Bien le bonjour ! Me revoila après une longue absence...
Je vous dois un grand merci pour l'intérêt que vous portez à ce texte. Je ne m'y attendais pas du tout.
Comme j'ai pu vous le dire, je ne comptais faire qu'un OS à la base, sans savoir vraiment ou j'allais. les choses se précisent, mais à cours termes malheureusement. Je n'ai pas encore tous les éléments en tête, mais j'ai la fin :D ! Je vais vous demander une petite faveur et j'espère que vous ne m'en voudrez pas trop, mais cela risque de prendre du temps entre chaque chapitre... :( ! Ce que je peux d'or et déjà vous dire, c'est que l'histoire sera courte dans le temps. Les événements vont s'enchaîner et il devrait y avoir une quinzaine (20 maximum) de chapitres avant la fin.
Voila donc le premier chapitre multi-point de vue et il y en à d'ailleurs un autre qui s'est glisser à la fin. Merci à Tendevils de son idée :D !
Sur ce Bonne Lecture et je fais le plus vite possible c'est promis ;) !
Elle n'avait pas arrêté de pleurer depuis qu'il lui avait montré le parchemin. Elle n'en avait même plus vraiment conscience. Les larmes se contentaient de dévaler ses joues en fil continu. Aussi nombreuses puissent elles être, elle ne lui ôterait pas le poids qui écrasait sa poitrine. Tant d'années et de vies engloutis pour satisfaire la soif dévorante de pouvoir et de vengeance de son frère. C'était injuste ! Injuste qu'elle est gâché sa vie paisible et sereine auprès de sa famille pour celui qu'elle pensait être un modèle, mais qui n'avait pas hésité une seconde à renier tout ce qu'il était pour l'amour d'une Autre. Et encore. Cela elle pouvait le comprendre. Elle avait contredit ses parents qui voulaient le renier pour aimer quelqu'un de différent. Mais elle connaissait son frère. Il n'aurait jamais pris cette décision s'il n'était pas sur de ce qu'il ressentait. C'était lui le plus modéré de la famille. Un émissaire de la Nightwatch c'était un jour présenté à leur porte, rapportant l'avoir vu aux prises avec un whitewalker, se défendant bec et ongles pour sa vie. Son sang n'avait fait qu'un tour et elle était partie à sa recherche, ne supportant pas l'idée qu'il soit seul et abandonné au-delà du mur, sans personne pour lui venir en aide. Son frère avait beau avoir pris la tête des autres, il n'en était pas moins qu'un rouage.
Mettre fin à toute menace venant de ce peuple était impossible. De vague rumeur étaient parvenues à ses oreilles. Elle ne s'était pas lancé à sa recherche il y a de ça tant d'années en pensant qu'à la force de son bras elle pourrait l'arracher à leur griffes. Elle n'était pas folle à ce point. Elle ne se doutait pas à ce moment de la place qu'il occupait auprès d'eux. C'était ce qui l'avait perdu. Elle pensait le sauver, alors que c'était ce qu'il voulait. Mais à quoi bon l'entraîner dans cette vie misérable. A quoi bon la faire souffrir mille et une morts alors qu'il savait qu'elle était la plus à même de le comprendre. Une question de plus qui restait sans réponse. Elle se sentait fatigué. Comme si le poids du monde reposait sur ses épaules. C'était un peu le cas d'après l'homme. Selon lui elle était la clef leur permettant de défaire le Roi de la Nuit. Foutaises ! Elle n'avait été que son pantin. Il l'avait accompagné dans une chambre et lui avait parlé tout le long du chemin. Cela n'avait ressemblait qu'à un bourdonnement lointain tant elle était dans ses pensées, repensant au jour où tout avait commencé.
Elle n'avait pas vraiment ressenti de douleur lorsqu'elle avait chuté de la falaise. La horde de mort-vivants qui l'y avait précipité avait plus ou moins amorti le choc, aussi impensable que cela puisse paraître. Ils ne l'avaient pas attaqué pour la tuer, seulement pour l'immobiliser. Elle n'avait pas pu s'enfuir pour les mêmes raisons. C'est là que la douleur était apparue. Lorsque son regard avait croisé le sien. Elle avait senti son sang se figer, ses poumons se glacer, son cœur affolé avait ralenti progressivement jusqu'à s'arrêter complètement. Elle n'était pas morte. Il l'avait transformé. Elle ne voulait plus penser à ça mais son cerveau fonctionnait malgré elle. Ce n'est que quand son corps nouvellement retrouvé se rappela à elle, qu'elle sombra dans le sommeil.
