Hey ! Comment allez-vous ?
Il ne me reste qu'une journée et demie de vacances et à part les devoir de sciences., je compte en profiter pour avancer dans les chapitres de Torn et BS. J'ai perdu un peu d'avance ces dernières semaines...
Autre chose : ça va bientôt faire un an que je suis sur FanFiction. C'est pour ça que je compte faire un OS à publier le jour en question et il s'agira de ma 10ème histoire. Donc c'était juste à titre informatif.
Je tiens aussi à remercier toutes celles qui ont reviewé pour le chapitre 8 : Suna, LauraNyra, LeLynxBlanc, Niris. Merci beaucoup :)
D'ailleurs une petite question : avant la plupart des chapitres de Lys Ecarlate, il y avait un extrait de chanson qui traduisait l'esprit du chapitre. Est-ce que vous voulez que j'intègre ça à Torn (ou à BS) ?
RGR :
Suna : Hey ! Re-merci pour ta review :) Tu as raison, c'est le premier dialogue conséquent entre Marcus et Hannah (sans qu'elle s'emmêle dans les "..."). C'est un signe... Pour ce qui est d'Athena, non elle n'apparaîtra pas dans BS parce que les deux histoires ne sont pas liées. Mais il y a une figure qui a plus ou moins le même rôle, même si elle n'apparaîtra pas avant un moment, c'est Mary. En tout cas, merci encore et bonne lecture :) !
LeLynxBlanc : Hey ! Alors, on a envie d'être à la place d'Hannah en ce moment ^^ ? Et bien si dans le chap8 il ne se passait pas grand chose, je ne suis pas sûre que tu dises la même chose de celui-ci ^^ Et tu verras pourquoi... Voilà la suite, j'espère qu'elle te plaira ! Merci encore et bonne lecture :)
Harry Potter appartient toujours à JKR et à Warner Bros, Torn à Natalie Imbruglia et les lieux mentionnés (hormis le Nortmai) existent tous.
Bonne lecture !
Torn
Nothing's fine, I'm torn
IX - Émerge
.
J'émergeai doucement du sommeil en sentant un souffle chaud contre mon visage. Je n'ouvris pas les yeux tout de suite, laissant ma main s'approcher de la source inconnue et agréable de chaleur. Mes doigts passèrent et s'emmêlèrent dans des mèches douces et pas très longues. Puis des souvenirs me revinrent plus clairement.
J'ouvris les yeux et me retrouvai face à face avec un Marcus Flint encore profondément endormi. Il avait la joue droite écrasée contre le matelas du lit et ses cheveux blond foncé qui s'étalaient autour. Ses lèvres étaient entrouvertes à la hauteur des miennes et sa respiration balayait mon visage, m'envoyant de l'air tiède caresser ma peau. J'ôtai ma main de ses cheveux et me redressai. Pourquoi diable faisait-il si clair dans la chambre ?
Je me rendis compte alors que j'avais laissé les rideaux ouverts hier soir et que la lumière du soleil en avait profité pour inonder la pièce. Je restai immobile, fascinée par la clarté qui frappait ma peau et celle de Marcus. Sur lui, ça donnait un effet assez étrange. Il avait l'air moins sombre... Et étrangement plus vulnérable.
Je me levai. Mes jambes faiblirent sous le choc mais les tremblements ne durèrent que l'espace d'une seconde. Je pris la direction de la porte de la salle de bain, en prenant au passage des vêtements propres de ceux que Vasco m'avait trouvé. J'entrai dans la pièce adjacente et fermai la porte. Je me dirigeai vers le lavabo et ouvris l'eau froide. Je posai les vêtements à mes pieds pour asperger mon visage. Une fois ma toilette improvisée terminée, je me changeai et sortis de la salle de bain.
Depuis un peu plus d'une semaine, j'étais au Pays de Galles, dans la région hantée du Pembrokeshire. J'avais retrouvé une très vieille famille, disparue de la circulation, et étrangement je m'étais liée avec eux. Je m'étais méfiée au début mais comment pouvoir détester ces gens qui avaient la force d'avancer les uns avec les autres malgré toute la souffrance déjà endurée ? Les Flint ne méritaient pas la potence qui leur était réservée. Qu'avaient-ils fait de mal ?
