PRESENT, TERRE

2015

« Gabriel, il n'est jamais mort. je me tournai vers son « petit frère », qui regardait le sol, les sourcils froncés.

-Quand nous étions dans la voiture, et que le nuage des Ténèbres était près à nous emporter avec lui, Gabriel s'est introduit dans mon corps en...

« En me tuant !

-Ah super !

-Je sais c'est génial, hein ? »

Non, je ne pouvais bien évidemment pas lancer ça comme ça, pas devant Dean.

-Oui ? s'impatienta mon frère.

-Il s'est introduit dans mon corps et a pris le contrôle durant les quelques secondes qui suivirent les secousses, pour ne pas me blesser. Je suis d'ailleurs assez surpris de voir que tu vas bien, alors que contrairement à moi, tu n'avais aucun ange sous la main pour te protéger, je rajoutai en me tournant vers Dean.

Castiel se pencha un peu plus pour apercevoir le visage de Dean, qui n'avait pas l'air de bien comprendre.

-Attend, on était parti sur un délire d'archange et maintenant tu veux jouer les Doctor Derecks en sachant si j'ai plus besoin d'une tisane menthe douce pour mes articulations, ou d'une infusion à la camomille ? Sam, va droit au but !

-Bref, Gabriel est dans ma tête, enfin pas que dans ma tête mais...

-Où exactement ? demanda doucement Castiel en plissant les yeux.

-Cas bordel laisse le finir son histoire ! l'ange roula les yeux et souffla quelques mots impossibles à comprendre.

-Vous voyez quand Gadreel était dans mon corps ? Eh bien c'est un peu ce qui est en train de se produire avec Gabriel. Il dit pouvoir nous aider avec les Ténèbres et avait besoin d'un corps pour y pondre ses idées en attendant qu'on trouve une vraie solution face à ce problème pré-biblique.

Castiel me regarda un long moment, un rictus apparent sur le visage et se passa une main sur le visage.

-Pourquoi toi ? me demanda Dean, soucieux de me savoir entre les mains d'un archange.

-Je, j'en sais rien Dean, ce que je sais c'est qu'il savait que c'était nous, qui avions foutu la merde et qu'il voulait nous aider.

-Oui mais pourquoi sans son véhicule ? On le connaissait surtout pour ça, il aurait très bien pu toquer à la porte du bunker et c'était la même chose !

-Je suis pas vraiment sûr de ce qu'il m'a dit en dernier, mais... Je crois qu'il ne pouvait tout simplement pas, il n'a plus de vrai corps, dans mon esprit, il utilise celui que j'avais toujours connu, avec toi et même toi, dis-je en me tournant vers Castiel. Mais depuis qu'il est au Paradis, il n'a plus de vrai véhicule.

-Attend, Gabriel était au Paradis depuis tout ce temps ? Pourquoi ? Pourquoi n'a t-il pas donné de signe de vie après tout ce que vous avions traversé ? fit Cas, un poil remonté.

-Je sais pas toi Castiel, mais quand on a l'opportunité de passer des vacances incognitos dans un endroit calme, avec n'importe qui de ton choix, on hésite pas pendant trois heures. » répondit Dean, une main derrière sa tête.

Castiel haussa les épaules, comme ci il n'arrivait pas à comprendre ce qu'essayait de lui de lui dire Dean. En tout, nous restâmes peut-être une longue minute assis ici, sur le bord du lit de mon frère, à regarder le vide. L'image était assez anodine, comme si nous étions en train de reprendre nos forces avant de recommencer à nous battre une nouvelle fois, pour un nouveau tour.

Et Dieu sait où nous emmènerait tout cela. C'était comme relancer un vieux vinyle qui nous rappelait une mélodie nostalgique, un air qui faisait sentir aux plus sensibles les années passées, à répéter les mêmes gestes et les mêmes erreurs. On aurait dit trois vieux gamins, faisant tous face à un même diaporama qui ressassait toutes nos aventures.

We've got some work to do...

PENDANT CE TEMPS,ENFER

2015

C'était peut-être la première fois depuis longtemps que je ressentis ce sentiment si familier aux humains, mais qui restait pour les démons comme moi, une sensation désagréable. Pour décrire le mal, il partait de ma poitrine et semblait voler mon souffle en infectant mes poumons entiers. Si mes yeux ne pouvait me montrer la mosaïque du réel qui faisait le décor entier dans lequel je me trouvais, j'aurai jurer pouvoir sentir le souffle glacial d'une ombre, guettant ma fin avec sa lame tranchante qui me frôlait le duvet de la gorge.

