Hey ! Comment ça va ?Toujours curieux de savoir ce qui s'est passé au chapitre dernier ?

En tout cas, je veux remercier tout le monde ici et même ceux qui ne lisent pas cette fic (mais L.E.). Lys Ecarlate a dépassé les 5000 vues ! ^^ Youpi ! Je suis super contente alors merci à tous ceux qui ont lu mon bébé :)

On en est encore loin avec les 400 vues de Torn

Bon ! Revenons à nos moutons... Résumé de ce qui est arrivé dans le chapitre dernier : Hannah a découvert que les Flint s'étaient enfuis et cachés pour échapper à la Purge. Etant inscrits dans les rangs des Mangemorts, ils risquent la potence si le Ministère met les mains sur eux. Plus tard dans la soirée, Justin donne à Hannah un étrange produit qui provoque chez elle un violent accès d'hallucinations...

Tadam !

RGR :

Mylene : Hey ! Oui, voilà la suite :) Pour Justin et Ernie, je crois que je ne vais pas te donner plus de raison de les aimer... Quant aux Flint, j'essaye au mieux de montrer que dans les deux camps il y a du bon. Et pas que chez l'Ordre du Phoenix. Allez, on va voir si tu as deviné juste pour Justin ;) Merci encore énormément et bonne lecture !

Suna : Hey ! Bienvenue :) t'as trouvé le bon mot pour Justin. Mais tu verras dans ce chapitre, tu ne mesures pas encore qu'il est bien plus qu'un enfoiré ^^ Fan de Vasco ? Yeah... Ernie est un type réaliste mais un peu bizarre. Et puis non, pas avec Hannah ! Ici c'est du Marcus/Hannah :) Ernie se trouvera peut être quelqu'un. Mais tu ne le trouves pas bizarre aussi ? En tout cas merci beaucoup et à bientôt ! Ah oui : bravo pour avoir deviné ;)

LeLynxBlanc : Hey ! Bien-revenue ;) Merci beaucoup pour ta review, ça me fait vraiment très très plaisir :) ah ha ha... Qu'est-ce qui arrive à Hannah ? Tu vas le voir tout de suite, dans ce chapitre ^^ Par contre le petit garçon aux yeux verts... Faudra attendre encore. Et dans ce chapitre -tu vas être contente- il y a pas mal de Marcus ;) Re-merci mille fois et à bientôt :)

Bonne lecture !

Harry Potter appartient toujours à JKR et à Warner Bros, Torn à Natalie Imbruglia et les lieux mentionnés (hormis le Nortmai) existent tous. Ce chapitre contient également des références (en plus de celles à la chanson Torn) à Cannonball de Damien Rice. Si vous les trouvez :)

Torn veut dire déchiré en anglais. Je précise au cas où mais normalement je devrais déjà l'avoir dit.

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WARNING : Hannah, c'est fini les princesses Disney.


Torn

Nothing's fine, I'm torn


VI - Torn


Lentement, faiblement, avec le peu d'énergie qui traversait mon corps, je bougeai ma main. Je n'avais pas la force d'ouvrir les yeux. C'était comme si on m'avait aspiré jusqu'à l'envie de vivre. J'enfonçai mes ongles dans le sable et inspirai un coup. J'ouvris les yeux.

J'étais allongée sur la plage, dans le vent, mes vêtements sales et encore plus abîmés qu'avant, les cheveux secs et désordonnés. Mais pire que tout, j'étais allongée au milieu de toutes mes affaires, qui avaient été jetées aux quatre vents. Je pris appui sur mes avant-bras puis sur mes genoux pour me relever. Il n'y avait personne autour de moi. La voiture avait disparu et ne restaient que des sillons de pneus. Rien à Justin, rien à Ernie. Ils n'avaient quand même pas...

- Il y a quelqu'un ? hurlai-je

Ma voix se brisa à la fin de ma phrase, qui fut étouffée dans un sanglot. Le son de mon appel s'envola et disparut avec le vent, ne recevant aucune réponse.

- Justin ! suppliai-je. Justin, Ernie, je vous en prie montrez-vous !

Mais il n'étaient plus là. Ils étaient partis, ils m'avaient abandonnée. Ils s'étaient enfuis.

Je levai la tête au ciel gris et hurlai :

- Vous aviez promis ! Vous aviez juré de me protéger !

Je décochai un violent coup de pied dans mon sac en criant de rage :

- C'est ça que vous appelez me protéger ? Me jeter en pâture à mes démons ?

Je m'effondrai à genoux en gémissant :

- Je ne veux pas rester seule ! Je ne suis pas folle, je vous le jure ! Revenez ! Revenez !

