La journée de Blaine fut, probablement, la plus longue et ennuyante de sa vie. Ça ressemblait à une continuité de documentaires sur la reproduction des vers de terres. Il faut dire que les médicaments n'aidaient pas beaucoup… Le fils de médecin passa beaucoup de temps à dormir entre les quelques visites qu'il reçu. Pamela passa presque toute la journée près de son fils pour quitter vers la fin de l'après-midi en lui disant :

-Je reviens, mon Choupinou.

Cooper, le frère de Blaine, après avoir reçu un coup de fil de sa mère, daigna quitter Los Angeles pour faire une visite à son frère dès que possible. Ce fut le premier sourire de Blaine, ce jour-là.

Vers la fin de l'après-midi, Blaine s'assoupit à nouveau en attendant sa mère. Il rêva. Il rêva de Kurt. Il l'aimait tant. Il lui manquait déjà. Il avait désespérément besoin de le sentir près de lui, de le voir, de le toucher… de l'embrasser. Ses belles et douces lèvres sucrées au goût de vanille et de fraise, ses lèvres qui savaient si bien embrasser et su***… Il avait même l'impression de pouvoir les sentir…

Lorsque Blaine ouvrit les yeux, un peu plus tard, il sentit une main serrant tendrement la sienne. Instinctivement, Blaine sut que ça n'était pas celle de sa mère. Bien que douce et assez délicate, elle était trop grande pour appartenir à Pamela. À la simple chaleur qui s'en dégageait, le fils de médecin reconnu la main de son petit-ami.

-Kurt, murmura-t'il à moitié endormi, mais souriant.

-Blaine, mon chéri, lui répondit Kurt les larmes aux yeux.

-Je le savais. Je savais que tu viendrais me chercher.

-Te chercher ? Blaine, de quoi est-ce que tu parles ?

-Je savais que tu viendrais me chercher pour m'emmener au paradis avec toi, mon bel ange.

À ces mots, Blaine guida doucement la main de Kurt vers ses lèvres et l'embrassa. Kurt, lui, souriait et pleurait en même temps.

-Mon amour, j'étais tellement inquiet pour toi. Déjà, en arrivant à l'école, j'étais inquiet de ne pas te voir et de ne pas voir de signe de vie. Tu ne répondais pas à mes messages, ni à mes appels et quand je t'ai v t'évanouir, j'ai voulu courir vers toi, mais j'étais paralysé par le peur et, s'il te plaît, ne 'en veut pas pour ça. J'ai passé une journée d'enfer à me demander si j'allais, un jour, te revoir vivant. À un moment, j'ai cru que tu allais te réveiller amnésique et que tu allais m'oublier et je te jure que si je n'avais pas eu autant d'examens aujourd'hui, j'aurais volontiers sécher les cours pour passer ma journée avec toi et…

Blaine écouta Kurt débiter ses excuses, explications et etc à une vitesse vertigineuse. Pour Blaine, il n'ait aucune raison de s'excuser ; il se sentait seul coupable dans cette histoire. Il voulait le ménager et finalement, il n'a fait que l'inquiéter davantage. Kurt avait déjà traversé de très dures épreuves. Le fils de médecin n'avait pas le droit de lui en faire vivre de nouvelles.

-Mon ange, c'est moi qui suis désolé, pensa-t'il. Je t'aime.

Kurt continuait de parler à une vitesse tellement rapide qu'il était, à peine, possible de le comprendre. S'il avait pu, Blaine lui aurait sauté au cou pour l'embrasser avec une passion digne des plus grandes comédie romantique de tout les temps, mais il était beaucoup trop faible pour bouger et sa tête était beaucoup trop lourde pour se soulever de son oreiller. À la place, il se contenta d'attraper la deuxième main de son petit-ami qui gesticulait dans tous les sens.

