Note de l'auteure: Pour votre information, je n'ai aucune idée si les garçons de leur âge se parlent de ça, mais Kurt et Blaine le font parce qu'ils sont meilleurs amis et ils sont ouverts!
Kurt et Blaine passèrent les derniers mois qu'ils avaient ensembles attachés par la taille. Blaine allait partir et tout semblait changer dans leur vie. Les gens autour d'eux commençait à sortir ensemble, presque tout le monde semblait avoir un copain ou une copine et Kurt et Blaine ne pouvait s'empêcher d'observer toutes ces personnes qui s'échangeaient des petits baisers avant les classes et qui se donnaient la main. Les filles se rasaient les jambes et portaient toute sorte de maquillages. Les parents allaient reconduire leurs enfants au centre commercial ou au restaurant pour leurs rendez-vous, la voix des garçons était en pleine mutation et il y avait des hormones partout.
La voix de Kurt resta pas mal la même, par compte. Elle s'aggravât un peu, mais elle resta bien plus haute que la majorité des autres garçons, Blaine inclut. Les deux subirent une petite poussée de croissance, mais Blaine demeura le plus petit par quelques centimètres.
Aussi, évidemment, il y avait des questions.
À propos de trucs.
Des trucs de nature... plutôt personnelle.
Cela embarrassait bien trop Kurt pour qu'il puisse approcher le sujet. À la place, il fit une petite recherche sur l'internet... Oh, c'était normal de se réveiller avec ça... et c'est normal d'avoir du poil là... oh, et c'était normal d'avoir des rêves comme ça.
C'était bon à savoir.
Il croyait qu'il allait devenir un sorte d'étrange... créature.
Tout ça était bien trop bizarre.
Au final, Kurt était content d'avoir fait cette recherche, lorsque, assit sur le plancher de sa chambre, Blaine semblait avoir les mêmes interrogations, sans pourtant avoir les mêmes réserves pour demander.
- Est-ce que ça t'arrive de faire des rêves qu'il faut que, hum, après qu'il faut tu changes les draps, enfin?, lui demanda Blaine.
Les joues de Kurt se colorèrent d'une teinte de rose pâle, mais il acquiesça tout de même.
- Oh, merci!, soupira Blaine, se roulant sur le dos. Ça me faisait vraiment trop peur.
- Je l'ai vue sur internet, expliqua Kurt. Ça arrive tout le temps.
- Est-ce que tu as vérifié si c'était normal de se réveiller avec, euh...
- Des érections, lui dit le bon mot Kurt, heureux d'être celui qui était informé. Et ouais, ça aussi c'est normal.
Blaine poussa un sérieux soupir de soulagement.
- Des érections, vraiment? C'est comme ça que ça s'appelle?
- Bien, en fait, on peut les appeler d'autres choses, mais c'est le... terme clinique, je crois.
- Hum. Au moins, je sais que je vais pas devenir une espèce créature des ténèbres ou quelque chose comme ça, dit Blaine,
Kurt sourit à lui-même, parce que c'était bien de savoir que Blaine et lui se ressemblait encore beaucoup.
Le déménagement de la famille de Blaine était prévu pour dans un peu plus d'un mois et Kurt n'avait aucune idée de comment gérer la situation.
Parce que soudainement, sa vision de Blaine ne fut plus la même.
Vraiment plus la même.
Il remarquait de petites choses qu'il n'avait jamais prêté attention auparavant. Par exemple... il avait toujours trouvé que Blaine avait de jolis yeux. Il ne se rappelait pas d'un moment où il n'avait pas pensé ça. Mais maintenant, il s'en rendait encore plus compte, il remarquait comment le brun et le vert fondaient ensemble afin de créer cet aura de miel doré autour de ses pupilles, et il remarquait comment ses cils étaient longs et sombres. Il remarquait comment les cheveux frisés de Blaine semblaient doux et agréables au toucher. Il remarquait comment la mâchoire de Blaine devenait de plus en plus prononcée, il remarquait les vêtements que Blaine portait et comment ils lui allaient bien et pourquoi, pourquoi il remarquait tout cela maintenant, juste avant le départ de Blaine? Pourquoi tout cela lui venait à l'esprit juste au moment où Blaine allait être si loin, des états de distance, et qu'il n'allait plus jamais avoir la chance de regarder ces choses à nouveau?