Je hurlai encore une fois, de rage. Qu'est-ce que j'avais pu faire pour qu'ils s'enfuient ? J'avais tout fait pour m'assurer que tout se passe bien : j'étais allée jusqu'à sacrifier ma propre liberté. Je leur avais tout donné ! Je leur avais tout donné et ils me rendaient la mort ?

J'abattis mon poing dans le sable en criant leurs noms. Est-ce que c'était juste un cauchemar ? Il fallait que ça en soit un... Justin ne m'aurait jamais abandonnée avec la faux de la mort sous la gorge. Non, il n'était pas comme ça.

Je me frappai la tête dans l'espoir de me réveiller mais ce fut plus vain que n'importe quoi. Je me laissai tomber sur le dos, désespérée comme jamais :

- Justin... suppliai-je au ciel. Ne me dis pas que c'est vrai...

Je n'étais pas dans un cauchemar. J'étais vraiment seule. Je me redressai brusquement pour prendre ma tête entre mes mains :

- Pourquoi tu as fait ça ? Qu'est-ce que j'ai fait ? Qu'est-ce que j'ai fait ?

Les larmes brûlantes embuèrent mes yeux et se mirent rapidement à couler le long de mes joues : incontrôlables, trop longtemps contenues, amères, désespérées. Je commençais à respirer beaucoup trop vite. Des images confuses revenaient me frapper l'esprit : une mer de sang, mes amis cadavériques, ma sœur, mes parents, des fantômes... D'où venaient-elles ? Qu'est-ce qui m'était arrivé ?

Tout à coup, j'eus l'impression qu'on déchirait mes poumons. Une douleur aiguë, fulgurante, me coupa le souffle et m'obligea à haleter. Ma tête tournait à cause du dérèglement respiratoire improviste, ma vision se tachait de noir et rouge et j'étouffais. J'étais en pleine crise.

J'eus à peine la force de me relever quand je m'effondrai à nouveau au sol, bataillant de toutes mes forces pour faire entrer correctement l'air dans mes poumons. Mais rien n'y faisait. J'étais en train de m'étouffer, de me tuer.

Si tu pars avec eux, ça ne t'apportera pas le bonheur que tu cherches.

La Bohème avait été ma pire erreur. Ma pire erreur. Et elle allait me coûter la vie. Malheureusement, ce n'était que dans les contes qu'on s'en allait en prononçant des mots pleins de sens. Je n'avais même plus l'air pour parler. Mes poumons brûlaient, mes joues étaient inondées et je ne pouvais ni voir ni entendre clairement.

Désolée...

- Hannah !

J'étais morte ? Déjà ? Mais je souffrais encore...

Le contact avec une peau chaude envoya un violente décharge d'énergie dans mon corps et me fit ouvrir les yeux aussi brusquement. Je haletais vite mais je respirais. Ma vision se rétablit lentement et le sifflement dans mes oreilles s'atténua jusqu'à s'éteindre complètement. Les battements de mon cœur ralentirent progressivement. Et le temps que mon corps tendu revienne à un état normal, mon regard était planté dans une paire d'yeux verts félins.

- Hannah... souffla une voix d'homme

Il était sous le choc. J'étais une folle, j'étais une folle, personne ne voulait de moi, je ne méritais que d'être donnée aux Détraqueurs.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

Je n'avais plus de voix. Aucun son ne pouvait sortir de mes cordes vocales, hormis un gémissement étranglé d'animal mourant.

Marcus passa une main sous mes genoux et un de mes bras sur son épaule pour me soulever du sol. Une fois de plus, je me sentis vidée de toute mon énergie vitale. Je n'avais plus la force de bouger ne serait-ce qu'un seul muscle.

- Ce sont toutes tes affaires ? demanda Marcus en désignant du menton les choses éparpillées au sol

Je clignai des yeux pour seule réponse. Il sembla comprendre car il opina :

- Il va falloir toutes les ramasser...

Il s'assura que je tenais bien puis enleva la main sous mon dos pour prendre mon sac. Il me le mis sur le ventre, me secouant un bracelet qu'il avait au poignet sous le nez involontairement, et se pencha pour prendre la guitare de Justin, une série de loques qui m'avaient servi de vêtements ainsi que quelques sachets en plastique. Une fois toutes mes affaires stabilisées, il remit sa main en place et s'achemina d'un pas rapide vers le chemin qui remontait la falaise.

Je gémis et cachai ma tête dans l'épaule du Serpentard, me laissant porter par le balancement désagréable de la route. Marcus avait une démarche vive et assurée, régulière mais assez instable pour me laisser accrochée à la réalité.

