Hey ! Comment allez-vous ? Moi je suis absolument démolie... Je viens de rentrer d'Angleterre et je n'arrive même pas à garder les yeux ouverts. Mais vues les reviews très positives et votre impatience pour le nouveau chapitre, j'ai fait un effort. S'il reste des fautes, vous m'excuserez : j'ai perdu plus d'une dizaine d'heures de sommeil cette semaine. Bon j'arrête de parler de mes problèmes. Passons aux choses concrètes.
Le dernier chapitre a globalement eu un très bon retour. Vous l'avez tous aimé et ça m'a fait très plaisir. Bravo à tous ceux qui avaient trouvé pour le LSD, comme promis ce chapitre vous est dédicacé. Malheureusement je n'ai pas la liste de vos noms...
Pour ce qui est de ce chapitre 7 (déjà?), il s'agit surtout de plonger dans la nouvelle partie. La 1 était "La Bohème" on va dire et maintenant c'est plutôt "Descente aux Enfers". Mais je vous laisse découvrir ça :)
RGR :
Mylene : Hey ! Apparemment J&E se font détester de tout le monde :) Bravo pour avoir deviné ;) c'est vrai que si on nous fait faire ces interventions ce n'est pas pour rien. On en a eu encore une il y a quelques semaines ^^ Malheureusement tu ne t'es pas trompée : j'avais bien dit qu'on était plus dans le monde Disney :) Quand j'ai démarré Torn j'avais déjà en tête le thème de la désillusion, Hannah qui se prenait en pleine tête la réalité. D'ailleurs c'est ce que j'ai l'intention de poursuivre. Donc pas de gentils Pouffsouffles ^^ Merci beaucoup mille fois :) Pour ce qui est des Flint, le champ est libre pour eux et leurs révélations. Bonne lecture et merci encore :) !
Suna : Je t'avais dit que c'était plus qu'un enfoiré ^^ Pour ce qui est d'Ernie, c'est vrai sans doute qu'il faut encore éclaircir le mystère de pourquoi il a suivi Justin au lieu de rester avec Hannah. En tout cas merci si tu as apprécié, ça me va droit au coeur :) En tout cas voilà le nouveau chapitre et j'espère qu'il te plaira aussi ^^ Bonne lecture !
LeLynxBlanc : Hey ! Merci ! Je ne pensais pas que quelqu'un puisse décrire mon chapitre comme parfait donc merci du fond du coeur ! En tout cas voici la suite que tu attends tant, j'espère qu'elle sera à la hauteur de tes attentes :) Merci encore mille fois et bonne lecture !
Harry Potter appartient toujours à JKR et à Warner Bros, Torn à Natalie Imbruglia et les lieux mentionnés (hormis le Nortmai) existent tous. Il y a des références à la chanson "Cannonball" de Damien Rice.
To drown veut dire se noyer en anglais.
Torn
Nothing's fine, I'm torn
VII - Drowning
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Le cœur est la chose la plus précieuse du corps humain. Aussi bien sur le plan biologique, pour la vie, que dans une optique plus métaphysique : ne l'offrez jamais à quelqu'un qui ne saura pas en prendre soin.
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Ma vie venait de prendre un violent tournant et fonçait droit vers la falaise. En clair, j'allais sauter dans le vide, au sens figuré du terme.
Dans la chambre, j'avais les volets constamment fermés. Je ne voulais pas voir la lumière, distinguer des silhouettes, reconnaître des visages. Je ne voulais plus me fier à mes yeux qui m'avaient déjà trahie. Ils ne m'avaient pas fait voir la vérité, m'avaient collé des œillères. Je ne pouvais plus leur faire confiance.
Mon cœur était en morceaux, inutile, impuissant. Je n'avais même pas la capacité de ramasser les débris déchirés pour les recoller ensemble. J'étais mutilée de l'intérieur, blessée dans mon amour, ma confiance et mon amitié. En l'espace d'une nuit, j'avais réussi à perdre tout ce qui m'accrochait encore à la lumière. Maintenant, je ne pouvais même plus la voir. Je la fuyais, me terrant dans le noir peu importe l'heure.