Et pourquoi avait-il ces pensées en tête en premier lieu?
Pour être franc, Kurt serait le premier à dire qu'il ne trouvait aucune fille dans sa classe attirante, pas même Mercedes qui se trouva à être très chouette.
Mais il n'avait jamais regardé les garçons de cette façon, non plus.
Bien, sans compter Finn, un grand garçon dans sa classe. Il aimait vraiment ses cheveux.
Ou ce garçon dans sa classe de science qui était assit près de Mercedes qui avait une très belle peau.
Ou peut-être le gars de 16 ans qui habitait sur sa rue qui avait des vraiment beaux abdos.
Mais mis à part ceux là, le seul garçon qu'il regardait de l'œil était Brett, qui sentait et avait l'air sans-abri, mais il l'observait pour une toute autre raison.
… Okay, peut-être qu'il avait regardé d'autres garçons.
Mais Blaine était vraiment le seul autre garçon qu'il avait regardé, enfin, le seul autre qu'il avait vraiment observé en détails.
Et Kurt... aimait plutôt ce qu'il voyait.
Alors... cela voulait dire... qu'il était gay?
Mais si ce n'était que Blaine? Et si la seule raison qu'il le voyait comme ça, c'était qu'il était Blaine et parce qu'il aimait Blaine et qu'ils étaient amis depuis des années?
Tout cela rendait Kurt complètement fou et il en avait assez de toujours rougir lorsqu'il faisait rire Blaine. Il ne savait pas comment réagir et pourquoi, oh pourquoi ces sentiments ne pouvaient pas S'EN ALLER?
La veille du départ de Blaine et de sa famille pour le Maryland, Blaine et Kurt s'installèrent, hanche contre hanche, sur le lit de Kurt, afin de regarder un film. Enfin, Blaine regardait le film. Kurt regardait Blaine.
Il l'observait et il n'avait aucune idée de quoi dire ou faire; c'était le moment ultime, leur dernière soirée ensemble et Kurt ne savait pas quand ils allaient pouvoir se revoir à nouveau. Des mois, des années, même, pourraient passer et Kurt était perdu, comment allait-il faire sans voir Blaine à chaque jour et-
Oh. Blaine le regardait aussi, maintenant.
- Kurt? Tout va bien?
- Quoi- ouais. Non, ouais, je vais bien, dit rapidement Kurt. Pourquoi j'irais pas bien?
- Peut-être parce que tu me fixes depuis environ la moitié du film?, lui dit Blaine, affichant un faible sourire.
- Non, je te fixe pas. Je suis- c'est pas vrai, dénia-t-il. Pourquoi je te fixerais? J'ai pas besoin de te fixer.
C'était Blaine qui l'observait maintenant, la pièce était sombre sauf pour la lumière de la télévision qui éclairait leur visage. Oh, Kurt n'était pas certain d'avoir déjà vu Blaine l'observer de cette façon. Blaine clignait rapidement des yeux et il sortit sa langue afin de licher sa lèvre inférieure avant de commencer à parler, soudainement.
- Je-je te fixe aussi, des fois, confia Blaine tout bas, à peine audible par dessus le son de la télévision. Il prit la télécommande afin d'appuyer sur muet. Genre... des fois, je peux pas m'en empêcher.
Kurt haussa très haut ses sourcils, mais il était sans mots.
- Tu-tu me fais... je peux même pas mettre le mot dessus. Il faut que je te regarde. Je te regarde et des fois, je pense. Blaine prit une grande respiration. Je pense que tu es probablement... la plus belle personne que j'ai jamais vu. De toute ma vie, vraiment.
La respiration de Kurt se coupa et Blaine prit sa lèvre inférieure entre ses dents.
