Hey ! Comment allez-vous ? Youhou ! Plus qu'une semaine avant les Grandes Vacances ! Enfin bref, on a encore plus de sept semaines avant la fin de Torn (oui, selon mes calculs, on va à peu près être entre 22 et 27 chapitres, j'en ai aucune idée. Et je dois encore décider de la fin : heureuse ou pas.

Mais bref, encore mille mercis à tous mes lecteurs pour les 1000 vues dépassées ^^

À propos, jeudi j'ai publié l'OS des 1 ans sur Fanfiction, ça s'appelle Au bon moment et c'est un Marcus/Hannah, si jamais ça vous intéresse :) Sinon, je prévois de publier bientôt un autre OS mais je ne sais pas quand. J'en ai déjà parlé il y a quelques chapitres, quand je parlais de l'Angleterre. Bah, on verra.

Il est donc temps de reprendre là où j'avais l'histoire en plan ^^ Personne n'a de doutes sur l'identité du nouveau personnage. On va donc découvrir si vous avez raison ou pas ;)

RGR :

Suna : Hey ! Oui ^^ Hannah a rencontré les parents Flint et j'ai essayé de rendre ça un peu bizarre mais ça n'a pas forcément marché. Et puis que ce soient ses futurs beaux-parents ^^ on verra bien... Je ne sais même pas si Torn finira bien. Et pour tes questions sur Leila, la réponse arrive dans quelques lignes, j'espère que tu les trouveras satisfaisantes :)

LeLynxBlanc : Hello ! Merci beaucoup, tu n'imagines même pas combien ta review m'a touchée... J'aime beaucoup écrire Torn mais je n'imaginais pas que quelqu'un puisse la décrire comme une des meilleures qu'il ait lu... Merci vraiment infiniment :) Quant à la suite, la voilà ! J'espère que tu l'aimeras ^^

Harry Potter appartient toujours à JKR et à Warner Bros, Torn à Natalie Imbruglia et les lieux mentionnés (hormis le Nortmai) existent tous. Si vous ne connaissez pas l'île de Skomer, je vous conseille de regarder un peu à quoi ça ressemble, ça en vaut la peine ;)

Bonne lecture !


Torn

Nothing's fine, I'm torn

XIII - Panique

.

Wherever you go, just always remember

That you got a home for now and forever

And if you get low, just call me whenever

This is my oath to you

Wherever you go, just always remember

You never alone, we're birds of a feather

And we'll never change, no matter the weather

This is my oath to you

Oath - Cher Lloyd - Sticks+Stones

.


De ma voix tremblante, je réussis à balbutier :

- Mais... Qu'est-ce que tu fais là ?

Un sourire doux étira ses lèvres pâles et s'élargit lentement.

- Ne me dis pas que tu n'es pas contente de me revoir.

Je tremblais comme une feuille morte, incapable de dire si j'étais dans un rêve ou si ma sœur jumelle se tenait bel et bien en face de moi. Ce n'était pas possible...

Je ne tins pas et lui sautai au cou, éclatant en pleurs en même temps. Non, c'était bien elle, c'était bien vrai. Je sentais sa chaleur contre moi, cette odeur des fleurs de notre jardin que je pensais ne plus jamais respirer un jour... Elle était bien dans mes bras, et mon envie impossible de la revoir était exaucée.

Sa main caressa mes cheveux lentement alors que je pleurais désespérément, agitée de spasmes incontrôlables. J'avais oublié la sensation de plénitude que procurait une étreinte de ma jumelle. Et j'avais l'impression que toutes les vannes de la culpabilité s'étaient ouvertes en l'espace d'une seconde, brisant le silence dans lequel je l'avais emmurée.

- Pourquoi est-ce que tu pleures ? murmura Leila

- Je... tentai-je de dire entre deux violents sanglots. Je... Je croyais que je ne te reverrai jamais...

Sans savoir pourquoi, je devinai qu'elle avait esquissé un maigre sourire :

- Je l'ai crû un instant aussi...

- Pour... Pourquoi est-ce que tu es revenue ?

- C'est une longue histoire...

- Non, pourquoi est-ce que tu ne... tu ne me détestes pas ?

Elle sursauta légèrement :

- Mais pourquoi est-ce que je devrais ?