Il avait réussi à la convaincre de rester. Il avait changé sa façon de lui annoncer mais finalement elle aurait sûrement réagis pareille même s'il y avait mis les formes. Il avait rejoint sa chambre à son tour et avait senti le poids de cette interminable journée s'abattre sur ces épaules d'un seul coup. Il se sentait tellement lasse. Il avait tellement de responsabilités. Il se regarda dans la glace et vit un reflet effroyable. Quand il était encore sur le mur, il s'était déjà vu changer. Mais là cela dépassait de loin ce qu'il avait déjà pu voir, même à son retour d'entre les morts. Les événements prenaient un cours étrange et il sentait l'urgence de la situation le prendre à la gorge. Il fit glisser sa cape de fourrure à ses pieds et déjà le monde redevint plus léger. Sans elle sur ses épaules, il pouvait apercevoir le jeune homme qu'il était avant que tout cela ne commence. Celui qui était parti au mur confiant de son avenir et sûr qu'il pourrait faire la différence. Il avait fait bien plus que ça ! Il l'avait même trop fait et il en avait payé le prix fort. Le reste de ses vêtements ne tarda pas à suivre et il se retrouva torse nu à contempler, impuissant, les marques de la trahison. Son cœur se serra. Oli... Il n'avait jamais vu tant de haine dans un regard. C'était un enfant et il ressentait déjà tous les affres de la colère et de la rancœur à son âge. Il n'avait pas même réussi à soutenir son regard avec d'ordonner sa mort. Il n'était plus sûr de rien et encore moins d'avoir la carrure pour assumer tout ce qui allait venir. C'est ce qui l'avait décidé à quitter son poste de Commandant. Les guerres de territoire, il pouvait y faire face. Lutter contre des guerres intestines ? Très peu pour lui ! Mais elle était apparue. Il aurait voulu dire "comme dans un cauchemar", mais ce n'était pas du tout ce qu'il avait ressenti en posant ses yeux sur elle. L'espoir. C'était ça ! L'espoir de jours meilleurs. L'espoir qu'un jour l'hiver ne soit plus synonyme de peur et de chaos. Lui qui pensait que sa vie était toute tracer, il s'était lourdement trompé.
Une étendue immaculée s'étalait sous ses yeux. Elle n'avait connu que ça. Humaine ou pas, c'était son chez elle. Le soleil brillait haut dans le ciel, donnant des reflets arc-en-ciel à la neige. On se serait cru au paradis.
-"Elyia !" Le silence venait d'être rompu par un cri désespéré qui la crispa. Il n'y avait rien à l'horizon d'où aurait pu provenir cette voix, mais elle savait la neige sournoise, se parant d'une innocence mortelle. Elle fit plusieurs tours sur elle-même, mais ne trouva aucun indice visuel capable de la renseigner sur la provenance de ce cri. Elle se décida à bouger pour changer de point de vue et déjouer les illusions d'optiques que la clarté de la plaine dissimulait avec la complicité du soleil.
-"Elyia, où est-tu ?" Elle ne le voyait pas encore, mais la voix devint plus claire et un immense bonheur gonfla dans sa poitrine.
-"Bran ? Bran, je suis là ! Suis ma voix !" Elle criait aussi fort qu'elle pouvait. Elle n'en croyait pas ses oreilles.
-"Continue de parler Ely. Je suis presque là !" C'était bien sa voix. Elle préférait le voir de ses yeux pour être sûr, avant de se laisser complètement aller à la joie.
-"Est ce que tu m'entends ? Bran ?!" Il n'y eu plus un bruit. Elle regardait frénétiquement autour d'elle, mais rien. Aucuns halètements dus à l'effort, aucun crissement de pas dans la neige. Elle ne voulait pas avoir rêvé. Elle pria si fort pour que cela ne soit pas uniquement son imagination.