« Monsieur, Peretz est arrivé.

-Très bien, faites le entrer. »

La peur, les humains appelaient ça de la peur. Même si ils ne pouvaient pas la décrire assez bien pour laisser les inhabitués se rassurer en se disant qu'elle affectait tout le monde au final, il semblait que chacun pouvait la ressentir et l'identifier malgré tout.

J'entrai dans la salle du trône et inspectai les environs du regard, comme pour essayer d'identifier une quelconque arme de torture que Crowley pourrait utiliser contre mon insolence. Le roi avait accepter de me rencontrer, pour pouvoir parler de la situation dans laquelle les travailleurs qui faisaient gentiment leur boulot aux Archives, à savoir dans un milieu délabré, miteux et où chacun avait honte d'y mettre les pieds.

Cependant, le rendez-vous étant maintenant prit et tout de suite privilégié par le diable, je ne me sentais plus vraiment d'attaque.

«Peretz! Comment vas-tu ? le patron se leva et commença à se servir son whisky préféré.

Beaucoup trop nerveux pour répondre, j'esquissai un sourire avant de placer mes mains derrière mon dos.

-Laisse moi deviner, les conditions des travailleurs ? Hm ? Crowley alla se rassoir sur son siège et me regarda en vidant son verre.

-Oui, effectivement. j'essayai en baissant la tête.

-Tu me fais bien rire Peretz, tu es très drôle... Ca fait depuis combien de temps que je t'ai jeté dans ce trou à rats ? Un an ?

-Six, six années terriennes monsieur...

-Wouah... Okay, tu m'étonnes que j'devais pas t'aimer ! Tu peux me rappeler ce que t'as fait pour que je t'oublie aussi longtemps ?

-Rien. Je distribuai des cadeaux à cette fille, Plut...

-Oh... il se leva et me fixa, plus profondément, comme si la conversation venait de prendre un tournant.

La fureur de savoir que Crowley ne se rappelait même plus de la raison pour laquelle il m'avait jeté aux Archives poussa mes mots à franchir la barrière du discours :

-D'ailleurs je n'ai jamais su qui était cette femme, ni même vos attentions en voulant lui envoyer ces différents présents auxquels elle ne donnait aucune attention. C'est fou comment depuis le début vous croyiez pouvoir la conquérir mais ce qui est encore plus aberrant et même assez comique c'est la façon dont vous êtes devenu jaloux en me voyant revenir plus tard que prévu, et cela, à plusieurs reprises.

-Je...

-Changez les choses, monsieur Crowley. Vous dites être le gérant de cette grande enseigne qu'est l'Enfer, alors n'agissez pas que pour vous et les riches, mais aussi pour le vrai peuple.

-Peretz, arrêtes ta crise, tu veux ? Ecoute, je sais pas ce qu'il t'as pris mais tu as de la chance, je me sens généreux aujourd'hui. il fit un geste du doigt qui m'envoya contre le mur et s'avança vers moi. Pluton n'a jamais été qu'une jeune fille de 19 ans, à qui certes, j'offrais des cadeaux, mais cela ne regardait que elle, pas toi.

-Toujours elle, hein ? Alors si ça ne regardait que vous et elle, je suis désolé de vous apprendre qu'il n'y a jamais rien eu ! Elle n'a jamais compris qui vous étiez, elle ne vous connaissait pas ! Pluton ne savait pas qui était Fergus et ne savait pas qui était le roi des Enfers, à savoir vous ! Donc en fait vous harceliez par post-its une mineure, et tout ça au Paradis ?

-Je n'aurais jamais du t'engager... Hors de ma vue... il se retourna et posa son verre sur une table environnante.

-Je comprend que vous préfériez que je retourne aux Archives en disant à tout le monde que la personne qui vous fait le plus d'effet dans ce monde est une gamine du nom de Pluton, plutôt que d'améliorer nos conditions de travail et de me taire. je lâchai ironiquement en attendant sa réaction.

-Est-ce que tu essayes...

-De vendre mon silence ? Oui, pretty much ! Je compte bien monter en grade ou au moins travailler dans de meilleurs conditions, je n'hésiterai pas à balancer pour vous et cette fille.