Je levai mon regard brillant de larmes vers son visage et reculai pour mieux la voir :

- Leila... Je t'ai dit... Des choses... Horribles... Je...

Elle rit. Sa réaction inattendue me fit raidir violemment : elle ne devrait pas rire, elle était censée me détester pour ce que je lui avais dit.

- Hannah... sourit-elle. J'aurais commis une bien grosse erreur si j'avais pris au sérieux ce que tu as dit la dernière fois qu'on s'est vues. Tu étais en colère parce que je ne te soutenais pas, et c'est compréhensible, tu as parlé sans réfléchir. Tu n'as pas à te fustiger pour ça, c'est humain. De mon côté, je n'aurais peut être pas dû essayer de te faire changer d'avis... Après tout, je ne suis pas maîtresse de ta vie, c'était égoïste de ma part de te dissuader de faire ton chemin pour te garder avec moi.

- Tu avais raison, tu aurais dû m'attacher dans ma chambre pour m'empêcher de partir !

Elle éclata de rire :

- Et t'empêcher de grandir ? Les erreurs ne sont que des moyens d'apprendre et grandir, Han. Si tu ne t'étais pas embarquée dans cette... vie... tu n'aurais pas appris qu'il faut m'écouter plus souvent.

Elle sourit, comme pour me dire que c'était une plaisanterie et qu'elle ne m'en voulait pas le moins du monde. Mais Merlin pourquoi elle ne pouvait pas me crier dessus et me traiter d'idiote ? Ç'aurait été bien plus simple et normal !

- Han... sourit ma sœur. Ce n'est pas grave, d'accord ?

Je m'effondrai sur une chaise à côté de moi et pris ma tête entre mes mains, encore sous le choc. Ma sœur, que j'avais abandonnée de la pire des façons plus d'un an et demi auparavant, apparaissait dans une région hantée peuplée uniquement de moldus et de sept sorciers recherchés par le Ministère. Comment avait-elle su ? Est-ce que la nouvelle avait déjà été répandue ? Est-ce que d'une minute à l'autre les aurors allaient débarquer pour nous arrêter ?

Je sentis une main se poser sur mon épaule. Je levai la tête et croisai le regard de Marcus. Il me sourit, comme pour me dire que je n'avais pas à avoir peur. Est-ce qu'encore une fois il avait sondé mon âme et deviné ce qu'il se passait dans mes pensées ? Sans réponse, je lui rendis faiblement son sourire et me retournai vers ma sœur :

- Comment tu as su qu'on... Que j'étais là ?

Les quatre Flint s'assirent à la même table que moi. Leila sourit et tira une chaise pour s'assoir avec nous également. Elle croisa ses jambes et se pencha en avant :

- C'est bien simple. Justin et Ernest me l'ont dit.

Je me raidis et les Flint aussi. Je vis du coin de l'œil que les poings de Vasco et Marcus s'étaient crispés et tremblaient. Aley avait l'air de se rappeler sa promesse de leur tordre le cou, et Lyou fronçait les sourcils comme si elle se retenait de jurer un bon coup.

- Alors ils sont revenus en public... murmurai-je

- Non pas exactement. Il y a peu, ils ont débarqué chez moi -d'ailleurs je ne sais pas comment ils ont trouvé. Ils étaient tremblants, sales, effrayés comme s'ils avaient été poursuivis dans une forêt. Tout d'abord, j'ai eu peur quand j'ai vu que tu n'étais pas avec eux. J'ai crû que... J'ai pensé que tu étais morte et j'ai paniqué. Ils m'ont raconté toute l'histoire.

- Est-ce que d'autres personnes savent ? demandai-je en voyant le regard paniqué de Vasco dans ma direction

- Non. Seulement moi. Je les ai obligés à rester chez moi. Ils avaient l'air plus qu'heureux d'obéir. On avait l'impression qu'ils avaient vu des fantômes.

- Est-ce qu'ils t'ont dit pourquoi... Pourquoi ils sont partis ?

- Alors... Ils ont paniqué. Apparemment tu t'es mise à... Enfin bref ils ont dit que tu as dit des choses qui les ont effrayés à mort. Tu as aussi manqué de te noyer. Enfin bref, ils sont partis parce qu'ils ont eu la peur de leur vie.

- Les salauds, siffla Aley. Comme si c'était une raison.

