PASSE, PARADIS

2010

Hey You - Pony Pony Run Run

Heavy Cross - Gossip

Who Are You Really – Mikki Ekko

Heroes - MIKA

« Bon, écoute moi bien... J'ai pas tout mon temps alors maintenant tu vas me dire ce que tu fous là, et pourquoi tu viens me déposer des paquets cadeaux, quand ça te chante ?

Le jeune garçon se débattit sur sa chaise, les mains attachées derrières le dossier et la mâchoire prise dans un de mes chiffons de cuisine.

Ah oui, il faudrait peuT-être que j'enlève le torchon pour qu'il parle, eheh, ce serait pas m... OH BON BAH MERDE HEIN, on peut pas penser à tout ! J'enlevai le tissu et reculai d'un pas, pour finir adossée à ma table de travail dont je me sers quand j'ai du temps à donner aux différents plats sortis d'idées de mon esprit.

-Chérie, c'est pas que t'es vilaine, mais j'ai d'autres choses à faire aujourd'hui, comme par exemple distribuer d'autres cadeaux à d'autres gens très gentils, tu comprends ?

-T'es pas un ange, les anges ont pas la langue aussi bien pendue, t'es quoi ?

-Si tu savais tout ce que ma langue pourrait te f...

-Ookay, tu viens de l'Enfer, c'est ça ? Tu travailles pour le big boss du Tartare ! je croisais les bras et fronçai les sourcils.

-Perspicace, tu me libères maintenant ? Allons parler de tes facultés mentales autour d'un bon thé, on fait ça ?

-Surement pas ! Tu t'appelles comment ?

-Tes voisins de Paradis arrête pas de crier mon prénom, ça m'étonne que t'es toujours pas cerné ce visage. il accompagna ses propos d'un petit clin d'oeil.

-T'es lourd.

-Nan mais...

-Ch'te jure t'es lourd.

-On peut même plus draguer une jolie dame main...

-Non mais tu vas la fermer oui ? Je t'ai demandé ton prénom et tes intentions, tu vas pas non plus me prendre mon numéro! j'haussai la voix.

-Pourquoi pas ?

-Je sais pas comment ça marche un putain de télé.. Mais merde pourquoi je te tape la discute bordel ?! je me retournai et me munis d'un couteau de cuisine pour finalement m'approcher de lui.

-Tu vas faire quoi avec ça ? Blesser le pauvre véhicule dont j'ai pénétré chaque trou pour savoir si c'était le bon avant de te rendre visite ?

Il avait pas tort... Je contemplai le corps qu'il avait gentiment « emprunté », une main appuyée sur l'accoudoir de sa chaise en bois. Le démon avait des yeux bleus, des cheveux blonds, ainsi qu'une petite barbe naissante, signe que l'humain agonisant au plus profond de lui, devait être à peine majeur. Je restai là une bonne minute au final, à le contempler sans rien dire, la bouche à moitié ouverte.

-Ch'te rappelle quelqu'un ? il finit par dire, le sourire aux lèvres.

Oui, oui effectivement tu m'fais penser à quelqu'un. Lui malheureusement, ne viendra jamais me voir.

-Dis moi juste pourquoi t'es là … je soupirai en balançant mon couteau par terre.

Mais le démon profita d'un battement de mes cils pour se détacher et pousser la chaise avec son pied loin derrière lui. Prise d'angoisse mais aussi de peur, je paniquai et mis mes mains devant mon visage, en signe d'auto-défense.

-Eh t'inquiète, j'vais pas te faire de mal. j'entendis, toujours protégée par mes bras. Le « big boss » du Tartare te veut en vie de toute façon. »

Intriguée par cette phrase, mais aussi curieuse d'en savoir plus, j'osai le regarder dans les yeux. Malheureusement, le démon claqua des doigts et fut vite parti de ma maison.

C'est alors qu'il réapparu d'un coups et déclara, les yeux agacés et les sourcils froncés :

« J'allais oublié, j'ai menti sur la distribution de cadeaux, t'es vraiment la seule à recevoir mes présents. Donc soit heureuse d'avoir Noël avant l'heure ! En plus papa Noël ne remercie que les enfants sages normalement ! »

Il me fit un clin d'oeil et fit de nouveau parti.

