N/A : Bonjour tout le monde et bon retour sur L'esprit de Minuit ! Comme toujours merci à tous ceux d'entre vous qui me laissent une review, et particulièrement à Miss Homme Enceinte 2 et à Mitsuki81 pour le dernier chapitre. J'espère que la suite vous plaira autant, on se retrouve en fin de chapitre pour le petit blabla !

Chapitre VI

«Suis-je meilleure suis-je pire
Qu'une poupée de salon ? »


Le corps de Marinette, enveloppée par une obscurité saisissante, ne répondait d'aucune palpitation, d'aucune douleur, d'aucune sensation autre que la sérénité désormais. Elle se sentait calme. Purgée de toute émotion négative. Avec une sérénité qu'elle n'avait jamais ressentie jusqu'à lors, elle ferma les yeux et inspira à pleins poumons longuement, le visage éclairé d'un doux sourire paisible.

Le soleil timide de Paris, le vent, et même la fraîcheur de la nuit tombante caressant sa peau lui manquaient déjà !

Alors que sa respiration se calait sur le cliquetis de l'horloge accrochée face à son lit, elle rouvrit machinalement ses yeux, trop peu habituée à tant de calme, et fit glisser sa tête avec précaution sur le côté. Aussitôt, son visage tourné vers sa gauche, Marinette remarqua que la porte de sa chambre était restée très légèrement entrouverte, comme une brèche, fait bien assez rare pour éveiller sa curiosité. En effet, les médecins et sa famille prenaient toujours soin de bien la fermée pour éviter tout risque de contamination extérieure. Elle se redressa maladroitement, s'appuyant sur ses avant-bras. À travers l'ouverture, un mince rayon lumineux s'était invité à l'intérieur de la pièce, scindant l'obscurité installée par la nuit, et, dès lors qu'elle y prêta attention, Marinette se surprit à entendre quelques sanglots étouffés venant avec certitude de l'autre côté du couloir. Mais qui était-ce donc ?

Une boule se forma brusquement dans le creux de son estomac, remplaçant la sérénité qui la comblait jusqu'à présent par un vague sentiment d'angoisse.

Et s'il s'agissait de sa mère ? De son père ? Ou même... d'Alya ?

Marinette, fixant intensément la porte, pinça ses lèvres avec remords. Elle se rendait compte à cet instant précis du manque total de considération dont elle avait fait preuve jusqu'à lors envers ses proches. Pendant qu'elle profitait de ses nouveaux pouvoirs, de son éphémère liberté, pendant qu'elle s'amusait avec Chat Noir, sa famille et sa meilleure amie étaient, eux, sans la moindre nouvelle d'elle, sans le moindre indice pouvant signaler qu'elle était saine et sauve, ou même simplement encore en vie. Comment avait-elle pu faire preuve d'autant d'inconscience ?

Tout en déglutissant fébrilement, submergée par la culpabilité, Marinette tenta d'ouvrir sa bouche pour signaler sa présence à qui pouvait bien se trouver derrière la porte. Il n'était plus l'heure de bâiller aux corneilles en pensant à son Miraculous. Alors qu'elle tenta de prononcer quelques mots, à son plus grand étonnement, aucun son ne parvint à franchir ses lèvres. Marinette fronça les sourcils et, confuse, posa une de ses mains sur son cou. Sa peau tendue semblait encore plus glacée qu'à l'ordinaire. Avait-elle attrapé froid ? Elle retenta aussitôt, pour se rassurer, de prononcer quelques mots après avoir avalé une nouvelle fois sa salive. Si les premiers sons qui traversèrent ses lèvres étaient étouffés, gutturales, les suivants se faisaient plus clairs, distincts. La parole semblait lui être revenue.

« Je..., parvint-elle à articuler, Il y a quelqu'un ? »

Les sanglots résonnants derrière le mur se firent de plus en plus silencieux, jusqu'à se stopper complètement. Une seconde plus tard, tout au plus, la porte s'ouvrit dans un grand fracas, faisant trembler les murs de la pièce, et probablement même de tout le couloir.

