Hey ! Comment ça va ? J'en profite pour souhaiter bonne chance à tous ceux qui sont en plein dans les épreuves du Bac.
J'ai posté un chapitre de BS pour ceux qui pourraient être intéressés ! Je sais que c'est la fic chapitrée qui n'a même pas 500 vues mais bon... Je m'y attendais bien ^^
Pour ce qui est de chapitre... C'est un peu une sorte de parallèle avec le premier chapitre, là où Justin, Ernie et Hannah arrivaient à Marloes.
Autre chose : je me suis rendue compte que dans le premier chapitre, j'ai remarqué que j'ai dit que l'enfant des rêves d'Hannah avait les yeux bleus. Sorry ! Il a les yeux verts.
RGR :
LeLynxBlanc : Hey ! Merci énormément, ça me fait tellement plaisir :) Je suis désolée de ne pas avoir laissé Hannah et Marcus s'embrasser, mais ça viendra c'est promis ! En tout cas, voilà la suite et j'espère que ça te plaira :)
Suna : Hey ! Bien revenue :) Sorryyyy pour Hannah et Marcus. Je me ferai pardonner dans un autre chapitre. Oui, j'ai plus ou moins prévu la fin. Mais pas de spoilers maintenant :) Et bonne lecture !
Harry Potter appartient toujours à JKR et à Warner Bros, Torn à Natalie Imbruglia et les lieux mentionnés existent tous.
Bonne lecture !
Torn
Nothing's fine, I'm torn
XVI - Cavale
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There's no place to go, you know I won't give in
No, I won't give in
Keep holding on
'Cause you know we'll make it through, we'll make it through
Just stay strong
'Cause you know I'm here for you, I'm here for you
There's nothing you could say, nothing you could do
There's no other way when it comes to the truth
So keep holding on
'Cause you know we'll make it through, we'll make it through
Avril Lavigne - Keep Holding On (The Best Damn Thing)
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Le paysage défilait sous mes yeux à une vitesse affolante. Je n'avais presque pas le temps de déterminer la nature de ce qui volait dans le ciel. J'avais peur d'y trouver des aurors mais heureusement, jusque là je n'avais vu que des oiseaux. Cependant Lyou allait si vite que tout le monde s'attendait d'une minute à l'autre à se retrouver avec la police Moldue aux trousses.
Nous roulions vers le Nord du Pays de Galles, vers les montagnes. C'était un abri provisoire, le temps de trouver une vraie solution. À ceci près qu'il en existe une. Nous allions y être sous quatre heures et d'ici là, le danger principal était l'accident de voiture.
Brin était toujours aussi peu informé de la situation. Il se frottait les yeux régulièrement comme s'il s'attendait à se réveiller sous peu. Mais on était dans la réalité. La plus amère, cruelle, arbitraire des réalités. De plus, le jeune Moldu demandait souvent qu'on lui explique ce qui se passait mais Lyou lui répondait toujours "plus tard".
J'étais complètement allongée sur Marcus, la tête sur son torse, ses bras autour de mon corps et son souffle qui balayait le sommet de mon crâne. J'avais les yeux à demi-fermés mais j'étais trop effrayée pour me détendre davantage. Nous étions poursuivis par les aurors -où du moins on s'enfuyait pour ne pas se faire rattraper. Je ne voulais pas fermer complètement les yeux. Et en plus, chaque fois que mon regard croisait celui de Marcus, on s'immobilisait et dans nos yeux revivait le même souvenir. Celui de seulement un quart d'heure auparavant. Il était grand temps que je m'interroge sérieusement sur ce qui se passait dans mon corps -parce que ma tête n'avait rien à voir là-dedans.
- Est-ce que quelqu'un peut me dire ce qui se passe ? répéta Brin pour la millième fois
Lyou fit pour lui ressortir sa réponse prête mais s'arrêta avant qu'un son ne sorte de sa bouche. Dans le rétroviseur, je vis qu'elle se mordait la lèvre en signe d'hésitation. J'avais encore du mal à mesurer la complexité de l'aînée Flint.
