Bonsoir ! Je commence par m'excuser d'avoir mi autant de temps avant de publier à nouveau... Je suis prise dans un déménagement qui n'en finit plus ...

Enfin bref, voila la suite de l'histoire. Se sera le dernier chapitre qui contiendra un seul et même point de vue.

J'ai fais quelques recherches et je n'ai trouvé nulle part un dictionnaire de la OldTong, so, je la remplace par de l'anglais :p ! Si vous avez des liens à me proposer, je suis grandement preneuse !

En tout cas, merci pour toute vos vues :D elles me font très plaisir !

Un merci particulier pour Tendevils ;p pour ses reviews et pour ses idées !

Sur ce Bonne Lecture !


C'était donc ça mourir ? Elle avait le droit à la paix après tout ce qu'elle avait fait ? Tout le mal et la peur qu'elle avait propagés pendant toutes ces années. Elle pensait devoir rendre au centuple la souffrance et la mort qu'elle avait infligé. Mais elle s'était trompée. Elle ne sentait pas vraiment ce qui l'entourait. Elle se savait dans un endroit calme et réconfortant. Elle avait même déjà oublié la douleur cuisante que lui avait infligée le coup d'épée. Elle avait passé une nuit hors du temps, redécouvrant le monde des humains.

De la lumière se fit autour d'elle et elle se vit flotter. Ce qui l'entourait n'était pas de l'air. Cela ressemblait plus à un liquide visqueux dans lequel elle pouvait tout de même se mouvoir. Elle paniqua dans un premier temps, un sentiment oppressant de mort imminente la saisissant. Elle tenta de remonter vers la surface mais ses gestes étaient lents et lourds. Evidemment qu'elle devait payer toutes les vies volaient injustement. Comment avait-elle pu imaginer le contraire ?! Elle se devait de l'accepter, mais il était dur à présent de se résigner à subir les tortures qu'elle avait autrefois infligées. Pendant combien d'années avait-elle infligé cela ? Combien de personnes avait-elle tué ? Devrait-elle rendre chaque mort ? Elle n'aperçut aucune surface, aucun moyen de s'extirper de ce tombeau silencieux. Seul un faisceau de lumière lui permettait de voir son corps se mouvoir au gré du courant. Elle ne coulait pas ni ne remontait vers la surface. Elle errait au milieu de ces eaux sombres.

Le faisceau braqué sur elle se mit à déverser un flot d'images sans discontinue. Des visages, des cris, des pleurs, et toujours ses yeux affreusement vides et bleus. Toutes les traques, les courses poursuites, les batailles et les carnages lui étaient montrés. Les images l'entouraient. Ou qu'elle détourne son regard, elles apparaissaient encore plus saisissantes que précédemment. Elle ferma les yeux dans une ultime tentative mais même là, sous ses paupières closes, elle les vit. Chaque visage. Chaque femme, chaque enfant. Elle sentait maintenant. Elle s'était préservée tellement longtemps de tous sentiments, et maintenant qu'elle n'avait plus aucune prise sur eux, ils revenaient la posséder avec une violence inouïe. Elle hurla à s'en déchirer les poumons, encore et encore pour évacuer toutes les souffrances qui semblaient ne plus vouloir la quitter. Elles s'insinuaient au travers de son corps laissant une traînée brûlante après leur passage. Et cela revenait par vagues ne lui laissant aucun répit. Si elle avait cru ressentir la pire douleur au monde lorsqu'il l'avait transpercé, elle s'était lourdement trompée.


Elle reprenait son souffle. Elle respirait dans cette purée de pois. Cela eu au moins le mérite de la détourner un instant des images qui l'assaillaient. Cela ne s'arrêterait même pas lorsqu'elle n'aurait plus d'air. Elle n'allait pas mourir. Elle allait subir la folie de son frère et sa reddition pour l'éternité. Elle avait obéis... Mais elle n'en n'était pas moins responsable. Son corps allait être conservé grâce à cette chose qui l'enveloppait et son âme allait se consumer à petit feu. Elle n'avait fait preuve d'aucune pitié pendant toutes ces années. Personnes n'en aurait pour elle.