PRESENT, ENFER

2015

I'm A Wanted Man - Royal Deluxe

Shoot To Thrill - ACDC

Il devait être deux heure du matin, heure de New York, quand le tremblement de terre eu lieu. Les dizaines de démons présents dans la salle, se mirent à tomber sur le sol, comme des quilles de bowlings sur leur terrain glissant. C'était la troisième fois que cela arrivait, et ça en seulement deux jours. Un des démons se releva et contempla ses papiers par terre, trop fatigué par ses hoquets terrestres pour les ramasser, encore une fois. Je m'appuyai sur ma jambe droite et me redressai pour examiner la scène. Ce n'était plus l'Enfer, c'était un putain de foutoir.

Cela faisait depuis des années qu'on m'avait mis au poste des Archives, j'avais donc déjà ma petite définition de l'expression « tomber bien bas », sans mauvais jeu de mots. Mais là, de voir ces démons affolés, trébucher sur leurs pas, les jambes flagellant de peur, attendant que la terre ne se remette à trembler, c'était trop.

« Non mais vous vous êtes vu ?! » je dis enfin.

Tous me regardèrent en s'interrogeant, je décidai donc de continuer, pendant que j'avais leur attention.

« On est censé être qui ? Des pauvres petits poissons paumés dans leur bocal, faisant les mêmes choses depuis quoi ? La nuit des temps ? Regardez Jean Jacques ! Mec, me dis pas que t'es pas là depuis la nuit des temps ! Vous en avez pas un peu marre ? Si vous êtes de vrais démons, vous devez sentir, comme moi, ce qu'il se passe ! On nous cache quelque chose ! On a jamais vécu de jours aussi mouvementés ! Et tout ça à cause de ses secousses, et on est même pas foutu de nous prévenir de ce qu'il se passe ! Vous appelez ça des conditions de travail, vous ? »

Au début, il n'y eu absolument aucun bruit, comme ci mes mots n'avaient toujours pas percuté dans leur cerveau. Puis enfin, un des démons se releva et se mit à applaudir sans s'arrêter. C'est à ce moment précis que tout le monde fit de même, comme pour donner raison à mes propos ! Confiant, le poing levé, je me mis à crier toute la fureur que j'avais en moi, depuis que Crowley avait décidé que ma place se trouvait ici, après avoir joué son messager pendant tout une année.

PASSE, TERRE

2012

Rock And Roll - Avril Lavigne

Lazy Song - Bruno Mars

Cool For The Summer - Demi Lovato

Hands To Myself - Selena Gomez

Pump It – The Black Eyed Peas

« Richard Gabriel, acceptez-vous de prendre pour époux, Logan Edmont ici présent ?

-Oui, je le veux.

-Logan Edmont, acceptez-vous de prendre pour époux, Richard Gabriel ici présent ?

-Oui, je le veux.

-Je vous déclare donc unis par les liens sacrés du mariage. Vous pouvez vous embrassez. »

Okay d'accord, j'aurais peut-être pas du accepter... Enfin, bon, merde, maintenant c'était fait ! Je voyais déjà la une des journaux angéliques : « Un archange homo », blah blah blah.

Déjà, de un, je suis pas homo, juste... Très ouvert, et j'ai même pas de genre, comment voulez-vous savoir quel sexe m'est opposé ou non ?! J'aurais très bien pu prendre le corps d'une meuf, mais j'ai préféré celui de la figure virile et qui pue la masculinité.

J'en ris encore.

Alors, récapitulons, me marier avec Logan, était-ce vraiment une mauvaise idée ? Il y a des tas de choses que vous avez manqué, pendant que vous étiez en train de suivre les aventures des deux Kens naturellement botoxés. Et franchement, j'ai pas que ça à faire que de vous raconter mes entrevues romantiques sur Terre, au Paradis et en Enfer (longue histoire, retenez juste qu'à la base j'étais venu pour faire un ptit coucou à mes frères).

Ce que vous devez simplement savoir sur Logan et moi, bah c'est que... Je l'aimais bien. Voilà, c'est dit, merde ! Il faut dire que j'étais un peu seul depuis que Lucifer m'avait sauvagement percé le bidon en me faisant chialer, alors j'avais besoin de faire des rencontres et de voyager.

C'est fou comment on peut passer de destructeur de Sodome au statut d'homosexuel avoué tout en passant par star du X, et tout ça en quelques siècles. Les temps changent, okay ? Je dois avouer que papa était assez fermé à l'époque mais je suis sûr que si il était toujours là, il m'encouragerait à produire mes films interdits au tout petits, sur deux hommes s'aimant et partageant plus qu'une maison. Je suis sûr que papa serait fier de moi...

Quelques heures plus tard, Logan et moi embarquèrent pour les Maldives, main dans la main.

«Je suis désolé, j'aurai vraiment aimé que tu rencontres mon père, c'est un homme d'honneur.

