Pendant toute la journée, Blaine attendit son heure à la guillotine. Rien d'autre ne le préoccupait. Connaissant son père, il devait craindre pour sa vie.
-La fin approche, pensa Blaine en montant au volant de sa voiture à la fin de la journée. MA fin approche… Quoi que, mourir, encore, ça peut aller, mais l'idée de ne plus jamais voir Kurt, mon Kurt… c'est insupportable ! Kurt, mon ange, je t'aime tellement, le plus sincèrement du monde. Si jamais je ne reviens pas vivant de cette confrontation, sache que tu étais l'amour de ma vie et que jamais tu ne quitteras ta place dans mon coeur.
Blaine se gara devant chez lui quelques minutes plus tard et entra dans la maison… vide comme d'habitude. Jamais le fils de médecin n'avait compris l'utilité d'une si grande maison alors que, la plupart du temps, elle était vide, froide et triste. Franchement, pour le peu de temps qu'elle est habitée, elle aurait pu être un simple appartement. Comme d'habitude, Blaine monta à sa chambre et mit un peu de musique pour faire ses devoirs. C'était la seule chose qu'il appréciait de l'absence de ses parents parce que, quand ils étaient là, le fils de médecin avait droit aux réflexions comme quoi la musique n'était pas une passion sensée et qu'il devrait se concentrer sur ses études pour entrer en fac de médecine.
-Qu'est-ce que j'en ai à foutre, de leur médecine ?! marmonna Blaine dans sa barbe. Je veux travailler dans le spectacle et qui sait… peut-être avec Kurt.
Plusieurs heures plus tard, vers les 19h, la mère de Blaine, Pamela, rentra.
-Blaine, chéri ? Je suis rentrée ! lança-t'elle.
-Bonsoir, Maman ! lui répondit Blaine en descendant les escaliers pour aller la rejoindre.
-Tu as passé une bonne journée, mon choupinou ?
-Ouais…
Quelque chose frappa l'esprit de Blaine : choupinou. Qu'est-ce que c'était que ça ? Ça devait bien faire dix ans que sa mère ne l'avait pas appeler comme ça…
Pamela déposa ses affaires et se mit à la cuisine. Bien qu'ils étaient assez riche pour engager une domestique à plein temps, les Anderson n'avaient qu'une femme de ménage. Pamela désirait continuer à cuisiner pour sa famille. Environ une heure plus tard, John, le fameux médecin et père de Blaine passa la porte et salua froidement sa femme et son fils avant de déposer sa manette et de s'assoir à s'installa à son tour. Pas un seul mot. Comme d'habitude, il n'y avait aucun bruit dans la cuisine mis à part celui de la nourriture qui grisonnait dans la poêle. Blaine esprit profondément que son père dise quelque chose, s'intéresse à lui pour une fois, mais rien.
-Ça ne sert à rien d'espérer quelque chose de lui… pensa le fils de médecin pendant que sa mère servait le dîner. Il y a des moments où je me demande s'il est vraiment humain ou si c'est un cyborg que ma mère a épousé. JE crois que maman est plus humaine que lui, malgré j'ai de la chance, elle, elle réagira peut-être bien. C'est ridicule ! Tout le monde sait sauf eux. Les gens de qui je devrais me sentir le plus proche sont ceux qui m'ignore le plus, mais cette fois, il ne pourront pas m'ignorer…
Blaine ne mangea presque rien, réfléchissant à comment dire la vérité à ses parents…
-Blaine, tu ne manges pas? lui demanda Pamela sachant que son fils mangeait beaucoup, normalement.
-Je n'ai pas super faim, ce soir, Maman…
-Ça suffit, les caprices ! Mange, lui ordonna presque son père
-Je…
-Écoute ce qu'on te dit !
Blaine, n'y tenant plus, craqua et lâcha d'un coup brusque en se levant de sa chaise et la renversant :
-Non !
Le couple Anderson fut extrêmement surpris de la réaction de leur fils habituellement si calme.
-Mais enfin, Blaine, qu'est-ce qui te prend ? lui demanda sa mère.
-Ce qui me prend ? Ce qui me prend ?! répéta Blaine, fou de rage. Il me prend que j'en ai assez que vous m'ignoriez lamentablement depuis ma naissance au profit de votre travail ! Il me prend que j'en ai assez que vous reportiez vos ambitions sur moi sans vous souciez de ce que je ressens ! Il me prend que j'en ai assez que vous décidiez de ma vie sans me consulter !
-Blaine, tu es trop jeune pour savoir ce qui est bien pour toi… commença son père.
-Je suis jeune, et alors ?! l'interrompit Blaine. Parce que je suis jeune, je n'ai pas le droit de faire ce que j'aime ?
-La musique n'est pas un domaine très stable, Blaine, lui dit sa mère.
-Et après ?! C'est ce que j'aime, c'est ce en quoi je suis le meilleur. Jamais je ne pourrais être un grand médecin.
-Si tu travaillais mieux à l'école, si…
-Je fais mon maximum ! Depuis le début, je fais mon maximum pour ne pas vous décevoir, mais je n'y arrive pas. Vous ne remarquez jamais mes efforts, vous ne remarqué que le fait que je ne sois pas premier de classe !
Blaine voyait rouge. Il avait choisi de tout déballer à ses parents d'un coup. S'il devait mourir, il voulait mourir la conscience tranquille.
-Et une fois que toi, Papa, auras soudoyé le conseil d'administration de la plus grande fac de médecine du pays parce qu'on sait tous que tu vas le faire puisque tu tiens tant à ce que je fasse le même métier que toi et que je n'ai pas les notes requises, vous allez faire quoi ? Me fiancer contre mon gré à la fille d'un ami à toi aussi snob que toi ?
-Enfin, Blaine, je ne te permet pas de… hurla John en se levant à son tour.
-Sache que tu ne le pourras jamais ! Je suis gai, papa. Je suis gai à 100%. Je suis en couple depuis deux semaines avec un autre garçon. Et tu sais quoi ? J'ai fait l'amour avec lui, hier soir.
John Anderson tomba sur sa chaise, la bouche grande ouverte et les yeux écarquillés. Blaine garda son regard rivé sur lui de son père. Il n'avait plus peur maintenant. Il fallait que son père sache et sa mère aussi.
-Tu ne t'y attendais pas ? Tu vois ! Tu ne t'intéresse pas à moi, résultat : tu ne me connais pas, nargua Blaine.
Le père de Blaine se leva de sa chaise, rouge et près à exploser encore plus violemment que le Vésuve.
-Comment, toi, mon fils, ose-tu déshonorer la famille à ce point ?! hurla-t'il avant de gifler son fils si fort qu'il en tombant par terre et se cogna la tête contre le parquet.
À ce moment-là, Blaine commença à sentir un épais liquide couler sur son visage et de l'encre noire venir diminuer sa vue avant de le faire sombrer dans les ténèbres.
