Merci pour vos reviews, Sana83, Tit, Mel' PITS et LadyWyvern, ça me file la patate pour continuer ! -coeur- (j'ai d'ailleurs carburé pour celui-là, plus de 5000 mots c'est mon record, ahah !)
Je vais répondre ici aux personnes à qui je ne peux pas envoyer de MP.
Tit : Merci ééééénormément, il n'y a pas plus beau compliment ! J'ai fait le plus vite possible, mais aussi le mieux possible, j'espère que cette suite te plaira au moins autant !
LadyWyvern : Merci pour ta review, et contente que cette rencontre t'aie plus ! Et bien sûre on ne change pas notre petite Chloé, ahah ! Qu'est-ce qui te gêne dans la dernière scène plus précisément ? La dispute ? Les parents qui quittent la salle ? À vrai dire je tenais à ce que ce soit un moment assez dur pour pouvoir créé un nouvel akumatizé, mais je conçois que ça ait pu te donner une impression un peu trop dure. J'essayerais de faire mieux la prochaine fois !
Aller j'arrête le blabla, bon chapitre à tous !
Chapitre 4
Comme une flèche enchantée qui m'a transpercé
La jeune infirmière quitta son service en pleurs, les mains recroquevillées sur son visage inondé de larmes. Sur son passage, elle percuta quelques chariots et manqua même de trébucher au sol sans aucune raison, sous le regard incrédules des quelques personnes qu'elle croisait sur son passage. Lorsqu'elle eut atteint le sas qui menait aux ascenseurs, il lui semblait que ses jambes décidèrent de la lâcher. Ainsi donc, alors que les portes se refermèrent derrière elle, elle tomba par terre, sanglotante. Il n'y avait de toute façon personne pour la rattraper ou la prendre en pitié, ici.
Le silence était tel que ses pleures raisonnaient contre les murs. Sans réfléchir, elle arracha son badge d'infirmière et s'apprêtait à le jeter au sol. À quoi pourrait-il bien lui servir si elle était renvoyée ? Elle n'avait rien fait, rien du tout ! Doucement, elle essuya du revers de la main ses joues humides. Peut-être était-ce bien ça le problème, qu'elle n'ait rien fait.
Peut-être bien que...
Avant même qu'elle n'eut le temps de terminer son auto-méditation, elle aperçu une lueur écarlate teintée d'une sombre couleur prune se faufiler entre les portes de l'un des ascenseurs. Cette lueur s'approcha lentement, et alors qu'elle se trouvait à quelque centimètre d'elle, elle remarqua qu'il s'agissait d'un papillon. Intriguée, l'infirmière tendis la main, cette même main qui tenait son badge d'infirmière, et l'accueillit entre sa paume.
« Haaa ! »
À ce contact, elle poussa un cri de surprise qui fut bien rapidement étouffé, contre sa volonté. Un masque fin dont la couleur correspondait parfaitement à celle du papillon, qui avait par ailleurs disparu, entourait soudain ses yeux.
« Bonjour Guérisseuse, je suis le Papillon. »
Si le peu de raison qui lui restait s'interrogeait sur la provenance de cette voix, le reste de son esprit ne répondait plus à aucun logique. Elle écouta, passive.
«Ta colère est palpable, reprit la voix, et sache qu'en plus de compatir, je peux t'aider à apaiser tes souffrances en blessant à ton tour la personne qui a entaillé ton pauvre petit coeur. Mais en échange, tu devras me rendre un petit service j'aurais besoin que tu récupères pour moi les Miraculous de Chat Noir et Ladybug. »
Elle releva sa tête, et avec une voix perfide qu'elle ne ne connaissait pas, les dernière limbes de connexion au réelle qui lui restait disparurent.
« Ce n'est plus qu'une affaire de minutes, Papillon. »
Un silence pensait s'était abattu sur la pièce, et personne ne semblait décidé à le brisé. Ils restèrent donc ainsi, inertes, cloués au sol par la pesanteur, jusqu'à ce qu'un bruit strident vienne tirer les adolescents de leurs pensées.
Manon posa son collier de perle et quitta d'un bond les genoux d'Adrien. Elle trottina jusqu'à Alya comme un joyeux luron, et arrivée à sa hauteur, elle tira sur la manche de la jeune fille en désignant sa ceinture du doigt. Alya s'accroupit à sa hauteur et saisit le petit appareil de la taille d'une balle de tennis qui était accroché au pantalon de la petite fille et le mit en silencieux. Intrigué, Adrien haussa un sourcil.
