Hey hey ! Chapitre 5, qui est content ? Je vous avertis, c'est assez particulier... Dédicace spéciale à celui ou celle qui comprend ce qui se passe :)
Autre petit avertissement... Ce chapitre n'est pas un Disney (comme l'histoire en général) et ça va aller en empirant. Ah et pour ce qui est de Leila, ça va être très clair à la fin :)
Désolée s'il reste des fautes, j'ai fait ce que j'ai pu mais cette semaine j'ai un peu craqué, donc mes capacités de concentration ont été divisées par trois.
Au fait, si certains d'entre vous aiment beaucoup Vasco, allez faire un tour sur mes autres fics et cherchez la dernière :)
RGR :
LeLynxBlanc : Oui la voilà la suite ^^ ! Et avec Marcus Flint :) Merci beaucoup et bonne lecture !
Mylene : Hey ! Mais elle déjà bien longue quand même ^^ Je suis très contente que ça te plaise, merci :) Alors... J'attendais qu'on me dise ça sur Justin ou Ernie... Je ne vais pas te donner des raisons de les aimer davantage malheureusement... ^^' Pour ce qui est des réponses, il y en a pas mal ici mais la plupart resteront quand même en suspens. Mais je te laisse découvrir tout ça :)
Harry Potter appartient toujours à JKR et à Warner Bros, Torn à Natalie Imbruglia et les lieux mentionnés (hormis le Nortmai) existent tous.
Follia veut dire Folie en italien. Ce n'est pas compliqué à deviner mais c'est utile de préciser quand même.
Torn
Nothing's fine, I'm torn
V - Follia
Je sentis mon souffle s'arrêter en même temps que mon cœur. Les mots ricochaient dans mon crâne avec violence et me glaçaient le sang dans les veines. Le bleu ciel des yeux d'Aley s'était mué en couleur glace. Les larmes les faisaient briller d'un éclair de douleur, d'injustice.
- Man-Mangemorts... répétai-je en échouant lamentablement dans la tentative de faire comme si de rien était
Elle rit, amusée, toute haine évaporée subitement :
- Le terme est très controversé. On l'applique aux suiveurs de Voldemort mais aussi aux Serpentard conservateurs -à tord.
- Vous êtes des alliés de... Tu-Sais-Qui ?
- Comment dire... Non pas exactement. On est plus ou moins opposés aux deux camps mais avec une nette tendance à être mis dans le panier des Mangemorts par affiliation, même si on n'a jamais pris vraiment parti dans leurs actions. En réalité, on est officiellement inscrits dans leurs rangs. Lyou a reçu la Marque de force, mais c'est la seule qui l'a.
- Donc vous vous cachez parce que si on vous retrouve, vous finirez à Azkaban.
- Oh non ! Ce serait un sort trop bon pour nous. La potence est tout ce à quoi on aura droit.
- C'est... C'est horrible.
- Non c'est normal.
Elle rit, dans un étrange décalage avec la gravité de sa situation. Elle était un ange aux ailes noires de démon.
Je ne savais plus quoi penser. La chose qui comptait le plus pour nous et pour les Flint c'était survivre, et cachés. Nous étions semblables sur beaucoup de points mais pourtant je ne pouvais pas m'empêcher de me demander si je pouvais leur faire confiance. Ils n'avaient rien fait pour me prouver que je ne pouvais pas mais j'avais tout de même peur. Par principe, malgré que j'aie pris la fuite, je penchais dans le camp d'Harry Potter. Jamais je n'aurais adhéré de près ou de loin aux idées de Vous-Savez-Qui. Les Flint, malgré leur apparente neutralité, étaient le contraire. S'ils avaient vraiment dû choisir un camp, ils se seraient alliés aux Mangemorts.
Je réalisai alors que s'ils avaient pris la fuite pendant la guerre, c'était aussi parce qu'on avait dû leur demander de prendre parti. Et ils s'étaient enfuis.
Où étaient leurs parents ? Brin avait parlé du père, dont la jambe blessée s'infectait régulièrement. Qu'est-ce qui se cachait encore dans la maison des Flint ?