Crowley me jeta son regard le plus haineux et dégouté, comme si toute la naïveté qu'il voyait en moi venait de disparaître en quelques minutes, pour laisser place à un nouveau sentiment de puissance et d'honneur à tenir. Même moi, je fus assez étonné de mon toupet ainsi que des mots que j'avais employé pour lui faire comprendre la situation, mais cette dernière n'était plus vivable.

En agissant de cette manière, je savais déjà ce que Crowley se dirait : jamais il ne me laisserait retourner à mon bureau, même en ayant amélioré deux trois trucs en bas, il savait que je pouvais lâcher toute l'histoire sans problème. Le roi des Enfers devait me garder ici, dans cette pièce même, si il fallait que j'évite tout le monde pour ne pas cafter, il aurait ses propres techniques.

-Viendras le jour où tu mourras Peretz, tu es un sale gosse, j'espère que tu le sais bien.

Je souris et ajoutai à son commentaire :

-Alors, qu'est-ce qu'on fait ?

-Tu vas rester avec moi, j'essayerai de te tuer une fois que tu auras le dos tourné. Pour le moment, tu la fermes et tu ne sors pas de ce bureau. Tu es maintenant monté au rang de domestique, bien joué. »

PRESENT, ?

2015

Je me concentrai et fermai les yeux pour endormir le chasseur qui se dirigeait vers sa chambre. De ses yeux, je vis que Samsquatch sentait la fatigue lui piquer le cerveau, comme si on lui injectait directement par là, un liquide soporifique. C'est alors que l'homme tomba sur son lit, comme presque mort. A ce moment précis, le même Sam apparût dans son propre rêve, où je l'attendais.

« Qu'est-ce que... Gabriel ? Je suis encore en train de rêver ?

-Oui, on va dire ça, tu t'es évanoui sur ton lit, alors, des nouvelles sur les Ténèbres ?

-Attend, tu vas me dire que tu m'as fait piquer un somme juste pour une conversation ? l'homme s'approcha de moi, la tête penchée et les sourcils froncés, Sam pas être content, apparement.

-Ce n'est pas une conversation de salon de thé, je t'ai pas non plus demandé si tu mettais bien tes bas et changeais tes couches !

-Okay, okay ! Non, rien de nouveaux, je sais juste que c'est Rowena qui a le livre des Damnés, c'est une sorcière très puissante, la mère du roi des Enfers.

-Crowley, j'ai tord ?

Sam parut surpris de savoir que je connaissais le prénom de l'actuel possesseur du trône de l'Enfer mais ne fit qu'hocher la tête pour me donner raison.

-Il faut donc aller le voir, il faut rendre une petite visite à son fils, il saura surement comment localiser Rowemachin chose !

-Rowena, elle s'appelle Rowena...

-Ouais bah très bien pour elle, on y va quand ? je demandai tout exciter de pouvoir me rendre en Enfers, c'était un endroit très chaleureux, d'après mes souvenirs !

-Ouah, calme ! Pas tout de suite, il va falloir préparer un plan ! s'inquiéta le géant.

-Si tu m'en donnes la permission, je peux contrôler ton corps et le menacer de mort. Au cas où il veuille pas nous obéir, j'ai entendu dire que je ressemblais beaucoup à un des frères de Lucifer ! dis-je avec ironie.

-Avec ma « permission » ? Je suis pas censé être mort ? T'as pas besoin de mon accord, tu jouis très bien de tes capacités à pouvoir me foutre dans les vapes en un claquement de doigt, et ça sans que je te le demande !

-Oui, mais c'est différent de « laisse moi diriger ton corps en te prenant pour un véhicule sans importance ». Je préfère t'avoir à mes côté, c'est toujours mieux quand on contrôle un corps, être en harmonie avec soi même et le petit archange, c'est de Nelson Mandela.

-Tu peux te cacher derrière ton humour mais je te vois très bien, tu as changé, Gabriel. Tu as une conscience humaine maintenant. fit Sam, un sourire malin plaqué sur le visage.

-Alors je dois faire parti du club des anciens anges devenus faibles pour les humains !

-Désolé pour toi, c'est vraiment triste !

-Ne t'inquiète pas, je ne le regrette pas. Je suis content que tu es remarqué le changement. je baissai la tête et souris sans qu'il ne le voit.