De quoi s'agissait-il ?
« Il est l'heure de retourner dans ta chambre, Manon. » dit enfin Alya en lui adressa un petite sourire.
« Ouais, et même qu'après ça sera l'heure de regarder mon dessin animé préféré ! » répondit Manon d'un air fier et déterminé.
Alya lui prit la main, et en se relevant, elle regarda tour à tour Adrien et Marinette d'un air faussement désolé.
« Je vais devoir vous laisser, le devoir m'appelle.
- Et nous deux, demanda alors le petit garçon qui était accroché à elle en se désignant lui et son petit frère du doigt, on fait quoi ? »
Mince, ça c'était un paramètre qu'Alya n'avait pas pris en compte.
« Et bien, on va...
- Tu veux que j'aille faire un tour avec eux ? »
Lorsqu'elle releva la tête, elle remarqua qu'Adrien n'était plus assit, et qu'il était tout à fait disposé à lui apporter son aide.
Mais non, pensa-elle, rassis-toi grand gourdin, j'ai pas besoin d'aide, reste avec Marinette ! S'il y avait bien quelqu'un de parfaitement adapté au travail de garderie d'enfant, c'était bien elle. Ces gentleman, je vous jure, c'est quand on en a le moins besoin qu'ils jouent les sauveurs.
Enfin, le moins besoin, c'était surtout une question de point de vue...
Avant même qu'elle n'eut le temps de répondre quoi que ce soit pour lui assurer que non, elle se débrouillerait très bien seule, le second petit garçon qui jouait jusqu'à lors avec des légos avait attiré l'attention du grand blond, et avec un sourire aussi angélique que celui de Manon -à croire qu'ils se passaient la recette entre eux-, il tenta de l'amadouer.
« Moi je veux aller te montrer mes dessins. Tu veux venir les voir ? Les infirmières elles les ont accrochées dans leur bureau ! »
Adrien tomba dans le panneau, et avec une mine tout aussi radieuse, il hocha la tête.
« Mais avec plaisir ! »
Le petit garçon poussa un petit cri de joie, et sans plus de cérémonie, il attrapa la main d'Adrien et l'entraîna en dehors de la salle. Soudain, avant qu'il n'ait complètement disparu de leur champ de vision, il se tourna vers Alya et Marinette
« Enfin, demanda Adrien, gêné, ça ne vous embête pas ? Si vous avez besoin de moi, je pourrais y aller plus tard. »
Ce fut Marinette, contre toute attente, qui prit la parole.
« Non, non, vas-y. Et puis, continua-elle en souriant presque machinalement, je suis sûre qu'il serait triste que tu n'ailles pas voir ses œuvres d'arts tout de suite. »
Elle désigna le petit garçon du regard, qui secouait la tête vigoureusement. Adrien étouffa un petit rire à la vue de sa mine enjouée, et tout en reprenant la main de l'enfant, il leur adressa un dernier petit signe de main chaleureux avant de disparaître de leur champ de vision. Ahurie, Alya se tourna vers elle, la mine décomposée.
« Mais c'était quoi ça ?
- Comment ça, « c'était quoi ça » ? » répondit Marinette en détournant le regard comme une criminelle.
Alya leva les yeux en ciel dans un grognement désespéré.
« Tu avais la chance de rester avec Adrien seul à seul et tu l'as laissé s'enfuir ! T'es au courant que t'auras pas un chance pareille d'aussi tôt ?
- Je sais bien... Mais le petit avait l'air content de pouvoir jouer un peu avec Adrien. Et puis... ajouta-elle en se grattant la joue, je crois qu'il m'intimide beaucoup trop pour que je puisse rester seule avec lui. »
Alya souffla en esquissant un sourire attendri façon maman poule devant son adorable bambin. Ce n'était que leur première rencontre, et la pauvre s'était sentie si mal à l'aise. Quoi qu'il en soit, il se reverraient bientôt, Alya en était certaine. Ce n'était pas comme si Adrien allait s'envoler. Il fallait leur laisser l'occasion d'apprivoiser l'autre, le principal étant que cela ne mette pas trop de temps à arriver.