-"Je suis là !"
-"Dieu du ciel ! Bran ! Tu es vivant !"
Aucun mot n'aurait pu expliquer ce qu'elle ressentait à présent. Son plan avait-il fonctionné au-delà de toutes ses espérances ? C'était magique ! Tout simplement magique ! Elle pourrait retrouver une vie normale. Elle ferait amende honorable pour le restant de ses jours. Il faudrait encore convaincre le reste du monde qu'il n'était plus une menace, mais elle était prête à affronter le diable en personne pour le garder près d'elle.
-"Je le suis !"
Dans ses bras, plus rien n'avait d'importance. Ces milliers d'années écoulées ne comptaient plus s'il était enfin redevenu lui-même. Elle voulait être sûr de ne pas se tromper, alors elle se détacha de lui juste assez pour prendre son visage entre ses mains et le regarder attentivement. Il était son exact reflet.
-"Par les dieux, tu es vivant !" A travers ses larmes, elle vit son visage souriant et ses yeux identiques aux seins. Il était tout ce qu'il y avait de plus humain et il s'accrochait à elle comme un damné.
-"Dis-moi où tu es Ely"
-"Aucune importance. Je viens te chercher. Dis-moi où te trouver."
-"Tu ne peux pas, c'est trop dangereux ! Je te trouverais petite sœur !" Ses yeux trahissaient une panique sans nom. Elle se demanda quelques secondes ce qui pouvait bien provoquer cette peur.
-"Tu es seul et pourchasser. Ne prend pas de risques. Décris-moi ce que tu vois et ne t'inquiète que de rester en vie."
-"Je ne suis pas inquiet petite sœur." Cette voix rocailleuse et sifflante lui glaça le sang. Elle vit avec horreur sa peau changer et un sourire dément orner ses lèvres. Ses mains se détachèrent de son visage et elle ferma les yeux si forts qu'elle s'en donna mal à la tête. Non, pas ça, pas encore... Il ne chercha pas à la retenir, la laissant reculer de deux pas pour qu'elle prenne pleinement conscience de ce qu'il était en train de se passer. Il l'avait dupé pour la localiser. Et maintenant, il allait la faire parler à grand renfort d'imagination.
Le cri de désespoir qu'elle poussa ensuite déchira le silence.
Il fut coupé dans son introspection par un cri qui lui glaça le cœur et les os. Il n'attendit pas une de seconde plus et se précipita dans la chambre attenante où il savait en trouver la source.
Une fois entré, rien ne laissa prétendre que ce cri d'épouvante venait d'elle. Le silence régnait, entrecoupé par ses respirations. Elle dormait. Peut-être avait-elle fait un mauvais rêve et qu'il était à présent passé. Il ne savait rien de ce qu'elle avait vécu et il pouvait aisément imaginer le pire. Il décida de s'approcher pour s'assurer que tout irait bien. Il l'avait installé dans la chambre qui aurait dû servir à la maîtresse de son père s'il en avait eu une. Mais au tempérament de sa belle-mère, il n'en avait jamais pris. La chambre était restait vide depuis que celle de son grand-père avait quitté ce monde. Lorsqu'il fut au pied du lit, il put voir son front légèrement plisser. Elle commença à s'agiter, ses mains se crispant compulsivement autour du drap qui l'entourait.
-"Elyia ?" Il ne savait pas quoi faire d'autre que la réveiller. Mais la prendre par surprise n'était pas une bonne idée, la dernière fois s'étant soldé par sa mort. Il approcha doucement sa main. S'il établissait un contact rassurant, il pourrait...
Elle courait encore. Tout semblait se répéter inlassablement. Elle devait fuir jusqu'à ce que ses forces le plus loin possible, qu'elle lui échappe, ou qu'elle se tue elle-même s'il le fallait, mais elle ne revivrait pas encore une fois la même chose. Elle ne voulait plus jamais avoir à faire ce qu'elle avait fait.
-"Petite sssoeurr… Ou es-tu petite sœur bien-aimée ? Ou crois-tu courir comme cela ?" Elle ne voulait plus entendre cette voix, mais elle avait beau fuir, rien ne l'en éloignait.