Qu'est-ce que j'avais bien pu faire pour effrayer ou déplaire à mes amis ? J'avais déjà perdu mes parents, ma sœur, ma famille, mon amour-propre, ma liberté, mes amis et maintenant Justin et Ernie s'étaient envolés. Est-ce que j'avais encore au moins une raison de vivre ?

Marcus me redressa un peu pour s'assurer que je ne tombe pas et accéléra :

- Qu'est-ce qui t'es arrivé ? Où sont tes amis ?

Je gémis et secouai la tête. Il n'ajouta rien et se mit à courir -autant que possible avec tout ce qu'il avait à porter. Je le sentis changer de direction, tourner sur la gauche et accélérer encore plus :

- Lyou ! Lyou, viens m'aider !

J'entendis clairement des pas rapides accourir avant que la voix de l'aînée des Flint ne me parvienne :

- Merlin mais que s'est-il passé ?

- Je ne sais pas ! Aide-moi !

D'autres pas accoururent. J'ouvris les yeux à moitié pour comprendre pourquoi Marcus bougeait autant : il passait la guitare sur son épaule à Vasco. Lyou attrapa le sac sur mon ventre, les vêtements et les sachets puis fit signe à sa sœur d'aller ouvrir la porte du Nortmai.

- Ses amis ont disparu, siffla Marcus. Il faut essayer de les retrouver.

- Vasco ! s'exclama Lyou. Viens avec moi ! On va voir si quelqu'un les a vus à Marloes !

Les deux Flint se précipitèrent en direction de la route, laissant mes affaires par terre. Marcus suivit Aley à l'intérieur du bar mais au lieu de s'arrêter aux tables ou au comptoir, il continua vers une porte tout au fond du local. Il l'ouvrit avec son épaule et alluma la lumière avec son coude. C'étaient des escaliers en bois, qui menaient aux étages apparemment habités du bâtiment.

- Je te porte jusqu'en haut. Attention, ça ne va pas être très agréable.

Il commença à gravir les marches et déjà je me sentis secouée dans tous les sens. Mais à ce point-ci, je n'en avais plus grand chose à faire. J'étais sur un fil indistinct entre rêve et réalité, incapable de dissocier les deux. J'avais perdu jusqu'à mes meilleurs amis et j'étais dans les bras de Marcus Flint. Ça avait tout d'une hallucination.

Hallucination...

Ces images qui venaient me déchirer le crâne... Est-ce qu'elles étaient réelles ? Ou venaient-elles de rêves ? Voire pire... D'hallucinations ? Est-ce que j'étais vraiment devenue folle ?

Marcus arriva enfin au sommet des escaliers. Les fenêtres à l'étage n'étaient pas ouvertes, donc on ne voyait absolument rien. Mais à force de passer ses nuits debout, Marcus semblait ne pas faire la différence. Il continua sur plusieurs mètres de couloir avant d'ouvrir une porte sur la gauche avec son épaule. Il referma derrière lui et me posa délicatement sur le lit. Quand il alluma la lumière, je pris ma tête entre mes mains.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda-t-il pour la énième fois

Son ton n'était pas aussi neutre que la nuit dernière sur les rochers. Il était moins froid, moins vide, comme quand je l'avais croisé à la sortie du Nortmai.

Ma voix n'étant pas revenue, je me contentai de secouer la tête avec un gémissement. Je ne savais pas moi-même ce qui m'était vraiment arrivé à part que j'étais seule, seule, seule sans Justin et Ernie et que je n'avais plus qu'une option : me laisser couler dans l'obscurité.

- Où sont partis tes amis ?

Je secouai à nouveau la tête.

- Ils t'ont laissée seule ?

J'opinai faiblement en luttant contre mes pleurs qui revenaient.

- Tu sais pourquoi ?

Je ne bougeai pas. Ma gorge était bloquée pour m'empêcher de pleurer. Je me relevai juste pour m'effondrer à genoux. Marcus se précipita à côté de moi et tenta de m'aider à me relever mais je résistai. Comprenant que rien n'y ferait, il soupira et s'assit en face de moi. Il attrapa mes poignets pour enlever mes mains de mon visage. Mes yeux rencontrèrent à nouveau les siens :

- N'oublie pas qu'on veut juste t'aider.

Aley débarqua à ce moment-là avec toutes mes affaires. Elle déposa la guitare dans un angle de la chambre et mon sac sur le lit, avec les sachets que m'avait laissé Justin. Elle avait dû faire quelque chose des loques.

