Bon et bien ce deuxième chapitre n'étant pas du tout prévu initialement, je me retrouve un peu bête d'avoir classé cette fiction dans celles déjà terminées. Je ne sais pas du tout si je vais transformer cet OS en vrai fiction, donc, pour qu'il n'y ai aucune confusion, je vais la laisser avec le statut "Terminer".

Ce chapitre reprend la scène mais du point vue de Jon Snow cette fois-ci.

En attendant de savoir si je la transforme ou pas, je vous poste ce petit chapitre qui m'est venu hier soir.

Bonne lecture !


Il se sentait perdu. Bien sûr qu'il l'avait remarqué lors de la bataille de Durlieu. Même si à ce moment-là il les considérait tous de la même manière, il n'avait pu s'empêcher de la remarquer. Il s'était un peu plus attardé sur elle lorsqu'il les avait défiés du regard. Les autres suintaient de satisfaction face à tous les morts, et de haine lorsqu'ils s'étaient sentis vulnérable. Mais elle, elle était restait stoïque du début à la fin. Il n'avait vu aucune émotion émaner d'elle. Alors oui il se sentait perdu de la voir à sa porte en pleine nuit et encore plus de lire du soulagement dans ses yeux. Il n'avait pas pu empêcher son cerveau de se mettre en marche et de voir plus loin que la menace immédiate qu'elle représentait. Il voulait en savoir plus. Si elle était ici, ce n'était certainement pas pour envahir le château. Il devait en savoir plus.


Tormund l'avait complètement pris au dépourvu en la clouant au mur avec son épée. Lorsqu'il vit la surprise se loger sur son visage, il ne put s'empêcher d'être encore plus intrigué par son comportement. Il ne put se retenir de lui venir en aide, mais le sauvageon l'en dissuada bien vite en lui rappelant que personne n'avait survécu à son contact. Il les connaissait les histoires macabres que l'on racontait sur elle. A lui aussi, étant enfant, on lui racontait des contes sur la dévoreuses d'âmes pour l'effrayer et l'empêcher de faire des bêtises. Il y en avait tellement, toujours plus terrorisantes les unes que les autres. Mais elles avaient toutes un point commun. Si elle arrivait à vous attraper, elle vous glaçait jusqu'au tréfonds du cœur et emportait votre âme avec elle, vous obligeant à errer pour l'éternité.

Maintenant qu'elle se tenait devant lui et qu'il pouvait observer à loisirs ses traits, il n'y vit rien de plus qu'une jeune femme d'à peu près son âge. La grimace qu'elle arborait n'était pas une grimace de douleur. Cela ressemblait plus à une gêne qu'autre chose bien qu'il vit son sang jaillir. L'instant de surprise passée, il la vit matérialiser des sillons de glaces qui remontèrent la lame, se dirigeant tout droit sur la main de Tormund toujours accroché au manche, tout autant surpris qu'elle d'avoir osé la transpercer. Même ce réflexe de défense lui avait paru biaisé.

Elle n'avait rien tenté de plus contre lui alors qu'il avait essayé de la tuer. Elle était dangereuse s'était indéniable, il ne devait pas l'oublier. Mais elle était ici, à sa porte, pour une raison précise et il se devait de la connaitre.


Il l'avait fait rentrer dans sa chambre sous les protestations de son ami. Il s'était étendu en arguments pour le convaincre de les laisser seuls. Ils avaient finit par tomber d'accords. Il sortirait mais resterait devant la porte juste au cas où. Il s'était empressé de le mettre dehors et ne put s'empêcher de s'y adosser, las, une fois qu'elle fut refermée. A quoi cela servait-il qu'il soit maître en ces lieux s'il devait négocier chacune de ses décisions. Son regard retomba sur elle. Elle observait la pièce ce qui lui laissa le loisir d'en faire autant avec elle. Elle n'avait rien à voir avec les autres. Physiquement, son appartenance à leur camp ne se voyait que par ses deux prunelles bleues translucides. A part ça, elle avait un visage tout ce qu'il y a de plus normal, tout ce qu'il y a de plus humain. Il fallait qu'il l'interroge sérieusement sur ses motivations et le pourquoi du comment de sa présence ici. Il ne pouvait se laisser distraire par son comportement docile et inoffensif.