« Marinette ! »

À peine eut-elle le temps de distinguer l'ombre d'une silhouette familière sur le seuil de la porte, celle de sa mère, que celle-ci avait déjà fondue sur Marinette, l'enlaçant de presque toutes ses forces entre ses bras.

« Marinette, répéta-t-elle dans un murmure, la voix encore tordue par la larme, où est-ce que tu étais passée ? J'étais si inquiète ! »

Enveloppée dans les bras de sa mère comme jamais, Marinette l'enlaça à son tour timidement, le visage enfoui dans son cou inondé par les larmes d'un chagrin maternel intarissable. Elle dû faire preuve d'un grand self-contrôle pour ne pas pleurer à son tour.

« Pardon maman, susurra Marinette, pardon... »

Passées enfin quelques minutes à tenir sa fille contre elle, à s'assurer qu'elle était belle et bien de retour, saine et sauve, Sabine s'écarte lentement et prit le visage de Marinette entre ses mains.

« Pourquoi est-ce que tu t'excuses ? Ce n'est pas de ta faute ma chérie, tout ça... On aura tout le temps de se demander pourquoi c'est arrivé plus tard, dit-elle en plaçant une mèche de cheveux qui dévorait le visage de Marinette derrière son oreille, encore bouleversée. Ton père et moi, on était tellement inquiet ! »

Marinette se contenta de baisser la tête honteusement.

Son retour se déroula comme prévu ; horriblement. Certes, Marinette n'avait eu, contrairement à ce qu'elle pensait, pas eu besoin d'expliquer pourquoi et comment elle s'était retrouvée en dehors de l'hôpital, pas plus qu'on ne lui avait demandé comment elle s'en était retourné dans sa chambre comme si de rien n'était. Un miracle ! Tout était de la faute de l'akuma, point barre, inutile de tergiverser. Elle n'allait pas s'en plaindre. Certes, Marinette n'avait eu, contrairement à ce qu'elle pensait, pas eu besoin d'expliquer pourquoi et comment elle s'était retrouvée en dehors de l'hôpital, pas plus qu'on ne lui avait demandé comment elle s'en était retourné dans sa chambre comme si de rien n'était. tout le service hôspitalier s'était, semblait-il, donné rendez-vous dans sa chambre.

La première interne prit sa température, enfonçant méthodiquement le bâton thermique au fond de sa frêle bouche. L'autre engouffra une poignée de médicaments au fond de sa gorge aussitôt son orifice buccal libéré. Une autre vérifia ses constances, tandis qu'une quatrième, machinalement, se chargea de cogner sous ses rotules pour analyser ses réflexes. On s'attarda sur la dilatation de ses pupilles encore, et enfin, on la somma de sa déshabiller, commençant à retirer ses chaussettes avant même que Marinette n'eut le temps de répondre quoi que ce soit.

C'était comme d'habitude, en un peu plus intense peut-être.

Trop occupée à être maniée dans tous les sens, Marinette ne remarqua pas l'arrivée de son père, probablement aussi inquiet que son épouse, il y avait encore quelques minutes de cela. Sa mère quitta aussitôt la pièce avec lui, peut-être plus par bonté d'âme qu'autre chose, souhaitant laisser le peu d'intimités qu'il restait encore à leur fille, tandis que celle-ci était glissée sur une chaise roulante imperméable. Trois infirmières les suivirent, ne laissant plus Marinette qu'avec deux d'entre elles. Elles entrèrent à trois dans la salle de bain aménagée spécialement pour l'enfant handicapée qu'elle était, et une fois la porte fermée, elles terminèrent de retirer ses vêtements.

Marinette était incapable de se laver seule. Chaque jour était son lot d'actions qu'elle ne pouvait pas accomplir sans une intervention extérieure. Elle nécessitait de l'aide de sa mère, ou encore du personnel soignant à chaque minute, à chaque heure de sa vie. Elle y était habituée. Alors pourquoi ?

Pourquoi ne pouvait-elle pas s'empêcher laisser quelques larmes couler sur ses joues silencieusement ?

