On est repartis pour un tour et je voulais vous remercier pour toute vos vues qui m'encouragent à continuer et pour la review qui m'a énormément fait plaisir :D !

J'enchaîne avec un autre point de vue de Jon, mais je me dis que ça peut, peut être, très vite être lassant de faire un point de vue par chapitre, non ? Se serait peut être mieux si je mixais les deux, qu'en pensez-vous ?

En attendant vos avis, je vous souhaites une bonne lecture. J'espère que ce chapitre vous plaira autant que les autres :) !

A très vite !


Mélissandre l'avait éloigné de son corps. A peine l'avait-il lâché que Tormund s'était précipité sur lui pour le ramener à la réalité : L'armée de morts à leurs portes. Il l'entraîna vers la fenêtre, hurlant à ses oreilles qu'ils étaient perdus et qu'elle n'avait été qu'un leurre. Il entendait sa respiration laborieuse, ses poumons s'emplissant petit à petit de sang, et les incantations de Mélissandre. Il n'y avait que ça qui tournait en boucle dans sa tête. Il était paralysé par tout ce qu'il s'était passé jusqu'à maintenant. Tout ce poids qui tombait sur ses épaules, lui, le bâtard de la famille Stark.

-"JON"

Il tressaillit à l'entente de son prénom et ce fut la rumeur de la horde de mort-vivants qui emplit ses oreilles lui déclenchant des sueurs froides. Ils avaient perdu le plus grand espoir qu'ils n'avaient jamais eu pour les défaire. Elle savait tout d'eux et il l'avait tué. Elle devait les aider. Elle devait encore lui montrer comment les battre. Il remonta ses mains tremblantes maculées de sang sous ses yeux. C'était trop tard. Son souffle était court. Il sentait le manque d'oxygène l'anesthésier petit à petit.

-"Jon..."

Il releva les yeux lorsqu'il se sentit secoué. Ils chargeaient, faisant trembler le sol. Ils étaient tellement nombreux que leur pas soulevait la neige alentour, créant rapidement un immense nuage blanc. S'il ne les avait pas vus avant, il aurait pu penser qu'une simple tempête de neige s'abattait sur eux. Mais il n'en était rien. Ils étaient perdus et tout serait de sa faute.

Pourtant, une seconde plus tard, le bruit se fit moins assourdissant, moins intense. La rumeur s'étouffa, ne devenant peu à peu qu'un murmure. Le nuage compact qu'ils formaient se dissipa et la stupeur les saisit tous. Ils les virent s'affaisser dans la neige, rouler et agoniser. Tout fut finit en quelques instants. La scène était surréaliste. Seul persistait un halo de particules redescendant doucement et silencieusement vers le sol.

-"Elle est morte" La voix de Mélissandre venait de s'élever, brisant le silence. Il tourna la tête regardant son corps qui gisait sur le sol.

Il se précipita sur elle, regardant Mélissandre avec colère. Même s'il ne savait pas par quel miracle ils avaient échappé au pire, il avait besoin d'elle pour défaire le Roi de la Nuit.

-"Elle nous a sauvé" Il releva des yeux étonnés vers la sorcière. "Elle savait. Elle m'en a empêché." Lui qui pensait lui avoir donné le choix et la motivation de se battre pour rester en vie, il n'avait fait que la torturer un peu plus, lui redonnant un espoir qu'elle se savait interdit. La colère qu'il ressentait à présent était toute diriger contre lui. Ses mains ne tremblaient plus de peur mais de rage. Il rassembla le maximum de détermination qu'il put pour arrêter de trembler et passa la main dans ses cheveux.

-"Pardon"


Il avait cherché pendant des heures et des heures. Il connaissait par cœur son arbre généalogique assistant au même cours que ses frères et sœurs étant enfant. Aucun Stark du nom d'Elyia ne lui revenait en mémoire. Après que son corps fut transporté en chambre funéraire, il s'était dirigé dans la salle des archives pour vérifier ce qu'elle avait dit.