Lyou passait un peu pour la mère de service. Elle prenait beaucoup sur ses épaules et tentait tant bien mal de garder ses cadets de tout problème. Elle avait l'air de tenir énormément à eux mais au premier abord, on voyait surtout une personne froide. En regardant plus longtemps, on pouvait voir une flamme qui brûlait en elle.
Marcus était le plus insaisissable. Je n'avais pas encore pu déterminer s'il jouait le rôle de grand frère ou de fantôme. Il paraissait si lointain et froid que mon image de la statue de glace de Poudlard s'appliquait encore à lui. Quant à la raison de son isolement nocturne... Il ne laissait rien paraître de jour et personne n'en parlait. Qu'est-ce que c'était ?
Vasco par contre était plus ou moins resté fidèle à lui-même. Si je me retournais à l'instant j'étais sûre de le voir sourire et plaisanter avec ses clients en même temps qu'il les servait. Ce garçon était un désaccord parfait avec sa maison d'origine. Qu'est-ce qui avait motivé le Choixpeau à l'envoyer dans la tanière des serpents ? Il devait y avoir quelque chose derrière son sourire éclatant qui ne faisait pas de lui le prince charmant de contes de fées de Susan. Il n'était pas parfait et c'était dur à croire.
Quant à Aley, bonne question. Elle était sur deux pôles et passait rapidement de l'un à l'autre sans pour autant devenir odieuse. Un peu comme Vasco, elle avait l'air d'avoir un pouvoir pour se faire aimer de tout le monde. Enfin presque tout le monde, j'imagine. Je ne savais pas si je devais m'en faire une image de petit ange ou de princesse de glace.
Les quatre Flint étaient des mystères à eux tous seuls mais étaient bien plus simples à comprendre que Justin ou Ernie. Il y avait quelque chose qui me mettait plus en confiance, qui ne m'empêchait pas de parler. Je n'avais pas peur de dire ce que je pensais. J'avais sorti des horreurs à Aley et Vasco mais pourtant ils n'avaient pas réagi violemment. Autre mystère.
Aley me dévisagea un instant :
- Dur à digérer ? demanda-t-elle d'une voix douce
Quel était l'intérêt de mentir ?
- Un peu... répondis-je. Mais je vais m'y faire.
Elle sourit et secoua la tête :
- Ne te sens pas forcée. Ça prendra un moment.
- Et sinon... fis-je pour changer de sujet. Comment est-ce que Marcus a changé sa couleur de cheveux ?
Elle rit :
- C'est moi qui m'en suis chargée. À la moldue. On refait ça de temps en temps.
- Il préfère être blond ? Je n'ai jamais essayé de l'imaginer avec des cheveux bleus, je dois dire.
Elle éclata de rire :
- Moi non plus... Mais il a choisi le blond pour se rapprocher de Vasco. Maintenant la seule qui n'est pas blonde c'est Lyou.
- De Vasco...
- Oui, si tu regardes bien, à quelques détails près ils auraient pu passer pour des jumeaux. Ça ne se voit sûrement pas mais... Ils sont très très fortement liés tous les deux.
- Marcus est assez... Impénétrable.
- Ça ne m'étonne pas. Il faut rester avec lui plus longtemps pour qu'il s'ouvre. J'ai été quand même étonnée qu'il te raconte la légende du Pembrokeshire. Surtout quand il avait autre chose à faire. C'est une nette amélioration.
- Pourquoi il ne dort pas la nuit ?
Elle soupira :
- Ça n'arrive pas tout le temps. Mais c'est... Je ne devrais pas être celle qui t'en parle. Je peux juste te dire que ça relève d'une histoire très très vieille.
- Rien de grave ?
- Ça dépend du point de vue. C'est grave certes mais les lois de la vie sont indiscutables, et on a déjà de la chance d'être encore de ce monde alors que d'autres... Sont partis.