Elle vint s'assoir avec nous et passa ses bras autour de mes épaules, sans dire un mot. Nous n'eûmes à attendre que quelques silencieuses minutes avant que Lyou et Vasco ne rappliquent dans la chambre :

- Personne ne les a vus à Marloes, lâcha l'aînée de la fratrie. Mais les traces de pneus qu'ils ont laissées indiquent qu'ils sont répartis vers le Nord Est. Apparemment, ils ont quitté la plage un peu avant minuit. À cette heure-ci ils doivent être hors du Pembrokeshire, hors du Pays de Galles et sans doute presque à Londres. Enfin, si c'est là qu'ils vont.

Non. Ça ne pouvait pas être leur destination. C'était le cœur de la zone rouge : ils n'allaient pas risquer leur vie à ce point. N'est-ce pas ?

Est-ce que je les connaissais vraiment ? Ernie avait raison. Justin n'était pas celui que je pensais. Je m'étais bercée d'illusions depuis onze ans et je n'avais pas vu mon meilleur ami se transformer de petit garçon innocent et parfait à dangereux créateur de problèmes qui causerait ma perte.

Je ne savais pas ce qui m'attendait désormais. J'étais seulement certaine que je n'allais pas me relever. Je ne voulais pas me relever. La trahison qui m'avait déchiré le cœur, l'abandon, me dévoraient lentement, comme du feu dans mon âme. J'avais juste envie de me noyer dans mes souvenirs, laisser mes démons m'achever une bonne fois pour toutes.

Aley se leva et attrapa les sachets qu'elle avait posés sur le lit, puis elle revint s'assoir. Les deux autres Flint s'installèrent en face de nous sur le sol. La blondinette vida le contenu des sacs par terre devant elle. Les mystérieuses courses répétées de Justin... Il avait donc autre chose à acheter que des vivres. Étalés devant nous, se trouvaient quelques paquets de tubes oranges et blancs, le sachet de pastilles carrées, nos faux papiers, ma baguette magique, des lettres et une boîte blanche en carton.

- Tu fumes ? me demanda Vasco avec un froncement de sourcils désapprobateur

Je secouai vivement la tête et murmurai :

- C'est à Justin...

- Alors pourquoi est-ce qu'il t'a refilé ses cigarettes ?

Je secouai la tête pour lui signaler que je ne savais pas.

- Alors si ça ne dérange pas...

Il se leva, prit les paquets de cigarettes et les jeta dans une corbeille :

- Pas de ces saletés ici.

Je me souvins de l'odeur de Justin, de son goût dans ma bouche. Le dégoût et la nausée me ressaisirent subitement rien qu'à leur évocation. Oui, quoi que soient ces cigarettes, Vasco avait trouvé le bon mot pour les décrire.

J'entendis un petit rire sarcastique et tournai la tête vers Aley qui examinait nos faux papiers :

- Je parie que ce n'est pas bon signe s'ils t'ont laissé les leurs.

Je me mordis la lèvre en y réfléchissant. Est-ce qu'ils voulaient abandonner la couverture ? Se mettre à découvert ? C'était me condamner à revenir dans la lumière et envoyer les Flint à la potence.

Aley attrapa les lettres :

- Elles doivent être à toi ?

Je fronçai les sourcils et regardai le cachet du premier parchemin. Elle venait de mes parents. Quoi ? Qu'est-ce que Justin faisait avec ça ?

- Ta baguette, aussi. Même si elle ne te servira strictement à rien. Tu devrais la planquer, comme nous. Comme ça tu ne seras même pas tentée de la prendre.

J'opinai, toujours sans dire un mot. Lyou observa la boîte blanche en carton :

- Ce sont des médicaments moldus, lâcha-t-elle

J'ouvris de grands yeux : que fabriquait Justin avec ça ?

- Et ça ? demanda Marcus en désignant le sachet de pastilles carrées. Qu'est-ce que c'est ?

Je plaquai ma main sur ma bouche. C'était ça que j'avais avalé hier, et que les garçons n'avaient pas pris. C'était la dernière chose lucide dont je me souvenais d'hier soir. Après, seulement des images confuses, des cauchemars...

Marcus attrapa le sachet et les observa. Ses sourcils se froncèrent avant que tout à coup ses yeux ne s'agrandissent de stupeur :

- C'est de la drogue.

Tous les regards convergèrent vers lui puis vers moi. J'avais encore la main sur la bouche et j'étais paralysée. De la quoi ?

- De... réussis-je à formuler

Les sons moururent dans ma gorge. Marcus lança le sachet au milieu du cercle que nous formions :

- Awen en parlait l'autre jour, quand il nous racontait l'intervention qu'il avait à faire dans des écoles pour faire de la prévention. Comment est-ce qu'il a appelé ça, déjà ?

Il se mordit la lèvre l'espace d'une seconde :

- LSD. Drogue hallucinogène. Qu'est-ce que ça fait ici ?