- Ils étaient là pour nous, commença Aley pour sortir sa sœur du dilemme qui la torturait. Et c'est pour ne pas mettre la population en danger qu'on s'est enfuis.
- Mais c'était quoi ces explosions ?
- Le Nortmai, lâcha Lyou d'une voix sombre. Ils savaient qu'on vivait là. Je ne sais pas pourquoi mais ça veut dire qu'on a bien fait de quitter les lieux hier.
- Lyou... Est-ce que ça veut dire que vous êtes recherchés ? Enfin je veux dire hors-la-loi.
Le silence s'abattit dans l'habitacle. On n'entendait que le sifflement de la voiture qui roulait très très vite. Plus personne n'osait regarder Brin. Ce fut Andreas Flint qui brisa le mutisme gênant :
- Non. Des hors-la-loi vont purger leur peine en prison pour ne pas récidiver. Nous n'irons jamais en prison. Si on nous attrape, on n'aura même pas le droit à une dernière volonté avant l'exécution.
Je vis du coin de l'œil que le jeune Moldu gallois était raide comme un balai, plus pâle que tout, tremblant. On lisait dans son regard qu'il espérait encore être dans un cauchemar.
- Pourquoi ? réussit-il à dire quand son esprit fut moins confus. Vous faites partie d'une communauté criminelle ?
Vasco éclata d'un rire absolument pas amusé :
- Non. Parce que notre sort a été signé quand on a refusé de prendre parti dans une guerre. On a voulu ne s'associer à aucun et on va en faire les frais.
- Je ne comprends pas plus...
- C'est normal, reprit Lyou. C'est parce qu'on tourne en rond. Mais si on te raconte l'élément important tu ne vas pas nous croire.
- Dis-moi juste ce que je dois savoir.
Elle hésita :
- Je... Tu dois juste savoir que ça va au delà du rationnel.
Il opina et s'effondra au fond de son siège. Il prit sa tête entre ses mains, cherchant à mettre de l'ordre dans les informations qu'on lui avait servi. Il était secoué et c'était normal.
Marcus caressa lentement mon dos. J'avais le regard rivé sur le paysage avec anxiété. Je sentais le souffle du danger contre mon cou et je ne pouvais pas m'empêcher d'avoir peur. Marcus colla sa joue au sommet de ma tête et murmura près de mon oreille :
- Ça va ?
- Autant que possible.
- Est-ce que tu crois qu'on a le droit de croire encore ?
- Je ne sais pas...
- Attention ! lâcha Vasco
La voiture fit un violent virage et nous nous retrouvâmes propulsés à l'arrière. Lyou venait d'entrer sur une nouvelle route.
- On va où exactement ? grogna Marcus
- Les montagnes, répondit son aînée. Snowdonia Park. On devrait y être abrités pendant un laps de temps assez important pour nous permettre d'élaborer un plan. Mais rien n'empêche d'y réfléchir maintenant.
Je me redressai et pris mon sac à dos entre mes jambes. Je l'ouvris et fouillai dans ce que j'y avais mis. J'y trouvai les quatre lettres. Je fis pour les prendre mais le souvenir de ma mère m'arrêta. Pas maintenant. Je ne pouvais pas les relire maintenant ou j'allais me mettre à pleurer comme une idiote. Je cherchai autre chose d'intéressant mais ce fut juste comme faire un trou dans l'eau.
Je me retournai donc vers Marcus, qui cillait lentement comme si ses yeux étaient sur le point de se fermer. Je collai nos fronts, lui arrachant ainsi un sourire, aussi faible soit-il. Je caressai doucement les cernes qui bordaient ses yeux de noir tout en murmurant près sa bouche :
- Tu devrais dormir un peu maintenant...
Il secoua la tête en étouffant un ricanement :
- Ce n'est pas le moment.
- Tu en as besoin. Je te promets que je te réveillerai s'il se passe quelque chose d'important. S'il te plaît, dors. Ça va te faire du bien...