Je compris où elle voulait en venir. Apparemment, son frère avait perdu quelqu'un à qui il tenait beaucoup et n'arrivait pas à outrepasser le vide que son absence avait créé. J'eus un élan de compassion pour lui. Je l'avais toujours jugé sans prendre le temps de le comprendre, et ça ne m'avait pas effleuré qu'il y ait pu y avoir quelque chose sous sa carapace glacée.
Est-ce que lui imaginait que j'avais des sentiments aussi ? Ou est-ce qu'il n'en avait rien à faire ? La vérité étant que j'étais le genre de fille effrayée à la seule idée de ne pas être aimée. Je céderais n'importe quoi pour un peu de considération. Si à la clé j'obtenais d'être avec des gens comme Justin, je pouvais même mettre de côté qui j'étais. Et c'était exactement ce que je faisais depuis des années.
- Hannah... chuchota tout à coup Aley. Je ne vais pas te mentir... Tu as tout intérêt à te méfier de ce que tu crois connaître. Tu ne sais pas ce que ça te réserve.
Je ne répondis pas.
- J'ai toujours trouvé l'inconnu plus sûr, sourit-elle. Tu ne peux pas avoir d'attentes.
- Je n'y avais jamais pensé...
- L'ouverture d'esprit est une qualité qui ne devrait jamais être négligée.
- Personne ne l'aurait associée à votre famille.
- Stéréotype vieux comme le monde. Serpentard est synonyme d'intolérance, de préjugés discriminatoires et d'ambition. C'est une façon de penser arriérée et on oublie parfois que les gens comme ça ne sont pas tous à Serpentard. Les pires de tous sont peut être les hypocrites. Les gens qui exécutent la discrimination inverse à celle qu'ils disent rejeter.
- C'est à dire rejeter les Serpentard par principe.
- Exactement. Les parfaits petits Gryffondor qui gémissent qu'on est injustes et qu'on finira tous comme le Seigneur des Ténèbres. Ou ceux qui nous crachent dessus à cause de nos couleurs. Ils ont encore à apprendre que ce n'est pas de notre faute s'ils sont moins solides que nous. On dit le mal de nous mais on oublie souvent de préciser qu'on à plus de qualités que de défauts. On est réfléchis, calculateurs, malins, autonomes, on a confiance en nous, on est obstinés, on sait reconnaître la valeur des choses.
Je souris :
- Hé ! Je te rappelle qu'on m'a envoyée à Pouffsouffle. Par principe on me voit comme une demeurée.
- Je ne sais pas d'où viennent toutes ses distinctions entre les maisons mais ceux qui les ont instaurées devaient avoir l'esprit aussi fermé et préconçu qu'un coffre à Gringotts.
- Ça fait du bien de pouvoir rencontrer quelqu'un qui pense comme moi.
- Tu n'imagines pas combien mes frères ont bavé des insultes qui leurs étaient lancées à travers les couloirs tous les jours. Il n'y a rien de plus horrible que de voir Vasco pleurer.
- Ma sœur jumelle a été envoyée à Serdaigle. Immédiatement, mes parents se sont mis à faire une hiérarchie entre nous deux. Elle passait toujours avant pour tout : les meilleurs vêtements, la meilleure chambre... Elle avait le droit de faire ce qu'elle voulait.
- Aïe. Ça ne fait pas plaisir les parents comme ça. J'ai de la chance, en fait.
- Comment sont tes parents ?
Elle soupira et étouffa un rire :
- Très très très très étranges. Bon, ils sont un peu élitistes sur les bords mais ils restent opposés à la règle du chacun pour soi. Ce ne sont pas des agneaux. Ils ne se font pas marcher sur les pieds et nous ont appris à nous imposer, dans tous les cas. Ils ne nous ont jamais forcés à choisir une voie d'avenir préconçue. On leur doit beaucoup. Maintenant mon père n'est plus en état de faire grand chose à cause de sa jambe. Ma mère passe ses journées, chaque heure, toute l'année à son chevet et ne descend que si il y a une infection. Ils mangent tous les deux à l'étage.
- C'est triste.
- C'est vrai. Mais je préfère ça à ne pas les avoir du tout.