Elle tapota gentiment l'épaule de Marinette du bout de la main avant que Manon ne la rappelle à l'ordre.
« Alyaaaaa, on doit y aller.
- Je sais, allons-y, s'empressa-elle de répondre. Tu as besoin de quelque chose avant que j'y aille Marinette ? »
La jeune fille secoua la tête une guise de négation.
« Non merci. Je vais rester un peu ici. »
Sur ce, Alya quitta à son tour la pièce, menée par l'énergique Manon. La pièce qui était jusqu'à lors remplie de mille voix retomba ainsi dans un silence ecclésiastique.
Marinette se tenait solitairement en plein milieu de la pièce, le regard perdu dans le vide. Soudain, sa petite pochette émit un bruissement, et avant même qu'elle ne puisse tourner la tête pour comprendre l'origine de cette agitation, Tikki apparu devant elle. Après s'être extirpée du sac, elle s'était mise à virevolter tout autour de la jeune fille, puis en lançant un regard doucereux à Marinette, elle s'étira.
« Désolée Tikki, s'excusa Marinette, j'étais perdue dans mes pensées.
- J'ai vu ça ! Dis donc, ajouta-elle d'un ton rêveur, tu es sacrément amoureuse de cet Adrien...
- Q-quoi ? Juste un peu... Enfin, je... »
Son teint prit une couleur écarlate, et aussitôt, Tikki se mit à rire délicatement.
« Il n'y a pas de honte à avoir, tu sais ! »
- Non, non absolument pas ! Il n'y a pas de honte à ne pas savoir placer trois mots intéressants dans une même phrase devant le garçon de ses rêves, voyons. C'est le summum du glam et du flirt élégant, qu'est-ce que vous croyez.
Alors qu'elle tenta de se tirer de cette situation fort embarrassante, la télévision, placée tout juste sur sa droite, et qui tournait inutilement en muet jusqu'à lors, dégagea un flash blanc qui manqua de l'aveugler. Elle étouffa un cri et se cacha le visage avec ses mains tendues comme des cordes de guitare par automatisme.
« Marinette ?! » s'exclama Tikki, affolée.
Tout son corps fut parcouru d'un désagréable électrochoc de la tête aux pieds. Elle se recroquevilla sur elle même.
« Ce n'est rien... Désolée, parvint-elle à articuler au bout de quelques secondes. Je ne supporte pas les lumières numériques trop intenses. »
Plus que de ne pas les supporter, les changement trop brutaux de luminosité artificielle lui brûlaient la rétine comme un briquet sur une plaie à vif. Il était cependant inutile d'affoler Tikki encore plus, elle préféra donc se taire et garder cette information pour elle même.
Alors qu'elle se frottait les yeux fébrilement, Marinette tourna la tête en direction du poste numérique lentement afin de ne pas se brusquer. Lorsqu'elle retira ses mains, ses yeux prirent une teinte rougie, injectés de sang.
« Qu'est-ce qu'ils sont en train de passer à la télé exactement? » se murmura-elle à elle même.
« Marinette, ne regarde pas, la supplia Tikki, tu vas...
- Ne t'inquiètes pas, ça va maintenant. »
Elle plissa les yeux, entêtée et déterminée à comprendre ce qui lui avait causé cette horrible douleur oculaire, tandis que les formes qu'elle percevait reprenaient doucement leur apparence habituelle. Lorsque sa vue était revenue à peu près à la normale, elle remarqua grâce au logo qu'affichait la télévision qu'il s'agissait, sans jeu de mot de mauvais goût, d'un flash info spécial.
« Un flash info spécial ? » répéta-elle, intriguée.
Aussitôt, Tikki porta elle aussi son attention sur la télévision. Il n'en fallut pas moins pour qu'elle pouce une exclamation désespérée.
« Oh non, pas ça ! »
Elle s'approcha de l'écran plus encore, causant à Marinette désagréable sueur froide.
« Comment ça, qu'est-ce qu'il y a ? »
Tikki pointa l'écran de son bras, muette. Marinette saisit aussitôt la télécommande de la télévision qui traînait sur la table de jeu et augmenta le son.
Les premiers mots qui furent prononcés à mi-voix dépassaient l'entendement, si bien qu'elle manqua de lâcher ce qu'elle tenait entre ses mains.