- De quoi est-ce qu'ils ont eu peur ? demandai-je tristement

- Je n'ai pas compris, répondit Leila. Ils parlaient tous les deux en même temps et leurs phrases ne ressemblaient à rien. Mais je crois que c'était une histoire de mort.

- Si seulement je me souvenais de ce que j'ai dit...

- Ce n'est pas important, Han. Quand ils m'ont donné les indications pour arriver ici, je n'ai pas attendu cinq mille ans. J'ai pris leur voiture et je me suis mise en route.

- Leila, si ça se sait... Je veux dire, si quelqu'un d'autre l'apprend, on risque très gros. Peut être moi moins mais tu vois...

J'indiquai la fratrie Flint :

- Je ne suis pas seule ici.

- Je sais. Ernest me l'a dit.

- Co...

- Apparemment dans ton délire tu as parlé de Marcus et vu que tu avais mentionné les Flint pas très longtemps avant, il a fait le lien.

Je plaquai ma main sur ma bouche. Non, ça aussi ? Je croyais avoir un peu de marge pour trouver une solution qui épargne les Flint mais ils n'étaient pas plus en sécurité que moi désormais. Maudits soit Justin et sa drogue ! Si seulement je n'avais pas parlé de Vasco et Marcus avec Ernie avant, ça aurait pu passer pour une hallucination sans sens.

- Je suis une imbécile... marmonnai-je en cachant mes yeux dans mes mains

Marcus, juste à côté de moi, me donna un coup de coude :

- Ne dit pas n'importe quoi.

Je soupirai et reposai mes mains sur mes genoux. J'avais l'esprit confus par cet afflux violent d'informations. Ça n'allait pas du tout... Le mauvais pressentiment des heures comptées était bel et bien fondé. J'étais une imbécile.

- Écoute Han, reprit Leila. Pour l'instant personne n'est en danger. Il faut trouver un moyen pour que Justin et Ernest ne parlent pas aux aurors. Ils ont perdu les pédales, ce ne serait pas étonnant qu'ils le fassent. Mais comme je ne peux rien garantir, il va falloir envisager le risque de devoir évacuer en vitesse. Je ne sais pas si je peux trouver un moyen pour que...

- Leila, la coupai-je. J'ai commis beaucoup d'erreurs envers toi, je ne te demanderai pas ça.

- Je préfère te savoir en vie que tenir compte de tout ce que tu m'as dit de pas très gentil.

- Leila...

- Hannah, laisse-moi t'aider.

- Non. Ce n'est pas la peine de te mettre en danger aussi.

Elle leva les yeux au ciel et j'en profitai pour la distraire :

- Est-ce que tu comptes le dire à Papa et Maman ?

Elle me regarda tristement :

- Papa je ne sais pas... Mais Maman n'est plus là pour que je le lui dise.

Ses mots me frappèrent en pleine poitrine, me coupant brusquement le souffle et accentuant mes tremblements. Ma mère était morte... Ce n'était pas possible... Non, pas ça ! Non ! Je venais à peine de la comprendre et elle était partie avant que j'ai eu l'occasion de le lui dire...

- C'est une maladie qui l'a emportée, expliqua Leila. Ça fait déjà trois mois... Elle m'a laissé une lettre pour toi en disant : donne-la lui si jamais tu la revois un jour. Je l'ai amenée avec moi. Je sais que tu la détestais mais si tu veux lire la...

- Oui. Je veux la lire.

Elle mit sa main dans la poche de son pantalon et en sortit un morceau de parchemin plié en quatre. Elle me le tendit avec un sourire désolé sur les lèvres. Je pris la lettre avec une main encore tremblante. Je la dépliai et la lus avec appréhension. La main de Marcus se posa sur mon épaule comme pour me rassurer et m'encourager.

Ma très chère Hannah...