-Hé, arrête, lui dit-il doucement, souriant au rouge qui couvrait les joues de porcelaine de Kurt. Mon ange, tu n'as rien à te reprocher. C'est moi qui aurait dû t'expliquer que ma situation familiale était compliquée et que je n'avais pas fait mon coming-out à mes parents parce que je craignais leur réaction. Je, j'avais tellement peur que ton anxiété revienne que… j'ai voulu te ménager, mais j'ai fait l'inverse. Je voulais juste que ton état de bonheur pur reste encore un peu sur les traits de ton visage.

Kurt se tût instantanément et ses yeux redevinrent humides.

-Comment peux-tu encore penser à moi, à mon bien-être, dans cet état ? demanda-t'il, visiblement très ému.

-C'est simple : je t'aime. Quand on aime vraiment quelqu'un, on pense à cette personne avant de penser à soi-même, lui répondit Blaine en plaçant les mains de son petit-ami contre son coeur pour qu'il puisse en sentir les battements.

Un court silence s'installa dans la chambre ; un silence durant lequel, Blaine garda ses yeux vissés à ceux de Kurt : caramel face à l'océan. Kurt reprit la parole en déclarant :

-Je te comprend mieux, maintenant. Je comprends mieux comment tu t'ai senti, il n'y a pas si longtemps, quand s'était moi, sur un lit d'hôpital, à peine sorti du coma parce qu'on m'avait frappé. À bien n'y penser, je crois que je préférais être le blessé.

-Pourquoi ? lui demanda le fils de médecin.

-Parce que je déteste de voir comme ça. J'aurais préféré que tu sois celui qui ailles bien, Blaine.

-Moi, c'est l'inverse. Je préfère mille fois mieux être dans ce lit et pouvoir admirer ton beau visage au joues roses plutôt qu'avoir peur de te voir mourir devant mes yeux.

-Quand j'ai eu le choix, j'ai décidé de redescendre pour toi, pour te déclarer mon amour et vivre heureux avec toi, pas pour que tu meurs dans mes bras.

De nouvelles larmes menacèrent de s'échapper des yeux du contre-ténor.

-Oh non, mon coeur ! Ne recommence pas à pleurer ! le supplia Blaine. Sinon, à force, je vais pleurer aussi. Je vais bien et je chanterai avec toi à la compétition.

-Je sais ce qu'on va chanter, affirma Kurt, d'un coup.

-Quoi donc ?

Lentement, Kurt se pencha pour chuchoter la réponse à l'oreille de Blaine. Le souffle chaud de son cher petit-ami contre son oreille faisait frissonné le fils de médecin. Il approuva son choix d'un signe de tête juste avant que celle de Kurt ne s'enfouisse au creux de son cou et qu'un baiser s'y pose. Soudain, un deuxième baiser se posa sur sa mâchoire, un troisième sur sa joue et un quatrième… sur ses lèvres. Un baiser tendre et doux, un baiser sucré, un baiser de Kurt.

-Chéri, je t'aime, murmura le beau contre-ténor contre les lèvres de Blaine.

-Moi aussi, je t'aime, mon ange, lui répondit Blaine.

Doucement, la tête de Kurt s'éloigna de celle de Blaine et se posa sur le torse du fils de médecin, l'oreille contre son coeur.

Blaine avait l'impression de rêver. Le paradis n'était pas au ciel, en fait. Soudain, sa petite voix intérieure se manifesta de nouveau.

-Tu es un idiot, Blaine, lui dit-elle sur un ton de reproche.

-Tiens, tu es revenue, toi ? lui rétorqua mentalement le fils de médecin.

-Si tu n'avais pas couru pour ne pas être en retard, tu aurais eu le temps de t'assoir près de lui et de lui expliquer. Tu aurais pu tout lui dire !

Blaine ne voulu pas laisser sa petite voix bien malicieuse lui gâcher un aussi beau moment.

-Ferme-la ! Écoute, toi et moi, on va faire un pacte : quand je suis avec mon bel ange, s'il te plaît, fiche-moi la paix à moins d'une urgence capitale. Moi, en échange, j'arrête de te chambrer. Ça marche ?

La petite voix ne répondit pas. Blaine prit son silence pour un oui.