Rien. Il n'avait rien trouvé. Aucun enfant, aucun mariage ne rajoutait cette femme à sa famille. La grande porte s'ouvrit avec grand bruit, laissant passer le nouveau Mestre.

-"Avez-vous trouvé ce que vous cherchiez Lord Stark ?"

-"Cet arbre généalogique est-il complet ?" C'était celui-ci qu'on lui avait appris. Le mestre s'approcha de lui pour examiner le parchemin de plus près. Il retira ses lunettes et posa ses petits yeux persans sur lui.

-"Il y a une vieille histoire qui raconte qu'il y a fort longtemps, une jeune fille alla braver le Roi de la Nuit car il lui avait enlevé son frère. Tout le monde la connaissait comme étant quelqu'un de doux et de serviable. Elle aidait tout le monde, ne regardant absolument pas s'ils étaient de basses extractions ou non. Seul sa famille savait qu'elle combattante émérite elle pouvait être. Elle se devait de préserver l'étiquette aux yeux du monde. Ses parents la supplièrent de renoncer à cette folie, mais elle refusa. Elle l'aimait trop et ne voulait pas le laissait entre ses mains." Interrompant son discours, il se dirigea vers une allée et il ne put s'empêcher de le suivre, l'enjoignant de continuer son histoire. "Alors elle partit. Seule. Elle brava tous les dangers et remua ciel et terres pour le retrouver, abandonnant sa famille et ses amis. Son mari." Il posa sur une petite desserte un vieux parchemin qu'il déroula avec précaution.

-"Et ?" s'impatienta-t-il

-"Nous ne connaissons pas la suite. Plus personne ne l'a jamais revue. Ah !" Il regarda ce que lui indiquait le doigt du mestre. "En revanche, nous savons comment s'appelait cette jeune femme." Il ne pouvait pas y croire. Son nom était écrit noir sur blanc sur ce parchemin. Elyia Stark née Umble.

-"Comment connaissez-vous cette histoire ? Pourquoi n'apparait-elle pas sur le parchemin de ma famille ?" Le sourire du mestre lui rappela le souvenir du leur. Il était plein de bienveillance.

Son doigt se dirigea vers le haut du parchemin. Il le suivit du regard. Que voulait-il lui montrer ? Qu'avait-il raté de si évident ?

-"Il y a des choses dont ne veux pas se rappeler..." Il s'attendait à ce qu'elle ne soit pas de leur âge. A ce qu'elle ait des centaines d'années, peut être atteignait-elle bientôt le millénaire.

Cela aurait expliqué qu'elle n'apparaisse pas sur leur arbre généalogique. Mais il ne s'attendait surement pas à ça...

-"Elle est vivante !" Un des gardes fit irruption dans la bibliothèque, interrompant leur échange. Avait-il des hallucinations auditives ? Ou était-il encore trop choqué par ce qu'il venait de découvrir.

-"Elle est vivante Lord Stark !"


Il parcourait les couloirs à toute allure se posant mille questions. Mélissandre lui avait certifié qu'elle n'avait rien pu faire pour la sauver. Qu'elle l'en avait empêché. Avaient-ils tous la même capacité de se régénérer seul ? Il en venait même à se demander s'il avait vraiment vaincu cet Autre à Durlieu. C'est l'impression qu'il en avait eu en tout cas lorsque le Roi de la Nuit l'avait regardé avec rage. Et puis il s'était désagréger et pas elle. Il n'en avait pas eu conscience sur le coup. Il était partagé entre la peur de ce que cela pouvait impliquer et le soulagement de ne pas l'avoir vraiment tué.

Sa sœur l'accosta au détour d'un couloir, mais il ne l'écouta pas. Elle dut lui barrer la route pour avoir toute son attention. Elle lui posa plein de questions concernant l'attaque avortée du matin. Elle ne semblait pas au courant de sa présence entre leur mur et il en était mieux ainsi. Ils n'étaient que très peu à le savoir et cela devait rester ainsi le plus longtemps possible. Si sa nature venait à se savoir, elle serait lynchée sur la place publique et il n'aurait d'autre choix que de l'exécuter lui-même. Il avait déjà vu son père forçait à condamner des hommes par devoir, les règles l'imposant, la population ayant l'esprit bien trop étriqué. Il voulait à tout prix l'éviter. Ils ne pouvaient pas se le permettre. Maintenant qu'elle était revenue, il y avait de nouveau une chance pour qu'il puisse les repousser.