Justin était partout. Même dans le noir. Il était dans ma bouche, toujours empoisonnée par le goût infect de la cigarette. Son image fantomatique revenait me faire pleurer dès que je laissais un peu de place à mes pensées. Sa voix résonnait encore dans mes oreilles. L'amour se mêlait avec la haine, en un écœurant mélange amer et métallique.
Il m'avait donné l'illusion de voler, alors que j'étais enchaînée à des pierres, jetée à l'eau. Il m'avait fait croire en l'amour alors que ce n'était qu'un mur de mensonges, de tromperie, de jeu, cruel et traître. La Bohème, cette vie dont il m'avait ouvert les portes, n'avait conduit qu'à ma propre perte. Mais j'avais honte : j'avais provoqué ma propre mort symbolique. Et comme si ça ne suffisait pas, je n'en étais même pas ressortie plus forte ou courageuse, juste plus pathétique et faible. Je m'étais effondrée à genoux dans des sables mouvants qui allaient me dévorer encore plus.
Je ne voulais plus qu'une chose, pour couper les balles aux pieds qui m'empêchaient de remonter à la surface, pour me libérer de la douleur intérieure qui m'arrachait les tripes : faire mourir Hannah Abbott. Devenir quelqu'un de vraiment fort, incapable de tomber amoureux, insensible à la douleur. Comme les Serpentard.
- Hannah ? appela une voix féminine en s'accompagnant de quelques coups sur la porte
Je me redressai, mon visage étant enfoncé dans le coussin :
- Oui ? répondis-je d'une voix vide
- Je peux entrer ? C'est Lyou.
La porte s'écarta et laissa entrer un mince filet de la lumière faible du couloir. Je vis l'aînée des Flint entrer et refermer derrière elle. Elle portait des vêtements sombres, ses cheveux bruns couverts par un bonnet bleu foncé. Autant dire qu'elle se confondait dans l'ambiance de la pièce.
Je la sentis se laisser tomber sur le lit :
- Je t'ai apporté quelques bricoles du bar. On a beaucoup de monde en bas. C'est l'heure de ma pause. Tu as faim ?
Elle me tendit un paquet de biscuits que j'attrapai et m'empressai d'ouvrir. J'enfilai une moitié entre mes dents et mâchai.
- Ce n'est pas grand chose, s'excusa Lyou. Si tu as très faim, je redescendrai te chercher quelque chose de plus consistant.
Je secouai la tête, même si je n'étais pas sûre qu'elle puisse me voir.
- Tu n'as pas l'air de quelqu'un qui mange assez, tu sais ? dit-elle avec un sourire dans la voix
- Faute de moyens, réussis-je à murmurer en me remémorant la Bohème
- Je ne veux pas que tu prennes ça mal mais... Les choix que tu as fait ne montrent pas vraiment que tu t'aimes toi-même.
- Ce... Ce n'est pas le cas... En fait.
- Tu n'as pas de raisons.
- Mes parents... Mes parents m'en ont donné plein...
- Non. C'est toi qui t'en est donnée, par le biais de tes parents.
Je secouai la tête :
- Tu n'as pas la même famille que moi...
- Je sais ça. Mais est-ce que tu crois que j'en aie besoin ? Je suis devenue un peu plus que la grande sœur de Marcus, Vasco et Aley. Je remplace ma mère puisqu'elle ne peut plus s'occuper d'eux. Ça m'a appris à voir à travers les yeux des parents.
Elle soupira :
- Avant je trouvais ma mère un peu injuste avec moi. On était quatre et j'avais l'impression qu'elle partageait une minuscule fraction de son temps entre nous tous mais qu'elle gardait la majeure partie pour elle. Depuis, j'ai compris qu'elle charge de travail ça représentait de s'occuper de ses quatre enfants. Avec Marcus qui ne trouvait pas sa place dans le monde et qui du coup était obligé de porter le masque que tu lui connais, avec pour conséquence de passer ses vacances enfermé dans sa chambre avec Vasco pour essayer de se retrouver. Puis justement Vasco, et ses propres problèmes d'acceptation personnelle, qui souffrait plus que physiquement possible. Je ne te parle pas d'Aley qui passait après tout le monde et qui n'en pouvait plus d'être insultée par tout le monde à cause de son frère. Je ne vais pas disserter sur moi non plus, mais j'avais mes propres ennuis avec les hommes. Comment tu voulais qu'une mère se débrouille quand ses quatre enfants à la fois se heurtaient à la cruauté de la société et se perdaient dans leur douleur ?