Pourquoi cette fois-ci lui semblait plus humiliante que toutes les autres réunies ?

Imprégnée de l'odeur acariâtre du produit stérilisant qui lui servait de savon, elle se laissa, comme toujours, comme chaque jour, frotter le corps par ces deux femmes ; elle était si chétive qu'il n'y avait de toute façon pas grand chose à laver. Douloureusement, elle leva son visage en direction du pommeau de douche. L'eau se déversait sur son visage, à l'instar de ses larmes imperceptibles qui, mêlées au produit à la teinte rouillée, coulait sur son corps abîmé comme de fins ruisseaux rouges.

Lorsque tous les feux furent éteints, qu'elle fut rebranchée à ses perfusions et à ses appareils électriques, que ses larmes furent plus ou moins séchées, et que personne d'autre à part Marinette ne se trouvait à l'intérieur de la chambre, la petite bourse rose que la jeune fille emportait toujours avec elle se mit à gigoter.

Aussitôt, elle sursauta.

« Mince, Tikki ! » s'exclama-t-elle à voix basse.

Marinette tira ses draps et se pencha du mieux qu'elle le pouvait en direction de la chaise placée à moins d'un mètre de son lit. Une des infirmières l'avait posée là après qu'elle eut retiré ses vêtements. Elle posa prestement son petit sac sur elle et l'ouvrit, découvrant à l'intérieur une Tikki toute épuisée et ouvrant difficilement les yeux.

« Tikki, répéta Marinette, je suis désolée, je t'avais complètement oubliée ! »

La Kwami émit un petit gémissement tandis que Marinette la saisit au creux de la paume de ses mains.

« Il faut que je mange pour retrouver des forces..., souffla-t-elle de sa petite voix aigüe.

- Attend, je crois que j'ai ce qu'il te faut ! »

Marinette posa Tikki sur ses genoux et ouvrit en tâtonnant le deuxième tiroir de sa modeste table de chevet. Au milieu de plusieurs crayons, feutres, et autres articles à dessin, elle se mit à fouiller avant d'en extirper un paquet en plastique.

« Voilà ! dit aussitôt la jeune fille à voix basse. Je penserais à toujours en garder avec moi la prochaine fois. »

Elle ouvrit le paquet et sortit un petit gâteau qu'elle tendit aussitôt à Tikki.

« Qu'est-ce que c'est ? demanda la Kwami.

- Un cookie. Alya m'en ramène de temps en temps pour que je puisse grignoter quelque chose quand les plats qu'on me sert sont beaucoup trop mauvais. Ça te va, tu peux en manger ? »

Tikki saisit le cookie et en mangea un morceau. Alors qu'elle mastiquait avec attention, son visage s'illumina et ses yeux se mirent à briller de joie.

« Ch'est délichieux ! »

Marinette étouffa un rire.

« Je sais, je sais. Attention à ne pas faire de miettes. »

Tandis que Marinette rangea le paquet que Tikki reprenait peu à peu ses forces, la jeune fille poussa un soupire las.

« Quelle aventure, lança Tikki entre deux bouchées, je ne pensais pas que ce serait aussi épuisant de combattre cet akuma. »

Marinette hocha la tête sans grande conviction.

Alors qu'elle avala son dernier morceau, Tikki leva les yeux vers Marinette. Elle remarqua, grâce à la lumière de la lune, que ses yeux étaient légèrement rougies et qu'elle semblait avoir perdu tout son entrain.

La Kwami se redressa et posa une de ses pattes sur la main de la jeune fille, interloquée.

« Quelque chose ne va pas Marinette ? »

Elle haussa les épaules en détournant le regard.

« Non, c'est rien. C'est juste que... » elle s'interrompit aussitôt.

Tikki, surprise, se mit alors à voler pour arriver à la hauteur des yeux de Marinette. Elle lui sourit avec douceur.

« Tu peux tout me dire, tu sais. Si tu as le moindre doute, tu peux m'en parler, c'est le rôle des coéquipières de s'écouter. »

Marinette plongea ses yeux bleus dans ceux de Tikki, puis après une mince hésitation, elle décida qu'il ne servait à rien de tout garder pour elle. Tikki finirait bien par s'en rendre compte toute seule.