- À ce point-là à quoi bon ?
- S'il te plaît...
Je penchai la tête de côté en lui faisant mes yeux suppliants. Il étouffa un rire et m'ébouriffa les cheveux, avant de se laisser aller à l'arrière en fermant les yeux. Après ses premières secondes d'immobilité, je m'approchai de sa joue et y posai doucement mes lèvres, l'espace d'un court instant. Puis je me redressai et fis face à Vasco, qui me regardait avec son sourire amusé.
- Quoi ? dis-je embarrassée
- Vous vous êtes vus ? rit-il
Je luttai contre la chaleur qui s'emparait de mes joues, tentant d'empêcher un sourire se prendre possession de mes lèvres. Vasco avait l'air très amusé et content de la situation.
- C'est rien, lui assurai-je
Il leva les yeux au ciel sans se départir de son sourire :
- Mais bien sûr...
- Mais si ! Pourquoi tu ne me crois pas ?
- Hannah, soupira-t-il. Tu ne sais pas faire semblant de ne pas savoir de quoi je parle. Tu ne vas quand même pas me dire que tu n'as pas vu l'amélioration que tu as provoqué chez lui.
- Ça ne veut strictement rien dire.
- Mais écoutez-la ! rit Aley. Peut être que ça ne veut pas dire grand chose mais sûrement pas rien. Han, ce n'est pas parce qu'il n'y a plus d'espoir pour nous tous que le monde a arrêté de fonctionner normalement.
Je tournai légèrement le regard vers Marcus et constatai qu'il y avait un sourire sur ses lèvres. Je secouai la tête en étouffant un rire :
- Il vous entend, vous savez ?
- Oui, je sais ! s'exclama Vasco avec son ton plaisantin. Hé Frangin tu approuves ce que je dis, hein ? Tu es encore de mon côté ?
Marcus ne répondit pas mais son sourire s'élargit discrètement.
- Ça veut dire oui, m'assura Vasco comme pour m'embêter. On est trois contre une, tu vois ?
- Quatre, déclara sa mère en levant la main
J'eus soudainement envie de disparaître. C'était une situation très embarrassante. Et tellement inimaginable... On était à un pas seulement de la mort et on était encore en train de plaisanter dans la voiture. Peut être qu'en fait ma façon de raisonner était encore fausse. À chaque fois que quelque chose se passait, je m'enfonçais. Les Flint, eux, continuaient à avancer. Parce qu'ils étaient tous ensemble, ils ne se rendaient jamais avant la fin. Ils survivaient. Et moi je n'étais plus seule, donc je devais survivre aussi.
Je relevai la tête et souris :
- Bon d'accord, je l'aime très fort, si c'est ce que tu veux entendre.
- Non, rit Vasco. Je veux entendre ce que tu penses. Donc si c'est ça que tu penses, ça me va. Sinon ce n'est pas ce que je veux entendre.
- C'est ça que je pense.
Il me tendit sa main et je tapai doucement dessus. Il ébouriffa les cheveux de son frère, qui ne broncha absolument pas. Son sourire avait disparu, ses traits étant détendus comme jamais. S'il avait eu les yeux ouverts, il aurait été la réplique adulte de l'enfant de mes cauchemars. La ressemblance me tétanisait.
- Il existe un moyen très simple de savoir si Marcus dort, m'informa Vasco. Tu t'approches très près de son oreille et tu souffles quelque chose qui a un rapport avec du gâteau au chocolat. S'il réagit, c'est qu'il est réveillé.
- Vraiment ?
- Oui, on faisait ça tout le temps quand on était enfants.
J'esquissai un petit sourire en regardant Marcus avec tendresse. Je lui caressai lentement la joue avec une pointe de tristesse dans les yeux : il méritait bien mieux que le sort qui l'attendait. J'approchai mes lèvres de l'oreille de mon ami et murmurai le plus doucement possible :
- Est-ce que tu dors ?