Les images saccadèrent. C'est ce qui la fit sortir de la transe dans laquelle elle se trouvait. Le film des événements semblait perturbé. L'air lui manqua aussitôt. Les règles venaient apparemment de changer. Elle allait devoir subir une autre sorte de châtiment, celui-là étant surement juger trop doux pour expier ses fautes. Elle sentit la pression autour d'elle se faire plus légère. Le liquide qui l'entourait semblait perdre de sa densité, se transformant peu à peu en liquide. La lumière vacilla, puis se mit à clignoter. Le changement de décor ne se ferait surement pas en douceur. Le courant calme se transforma en véritable tempête. Elle était ballottée dans tous les sens et elle se sentait entraîné vers le fond. Elle lutta inutilement pour remonter. Elle savait qu'il n'existait aucune surface, mais se fut un réflexe qu'elle ne put réprimer. Battant à tout allure des pieds et des mains, il lui sembla une seconde que sa main avait rencontré de l'air. La surprise passée elle recommença à se débattre avec encore plus de force. Tout n'était peut-être pas perdu. Une lumière vive l'obligea à se protéger les yeux et un courant plus puissant que les autres l'emporta définitivement vers les profondeurs. Un cri de désespoir franchit ses lèvres, expirant tout l'air qu'elle avait gardé. Une main tendue vers les hauteurs en un ultime appel à l'aide.


L'air entra avec fracas dans ses poumons l'empêchant de crier sa douleur. L'eau avait fini par se vider complètement alors qu'elle était aux portes de l'inconscience. Elle toussa violemment, se tournant sur son flanc pour ne pas s'étouffer avec ce qui lui restait dans la gorge. Elle ne put empêcher les larmes de venir. La paix. Elle avait toujours voulu la paix et sa vie n'avait été que chaos et destruction. Les mots n'auraient pu décrire avec profondeur tous les sentiments dévastateurs qui l'étreignaient, rendant sa respiration laborieuse. Elle avait souhaité la mort et même ça ne lui avait apporté rien de bon. Elle avait tout donné aux personnes qu'elle aimait de son vivant, répandant sa joie de vivre à qui la voulait et même aux autres. Cela ne pouvait pas un peu compter dans la balance ? Elle se recroquevilla sur elle-même, fermant les yeux à s'en faire mal et attendit la prochaine épreuve, la prochaine torture. Elle pouvait s'attendre à tout. Si la première avait été morale, la deuxième serait surement physique.


-"Vous êtes vivante !" s'exclama une femme entièrement vêtu de rouge. Cela la fit sursauter et chercher des yeux la source de la voix. Elle s'était trompée. On allait la torturé en l'habituant à la douceur de la vie pour ensuite la replonger dans la mort et ses milles tourments.

-"Comment est-ce possible ? Vous m'en avez empêché !"

Vivante ? Elle regarda ses mains et ses yeux s'ouvrir en grand. Sa peau avait une couleur normal. Elle remarqua aussi qu'elle était complètement nue et referma ses bras contre sa poitrine et ses jambes pour cacher son intimité. Pourquoi ? Il y a quelques secondes, elle était vouée à une éternité de châtiments, et maintenant elle était vivante ? Elle ne savait plus quoi penser. Devait-elle s'en réjouir ? Tout était tellement perturbant depuis qu'elle avait passé les portes de ce château. La femme s'avança vers elle et lui tendit une étoffe qu'elle s'empressa de passer autour d'elle. Maudite, morte, piégé et finalement vivante. Quelle logique y avait-il à cela ? Dans quel monde de fou était-elle née ? Ses méninges se mirent à tourner à une allure folle. Ce dont elle était sûre, c'est que rien n'arrivait par hasard et que son retour avait un but bien précis, mais lequel ? La femme l'invita à la suivre, et malgré son cerveau brumeux, elle consentit à le faire. Elle l'emmena dans une autre pièce, non loin de celle qu'elles venaient de quitter. Elle demanda à un des soldats qu'elles croisèrent de rester devant la porte et elle la laissa seule.

Un frisson la secoua et elle s'extasia lorsqu'elle aperçut la réaction de sa peau. Elle avait froid. Elle avait froid ! Cette sensation n'était pas qu'une réminiscence, une impression qu'avait son corps de le ressentir. Non ! Elle le ressentait vraiment et la chair de poule qui s'était propagé tout le long de son corps en était la preuve tangible. Elle avait envie de pleurer de joie, son visage se tordant en une grimace tant ses sentiments étaient partagés entre les pleurs et l'excitation.

Elle laissa tomber l'étoffe qui la recouvrait. Un soupir traversa ses lèvres lorsque le tissu glissa contre sa peau. Même ça elle l'avait oublié. Elle se délecta du froid mordant qui la prit au corps, fermant les yeux pour apprécier pleinement la sensation. Elle ne savait pas où elle se trouvait exactement, mais peu importait. Elle se savait seule jusqu'au retour de la femme en rouge. Elle revint bien trop tôt à son gout et elle due se couvrir rapidement avant qu'elle n'entre dans la pièce. Elle lui tendit plusieurs morceaux de tissu. Cela devait surement être des vêtements.

-"Vous pouvez vous changer dans l'autre pièce." Elle lui indiqua la direction à prendre de la main.