Si tu lis cette lettre c'est que Leila t'a retrouvée. Combien de temps est-ce que tu as été loin de moi, ma chérie ? En quelle année sommes-nous ? À quoi ressembles-tu maintenant ? Es-tu enfin heureuse ? J'ai tant de questions et si seulement il me restait encore assez de temps pour entendre tes réponses... Quand le Médicomage a annoncé qu'il me restait tout au plus une semaine, je me suis précipitée sur la première plume. Je ne veux pas quitter ce monde sans avoir l'espoir qu'un jour tu saches tout. Je suis tellement désolée... Je suis une mère si mauvaise et pitoyable ! Merlin si seulement je pouvais remonter le temps et tout changer mais c'est le temps que je n'ai plus maintenant. Oh si seulement je pouvais voir ton visage une dernière fois... Tu n'imagines même pas combien de nuits j'ai passées debout à pleurer tant tu me manquais. Oh un an c'est trop long pour une mère sans son enfant... J'ai été si horrible et peut être que tu ne sauras jamais pourquoi. Je ne veux pas que tu me pardonnes. Je n'ai jamais su sortir de l'éducation que j'ai reçue. Je n'ai jamais su comment exprimer ce qui était dans mon cœur plutôt que ce que l'esprit modelé par ma famille me dictait. Non je n'ai jamais pu, ni ton père si c'est pour ça. J'ai compris quelle erreur c'était quand les parents de tes amis ont débarqué à la maison, en pleurant, et ont annoncé votre disparition. Et Leila qui savait... Elle ne me l'a pas dit parce qu'elle a pensé que tu n'aurais pas voulu qu'elle le fasse. Ce jour là, toute ma vie m'est passée devant les yeux, toutes mes erreurs ont fait surface et j'ai craqué. Ton père et moi avons cherché désespérément de partout pour te retrouver, abandonnant notre carapace. Ainsi il a fallu qu'on te perde pour que l'amour prévale sur l'éducation... Oh Hannah... Si seulement tu étais là près de moi alors que je pleure et meure. J'aimerais regarder une dernière fois dans tes yeux bleus et te dire combien je t'aime et combien j'aurais aimé te le dire avant. Oh ma chérie... Je n'ai plus l'espoir de te revoir un jour mais s'il te plaît, fais-moi la promesse d'être un jour une bien meilleure mère que moi. Je t'aime si fort que j'ai peur de ne pas avoir dit dans cette lettre tout ce que mon cœur ressent. Je t'aime Hannah.

À jamais... Ta mère.

Je posai la lettre sur la table, prête à pleurer. Ma mère était morte et je n'avais pas pu la voir une dernière fois avant. Mon cœur était comme en train de s'émietter alors que l'espoir de ne plus jamais le briser était revenu. Ma mère était morte. Elle était partie. Définitivement.

Ma vision se brouilla et seulement quand je sentis quelqu'un essuyer mes joues, je compris que c'était parce que je pleurais. Je tournai vers la droite et croisai le regard de chat de Marcus. C'était lui qui avait effacé mes larmes et maintenant il tentait de me communiquer un message dans son silence. Ne t'effondre pas, on est là. Je suis là.

- Elle n'a plus parlé après ça, dit Leila en désignant la lettre. Peut être qu'on peut considérer ça comme ses derniers mots.

- Je suis tellement désolée... murmurai-je faiblement

- Tu n'as pas à l'être. Tu n'as rien fait.

- Elle... Elle est partie sans savoir que j'ai changé.

Leila sourit :

- Maintenant elle peut te voir tout le temps et sais tout ce qu'elle ne savait pas avant. Dis juste les mots et elle les entendra, je t'assure.

- Et maintenant ? Qu'est-ce qui va se passer ?

Cette question était plus pour les Flint que pour ma sœur. Et justement, ce fut Lyou qui y répondit. Elle se leva :

- Maintenant il va falloir s'organiser. On ne peut pas se permettre d'être imprudents désormais. Il faut faire en sorte que personne ne sache.

- Ça je peux m'en occuper, dit Leila. Si je rentre sur le champ il ne sera peut être pas trop tard. Et si jamais les choses dérapent je peux avertir.

- Leila...

- Hannah, ne t'en fais pas. Si ton choix c'est cette vie, je ferai tout pour que tu ne risques rien. J'ai déjà fait l'erreur d'essayer de t'influencer et crois-moi je ne le ferai plus.

- Est-ce que ça veut dire que tu penses que je fais une erreur ?

Son regard passa de moi à Marcus à sa main posée sur mon épaule et revint sur moi. Elle esquissa un grand sourire sincère :

- Non. Ce n'en est pas une. Et tu as le droit de me croire cette fois.