Elle fixait son épée. A chaque fois qu'il lui demandait la raison de sa présence, elle se mettait à fixer son épée. Si dans un premier temps il avait cru qu'elle était venu la lui dérober, il se rendit vite compte qu'il avait totalement tort. Il lui en posa des questions. Il l'en inonda même, mais il n'obtenait rien. Alors il était passé à des questions plus anodines. Il voyait bien qu'elle désespérait de ne pas pouvoir se faire comprendre. Lorsqu'il avait évoqué Durlieu, elle avait baissé la tête se soustrayant à son regard accusateur. Elle ressemblait à une enfant et semblait porter tout le poids du monde sur ses épaules. Une porte venait de s'ouvrir dans son esprit. Une porte qu'il pensait fermée à tout jamais.

Elle réagit enfin différemment lorsqu'il lui demanda son nom. Elle lui offrit un spectacle des plus étonnants. Même s'il avait passé toute sa vie dans le nord, il ne put s'empêcher de contempler avec émerveillement la neige tomber dans sa chambre. De gros flocons d'un blanc pur et apaisant. Il la préféré sans conteste à la pluie. Elle tombait silencieusement. Un sourire étira sa bouche depuis trop longtemps figée. Quelques heures avec cette fille lui redonnaient le sourire. Il n'était certes pas grand, mais il lui faisait du bien, au cœur et à l'âme. Il en était encore capable, alors qu'il s'était cru condamné à la peine et à la souffrance pour le reste de sa vie.

Il finit par lui reposer LA question. Elle lui tendit la main en réponse s'armant d'un petit sourire qui se voulait surement rassurant. Il ne put empêcher un sursaut de recul, les vieilles histoires ayant bercées son enfance refaisant surface malgré lui. C'était quitte ou double. Ou elle était sincère et il allait obtenir ses réponses, ou bien il s'agissait d'un piège et il serait bientôt mort et le seul rempart connu à ce jour contre eux serait surement détruit. Il hésita. De longues secondes. Il devait prendre la bonne décision pour tout le monde. Il ne réussit pas. Pendant la seconde qu'il lui fallut pour rentrer en contact avec sa main, il ne pensa qu'à lui et au bien qu'il ressentait depuis qu'elle était entré dans sa chambre.


Il avait eu le temps d'en voir assez pour comprendre ce qui l'avait motivé à prendre tous ces risques pour s'introduire dans le château. Il se senti même écrasé sous le poids de ses émotions qui avaient maintenant disparue. Elle avait lutté là ou beaucoup de monde aurait abandonné bien vite. Elle n'avait pas hésité une seconde à prendre des mesures radicales pour mettre fin à ses souffrances. Le fil des images se coupa brusquement. Elle regardait ses mains avec effroi à présent, s'éloignant de lui à grand pas pour finir figé en plein milieu de la pièce.

Ce qu'il vit le rempli de surprise. Son contact avait changé la couleur de sa peau. Il ne put y prêter plus d'attention car il la vit s'élancer précipitamment vers son lit pour récupérer l'épée qu'il y avait déposé lorsqu'il l'avait faites entrer un peu plus tôt. Elle semblait tellement perdue à présent. Elle ressemblait à un animal inoffensif pris au piège au terme d'une longue traque. Essoufflée, elle tenta de se dérober de sa prise en reculant plus haut sur le lit. Il finit par la restreindre au terme d'une courte lutte. Il avait besoin de réponses. Il avait pensé les trouver en la questionnant, mais au plus le temps passé en sa compagnie, au plus des milliers d'autres se formaient dans sa tête. Ce revirement de situation ne faisait qu'accentuer sa curiosité.

En un geste lent et mesuré, il tendit sa main vers elle. Ses yeux étaient exorbités d'horreur et lorsqu'il ne fut plus qu'à quelques millimètres elle émit un petit gémissement plaintif en fermant les yeux le plus fort possible. Cela ne l'arrêta pas. Lui, ce qu'il cherchait, c'était la paix. S'il avait trouvé un moyen pacifique de mettre fin à la guerre qui s'annonçait, il devait le savoir, en découvrir tous les tenants et les aboutissants. Des milliers de vie pourraient être épargné. Il le devait.


Il ne sentit aucune sensation particulière, mais sur elle l'effet fut immédiat. Une vague de ce qui s'apparentait à de la magie se répandit en elle, changeant le bleu pâle de sa peau de glace en rose, caractéristique des humains. Il la regarda s'émerveiller du phénomène, élevant sa fine main dans les airs pour mieux l'observer. Elle ne ressemblait plus à l'être terroriser d'il y a quelques instants. Elle reprit même complètement confiance en elle, car elle s'appuya sur lui pour se hisser sur ses genoux et lui faire face. Ses yeux changèrent en dernier et il s'émerveilla à son tour de découvrir leur couleur. Il n'en avait jamais vu de tels. Un bleu sombre profond parsemé d'éclats argentés pareil à la nuit et à ses étoiles. Merveilleux ! Il aurait pu rester des heures à les contempler comme il aimait déjà le faire avec le ciel lorsqu'il y cherchait des réponses. Un sourire vint fleurir son visage et il crut même entendre un son franchir la barrière de ses lèvres. Mais il dut se détacher de sa peau pour ne pas qu'elle s'écroule et vit avec tristesse la nature reprendre ses droits. Il se senti envahit d'une immense mélancolie. Comment avait-elle pu en arriver là ?