Je me retournai vers mon mari et lui sourit, comme pour le rassurer.

-C'est pas grave bébé, c'est pas de ta faute si je suis pas une mexicaine super sexy.

J'aurai pu être mexicaine super sexy, mais ça n'aurait pas plu à Logan de toutes manières.

-Ahah, tu peux parler mais le tien n'a même pas fait l'effort de se déplacer !

-Je te l'ai déjà dit, mon père est malade... Très malade, je chuchotai en baissant la tête.

-On pourra lui rendre visite une fois, si tu veux ! Comment tu m'as dit qu'il s'appelait déjà ?

-Rick. »

Rick pour Rick Astley, parce que ce mec méritait sa place éternelle dans les tops cinquante du monde entier, et qu'il était clairement mon dieu.

J'avais du faire ça avec toute ma famille, pour ne mentir qu'à moitié à Logan, en lui disant que oui j'avais une famille mais d'un père célibataire qui m'avait adopté moi, Luigi, Mirot et Rachel. Oui, j'avais paniqué.

« Rachel ? Ton frère a un prénom de femme ?

-C'est une femme en fait, on était juste pas tous au courant, avant qu'il ne nous l'annonce, enfin elle, enfin voilà quoi. »

« Un archange homo colporte la rumeur quoi comme son grand - frère est trans ». Bah on est bien là, vous trouvez pas ?

J'avais rencontré mon homme – mon dieu que c'est bizarre quand c'est moi qui le dit, lors d'une conférence sur la laïcité dans les écoles publiques. J'étais entré par hasard dans la salle puis avais fini sur l'estrade à imposer mes idées qui rejoignaient celle du mouvement. Oui, je sais pas ce qu'il s'est passé mais c'était passionnant comme conférence. A la fin, j'avais décider de vite m'éclipser pour ne pas me faire interroger par des gens intelligents avec des questions compliquées qui me feraient chier, mais l'un d'entre eux arriva quand même à m'arrêter. Et ses questions étaient loin de me faire chier.

Logan Edmont donc, était un créateur de mode, engagé dans tout ce qui était laïcité et même liberté d'expression. Féministe, supporter des droits LGBT plus et j'en passe, il acceptait tout le monde et avait l'habitude de montrer pendant ses défilés, des femmes mais aussi des hommes, de tailles, sexes, couleurs de peaux, différents pour mettre en valeur ses collections. Il avait l'habitude de répéter que « toutes les vies comptaient » et aimait se le dire à lui même avant chaque pilule d'anti-dépresseurs qu'il ingurgitait. Effectivement, la plupart des personnes qui provoque l'éclosion d'une autre sont rares car elles ne se laissent pas le temps d'éclore elles-mêmes en se prenant la vie trop vite. C'était le cas de mon mari, trop triste pour ce monde, trop peureux d'affronter la guérison et ce à quoi elle ouvrait les portes, il avait déjà essayer de se tuer deux fois.

Je sais ce que vous allez me dire, que j'aurais du lui effacer ce poids sur la conscience et qui lui écrasait la poitrine, mais je n'aurais pas pu. Je voulais bien faire avec lui, je voulais être humain et lui montrer qu'il pouvait aller mieux. Je ne voulais pas l'aider, je voulais l'aider à s'aider, si c'est toujours français bien sûr. En tout, nous avons passé deux années ensemble, dont trois mois qui se terminèrent chez lui. L'emménagement fut rapide et je vous avoue que cela faisait depuis un petit bout de temps que je recherchais un tel bonheur. Moi, l'archange hyperactif, l'enfant turbulent qui après sa mission de messager, n'avait plus vraiment rien à donner. Je m'étais toujours senti un peu seul au final, jamais satisfait pleinement, parce qu'il m'avait toujours manqué cette petite chose, que Logan avait finalement comblé.

PRESENT, PARADIS

2015

VCR - The XX

Mental Boy - American Beauty Soundtrack

Undiscovered Colors – The Flashbulb

Cela faisait depuis des dizaines d'années que j'étais là, et pourtant, je n'avais jamais senti un aussi grand sentiment de confusion. Les murs de ma maison s'approchaient de moi, beaucoup trop vite. C'était un rêve, tout n'était qu'un rêve, n'est-ce pas ? Oui, tout allait s'arrêter et tout allait bien se passer. Mais rien ne changeait, malgré mes pincements aux bras, malgré les gifles que je me donnais à moi même. La tête tournant aussi rapidement qu'une toupie, les yeux perdus et sans point fixe, je me laissai tomber par terre.