-Eh bah, je sais pas qui t'as rendu comme ça, mais en tout cas elle t'as métamorphosé !

-Alors, du coup tu décides d'accepter et de me laisser prendre possession de ton corps, pas tout le temps hein, mais quand la situation se corse ! je changeai de sujet en me raclant la gorge.

Sam baissa la tête et regarda ses mains ainsi que ses bras. Je ne savais pas tout ce qu'il s'était passé depuis la dernière fois que je l'avais vu. Cependant, si il y avait une chose dont j'étais sûr, c'était que si il était toujours en vie, ça voulait forcément dire qu'il y avait eu d'autres choses avant l'arrivée des Ténèbres. Les Winchesters sont en vie pour une seule raison, pour sauver celle des autres. Au fond, ils n'avaient jamais vraiment vécu, et c'est pour ça qu'ils me rappelaient Logan.

Mon mari avait passé son existence à mettre les autres en valeurs en leurs apprenant à s'aimer.

-Je veux juste que tout le monde aille bien. Je veux que le monde ne part pas en vrille, je veux réellement que tu m'aides, tu peux faire ça ? Je pourrais mettre ma vie en jeu pour l'humanité, tu t'en rends bien compte ?

-Ne t'inquiète pas, je suis conscient de cela et je n'en doute pas une seconde. Je veux pas que l'humanité se réveille avec les pieds dans la cendre de leur maison.

-Tu as tellement changé, pourquoi tu te soucis autant des humains ? me questionna Sam.

-Parce que j'ai mis du temps avant de réaliser que vous en valiez la peine.

-On est peut-être pas immortels et célestes, mais on a aussi nos atouts. il me sourit.

-Considérez votre morale et votre empathie comme étant bien plus efficaces que nos ailes. Vous autres humains, n'avez pas besoin de voler jusqu'aux autres, vous semblez réussir à communiquer sans même ouvrir la bouche. Les émotions humaines sont bien plus surnaturelles que tout nos pouvoirs divins réunis. Voilà pourquoi vous en valez la peine, vous êtes un mystère pour nous tous, Papa et le frère rebelle compris ! ».

IL Y A DES ANNEES DE CA, TERRE

1981

*si les conseils de classes existent aux Us tho

« Je suis désolé mais...

-Nan nan nan, y'a pas de « désolé »s qui tiennent ! T'as vraiment jamais vu Star Trek ?

Les yeux grands ouverts, j'attendis la réponse de Cassiel les bras croisés, comme si le monde entier attendait sa réponse.

Le monde entier se limitant à ma personne, l'ange roula les yeux et fit doucement :

-Non, jamais entendu parlé et si tu comptes m'y mettre je tiens à te rappeler notre règle numéro une : « Si c'est un truc de geek...

-Je te le montre pas parce que tu vas rien comprendre », oui je sais ! T'inquiète pas Cas, c'est vraiment rien qu'une petite série, pas geek et très facile à comprendre, j'te le jure !

-Bon, on se matte un épisode, okay ? Mais si j'aime pas, on arrête ! Demain t'as école je te rappelle, d'ailleurs t'as pas un contrôle de biologie ? Tu l'as révisé ?

-Alors... Motion Picture ou bien un bon vieil épisode de la série originale ? » je fis en m'approchant des VHSs rangées devant la télévision familiale.

J'avais fait exprès de changer de sujet, parler avec Cassiel de mes notes et futurs contrôles arrivaient trop souvent. Il faut dire que l'ange, en arrivant sur Terre, ne comprenait pas vraiment pourquoi les adolescents semblaient donner une si grande importance à un lieu que même l'envoyé du ciel trouvait ennuyeux. J'avais du lui expliquer pourquoi veiller tard le soir m'était impossible, pourquoi mes parents m'engueulait le lendemain de conseil de classe* et aussi l'importance que cela avait dans la vie d'une future femme comme moi qui voulait finir avec un bon job. L'ange prenait maintenant l'école trop au sérieux, voulant ma réussite pour espérer que je fasse ce que je veux plus tard. C'était extrêmement gentil de sa part, je le conçois mais... Lourd parfois.