Drogue hallucinogène ? Justin m'avait fait prendre de la... De la drogue hallucinogène ? Il m'avait refilé ces produits... Mais pourquoi ? Qu'est-ce que ça pouvait lui apporter ? Qu'est-ce qu'il avait l'intention de faire ?

Je pris ma tête entre mes mains. Je ne comprenais plus rien. En moins d'une journée, la vie avait complètement basculé. Les histoires de fantômes, puis Justin qui m'embrassait, ensuite il me refilait de la drogue, le lendemain matin je me retrouvais abandonnée et je découvrais que j'avais vécu dans des illusions tout le long.

J'avais eu des œillères pendant des années et des années, sans jamais me rendre compte que je ne voyais pas mes arrières. Bernée par des beaux sourires et des hommes charmeurs, que je savais pourtant dangereux pour moi, j'étais tombée la tête la première dans le piège. J'avais causé ma propre perte, abusée par l'espoir ridicule de quelque chose avec Justin. Pour lui j'avais tourné le dos à ma sœur et j'avais jeté ma liberté, mon amour propre aux oubliettes.

Est-ce qu'il m'avait ne serait-ce qu'appréciée ? Ou s'était-il joué de moi ? Jusqu'à quel point voulait-il corrompre et souiller mon âme ? Est-ce que son but était de me déchirer ou est-ce qu'il était sincère quand il prenait soin de moi ? En m'embrassant il avait insinué que c'était moi, faute de ne pas avoir mieux -Lyou.

Pas une seconde il ne m'avait aimée. Déjà les dernières années à Poudlard il avait remarqué que je m'intéressais à lui beaucoup plus qu'en simple ami. Il avait mis son petit jeu à l'œuvre dès lors. Alors pourquoi m'emmener dans la Bohème ? Pour pouvoir continuer à me balancer des illusions sous le nez, histoire de mieux briser mon cœur ensuite ?

Il m'avait fait faire n'importe quoi. À commencer par le suivre, quitte à le faire passer avant ma sœur Leila. Ernie avait eu tout juste en disant que je n'étais pas en pleine possession de mes capacités mentales. J'avais ouvert une porte à Justin, jusqu'à mon cœur, jusqu'au plus profond de moi. Et comme un couteau remue dans une plaie, il m'avait empoisonnée, il m'avait changée, bernée, assouvie. Il avait fait de moi une poupée sans volonté, un corps sans personnalité propre, qui n'agissait que pour lui plaire.

Je hurlai, faisant sursauter tout le monde. J'étais blessée, très très profondément. C'était comme si on avait arraché mon cœur de ma poitrine.

Les bras d'Aley se refermèrent autour de moi, maîtrisant les tremblements de mon corps sous l'effet des sanglots. Je pleurais sur mon être perdu, sur ma liberté envolée, sur ma vie détruite. Quel chemin pouvais-je encore faire ? J'étais à l'impasse la plus totale. Il n'y avait plus de place pour moi dans la lumière.

- Lyou ! appela une voix inconnue dans le couloir. J'ai besoin de toi ! La jambe s'est encore infectée !

- J'arrive ! répondit l'aînée en se relevant. On doit faire quelque chose pour Hannah. Sachant qu'elle ne doit pas rester seule.

- Il vaut mieux qu'elle vive ici dorénavant, dit Vasco avec une douceur compatissante

- C'est hors de question qu'elle aille ailleurs de toute façon. Elle a besoin de temps, pour tout digérer et se reconstruire. Énormément de temps. D'ici là, on a intérêt à tout faire pour favoriser sa remontée.

- Je vais lui chercher de nouvelles affaires, annonça Vasco. Viens avec moi, Marcus.

- Moi je vais m'occuper de Papa, ajouta Lyou. En revenant, je passerais vous amener à manger.

Les trois aînés de la fratrie se levèrent et quittèrent la pièce, me laissant avec Aley. Ils étaient les derniers de qui je me serais attendue à de l'aide. Ils voulaient me faire remonter la pente mais moi je voulais juste couler.

- Tu devrais remonter sur le lit, murmura la blondinette

Elle m'aida à grimper sur le lit en question. Je me jetai sur le coussin et enfonçai ma tête dedans pour continuer à pleurer. Je n'avais pas vu ou touché un vrai lui depuis plus d'un an. Et j'avais retenu toutes mes larmes depuis autant de temps. Une brèche s'était ouverte...

L'odeur des draps m'était familière mais je n'y prêtai pas attention, occupée comme je l'étais à déverser toute l'eau salée de mon corps.

Aley caressa mes cheveux avec sa main et chuchota :

- Tout se passera bien... Tu peux nous faire confiance.