Puis finalement, tout ce calma et je relevai le visage en espérant ne rien avoir de cassé. C'est alors que j'aperçu un énorme nuage noir, gronder par la fenêtre. Je m'approchai de cette dernière et vis dans mon champs, une femme aux cheveux roux crier des mots incompréhensibles et surement latin. Surgit alors du ciel, une pluie noire qui transforma la terre et l'herbe qui entouraient les pieds de cette mystérieuse femme, en un champs de bataille.

En effet, l'individue n'était plus seule et étaient maintenant accompagnée par des centaines de soldats, dans des armures de fers.

Apeurée, je reculai et fis surprise de très vite de retrouver contre mon mur : comme il y a cinq minutes, les murs se rapprochaient, me laissant suffoquer l'air qui se réduisait maintenant. Perdue, affolée, je criai à l'aide, jusqu'à ce que je me cognai la tête tellement fort contre le mur que je me rendis compte de la chose.

Tout était parfaitement normal autour de moi, pas de mur près à me piéger, ni de ciel noir par delà la fenêtre. C'est alors que tout devint clair dans ma tête : je courus vers mon bureau et cherchai désespéramment un stylo ainsi que mon carnet. Ayant alors trouvé les deux éléments, j'ouvrai ce dernier à une nouvelle page et commença à écrire, la plume fougueuse sur le papier âgé :

« Ca recommence, c'est pour de bon cette fois. Je suis morte, mais me voilà pourtant maudite à jamais. La voix de Dieu veut donc s'exprimer par l'intermédiaire de mon esprit ? Et cela à nouveau ? Quelle belle enflure, comme ci je n'avais déjà pas assez souffert ! J'ai des visions, j'ai des visions et même la mort ne pourra m'empêcher de cauchemarder des malheurs du monde. Que dois-je faire ? Dois-je le garder secret ? Dois-je dire aux anges que je suis de retour, une prophète ressuscitée ? »

PASSE, ENFER

2010

Je laissai le jeune démon rentrer dans la salle et demandai à tout le monde de nous laisser un instant. J'inspectai le garçon aux cheveux blonds et au yeux bleus et finis par parler :

« Tu es Peretz, c'est ça ?

Je jeune garçon acquiesça et attendit mes instructions:

-Je veux que tu ailles au Paradis, donner à cette fille, une télévision écran plat. je lui tendis un bout de papier et fis un geste du doigt qui fit apparaître le carton devant lui.

-Oui monsieur, je veux bien mais... Pourquoi moi ?

Je me redressai sur mon trône et montai le menton pour le regarder de haut.

-Tu fais parti du deuxième hall, si je suis bien informé.

Le deuxième hall représentait la file interminable que j'avais mise en place et qui consistait à faire patienter chaque pêcheur avec son ticket, pour passer ensuite au guichet qui les ramenait au début de cette même file.

-Oui c'est cela, je travaille au guichet.

-Eh bien on dit de toi que tu es plutôt rapide et que tu aimes même voler les biens des mortels sans qu'ils ne le remarquent. Je te propose de changer d'air, tu vas chez cette fille discrètement, et tu lui donnes ceci. La tâche étant assez difficile, je te propose de me demander une chose en échange.

Le garçon réfléchit et sourit en me regardant à nouveaux, comme si l'idée qui venait de lui traverser l'esprit allait illuminer son existence.

-Je veux savoir qui sont mes parents.

Je pus alors sentir dans ma poitrine, un énorme coup de massue, qui réveilla le fer encore brulant de ce secret. Le gamin continua à me regarder de ses yeux insouciants et naïfs, les mêmes que les miens quand je n'étais encore qu'un apprenti tailleur, lors de mes années humaines.

-Malheureusement, je ne peux pas te le dire.

-Mais... son regard sembla se perdre dans le mien, mélangeant alors sa peine à ma résignation. Ma dureté sembla l'affecter de loin, mais je ne pouvais pas lui en dire plus.

-Que crois-tu ? Que nous sommes à la mairie du village auquel tu aspirais avant de devenir démon ? Je n'ai pas de test ADN sous la main, ni de grand livre des naissances comme bouquin de chevet !

-Justement monsieur, il n'y a jamais eu d'avant humain pour moi. Je suis né démon, et pourtant je suis un nouveau ici. C'est impossible, et vous le savez bien ! »

Bien sûr que je le savais bien, mais il fallait me le dire avant, quand il était encore temps de se protéger avant que je ne laisse ta mère accoucher d'un mioche pareil.