« Je me demande si..., commença-t-elle en hésitant, si c'est une bonne idée que je sois Ladybug.

- Comment ça une mauvaise idée ? On en a déjà parlé Marinette, bien sûr que tu es la Ladybug idéal !

- Ce n'est pas ça, répondit la jeune fille, c'est que... » Marinette inspira un grand coup pour se donner du courage. « J'ai peur d'oublier qu'au fond, je ne reste qu'une fille malade, handicapée, et assistée. J'ai peur qu'à force de me prendre au jeu, à être heureuse, j'oublie que sans ce Miraculous, je peux rien faire et que je fasse mal à mes proches à cause de mon inconscience. Tu as bien vu ce qui s'est passé aujourd'hui !

- Marinette... »

Tikki, émue, vola un peu plus haut encore et posa sa tête sur la joue de Marinette avec affection.

« Ne dis pas ça. Tu es plus que ça, plus qu'une maladie. Tu es une fille au cœur d'or. Tu es aussi une fille joyeuse, qui doute souvent, mais qui est toujours pleine d'entrain, avec beaucoup de talent et un charme indéniable. Tu sais ce que c'est que souffrir et garder le sourire, et c'est pour ça que je t'ai choisi... parce que je sais que tu ne voudrais jamais infliger ce que tu as vécu aux autres, que tu sais comment te relever malgré les difficultés. »

Tikki s'écarta légèrement et regarda à nouveau Marinette dans les yeux.

« Ce Miraculous, ce n'est pas qu'un "outil". Ladybug n'est pas qu'un masque, une autre personne que tu deviens pour oublier "Marinette". Tu es une fille au cœur d'or. Ladybug n'est pas une autre personne, c'est toi. »

Marinette, surprise par ces mots, ouvrit la bouche de stupeur. Tikki se mit à rire doucement et ferma la bouche de Marinette du bout de la patte.

« Attention, tu vas avaler une mouche. »

La jeune fille cligna des yeux plusieurs fois avant de reprendre ses esprits. Son regard devint plus vivant, plus clair. La Kwami avait raison, les doutes qui l'assaillaient n'avaient pas lieu d'être.

Elle rit à son tour.

« Merci, Tikki.

- Non, répondit Tikki, merci à toi Marinette. »

Elles collèrent à nouveau leur joue l'une contre l'autre, et tout sourire, elles se vidèrent de toute émotion négative.

« D'ailleurs, lança Tikki, j'ai entendu Chat Noir parler de plaques rouges très marquées sur ton corps pendant que vous discutiez dans la rue !

- Tu nous écoutais ?

- Pas vraiment, mais ça, ça m'a interpellée. Est-ce que ça va ? » s'inquiéta la Kwami.

Marinette fronça un sourcil, surprise.

« Oh ça, j'avais complètement oublié. C'est bizarre parce que les infirmières ne m'en ont pas parlé.

- Tu as raison, c'est bizarre... On ferait mieux de regarder nous même. »

Marinette leva légèrement son tee-shirt pour faciliter la tâche à Tikki qui s'envola en direction de son dos.

« ... Il n'y a rien !

- Tu es sûre ? demanda Marinette.

- Sûre et certaine. Qu'est-ce que ça pouvait bien être ? » s'interrogea la Kwami, dubitative.

Marinette haussa les épaules, absolument pas perturbée.

« Aucune idée. Enfin le principal, c'est que ça soit parti !

- C'est sûr... » répondit Tikki pas totalement convaincue.

Quelques secondes plus tard, Marinette bailla à s'en décrocher la mâchoire.

« C'est pas tout, mais avec toutes ces émotions, on devrait peut-être se reposer. »

Tikki acquiesça et virevolta en direction de l'oreiller de Marinette.

« Bonne nuit, Marinette.

- Bonne nuit, Tikki. »

Et ainsi les deux amies s'endormirent, oubliant la bien étrange découverte de Chat Noir.