- Je-je regarde tes yeux et je... je peux pas m'empêcher de penser à comment ils sont beaux. Je pense au bleu qu'ils deviennent quand tu- quand tu pleures. Je regarde tes joues et je me rappelle du rouge qu'elles deviennent quand je dis quelque chose qui... qui te fait rougir. Je regarde tes cheveux et ils sont tellement toujours parfaits et des fois... des fois j'aimerais passer ma main au travers. Je sais même pas pourquoi, mais j'en ai tellement envie. Mais la plupart du temps, je... je regarde tes- tes lèvres, admit Blaine, ses yeux quittant ceux de Kurt pour imiter ses paroles. Parce des fois, je... je veux t'embrasser.
Okay, après ces paroles, le cœur de Kurt bondit dans sa poitrine et soudainement, il se sentit dix fois plus et léger et dix fois plus lourd en même temps et il ne savait pas du tout comment réagir PARCE QU'IL NE SAVAIT PAS CELA AVANT. Et POURQUOI Blaine n'avait pas mentionné tout cela AVANT de partir pour le Maryland, bon sang?
- Mais ça me fait toujours peur, continua Blaine, parce que j'ai peur que tu... que tu n'aimes pas ça. Et que tu ne veuilles plus être mon ami juste parce que j'ai ces stupides sentiments pour toi et que je sais pas quoi faire avec ça. Parce que tu es mon meilleur ami et je veux pas que tu me détestes et je crois que je suis vraiment attiré par les garçons, mais là, je crois que tu es le seul garçon que je serai vraiment, vraiment attiré et c'est- c'est la première fois que ça m'arrive et c'est vraiment trop bizarre et je te fais sûrement peur en ce moment et je devrais probablement arrêter de parler mais je peux pas parce que pars demain et je veux que tu saches-
- Blaine, arrêta Kurt les tourmentes de son ami, arrête de parler.
- Je m'excuse, murmura Blaine, amenant ses genoux contre sa poitrine, y déposant sa tête. Je m'excuse tellement...
Kurt ne bougea plus pendant une bonne minute, simplement car il n'avait aucune idée de quoi dire ou faire. Puis, pour une raison ou une autre, sa main bougea sans sa permission afin de se loger à la base des cheveux frisés de Blaine. Blaine releva la tête et fixa Kurt des yeux, qui relâcha son emprise sur les cheveux de Blaine, se tourna et s'assit sur ses genoux en face de lui.
- Tu- tu veux vraiment m'embrasser?
Les yeux de Blaine s'arrondirent de surprise et Kurt s'imagina que c'était sûrement parce qu'il ne s'attendait pas à cette réponse.
- Ou-ouais. Mais tu n'es... je veux... pas le faire si tu veux pas.
- Je veux que tu le fasses, dit Kurt doucement. Si... si tu le veux.
- Je veux, répondit Blaine. Je veux vraiment.
- Alors fais le.
Blaine hocha la tête nerveusement et étendit ses jambes. Kurt s'approcha. Son petit cœur de douze, presque treize ans battait la chamade dans sa poitrine parce qu'il allait avoir son premier baiser et c'était avec un garçon qu'il aimait et, oh, Blaine s'approcha et pencha sa tête vers Kurt.
- Tu es certain?, demanda Blaine une dernière fois.
- Oui, acquiesça Kurt, je suis certain.
Blaine referma le faible espace entre leur visage très, très lentement et déposa ses lèvres sur celles de Kurt dans un doux baiser, leurs yeux se refermant instinctivement. Ils ne firent pas un geste, ils ne firent que rester assis, puis Blaine approcha une main tremblotante sur la joue de Kurt et Kurt fondit de l'intérieur et respira par nez. Aucun des deux ne savait vraiment ce qu'il faisait et ne savait plus tellement comment bouger rendu à ce niveau. Mais c'était tout de même très bien et tout chaud et Kurt avait ces drôles de papillons dans le ventre et sa tête semblait dans les nuages. Il se sentait comme s'il flottait et Kurt dû recouvrir la main de Blaine par la sienne afin de le tenir accroché.
Éventuellement, Blaine se retira et ils ouvrirent leurs yeux.