« Une attaque... À Paris ? »
À l'écran se déroulait une scène au delà de l'imaginable, une scène effroyable mêlant bâtiments détruits et corps mutilés. Entre deux gros blocs de débris, filmé maladroitement par un journaliste qui tentait sûrement désespérément de rester sous couvert, se trouvait ce que tout désignait comme l'auteur de ce massacre, riant aux éclats.
« Des blessés, encore plus de blessés, et moi la Guérisseuse, je ne vais pas vous soigner ! » chantait cette personne d'une voix perçante.
Marinette déglutit.
Cela avait été très largement prévisible.
« Tikki... je le savais, c'est elle ! »
La Kwami se retourna, et faisant face à Marinette, elle tenta de la calmer.
« Marinette...
- Je le savais, continua-elle avec panique, j'aurais du la suivre ! Maintenant regarde, mademoiselle Danielle n'aurait jamais fait ça toute seule ! »
Tikki se posa sur ses genoux.
« Ne t'en fait pas, on va tout arranger !»
Marinette serra les dents si fort qu'elle manqua de se faire saigner la gencive. Ni une, ni deux, elle releva ses yeux, brillants de détermination.
« Tikki, transforme-moi ! »
En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, Marinette troqua son corps inerte pour la vitalité de Ladybug.
Bien sûr qu'elle allait tout arranger.
Elle le devait.
Le petit garçon s'était avéré bien plus vif et bout-en-train que ce à quoi Adrien s'était attendu. Bien sûr, il avait remarqué au premier coup d'oeil qu'il était énergique. C'était normal pour un enfant, après tout. Mais disons que passé un certain point...
« Et puis regarde celui-là ! »
… Adrien n'était plus tout à fait sûr de pouvoir canaliser cette fougue.
« Attention, pas la... »
BOUM.
« … chaise. »
Le petit garçon s'était mis à monter un peu partout dans le bureau des infirmières pour pouvoir montrer du bout des doigts ses dessins, que ce soit sur des chaises, sur des tables, ou même sur des boîtes en carton dont Adrien ignorait complètement le contenu. Il avait déjà renversé deux portes documents, déversant le contenu que le pauvre jeune homme s'empressait de ramasser, et maintenant, c'était la chaise qui était passée à la casserole. Par chance, il n'avait pas encore eu le temps de monter dessus, non, il avait juste d'essayer.
Et c'était peut-être déjà trop.
« Celui là c'est mon papa avec mon frère et...
- C'est très joli, tenta Adrien, complètement dépassé, en rangeant comme il pouvait les méfaits de ce petit chenapan, mais tu es sûr que tu ne veux pas aller jouer avec ton frère dans la salle de jeu maintenant ? »
Comme s'il n'avait rien entendu, il continua à commenter son joli dessin.
« Là il y a une maison... »
Adrien soupira, las.
Soudain, la porte s'ouvrit dans un grand fracas.
« Adrien, on a un gros problème ! »
Le jeune blond releva la tête, surpris par le claquement de la porte,et la première chose qu'il vit fut le visage décomposé d'Alya. Pourquoi avait-elle si paniquée ?
Il s'approcha d'elle, et inquiet, il pencha sa tête sur le coté.
« Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-il, incertain.
- C'est Marinette, lâcha-t-elle d'une voix tremblante, e-elle a... »
Adrien remarquant bien qu'Alya n'arrivait plus à s'exprimer calmement, il posa ses mains sur ses épaules et lui demanda de se calmer.
« Ca va aller. Qu'est-ce qu'il y a avec Marinette ? »
Alya cala sa respiration sur celle d'Adrien, mais malgré tout elle ne parvint pas à calmer les tremblement de sa voix.
« C'est Marinette, répéta-elle en articulant, je... elle a disparu ! J'ai été déposer Manon dans sa chambre et quand je suis revenue voir si Marinette était encore dans le salon, elle n'y était plus ! Il y avait juste son fauteuil, mais tu sais, elle ne peut pas... J'ai cherché partout, dans sa chambre, dans les couloirs, et elle n'est nulle part ! Paris est en train d'être attaqué par une certaine Guérisseuse, je ne sais pas, mais il est possible qu'elle lui ait fait du mal... »
Adrien écarquilla les yeux.