Je soupirai et balayai la chambre du regard. À qui appartenait-elle en réalité ? Aucun indice ne transparaissait. Il n'y avait aucune décoration personnelle dans la pièce qui témoigne de l'identité de son propriétaire. À part l'odeur des draps... Cette odeur assez familière que pourtant je n'arrivais pas à nommer.
Je m'assis sur le fauteuil et en tombant, ma main heurta la guitare de Justin. J'eus une pensée triste en la revoyant. Justin et moi avions passé de très nombreuses heures ensemble avec elle, lui m'apprenant à m'en servir, ses doigts touchant les miens, son souffle sur mon cou et l'illusion d'un bonheur parfait. Oh que j'étais tombée bas... Je ne comprenais toujours pas ce qui avait motivé Justin. Comment fonctionnait sa tête ? Pourquoi m'avait-il traitée ainsi ? Qu'est-ce que j'avais fait ou au contraire pas fait ? Des questions, des questions, des questions... Mais quand allait-je trouver des réponses ?
Je n'étais qu'une pauvre idiote et je devais faire quelque chose. Je n'étais pas du genre à m'apitoyer sur mon sort, mais plutôt à souffrir en silence et à aller de l'avant. Il était peut être temps de caser la Bohème dans un coin de ma tête, d'oublier Hannah Abbott la Pouffsouffle naïve et enfantine, pour pouvoir tenter de me relever. Me relever... Pour tomber encore plus fort et plus bas ensuite ? Qui est-ce que je croyais berner comme ça ? Je ne pouvais pas encore me relever. Mes souvenirs et ma douleur étaient trop vifs pour que je puisse tourner une page. J'avais besoin de beaucoup de temps. Peut être de plus de temps que ce que j'avais à disposition en réalité.
J'avais cette affreuse impression que chaque seconde était comptée. C'était comme vivre en sachant pertinemment que l'heure de dire au revoir à tout approchait à pas de géant. J'étais tétanisée par des peurs irrationnelles et complètement infondées, qui prenaient racine dans ces hallucinations apparemment provoquées par la drogue.
Je pris ma tête entre mes mains et me penchai en avant. Quand avais-je véritablement cessé d'être moi-même ? Où est-ce que j'avais abandonné ma liberté pour un homme qui ne me l'avait jamais rendue ? Comment allais-je pouvoir me la reprendre ? Que me réservait l'avenir ? En avais-je seulement un ?
Je me levai du fauteuil pour retourner sur lit. Quand je m'assis sur le matelas, j'entendis le gémissement de quelqu'un qui se réveille. Je tournai la tête vers le blond à mes côtés et croisai son regard vert de chat. Nous restâmes ainsi à nous fixer pendant plusieurs minutes, sans dire un mot, sans vraiment penser à quoi que ce soit. Puis tout à coup, il se redressa et s'assit sur le lit. Il s'étira avant de marmonner :
- J'avais oublié ce que c'était une nuit de sommeil...
J'opinai :
- Apparemment moi aussi...
Il me regarda sans rien dire, scrutant mon visage et sondant mes yeux à la recherche de quelque chose que j'ignorais. Puis il finit par parler :
- Je suis désolé.
- Ce n'est pas à toi de l'être...
- J'ai déjà gâché ma vie, la tienne méritait mieux.
- Tu... Tu as quel âge exactement ?
- Vingt-huit ans.
- Alors tu n'as pas gâché ta vie...
Il détourna la tête sans ajouter quoi que ce soit. Je mourais d'envie de lui poser une série de questions mais je comprenais que ce n'était pas le bon moment. Il fallait encore attendre. Je me méfiais de tout, lui aussi, j'avais trop mal au cœur pour confier mes plus gros secrets, lui aussi. Nous étions fortement semblables en réalité...
- Je vais peut être y aller... lâcha-t-il
Il se leva mais n'avança pas plus en direction de la porte. Il se tourna vers moi à nouveau :
- Tu veux que je demande à Lyou ou à Aley de venir t'apporter à manger ?