Mes parents étaient partis pour un long week-end ce soir là et n'ayant pas d'autres amis que mon ange gardien, je décidai de l'inviter à passer ces jours avec moi. J'étais dans une de mes bonnes périodes comme je les appelais, ce qui me donnait une pêche d'enfer et me mettait en joie pour un rien. Bien sûr, je n'oubliai pas mes médocs, toujours posés sur ma table de nuit et y penserai encore ce soir avant d'aller me coucher. Cassiel faisait gaffe à ce que je prenne la bonne dose, il n'aimait déjà pas le fait que je devais ingurgiter des pilules pour stabiliser ma tension ainsi que remettre mes pendules à l'heure.

Ayant fait mon choix, j'enfonçai la VHS dans le lecteur près de la télévision et attendis qu'elle se mette en route, pour ne pas devoir me relever une fois assise sur le canapé. L'appareil étant un peu vieux, son mal-fonctionnement était comme une habitude pour la famille.

Je m'assis sur le canapé en attendant que la cassette se mette à tourner quand quelqu'un sonna à la porte. Le son fit sursauter Cas', qui me jeta un regard surpris. Il devait être 23 heure donc effectivement, avoir une personne devant son chez soi aussi tardivement pouvait paraître suspect.

« Tu veux que j'aille ouvrir ? demanda l'ange en se levant.

-Eh, nan, ça se trouve c'est juste un voisin ! J'y vais, t'inquiète ! »

Le duo que nous faisions avec mon ami avait l'habitude de ce genre de discussions. Toujours sur nos gardes, nous avancions sans arrêt avec prudence, guettant n'importe quel détails qui nous semblaient importants.

Je me dirigeai vers ma porte d'entrée, Cassiel derrière moi, se méfiant de la personne qui avait sonné. La main posée sur la poignet, l'ange posa la sienne sur mon épaule, comme pour me dire qu'il était là si il y avait un problème. J'ouvrai cette dernière en me tournant vers mon ami pour le rassurer d'un sourire chaleureux.

« Bonsoir, je peux vous aider ? je fis d'une voix douce.

-Salut, non pas vraiment ! Je suis Isis, je t'amène les cours vu que t'étais pas là!

Je frémis en voyant la jeune fille qui me tendait ses cahiers. Sans me retourner, je pouvais quand même sentir la présence de Cassiel et fermai les yeux en l'imaginant réaliser que je séchais le lycée. Malgré toutes ces pensées qui flottaient et se mélangeaient dans ma tête, je continuai de sourire à ma camarade.

Je ne l'avais jamais vu avant, cette certaine Isis était sûrement arrivée en cours d'année. L'adolescente avait l'air plus jeune que moi, elle faisait plus 16 ans que 18 ans et pourtant, j'aurai juré apercevoir cette flamme dans ses yeux que seules les personnes plus âgées possédaient.

-Hum okay, merci... Juste, comment tu me connais ? Et comment tu sais où j'habite et pourquoi tu viens à 23 heure me donner les cours ?

Pluton, une question à la fois, elle va croire que t'es folle.

Pluton, pose autant de questions que tu veux, tu es folle de toutes façons.

La blondinette mit un certain temps avant de me répondre et j'aurai même juré qu'elle avait sursauté en m'entendant lui en demander plus sur elle.

-Et bien, notre professeure, Madame Sparrow, m'a demandé personnellement de te donner mes cours, elle tient vraiment à ce que tu rattrapes pour pouvoir finir l'année en bonne et dû forme. Isis me sourit et loucha sur ce qu'elle pouvait voir derrière moi et ma porte à moitié ouverte.

-Okay, et mon adresse ? je lui demandai en m'enfermant dehors avec elle, pour qu'elle ne voit pas Cassiel derrière moi, enfin, si elle en avait les capacités.

Il fallait toujours que je sois parano : je savais que personne ne pouvais voir mon ange mais pourtant, je continuais à lui demander de se cacher, ou de se faire discret. J'avais très souvent peur que ses frères et sœurs angéliques puissent l'apercevoir ou même un démon. Ces derniers ne nous aimaient pas vraiment, c'est une longue histoire mais disons que Cassiel était trop proche de moi pour être un ange mais pas assez pour être considéré comme un perverti par les démons.

-Je me suis renseignée à l'administration, des gens vraiment très sympa ! T'es bien Pluton hein ? elle se gratta l'arrière du crâne en baissant la tête.