Il ne bougeait pas. Il respirait calmement, la bouche entrouverte comme tant d'autres fois où je l'avais vu ainsi. Oui, il dormait. Ça avait été rapide mais il s'était endormi. Le pauvre... Il courait à un destin qui n'était pas le sien, partiellement par ma faute. Je ne pouvais me faire qu'un jurement : me battre jusqu'au bout pour qu'avant la fin, il soit reconstruit.
J'enfouis ma tête dans l'épaule de Marcus, cachant mon sourire et mes larmes. Sa chaleur m'enveloppa comme pour me rassurer et je fermai les yeux à mon tour. Je ne voulais pas m'endormir. Juste entendre le battement de son cœur contre mon oreille. Il fallait que je le sente vivant près de moi, vivant.
Je relevai la tête et me redressai, tournant le regard vers Vasco et sa mère, qui avaient sur les lèvres exactement le même sourire doux et faible. On avait tous peur. Mais ce n'était pas le moment de baisser les bras. Je voulais continuer à voir Marcus me sourire, rire et me parler, plus vivant chaque seconde.
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- Han ! m'appela une voix familière. Han ! Franz est arrivé !
Je me levai de la pierre sur laquelle j'avais passé la matinée et rejoignis ma sœur dans le salon. Elle était accompagnée par un homme très jeune, qui devait avoir seulement cinq ans de plus que nous, et dont les traits du visage étaient absolument invisibles.
- Hé ! rit-il en m'embrassant sur la joue. Comment va ma petite fleur ?
- Bien, répondis-je sans enthousiasme
- Vos parents ne sont pas là ?
- Non, ils sont allés faire une course.
- Ils laissent des enfants seules ?
- On a seize ans, sourit Leila. Je crois qu'ils peuvent nous faire confiance.
- En réalité ça tombe bien qu'ils ne soient pas là. Qui a envie de voir quelques petits trucs ?
Leila piailla de contentement, s'asseyant avec lui sur le canapé du salon. Au contraire, je reculai de quelques pas, mal à l'aise. Je n'arrivais absolument pas à m'expliquer mon comportement dans ce souvenir mais j'étais certaine que c'était en rapport avec des bouts de ma mémoire qui défaillaient.
Tout à coup, la scène disparut de mon esprit et je fus projetée dans un lieu indéfinissable, où j'étais seule avec lui. Cet enfant aux immenses yeux verts. Il était debout, face à moi. Il me fixait. Et j'étais tétanisée.
- Hannah.
- Dis-moi qui tu es, réussis-je à balbutier
- Hannah...
- Répond je t'en supplie.
- Merci...
- Quoi ? Merci de quoi ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Qui es-tu ?
- Merci de m'avoir redonné ma vie.
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Je sursautai. J'avais laissé mes pensées m'absorber et résultat, j'étais encore partie explorer des angles de ma mémoire si confus et effrayants que je n'osais pas les associer à la réalité.
Cet enfant... Il avait forcément un rapport avec Marcus ou les Flint. Et ce Franz ? Qui était-il ? On se connaissait apparemment mais qui était-il et surtout quel rôle avait-il joué dans mon histoire pour que ce soit ce souvenir qui me revienne ?
- Borth... marmonna Lyou. On arrive à... Attention !
Nous nous raidîmes alors violemment. On n'entendait aucun souffle, hormis celui de Marcus et celui du moteur, et la voiture commençait à ralentir progressivement. Le temps semblait s'être gelé en une seconde. Je risquai un regard par la fenêtre. À côté du panneau qui l'entrée de Borth, se trouvaient un petit groupe de policiers moldus, accompagnés par d'autres hommes, qui même après plus d'an n'avaient pas changé. Des aurors. Et de ceux que j'avais connu à travers les journaux ou à Poudlard. Ils contrôlaient chaque voiture.
- S'ils nous voient, siffla Lyou, ils vont nous reconnaître.
- On ne peut pas courir le risque ! déclara Aley
- Alors on va appliquer le plan de secours... Accrochez-vous bien...
