiers d'exercices , je pourrai te dire ce que j'ai appris à l'école et on pourra être… comme des professeurs! On peut jouer à l'école!

- Vraiment?

- Vraiment! Ça va être amusant!

Le sourire de Blaine était énorme et, il ne savait pas pourquoi, mais quand Blaine souriait comme ça, Kurt ne pouvait s'empêcher de sourire à son tour.


Et cela devint leur quotidien. Blaine restait chez lui, remplissant ses cahiers d'exercices. Kurt allait à l'école tout les jours. Mais, après l'école, ils jouaient ensemble et papotaient sur ce qu'ils avaient appris. Ils jouaient à la maison, ils jouaient à l'école, ils jouaient au papa et à la maman, ils jouaient aux frères, ils jouaient au professeur et à l'élève et Kurt enseignait à Blaine à lire l'heure d'une horloge.

- On peut pas être deux papas?, demanda un jour Blaine alors que Kurt posait un ourson sur une des chaises de sa petite table. On fait toujours jouer un papa et une maman, mais on peut pas être deux papas à la place?

Kurt s'arrêta un instant car il n'avait jamais vue deux papas auparavant. Il avait seulement vue un papa et une maman. Il y avait des enfants qui n'ont qu'une maman et il y avait aussi un garçon dans sa classe qui n'avait qu'un papa.

- Est-ce que ça se peut dans la vraie vie?, se demanda Kurt.

- J'sais pas, dit Blaine.

- Hum. Bien, mon papa m'a déjà dit que quand deux personnes s'aiment, ils se marient. Parce qu'être marié, c'est comme la meilleure façon de dire « Je t'aime ».

- Un papa et un papa peuvent s'aimer, pas vrai?, essaya Blaine afin de résoudre leur dilemme. Ils peuvent se dire « Je t'aime ».

- Je crois que oui, dit Kurt. Je vois pas pourquoi ça se pourrait pas. Je pense pas qu'ils pourraient avoir des bébés par exemple.

- …Pourquoi pas?

Kurt haussa ses petits sourcils et se dit bien que, ouais, ça serait plus approprié si Blaine savait aussi d'où viennent les bébés. Alors, il lui expliqua tout ce que son papa et sa maman lui avaient dit, et lorsqu'il eu terminé, le visage de Blaine afficha un air dégouté.

- Dégueu!

- C'est ce que j'ai dit !

- Je pense pas que j'aurai envie de faire ça…

- Moi, non plus, approuva fermement Kurt. Mais si c'est la maman qui porte le bébé dans son ventre, alors les papas peuvent pas avoir de bébés ensemble.

Blaine fronça ses petits sourcils foncés.

- Et s'ils empruntaient une maman?

- Hum. Et elle porterait le bébé dans son ventre jusqu'à ce qu'il soit assez grand?

- Ouais, dans ce genre.

- Ça sonne comme une super idée, approuva Kurt. Alors notre bébé, il pointa son doigts vers l'ours en peluche, vient du ventre d'une maman, mais c'est nous qui prenons soins de lui.

- Ouais! On peut être ses papas!

Même si Blaine n'apprenait pas autant que lui à l'école, Kurt trouvait qu'il était très brillant. Il avait toujours des bonnes idées.


La plupart des fins de semaine, la maman de Kurt emmenait Kurt et Blaine à la bibliothèque pour toute la matinée du samedi. Ils prenaient place à une petite table et se lisaient des histoires, des paragraphes de leurs livres préférés. Kurt devait aider Blaine pour les mots compliqués, mais Kurt n'avait jamais au grand jamais pensé que Blaine était stupide. Seulement, il savait que les cahiers d'exercices n'aidaient pas Blaine à mieux lire et Kurt était très content de l'aider.

Quelques samedi, la maman de Kurt les amenait diner, et parfois même elle leur préparait un piquenique.

Et c'était ce qu'ils étaient, Kurt et Blaine. Ils aimaient jouer à faire semblant, ils aimaient lire et ils aimaient s'enseigner des trucs. Ils aimaient rigoler et ils aimaient en venir à leur propre conclusion quand un problème se pointait. Ils aimaient se tenir la main et ils avaient du plaisir ensemble. Les parents de Kurt ne posaient jamais de questions sur la vie de famille de Blaine, mais ils allaient tout le temps le chercher quand il appelait. Ils s'assuraient toujours que son ventre était plein lorsqu'il retournait chez lui. Il prenait autant soins de lui que de leur propre fils.

Les mois passèrent.

Un beau jour de novembre, Kurt et Blaine étaient au parc, assis au bout de la glissade, hanche contre minuscule hanche. Il faisait vraiment, vraiment froid, et la veste de Blaine n'était pas chaude du tout. Kurt n'aperçu pas son père observer les deux garçons, l'inquiétude accablant ses traits.