-"STOP !" Il venait de l'arrêter net dans sa progression. Elle n'arrivait plus à bouger. Ses pieds refusaient d'obéir. Elle n'eut pas le temps de réfléchir à une solution que l'homme en noir apparut à deux pas d'elle. Comment avait-il pu arriver là ? Cette homme était doté de capacité que lui-même semblait ignorer, et contraire à ce qu'il pensait, c'était surement lui la clef pour détruire son frère, pas elle. Cette constatation la glaça d'effroi. Si elle pouvait le voir, son frère aussi et il ne fallait pas que ça arrive. Il essaya de la convaincre de ne pas lâcher prise, de lutter et de revenir avec lui. Elle ne demandait que ça, mais il y avait plus urgent. Le protéger lui pour préserver l'avenir. Elle le repoussa de toutes ses forces. Seul un choc pouvait le faire revenir à la réalité.
-"Bonne chance" Elle regarda son corps s'évaporer dans la neige. Elle n'eut pas le temps de s'abandonner à la tristesse. Son frère revint rapidement à la charge.
Il se matérialisa tout près d'elle, la faisant sursauter, et leva la main pour caresser tendrement son visage. Il semblait n'avoir rien remarqué du petit manège qui venait de se jouer sous ses yeux.
-"J'étais ssiiii inquiet. Dis-moi où tu es. Tout va bien se passer maintenant. Je suis là." Sa voix se voulait douce et apaisante. Si seulement il n'y avait pas eu l'écho de toutes ces âmes qu'ils avaient prises. Elles résonnaient. Lorsqu'il parlait, il n'était pas seul à le faire. Elle se contenta de secouer légèrement la tête de droite à gauche. Le contact de sa main sur sa peau laissait une trainée de glace qui s'insinuait mortellement en elle.
-"Pourquoi petite sœur.."
-"Tu as fait de moi un monstre." Ses dents s'entrechoquèrent lorsqu'elle répondit et il s'éloigna vivement d'elle, affichant une grimace de contrariété.
-"J'ai fait de toi une reine et tu me tournes le dos pour de pathétiques humains ! Tu as aimé ça Elyia ! Il a suffi que tu te laisses aller pour en prendre conscience. Reviens-moi !"
-"Non !" Elle le hurla. Il pouvait toujours essayer de la convaincre, elle ne céderait pas. Elle savait ce qui l'attendait et elle ne voulait revivre ça pour rien au monde.
-"Tu penses qu'il ne vont pas chercher à te tuer quand ils découvriront qui tu es ? Tu cherches la rédemption ? Ils vont te lyncher sans prendre le temps de t'écouter !"
-"Peu importe, tu ne décideras plus rien pour moi !"
-"Très bien. Il est temps alors !"
Il n'avait pas eu le temps de formuler pleinement sa pensée, qu'à son contact, un flash l'avait aveuglé et il s'était senti s'affaisser sous son poids. Il se retrouva perdu au milieu d'une grande étendu de neige. Il n'avait pas froid, et pourtant il ne portait presque rien. Il l'appela, regardant tout autour de lui, mais il ne vit rien pendant un moment. Jusqu'à ce qu'elle se matérialise à quelques pas devant lui.
-"Wherre are you running like that ?!" Une voix inconnue résonna dans l'immensité de la plaine. Une voix dont il ne comprit pas le langage, mais qu'il n'eut aucun mal à identifier, même s'il ne l'avait jamais entendu auparavant. Une voix d'outre-tombe. Elle l'avait prévenu. IL avait venir pour ELLE.
Elle semblait tellement désemparée qu'il se précipita vers elle. Il cria son nom, mais elle ne l'entendit pas complètement figé. Il dut l'appeler encore une fois avant que ses yeux perdus ne le voient enfin.
-"Qu'est-ce que vous faites là !? Fuyez !" La panique qui s'empara d'elle lorsqu'elle le vit le gagna. Il s'obligea à la maitriser. Il ne pouvait pas la laisser ici aux mains de celui qui la tourmentait.
-"Viens avec moi !"
-"Non, allez-vous en ! Il est ici ! Il ne doit pas vous trouver !" Il ne voyait encore personne. Il n'avait rien pour combattre, mais il était prêt à le faire à mains nues s'il le fallait.