« Comment ça ? Attend, dit-il, ne nous précipitons pas. Si quelqu'un attaque Paris en ce moment, il est impossible que cette personne ait pu venir jusqu'ici sans faire de dégât juste pour venir chercher Marinette. On va la retrouver, ne t'en fait pas. »
Il se mordit la langue, comme si au fond, lui même n'était pas tout à fait certain de croire à ce qu'il disait.
Alya déglutit et hocha la tête.
« On va se séparer et on va continuer à chercher partout, et dans une heure on se retrouve ici d'accord ? » continua Adrien.
Alya ne répondit rien. Elle afficha une mine aussi assurée qu'effrayée, et aussitôt, elle quitta la salle en courant, partant à la recherche de sa meilleure amie.
Le petit garçon qui était resté jusqu'à lors en retrait s'approcha d'Adrien.
« Bon, je me suis bien amusé, je vais retourner dans ma chambre. Tu as l'air d'avoir du travail, on dirait. »
Et sur ces mots, il quitta la pièce au sautillant.
Lorsqu'il eut disparu, son Kwami Plagg apparut enfin, quittant la poche intérieure de la chemise d'Adrien en volant en forme de spirale.
« Quel phénomène ! Chanta le Kwami.
- Je ne te le fais pas dire. »
Alors qu'Adrien restait immobile, son Kwami se mit à voler en cercle devant lui dans le but de le tirer de ses pensées.
« Alors, le questionna nonchalamment Plagg, tu comptes rester ici à rien faire pendant longtemps ? Paris attend que tu la débarrasse de ce nouvel akuma ! »
Adrien détourna le regard. « Plus maintenant. »
Le Kwami leva les yeux au ciel. « Je t'en pris, tout ça à cause de cette nouvelle venue... Ladybug, c'est ça ? C'est quoi qui te pose problème chez elle, sa tenue à pois ? Moi je trouve ça très glamour.
- Ça n'a rien à voir ! Rétorqua Adrien, tentant d'effacer l'image de la combinaison à pois de son esprit. Il haussa un sourcil. Elle peut apparemment se débrouiller seul. Après tout, elle arrive à purifier les akumas, elle.
- Certes, mais elle n'a pas promis d'aider une camarade de classe à retrouver son amie, elle. Mais je te comprends, après tout, qu'est-ce que la vie d'une jeune fille face à...
- Plagg ! »
Adrien se contenta de caresser sa bague du bout des doigts, incertains. Cela n'avait rien à voir avec Marinette, non, Adrien ne se moquait pas de son sort. Pas plus qu'il n'assimilait sa réaction à de la fierté mal placée. Il était même prêt à partir sur le champ pour fouiller l'hôpital de fond en comble. Mais en était-il encore capable, alors que quelqu'un de bien plus qualifié était sans doute déjà en train de tout arranger, dehors ? En tant que Chat Noir, était-il prêt à laisser de coté cette horripilante Ladybug et ses capacités spéciales qu'il n'aurait jamais pour accomplir cette mission qu'il avait toujours accompli les yeux fermés jusqu'à lors sauver les autres ?
Il n'était plus temps de se poser la question.
« Plagg, transforme-moi ! »
Marinette ne prit cette fois la peine de se faufiler discrètement entre les feuillages. Elle s'élançait de toute ses forces dans les airs, jonglant avec agilité entre son yoyo et les toits des immeubles Haussmanniens, fouettée par le vent et les feuilles qui jonchaient son chemin. Son seul objectif en cet instant était d'arriver à temps pour empêcher la Guérisseuse de faire de plus grands massacres.
Lorsqu'elle fut arrivée sur les lieux, ou plus exactement sur les restes de ce qui tenait encore debout, il ne lui fallut guère longtemps pour distinguer la silhouette à l'origine de cette horreur. Entre les ruines se tenait une femme filiforme, et les tresses habituelles de celle qui fut mademoiselle Danielle s'étaient transformées en lianes, s'achevant à leur bout par des pointes pareillement à des aiguilles. Sa tenue d'infirmière n'était plus, et seuls une longue robe blanche déchirée l'habillait, accompagnée pour seul bijou d'un badge. À cette vision, Marinette eut un pincement au cœur. Elle serra ses poings.
« Par ici, Guérisseuse ! » cria-elle.
Il n'en fallu pas moins pour qu'elle se retourne nonchalamment.
« Oh, serait-ce Ladybug ? Parfait, je t'attendais. »
D'un démarche gracieuse elle s'avança vers Ladybug, qui, prête à se battre, prit une position de combat.