- Tu as l'air d'avoir très froid, dit Kurt, remarquant le nez rougit et les dents qui claquaient de son ami.

Blaine hocha de la tête, tremblotant.

- Ou-ouais…

- T'as pas une plus grosse veste?, demanda Kurt. Pour quand il fait assez froid pour neiger?

- Non, frissonna Blaine. C'est la seule veste que j'ai.

Le sourire disparu du visage de Kurt.

- Je peux t'en donner une des miennes, offrit Kurt. J'en ai des tas. Tu peux en avoir une. Je vais te la donner demain.

- T-t'es pas obligé, répondit Blaine, frottant ses mains contre son abdomen.

- T'es mon meilleur ami, lui confit Kurt. Si j'ai envie je peux te donner des choses.

Blaine tourna sa tête rapidement, fixant Kurt avec des yeux ébahis.

- Je suis ton meilleur ami?

- Bien oui, dit Kurt, certain de l'avoir déjà dis. Je te l'avais jamais dit que tu étais mon meilleur ami?

- Non, murmura Blaine.

- Bien, tu l'es.

La respiration de Blaine sembla saccadée et puis, dans l'air glacial de novembre, il sourit.

- Tu es aussi mon meilleur ami, Kurt.

- Meilleurs amis, approuva Kurt. Alors… maintenant qu'on est meilleurs amis… et que tu as vraiment froid…

- Qu'est-ce qu'il y a?

- Quand j'ai vraiment froid, ma maman me tient dans ses bras. Ou mon papa me tient dans ses bras. Ça me fait avoir chaud vraiment vite. Alors je peux te tenir dans mes bras. Si tu veux, se dépêcha de dire Kurt car il savait que Blaine n'avait pas vraiment eu beaucoup de contacts physiques excepté quand ils se tenaient la main. Il ne voulait pas l'effrayer. Mais tu es pas obligé si ça te tente pas.

- N-non, ça me va…dit doucement Blaine. Tu peux me tenir dans tes bras si tu veux.

Kurt sourit parce que, en fait, il fallait qu'il l'admette, ça faisait longtemps qu'il aurait voulu donner un câlin à Blaine, encore plus quand Blaine avait ses yeux tristes. Sa maman lui donnait des câlins lorsqu'il était triste, et cela le rendait bien plus calme, en sécurité et heureux. Il aimerait juste que Blaine soit heureux, aussi.

Parce que Blaine était vraiment son meilleur ami. Et c'est ça que font les meilleurs amis.

Alors il enveloppa les épaules frissonnantes de Blaine de son petit bras et l'amena contre lui jusqu'à ce que la tête frisée de Blaine repose sur ses épaules. Il serra fort son ami tandis qu'il glissait son autre main autours des doigts glacés de Blaine.

- C'est beaucoup plus chaud comme ça, chuchota Blaine. Merci.

- Tu es mon meilleur ami, dit simplement Kurt, appuyant sa tête sur celle de Blaine. Les meilleurs amis prennent soins de leurs meilleurs amis.

- J'espère que tu seras mon meilleur ami pour la vie, dit Blaine.

Kurt hocha la tête contre la touffe de cheveux foncés de Blaine et commença à balancer ses pieds.

Du coin de l'aire de jeux, son papa afficha un air curieux. Plus tard, dans la voiture, après avoir ramené Blaine chez lui, Kurt annonça à son papa qu'il allait donner un de ses gros manteaux à Blaine demain.

- Blaine n'as pas son propre manteau?, lui demanda son papa.

- Non, pas un assez gros pour quand il fait assez froid pour neiger. Comme aujourd'hui, il faisait super froid. Alors je l'ai serré fort dans mes bras, expliqua Kurt. Pareil que toi quand tu me serres dans tes bras quand il fait froid parce que c'est plus chaud comme ça.

- J'ai vu ça, dit le papa de Kurt. C'était très gentil de ta part.

- C'est mon meilleur ami, on est gentil avec ses meilleurs amis, Kurt hocha la tête, parce s'il n'avait pas dit avant à Blaine qu'il était son meilleur ami, d'autres personnes pouvaient ne pas être au courant aussi. Il voulait que tout le monde sache qui était son meilleur ami. Blaine étaient une des personnes les plus gentilles qu'il connaissait.

Et les meilleurs amis s'entraident, s'assurent qu'ils sont au chaud et qu'ils sont heureux. C'était la chose la plus juste à faire aux yeux de Kurt.


Note de l'auteure : Je veux seulement signaler que ce n'est pas mon but de dénigrer l'enseignement à la maison. Je veux démontrer que les parents de Blaine sont négligents dans plusieurs aspects de sa vie, c'est tout.