Il ouvrit la porte sans douceur aucune et tomba sur une pièce vide. Il entendit du bruit tout à côté et reprit sa marche avec détermination. Il avait réussi à ralentir la cadence de ses pas et à calmer les battements de son cœur quelques mètres avant d'atteindre la porte. Il ne voulait pas l'effrayer se souvenant avec amertume l'état dans lequel lui-même s'était retrouvé lorsqu'il avait ressuscité. Heureusement qu'il n'y avait eu personne dans la pièce car il n'avait pas pu refréner son geste trop brusque lorsqu'il était entré. Il resta planter une seconde devant la porte, se reprenant du mieux qu'il put et entra avec plus de douceur cette fois. Mélissandre était à sa gauche, pliant des vêtements sur une table. Il ne s'attarda pas sur elle, déviant son regard sur le reste de la pièce pour la trouver.

-"Elle sera là dans une minute" lui révéla la sorcière. Il hocha la tête et referma la porte, s'avançant au milieu. Il ne savait plus où se mettre à présent.

Comment se comporter avec elle lorsqu'elle les rejoindrait. Quel serait sa réaction lorsqu'elle le verrait ? Il l'avait tué après tout, sa réaction il pouvait aisément la deviner. Il se fustigea silencieusement de sa bêtise. Il devait être la dernière personne qu'elle avait envie de voir. Il en était là dans ses pensées quand la porte grinça et tourna sur ses gonds. Elle s'ouvrit bien trop lentement à son gout et il dut réprimer son envie de la faire voler contre le mur. Il se dandinait sur lui-même, impatient et mal à l'aise. Que dire ? Que faire ? Son sang battait contre ses tempes, l'empêchant de penser correctement. Elle apparut enfin dans son entièreté. La couleur de sa robe contrastait avec la blancheur de sa peau. Elle était en revanche en complète adéquation avec la couleur de ses yeux. Bleue. Le bleu qu'il avait découvert en la touchant et devant lequel il s'était émerveillé. Le bleu qui faisait d'elle une humaine. Elle détourna les yeux sous son regard instant, il vit même ses joues légèrement se colorer, mais il n'osait toujours pas bouger. Elle n'avait pas encore engagé de représailles et il ne voulait pas gâcher ce moment par des paroles maladroites.

-"Lord Stark ?" Il se devait pourtant de lui parler et Mélissandre venait de se charger de le lui rappeler. Au moins pour savoir si elle se sentait bien après l'épreuve qu'elle avait traversé et ce par sa faute. Il s'avança vers elle à pas lent au début pour ne pas l'effrayer. Lorsqu'il vit qu'elle ne redoutait pas son approche, il y mît plus de conviction et se retrouva planté à deux pas devant elle. Elle remonta son visage vers lui et ses yeux s'ancrèrent dans les siens.

-"Comment.." Il se racla la gorge pour éclaircir sa voix, son début de phrase ressemblant à un râle. Il vit un mince sourire fleurir sur ses lèvres lorsqu'il reporta son attention sur elle. Il ne savait même pas quoi lui poser comme question.

-"Merci"


Il ne pouvait s'empêcher de la fixer. Elle n'avait plus prononcé un mot depuis qu'ils avaient rejoint sa chambre. Encore une fois il se rendit compte trop tard de sa maladresse. La ramener à l'endroit où il avait eu la délicatesse de lui ôter la vie ne semblait pas être des plus appropriés. Il se sentait tellement bête. Il ne pensait clairement plus correctement quand elle était concernée par ces décisions. Il observa sa réaction, mais elle ne sembla pas s'émouvoir un instant d'être à nouveau dans la pièce qui l'avait vu mourir. Elle finit d'ailleurs par s'asseoir d'elle-même à la place qu'elle avait prise la nuit passée. Elle attendait sagement qu'il se décide à parler à nouveau. Il n'y arrivait pas. Il était bien trop choqué par tout ce qu'il venait de se passer. Toute la détermination qu'il avait eue en entrant dans les sous-sols s'était envolée lorsqu'elle était apparue sous ses yeux.