« Pourquoi te mettre sur tes gardes ? Demanda-elle d'une voix mielleuse. Je ne te ferais pas de mal. Enfin, pas si tu me donnes ton Miraculous. »
Son Miraculous ? Mais pour quelle raison le voulait-elle ? Quelque chose lui disait qu'il valait mieux la tenir éloigner de ses boucles d'oreilles, peu importe la raison pour laquelle elle les désirait.
« Mademoiselle, je vous en prie, reprenez-vous ! » tenta de la raisonner Marinette.
Tout l'effet que cela eut sur la Guérisseuse, fut un fou rire glacial.
« Me reprendre, qu'elle idée ! Moi, la Guérisseuse, scanda-elle, je n'ai nullement besoin de répondre à tes ordres ! »
Sur ces paroles démentes, elle lança sa main en l'air tel un trophée, et ses tresses se mirent à prendre vie. Leurs piques explosèrent les quelques débris qui étaient encore possible d'émietter, et à la vitesse d'un éclair, ils se frayaient un chemin en direction de Marinette.
Ladybug eut un rictus agacé. Visiblement, cette discussion ne mènerait nulle part. Elle essaya de détailler la Guérisseuse afin de trouver l'endroit où se cachait l'akuma, et rapidement, elle remarqua que son badge était la seule chose restée intacte en comparaison avec sa tenue d'origine.
Elle saisit son yoyo à sa taille, et le lançant en direction d'un lampadaire, elle sauta dans les airs pour éviter d'être embrochée. Elle traversa les airs l'espace de quelques secondes avant d'atterrir derrière la Guérisseuse tandis qu'un bruit d'explosion retentit à l'endroit de l'impact des pics, soit là où elle se trouvait une seconde plus tôt.
Ladybug n'eut pas à attendre plus longtemps avant être attaquée nouvelle fois par ces cheveux de Méduses. Pareillement à une aiguille à couture plantée dans du tissus, les piques s'enfoncèrent à l'endroit où ses pieds étaient posés. Elle sauta in-extremis en l'air pour les éviter, et retomba ensuite à califourchon sur l'une des tresses. La Guérisseuse poussa un grognement tandis qu'elle secouait à droit à gauche ses pics dans l'espoir de faire tomber Ladybug. Mais puisqu'elle s'accrochait de toutes ses forces et qu'elle tentait de la découper à l'aide du fil de son yoyo, elle décida de fracasser sa tresse contre un mur, et Ladybug donc par la même occasion.
Lorsque la jeune fille vit le mur s'approcher dangereusement d'elle, elle poussa un cri et se laissa tomber de le tresse pour éviter le choc. Elle fut projetée au sol avec une violence inouïe et roula parterre sur plusieurs mètres.
« Haha, ria la Guérisseuse en portant élégamment sa main à sa bouche, on dirait que j'ai l'avantage ! »
Elle s'approcha de Ladybug, lentement, savourant la vision de son corps blessé au sol.
« Maintenant je vais te piquer, comme les autres, et tu sombreras dans un so... »
Elle fut coupée au beau milieu de sa phrase par un bâton métallique lancée dans sa direction, par l'arrière, qui manqua à quelques centimètres près de l'enfourcher. Le bruit de l'objet coupant le vent l'avait, par malchance, alertée. La Guérisseuse se retourna, le visage déformé par la haine.
« Qui es-tu ?!
Chat Noir, pour ton plus grand malheur. »
Au son de cette voix, le cœur de Ladybug se mit à battre si vite que son sang raisonnait dans ses tempes.
Mais que faisait-il ici ?
Profitant de cet instant d'inattention, et surtout du fait que la Guérisseuse lui tournait maintenant le dos, Ladybug se releva et essuya les quelques tâches de sangs aux alentours de sa bouche. Elle saisit le bâton de Chat Noir et le lança dans sa direction.
« Chat Noir, attrape ! »
La Guérisseuse, surprise, se retourna et tandis que Chat Noir attrapa au vol son bâton...
« Au poil ton lancé ! »
… Ladybug utilisa son arme ultime.
« Lucky Charm ! »
Un écran de lumière jaillit, mais par chance, ne l'éblouit pas cette fois. Entre ses mains tomba alors...