-"Va-t'en ! C'est moi qu'il veut !"
-"Tu peux lutter ! Tu peux changer ce que tu es si tu viens avec moi. Je t'aiderais !"
Elle le regarda avec étonnement. C'était la première fois qu'il lui proposait son aide sans rien demander en retour. Il pensait évidemment se servir d'elle mais autre chose lui avait fait prononcer ces mots. Et pour la première fois depuis qu'elle était revenu, il vu une réaction dans ses yeux. Il retrouva le regard qu'elle lui avait lancé lorsqu'il l'avait touché. A deux doigts de faire pencher la balance. Elle semblait tout remettre en question et il vit bien qu'elle ne demandait qu'à se raccrocher à l'espoir qu'il lui faisait entrevoir.
-"Je ne peux pas..." Elle lui saisit les bras et le repoussa violemment en arrière. "Je dois faire ça toute seule. Pars !" Il essaya tant bien que mal de se raccrocher à elle, mais il n'y parvint pas. Il bascula en arrière et lorsque son corps heurta le sol, il se retrouva allonger dans la chambre qu'elle occupait. Il se releva précipitamment et fondit une fois encore sur elle. C'est son contact qui l'avait transporté dans sa tête et il n'hésita pas une seconde avant de recommencer l'opération. Mais rien ne se passa. Il retira sa main et recommença plusieurs fois. Toujours rien. Il lâcha un cri de frustration en frappant contre le matelas. Son corps dodelina mollement sur le coup. Il la saisit et commença à la secouer pour la faire revenir à elle. S'il ne pouvait plus l'atteindre il la ferait revenir coûte que coûte !
Il l'appela tellement de fois et sur des tons tellement différents, qu'il s'étonna de n'avoir encore réveillé personne. Il n'avait même pas l'impression qu'elle respirait encore. Rien ne le laissait prétendre. Il se détacha d'elle un instant pour aller faire quérir Mélisandre. Il dut parcourir un couloir entier avant d'enfin tomber sur un garde. Il ne se rappelait pas avoir déjà vu cette partie du château aussi déserte, mais il n'avait pas le temps de plus y penser. Lorsqu'il pénétra dans la chambre qu'il venait de quitter, il fut saisit par un froid mordant. Il réalisa qu'il ne portait rien d'autre que ses vêtements de nuit. La chambre semblait remplie d'un léger brouillard. Son regard se porta immédiatement vers elle et il en oublia complètement le froid et son accoutrement. Ce qui se déroulait devant ses yeux était complètement surréaliste. Il n'arrivait même plus à remettre ses idées en place. Ce qu'avait fait Mélisandre en le ramenant à la vie prouvait bien que la magie existait, mais il s'en étonnait toujours. S'il voulait vraiment être honnête avec lui-même il pouvait dire qu'il en avait peur et les forces qui se déchaînaient sous ses yeux ne faisaient que l'accentuer.
Des sillons de glaces s'échappaient de son corps. Ils courraient dans tous les sens, serpentant aléatoirement tout autour d'elle. Ses yeux étaient exorbités par le spectacle merveilleusement effrayant. Le phénomène le fascinait de peur. A un tel point que son corps le portait petit à petit vers lui. Elle gisait, immobile, au milieu de ce chaos. Elle ressemblait à une belle endormie aux prises des glaces éternelles. Le lit avait était complètement englouti. Des stalagmites en jaillissaient comme pour repousser quiconque oserait s'approcher. Le Dais laissait pendre une myriade de stalactites. Elle semblait si fragile au milieu, son souffle s'échappant en de petites volutes glacées. Il n'était même pas sûr de pouvoir encore l'atteindre. Il la vit commencer à s'agiter et gémir. Elle psalmodiait des litanies incompréhensibles malgré ses lèvres bleuies par le froid. Que lui faisait-il subir ?
Elle l'avait renvoyé. Il ne pouvait rien faire pour elle et elle préférait qu'il soit à l'abri plutôt que d'affronter son frère sur un terrain qu'il maitrisait parfaitement. Les rêves. Elle lui avait donné une arme capable de les ralentir, mais n'avait pas eu le temps de lui en expliquer le fonctionnement. Il chercherait de tout de manière. L'effet que son épée avait sur eux suscitait assez de questions pour qu'il cherche aussi à comprendre ce que la marque qu'elle lui avait laissé signifier. Elle se retrouvait seule maintenant.