Elle regarda dehors :
- Tu devrais peut être y aller... Tes amis vont te chercher sinon. Et puis je devrais aussi reprendre le travail.
- Merci beaucoup, hein...
- C'était un plaisir. J'ai bien aimé parler avec toi.
Elle se leva et débarrassa mon verre. Lyou passa à cet instant-là. Elle sourit en me voyant et retourna à ses clients. Je me levai à mon tour, saluai Aley et Vasco avant de sortir du local.
Je fis pour me mettre en marche quand je me heurtai à un homme. Il me rattrapa avant que je ne trébuche et rit. C'était Marcus qui revenait de Marloes avec l'eau.
- Si tu te casses la figure, je devrais t'amener à l'hôpital. Lyou ne sera pas contente si je rate le travail.
Je souris, gênée :
- Euh merci Marcus...
Il haussa les épaules :
- Je ne t'ai pas trop fait peur avec mes histoires de fantômes ?
- Un peu, avouai-je sans réfléchir
- Ne t'inquiète pas. Personne ne viendra vous embêter.
- Comment tu peux en être sûr ?
- J'ai des arguments.
Je souris malgré moi. Il me rendit mon sourire et me salua avant de rentrer à l'intérieur du bar.
Décidément, Aley avait raison. L'inconnu était peut être plus surprenant mais quand il l'était, c'était beaucoup plus positif.
.
- Qu'est-ce que c'est ? demandai-je à Justin
Il sourit, faisant chavirer mon rythme cardiaque au passage. Il avait entre les mains un drôle de sachet que je l'avais déjà vu sortir de la boîte à gants de la voiture plusieurs fois. Je n'avais pu savoir ce que c'était. Un petit secret à lui...
- Tu veux vraiment savoir ?
Je hochai timidement la tête.
- Alors je vous montrerai ce soir.
Je ne pus m'empêcher de sourire en pensant qu'il me faisait enfin pénétrer un peu dans sa bulle. Il était une sorte de paradoxe vivant. À la fois clair et impénétrable, proche et hors d'atteinte, clairvoyant et aveugle.
Il était peut être temps que je prenne en main cette histoire...
- Justin, lâchai-je soudainement sans réfléchir
Il posa son regard chaleureux sur moi :
- Oui Hannah ?
- Je... Euh... Je... Je voulais te dire merci. Merci de m'avoir amenée avec toi pour vivre la Bohème.
Il sourit :
- Tu es si friable, Hannah... Tu n'as pas besoin de me remercier. Tu es plus en sécurité ici avec nous, même si on prend de gros risques.
- Je ne suis pas le genre de fille que tu aurais embarquée, c'est ça que je veux dire. Susan, Leila d'accord... Mais moi ?
Il posa une main sur mon épaule, l'autre sur ma hanche et me colla contre lui. Le choc me paralysa intégralement et je ne pouvais plus réfléchir correctement. Son corps ne dégageait pas de chaleur particulière, il sentait quelque chose d'étrange et pas très agréable mais peu m'importait. Ce geste n'avait pas de prix, et je n'avais jamais espéré autant dans ma vie.
Son souffle caressa mon oreille et me fit chavirer :
- Un jour tu comprendras bien que tu n'es pas inutile comme tu crois. Et ce jour tu verras aussi que je tiens fort à toi. Tu es ma petite sœur, mon bébé fragile et adorable.
- C'est tout ? chuchotai-je. Une gamine ?
- Je n'ai pas dit ça.
- Toi et Ernie me parlez toujours comme si j'étais une enfant. J'ai vingt-trois ans, Justin !
- Je sais, je sais...
- Alors pourquoi tu ne me le montres pas ? Je suis condamnée à toujours me poser des questions, à me demander si je suis pour vous autre chose qu'une fillette de sept ans à garder...
- Mais je ne sais pas comment te le montrer.
- Tu as plus d'expérience avec les femmes que tu ne le montres. Alors traite-moi comme une d'elles. J'ai vingt-trois ans, pas cinq. Ce n'est pas la même chose.