« … Une peau de banane ? »
Super l'arme ultime. Elle était censée faire quoi avec, la manger et gagner des forces ? Si encore il y avait eu la banane entière... Tant pis, elle verrait cela un peu plus tard.
Elle jeta la peau de banane au sol et courut en direction de Chat Noir, qui se débattait tant bien que mal pour éviter de finir en brochette de chaton. Ladybug lança une nouvelle fois son yoyo vers la Guérisseuse, mais puisque celle-ci se baissa, elle la manqua et son arme ricocha contre une voiture, ou du moins ce qu'il en restait. La Guérisseuse lança une nouvelle attaque.
Chat Noir fut propulsé en arrière par l'explosion d'un nouveau débris. Le choc fut tel qu'il poussa un cri lorsque son dos frappa le sol. la Guérisseuse émit alors un rire tonitruant et leva ses pics en l'air comme une ultime menace.
« Fais tes prières. »
Il ferma ses yeux le plus fort qu'il pu.
« Chat Noir, non ! »
Au fond, il s'était attendu à être une épine dans le pied. La seule chose qu'il était venu faire ici, c'était chercher Marinette. Mais que pouvait-il faire d'autre à part venir en aide à Ladybug lorsqu'il l'avait aperçue au sol, face à un adversaire aussi puissant ? Peu lui important l'antipathie qu'il ressentait face à elle, il n'avait pas eu le choix. Enfin si, il avait eu le choix, et il avait choisi de s'interposer. Il n'y avait plus qu'elle pour sauver Paris. Plus qu'elle pour sauver Marinette. Alors face à ce pic...
Mieux valait lui plutôt qu'elle.
Un bruit d'os fracassé ponctua ses sombres pensées, mais il s'étonna de ne ressentir aucune douleur. Etait-ce... normal ?
Non, ça ne l'était pas. Il ouvrit les yeux.
« O-ouf... tu... vas bien... »
Devant lui se tenait Ladybug, l'épaule perforée par un pic, les yeux vitreux et les jambes tremblantes. Face à ce dessin horrifique et sanglant, il sentit sa conscience se brouiller, son sang lui monter à la tête.
Non, pas ça.
Il posa sa main sur son visage, sur sa joue, et sentit le creux de sa main lui brûler au contact de sa peau malgré la couche séparatrice qu'était sa combinaison. Sa main glissa finalement doucement, et petit à petit, elle se transforma en poing.
Avec une fureur qu'il ne se connaissait pas, il se releva.
« Oh, comme c'est mi- »
La Guérisseuse n'eut pas le temps de déverser sa mièvrerie que le bâton de Chat Noir fut lancée dans sa direction à une vitesse si puissante que cette fois, même en parvenant à le voir, elle ne put rien faire. Elle fut percutée de plein fouet et tomba au sol.
Alors que Chat Noir s'avançait vers elle, il entendit la voix faible de Ladybug au loin.
« … badge ! »
Ce fut le seul mot qu'il était parvenu à entendre. Le badge... Peut-être qu'elle lui indiquait où se trouvait l'akuma ?
Alors que la Guérisseuse se releva, elle glissa à nouveau quelques secondes plus tard. Ce fut cette fois sur une peau de banane. Elle n'eut plus l'occasion de se relever alors, car Chat Noir était à sa hauteur. Il lui arracha sans plus de cérémonie son badge.
Pendant ce temps, et avec le peu de force qu'il lui restait, Ladybug s'était relevée. Elle ne tenait plus qu'à moitié debout, l'entièreté de la partie droite de son corps inerte.
« Chat Noir... Par ici ! »
Elle lui fit signe de lui envoyer le badge, ce qu'il fit, hésitant. Elle le jeta ensuite au sol, l'écrasa, et avec le peu de force qu'il lui restait, le purifia. Ensuite, elle n'eut plus que le temps de murmurer « Miraculous Ladybug », et sombra.
« … Bug ! Ladybug ! »
Ladybug poussa un petit grognement.
« Ladybug, tu m'entends ? »
Comme si elle venait de faire une grasse matinée, elle ouvrit doucement ses yeux et s'étira. La première chose qu'elle vit en dehors des rayons du soleil fut le visage rayonnant de Chat Noir, du moins pas longtemps, car aussitôt, il la prit dans ses bras.
« Wow, tout doux minou... Qu'est-ce qu'il se passe ? »
Elle se releva sur ses mains tandis que Chat Noir s'éloigna d'elle, les yeux brillants.