Je baissai la tête en pensant à mes parents. Non, ils n'étaient pas comme ça. Ils me méprisaient et regrettaient sûrement de ne pas m'avoir abandonnée à la naissance.
- Lyou ! appela une femme. Viens m'aider s'il te plaît !
- En parlant de ma mère... rit l'aînée des Flint. Je vais y aller. Appelle-moi si tu as besoin.
Quand la porte se fut refermée dans son dos, je soupirai et me laissai aller sur le lit. Lyou Flint en prenait toujours trop sur ses épaules... Rien que d'accepter de prendre la place de sa mère était un sacrifice contraignant. Elle renonçait à la plus grande partie de son propre temps pour le dédier à ses frères et sœurs. Depuis quand, je ne savais pas. Mais apparemment, malgré le fait qu'ils aient tous grandi, Lyou restait celle qui prenait sur elle la survie de sa famille. En dirigeant le Nortmai.
Rien à voir avec moi, qui avait même laissé ma sœur plantée dans un bar sans lui dire au revoir. On ne s'était plus vues depuis et la dernière que je lui ai dite relevait du je n'ai pas besoin de toi dans ma vie. Si jamais il m'était donné de la revoir, toutes les excuses du monde ne suffiraient pas à mériter son pardon. La réponse la plus légitime que je pouvais recevoir était de me faire cracher à la figure et abandonner une autre fois ensuite. Peut être fallait-il que je paye ainsi la trahison que j'avais commise envers Leila. Par me voir arracher le bonheur que j'avais refusé de trouver avec elle...
Je soupirai et tâtonnai le mur à la recherche de l'interrupteur de la lampe de chevet. Une fois que je le sentis sous mes doigts, j'appuyai dessus. La lumière très faible m'aveugla l'espace de quelques secondes, suffisantes pour que j'attrape au hasard une des lettres que je n'avais pas lues.
Je lus le cachet : Susan Bones. Ma meilleure amie à Poudlard, celle qui bavait nuit et jour rien qu'en pensant à Vasco, en entendant son nom ou en l'apercevant à un détour de couloir. Après la guerre, elle avait continué des études juridiques pour entrer dans les fonctions ministérielles de la Justice.
Je décachetai le parchemin. Le tampon du Ministère m'informa immédiatement du poste qu'elle avait réussi à occuper.
Hannah,
Madame Chourave m'a informée de ton départ. Je suis dans un état de surprise assez déroutant. Je ne sais pas si je devrais m'inquiéter pour toi ou te féliciter. Après tout tu as réussi à t'embarquer dans une nouvelle vie avec celui que tu aimes alors que moi je n'ai jamais obtenu un seul regard amoureux de la part de celui qui m'intéresse. Oui, je n'ai pas changé d'intérêt depuis la première année, et alors ? Mais là n'est pas la question. Je vais juste te dire de faire très attention à toi, de ne pas faire de bêtises et surtout de profiter que tu as Justin avec toi toute la journée pour le restant de tes jours. J'aimerais par contre que tu répondes à la lettre, comme ça on peut quand même rester en contact. Je te jure que ça restera entre toi et moi. À bientôt,
Su
Ma bouche s'ouvrit de surprise. Le point de vue de Susan était à la fois plus respectueux de mes choix, certes, mais elle n'avait pas pris en considération le gros risque dans lequel je m'étais embarquée. Je vérifiai la date. Une semaine après mon départ. Depuis un an et demi, Susan attendait ma réponse. Qui n'était jamais venue. À cause de Justin.
J'étais tentée de lui écrire mais je réfléchis un instant aux conséquences. On ne me prendrait plus au jeu de foncer tête baissée. Si je répondais à Susan, sous le choc de mes nouvelles où allait-elle courir ? Chez mes parents, ma sœur ou n'importe qui dans ce bain. Ce qui avait neuf chances sur dix d'aboutir à une alerte aux aurors, qui mènerait à mon retour en Angleterre et à l'arrestation de la famille Flint dans son intégralité. Donc non, Susan resterait encore privée de sa réponse.