Elle se leva et sortis les clefs de la voiture de Justin de sa poche. Elle passa sa main dans ses cheveux avant de s'accroupir devant moi et de me prendre dans ses bras. Je fermai les yeux en passant ses bras autour de son cou. Après un long moment, elle détacha et me regarda :

- Je t'aime très fort, Hannah... Je suis contente d'avoir pu te retrouver.

- Moi aussi, Leila.

Elle sourit à nouveau et se leva. Elle me fit un signe de main et avant que je n'aie pu dire quoi que ce soit, elle pris la direction de la porte. Je vis la voiture dans laquelle j'avais passé la Bohème disparaître dans l'allée peu après. Je n'avais pas demandé à Leila où elle avait appris à conduire mais j'allais sûrement avoir l'occasion de lui poser la question. Non, je n'en resterais pas là.

- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda Aley avec appréhension

- On a pas de temps à perdre, dit Lyou avec détermination. On doit s'organiser en cas d'urgence. Préparez la table. Marcus, viens avec moi. On va chercher Papa et Maman.

Marcus se leva, me caressa la joue et suivit sa sœur en direction des escaliers. Je venais à peine de retrouver un semblant d'équilibre et voilà que tout s'ébranlait à nouveau. Allais-je un jour découvrir ce que ça faisait d'être en paix ? Peut être que non en fait... Je ne savais pas du tout quoi m'attendre du futur.

Je me levai, réalisant qu'Aley et Vasco étaient déjà au travail. Ils avaient déjà collé deux tables et pris sept chaises. Je me précipitai derrière le comptoir pour passer le bon nombre de couverts à Vasco. Je lui donnai aussi des assiettes, des verres et des serviettes ainsi que des bouteilles d'eau. Aley disparut en cuisine pour chercher les restes de la journée que nous allions manger. Elle revint et posa tout sur la table.

Lyou et sa mère apparurent alors dans mon champ de vision. Je fus frappée par leur ressemblance alors. Pas physiquement pourtant. C'était sans doute parce que d'une manière ou d'une autre elles avaient toutes les deux eu le même rôle dans leur vie : la mère de la fratrie. Elles étaient suivies de Marcus qui soutenait son père, ayant passé un bras autour de son cou. Il le posa sur une chaise à table et en prit une autre pour installer sa jambe invalide.

- Ça va ? me demanda Marcus en me voyant immobile

J'opinai sans ouvrir la bouche. Je ne savais plus trop où donner de la tête. Je venais à peine de revoir ma sœur jumelle, d'apprendre la mort de ma mère et de voir tous mes espoirs s'envoler. J'avais tellement peur que la fin approche. Je ne voulais pas perdre les Flint, je voulais juste pouvoir vivre en paix enfin.

Marcus s'approcha de moi et me rejoignit pour m'entourer de ses bras. Il me serra contre lui le plus fort qu'il pouvait et je fermai les yeux, laissant son odeur envahir mon esprit. Sa chaleur me procura un faible semblant de soulagement. Il me berça lentement en marmonnant ce qui ressemblait à une chanson. Je ne perçus que quelques mots mais ça paraissait être une histoire assez triste. J'ouvris les yeux et me dressai sur la pointe des pieds pour enrouler mes bras autour de son cou.

- Je suis désolée... murmurai-je à son oreille

- Mais de quoi ? dit-il à voix tout aussi basse

- À cause de moi vous êtes en danger.

- Non, non... Ne t'en fais pas. On l'était tout autant avant.

- N'essaie pas de me trouver des excuses, ça ne fait pas déculpabiliser...

Il soupira et prit mon menton entre ses doigts, collant son front au mien. Son souffle était juste contre ma bouche, ses yeux magnétiques plongés dans les miens et son autre main dans mon dos. Je n'arrivais pas à me souvenir de la dernière fois qu'une telle proximité physique s'était installée entre moi et un homme. Peut être quand Justin m'avait embrassée mais ça n'avait pas été agréable à cause de son haleine de cigarette. Non, cette fois ce n'était pas désagréable. Juste un peu déstabilisant à cause du souvenir des lèvres de Justin sur les miennes, qui n'aurait pu être effacé que si Marcus refermait le peu de marge qui nous empêchait de nous toucher.

- Hannah... murmura-t-il en m'envoyant son souffle dans la bouche. Je ne te cherche pas d'excuses. Tu n'as rien fait de mal et personne ne t'en veut. On se serre les coudes depuis longtemps déjà et on continuera à le faire. La priorité c'est survivre et on va tout donner pour y arriver. D'accord ?