Les réponses étaient à portée de main maintenant. Elle les aiderait, il le savait. Il l'avait vu dans ses yeux. Elle ne leur voulait aucun mal.


Le fracas présent au dehors le fit récupérer son épée qui gisait dans un coin, mais ce ne fut que Tormund qui fit irruption dans sa chambre vociférant contre elle. Apparemment l'armée des morts était à leur porte et il l'en tenait responsable. Ce n'était pas logique. Pourquoi se serait-elle donné tout ce mal pour venir jusqu'à lui pour ensuite les attaquer avec son armée ? Était-ce une diversion ? Elle n'avait pas feinté la peur et la surprise, ça il en était sûr. Mais tout le reste, c'était possible. Il ne voulait pas y croire. Pas après ce qu'il venait de se passer. Pas avec tout ce qu'elle lui avait montré et ce qu'il avait pu lire dans ses yeux. Il ordonna à son ami de sortir et voulu la rassurer sur les déroulements des événements à venir.


Il se figea de stupeur et d'effroi. Il l'a pensé bien plus loin. Pourquoi avait-il relevé cette foutue lame. Il se senti désemparé quand il lut son pourquoi dans ses yeux. Elle avait été sincère. Il en était sûr à présent. Il retira son épée le plus rapidement possible de son abdomen et son cri déchirant lui retourna les entrailles. Elle s'écroula à ses pieds et il l'a rattrapa in extrémiste avant que sa tête ne heurte le sol. Il y avait du sang partout. Malgré son acharnement à compresser la plaie, il le sentait filer entre ses doigts. Des images similaires se superposèrent à la scène...

Il n'avait rien pu faire pour celle qui avait atteint son cœur. Ils étaient dans des clans opposés. Il l'avait trahi au nom de la garde de nuit, car s'était son devoir. Mais il n'avait en rien inventé les sentiments qu'il ressentait pour elle. Il fit immédiatement quémander Mélissandre. Si quelqu'un pouvait l'aider s'était bien elle. Elle l'avait fait revenir d'entre les morts après tout, elle pourrait bien éviter la sienne.

Il l'a vit papillonner des yeux. Il devait l'empêcher de sombrer. Il espérait que l'expérience qu'ils avaient vécu à peine une minute plus tôt lui avait fait changé d'avis sur le sort qu'elle se réservait. Mais il n'avait aucune certitude là-dessus. Est-ce que ce moment magique partagé entre eux pèserait vraiment dans une balance qui penchait depuis trop longtemps vers la mort ?

-"On va t'aider ! Mais il faut que tu gardes les yeux ouverts d'accords" Il se voulu rassurant mais il la savait condamné. Seul Mélissandre pourrait y faire quelque chose mais il n'en était même pas sûr. Il avait appris plus tôt qu'elle ne savait même pas pourquoi sa résurrection avait fonctionné car elle savait ne pas détenir ce pouvoir.

Elle lui répondit pas un sourire et cela le fit paniquer encore plus. Même s'il se voulait apaisant, il eut complètement l'effet inverse. Si sa réaction était à ce point sereine c'est qu'elle ne chercherait pas à lutter contre ce qui l'emportait.


Sur le coup de la surprise, aucun des deux ne remarqua qu'elle ne s'était pas dissoute et dispersée au vent. Sur le coup de la panique, il ne remarqua pas que son sang avait pris une teinte différente. Sous le poids des souvenirs, elle ne chercha pas à lutter contre cette vague de chaleur réconfortante qui l'envahissait peu à peu.

Le vide se fit dans ses yeux et les siens se remplirent de larmes.

-"Elyia..." Il ne la comprit pas et se pencha plus près au cas où elle reparlerait. "Elyia ... Stark" expira-t-elle. Son souffle se coupa sous le coup de la révélation, son cerveau se mettant à tourner à toute vitesse. Heureusement que Mélissandre choisit ce moment pour prendre le relais.

Stark ? Il ne connaissait aucune Stark de ce nom là...