-Oui, c'est moi... Merci, pour les cours... j'essayai de la rassurer et de rester polie.

-Et excuse moi de débarquer à cette heure, j'ai fini assez tard les cours. Entre mes activités en dehors de l'école et les devoirs, j'ai pas vraiment le t...

-C'est bon, c'est déjà très attentionnée de passer, tu aurais pu ne rien faire mais tu es venue jusqu'à moi, je t'en remercie.

-De rien Pluton, sache que si tu as besoin de quelque chose, je serai toujours là pour t'aider. »

PRESENT, TERRE

2015

Il devait être trois heure de l'après-midi, ou bien du matin, je ne savais pas vraiment. Quand on pénétrait dans le bunker des Hommes de Lettres, il y avait cette horrible sensation de vivre un instant hors du temps. Et même si ce genre de choses ne devraient gêner que les humains, j'avais moi aussi l'impression d'être perdu entre deux battements des aiguilles d'une horloge.

Les pieds nus, j'essayai de marcher en faisant attention à ne pas tomber sur le carrelage froid qui soutenait mon véhicule. Je m'aventurais dans différents endroits du lieu secret, comme pour me ré-habituer à m'orienter tout seul, sans l'aide de personne.

Ma tête me faisait très mal. Chaque secondes étaient comme des heures de combat que menait ma raison contre le sort de Rowena. Ce dernier voulait toujours que je tue Crowley mais rien à faire, je lutterai jusqu'au bout contre ces pensées.

« Cas ? Tu veux de l'aide ?

Dean, j'aurai pu reconnaître sa voix entre milles. Mon cœur se serra un peu plus, peut-être de joie mais aussi un peu de gêne et parce que la honte de ne plus être l'entité qu'il connaissait à mes débuts, à ses cotés, m'envahissait.

-Oui, non, je vais bien !

-Okay mais là n'était pas la question, je...

-S'il te plait Dean, soit tu agis, soit tu peux te taire !

Je me retournai vers mon ami avec ma mine grave, plus que fatiguée. Le Winchester ne chercha pas à répondre, il hocha juste la tête en silence, tout en s'approchant de moi. Je levai un bras comme pour l'inviter à le prendre sur son épaule et à me soutenir jusqu'à ma destination.

-Tu veux aller où, dis moi. il fit d'une voix chaleureuse.

-Cuisine, bibliothèque, je sais pas, je voulais juste essayer de marcher un peu mais... »

C'était assez dur d'y arriver sans l'aide de quelqu'un, de pouvoir marcher, respirer, vivre. Il me fallait l'aide d'une personne en qui j'avais assez confiance pour lui exhiber mes plaies dont je suis le moins fier. Dean était la personne idéal, je pense qu'en dehors du chasseur, je n'avais jamais vécu un tel sentiment : celui d'être observé quand je rigolais, pleurais, réfléchissais, vivais. L'homme avait été avec moi depuis bien longtemps maintenant et lui et son frère, pouvaient bien me voir sous mes jours les plus mauvais.

J'avais vécu un tel renouveau avec eux, qu'il m'avait fait oublié mon rôle premier, ne pas être humain. C'était comme si mes aventures avec Dean et Sam avaient effacé chaque souvenir du Paradis, bon ou pas. Bien entendu, en des années de vie, je ne dirai pas m'être senti enfin en vie grâce à eux, mais je sais que les Winchesters m'ont rappelé un sentiment bien lointain, que j'avais temps apprécié autre fois.

Longtemps auparavant, j'avais essayé de faire ce que Dean et Sam faisaient de mieux, désobéir aux règles et cela bien avant eux, mais ils ne le savaient pas. Pour eux, Castiel n'était qu'un ange au passé ennuyeux qui ne s'était rebellé qu'une fois après avoir fait la connaissance des Winchesters. Cette vision qu'ils avaient de mes années passées sans eux, avant que nous nous connaissions, n'était évidemment pas loin de la réalité. Néanmoins, ils ignoraient quand même une bonne partie de ce qui s'était produit sans la présence des deux chasseurs.

Dean arriva devant la porte de la cuisine et l'ouvrit avec un grand coup de pied, ses mains étant déjà en train de me soutenir. Je pouvais sentir son souffle faire de ses épaules un tas d'os se levant et se baissant légèrement en rythme.

« Viens, on va se faire un encas, d'accord ?