J'opinai, sentant mes yeux s'embuer. J'étais encore une fois en position de faiblesse... Mais quand est-ce que j'allais arrêter d'être la Hannah fragile de toujours ? Je voulais être un peu forte maintenant. Je devais garder la tête sur les épaules, je ne pouvais plus me permettre de m'effondrer.

- Marcus... chuchotai-je. Comment est-ce que je peux être forte ?

Il resta silencieux un instant, si bien que je crus qu'il ne m'avait pas entendue. Mais ses lèvres finirent par s'étirer en un de ses habituels petits sourires amusés :

- En te rendant enfin compte que tu l'es déjà.

- Quoi ?

- Tu as eu la force d'avancer, au lieu de choisir la voie facile que je ne citerai pas. Pour moi tu n'es pas faible, et crois-moi tu vas bientôt le prouver.

Il me sourit et je sentis la confiance revenir. Je me réchauffai instantanément et je souris à mon tour, incapable de ne pas le lui rendre.

- Hé ! nous appela Vasco. Vous venez ?

Je me retournai et vis qu'ils étaient tous à table. On n'attendait que nous deux. Marcus prit ma main et m'entraîna derrière lui. Nous nous assîmes sur les sièges libres, l'un en face de l'autre. Aley me sourit et me donna une assiette. Je mourais de faim mais la visite de ma sœur m'avait distraite de mon estomac. Je me mis à manger -ou dévorer en fonction du point de vue.

- Bon, lâcha Lyou après un long moment de silence quasi total. Il est temps de s'organiser. D'une minute à l'autre, on doit s'attendre à devoir s'enfuir le plus vite. Je propose donc de rassembler toutes les affaires qu'on ne peut pas laisser ici et les charger dans la voiture dès ce soir.

- Oui, approuva Marcus. Et on devrait aussi faire attention à ne jamais se déplacer si on est pas tous les sept. En cas d'urgence, on doit pouvoir quitter les lieux sur le champ.

- C'est vrai, fit Vasco. Mais on doit faire attention la nuit surtout. Ils pourraient arriver alors qu'on dort.

- On devrait dormir ailleurs, proposai-je sans trop réfléchir

- Oui ! s'exclama Aley en lâchant ses couverts. On devrait fermer le bar jusqu'à ce qu'on sache qu'on a plus rien à craindre. En attendant, on peut dormir au Lobster. C'est vide ce mois-ci.

Monsieur Flint hocha la tête vivement :

- On devrait se mettre au travail dès maintenant.

Lyou, qui n'avait pourtant fini son assiette, se leva et se dirigea vers la caisse. Elle la vida et disparut sous le comptoir là où se cachait la boîte avec tout l'argent du mois. Quand elle réapparut, elle avait tout rangé et se dirigeait vers la pièce adjacente où entre autres se trouvaient le coffre avec tout l'argent. Ils ne voulaient pas le mettre en banque à cause de l'éventualité que ça puisse laisser de leurs traces, m'avait expliqué Aley. Bon, ils n'avaient jamais été cambriolés heureusement.

- Je crois qu'on va effectivement se mettre au travail, rit Vasco en se levant à son tour

L'un après l'autre, nous laissâmes notre chaise, sauf Monsieur Flint. Nous remontâmes tous dans nos chambres prendre ce qui était absolument nécessaire. Je mis les lettres que Justin m'avait cachées dans ma poche, mon ancien sac à dos où je mis des vêtements propres et le médicament Moldu. J'attrapai aussi la guitare même si je ne savais pas à quoi ça allait me servir. Je descendis au rez-de-chaussée où Lyou et sa mère avaient déjà fait une pile de ce qu'elles y avaient récupéré. Je remontai aussitôt et me précipitai vers la chambre de Marcus et Vasco.

Je manquai de heurter le cadet, qui se dirigeait vers les escaliers avec des couvertures et des vêtements d'homme. Il me sourit et j'entrai là où se trouvai encore son frère aîné. Il était accroupi au sol, le sac à dos de cet après-midi entre ses jambes. Il avait déjà mis pas mal de choses dedans et avait les cadres de photos figées entre ses mains. Je m'agenouillai à côté de lui et il leva le regard.

- Déjà fini ?

