Note de l'auteure: Ce chapitre à été difficile à écrire pour moi. J'espère vraiment que j'ai fait justice à la discussion entre Burt et Kurt. Aussi, j'espère que les dialogues entre Kurt et Blaine sont appropriés à leur âge. Je n'avais pas réalisé comment ça serait difficile de faire la transition entre leur façon de parler.

Note de la traductrice: Wow! C'est rapide cette fois! J'espère que le prochain va être prêt aussi vite, mais je suis en pleine session d'examen... Merci encore à Faustine!

Après leur repas, Kurt et son père s'installèrent sur le sofa. Son père retira sa casquette et soudainement, la situation devint très sérieuse.

- Papa?, interrogea Kurt.

- Okay... j'y vais, commença son père. Tu te rappelles quand ta mère et moi on t'a expliqué comment on fait les bébés?

- Oui... mais pourquoi tu me parles de ça maintenant?

- J'y arrive. Tu te rappelles aussi qu'on t'a dit qu'il fallait un homme et une femme pour faire un bébé et que, dans la plupart des cas, en fait, l'homme et la femme s'aiment et se marient en premier?

- Oui, je m'en rappelle.

Son père jouait avec la casquette dans ses mains et Kurt était certain qu'il pensait à ce qu'il allait dire. Il ne savait pas pourquoi son père ne pouvait pas seulement lui dire ce que le mot signifiait , c'est tout ce qu'il voulait savoir.

- Kurt, les hommes et les femmes tombent amoureux tout le temps. Tu sais, comme j'étais amoureux de ta mère?

- Oui, je sais, dit Kurt, un peu triste d'entendre autant parler de sa mère. Il essaya tout de même de rester calme.

- Bien... les hommes et les femmes ne sont pas les seuls qui tombent amoureux, son père tenta d'expliquer.

- De quoi tu parles?, demanda Kurt. On va pas parler de genre des chiens qui tombent amoureux, hein? Parce ça c'est juste étrange.

- Non, secoua de la tête son père, riant juste un peu. Non, c'est pas de ça que je veux parler. Tout d'un coup, son père leva ses yeux vers lui, d'un regard plein de tristesse, et Kurt n'avait aucune idée pourquoi. Il voulait tout de même savoir ce que le mot voulait dire, alors il continua d'écouter. Ce que je veux dire, c'est qu'il y a des gens, des personnes du même genre qui tombent amoureux, aussi.

Kurt fronça ses sourcils, essayant de fouiller dans son cerveau ce que genre signifiait.

- Oh, tu veux dire...oh. Une seconde, alors, un garçon peut être amoureux avec un autre garçon? Et une fille peut être amoureuse avec une autre fille?

- C'est ça.

- Alors, ils sont amoureux comme une maman et un papa? Ils sont, hum, romantiques et tout? Ils s'embrassent aussi?

- Oui, acquiesça son père. Exactement.

Et bien. Kurt du s'asseoir afin d'absorber toute l'information. Pour une raison ou une autre, il repensa à une conversation que Blaine et lui avaient eu des années auparavant. C'était un peu flou dans sa mémoire, mais il se rappelait d'une conversation à propos d'un ourson possédant deux papas.

- Alors, quelqu'un pourrait avoir deux papas, ou deux mamans?

- Oui. D'une façon générale, les couples de même sexe adoptent ou utilisent une mère porteuse, ce qui...

- C'est comme emprunter une maman!, s'exclama Kurt. Ah! Blaine et lui avaient eu raison tout ce temps!

- Euh... oui. C'est à peu près comme ça.

- Alors, n'importe qui peut aimer n'importe qui. On est pas obligé d'aimer une fille quand on est un garçon. On peut aimer un autre garçon?

- C'est... un peu plus compliqué que ça. Mais oui, c'est ça.

- Hein? Pourquoi c'est compliqué? Dans la tête de Kurt, c'était pas mal simple.

- Hum... et bien, tu ne choisis pas vraiment si tu aimes les garçons ou les filles. Ça fait partit de nous, Kurt. Si tu aimes les garçons, tu aimes les garçons. Si tu aimes les filles, tu aimes les filles.