-"Laisse-moi partir !"
-"Tu es à moi ! Je t'ai tout donné et tu m'as trahi !"
-"Je ne voulais pas ça et tu le sais ! Laisse moi je t'en prie !"
-"Tu sais que ça n'arrivera pas. Si tu n'es pas avec moi, tu es contre moi. Et dans ce as là…"
Il déchaina toute sa colère sur elle prenant bien soin de l'immobiliser un peu plus en emprisonnant ses pieds dans la glace.
-"Tue moi !" hurla-t-elle "Pourquoi attendre encore ?! Fais-le !" ordonna-t-elle. Il était temps de faire face. Il ne lui répondit rien et le déluge continua à s'abattre sur elle, gagnant en intensité. La glace, coupante comme du verre à cette vitesse, la meurtrissait à chaque passage. L'étau de la tempête qu'il avait créé se refermait peu à peu sur elle, emportant avec lui le peu d'air qu'elle disposait. Elle suffoquait. Elle avait réussi à l'énerver encore plus qu'elle ne l'imaginait. C'était ce qu'elle voulait. Elle était faible et bientôt son calvaire prendrait fin. Elle espérait retrouver les bras réconfortant de sa mère et son sourire si apaisant après le purgatoire.
Elle avait été une enfant docile durant ses jeunes années, regardant son frère avait l'émerveillement dû à son âge. Il avait 4 ans de plus qu'elle, et à 4 ans, quel enfant n'idéaliserait pas son grand frère. Elle le suivait partout, et quand il avait commencé ses leçons avec le maître d'arme, elle avait fait des pieds et des mains pour y participer aussi. Elle avait alors 6 ans. Après avoir fermement refusé pendant des jours, son père avait finis par la traîner jusqu'à la salle d'entrainement et lui avait placé une épée deux fois plus grande qu'elle entre les mains. Elle avait croulé sous son poids, à n'y pas manquer, s'entaillant même la paume de la main. Son frère avait accouru pour l'aider, mais leur père l'en avait empêché d'un geste.
-"Laisse là" avait-il dit "Il faut qu'elle comprenne pourquoi elle n'est pas destiné à manier les armes. Les femmes ne sont pas faites pour ça." Elle n'avait pas compris toute la portée de ses mots n'ayant pas encore le recul et la maturité des adultes, mais elle avait pleinement saisi que le ton qu'il avait employé n'était pas des plus flatteurs pour elle. Elle avait posé ses yeux remplis de larmes dans ceux de son frère. Les siens exprimaient de la colère. Ses poings étaient crispés et il était encore figé dans son élan que leur père avait interrompu. En un mouvement de tête de sa part, il lui insuffla tout le courage dont elle avait besoin pour faire face à leur père. Elle se releva, en prenant bien soin de garder l'épée dans ses mains et de la soulever en même temps que son propre poids. Essoufflée de tant d'effort, elle posa un regard remplit de défi sur son père. Elle n'était pas ce qu'il disait. Elle était plus forte que ça. Elle ne se laisserait pas faire. Aujourd'hui et n'importe quel autre jour de sa vie. Personne ne lui dirait ce qu'elle était capable de faire. Jamais !
Elle convulsait de plus en plus, cherchant l'air qui n'atteignait plus ses poumons.
-"Elle ne doit pas mourir !" cria-t-il à la sorcière pendant qu'il s'éreintait à détruire la glace qui gagnait de plus en plus de terrain. 5 minutes qu'elle l'avait rejoint, rentrant en courant dans la pièce. Elle avait eu la même réaction que lui en voyant la scène. Cette dernière était complètement dépassée par la situation et la voir dans cet état avait considérablement entamé l'espoir qu'il nourrissait de l'aider. Ses yeux commencèrent à se révulser et elle s'arqua violemment. Cette scène le figea d'horreur. Il ne pouvait pas la perdre. Il ne voulait pas. L'épée s'écrasa au sol bien après qu'il soit monté sur le lit pour la rejoindre. Il se positionna à califourchon sur son corps l'immobilisant du mieux qu'il put tant elle se débattait avec fureur. Il écrasa son corps contre le sien et agrippa fermement sa nuque, collant sa bouche à son oreille.