Il se détacha de moi. Son regard n'était plus aussi doux et attentionné. Il y avait quelque chose de plus sauvage, de plus mystérieux voire... Dangereux. Je le sentis prendre mon visage entre ses mains, sans aucune douceur. Il planta son regard dans le mien :
- Tu es sûre de vouloir changer ?
Je n'aurais pas avoué être effrayée. Je ne savais pas ce qu'il allait faire.
- Ou-oui... répondis-je mal assurément
Il plaqua ses lèvres sur les miennes. Le goût horrible de son odeur inconnue me frappa de plein fouet et m'étourdis encore plus que le simple fait qu'il soit en train de m'embrasser. Oh hé ! Justin Finch-Fletchley était en train de m'embrasser ? Est-ce que je rêvais ? Qu'est-ce que j'étais censée faire maintenant ?
Avec la même brusquerie, il se détacha de moi. Sur mes lèvres je sentais encore le goût écœurant de sa bouche. J'étais sidérée par ce qui venait de se passer.
- Contente ? fit-il avec son sourire en coin
J'avais perdu jusqu'à la capacité de parler. Il venait de m'embrasser. J'avais eu tant de rêves de ce genre, mais la réalité était bien différente. Rien que cette odeur inconnue jetait un voile de déception sur le baiser.
- Ça... Ça voulait dire quoi ? réussis-je à balbutier
- À ton avis ?
- Mais je... Je croyais que... Lyou...
- On fait avec ce qu'on peut.
- Mais... Mais...
- Allez viens. Sinon Ernie va être jaloux.
Je me retournais vers l'intéressé qui nous observait depuis son emplacement à côté de la voiture. Il avait l'air très mécontent et assassinait Justin du regard. Je le rejoignis pour m'assoir à ses côtés. Il grogna :
- C'est bon, vous avez fini ?
Justin éclata de rire et lui lança le sachet du repas :
- Allez ! Mange avant que la nuit tombe, j'ai un truc à vous montrez. Vous allez voir...
Ernie me tendit un sandwich en me lançant son regard "ne crois pas que ta vie est rose, tôt ou tard ça va tomber à l'eau" autrement dit "Justin n'en a rien faire de toi". Je l'ignorai et commençai à manger.
En résumé la journée avait été à la fois calme et éprouvante. Je n'avais rien fait d'extraordinaire mais entre les révélations des Flint et ma conversation avec Justin, j'avais de quoi me torturer de questions.
Est-ce qu'il y avait vraiment des fantômes tueurs dans les parages ? Qu'est-ce qui se passait dans la tête de Justin ? Et puis cette odeur, ce goût...
- Tu avais mangé quelque chose avant de venir ? demandai-je timidement à l'intéressé
Il fronça les sourcils :
- De quoi tu parles ?
- Tu as une drôle d'odeur, grogna Ernie
Justin éclata de rire et enfouit sa main dans sa poche pour en sortir une petite boîte rectangulaire. Il l'ouvrit et sortit un tube orange et blanc :
- Non c'est juste ça.
- Ça se mange ? s'étonna Ernie
- Essaye si tu veux, mais tu n'y arriveras pas. Non ça se fume.
- Hein ? lâchai-je
- C'est Moldu, Hannah. Tu veux essayer ?
Je secouai la tête par instinct. Ça avait une odeur dégoûtante, je ne tenais pas à en profiter encore plus. Je la sentais encore sur mes lèvres et sur ma langue, j'avais envie de vomir. Je n'avais aucune idée de ce que Justin faisait mais j'avais un mauvais sentiment à son égard.
.
Nous finîmes de manger quand le soleil était déjà loin derrière la ligne d'horizon. L'obscurité qui s'installait m'effrayait. Les fantômes m'effrayaient. Mais l'avouer était hors de question.
Justin disparut dans la voiture chercher son sachet mystérieux, nous laissant seuls Ernie et moi.
- Alors ? grogna mon ami. Tu as eu ce que tu voulais ?