- Ça n'a pas très l'air compliqué.

Le visage de son père se tordit légèrement.

- Hum. Ouais, bien, peut être que non. L'affaire, c'est que... Kurt, il y a des gens dans la société qui croient que c'est mal. Ils ne croient pas que les garçons devraient aimer d'autres garçons. La même chose pour les filles.

- Mais... pourquoi? Tu as dit qu'on pouvait pas décider. Pourquoi les gens aiment pas ça s'ils n'ont même pas le choix?

Il aperçut de la tristesse à nouveau dans les yeux de son père et il regretta d'avoir posé cette question en particulier.

- Parce que les gens ne comprennent pas. Parce que les gens sont méchants. Parce qu'ils s'inventent des raisons pour justifier que c'est mal. De toute façon, tu as totalement raison. Ils ne devraient pas détester des gens pour quelque chose qui est hors de leur contrôle. Mais il y a des personnes qui croient que ce n'est pas un choix. Et ces personnes disent- elle disent des choses très haineuses parfois. Ce mot... le mot que la personne vous a traité... c'est un gros mot. C'est un mot horrible et ils ne devraient pas le dire. C'est un mot méchant pour parler des gens qui aiment les gens du même genre. Pour les gays.

Kurt resta assit et essaya de remettre tout en place dans sa tête. Alors être gay voulait dire aimer quelqu'un du même genre que nous. Et l'autre mot... c'était quand on voulait insulter les gays. Parce que c'était un gros mot. Et son père avait dit qu'il ne fallait pas l'utiliser.

- Alors... ils nous ont appelés comme ça parce que... ils croient que Blaine et moi on est amoureux? Ils croient qu'on est gay? C'est pour ça qu'ils étaient méchants avec nous? Kurt avait besoin de comprendre.

Son père acquiesça.

- Et ils n'avaient pas le droit de l'utiliser. La personne qui a dit ça l'a sûrement apprit de ses parents. Mais, Kurt, dit son père, prenant les mains de Kurt dans les siennes, tu dois savoir qu'il va toujours y avoir des gens comme ça dans la vie. Il va toujours y avoir des personnes qui détestent quelqu'un à cause qu'ils ne comprennent pas quelque chose. Et tu dois savoir que tu ne dois jamais, jamais écouter tout ce qu'ils disent, parce que tu es parfait. C'est pas grave si tu aimes les garçons ou les filles. Tu es unique, comme tout le monde, et tu n'as aucune raison de ne pas l'être. N'écoute jamais les choses méchantes que les gens vont dire.

- Mais... avec Blaine... c'est pas comme ça, dit Kurt. On est seulement des super bons amis.

- Je sais, dit son père avec soin. Il y a des personnes qui ne comprennent pas l'amitié que tu partages avec Blaine, mais tu sais quoi? C'est leur problème. Pas le tiens. Tu es ami avec Blaine depuis très longtemps et je suis content qu'il soit là pour toi. Alors, ne laisse jamais personne vous dire quoi faire.

- O-okay..., dit Kurt, un brin ébranlé par la conviction présente dans la voix de son père.

- Je t'aimerai pour la vie, peut importe, lui dit son père.

- Je-je t'aime aussi, papa, lui répondit doucement Kurt.

Son père le pris dans ses bras et le serra fort et Kurt se sentit en sûreté, tout d'un coup.

Cette nuit là, Kurt eu de la peine à mettre de l'ordre dans ses idées. Il ne pouvait s'empêcher de se demander si Blaine, lui aussi, avait demandé à ses parents ce que le mot voulait dire, où s'il allait être obligé de lui dire lui-même. Il doutait d'en être capable, il ne serait jamais aussi doué que son père pour l'expliquer. Et il redoutait... il redoutait que Blaine ait peur de lui, ou quelque chose comme ça, juste parce que quelqu'un leur avait dit ce mot.