J'opinai et le hélai avant qu'il ne disparaisse dans le couloir :
- Marcus ! Est-ce que... Est-ce que c'est possible que par hasard tu puisses revenir un peu plus tard dans la journée quand ça t'arrange s'il te plaît ?
Il sourit de l'enchaînement pas très cohérent de mes phrases mais opina :
- Je verrais à ma pause.
Et il ferma la porte.
.
Je jouais avec le drap, rêvassant de cette nuit. J'étais en train de me visualiser le visage endormi de Marcus quand quelqu'un frappa à la porte. Je me redressai vivement et vis Vasco sur le pas de la porte avec un plateau à la main. Il me sourit gentiment et je lui fis signe d'entrer. Il ferma la porte derrière lui et vint s'assoir avec moi sur le lit. Il déposa entre nous le plateau où il avait mis une tasse de chocolat brûlant et une série de tranches de pain grillé.
- C'est tout pour toi ! sourit-il
Il me fit une bise rapide sur les cheveux et me laissa prendre mon petit déjeuner en paix. Une fois fini, je posai ce qui restait devant moi et regardai Vasco. Il avait l'air très sérieux et presque inquiet.
- Ça ne va pas ? demandai-je
Il hésita un instant :
- Est-ce que mon frère a vraiment passé la nuit ici ?
Je me mordis la lèvre et finis par opiner. Il fronça les sourcils et se caressa le menton pensivement. Il avait l'air d'avoir plus de questions que moi en tête.
- Comment ça se fait ? marmonna-t-il
- Euh... bredouillai-je. Il est rentré assez tôt et m'a proposé de monter alors j'ai dit oui donc c'est juste arrivé, on s'est endormis et...
- Calme-toi ! rit-il. Tout va bien. Tout va très bien même ! J'essaye juste de cerner ce qui s'est passé dans sa tête. Je t'avoue que je soupçonne quelque chose... Oui. Il doit y avoir quelque chose qui change. L'air est en train de tourner...
Je ressentis un frisson dans mon dos à l'entente de ses paroles. L'air tournait ? Qu'est-ce que ça voulait vraiment dire ?
- Ça fait au moins cinq ans que j'attends que Marcus passe une nuit à dormir...
- Il dort le jour quand même ?
- Je ne sais pas comment son corps a réussi à tenir... Il est comme coupé de son propre ressenti par moment. Et il devint vide, inexpressif, froid. Pas mon Marcus.
Je me figurai la scène de la semaine dernière, la nuit où j'avais rêvé de la première rencontre entre Vasco, Susan et moi. Marcus se tenait accroupi face au reflux de la mer sur les rochers, éclairé seulement par la faible lueur de la lune, et occasionnellement les phares des voitures à proximité. Quand il s'était tourné ou même quand il avait parlé, il m'avait donné la même expression que ce que Vasco venait de décrire. Vide.
- Mais... lâchai-je. Il n'a pas toujours été comme ça ?
Vasco étouffa un rire neutre :
- À Poudlard, Marcus s'est montré comme ça aussi si c'est ce que tu veux dire. Mais seulement quand il n'était pas entouré de sa clique ou si nous n'étions pas là, Aley et moi... C'était rare qu'il montre son vrai visage en public. Tu ne l'as peut être qu'entraperçu depuis que tu es là en réalité. Ça fait des années qu'il se cache partiellement même avec nous.
- Est-ce que... Est-ce que c'est à propos de ce que tu disais l'autre jour ? Que vous avez tous perdu quelqu'un qui vous était cher ?
Athena Gorgès pour Vasco, sa meilleure amie et la seule qui ait eu cette importance à ses yeux. Ses parents, symboliquement, pour Lyou qui avait dû arrêter d'être une sœur pour jouer le rôle de mère trop tôt. Et sa tante pour Aley, quand elle venait à peine de perdre sa liberté et ses espoirs d'avenir à cause de la guerre. Mais Marcus ? Il n'avait pas d'amis à Poudlard, ses frères et sœurs étaient tous là... Lui manquait-il un membre de sa famille décimée ? Non... Ça ne pouvait pas laisser un tel vide. Alors quoi ou plutôt qui ?
Vasco soupira :
- C'est à lui de te le dire.
- Je n'oserai jamais demander.