- Je peux entrer ? demanda la voix d'Aley
N'entendant pas la réponse, la blondinette prit ça pour un oui et entra. Elle referma la porte derrière elle :
- Tu y vois avec juste cette lampe ? Tu vas te faire mal aux yeux...
- Je lisais juste une lettre, murmura-t-elle. De Susan.
- Bones ?
- Oui...
Aley opina sans faire plus de commentaires et s'assit sur le lit à côté de moi :
- Ton ami t'avait caché des choses très importantes ?
Je haussai les épaules :
- La preuve que des gens tiennent à moi...
- Aïe, c'est plutôt gros ça. Je n'aime pas ce genre d'hommes, qui bernent les gens comme ça. C'est dégoûtant.
- Je peux... Je peux te poser une question personnelle ?
- Je t'en prie, je n'ai rien à cacher.
- Combien... Combien tu as eu de petits copains dans ta vie ?
- En réalité un seul. Il s'appelle, ou s'appelait je ne sais pas, Dewid. Un Serpentard de l'âge de Vasco. Ça peut sans doute te parler vu qu'il était doué pour se faire remarquer.
Je secouai la tête.
- Si je te dis ça, tu t'en souviendras : il était impliqué dans des affaires pro-Seigneur des Ténèbres avec sa famille. Après une action de ce genre, qui avait mal tourné, il a été attrapé et envoyé croupir à Azkaban. Il était en sixième année. Et est toujours enfermé.
- Je crois que j'avais entendu quelque chose comme ça.
- Dewid Gorm. Mon premier et seul petit ami à ce jour. Malgré les apparences, il était plutôt bien en tant qu'amoureux. Mais bon, je ne sors pas avec des criminels, pour ma propre santé morale.
Je hochai la tête lentement.
- Et toi ? demanda Aley
- Pas un.
Elle opina :
- C'est parfois mieux comme ça.
- Susan... Était dingue de Vasco...
La Serpentard rit :
- Ça ne m'étonne pas ! Il est seul à ne pas voir combien de gens bavent à ses pieds.
- Vous avez été bien gâtés par la nature...
- Parle pour toi.
Je secouai la tête :
- Tu ne peux pas nous comparer. J'ai l'air d'une loque vivante à côté de Lyou ou toi.
- Parce que tu n'arrives pas à bien te regarder dans un miroir.
Je me redressai et ramenai mes jambes contre ma poitrine :
- Si j'étais physiquement digne d'intérêt, Justin m'aurait mieux considérée.
- Ne te rabaisse pas au rang d'objet comme ça. Ce n'est pas des hommes et leur regard que doit venir ton amour propre. Mais de toi. Médite là dessus, je vais retourner à ma tâche. Avec tous les gens qu'on a...
Elle m'ébouriffa les cheveux et se leva pour quitter la pièce. Une fois la porte refermée, je rampai un peu pour atteindre la lumière et l'éteindre. Je me laissai tomber à l'arrière sur le coussin en fermant les yeux. Je sentais de nouveaux pleurs se préparer. Il semblait que je n'avais pas encore épuisé toute l'eau salée de mon corps. Je pris donc la décision d'étouffer mon désarroi dans mes souvenirs.
Poudlard, quatrième année, au début du mois de mai. Le soleil était chaud et aveuglant, Susan, Justin, Ernie et moi étant près du lac pour en profiter. C'était un jour libre pour tous les élèves. Les deux garçons parlaient des derniers résultats de Quidditch ou des Serpentard. Ne comprenant rien à l'un et ne voulant pas entrer dans des conversations sur les maisons, Susan et moi avions décidé de nous lever pour marcher un peu.
- Alors ? m'avait demandé tout à coup Su. Tu ne me racontes rien ?
- De quoi tu voudrais parler ?
- À ton avis ?
- De garçons...
- Oui ! Il n'y en a vraiment aucun qui t'intéresse ?
Je m'étais mordue la lèvre et j'avais regardé autour de nous pour vérifier que personne n'entendait pour répondre :
- Si il y en a un. Mais tu promets de garder ça pour toi ?
- Promis et juré.
- C'est... Justin.
- Justin... Justin ? Comme dans Justin Finch-Flechtley ?
- Chut pas si fort ! Oui, oui, lui.