-"Je vais devoir partir"

Il reçut sa phrase en plein cœur et de l'hébétement, il passa ensuite à l'incompréhension.

-"Je ne veux pas vous mettre plus en danger"

Il en était hors de question ! Elle resterait avec eux et leur en apprendrait le plus possible sur ce qu'ils devraient exactement affronter. Il ne la laisserait pas entrer dans sa vie pour la mettre sens dessus dessous et repartir comme si rien ne s'était passé. Il pensait qu'elle s'était ralliée à leur cause, mais au final, elle n'avait été là que pour servir ses propres intérêts.

Il ne la laisserait pas partir. Il l'a mettrait aux fers si nécessaires, mais il ne la laisserait jamais passer la grande porte.


La discussion qui suivit n'en fut pas vraiment une. Il passa le plus clair de son temps à lui crier dessus, extériorisant toute sa frustration, mais elle ne s'énerva à aucun moment. Il était délibérément dur dans ses mots et avait vu plusieurs fois son regard se voiler de tristesse. Mais cela ne l'arrêta pas. Il devait la convaincre par tous les moyens de rester avec eux sans avoir recours à l'emprisonnement. Elle ne parlerait pas dans ce cas-là.

-"Il va venir"

-"Qui ?" avait-il scandé, exaspéré par son manque de réaction.

-"Mon frère"

-"Comment viendrait-il ici ? Aucun des Marcheurs Blancs ne peut passer le mur !" Un sourire sarcastique vint orner son visage et l'horreur de la situation le prit de plein fouet. Elle était un marcheur blanc et elle n'avait eu aucunes difficultés à venir jusqu'à lui. Elle dut voir la peur envahir ses traits car elle recommença à parler.

-"Il est trop tôt, mais le jour viendra" Il se précipita à ses côtés, prenant ses mains entre les siennes au passage.

-"Tu ne peux pas partir ! Tu dois nous aider !" l'implora-t-il. Elle le regarda sans ciller pendant de longue seconde et son regard finit pas se baisser. Elle souleva une de ces mains et la retourna, dévoilant son poignet.

-"Je t'ai aidé"

Il regarda à son tour ce qui lui permettait de dire qu'elle leur avait déjà apporté son aide. Il avait complètement oublié la marque qu'elle lui avait transmise. Même la douleur qu'il avait ressentie ne s'était pas rappeler à lui.

-"Je ne sais même pas comment m'en servir ! Reprends le et aide nous !"

-"Je n'en ai plus le pouvoir"


Il allait abattre sa dernière carte. C'était un coup bas, mais elle devait tout de même se doutait qu'elle ne retrouverait plus personnes de sa vie d'avant. Il n'avait vu aucune réaction de sa part lorsqu'il lui avait pris les mains. Quelques heures plus tôt, il était celui qui déclenchait quelque chose de mystique chez elle. A présent, c'est elle qui suscitait des réactions étranges et inattendues chez lui. Un long frisson l'avait parcourue lorsque sa peau était entrée en contact avec la sienne. Même si la connexion n'était plus visible, il la sentait encore. Elle était ténue, mais il l'avait tout de même ressentit. C'est ce qui l'avait décidé à jouer son dernier coup, aussi bas soit-il. Il s'était levé brusquement et avait rejoint son imposant bureau, retrouvant le parchemin qu'il avait découvert plus tôt. Le Mestre était passé le déposer dans sa chambre à sa demande lorsqu'il était parti la rejoindre dans les tréfonds du château. Il ne comptait pas s'en servir comme arme contre elle. Il voulait simplement l'aider à se rappeler d'où elle venait. Mais les choses venaient de changer et il allait prendre tourner ces informations à son avantages.

-"Sais-tu depuis combien de temps tu as quitté le monde des hommes ?"