- Mais s'il te le dit, c'est qu'il est sur la bonne voie pour revenir "à la raison" disons. Ça vaut le coup de tenter, tu ne crois pas ?
- Mais je te dis que je n'oserai jamais.
- Ne te force pas alors. Si vraiment il ne peut pas, je te promets que je te le dirai.
J'opinai :
- Vasco... dis-je tout à coup sans réfléchir. À Serpentard... Je veux dire, qu'est-ce qui dirige vraiment les choix du Choixpeau à ton avis ?
Le blondinet ouvrit de grands yeux et fixa le plafond, signe qu'il réfléchissait. Ses sourcils se froncèrent pendant une fraction de seconde et il me regarda pour donner sa réponse :
- On attribue trop souvent des étiquettes à chaque maison : les Serpentard sont les racistes, les Pouffsouffle des demeurés, les Serdaigle des sages et les Gryffondor les parfaits. Mais on ne peut pas créer quatre catégories d'être humains, c'est une forme de discrimination sélective. On ne peut pas résumer les milliers de personnalités complexes par quatre adjectifs invariables. Je pense que le Choixpeau sait quels sont les objectifs sur lesquels chaque maison concentre le développement de ses élèves et choisit de t'attribuer à la maison qui correspond le plus à la direction où tu vas t'épanouir. Ça c'est mon avis.
J'eus un hochement de tête :
- Pourquoi toute ta famille est passée par Serpentard ?
Il rit :
- Si tu parles de nous quatre, ça se résume assez bien dans "éducation". Nos parents n'étaient pas des racistes, puristes contrairement au cliché Serpentard mais ils nous ont éduqués à travers des principes plus vrais. Par exemple ne négliger aucunement qui on est au profit du soi-disant "bien commun".
- C'est à dire ?
- Accepter de mettre notre propre bonheur avant celui de tous. C'est capital en réalité. On nous dit toujours que les Gryffondor sont nobles de se sacrifier pour les autres. Mais en réalité, ils ne sont pas plus altruistes. Ils se mettent en position de souffrir pour des gens qui ne le leur rendent pas.
- Mais... Soi avant les autres ce n'est pas égoïste ?
- La définition d'égoïsme c'est attendre que ce soient les autres à nous apporter le bonheur, à se sacrifier pour nous. Faire passer ses besoins avant ceux des autres c'est de l'amour propre.
La réalisation me frappa si fort que j'en chancelai. Qu'est-ce que j'avais fait ? J'avais abandonné ma sœur que j'aimais tant, j'avais laissé de côté ce que j'étais vraiment pour suivre une vie et un homme dont j'attendais le bonheur. Et je m'étais heurtée à plus de souffrance que tout ce que mes parents m'avaient fait ressentir en vingt-trois ans d'existence.
- Vasco ?
- Yup ?
- Qu'est-ce que tu me conseilles de faire ? Je veux dire... Enfin...
- Maintenant ? Te relever. Regarder tes erreurs et les corriger sans honte et sans culpabilité. Aller de l'avant parce que tu n'es pas seule. Donne-toi le temps de te reconstruire.
C'était ça ou couler.
.
Pendant la matinée, je vis une fois Aley et une fois Marcus. Lyou, apparemment, avait décidé de sacrifier ses pauses pour Marcus qui avait été violemment rattrapé par toute la fatigue qu'il canalisait depuis des années. Cette fille m'inspirait un tel respect.. Disposée, par amour pour sa famille, à devenir adulte avant l'heure... Comment s'appliquaient les questions d'amour-propre dont parlait Vasco ? Lyou était peut être la femme la plus sûre et dévouée qu'il m'ait été donné de connaître.
Aley vint vers neuf heures, et encore heureux elle n'apporta pas à manger cette fois. J'allais finir par exploser à force de manger six fois par jour. Mais peu importait la nourriture en réalité, ce qui avait vraiment une valeur c'était la présence de la blondinette. Dans un certain sens, je pourrais la qualifier d'amie mais j'étais encore trop peu sûre de moi sur le fait de donner sa confiance à quelqu'un qui le méritait.