Blaine n'était qu'un ami pour lui. Ils étaient les meilleurs amis du monde, et ils s'aimaient beaucoup parce qu'ils étaient meilleurs amis.

Mais ils ne s'aimaient de cette façon.

Lorsque Kurt s'endormit cette nuit là, il s'endormit avec le sentiment que la vie était devenu bien plus compliquée qu'elle ne l'était la veille.


- Est-ce que tu as demandé à ton père ce que le mot voulait dire?, lui demanda Blaine le jour suivant, tandis qu'ils tournaient en cercles lents sur le tourniquet, assis face à face. C'était un samedi, mais il était encore tôt et ils étaient les seuls dans le parc.

- Ouais, admit Kurt. Et toi, tu as demandé à tes parents?

- Ouais, répondit Blaine, se donnant une poussée pour continuer de tourner.

- Et c'est quoi qu'ils t'ont dit que c'était?

- Un mot méchant pour les gays, dit Blaine.

- C'est ça que mon père a dit, aussi, lui dit Kurt. Mais je me demande pourquoi ils pensent qu'on est... comme ça. Enfin, on est seulement des très bons amis! Comme depuis le début.

En face de lui sur le tourniquet, Blaine l'observa à travers ses sombres cils. Kurt n'avait aucune idée de la raison de ce regard, vraiment. Peut-être qu'il pensait à lui, ou qu'il se demandait quoi dire.

- Ouais, dit finalement Blaine. Comme depuis le début.

Kurt haussa des épaules et sauta hors du tourniquet, laissant tourner seul Blaine. Il alla s'installer sur une balançoire, la même que Blaine était assis lorsqu'ils s'étaient rencontré à l'âge de sept ans. Un moment plus tard, Blaine alla le rejoindre à côté de lui.

- Et si... je l'étais?, demanda Blaine, tout bas.

- Et si tu étais quoi?

- Comme ça. Gay. Que j'aimais les garçons, et pas les filles.

Kurt haussa des épaules.

- Et ton point, c'est...

Un peu frustré, Blaine fronça ses sombres sourcils, cherchant une meilleure façon de formuler sa question.

- Si j'étais... comme ça... gay... Est-ce que tu serais encore mon ami?

Kurt arrêta un instant sa balançoire et se tourna afin de bien regarder son ami frisé.

- C'est sûr que je serais encore ton ami. Rien au monde ne pourrait m'empêcher d'être ton ami!

Blaine hocha la tête.

- Merci.

Kurt pencha sa tête et pris le temps de regarder Blaine de la tête aux pieds. Il semblait nerveux. Il semblait triste. Et il avait ce regard qui signifiait sûrement qu'il pensait fort à quelque chose et qu'il se demandait quoi dire, ou s'il devait vraiment dire quelque chose.

- Est-ce que tu penses que tu l'es?, demanda Kurt. Gay, enfin?

Blaine haussa ses étroites épaules.

- J'sais pas, dit-il. Et toi? Est-ce que tu penses que tu l'es?

- J'sais pas moi non plus. J'ai jamais vraiment pensé à tout ça. Enfin, j'ai jamais vraiment pensé à des filles ou des garçons de cette façon là. Je vais peut-être le savoir un jour, mais j'en ai aucune idée.

- Bien... quand tu regardes quelqu'un, est-ce que tu a envie de les embrasser des fois?, demanda doucement Blaine à son ami.

Kurt pu voir alors quelque chose comme de l'espoir dans les yeux de Blaine. Il se pencha vraiment sur la question. Ses yeux se fixèrent un moment sur les lèvres de Blaine, parce que, oh, c'est avec ça qu'on s'embrasse. Et il se rendit compte que... il avait peut-être déjà pensé aux baisers.

- Je crois, répondit-il après un moment. J'ai déjà pensé à embrasser des gens, mais seulement en général, tu comprend? Mais je pense pas que j'ai déjà pensé à embrasser une personne en particulier.

Blaine hocha la tête.

- Et toi? Est-ce que t'as déjà eu envie d'embrasser quelqu'un?