Les choses avaient bien changé. Elle le voyait rien qu'aux vêtements qu'elle observait maintenant depuis quelques minutes. Il y avait tellement de tissu, que lorsqu'elle avait essayé de simplement passer sa tête dans le col elle avait failli s'étouffer. Elle n'osa pas redéranger la sorcière et s'attela à soulever couche par couche les pans de la robe.

Enfin ! Elle finit d'en lisser les plis lorsque du bruit se fit dans la pièce ou on l'attendait. Il était là. Il était revenu pour la voir et un sourire fleurit sur son visage. Mais sa joie retomba tout aussi rapidement qu'il était arrivé. La peur prit place et la réalité la rattrapa. L'image de son frère s'imposa à elle. Elle ne pouvait pas rester ici et se reconnecter à la vie en société. Elle était reconnaissante de ce qu'il avait fait pour elle, mais il lui faudrait encore fuir jusqu'à qu'il soit mort et que toute menace soit anéantit. Si elle restait ici, elle mettrait inutilement sa vie en danger et elle ne le voulait pas. Pendant un instant, l'envie de rester à ses côtés lui avait paru possible. Un instant d'égarement où dans cette vie elle aurait pu passer des jours heureux. Elle se fustigea pour s'être laissé aller à divaguer et finit par reprendre ses esprits. Après avoir soufflé un bon coup pour se redonner du courage, elle se décida enfin à passer le pas de la porte et à mettre à exécution ses nouvelles résolutions.

Elle le remercia et ne put s'empêcher de sourire face son air perdu. Elle ne pensait pas qu'il allait s'acharner à ce point. Il avait une idée bien précise en tête de ce qu'il attendait d'elle et il ne voulait rien lâcher. Il avait était posé et patient au début, mais lorsqu'il avait compris qu'il s'opposait à un mur, il avait commencé à s'agiter et à hurler. Elle ne pouvait pas rester. Elle lui avait expliqué pourquoi, mais il n'avait rien voulu savoir. Il avait été blessant. Mais peu importait la manière dont il s'y prenait. Elle ne resterait pas. Il l'a retrouvé. Elle s'étonnait d'ailleurs qu'il ne l'ait pas déjà fait. Il ne pouvait pas encore passer le mur, mais rien ne l'empêchait de se manifester. Elle le savait. La seule chose qui restait à déterminer, c'était le moment qu'il choisirait pour le faire. C'était bien son genre de torturer au possible sa proie, transformant l'attente en une lente agonie. Le pauvre bougre qu'il avait pris pour cible finissait par se tortiller lamentablement au sol, suppliant presque qu'on l'achève pour ne plus subir son courroux.


La sentence tomba. En une phrase, il fit dégringoler son cœur au fond de sa poitrine. 10 000 ans... Elle secoua la tête n'y croyant pas. Cela ne faisait pas aussi longtemps. Elle n'avait pas vu tant d'années passer, ce n'était pas possible. Il lui mit un parchemin sous les yeux lorsqu'il la vue réfuter ses dire. Sous ses yeux s'étalait un arbre généalogique au nom de la famille Umble. Elle ne mit qu'une seconde à s'y retrouver et ne put que constater la vérité. Sa date de naissance s'étalait à l'encre noire, suivit de près par celle de sa mort. 11 263 ans depuis ce jour. Elle s'en souvenait tellement bien pourtant. Comment un souvenir aussi lointain pouvait-il être encore aussi vivace dans sa mémoire ? Elle ne put réprimer ses larmes lorsqu'un trait plus haut elle vit le nom de sa mère relié à celui de son père. Elle y posa un doigt et suivit le relief créé par l'encre au fil des années.

-"Mother" Sa voix se réduit à un souffle ténu. Ce simple mot lui avait encore plus serré la gorge "Forgive me. I should have listen. I'm so sorry." Elle savait très bien qu'elle n'était pas de ce temps, qu'il aurait été difficile pour elle de s'y acclimater. Mais elle y serait arrivée par la force des choses. Elle ne pensait pas avoir autant erré sur cette terre. Le désarroi et la solitude s'emparèrent de tous ses sens. Une fois son frère mort, il ne resterait plus aucun témoin de sa vie d'antan. Plus aucune personne vers qui se tourner et qui la comprendrait en un seul regard. Elle sentit à peine l'homme s'asseoir à ses côtés et prendre sa main.

-"Reste au moins quelques jours. Le temps de réfléchir." Elle hocha la tête par automatisme trop perdu dans ses souvenirs et son mal être. Toute la face du monde avait dû changer et elle se retrouvait seule pour l'affronter. Elle avait troqué une vie d'errance pour une autre faite des mêmes tourments. N'était-elle vouée qu'au malheur ? Etait-ce sa malédiction personnelle ? Avait-elle fait le bon choix en allant à l'encontre de la seule personne encore vivante qui tenait à elle ?

Elle n'en était plus sûr à présent...