- Il y a foule aujourd'hui ! soupira-t-elle en se jetant sur le lit
- Comment ça se fait que vous travailliez dans un bar ? Je veux dire... Ce n'est pas là que je vous aurais imaginés.
- Pas faux. Lyou avait comme rêve quand elle était petite de travailler dans un local sorcier. Quand elle a passé ses examens finaux à Poudlard, elle avait déjà dû commencer à nous prendre en charge. Elle a essayé de poursuivre des études au début mais il y a eu... Des complications. Elle a dû arrêter.
- Quel genre de complications ?
- Tout d'abord, ma mère est tombée gravement malade et on pensait qu'elle n'allait pas survivre. Et puis après Marcus a fait une sorte de... Comment je peux appeler ça ? Il a craqué. Pendant plusieurs semaines, il n'a pas parlé, ni fait aucun devoir, ni même assisté à tous des cours... Et on ne le voyait pas en dehors des heures de classe. Il ne mangeait presque plus. Les professeurs comprenaient mais essayaient de l'obliger à s'y remettre. Mon père et Lyou sont intervenus après cinq semaines comme ça. Ma sœur a réussi à remonter mon frère mais après ça, elle n'a pas pu recommencer ses études. Elle était débordée de tous les côtés. Alors elle a abandonné.
- Mais au final elle y a gagné, non ? Elle a réalisé un de ses rêves.
- C'est elle qui a fait ce choix. On est content. Tu devrais descendre plus souvent, c'est assez drôle. Vasco et Marcus sont très drôles, plutôt.
Marcus... Drôle ? Il avait des sautes d'humeur ?
J'eus la réponse à ma question deux heures après. Vers onze heures, ma porte s'ouvrit nouveau mais cette fois sur Marcus.
- Marcus ? m'étonnai-je. Qu'est-ce...?
- C'est toi qui m'a demandé de venir, me rappela-t-il avec un sourire en coin. Mais si tu ne veux plus de moi...
- Non ! Reste !
Il cacha sa satisfaction et son amusement derrière un rictus sarcastique qui collait bien à l'image qu'il s'était faite à l'école. Il vint s'assoir devant moi mais cette fois, il s'installa sur le lit alors que j'y étais aussi. Je relevai le détail mais ne fis pas de commentaire au cas où il décide de s'éloigner. Peut être qu'il avait fait inconsciemment alors pas question qu'il se corrige. Vasco avait bien dit que le vent tournait, non ?
Je décidai de prendre les devants et de ne pas le laisser se murer dans le silence. J'avais passé assez de temps avec Justin -et Lyou employait la même technique des fois- pour savoir que si on voulait amener quelqu'un à nous délivrer des informations précises, il fallait s'y prendre habilement.
- Qu'est-ce que tu voulais faire dans la vie ? lâchai-je avant qu'il ne puisse tourner la tête vers le mur opposé
Il plongea son regard dans le mien, surpris par la question. Apparemment, ce n'était pas le genre de sujet que les gens avaient l'habitude aborder avec lui : ce qu'il aimait ou voulait.
- Ma passion c'est le Quidditch, finit-il par répondre après un long silence. J'aurais tout fait pour en faire ma vie...
- Tu as été longtemps capitaine de ton équipe ?
J'avais l'intention de ne pas laisser le vide s'installer. J'allais le faire parler de lui, le pousser subtilement à s'épancher.
- Oui... opina-t-il. Depuis ma quatrième année. Rogue m'a désigné parce qu'il trouvait que j'avais une personnalité qui inspirait le respect.
- C'est pas faux. Et tu étais bon joueur, non ?
Il haussa les épaules :
- Je ne sais pas parce que personne ne me l'a jamais dit. Mais si j'étais dans l'équipe c'est que je l'étais au moins un peu...
- Ça doit te manquer, fis-je tristement
Il hocha vivement la tête :
- Tu n'imagines pas à quel point... Le Quidditch pour moi c'était... C'était là où j'étais à l'abri des mots. J'avais l'esprit focalisé sur l'action et pas sur les voix qui m'entouraient. C'était comme être au-dessus de tous les regards qui me méprisaient tout le temps, leur dire : regardez-moi, je suis en haut, vous ne pouvez pas m'atteindre. En gros, c'était là où je pouvais assumer, accepter qui j'étais.