- Woah, souffla Blaine entre leur visage.
- C'était... vraiment bien, murmura Kurt, sa main encore contre celle de Blaine sur sa joue.
- Ouais, approuva Blaine. Ouais, c'était vraiment bien.
Les deux garçons restèrent figés sur place, se fixant des yeux, leur respiration encore plutôt rapide.
Kurt était pas mal certain qu'il vivait un des meilleurs moments de sa vie.
Mais cela n'allait mener à nul part. Parce que Blaine quittait le lendemain pour le Maryland.
Kurt voulait pleurer.
Le sourire que Blaine afficha était emplit de tristesse. Il s'approcha de nouveau, mais cette fois-ci, il pressa un baiser sur sa joue, puis frotta leur nez ensemble dans un baiser d'Esquimau.
- Je peux- je peux te prendre dans mes bras?, chuchota Blaine.
Kurt répondit d'un nerveux hochement de la tête et ils se blottirent ensemble sur le lit, Blaine sur son dos et Kurt contre lui. Ils s'étaient installés de cette façon plusieurs fois, c'était vrai. Mais ce moment signifiait plus, c'était différent. Kurt déposa sa tête contre la poitrine de Blaine et enlaça son estomac. Il ressentit les bras de Blaine l'entourer et Kurt réalisa qu'il ne s'était jamais aussi sentit aimé par une autre personne que là, en ce moment, dans les bras de son meilleur ami.
- Kurt?
- Oui?
- Je t'aime. Je vais t'aimer pour toujours. Même quand je serais plus là, au Maryland.
Kurt ferma fort ses yeux et sentit une larme couler et se déposer sur le chandail de Blaine. Il n'avait aucune idée si Blaine l'aimait seulement comme ami, ou s'il l'aimait plus qu'un ami, mais... ça n'importait plus vraiment.
Parce qu'il s'en allait et que peut-être il n'allait plus jamais le voir.
- Je t'aime aussi, Blaine.
Lorsqu'ils se réveillèrent le lendemain matin, Blaine afficha un sourire fatigué pour son ami. Kurt savait qu'ils s'étaient échangé bien plus qu'un baiser la veille; ils s'étaient d'une façon compris, comme seulement des meilleurs amis depuis la tendre enfance pouvaient se comprendre. Ils savaient les deux, vraiment, honnêtement, savaient qu'ils n'allaient qu'aimer que des garçons. Kurt ne savait pas vraiment comment gérer tout cela, mais il se disait qu'il avait bien du temps devant lui.
Même si Blaine s'en allait.
Ils se levèrent et échangèrent leur pyjamas contre des vêtements de jour et quand Kurt eu finit de boutonner sa chemise, Blaine se plaça en face de lui et déposa ses mains sur les épaules de Kurt. Kurt le regarda dans les yeux puis plaça ses mains sur la taille de Blaine. Blaine se mit sur ses orteils et embrassa Kurt une dernière fois, sur les lèvres, de la même façon qu'il l'avait embrassé la veille et Kurt ressentit à nouveau les papillons dans son estomac.
Il aurait souhaité que ça ne finisse jamais.
Mais Blaine se retira éventuellement, car il était obligé. Il fixa les grands yeux bleus de Kurt, puis l'enveloppa d'un câlin trop serré, il était obligé. Il recula, descendit sa main, puis serra celle de Kurt et la lâcha ensuite, parce qu'il était obligé.
Il dit au revoir. Puis quitta la pièce. Et quitta la maison de Kurt. Traversa la rue. Il entra dans la voiture de ses parents. Et s'en alla.
Parce qu'il était obligé.
Kurt était toujours debout dans sa chambre et il aurait juré qu'il sentait toujours les lèvres de Blaine contre les siennes. et il pouvait sentir ses mains sur ses épaules et ses bras autour de lui dans ce câlin trop serré.
Ouais, Kurt était pas mal certain qu'il aimait les garçons.
Et il n'avait peut-être que douze ans, presque treize, et il était encore jeune... mais il était aussi pas mal certain que le seul garçon qu'il allait toujours être amoureux, c'était Blaine.