Kurt aperçut les yeux de Blaine qui cherchaient, cherchaient quelque chose dans le visage de Kurt, il ne savait pas exactement quoi, pourtant.

- Non, dit Blaine, tout bas. Pas une personne en particulier. Juste en général, comme tu as dit.

Kurt tendit sa main afin de prendre celle de Blaine, toute chaude.

- Tout va s'arranger un jour. De toute façon, c'est pas comme si nos parents voulaient qu'on sorte avec des gens. Mon père a dit un jour qu'il voulait pas que je sois en coupe avant d'avoir son âge.

Kurt fut heureux d'entendre le rire de Blaine, parce que ses yeux étaient trop tristes et lui rappelaient trop la fois où il avait observé ce sandwich la journée de leur première dînette, celui qu'il voulait tellement, mais avait trop peur de demander.

Ils ne discutèrent plus de cela pour très longtemps.


À l'âge de douze ans, Kurt et Blaine entrèrent en sixième année.

Tout se bouscula.

De son côté, Kurt se fit une nouvelle amie du nom de Mercedes. Elle venait d'une autre école et ils avaient le même cours d'histoire et de sciences ensemble. Il tomba en amour avec la paire de chaussures qu'elle portait le premier jour d'école et elle complimenta son chandail. Une amitié naissante d'un bon sens de la mode était une amitié parfaite aux yeux de Kurt.

De son côté, Blaine reçut des nouvelles abasourdissantes.

- On va déménager, dit Blaine à Kurt, un jour après l'école.

Kurt brisa la pointe de son crayon sur la feuille qu'il était en train d'écrire.

- Quoi?, réussit-il à dire. Mais pourquoi?

- Mon père a un nouveau travail, expliqua Blaine. Il faudra... il faudra qu'on parte après Noël.

Le cœur de Kurt arrêta de battre. Non, non, c'était pas comme ça que ça devait se passer. Ils étaient supposés être des meilleurs amis tout le secondaire, puis même après. Ils étaient supposés ce voir à chaque jour, ils étaient supposés...

Il y avait trop de choses qu'ils étaient supposés faire.

- Mais... où?, Kurt devait demander. S'il-vous-plaît, pas dans un autre état, il suppliât dans sa tête.

- Au Maryland.

- Non... dit Kurt dans un soupir.

Blaine hocha la tête lentement.

- Ouais.

Kurt prit sa tête entre ses mains.

- Je-je veux pas que tu t'en ailles.

Quand Kurt leva sa tête vers son meilleur ami dans le monde entier, Blaine l'attaqua d'un énorme câlin qui les plaqua sur le lit ensemble, toute idée de devoirs oubliée.

- Je veux pas m'en aller, murmura Blaine contre l'épaule de son ami. Je veux pas te quitter, je te le promet. On était... c'était pas supposé se passer comme ça.

- Sérieusement, ça va être trop nul, dit Kurt, des larmes obstruant ses yeux bleus. Blaine s'était confortablement installé dans le creux de ses bras. Ils s'étaient déjà endormi comme ça plein de fois, mais pour l'instant, tout ce qu'il voulait, c'était son meilleur ami aussi près que possible. Il enroula ses bras autour de Blaine et ce dernier se releva un peu afin de déposer son front sur le coup de Kurt. Kurt pouvait ressentir les larmes sur les cils de Blaine.

- Mais qu'est-ce que je vais faire quand tu ne vas plus être là?

Blaine renifla et secoua la tête.

- J'en ai aucune idée. Mais au moins, tu as Mercedes. Et tu vas rester ici avec les mêmes personnes qu'on connaît. Moi, il faut que j'aille dans une nouvelle école et que je me fasse des nouveaux amis et... je veux pas me faire des nouveaux amis.

- Je veux pas que tu te fasses des nouveaux amis, moi non plus, murmura Kurt. Je veux pas que tu m'oublies.

- Ça n'arrivera pas, souffla Blaine contre sa peau. Je vais jamais t'oublier.

Kurt resserra son étreinte de la taille de Blaine.

Ensemble, ils pleurèrent.