Son regard qui s'était échappé dans ses souvenirs revint sur moi et sur mon sourire immense. Il rougit et tourna la tête ;
- Désolé je devais avoir l'air stupide.
- Non... lui assurai-je en souriant de plus belle. C'était juste beau...
Il osa enfin me regarder à nouveau :
- Tu ne souriais plus beaucoup ces temps-ci.
Ce fut à mon tour de rougir et de baisser la tête.
- Ne t'inquiète pas, soupira-t-il. Je ne dirai à personne que Marcus Flint a réussi à t'arracher un sourire.
- Je n'ai pas honte ! fis-je en haussant immédiatement la tête
La rapidité de ma réaction le surprit :
- Je... tenta-t-il de dire. Non rien...
Il se pencha en avant pour prendre sa tête entre ses mains et resta ainsi immobile pendant de très nombreuses minutes. J'avais tout de même réussi à lui faire ouvrir la bouche sur sa situation personnelle, ce qui n'était pas mal.
Il se releva très brusquement :
- Je suis désolé de ne pas répondre à celui que tu t'attends de moi... soupira-t-il
Je secouai la tête :
- Je préfère ce Marcus-là que celui que j'ai pu croiser à un détour de couloir à l'école.
- Pourtant c'est le même, m'assura-t-il avec un demi-rictus
- Mais lequel dois-je retenir ?
Il hésita, sans se départir de l'ombre de sourire sarcastique au coin de ses lèvres. Il attendit un long instant avant de me donner sa réponse :
- Ni l'un ni l'autre.
Je retins un sourire également. Il se leva et s'étira :
- Je devrais rejoindre Lyou en bas. Elle va être complètement débordée sinon et je ne veux pas lui en infliger trop. Si tu as besoin... Si tu veux de moi, tu peux m'appeler.
Je hochai la tête vivement. Je vis ses épaules se détendre et ses bras s'affaisser alors que nos regards se croisaient. Immobiles, à se fixer dans le blanc des yeux, nous gardâmes le silence plusieurs minutes avant qu'il ne finisse par reculer et sortir de la pièce.
Je n'aurais pas eu le courage d'aborder le sujet fâcheux. Mais si Vasco avait raison, alors cette rapide discussion entre Marcus et moi avait une valeur plus importante que ce que j'avais estimé au départ.
Il avait réussi à m'arracher un sourire... Alors il peut être temps que je lui rende la pareille.
.
Quelque chose se passa dans l'après-midi. Aley vint m'amener à manger vers midi et une fois qu'elle fut partie, je me recroquevillai sur moi-même en position fœtale. Les hallucinations s'étaient mises à me torturer et j'avais accepté de les laisser défiler jusqu'à ce qu'elles s'arrêtent. Et quand c'était arrivé, j'étais restée immobile à fixer droit devant moi. Puis tout à coup, je m'étais levée et dans le même élan je m'étais dirigée vers la porte, attrapé la poignée et entrouvert le passage au couloir.
Sur le seuil, je me bloquai. Je sortais. Après plus d'une semaine d'enfermement et d'isolement, j'osais sortir. Je ne savais ce que ça allait m'apporter mais au plus profond de mon être je sentais que j'avais à le faire. Et après tout, il était temps que j'aille de l'avant. Et pour cela, je devais me libérer de celle que j'avais été jusqu'à aujourd'hui et grandir, prendre des initiatives de mon propre chef.
J'ouvris entièrement la porte et fis un pas à l'extérieur de la chambre. Je fermai les yeux pour entendre les sons qui provenaient du rez-de-chaussée. La voix de Lyou me parvenait distinctement et celle de Vasco aussi, un bruit de fond de nombreuses personnes qui parlaient, des assiettes qui claquaient... Et des pas au-dessus de moi.
J'ouvris les yeux et m'avançai un peu plus dans le couloir sombre. J'avais les pieds nus sur le parquet froid mais je n'avais pas de problème avec ça. Le couloir était peu éclairé, sobre, un peu étroit. Il y avait six portes dont une était celle de la cage d'escaliers, quatre les chambres et sans doute une autre cage d'escaliers pour monter voire une salle de bain. J'avais le choix.