- Je n'ai pas beaucoup d'affaires personnelles. Je suis venue t'aider.

Il me montra la photo de Mélissa :

- C'était elle... Mélissa, la seule femme dont je n'aie jamais été amoureux.

- Elle est magnifique, dis-je en souriant tristement. Vraiment.

Il étouffa un rire :

- Et c'est toi qui dit ça...

- Quoi ?

- Tu t'es déjà vue dans un miroir ? Tu es peut être plus jolie qu'aucune fille que j'ai croisé dans ma vie.

Pour l'empêcher d'aller plus loin, je désignai la photo qui m'intéressait le plus. Celle de l'enfant aux immenses yeux verts qui hantait mes rêves depuis une date que je n'étais pas capable de désigner :

- Qui est-ce ?

Il regarda le cliché que je lui montrais et rit :

- C'était moi quand j'étais vraiment très petit.

- Tu... Tu étais blond ?

- Je suis né blond. Après cinq ou six ans environ je suis devenu brun. Vasco et moi étions des sosies à une époque.

- Même maintenant vous n'en êtes pas loin. Marcus... Tu te souviens de ce que je t'ai dit ce matin sur mon cauchemar récurrent ?

- Un enfant mort aux yeux verts ?

- Oui. Il ressemble exactement à ça.

Il eut l'air confus, à la manière dont son regard se posa sur la photo de lui enfant. Il entrouvrit la bouche sans pourtant en sortir un mot. Il était visiblement en train d'essayer de trouver un rapport possible. En attendant qu'il puisse dire quoi que ce soit, je rangeai les autres cadres dans son sac.

- Je ne suis pas mort... lâcha-t-il comme si ce n'était pas évident. Alors ça ne peut pas être moi, non ? Mais je n'ai pas d'autre frère que Vasco, donc... Non je ne sais pas du tout.

- Je ne me souviens même pas si j'ai vraiment trouvé un cadavre d'enfant, alors je pourrais très bien l'avoir créé de toutes pièces dans mon sommeil.

- Mais qu'il soit exactement comme moi ? Non, il y a plus derrière ça. Il faut que j'y réfléchisse plus attentivement. En attendant, je dois rassembler toutes mes affaires.

Il se leva et prit son sac. En une dizaine de minutes, il fit le tour de sa chambre, passant par chaque tiroir, chaque boîte et même sortant des carnets de sous son lit. Il remplit son sac et prit une boîte à la main. Il refusa que je l'aide à porter tout ça d'une simple bise sur la tempe qui me fit rougir inexplicablement.

Nous descendîmes tous les deux au rez-de-chaussée où il déposa ses affaires avec celles des autres. Vasco et Lyou étaient en train de commencer le chargement de la voiture. Marcus se joignit à eux et sa sœur aînée me demanda si je pouvais aller aider Aley et sa mère à l'étage. J'acceptai et remontai jusqu'au grenier. Madame Flint avait les bras chargés avec des cartons pleins de vêtements ou de matériel médical. Aley faisait le tri dans toutes les caisses qui encombraient la pièce.

- Qu'est-ce que c'est ? demandai-je à la blondinette

- Toutes nos affaires magiques, répondit-elle avec un sourire neutre. Il y a les balais, les baguettes, les vieux manuels d'école...

- Tu veux de l'aide ?

- Oui merci. Est-ce que tu peux prendre la petite boîte à tes pieds ? Ce sont toutes les baguettes de tout le monde. Il y a la tienne dedans aussi.

Je m'exécutai alors qu'elle soulevait un gros carton. Elle me désigna deux autres boîtes sur le sol :

- Tu peux porter celles-ci aussi ?

Je fis comme elle m'avait demandé et toutes les deux suivîmes sa mère dans les escaliers pour descendre au rez-de-chaussée. Marcus venait à peine de revenir d'un chargement.

- Votre voiture est assez grande pour tout ça ? demandai-je

Il sourit et opina. Il me prit toutes les boîtes des bras, sans faire attention à mes protestations. Alors comme ça il ne voulait pas que je l'aide mais me forcer à être aidée ? Je souris et pris tout de même un sac à dos qui s'avéra être le mien. Nous allâmes mettre tout dans la voiture. Lyou avait l'air tellement concentrée qu'elle en faisait presque peur. Quand Aley et Madame Flint débarquèrent avec les dernières affaires, elle eut l'air satisfaite. Une fois la voiture définitivement chargée, elle referma la porte du coffre et les portières.