Je me mordis la lèvre alors que mes yeux se mettaient à brûler :
- Je ne sais pas... chuchotai-je. Ce n'était pas ce à quoi je m'attendais.
- Je t'avais dit que tu allais juste finir blessée.
- Je ne suis pas blessée, Ernie. Juste choquée. Ça va passer.
- Arrête de minimiser tout le temps. Justin n'est pas le type qu'il te faut.
- Et c'est toi peut être ?
- Moi non plus, Hannah... Tu vaux beaucoup mieux que ça, poupée. Justin va te trahir. Il va finir par te trahir. Et si ce n'est pas demain, c'est dans peu de temps. Tu vis encore dans un conte de fées, Hannie. Tu vas vite te casser la figure.
Justin s'affala dans le sable, interrompant notre conversation :
- Je vous avertis, vous n'avez jamais fait ça dans votre vie !
- Quoi ? soupira Ernie
Justin afficha son sourire traditionnel et ouvrit le sachet. Il contenait des petites pastilles carrées avec de drôles de dessins moldus ridicules. Il en prit trois et nous en donna une chacun avant de ranger le sachet dans sa poche.
Je regardai la pastille entre mes doigts un long moment sans rien dire.
- Et on fait quoi avec ? demanda Ernie
- Tu mets dans ta bouche et tu mâches.
Je portai la pastille à ma langue avec réticence. Quand je refermai ma bouche, je constatai que le goût que Justin m'avait laissé dans la bouche m'empêchait d'avoir une perception sensorielle correcte.
Après avoir mâché et ingéré le produit, je regardai les autres. Ernie n'avait rien pris, il se méfiait trop. Justin, lui, n'avait pas avalé non plus et je ne pus m'empêcher de me demander pourquoi.
- Où tu as trouvé ça ? demanda Ernie à son meilleur ami
- Ça appartenait à mon frère. Il cachait ça dans sa voiture, alors j'ai tout volé en même temps sans m'en rendre compte.
- Et c'est quoi ?
- Rien de méchant. C'est un peu comme des friandises.
Il enchaîna la discussion sur le programme de la semaine. Il avait beaucoup de plans et comptait se mettre à l'œuvre dès demain.
Pendant que je l'écoutais parler, je sentais une nausée progressive s'emparer de moi. Au bout d'une demie heure environ, je commençai à ne plus distinguer la voix des garçons. Un chaos innommable envahissait ma tête et j'avais l'impression d'avoir été privée de tous les sens. Les sons étaient confus, je ne percevais quasiment rien et j'avais la nausée.
- Hannah ?
C'était Ernie. Je levai la tête vers lui et hurlai. Ses yeux étaient rouges comme le sang qui dégoulinait depuis sa gorge.
- Non ! Non ! Ne t'approche pas ! criai-je. Je suis désolée ! Je ne voulais pas te tuer !
Ses lèvres formèrent des mots qui n'atteignaient pas mes oreilles. Justin se leva. Il était couvert de sang aussi, de la tête aux pieds. La mer était devenue rouge et le sable bougeait violemment.
Des ombres noires serpentèrent autour de mes pieds tout en grandissant. Peu à peu, elles dévorèrent Ernie et Justin.
- Non ! m'époumonai-je. Ne les emportez pas ! Je paierai mais laissez-les en paix !
- Hannah !
Ce n'était pas la voix des garçons. Tout était noir et j'étais allongée dans le vide, agitée de spasmes incontrôlés. La silhouette d'une fille de mon âge se matérialisa. Elle était si pâle que ce n'était pas naturel, ses yeux bleus brillaient de larmes et ses cheveux sombres se confondaient avec les ténèbres.
- Tu fais une erreur, Hannah. Tu ne devrais pas partir.
- Leila ! hurlai-je en sachant pertinemment qu'elle ne pouvait pas m'entendre
- Si tu pars avec eux, ça ne t'apportera pas le bonheur que tu cherches.
- Non, non, non ! Je suis désolée ! Leila je suis désolée !
J'avais vécu cette scène un an et demi auparavant : je la reconnaissais même si je n'entendais pas mes répliques.