Elle donna un coup de volant et appuya sur l'accélérateur. À vitesse effrayante, elle partit sur le côté et dépassa toute la file de voiture, échappant aux aurors qui se mirent à hurler qu'on nous poursuive. Lyou accéléra encore et dévia plusieurs fois. Elle s'engagea dans un dédale de rues avant de finalement déboucher à nouveau sur la route qui partait vers le Nord.
- Ils vont vite nous repérer, lâcha gravement Vasco. Il ne faut pas perdre une seule seconde.
- Il ne vont pas risquer d'utiliser la magie devant tous ces moldus !
- Hein quoi ? s'exclama Brin qui venait de saisir un mot qu'il n'attendait pas
Lyou avait bien dit que ce n'était rien de rationnel, non ?
- Non mais ils peuvent nous arrêter en chemin pour nous attraper. On doit leur échapper et maintenant.
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Leur échapper... Oui mais pour combien de temps ? Passer entre les mailles du filet semblait être le plus grand talent de la famille Flint et plus particulièrement Lyou. À presque chaque ville dans laquelle on entrait, se tenait une douane. Les Flint devaient être dans les derniers à éliminer pour que le Ministère mobilise autant de monde.
Quand la nuit tomba, nous entrâmes enfin dans une région subtilement différente et dégageant tellement de magie, qu'y repérer des sorciers serait compliqué. Nous avions un dernier contrôle à passer avant d'entrer dans le Parc National.
- Est-ce que des sorciers peuvent se sentir entre eux ? demandai-je soudainement
- Non, répondit Aley en ignorant le regard abasourdi de Brin. Ce n'est possible de ressentir que la magie primitive, donc dans la nature, et uniquement en grande quantité.
- En approchant du Nortmai, pourtant j'ai senti... Je vous ai senti.
Madame Flint opina légèrement :
- C'est soit que ta sensibilité est plus accrue soit que le Pembrokeshire augmente la quantité de magie primitive chez les perdants.
- Parce qu'au contraire, ajouta Vasco, nous on ne t'a pas sentie.
J'entendis un bâillement derrière mon oreille. Je tournai la tête et vis que Marcus s'était à peine réveillé. Il avait dormi presque deux heures, sans bouger et sans ronfler. Il avait sans doute mérité un peu de repos.
- Tiens, tu reviens parmi nous ? plaisanta Vasco
Marcus grogna et marmonna :
- Où est-ce qu'on est ?
- Parc de Snowdonia, répondit Lyou toujours aussi concentrée sur la route. Dans une demie heure on sera à l'abri. D'ici là, attention il y a un autre contrôle.
Des policiers qui barraient la route, une queue de voitures. Pour la énième fois nous nous retrouvions dans la même situation. Parfois il n'y avait pas d'aurors, mais au vu des gros outils grésillants des policiers, ça n'était pas impossible qu'ils puissent débarquer à la moindre alerte.
- Papiers d'identité, siffla un policier Moldu alors que son collègue faisait le tour de la voiture
Il y avait des aurors. Lyou se raidit. Elle avança une main tremblante vers la boîte à gants devant son père. Un silence embarrassé s'était emparé de l'habitacle et plus particulièrement de moi. Est-ce que les papiers de Lyou allaient nous sauver ou nous dénoncer ? Elle tendit son permis de conduire au policier. Celui-ci l'examina avec un longueur exagérée. Mon cœur qui battait trop vite était la seule chose que j'entendais.
- Clark ! brailla le policier
Un auror s'avança vers lui et prit le permis de conduire qu'il lui tendait. Il l'examina à son tour avant de scruter Lyou intensément. Je la vis se retenir de déglutir. Le sorcier s'approcha un peu plus, avec un regard de prédateur effrayant.
- Où êtes-vous dirigés ? demanda-t-il très lentement
- À Holyhead, répondit Lyou sans le regarder et en maîtrisant sa voix à la perfection
- Et pourquoi si je puis me permettre ?
- Pour un mariage.