- Je ne lui trouve rien, moi.
- Su...
- Quoi ? Essaye de le comparer à Vasco Flint. Il n'y a pas à hésiter : Vasco est mille fois mieux.
- Tu ne peux pas dire parce que tu ne le connais pas.
- Hannah !
- Quoi ?
- Il est là-bas !
Effectivement, Vasco Flint, sa sœur Alexandra et un petit groupe de Serpentard étaient à proximité de nous.
- Il est plus beau qu'un prince charmant... avait soupiré Susan. Je donnerais n'importe quoi pour qu'il m'invite au Bal de Noël...
- Et pourquoi tu ne lui demandes pas ?
- Ah non, c'est à lui de le faire.
- Alors tu peux toujours rêver.
- À qui tu vas demander, toi ? À Ernie ? À Justin ?
Et j'avais rougi violemment :
- Si tu demandes à Vasco, je demande à Justin.
- Ou réciproquement.
- Marché conclu.
Malheureusement pour nous, les choses n'étaient pas allées comme nous aurions aimé. Au moment où je m'apprêtais à demander à Justin, une de nos camarades m'était passé devant. Ça avait fait mal mais Ernie m'avait proposé ensuite pour rattraper la donne. Quant à Susan, elle s'était renseignée sur Vasco mais avait appris que Daphné Greengrass l'avait invité et qu'il avait accepté. Au final, elle y était allée avec Zacharias Smith.
Premières déceptions amoureuses...
J'ouvris les yeux lentement et essuyai les larmes qui avaient strié mes joues. Comment je n'avais pas pu voir ça avant ? J'étais tellement naïve déjà à Poudlard, je n'avais jamais eu une chance avec Justin. Il avait joué le jeu jusqu'au bout pour mieux me pousser dans le trou ensuite.
Ses yeux verts qui me fixaient. Une mer de sang rouge vif. La gorge tranchée de mes amis. Le regard blessé de ma sœur. Les insultes de mes parents.
Je sursautai. Je haletais comme une proie acculée, sans comprendre pourquoi. Les mêmes images revenaient se matérialiser dans mon esprit régulièrement mais je ne pouvais pas leur associer des émotions ni une origine. Elles devaient provenir du trou dans ma mémoire entre le moment où j'avais avalé la drogue hallucinogène et celui où je m'étais réveillée seule sur la plage.
Je me levai. Mes jambes tremblaient violemment mais malgré tour je trouvai la force d'avancer jusqu'au mur opposé et m'y laissai glisser jusqu'à être recroquevillée étroitement sur moi-même.
Je croyais vraiment en Justin. Je lui faisais confiance et j'étais profondément convaincue qu'il ne ferait jamais rien qui puisse nous mettre en danger. Et pareil pour Ernie. Pourquoi diable avait-il suivi Justin en plus ? Il était de mon côté et avait promis de le rester quoi qu'il arrive. Alors Ernest McMillian pourquoi es-tu parti aussi ?
Une fois de plus, on frappa à la porte. Mais cette fois, sans attendre la réponse ni même la question, Vasco entra, alluma la lumière et ferma la porte derrière lui. Je cachai mon visage le plus possible entre mes genoux. L'ancien Serpentard s'assit devant moi avec le même dynamisme qu'il avait pour tout faire.
- C'est un jour noir aujourd'hui, soupira-t-il. On ne s'arrête jamais. Normalement demain ça devrait se calmer. Ça va toi ?
Je haussai les épaules.
- Ne t'en fais pas. Avec le temps ça finira pas s'arranger.
- J'ai peur...
- Mais de quoi ?
- Qu'on soit dénoncés...
Il soupira :
- Que les sorciers osent mettre le pied au Pembrokeshire, déjà c'est improbable. Si jamais il le font, ils vont se heurter... Aux fantômes.
Je me raidis :
- Les...?
Il haussa les épaules.
- Vasco...?
- Oui ?
- Pourquoi est-ce que les fantômes ne s'en prennent pas à vous ?
- Ne sont menacés que ceux qui ont le sang des gagnants.
- Et vous...
- Un de nos ancêtres a été tué durant la bataille du Pembrokeshire, son frère par contre avait quitté la région pour s'installer plus au Nord plusieurs années avant. C'est de lui que nous descendons directement.