- Pou-pourquoi est-ce qu'ils ont fait ça ? sanglotai-je

- Je ne sais pas, Hannah... Je ne sais vraiment pas.

Je levai la tête du coussin et me jetai dans ses bras pour continuer à pleurer de plus belle :

- Qu'est-ce... Qu'est-ce que j'ai fait ?

- Rien de mal, ne t'en fais pas.

- Si ! Si-sinon ils seraient restés !

- Tu ne peux pas savoir ce qui se passe dans la tête des gens, Hannah.

- La... La drogue... Que... Qu'est-ce...

Je dus inspirer rapidement entre deux sanglots parce que je manquais d'air :

- Qu'est-ce qu'il voulait faire avec ça ?

- Je n'ai aucune réponse à toutes tes questions, Hannah. Mais je te promets que s'il y a quelque chose que je puisse faire, je le ferai. Même s'il s'agit de retrouver ces deux imbéciles, où qu'ils soient. Où qu'ils soient.

- Je veux... Je veux retrouver mon cœur...

- Tu as vendu ton âme au diable ?

- À... À Justin...

- C'est pareil en fait.

Malgré la situation et mes pleurs, j'étouffai un rire. Mais le moment de lumière s'éteignit aussitôt pour faire place à un accès de larmes encore plus violent que le précédent.

- Chhh... Ne t'en fais pas. Tu n'es pas toute seule.

- Je... Je... Je ne veux pas remonter à la surface...

- Quoi ?

- Je... Je veux seulement... Juste sombrer... Je...

Une autre main caressa ma joue :

- Ne dis pas n'importe quoi...

Je me détachai d'Aley et vis que les frères Flint étaient de retour avec les bras chargés. Vasco portait des vêtements et Marcus des affaires variées.

- Tu devrais peut être prendre un bain, proposa le plus jeune. Ça te dit ?

Je hochai la tête sans réfléchir deux fois. Depuis le temps que j'attendais ça.

- On t'a trouvé des vêtements qui devraient être à ta taille.

Il me donna un maillot, un pantalon et des sous-vêtements propres :

- Tiens. Marcus ? Tu peux lui montrer la douche ?

Son frère hocha la tête et s'approcha de moi. Sans me demander mon avis, il me souleva du lit et me porta dans ses bras jusqu'à une porte adjacente. C'était une salle de bain qui séparait deux chambres : la "mienne" et celle d'un des quatre frères Flint. Il y avait une baignoire, des étagères, un lavabo et un meuble de rangement. Marcus me posa sur le lavabo. Il laissa les affaires qu'il avait récupérées sur l'étagère et se dirigea vers la baignoire. Je le vis régler la température avant de faire couler l'eau.

Il se tourna vers moi et m'adressa un maigre sourire désolé :

- Tu ne méritais pas que ça t'arrive.

Je secouai lentement la tête. Étrangement, j'étais à nouveau incapable de parler. Marcus ne prononça pas un mot de plus jusqu'à ce que la baignoire soit remplie. Il avait l'air de vouloir respecter le silence. Il savait ce que c'était : il s'y murait souvent apparemment. Il savait très bien que dans des situations dures, on avait besoin de mettre de l'ordre dans sa tête.

- C'est bon, dit-il. C'est chaud et c'est plein. Si tu as besoin de quelque chose...

Mais comme j'avais déjà enlevé mon maillot, sa phrase se coupa et il se tourna de l'autre côté :

- Euh... Je vais peut être y aller.

- Tu... réussis-je à dire. Tu peux rester...

Je le vis se raidir et je me rappelai qu'il n'avait pas vécu la Bohème et son impudeur. Je finis d'enlever mes vêtements et descendis du lavabo, manquant de glisser au passage. Je me dirigeai vers la baignoire, passant à côté de Marcus qui n'avait pas bougé. Ses muscles tendus se devinaient sous son maillot noir. Je restai immobile un long instant, tentant de comprendre ce qu'il avait. Mais je laissai tomber, trop attirée par la chaleur qui se dégageait de l'eau. Je plongeai une jambe dans le bain, frissonnant au contact. Lentement, morceau par morceau, je m'immergeai dans l'eau chaude et accueillante, pour la première fois depuis très très longtemps.

Je me laissai basculer à l'arrière et reposai ma tête sur le rebord, m'allongeant de toute ma longueur dans la baignoire. Et je fermai les yeux. Tous mes muscles s'étaient détendus au contact avec l'eau et je me sentais provisoirement en paix.

L'obscurité me ramena des images...