-Je ne vois pas d'autres possibilités que d'accepter, je ne suis pas trop en position de pouvoir refuser.

-Certes, dit-il en me faisant m'assoir sur une chaise de la grande table qui servait à chaque repas aux Winchesters. Tu veux boire, manger quelque chose ?

-Non merci, je n'ai pas vraiment besoin de ce genre de remontant... je chuchotai en me concentrant sur mes mots pour ne pas laisser n'importe quelle bêtise sortir de ma bouche.

-On va te trouver un remède, 'doit bien y avoir une potion à la con pour te remettre sur pied ! Dean piocha deux, trois bières dans le frigo, toutes pour lui, et se posa à côté de moi.

-Il faudrait d'abord retrouver Rowena, elle ne doit pas être loin... Si il existe une façon de me remettre sur pied, c'est probablement cette sorcière qui l'a !

-Très bien mais, où est-elle alors ? J'ai clairement pas envie de jouer à « Un, Deux, Trois, Soleil » avec une puissance maléfique comme la mère du roi de l'Enfer. mon ami décapsula sa boisson et commença à prendre plusieurs gorgée de la bière bon marché, son odeur envahissant la bouche de Dean.

-Admettons qu'elle est la clés pour me sauver de ce sort, il faudrait encore qu'elle accepte de nous donner la recette de son remède.

-Elle ne voudra pas s'allier avec nous, si elle détient le Book of the Damned, la sorcière ne tardera pas à jouer au petit chimiste biblique en se servant des Darkness à son avantage.

Je souris, gêné de devoir accepter que nous étions en position de faiblesse, même sans moi. Bientôt, Rowena fera on ne sait quelles expériences avec le livre des Damnés pour tester la puissance de l'orage malfaisant, qui tournait autour de nos tête, sans pourtant frapper.

-Si tu connais un prophète, Cas, c'est le moment de lui dire de s'manifester !

-Je pense que vous savez ce que ça veut dire... Dean et moi nous nous retournâmes vers la porte de la pièce et découvrîmes Sam, une épaule contre l'embrasure de cette dernière. Tu l'as toi même dit, Rowena est la mère de Crowley, le démon est le seul à pouvoir nous aider.

-Il ne voudra jamais... je baissai la tête et repensai à notre discussion quelques heures plus tôt, concernant une alliance démons/anges.

-Quelle perspicacité Cas, merci ! Dean s'enfonça dans sa chaise.

-On peut toujours essayer, on a rien à perdre !

-Pourquoi accepterait-il de nous aider ? On a rien en échange pour lui ! Tu veux proposer quoi ? « La paix dans le monde » ? Bien sûr, c'est ça ! mon ami se leva est tendit une bière à son petit frère, qui rejeta la proposition en secouant la tête.

-J'en ai rien à faire, j'y vais !

-Sam...

-Castiel, tu peux pas baisser les bras comme ça ! Dean, toi non plus ! On va voir Crowley, au pire il nous aide pas et puis merde, on trouvera un autre plan !

-Faire ce genre de chose, avec le roi des Enfers, c'est mal... Tu le sais très bien Sam... fit Dean en chuchotant.

-Je sais aussi qu'on a arrêter de définir ce qui était bien et mal quand on a provoqué l'Apocalypse, quand j'ai tué Kevin, quand t'as accepté la marque de Cain avant de jouer les démons avec qui ? s'énerva le cadet.

-Crowley... son frère baissa la tête et reprit une gorgée de sa bière. Je viens avec toi, mais tu sais que c'est une mauvaise idée qui ne sert à rien.

-Mieux vaut prendre la perche tant qu'on nous la tend. Cas, tu te joins à nous ?

-Ai-je vraiment le choix ? On est une équipe après tout.

-Un équipe de bras cassés, mais une équipe quand même ! Sam s'approcha de la table et mit ses deux mains à plat dessus, avant d'annoncer : on va lui botter le cul à cette connerie de brouillard ! »

Ce que je risque de dire peut être très mal pris mais la force que Sam avait déployé rien que pour nous tenir son sourire et son beau discours, me fit réaliser à quel point cette attitude optimiste nous manquait. Je n'avais jamais vu le cadet aussi enchanté de se remettre au boulot alors qu'il n'y a même pas une journée de ça, Sam Winchester soupirait face à la masse de recherches que nous allions devoir effectuer.