Malgré la logique de l'explication, ma bouche s'ouvrit sous l'effet de surprise.
- On n'a pas réfléchi deux fois en cherchant une planque. Mais bon... Tu n'as rien à craindre. Les fantômes ne s'en prendront plus à toi.
- Pourquoi... Pourquoi Aley et Marcus...
- Ne l'ont pas dit plus tôt ? Ils ne voulaient pas t'effrayer. Les grandes familles sorcières du Pays de Galles ont toutes un lien avec les "gagnants" de la bataille du Pembrokeshire. Sauf une : la nôtre. Mais alliances obligeant, durant la guerre, on nous a décimés.
- Décimés ?
- Le sort des Mangemorts est rarement l'emprisonnement. Ça c'est ce qu'on raconte dans les journaux, pour montrer combien le Ministère est miséricordieux et blablabla. En réalité, la prison d'Azkaban n'en compte que quelques uns. Une poignée. Le ministre ne veut pas que l'histoire se répète une troisième fois.
- Tués... Tous ces gens sont tués...
- C'est pour ça qu'on se cache. On refuse de se faire exécuter. Mon père est invalide, ma mère très fragile et nous, on a rien fait. Mais bon, assez parlé de ça. C'est un sujet que je n'aime pas aborder.
J'opinai et essuyai rapidement une larme qui menaçait de quitter mes yeux.
- Tu pleures ?
Je secouai la tête. Il m'offrit un sourire doux et compatissant avant de caresser brièvement ma joue :
- Pleurer n'a rien de honteux, Hannah. Tout le monde pleure.
Je me mordis la lèvre et serrai un peu plus mes genoux contre ma poitrine. Vasco se mit sur ses genoux et enveloppa mon corps avec ses bras. Il ne dit plus un mot.
- Vasco... murmurai-je
- Oui ?
- Est-ce que... Est-ce que tu te souviens de Susan Bones ?
- Oui.
Un long silence s'ensuivit.
- Pourquoi ? lâcha Vasco
- J'ai... J'ai lu sa lettre.
Il opina.
- Et... Et -du moins jusqu'à l'an dernier- elle est toujours intéressée par le même garçon.
Il eut un rire significatif :
- Depuis combien de temps ?
- Douze ans.
Il éclata de rire :
- Ce n'est pas quelqu'un qui baisse les bras facilement !
- Est-ce que les garçons peuvent deviner les sentiments des filles à leur égard ?
- Quand c'est très évident oui. Sinon, il faut être assez doué.
- Tu... Comment tu as vu pour Susan ?
- Elle ne faisait rien pour se cacher. En plus, à la Saint Valentin j'ai reçu une carte signée SB. Il n'y en avait pas des foules à Poudlard avec ces initiales.
- Tu penses que Justin savait que je l'aimais ?
- Parce que tu l'aimais ?
Il se détacha, son regard à la fois surpris et sceptique :
- Tu l'aimais ?
J'opinai lentement.
- Si tu veux mon avis... sourit-il. Je pense que tu ne l'aimais pas comme tu crois, pas dans le sens d'amour pur et fort. Ce que tu voyais chez lui, c'était ce qu'il représentait. Tu es quelqu'un qui a l'air très attiré par la sensation de marcher sur un fil pour traverser un gouffre.
Je cachai encore plus ma tête entre mes genoux.
- Ne le prends pas mal, Hannah, ce n'était pas un reproche. Ça s'appelle flirter avec les risques. C'est assez commun et pas une mauvaise chose.
- Quand on joue avec le feu, on se brûle...
- Je sais. Je sais bien.
- Tu... Tu as gardé contact avec qui que ce soit du monde sorcier ?
- Non. Je ne sais pas si beaucoup de mes amis sont encore en un seul morceau. J'ai entendu que les sœurs Greengrass avaient mal fini. Ma meilleure amie, Athena Gorgès, a été tuée, laissée mourante après un attentat Mangemort au Chemin de Traverse. Elle était blessée très grièvement et agonisait sur le trottoir. Scahant qui elle était perosnne n'a voulu la secourir et elle est morte, vidée de son sang...