J'étais dans un bar sur le chemin de Traverse -le Chaudron Baveur sans doute- face à Leila, ma sœur. Je la reconnus immédiatement, à son visage pâle comme la lune, ses longues mèches brunes qui tiraient sur des reflets pourpre, ses yeux bleu clair comme les miens, la même tâche de naissance sur le côté gauche du cou...

Il y avait beaucoup de lumière malgré la pluie à l'extérieur. Leila buvait silencieusement un verre d'eau, en me fixant avec sérieux. Quand elle posa son verre sur la table, elle esquissa son habituel sourire doux :

- Qu'est-ce que tu as de si important à me dire pour que ça nécessite de m'amener ici ? On pouvait faire ça à la maison, tu sais.

- Non... murmurai-je. Pas si les parents sont là. Il faut que ça reste notre secret.

Elle opina sans hésiter :

- Je t'écoute.

- Je m'en vais.

Elle cilla, son regard voilé d'incompréhension :

- Et où ça ?

- Je ne sais pas. Avec Justin et Ernie. On a décidé de s'en aller, de s'enfuir.

- Avec Justin Finch-Fletchley ?

- Oui, tu en connais d'autres ?

- J'espère que tu te moques de moi, Han.

- Non. Pourquoi ?

- Ce type ne t'apportera absolument rien de bon.

- Tu ne le connais pas. C'est quelqu'un de bien. De toute façon, tu n'as pas d'amis donc tu ne peux pas comprendre.

Elle leva les yeux au ciel en soupirant :

- Je t'ai déjà dit qu'on est mieux seuls que mal accompagnés. Mais tu ne veux pas faire attention à ton cœur, Han. Il n'est pas fait pour être détruit par le premier venu.

- Je sais ce que je fais.

Elle secoua la tête :

- Tu fais une erreur, Hannah. Tu ne devrais pas partir.

- Je te dis que je sais ce que je fais, ce que je veux ! Je fais confiance à mes amis, mais tu ne sais pas ce que c'est, toi.

- Tu arrêtes avec ça ? J'ai compris mais je suis bien comme ça.

- Et moi comme je suis.

- Si tu pars avec eux, ça ne t'apportera pas le bonheur que tu cherches.

- Parce que tu crois que ici je le trouverai ?

- Reste ici, Hannah... On pourra construire ce qui nous manque ensemble.

- Je n'ai pas besoin de toi, Leila. Toi tu as toujours tout eu : les parents n'en ont que pour toi de toute façon ! Comme si tu avais besoin de bonheur... Tu l'as déjà. Moi en revanche... Je peux enfin le trouver, mais pas avec toi : avec Justin et Ernie.

Et sur ce, je me levai, regardai une dernière fois dans ses yeux grands ouverts de choc et de douleur, avant de m'en aller, de lui tourner le dos à jamais.

.

Je sursautai et rouvris les yeux :

- Leila...

Je me redressai. Marcus était toujours là. Il était adossé au mur et ne me regardait pas. Mais quand ma voix se fit entendre, son regard dévia dans ma direction :

- Leila ?

Je m'aspergeai le visage d'eau avant de l'immerger complètement pendant une fraction de seconde. Dégoulinante et haletante, je me tournai vers Marcus.

- C'est ta sœur, non ? dit-il avec l'air de savoir la réponse

Je hochai la tête. Il s'en rappelait ? Alors que je pensais qu'il n'avait jamais remarqué mon existence à Poudlard. Lui et Vasco connaissaient ma sœur. J'avais peut être encore plus de préjugés erronés sur eux que je ne croyais.

Je sortis un bras de l'eau et fis signe à Marcus de s'approcher. Il eut l'air d'hésiter mais s'exécuta quand même. Il s'agenouilla devant la baignoire, à ma hauteur.

- Je suis désolée... murmurai-je

Il sourit :

- Tu n'as pas à l'être.

J'opinai, pas convaincue mais peu importait.

- Tu devrais prendre ton bain, me conseilla Marcus. Je ne sais pas si je devrais vraiment rester...

Je hochai la tête.

- Tu ne fais pas de bêtises si je sors ?

Je fis signe que non. Il opina, se leva et sortit :

- Appelle si tu as besoin.

Et je me laissai à nouveau basculer à l'arrière.

.

J'observai le reflet de mon corps dans le miroir. Je n'étais pas jolie à voir. Ma peau n'était pas soignée, mes cheveux dégoulinants n'étaient pas beaux, mon corps était disgracieux, mes os parfois trop saillants. Mais je n'étais censée plaire à personne. Je croyais que Justin m'aimait comme ça, mais en fait il avait fait de moi une ombre, avec cette vie.

Je détachai la serviette autour de moi et séchai ma peau. Une fois terminé, je pris les vêtements propres que Vasco m'avait donnés et les enfilai. J'ébouriffai mes cheveux mouillés et sortis de la pièce.