« MARINETTE ! »

Le nez plongé dans ses céréales, Marinette fut percutée par une tornade de plein fouet et envoya valser la porte de sa chambre d'un coup violent, la faisant recracher au passage les quelques cocopops qu'elle était sur le point d'avaler.

« Oh purée Marinette, tu m'as fait une de ces peurs ! »

Alya, sa meilleure amie, la serra dans ses bras avec une force incommensurable, manquant presque de l'étouffer et de la faire basculer du lit. La jeune fille à lunette desserra son étreinte tout aussi rapidement qu'elle était arrivée et la prit par les épaules avec soulagement.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? lui demanda Alya avec précipitation. J'ai bien cru que t'avais complètement disparu, nous refais plus jamais un truc pareil ! »

Marinette lui sourit d'un air coupable tandis qu'Alya s'assit sur le bord de son lit.

« Désolée de t'avoir inquiétée, tout va bien. J'étais un peu surprise de me retrouver au milieu d'une bataille de ce genre, mais il y a eu plus de peur que de mal.

- Tu m'étonnes, répondit Alya avec intérêt, c'est pas tous les jours que ça arrive ! D'ailleurs... »

L'apprentie journaliste haussa un sourcil suspicieusement en direction de son amie. Et connaissant Alya sur le bout des doigts, Marinette savait exactement ce que cela signifiait...

«... tu as vu Ladybug durant tout ce bazar ?

- Pas du tout, tenta de bluffer Marinette sans grande conviction, elle devait être trop occupée, pas moyen de la voir !

- C'est quoi ce gros mensonge ? remarqua aussitôt Alya. Il y a un truc que tu veux pas me dire ? »

Un peu mon n'veu.

Marinette se gratta la joue avec embarras. Comment faire pour détourner son attention discrètement ? Alya ne devait sous aucun prétexte découvrir son identité. Elle avait bien une idée, mais...

« Aller, insista sa meilleure amie, je sais trèèèès bien que tu vas cracher le morceau.

- Et bien si tu veux tout savoir... »

Alya écarquilla les yeux, les mains jointent, et parfaitement excitée à l'idée d'en apprendre un peu plus sur sa superhéroine préférée.

« C'est Chat Noir qui m'a ramenée ici.

- Chat Noir !? s'exclama-t-elle.

- Chuuut, doucement, on risque de t'entendre ! »

Certes, ce n'était pas une info sur Ladybug mais c'était déjà pas mal !

« En fait, continua Marinette, c'est lui qui m'a trouvée dans la rue et qui m'a ramené. On a discuté un peu puis il est reparti.

- Wow, et il était comment ?

- ... Gentil ? Il est plutôt sympathique, avoua Marinette, même si son humour est plutôt douteux. »

Alya éclata de rire.

« J'aurais bien voulu voir ça ! »

Marinette rit à son tour, se rappelant les jeux de mots plutôt mauvais de Chat Noir. C'est sûr, c'est un sacré numéro.

Alors qu'elle se remémorait la nuit passée, Alya se pencha vers elle d'un air entendu.

« C'est quoi cet air pensif ? lui dit-elle avec un sourire en coin. Ne me dis pas que t'en pince pour Chat Noir maintenant... »

Marinette manqua de s'étouffer avec sa propre salive.

« Q-Q-Quoi ? Jamais de la vie ! Tu sais très bien que...

- Bien sûr que je sais, la coupa Alya, visiblement hilare, je te charrie. D'ailleurs en parlant de "celui pour qui tu en pinces", devine qui va venir te voir encore aujourd'hui ? »

Marinette lança un regard confus à son amie.

« Ne me dis pas que tu as oublié ! s'offusqua Alya. Tu sais, la semaine de bénévolat à l'hôpital, tout ça. Adrien va encore venir aujourd'hui ! »

Si, elle avait bel et bien oublié. Quelle idiote, elle en manqua presque de se frapper la tête contre son lit. Elle saisit Alya par les épaules et la secoua, paniquée.

« Pas moyen qu'il me voit dans cet état, j'ai même pas fini mon bol de cocopops et mes cheu... »

Marinette fut coupée nette dans ses lamentations.