Sa voix se cassa et je l'entrevis s'essuyer une larme. Alors je prononçai quatre mots qui sortirent involontairement de ma bouche :
- Paix à son âme.
Je relevai la tête pour voir Vasco me sourire tristement :
- Paix à son âme... Je ne sais pas combien de mes amis ont survécu, et je ne te cache pas que j'aimerais le savoir. On ne se cache pas pour protester.
- Tu... Est-ce que tu as peur de la mort ?
Il sourit faiblement :
- J'ai très peur de la mort. Marcus en est terrifié, et du sommeil aussi. Aley et Lyou... Elles ont peur de mourir aussi mais n'en parlent jamais. On est passés tous les quatre par la mort de gens à qui on tenait. Moi c'était Athena. Quand j'ai appris...
Il se tut pour essuyer ses joues :
- C'est Rogue qui m'a appris ce qui lui est arrivé. C'était à la fin de ma dernière année à Poudlard. Elle avait un an de plus que moi donc elle était déjà sortie. Rogue a débarqué dans mon cours de Métamorphose et m'a demandé de le suivre d'urgence. Il m'a amené jusqu'au bureau de Dumbledore. Quand on est entrés dans la pièce, il y avait les petits frères d'Athena qui pleuraient. Rogue a dit que ma meilleure amie avait été retrouvée la nuit d'avant, ce qui lui était arrivé mais n'a pas dit qu'elle était... Quand je lui ai demandé si il y avait moyen que je puisse la voir, Dumbledore m'a donné une lettre de la mère d'Athena où elle m'expliquait ce qui s'était vraiment passé et me donnai rendez-vous le lendemain pour les funérailles. Là j'ai compris et je me suis effondré par terre. Je ne m'en suis mal remis. Pendant l'enterrement secret, je n'ai pas arrêté de pleurer. Marcus a dû me tenir tout le long.
- Mais... Mais pourquoi elle ?
- Son père avait pris part à l'attaque des Mangemorts à la Coupe du Monde de Quidditch.
- Mais...
- Ils traquaient la famille entière. Le père a été retrouvé quelques jours après... Ce qui est arrivé à Athena. Il voulait venger ce qui avait été fait à sa fille. Il a été mis hors d'état de nuire après un massacre.
- Et les autres ?
- Sa mère est toujours vivante j'espère. Dumbledore a été forcé à livrer les deux frères à la justice. Ils étaient en sixième et en deuxième année. Plus jamais revus par qui que ce soit. Je pense savoir ce qui leur est arrivé...
- Pourquoi cette histoire ne me dit rien ?
- Secret d'état. Aucune sympathie pour les Mangemorts devait être créée. Tu étais en quatrième année en tout cas.
- Je suis désolée...
Il haussa les épaules :
- Je ne porte ni le Ministre ni le Seigneur des Ténèbres dans mon cœur depuis. Je n'excuse ni les uns ni les autres.
Il se redressa et fouilla dans sa poche. Il en sortit une photo immobile :
- Ça bougeait avant mais je l'ai figée après la mort d'Athena.
Il me la tendit. C'était une photo de groupe : tous des Serpentard vu leur uniforme. Il me montra quatre personnes sur la gauche :
- Marcus, Aley, Athena et moi à Poudlard.
Athena Gorgès était une fille de taille pas très grande. Elle avait des cheveux noirs qui lui arrivaient un peu au-dessus des épaules et des yeux tout aussi sombres. Elle était dans les bras de Vasco, un air de joie intense sur le visage.
- Je me souviens d'elle... murmurai-je. Susan en avait parlé une fois. Je suis vraiment désolée. Je passe pour une idiote à côté de ça.
- Non, pas du tout. Toutes les expériences sont faites pour nous apprendre quelque chose. La mort d'Athena m'a fait comprendre que je ne comptais ni dans les rangs des Mangemorts ni dans ceux de l'Ordre du Phoenix. Le départ de tes amis t'apprendra quelque chose aussi. Tu verras bien.
.
Toute la journée, je restai enfermée dans le noir le plus profond et dévorant possible, cachée de ma propre apparence. Occasionnellement, Lyou ou Aley venaient m'apporter à manger. Vasco resta apparemment assez silencieux après notre discussion. Susan ne connaissait vraiment pas le côté obscur de son prince charmant.