Marcus et Aley étaient assis sur le lit. La benjamine de la famille avait ramassé les paquets de cigarettes et le sachet de drogue, pour apparemment s'apprêter à descendre et les éliminer. Les lettres, ma baguette et les médicaments moldus avaient été posés sur la table de chevet. Aley quitta la pièce avec les horreurs de Justin, me laissant une fois de plus en compagnie de son frère. Je me jetai sur le lit, noyant mon visage dans les draps.

- Tu veux que je te laisse un peu seule ? demanda-t-il

J'hésitai avant de hocher la tête. Je voyais bien qu'il était mal à l'aise en ma compagnie. Ce n'était pas de sa faute... Il avait longtemps été marginal. Et l'était peut être toujours.

Il quitta la pièce en fermant la porte derrière lui. Le silence envahit la chambre et je me redressais pour observer autour de moi. Le parquet était en bois sombre et les murs en plâtre jauni par le temps. La seule fenêtre était à l'opposé par rapport à moi, et à moitié cachée par un rideau gris foncé. Il y avait la porte qui menait à la salle de bain, un poêle à chauffer, le lit, un fauteuil et une étrange machine moldue.

Je m'allongeai à nouveau sur le lit, le visage en direction de la porte principale. J'étais chez les Flint. Pourquoi ? Parce que mes amis s'étaient fait la malle en me laissant sur une plage, avec leurs possessions compromettantes.

Je tendis les mains vers la table de chevet et attrapai le paquet de lettres. Je regardai tous les expéditeurs et fut choquée d'en trouver certains : mes parents, Leila, Susan, Madame Chourave... Justin avait gardé des lettres qui m'étaient destinées. Mais pourquoi ?

Je pris le parchemin de mon ancienne maîtresse de maison. Comment est-ce qu'elles étaient parvenues à Justin, aussi ?

Chère petite Hannah... Alors comme ça tu as suivi Justin et Ernest ? J'espère que mon hibou réussira à te retrouver. Je sais qu'il est trop tard pour te faire revenir en arrière, mais sache que je m'inquiète pour toi. Je ne voudrais pas qu'il t'arrive malheur. Tes parents sont désespérés. Quand ils ont appris que tu avais fugué, ta mère a éclaté en pleurs et je n'ai pu la calmer qu'après une demie-heure. Ils t'ont cherchée partout : à Poudlard, à Londres, et même à Godric's Hollow alors que tu ne pouvais même pas y être. Je sais que c'est inutile mais je le fais quand même : reviens, Hannah, pour l'amour de Merlin ! Et qu'Helga te protège. PC

À côté des initiales de mon Professeur, s'écrasa une larme que je ne croyais pas retenir. J'essuyai rapidement mes yeux. Justin avait raison quand il disait qu'on avait tous nos secrets. Et c'était une série d'énormes qu'il nous avait cachés.

Je contemplai longuement les autres lettres, sans avoir le courage de les ouvrir. Qu'allais-je y trouver ? J'attrapai celle qui venait de ma sœur et l'ouvrit :

Han... Han... Je t'aime très fort quand même. Prends soin de toi. Et ne m'oublie pas...

J'explosai en larmes. Même ça ? Pourquoi m'avoir caché toutes ces lettres ? Pour lui j'avais trahi ma propre sœur, et lui ? Lui il ne m'avait jamais rien apporté de bon ! Leila ne méritait pas ce que je lui avais fait ! C'était ma sœur, je n'avais pas le droit de lui tourner le dos comme ça !

J'enfouis mon visage trempé dans l'oreiller. Je me sentais être lacérée, un peu plus chaque seconde. Je souffrais mais je ne pouvais pas hurler. On me dévorait de l'intérieur.


Nothing's fine I'm torn


J'étais déchirée.

.

.


.

Aïe (troisième fois). Et oui, vous avez deviné, c'est ça la rupture. On vient de basculer dans la deuxième partie de l'histoire.

Verdict ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Vous vous attendiez à ce que Justin et Ernie se barrent tous les deux comme ça ? Et pour Marcus ? Qui savait pour la drogue ?

Alors... Demain je pars en voyage scolaire en Angleterre. Je rentrerai juste à temps pour vous mettre le chapitre suivant et je vous ramènerai aussi sûrement un OS sur lequel je suis en train de travailler (je dois juste trouver le bon couple). Est-ce que parmi vous certains connaissent la chanson "Tell Her" ? Et bien c'est ça :)

En tout cas merci beaucoup ( et aussi aux lecteurs de Lys Ecarlate pour les 5000 vues, je vous aime tous !)

À la semaine prochaine !

ACSD