La porte le plus au fond du couloir m'attirait inexplicablement. Je sentais que j'avais quelque chose à y faire, à y voir. Je décidai alors de suivre mon instinct et d'y aller. Je poussai la poignée et entrai.
La pièce était légèrement plus grande que la chambre que j'avais occupée jusqu'alors. Les murs étaient couverts d'une tapisserie bleue très claire et le parquet était en bois. Il y avait deux lits très proches dont l'un semblait ne pas avoir servi depuis un moment. Deux lits ? Ça venait confirmer mon hypothèse selon laquelle je dormais dans la chambre d'un des quatre Flint.
La chambre comptait également une série d'étagères, deux armoires, une table de chevet par lit et un meuble type buffet où étaient disposés des objets assez divers notamment des cadres avec des photos figées.
Je m'en approchai avec curiosité. Il y avait en tout six cadres. Deux représentaient les quatre frères avec leurs parents, dont l'un devait dater de bien longtemps parce qu'ils étaient tous enfants. Je reconnus Marcus avec ses cheveux bruns et sourit : il était adorable... Aley avait raison, il ressemblait beaucoup plus à Vasco qu'il n'y paraissait de prime abord. Un autre cadre montrait Aley, Marcus et Vasco avec plusieurs personnes dont je reconnus quelques Serpentard, notamment Draco Malfoy et Athena Gorgès, main dans la main en plus. Le bonheur irradiait de ce cliché. Le quatrième cadre représentait un couple à leur mariage. J'en deduisis qu'il s'agissait de leurs parents.
Les deux derniers étaient des clichés individuels. Le premier était celui d'un très jeune enfant blond aux immenses yeux verts. Aux immenses yeux verts...
- Hannah... fit une voix d'enfant dans ma tête. Hannah...
- Non ! protestai-je mentalement. Laisse-moi tranquille, ce n'est pas toi.
Je reposai le cadre pour regarder le dernier. Une femme. Une femme magnifique. Elle devait avoir tout juste une vingtaine d'années, avec un visage étonnamment pâle et soigné. Ses cheveux étaient une longue cascade blond très clair, presque platine, et ses yeux bleu clair. Elle était debout, cachée dans l'encadrement d'une porte avec un petit air innocent et un sourire doux. Elle portait des vêtements moldus et avait pour seul ajout, un bracelet assez familier au poignet*, où étaient inscrites les initiales MF. MF ? Comme Marcus Flint ?
- Hannah ? lâcha une voix dans mon dos
Je sursautai et me retournai violemment. Lyou était sur le seuil de la porte et me regardait étrangement. Avec ses vêtements sombres, elle détonnait dans le décor.
- D'abord Marcus qui dort et maintenant toi qui sort, sourit-elle. Le monde tourne à l'envers aujourd'hui.
Je lui rendis maladroitement son sourire :
- À qui est cette chambre ?
Elle regarda brièvement autour de nous :
- Réellement ou techniquement ?
- Euh...
- C'est la chambre de Marcus. Mais Vasco a abandonné la sienne après trois semaines ici et s'est installé avec Marc'. Donc cette chambre est aux garçons mais il y en a un qui ne l'utilise pas souvent.
Alors c'était ça l'odeur des draps de ma chambre : Vasco... J'opinai et pris le cadre de la femme :
- Est-ce que je peux te demander de qui il s'agit ?
Elle l'attrapa et l'examina avec un regard profondément triste :
- Mélissa Aidenberg... soupira-t-elle. Serpentard de mon année, galloise d'origine.
Elle soupira à nouveau et secoua la tête avant de me rendre la photo :
- C'est la copine de Marcus.
.
.
* : Chapitre 6. Qui d'autre a un bracelet au poignet ?
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Aïe...
Verdict ? Qu'est-ce que vous avez pensé de ce chapitre ? Et de la nouvelle information délivrée ? On est arrivés dans un tournant de l'histoire.
Vous pensez à me dire pour les chansons de début de chapitre :) ? Et j'aimerais bien avoir vos impressions sur ce chapitre... Please ?
Allez ! À la semaine prochaine pour le chapitre 10 !
ACSD