-"Ecoute ma voix..."
Pourquoi ne la tuait-il pas ? Cela prenait beaucoup trop de temps. Il avait un gout particulier pour la torture. Il aimait que l'âme soit déchirée avant de s'en emparer et cela pouvait durer des jours avant qu'il ne se décide à en achever le propriétaire. Mais il n'avait jamais fait comme cela. La peine était bien trop douce pour une torture digne de lui. Elle l'avait déjà vu s'en prendre à un de leur semblable et la rage qu'il ressentait lui avait ôté toute patience. Il ne s'était pas attardé et lui avait arraché le cœur pour le transpercer avec du Verredragon. Cela avait pris le temps d'un battement de cil et il était passé à autre chose. S'il hésitait, ce pouvait-il que ce soit les liens qui les unissaient qui en soit la cause ? Tous ses espoirs volèrent en éclat lorsqu'elle sentit la pression autour d'elle se resserrer un peu plus. Il n'y avait plus rien à sauver en lui et sa trahison le conforterait encore plus dans ses projets dévastateurs. Mais elle savait avoir repoussée l'échéance en le privant d'une bonne partie de ses troupes.
Son visage était apparu au milieu de la tempête. Elle crut à une hallucination dans un premier temps, causé par le manque d'oxygène, mais maintenant que sa main était tendue vers elle, elle était sûr qu'il était bien réel. Elle tendit la sienne avec toutes les peines du monde, ses muscles se paralysant de plus en plus. Elle était aux portes de l'inconscience. Un dernier effort et elle pourrait peut-être s'en sortir pour cette fois. Mais il reviendrait. Et il serait encore plus terrible. Elle effleura sa main du bout des doigts et vit briller les entrelacs du tatouage bleuté qui ornait son poignet. La voilà la solution ! Mais aurait-elle le temps de l'atteindre ?
Elle était un danger pour eux tous. Tormund le savait. Il avait essayé de le prévenir mais il n'avait rien voulu entendre. Il ne savait pas. Si pour Jon tout ça n'était que des fables, lui il avait vécu toute sa vie au-delà du mur. Il avait entendu plus que de simples rumeurs. Il avait parlé avec des rescapés de ses attaques. Il en existait peu, mais ils en existaient. Et leur témoignage lui avait toujours fait froid dans le dos. D'après eux, les attaques se déroulaient comme avec tous les autres, mais elle n'avait pas hérité du surnom de dévoreuses d'âmes pour rien. A de rares occasions elle se mêlait au chaos qu'elle orchestrait. Elle déambulait parmi les morts et les vivants jusqu'à choisir une cible. Un homme, une femme, un enfant, il ne savait pas pourquoi elle les choisissait eux en particulier, mais une fois qu'elle l'avait fait, elle faisait en sorte qu'il ne lui échappe pas. Le pauvre bougre se retrouvait paralysé, incapable de fuir. Comment ne pas l'être quand un être mythique vous approche. Elle leur aspirait l'âme. En un baiser, leur âme s'échapper littéralement de leur corps pour être absorbé par le sien. Eux ne revenaient pas. Ils restaient définitivement morts, sans possibilité de paix dans l'au-delà. C'était un monstre et elle était la pire d'entre eux. Elle était sans pitié. Rien ne transparaissait sur son visage lorsqu'elle se lançait dans une chasse. Elle tuait sans avertissement. Elle était son bras droit et Jon ne réalisait pas encore pourquoi. Mais lui savait. Et il ne laisserait personne l'empêcher de mettre à exécution ses projets. Il devait repasser le mur et trouver les enfants de la forêt. Eux seuls pourraient l'aider.
Le Roi de la Nuit fait son entrée XD ! Ne soyez pas surpris(es), ou pas, par son prénom. Ce n'est pas un hasard ;) !
Le point de vue de Tormund fait son apparition ! Il va apporter plus de réponse quant à la vie d'Elyia avant qu'elle ne viennent au château.
J'espère que ça vous a plu :D !
A bientôt :) !
XoXo