- C'est bon, soupira-t-il avec un demi-sourire. Je ne sais pas comment on pourra se débrouiller pour les vivres à emporter en cas d'urgence.

- On ne devrait pas laisser ici la nourriture et les boissons qu'on a en réserve, dit Aley. Je vais les prendre. On devrait avoir des sacs conservants.

- Bonne idée. Il faut qu'on fasse monter Papa dans la voiture en premier.

- Il y a assez de place pour sept ? demandai-je

- Non mais on peut s'entasser. Si deux personnes montent sur les genoux de deux autres, on devrait rentrer.

- Qui conduit ? voulut savoir Vasco

- Moi, proposa Lyou. On met Papa à côté de moi parce que c'est là où il y a le plus de place. Maman se met derrière au milieu et les garçons vous pouvez prendre Aley et Hannah sur vos genoux.

Aux hochements de tête, le plan de Lyou fut approuvé. Marcus et Vasco rentrèrent au Nortmai pour amener leur père. Ils le soutinrent jusqu'à la voiture puis l'aidèrent à monter sur le siège passager. J'allais sans doute demander ce qui lui était arrivé.

Lyou sortit les clefs de sa poche et se dirigea vers la place du conducteur. Madame Flint ouvrit la portière derrière et s'installa sur le siège du milieu. Aley et Vasco disparurent de l'autre côté ce qui ne laissait que Marcus à droite et moi sur ses genoux. Je ne m'en plaignais aucunement même si on était vraiment très serrés.

- Dites au revoir au Nortmai, fit tristement Lyou. On ne sait pas si on y retournera un jour.

Ces mots créèrent une boule dans ma gorge et une violente envie de pleurer. Tout ce qui était solide s'effondrait à nouveau et une fois de plus, je voyais tous les morceaux partir en éclat. C'était de ma faute... Rien de tout cela ne serait arrivé aux Flint si je n'avais pas débarqué dans leur vie.

Lyou alluma le moteur et appuya sur la pédale d'accélérateur. Je regardai le Nortmai s'éloigner dans le rétroviseur. Et tout à coup, dans le reflet inversé des lettres je compris que ce n'était pas un hasard si j'étais tombée ici. Non, c'était l'ordre des choses et je n'avais pas à m'en vouloir. C'était une œuvre du destin. Je devais retrouver les Flint.

Lyou tourna sur la gauche et prit la direction de Marloes. Marcus me colla contre lui et je fermai les yeux quand ma tête se trouva sur son épaule. J'avais le cœur qui battait beaucoup trop vite, la peur ayant pris le dessus sur les tentatives de ma conscience pour me rassurer, ces dernières minutes.

En moins de deux heures, tout avait basculé. Ma sœur m'avait retrouvée, ma mère avait disparu et l'insécurité redevenait maîtresse de ma cavale. Une chose pourtant était solide et il fallait tout faire pour qu'elle le reste : la famille Flint.

On ne me reprendrait plus à baisser les bras, à sombrer. Survivre était devenu plus essentiel que de me préoccuper des malheurs de mon cœur. J'avais une raison de vivre et d'aller de l'avant. Les bras de Marcus étant autour de moi, je me fis une promesse : à partir de ce jour, je n'étais plus Hannah Abbott, la Pouffsouffle naïve et éternellement enfant. J'étais moi.

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Ceci n'est pas un chapitre, c'est un bloc...

Bref, qu'est-ce que vous en pensez ? Vous aimez le personnage de Leila ? J'ai peur de trop poser de questions, au cas où je lâche une information importante... Mais est-ce que la fin donne encore envie de connaître la suite ?

D'ailleurs j'en profite pour m'excuser, j'ai l'impression d'écrire toujours les mêmes choses dans les intro et notes d'auteur :( J'espère qu'on ne me trouve pas ennuyante...

En tous cas, à la semaine prochaine pour le chapitre 14 ! Et ATTENTION (surtout pour les Guests si vous avez l'habitude de regarder le samedi ou le dimanche) : la semaine prochaine je publierai soit en avance soit en retard (donc vendredi ou lundi d'après). Merci quand même :)

Bonne semaine !

ACSD