« Excusez-moi, vous voulez que je repasse plus tard ? »

Merde.

MERDE.

Sur le seuil de la porte, de toute sa grandeur et élégance, se trouvait Adrien. Il rayonnait, comme toujours, et sa beauté était, aux yeux de Marinette, plus brillant encore que les rayons du soleil.

La main posée sur la poignée de la porte, il pencha sa tête sur le côté pour les saluer avec un sourire amical et chaleureux.

« Bonjour Marinette, bonjour Alya. »

Alya sourit à pleines dents.

« Salut Adrien ! Non pas du tout, lui répondit-elle, reste. On parlait juste de la coupe de cheveux de Marinette. On se disait qu'une petite queue de cheval lui irait bien, tu trou-

- Alya !

- Ouille ! »

Marinette coupa Alya grâce à un petit coup de coude bien placé. Adrien, lui, les regarda l'une et l'autre tour à tour d'un air confus.

Pourquoi est-ce que les deux jeunes filles avaient l'air de cacher quelque chose ?

« Bon, on va laisser Marinette terminer son petit déjeuné en paix, lança Alya en se massant les côtes, on repassera un peu plus tard ! »

Adrien sourit et acquiesça. Son regarda croisa celui de Marinette un instant, et tandis qu'il lui adressa un sourire chaleureux, elle se mit à prendre une couleur tomate très prononcée.

Juste avant de partir, Alya se pencha vers son amie discrètement et lui fit un clin d'œil.

« Enfin quand je dis "on"... »

Marinette tenta de poser ses mains sur la bouche d'Alya pour la faire taire, mais elle s'était déjà éloignée en souriant.

« Ha, s'exclama Marinette, Alya attend ! »

Alors qu'ils allaient quitter sa chambre, la demoiselle fit signe à Alya de se rapprocher.

« Est-ce que tu pourrais m'apporter ma... enfin tu vois, avant de partir ? »

Alya hocha de la tête avant de se tourner vers Adrien.

« Je te laisse partir devant, je te rejoins vite ! »

Adrien hésita un instant. Ne ferait-il pas mieux de proposer son aide ? Non, probablement pas. En voyant l'expression agitée de Marinette, il s'avisa. Il la mettait peut-être mal à l'aise. Du moins en tant qu'Adrien. Sans plus insister, il tourna les talons.

Enfin, presque.

« Au fait, lança-t-il à Marinette en souriant, je suis content que tu ailles bien. »

Sur ces mots, il quitta la pièce.

« ... »

Alors qu'Adrien n'était plus dans son champ de vision, Mariette fourra son visage dans ses mains.

« ... Alors là si c'est pas une surprise !

- Pitié Alya, ne dis rien de plus, je crois que je vais mourir de honte.

- Comment ça de honte ? C'est pas la honte ça, c'est le feu vert pour lui faire du rentre-dedans !

- Alya !

- D'accord, d'accord, répondit la fille à lunette en ouvrant le fauteuil roulant de Marinette, mais je t'aurais prévenu, faut foncer pendant qu'il est encore à disposition ! »

Marinette ne répondit que par un gémissement embarrassé.

« Je te pose dessus maintenant ou j'appelle une infirmière ? lui demanda Alya une fois le fauteuil placé face au lit de son amie.

- Non, c'est gentil, je vais me débrouiller. »

Alya la dévisagea l'espace de quelques secondes. C'était inhabituel.

« Comme tu voudras, lui répondit-elle d'un signe de la main, on se retrouve tout à l'heure ! »

Marinette lui répondit d'un sourire.

Lorsque Alya eut à son tour quitté la chambre et refermé la porte, lorsque, enfin, Marinette se retrouva seule, elle posa son regard sur le fauteuil roulant. Tikki, qui s'était cachée sagement dans sa bourse jusque-là, en sorti.

« Tu es sûre que tu vas y arriver seule, Marinette ?

- Qui ne tente rien, n'a rien. »

Motivée, elle commença à se déplacer grâce ses à mains.