J'attendis onze heures du soir pour me lever de mon coin de chambre et lire la dernière lettre, celle de mes parents. J'inspirai profondément, me préparant à recevoir une flopée d'insultes.
Hannah.
Bien que nous n'ayons pas la certitude que ce message arrive à destination, nous t'écrivons pour te faire part de nos sentiments. Ce n'est pas Leila qui nous a appris ta fugue, ce sont les parents d'Ernest. Hannah... Hannah... Que te manque-t-il ici ? Pourquoi suivre ces deux hommes qui ne t'apporteront rien de concret dans ta vie ? Tu devrais revenir, oublier tout ça et reprendre tes études. La vie dont tu rêves est à la maison, reviens la chercher. Papa et Maman.
Je m'effondrai en pleurant sur le lit. Étaient-ils aveugles à ce point ? Ne voyaient-il pas combien j'étais malheureuse à cause d'eux ? Leur regard m'avait blessée à si maintes reprises que je ne voulais plus le soutenir à force. Mon père ? Gryffondor à l'esprit plus fermé et conservateur que quiconque, qui n'avait aucune considération pour ceux qu'il appelait des idiots avec un cœur. Ma mère ? Serdaigle, raide comme un balai de Quidditch, puritaine, traditionaliste qui étiquetait tout le monde. J'avais amené la honte sous notre toit en ayant été envoyée à Pouffsouffle. Mes parents n'avaient aucune considération pour eux, les jugeaient d'imbéciles, qui faisaient passer la raison après tous les sentiments. Et leurs préjugés comprenaient aussi leur propre famille. À cause d'eux et de leurs idées reçues, j'avais pleuré seule des millions de fois.
En retour, il semblerait que mon départ ne les ai pas touchés plus que ça...
Un drôle de bruit résonna de l'extérieur. Je sursautai. J'entendis une porte se fermer et des pas dans l'allée en gravier. Quelqu'un sortait du Nortmai.
Je descendis du lit en éteignant la lumière pour me diriger vers la fenêtre. J'écartai les rideaux et tournai la poignée. Il pleuvait dans la nuit noire mais j'arrivais tout de même à distinguer une silhouette qui marchait en direction de la route.
- Marcus ! appelai-je
La silhouette se retourna. Marcus était tête nue, en maillot manches courtes blanc, le tout sous une pluie battante. Il fit plusieurs pas vers le Nortmai avant de me héler :
- C'est toi, Hannah ?
- Où est-ce que tu vas ?
Je le vis hausser les épaules :
- Je verrai bien...
- Mais il pleut... Tu devrais au moins te couvrir...
- Ça ira. Je peux supporter la pluie.
Un long silence s'ensuivit. Il ne bougea pas, tourné dans ma direction, silencieux, trempé jusqu'aux os. Et moi je restai à soutenir son silence sans refermer la fenêtre.
Il fit plusieurs pas en arrière :
- Ne prends pas froid, rentre. Essaye de dormir.
- Je... Je n'y arriverai pas.
- Je te promets que tu y arriveras.
Il m'adressa un signe de la main avant de se retourner pour reprendre son chemin, disparaissant dans la nuit.
Nous étions deux âmes déchirées par des secrets que nous avions cachés à tous. Jamais je n'aurais pensé me reconnaître autant dans le regard de Marcus. Peut être que j'allais chercher trop loin... Peut être que je n'avais effectivement pas vu que ce que je voulais m'était passé sous le nez.
Peut être que oui...
.
.
.
Et voilà :) Verdict ? C'était bien ou nul ? Je n'ai pas trop laissé de couacs ? Je suis vraiment désolée, je suis tellement fatiguée... Vous aimez les Flint au moins ? On les a tous vus dans ce chapitre, Marcus un peu moins mais c'est normal pour l'instant.
En tous cas, si vous avez aimé, n'hésitez pas à me le dire :)
À la semaine prochaine normalement pour le chapitre 8.
Ah ! Avant d'oublier : en Angleterre je n'ai pas pu écrire l'OS que je vous ai dit. C'était un peu trop dur vu que je m'endormais dès que j'étais dans le bus... Ce sera pour bientôt.
À la semaine prochaine et merci à tous ceux qui ont reviewé !
ACSD