- Reste ici, Hannah... On pourra construire ce qui nous manque ensemble.
- Non ! Non ne m'écoute pas ! Ne m'écoute pas Leila ! Je suis désolée, je suis désolée ! C'est de ma faute, ne pars pas !
Son visage se déforma de douleur. Je hurlai. Encore une fois je revoyais son regard blessé, trahi. C'était de ma faute.
- Je... Je...
Sa voix s'éteignit et son image disparut. Je hurlai encore plus fort. Je l'avais trahie, je lui avais lancé de la haine à la figure et je lui avais tourné le dos. J'avais trahi ma propre sœur.
- Reviens ! m'écriai-je. Reviens ! Je ne pensais rien de tout ça ! Je regrette, je t'en prie, écoute-moi ! Leila reviens !
Mais il n'y avait plus rien. Des milliers de silhouettes apparaissaient et disparaissaient subitement. Deux d'entre elles seulement se stabilisèrent. Un homme et une femme.
- Folle, lâcha l'homme
- Inutile, lui fis écho la femme
- Maman ? Papa ? réalisai-je
- Elle a du sang sur les mains.
- Elle a bafoué l'honneur sa famille dès le jour où elle est entrée à Poudlard.
- Je vous hais ! hurlai-je. Je vous hais, tous les deux !
- Elle ne va pas tarder à mourir.
- Au moins elle l'aura mérité.
- Je vous hais !
- Elle porte sur elle le déshonneur qu'elle nous a fait subir.
- Quand je pense à sa pauvre sœur...
- Allez vous en ! Disparaissez !
Et comme ordonné, les ombres sans visage de mes parents s'évaporèrent. J'étais de retour sur la plage sanglante mais Justin et Ernie n'étaient pas de retour. Ils avaient été dévorés par les ténèbres. J'étais seule.
Avec les forces qui me restaient, je rampai vers la mer écarlate et plongeai ma tête dedans. C'était comme une bassine. Le fond était profond dès le premier centimètre. C'était du sang, du vrai sang. Une piscine de sang. Je sentis ma tête être violemment rejetée en arrière.
Je hurlai comme une désespérée :
- Je ne voulais pas ! Je ne voulais pas ! C'est de ma faute ! Laissez-moi tranquille ! Vous n'êtes que les fantômes du Pembrokeshire ! J'en ai déjà assez de vous ! Partez, partez ! Je ne veux pas que vous me tuiez ! Marcus a promis que vous me laisseriez tranquille !
Je sentis la poigne du fantôme me lâcher violemment et je me retrouvai dans le sable.
- Hannah... murmura une petite voix d'enfant
Ces yeux verts... Ces yeux verts... Cet enfant...
- Non ! hurlai-je. Non va-t-en ! Je suis désolée ! Je suis désolée ! Je ne veux pas mourir ne ne veux pas mourir...
- C'est déjà trop tard...
- Non ! Non je ne suis pas morte !
- Non mais si tu ne sors pas de là, tu vas te tuer...
- Laissez-moi tous tranquilles ! Vous êtes tous des fantômes ! Tu es mort !
- Et on se demande bien pourquoi...
Je gémis de douleur avant de m'effondrer la tête dans le sable en pleurant et criant simultanément.
- Non... sanglotai-je. Je suis désolée, ne me tuez-pas...
.
.
.
Aïe aïe aïe...
Oui, vous avez bien compris : rupture.
Qu'est-ce que vous en avez pensé ? À votre avis, qu'est-ce qui va se passer maintenant ? Est-ce que vous savez ce que Justin a donné à Hannah (sachant que les tubes, c'est facile à deviner ce que c'est) ? Vous avez un Flint préféré ? Est-ce que parmi vous il y a des fans de Justin/Hannah ou de Ernie/Hannah ? Ou plutôt, est-ce qu'après ça il y a encore des gens qui adorent Justin ?
Oulà, ça en fait des questions ^^
Anyway, c'était le chapitre 5 donc à la semaine prochaine pour la suite des évènements :)
ACSD
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