« Je peux aller chercher le jeune homme blond si tu veux, je suis sûre qu'il serait ravie de t'aider.

- Ha non Tikki, tu vas pas t'y mettre non plus ! »

La Kwami ponctua sa phrase d'un rire avant de couver Marinette d'un regard inquiet.

Cette fois, pensa Marinette, c'est moi contre moi-même.

Et ça, Tikki l'avait bien compris.

Perdu dans ses pensées, Adrien se demandait ce que sa chère Ladybug aurait bien fait dans une telle situation. Marinette semblait excessivement mal à l'aise lorsqu'elle se trouvait en sa présence. Pourtant, lorsqu'il était en Chat Noir, elle lui avait semblé plus joviale que craintive. Était-ce lui, son aspect civil qui la mettait mal à l'aise ?

Lui qui pensait pouvoir s'en faire une bonne amie, c'était râpé.

D'ailleurs, en parlant de Ladybug... que pouvait-elle bien faire en ce moment ? À la simple évocation de son nom, le cœur d'Adrien se serra et un sourire se dessina sur ses lèvres. Cette fille était une véritable tornade qui avait ravagé ses sentiments en quelques minutes. Un tsunami.

Et si elle le désirait encore, elle pourrait le dévaster autant de fois qu'elle le voudrait. Il n'y voyait aucune, mais aucun inconvénient.

Soupirant, Adrien fut brutalement tiré de ses réflexions langoureuses par un choc frontal des plus brutaux.

« Outch

- Aie ! »

Sa vision se troubla l'espace de quelques secondes.

« Excuse-moi, je ne regardais pas où j'allais. »

Adrien se frotta la tête en grimaçant. Pile en plein dans la face. Par chance, il n'était pas tombé. Lorsqu'il reprit ses esprits, il ouvrit un premier œil en regardant en direction du sol.

« Hein... ? »

Il ne n'avait pas entendu tomber, mais ce crayon, à ses pieds, avait bien roulé sur le sol jusqu'à lui.


N/A : Hop, c'est la fin de ce chapitre ! Alors comme on est en fin de chapitre je vais me lâcher un peu et vous expliquer tranquillou ce qui s'est passé depuis la dernière fois parce que beaucoup le savent, ça fait un moment que je n'ai pas update la fic. Pourquoi ? Alors il n'y a que deux lecteurs que j'ai mis au courant, et donc il m'est arrivé une bricole à la fin de mes exams. Pas de soucis tout c'est bien passé, rien à voir avec mes résultats. J'ai même eu le temps après d'écrire le début de la fic. En fait c'est plus cocasse : mon frère a cassé mon ordinateur en marchant dessus. Je sais, c'est drôle, mais moi j'ai failli pleuré sur le coup xD Par chance c'était un vieil ordi et j'avais prévu de m'en acheter un autre. Ce que j'ai fais quelques semaines plus tard. Mais une tuile ne vient pas seule : il tombe en panne une semaine après l'achat. Là je pète mon câble, je renvoie l'ordi au SAV Acer, et mon ordi m'est renvoyé une semaine plus tard. Et c'est uniquement à ce moment là que j'ai pu reprendre le chapitre. Ca m'a pris une semaine environ pour écrire tout ça donc après toutes ces aventures ! Maintenant que j'ai eu mon quota de mauvais karma pour l'année il y a plus qu'à espérer pour que ça aille mieux xD

Donc au niveau du chapitre et de ce que j'avais annoncé dans le chap 5 : le nouveau personnage. Alors il devait déjà avoir un rôle important dans ce chapitre mais faute à mon engouement je me suis retrouvée à plus de 3000 mots au moment où je le fais apparaître. Donc je me rends compte que le chapitre comme je l'avais prévu allait au moins demandé 8000 mots si je continuais du coup je me suis calmée et j'ai stoppé à son apparition. Enfin le nécessaire est là, il arrive et il va mettre un beau bordel ! Vous avez deviné qui c'était ? :D

À très vite pour le prochain chapitre, n'hésitez pas à me laisser une review :D :coeur: