Hey ! Comment ça va ?

C'est les vacaaaaaaaances ! Trois mois et après c'est la Première ! Wow ! Ehm, je vais peut être me calmer ^^ Mais je suis tellement contente que je ne peux pas m'en empêcher :) Vous m'excuserez j'espère.

J'ai officiellement décidé de la fin de Torn :)

1500 vues dépassées O.O Je vous adore tous !

Je m'excuse de n'avoir rien posté sur Brotherky Secrets depuis des lustres mais depuis que j'ai commencé à écrire la 2ème année, ça prend des siècles à préparer... Mais c'est les vacances alors je vais y remédier. Peut être la semaine prochaine ?

Allez ! Je pense que je ne vais pas vous ennuyer trop longtemps avec mon intro, on a une histoire à poursuivre ^^

RGR :

LeLynxBlanc : Hey ! Merci, ce que tu as dit dans ta review m'a vraiment fait plaisir :) Si tu trouves Hannah et Marcus mignons ensemble, j'espère que tu aimeras ce que j'ai prévu pour eux dans ce chapitre ;) Je ne t'en dis pas plus, je te laisse découvrir en espérant que le chapitre sera à la hauteur de tes attentes :) Merci encore mille fois et à bientôt j'espère !

Harry Potter appartient toujours à JKR et à Warner Bros, Torn à Natalie Imbruglia et les lieux mentionnés (hormis le Nortmai) existent tous.

Bonne lecture !


Torn

Nothing's fine, I'm torn

XV - Cage


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You make me glow, but I cover up

Won't let it show, so I'm

Puttin' my defences up

'Cause I don't wanna fall in love

If I ever did that

I think I'd have a heart attack

Demi Lovato - Heart Attack

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Je n'avais jamais été spécialement proche de ma mère. Ni de mon père en réalité. Mais ce n'était pas une raison pour ne pas me rappeler de chaque moment passé avec elle dans les parages. Elle était du genre à observer les gens fixement, à vouloir maladivement tout contrôler, même la vie des autres. Elle était angoissante et oppressante, c'était profondément désagréable de rester près d'elle. Je ne l'avais pas mesuré jusqu'à mes quatorze ans, quand je m'étais vraiment rendue compte que j'étouffais chez moi.

C'était pendant les vacances de Noël et j'étais avec Leila dans le jardin enneigé. Chaque fois que ma sœur prenait la parole, je lançais un regard involontaire vers la maison, effrayée à l'idée de voir le visage de ma mère qui nous fixait. J'étais sur mes gardes, si tendue que j'en avais mal aux muscles.

- Hannah ? Ça va ?

Je n'avais pas répondu parce que j'avais aperçu mes parents qui sortaient dans le jardin, raides comme à leur habitude. Ils ont appelé Leila. Elle s'est excusée et les a rejoints, me laissant seule au milieu du vent glacial. Je m'étais effondrée à genoux dans la neige quand j'avais entendu la porte se fermer. Et je m'étais mise à pleurer, quelques instants avant de me faire happer par une crise d'autophobie.

Revenir à la maison avait commencé à être un cauchemar après ça. Mes parents voulaient toujours parler à Leila, résultat je me retrouvais constamment en proie à ma plus grande peur. J'avais pris l'habitude de disparaître dans la campagne où les villages alentour, luttant contre mes crises toute seule. Leila avait découvert mon secret lors d'un de mes isolements. Elle avait remarqué que je n'étais pas dans la maison et m'avait cherchée partout. Elle m'avait retrouvée dans un champ vide où je me tortillais dans tous les sens, m'étouffant toute seule. Elle s'est jetée sur moi, prise de panique, et après m'avoir calmée avait osé poser la question :

- C'était quoi ça ?

- Rien, avais-je grogné. Retourne à la maison et laisse-moi tranquille.

- Tu plaisantes j'espère ! Je viens de te voir quasiment te tuer et tu veux que je fasses comme si c'était normal ?

- Oui.

- Hannah. Qu'est-ce qui t'a pris ?

- Rien !

- Allez viens. On va le dire à Maman.

- Non ! Qu'elle aille au diable !

Leila avait alors soupiré :

- Bon. Depuis quand ça arrive ?

- Un moment.

- Longtemps ?

- Oui.

- Combien ?

- Avant qu'on entre à l'école elles étaient moins récurrentes. Maintenant c'est presque tout le temps.

- Tu l'as dit à quelqu'un ?

- Non.

- Et tu n'as pas pensé que tu aurais dû ?

- Leila. Personne n'en a rien à faire alors pourquoi est-ce que je devrais en parler ?

- Je suis ta sœur. Je tiens à toi. Je ne veux pas que cette chose te tue, compris ? Qu'est-ce qu'on peut faire pour l'empêcher ?

- Ça n'arrive que quand je suis complètement seule. C'est une crise de panique, c'est tout.

Leila avait tout fait à partir de ce moment-là pour me laisser le moins possible seule à la maison. Mais avec ma mère et mon père dans les parages, ça ne servait absolument à rien. Ils la prenaient à l'écart et lui parlaient de projets, d'études, d'avenir... Tous ces choses dont j'étais exclue. Alors un jour, j'avais pris ce que j'avais de courage et d'épuisement et j'étais allée voir ma mère. Je lui ai annoncé que j'allais finir l'été chez Susan. Elle n'a pas répondu mais c'était juste pour ne pas dire "bon débarras".

Ça avait été la décision la plus sensée de toute ma vie. J'avais abrégé mes souffrances, devenant pendant l'été un membre quasiment permanent de la maison Bones. Leila avait compris pourquoi je le faisais et ne m'en avait jamais parlé.

Mais maintenant ma mère n'était plus là et jamais je n'allais pouvoir lui reparler, lui demander ce qu'elle ressentait vraiment lors de nos disputes ou quand je m'enfuyais dans ma chambre en pleurant parce qu'elle m'avait blessée. Ou pourquoi à Noël je ne recevais que des cadeaux de mes amis, de Leila et de mes oncles, tantes ou cousins.

Mon père était toujours là malgré tout. Il était ma dernière chance d'obtenir des réponses, de pouvoir discuter véritablement même juste un court moment. Je voulais comprendre. Mais par-dessus tout je voulais pardonner.

- À quoi tu penses ?

Je levai la tête vers Aley. Nous étions tous dans la salle à manger du Lobster Pot. Lyou et Brin étaient dans leur coin et parlaient depuis ce matin. Ils avaient apparemment un sacré paquet de choses à se dire. Marcus et Vasco aidaient Awen et Neil à nettoyer un peu le local. Les parents Flint étaient là aussi. Quant à Aley et moi, on surveillait l'extérieur depuis les fenêtres. Je m'étais distraite quand mes doigts avaient senti la lettre de ma mère dans ma poche.

- À ma mère, répondis-je

- Je suis désolée.

- Non ça va. Je dois juste me faire à l'idée que la vie n'est vraiment pas un conte de fées.

- Ça dépend pour qui. Si tu penses à certaines personnes, tu te dis que le sort a ses favoris. Regarde... Il y a des gens qui vivent très bien.

- Tu crois qu'on peut s'en sortir ?

- Sincèrement ? Je n'en ai pas la moindre idée. On a des chances plus proches de zéro que d'autre chose. Si on est extrêmement -inhumainement- chanceux, on peut y arriver.

- Est-ce que la chance existe vraiment ?

- Non. C'est juste une façon de parler. Ce que je veux dire c'est qu'on ne peut pas s'en sortir à moins que...

- Que ?

- Qu'on trouve la solution inespérée que je n'arrive pas à imaginer en ce moment.

- On n'est même pas sûr qu'on va nous trouver.

- Hannah... Leila s'absente plus d'une demie-journée de sa maison où elle a laissé deux gars qui ont perdu les pédales et qui sont donc potentiellement susceptibles de faire n'importe quoi. Ça ne m'étonnerait pas que le Ministère sache déjà.

- Mais ça veut dire que... Que Leila n'aura jamais le temps de nous avertir.

- Exact. Alors à moins qu'ils ne nous trouvent pas ici tout de suite, on est finis.

- Pourquoi on ne peut pas s'enfuir tout simplement ?

- Tu as déjà fait l'expérience de la cavale donc tu sais que ça ne mène à rien. On s'enfuira quand on aura plus le choix. Je t'avoue que j'ai l'impression que toutes les solutions sont désespérément vouées à l'échec mais baisser les bras ne fait pas partie des choses que je fais.

- Contrairement à moi...

- Contrairement à la Hannah qui a débarqué au Pembrokeshire i peu près un mois, tu veux dire. Depuis que tu es là tu as beaucoup progressé en estime personnelle. Je n'irais pas encore jusqu'à dire que tu n'es plus la même. Mais c'est très bien ce que tu as fait. À ce propos... Je voulais te remercier. Pour mon frère. Je ne pensais pas qu'un jour je le reverrais avec son sourire de quand Mélissa... Enfin bref.

- Quel sourire ?

- Oh ne joue pas à celle qui ne sait pas. Regarde-le.

Je tournai la tête vers Vasco et Marcus. Les deux frères se taquinaient gentiment en pliant des serviettes. Vasco envoyait les pétales sur les nappes au visage de son aîné qui éclatait de rire. Marcus remarqua alors que je le regardais et m'adressa un immense sourire lumineux et sincère.

- Ce sourire.

Je regardai Aley à nouveau :

- Tu crois que si je n'étais pas venue il serait redevenu comme ça ?

- Aucune idée et personnellement je ne veux pas le savoir. Je sais que maintenant je peux revoir mon frère comme je l'aime le plus et que c'est grâce à ce que tu as fait pour lui. Je n'ai pas besoin de me torturer avec des "si" et des "mais".

- Tu es incroyable.

- Non. Ça c'est faux. Mais je sais que le temps est compté et je ne m'encombre pas de ce qui ne me sert pas.

- Je devrais faire pareil.

Elle rit. Je soupirai :

- Tu crois que Brin est au courant de quoi maintenant ?

- Si je connais Lyou aussi bien que ce que je pense, il ne sait encore rien et elle tourne autour du pot pour ne pas trahir son esprit de calcul, de réflexion logique. Elle est très... bloquée quand il s'agit de s'épancher.

- Mais de quoi est-ce qu'elle a peur ?

- Elle dit que c'est pour ne pas le mettre en danger mais tu sais, la vérité c'est surtout qu'elle ne se résout pas à l'idée que c'est quasiment certain qu'un jour on s'en aille d'ici et qu'on ne revienne jamais. En tout cas certainement pas vivants.

- Parce qu'elle tient à Brin, c'est ça ?

- En grande partie c'est pour ça. Tu sais, elle a toujours eu un de peu mal avec les hommes. On ne peut pas nier qu'elle soit belle mais même si ça va te paraître surprenant c'est la chose qui l'intéresse le moins. Quand elle a découvert que certaines personnes ne l'aimaient que pour son apparence physique, elle l'a très mal pris. Elle a fermé la porte aux hommes autant qu'elle pouvait. D'ailleurs Marcus a commencé à jouer les frères protecteurs pour ça. Personne n'avait à toucher à Vasco, Lyou, Mélissa ou moi quand je suis entrée. Tu sais comment il est...

Je souris. Awen, le Moldu qui avait tout appris à Marcus s'approcha de nous avec un sourire chaleureux sur le visage :

- Tout va bien, les jeunes ?

- Oui, répondit Aley en souriant aussi. Tout va bien.

- Euh monsieur ! sursautai-je. Est-ce que par hasard vous pourriez m'aider ?

- À faire quoi ?

- Oh pas à faire, à comprendre. Vous vous y connaissez en médicaments ?

- Oh seulement la base. Mais chez Neil on est médecin de père en fils.

- Il s'est révolté ?

- À la sortie de l'université seulement.

Je plongeai ma main sous la table. Je voulais avoir mon sac à dos à portée de main en cas de départ très précipité. Je le posai sur mes genoux et fouillai dedans pour en sortir une boîte blanche. Je la posai sur la table :

- Je me demandais ce que c'était. Un ami l'a... oublié.

Awen prit la boîte, l'ouvrit et en sortit un autre emballage.

- Neil ! appela-t-il alors

L'intéressé arriva au bout de plusieurs secondes. Awen lui tendit le médicament, que le plus jeune prit avec un haussement de sourcils :

- Je ne pensais pas en revoir de ma vie. Mon frère a fait un traitement comme ça.

- Qu'est-ce que c'est ? demandai-je

- C'est un accompagnement de traitement pour l'arrêt de consommation de drogue. C'est pour éviter les crises de manque. Ces choses-là ne peuvent être données que par des médecins sur prescription précise et à des toxicomanes généralement.

Je plaquai ma main sur ma bouche. Aley fronça les sourcils :

- Alors comme ça le crétin de service avait ça avec lui...

- Pourquoi il me l'a laissé alors ?

- Awen ? Est-ce que le LSD cause une dépendance ?

- Non. Pourquoi ?

- Pour rien. Dis-moi, Han, tu es sûre d'avoir bien connu ton ami ?

Je n'arrivais plus à faire sortir un seul son de ma bouche. Je n'en revenais pas de toutes les choses que j'apprenais sur Justin peu à peu. Pourquoi est-ce que j'avais pensé que ce garçon était un ange ? C'était le contraire absolu. Il avait plus de secrets que n'importe qui dans ma vie et le pire c'était que tout ces secrets étaient noirs.

Aley posa sa main sur mon épaule et rangea le médicament dans le sac à dos. Awen et Neil s'excusèrent et s'en allèrent vers les cuisines. Mais Aley et moi ne restâmes pas seules longtemps. Les deux frères qui rangeaient les serviettes s'effondrèrent sur les chaises à côté de nous en soupirant.

- J'ai dû ranger cinq cent serviettes ! grogna Vasco

- C'est plus que la population de Marloes, plaisanta Aley en lui ébouriffant les cheveux

Marcus me regarda et remarqua immédiatement que quelque chose n'allait pas. Je devais sûrement avoir les yeux très éloquents pour lui car il passait son temps à sonder mon âme, apparemment. Il attrapa ma main et se mit à genoux sur le sol, ses yeux verts qui m'effrayaient plantés dans les miens :

- Parle. Dis-moi ce qui te tracasse.

- La vérité, murmurai-je. C'est que j'ai l'esprit torturé par tellement de choses...

- Tu veux m'en parler ou tu préfères le garder pour toi ?

J'osai enfin soutenir son regard :

- Je... Je veux t'en parler.

Il se leva et me tira de ma chaise. Il adressa un signe d'excuse à son frère et à sa sœur avant de m'entraîner derrière lui. Il entra dans les toilettes des hommes et ferma la porte à clef dans son dos. Je voulus faire un commentaire dubitatif mais il enchaîna avant que je n'y arrive :

- Ici personne ne nous dérangera. Vas-y, tu peux y aller.

Je me laissai tomber au sol, des larmes solitaires striant mes joues. J'avais fait mon possible pour rester forte. Mais je n'arrivais pas à lui mentir :

- Je n'en peux plus de ma tête. J'ai tellement peur, tellement mal, je sens encore toute la culpabilité envers ma famille et vous, toute la douleur de ce que Justin m'a fait... J'ai récemment appris qu'il m'a laissé ses médicaments contre la dépendance. Ça fait juste une autre question qui s'ajoute à un milliard d'autres et je n'en peux plus de n'avoir aucune réponse !

- Hannah... Pose une de ces questions.

- Pourquoi Justin a autant de secrets ?

- Je n'ai peut être pas cette réponse mais j'en ai une autre. Tu ne devrais pas te torturer par rapport à un type trop instable pour toi. Tu as fais les frais de ton affection mais surtout parce que le problème ce n'est pas toi, Hannah. Toi tu vas très bien, dans ta tête. Le problème c'est lui. Tu te détruis pour quelque chose qui n'est pas de ta faute.

- Marcus...

- Une autre question.

- Est-ce qu'on a un futur ?

Il y eut un long moment de silence insupportable. Marcus baissa le regard au sol, comme s'il avait peur que je lise dans ses yeux. Il resta ainsi longtemps avant de me regarder à nouveau et répondre :

- Je ne sais pas du tout.

- Dis-moi... Tu l'imaginais comment ton avenir avant ?

- Avant la mort de Mélissa ou après ? dit-il en devenant plus sombre tout à coup

Je ne répondis pas parce qu'il enchaîna directement :

- Quand Melissa est morte, je n'imaginais absolument plus rien. Je ne voulais plus rien pour moi. La seule chose qui me faisait aller de l'avant c'était ma famille, avec l'excuse aussi que Mélissa s'était sacrifiée pour que je puisse vivre. Mais je n'avais aucun futur en tête, tout simplement parce que pour en imaginer un il faut connaître l'espoir. Et il n'est venu que quand je me suis réveillé un matin dans le même lit que toi.

Je sursautai en me souvenant de cette nuit. Je ne m'étais jamais posé la question de qu'est-ce que ça représentait réellement pour lui. Maintenant je savais.

- Et avant ? fis-je en maîtrisant les tremblements dans ma voix

- Avant ? Mélissa et moi avions en tête de se marier et d'avoir des enfants, de vivre au jour le jour, l'un pour l'autre, pour le meilleur et pour le pire. On voulait prolonger, concrétiser notre bonheur. Mais on nous en a empêchés. Tu sais Hannah, je me rends compte que te parler de cette histoire a été la meilleure chose que j'aie faite depuis six ans.

- Marcus... Je veux juste t'avouer une chose mais j'ai peur que tu m'en veuilles.

- Dis-moi. Il faudrait vraiment frapper fort pour que je t'en veuille.

- Lyou m'avait déjà parlé de l'histoire de Mélissa, une semaine avant toi. Je suis désolée je ne voulais pas forcer le sujet.

Il regarda le mur derrière moi, aucune émotion sur son visage :

- Je t'ai déjà dit combien tu étais incapable de mentir ?

- Oui... Aujourd'hui je crois.

- J'avais déjà partiellement deviné que tu savais.

- Quoi ?

- Si tu ne savais rien, tu aurais posé trois fois plus de questions quand on a abordé le sujet. Par exemple, quand je t'ai montré la photo, tu m'as juste dit qu'elle était belle. En conditions normales, tu aurais pris ça différemment.

Je sentis mes joues brûler et je compris que je rougissais comme une idiote. Je baissai le regard vers le sol avant de balbutier maladroitement :

- Et tu ne m'en veux pas de ne pas te l'avoir dit ?

- Hannah... Tout ce que tu as fait c'est m'aider, me sauver je dirais même. Je ne t'en veux pas tout simplement parce que si tu avais fait différemment je serais encore au même point.

Je me jetai à son cou sans réfléchir. Il sursauta, tombant à la renverse contre la porte. Nous nous retrouvâmes l'un sur l'autre. Il éclata de rire en voyant mon regard gêné :

- On a fait ça et pire hier.

- Je sais... D'ailleurs Marcus... Merci de m'avoir offert un peu de bonheur avant que la fin ne soit signée.

Il colla son front au mien et pour la énième fois, je me retrouvai si près de lui que j'en tremblais. Son souffle balayait mes lèvres et ses yeux étaient plantés directement dans les miens. La proximité était insupportable parce que j'avais juste l'envie irrépressible de refermer le peu d'espace entre nous deux. Est-ce que Marcus arrivait à voir mes joues qui chauffaient, à sentir mon cœur qui s'accélérait ?

- Ça te gêne que je fasse ça ? dit-il en s'éloignant brusquement. Ne mens pas, j'ai vu dans tes yeux que tu paniquais.

- Je...

Je sentis mes yeux s'embuer et tout à coup, des larmes silencieuses inondèrent mon visage. Les doigts de Marcus virent immédiatement les effacer :

- Ne pleure pas, je ne voulais pas te blesser... dit-il d'une voix profondément désolée

- C'est pas toi, lui assurai-je en séchant mes larmes. C'est que... Tu vois la nuit où Justin et Ernie m'ont abandonnée, j'ai eu une conversation avec Justin. Je voulais qu'il... Je voulais qu'il arrête de me traiter comme si j'avais sept ans. Et à l'issue de ça, il m'a embrassée.

Marcus se redressa violemment, les poings crispés, le regard brûlant de rage, tout tremblant de colère.

- C'était horrible, enchainai-je pour l'empêcher de provoquer une catastrophe. Il y avait le goût de la cigarette... Ça me revient toujours, je le sens encore sur ma langue et sur mes lèvres. C'est comme un poison. Et le souvenir de sa proximité ne m'a pas quittée depuis. Ce n'est pas toi, je t'assure. C'est juste qu'à chaque fois que tu t'approches autant, je pense à Justin et au goût de sa bouche et... C'est comme se sentir souillée, brisée, détruite par lui.

Je voulus continuer mais Marcus colla ses doigts sur mes lèvres, approchant dangereusement son visage du mien avec une lenteur frustrante. Je ne comprenais même plus ce que mon propre corps réclamait.

- Est-ce que je peux faire quelque chose pour effacer ce goût qui empoisonne tes lèvres ?

Nos fronts et nos nez étaient collés, ses doigts étaient sur mes joues, nos regards étaient accrochés intensément et seulement quelques millimètres séparaient nos lèvres. Mon cœur s'emballa comme jamais et je commençai à haleter. J'étais tiraillée entre cette envie inexpliquée de résoudre la question de l'espace restant et le souvenir de ce que Justin m'avait fait.

- Oui... finis-je par répondre en un murmure

Marcus esquissa l'ombre d'un sourire et fit pour refermer la marge d'air entre nos lèvres quand des coups violents secouèrent la porte. Nous sursautâmes, nous séparant brusquement. Marcus se releva et ouvrit la porte. Je me levai et vis Vasco, l'air paniqué.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Marcus alarmé

- Je ne sais pas mais venez voir.

Nous nous précipitâmes vers l'entrée du Lobster Pot. Tous les autres étaient devant la porte, à l'extérieur. Dans la rue, tout le monde regardait dans la même direction, là où une immense colonne de fumée noire s'élevait vers le ciel. Des bruits effrayants retentissaient au loin. Comme des explosions. Comme si quelqu'un attaquait.

- D'où est-ce que ça vient ? demandai-je en sentant la peur s'emparer de mes tripes

- Du Nortmai... lâcha Lyou dans un murmure douloureux

Elle pleurait. Elle savait. Elle savait ce qui se passait. Elle avait compris. Ses peurs étaient toutes fondées.

Une silhouette transparente émergea soudainement du sol et se posta devant nous. C'était un des fantômes du Pembrokeshire. Brin recula de surprise en le voyant, tentant de protéger Lyou. Marcus s'adressa directement au spectre :

- Qu'est-ce qui se passe ?

Une voix d'outre-tombe lui répondit :

- Des intrus ont pénétré sur notre territoire. Cette terre est celle des perdants. Les gagnants doivent être éliminés.

Lyou s'effondra au sol en explosant en pleurs. Aley se jeta dans les bras de Vasco et Marcus se retourna vers moi. C'était la fin. C'était la fin.

- Qu'est-ce qui se passe ? s'écria Brin en voyant le fantôme disparaître dans un nuage d'autres spectres. Est-ce que quelqu'un peut m'expliquer ?

Lyou leva le regard vers lui, mortifiée, désolée à mort. Elle se leva et tenta de dire un mot mais sa voix mourut dans sa gorge.

- Lyou... Lyou je t'en prie dis-moi ce qui se passe.

- Je... Je suis... Je suis tellement désolée.

Marcus et Vasco se précipitèrent à l'intérieur du Lobster Pot alors que Lyou sortait la clef de la voiture de sa poche. Elle fit pour tourner le dos à Brin quand je lui attrapai le poignet. Je me penchai à son oreille et murmurai :

- Tu peux choisir de renoncer à tout encore une fois, Lyou. Mais ce serait l'erreur de ta vie.

Et sur ce je reculai, aidant Eva Flint et Aley à déplacer Andreas Flint vers la voiture au plus vite. Avant de m'avancer vers le véhicule, je lançai un regard à Lyou. Quand nous revînmes vers elle, elle se retourna à nouveau vers Brin. Il n'avait pas bougé et était sur le point de se mettre à pleurer. Il ne comprenait plus rien mais avait réalisé qu'il était en train de dire adieu à Lyou. Elle ouvrit la bouche et lâcha les seuls mots que je ne m'attendais pas à entendre :

- Monte dans la voiture. Sans poser de questions.

Marcus et Vasco ressortirent du local avec deux sacs à dos qu'on avait laissés en haut et la guitare de Justin -qui ne servait pas vraiment à grand chose. Ils les chargèrent en voiture et revinrent. Marcus donna une tape dans l'épaule d'un Awen qui ne comprenait plus rien :

- Merci pour tout. Prends soin de toi. Allez, tout le monde en voiture. Les aurors ne vont pas tarder à venir de ce côté.

Lyou se précipita au volant, à côté de son père. Vasco prit sa mère sur ses genoux et Aley monta sur ceux de Brin -qui était un peu plus perdu chaque seconde. Marcus et moi nous installâmes dans la même position qu'avant mais une chose avait changé : la tension entre nous, provoquée par la proximité de tout à l'heure.

- Je vous avertis, lança Lyou. Il n'y a plus de limitation de vitesse quand l'enjeu de la fuite est la vie. On va rouler vers le Nord pour l'instant. Accrochez-vous.

- On peut m'expliquer ? supplia Brin

- Plus tard.

Lyou appuya violemment sur l'accélérateur. Nous étions lancés. La peur qui nous habitait depuis hier soir s'était concrétisée trop tôt. Je ne savais même pas ce qui s'était passé du côté de Leila mais ça n'avait plus d'importance. Nous étions poursuivis par la mort. Il n'y avait plus d'espoir, plus d'avenir, seulement, uniquement la peur. Nous pouvions fuir autant que nous le permettrait le sort mais la fuite n'était que l'étape avant la mort.

Sous peu nous allions goûter à notre fin.

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Tadam ! C'était un gros bloc. Verdict ?

J'espère que vous ne me détestez pas de ne pas avoir laissé Marcus et Hannah s'embrasser :( On a qu'à dire que la faute va aux aurors :)

On est entrés dans la troisième partie ! La première c'était "La Bohème", la deuxième "Marloes" on va dire, ou "Descente aux Enfers" si certains préfèrent ^^ Le chapitre d'avant était une transition et l'explication est là. Je vous laisserai découvrir la partie III très très bientôt.

En attendant, j'espère que vous avez aimé le chapitre et je tiens à remercier toutes les personnes qui reviewent. Quand je vois vos messages dans mes mails, ça me redonne le sourire pour toute une journée et plus parfois alors merci beaucoup ^^

À la semaine prochaine !

ACSD