« J'ai cru que tu n'aillais plus ouvrir les yeux... murmura-il avec émotion.
- Quoi, comment ça ?
- Tu ne te souviens pas ? Répondit-il avec étonnement.
- Heu... Vaguement on va dire. »
Les oreilles de Chat Noir se baissèrent. « Tu m'as sauvé la vie. »
Ladybug se souvient alors ce qu'il s'était passé. Elle écarquilla les yeux, et comme si par magie tout s'était reconstitué dans sa tête, l'attaque, l'akuma, le pic, elle se souvint qu'à l'origine, elle et Chat Noir n'était pas censés être copain comme cochon. Pourquoi avait-elle choisi de se faire perforer l'épaule pour lui, donc ?
« Tu as sauvé la mienne. »
En effet, ils s'étaient mutuellement protégés. Qu'aurait-elle fait s'il n'était pas apparu et qu'il n'avait pas détourné l'attention de la Guérisseuse ? Elle n'osait même pas y penser.
Elle tata aussitôt son épaule, et contre toute attente, elle ne sentit plus rien.
« Comment ça se fait ? Pensa-elle à voix haute.
- C'est ton pouvoir de chance. Il t'a soigné lorsque tu en as eu fini avec l'akuma, répondit Chat Noir. Regarde autour de toi, tout est redevenu comme avant. »
Ladybug obéit, et contre toute attente, elle vit qu'en effet tout était redevenu comme avant et que les immeubles avaient repris leur splendeur.
« J'ai eu l'occasion de voir la magie opérer de mes propres yeux, continua Chat Noir, c'était magnifique. »
Son pouvoir était-il vraiment aussi puissant ?
Elle haussa un sourcil cependant, et reporta son attention sur Chat Noir. « Pourquoi es-tu venu ? Je croyais que tu avais décidé de ne plus m'aider.
- Et bien, avoua-il, honteux, je n'étais pas venu pour toi à l'origine. Je cherchais... quelqu'un.
- Merci, ça me touche. »
Il s'empressa de se corriger, secouant ses mains comme un voleur pris sur le fait.
« Non, attend, c'est pas ce que je voulais dire ! En fait, continua-il, je pensais qu'avec une personne aussi forte que toi, une personne capable de faire le boulot en entier, les akumas tout ça, Paris n'avait plus besoin de moi. Je t'ai méprisée pour de mauvaises raisons. C'était idiot de ma part d'avoir réagit aussi mal envers toi lors de notre rencontre, et j'en suis désolé. Aujourd'hui... je suis content d'avoir croisé à nouveau ton chemin, même si c'était par pur hasard. Enfin hasard, ou bien fruit du destin. »
Leurs regards restèrent fixés l'un dans l'autre, interdits.
Elle tenta de lui répondre. « Je- »
Soudain, les boucles d'oreilles de Ladybug se mirent à sonner.
« Attention, la coupa Chat Noir, tu vas bientôt te détranformer ! »
Son Miraculous ! Elle n'avait pas pu faire attention au temps qu'il lui restait puisqu'elle était tombée dans les pommes... Sans demander son reste, elle se releva et se mit à courir en direction d'une ruelle sombre.
Avant, cependant, Chat Noir l'arrêta.
« Attend ! »
Elle s'arrêta, laissant refléter sa silhouette à contre-jour. Les mots de Chat Noir résonnaient comme un glas salvateur à ses oreille.
« La prochaine fois je serais là, ma lady. »
Ces mots lui décrochèrent un sourire. Ma Lady ?
« Il y a intérêt ! » dit-elle en riant.
Puis elle reprit sa course. Elle n'eut cependant le temps de traverser que deux ruelles avant que son Miraculous ne la lâche.
Elle reprit son apparence naturelle, et s'effondra dans l'ombre de la ville.
Ca y est, Chat Noir a enfin ouvert les yeux ! Mais concernant Marinette, perdue au beau milieu de la ville que va-t-il lui arriver ? La suite au prochain chapitre ! (d'ailleurs un certain ship du carré amoureux sera à l'honneur, et ça ne sera pas du Ladynoir ou du Adrinette. ;) )
N'hésitez pas à me laisser une review pour me donner vos avis, ça me fait toujours plaisir !
Zakurocchi