- Je vois... C'est toute votre famille ça ?
- Non. Il y a juste mon frère derrière.
Elle désigna Brin. Apparemment, d'après le plan qui lui avait sauté dans l'esprit à la minute, Vasco et Marcus étaient frères, Aley et moi sœurs et les parents Flint... Des parents.
- Vous savez que normalement, c'est un siège par personne ?
- On fait avec les moyens du bord.
- Bon. Laissez-les passer. Mais relevez le numéro de plaque.
Clark s'éloigna et les policiers nous laissèrent la voie libre. Lyou appuya sur l'accélérateur et je m'autorisai enfin à respirer. Nous étions sortis d'affaire. Ce fut seulement quand je me retournai que je remarquai que Clark et son équipe montaient dans une voiture de police pour nous suivre.
- Lyou ! m'exclamai-je
Elle jeta un coup d'œil dans le rétroviseur et comprit ce que je voulais lui dire. Son visage blanchit et elle se mit à trembler. Elle avait peur. Elle n'était plus sûre de nos chances de réussite.
- Qu'est-ce qu'on fait ? chuchota Aley comme si sa voix allait se briser
- Je sais, lâcha Brin. Continuez à rouler comme si de rien était pendant un moment. Au moins jusqu'à la hauteur des premières montagnes très proches. Ensuite tu dévies sur le côté et tu t'éjectes de la route. Mais avant, il faudra que tu accélères.
Lyou lui jeta un regard à travers le rétroviseur, presque comme si elle voulait qu'il comprenne combien elle était désolée de lui infliger ça. Elle vit qu'il lui lançait un sourire confiant et ne put s'empêcher de sourire à son tour :
- Merci, Brin.
- Je ferais n'importe quoi, tu sais.
- Je suis tellement désolée...
- Ne dis pas ça.
Lyou reporta son regard sur la route comme si elle craignait d'engager la conversation plus loin. Je me tournai vers Marcus, qui fixait sa sœur étrangement. Dans ses yeux je voyais briller quelque chose qui ressemblait à un mélange de compréhension et d'appréhension. Ils avaient peur tous les deux de la même chose : s'engager dans une voie que la mort allait les empêcher de suivre.
- Ils nous suivent encore, lâcha Vasco qui perdait son calme peu à peu
- Ils nous ont trouvés trop louches, siffla Andreas Flint. Maintenant on va les avoir collés aux basques tout le long.
- Ne t'en fais pas, fit Marcus qui semblait être le plus paisible. Six ans de survie laissent des marques. On va prendre toutes les précautions possibles.
Je le regardai tristement. Il y avait quelque chose qui lui donnait encore envie de croire mais quoi ? Il semblait convaincu que tout n'était pas complètement perdu. Et je ne pouvais pas m'empêcher de me demander ce qu'il avait en tête.
Après une poignée de minutes, Lyou se tendit violemment. Elle jeta un nouveau coup d'œil en direction de la voiture qui nous suivait. Ses sourcils se froncèrent et dans ses yeux je vis les rouages de sa réflexion s'affoler. Elle crispa la prise de ses doigts sur le volant et serra les dents.
La voiture derrière nous roulait tranquillement. Leur garde était relativement baissée étant donné que ça faisait une bonne demie-heure qu'on n'avait tenté aucune drôle de manœuvre.
Je sentis notre voiture accélérer presque imperceptiblement. Ceux qui nous suivaient -et qui se croyaient discrets- ne relevèrent pas. Alors Lyou donna un violent coup de volant, la voiture tourna soudainement sur la gauche, éclata les barrières de la route et s'éjecta dans les bois. Lyou accéléra brusquement de plus belle, malgré la boue et les arbres. Nous nous accrochions les uns aux autres, plus effrayés que jamais. C'était notre seule chance de nous en sortir. Si on la ratait, on était morts.
- Il faut les empêcher de retrouver notre trace ! Protégez votre tête et fermez les yeux !
Je fermai rapidement les yeux et enfouis mon visage dans le torse de Marcus, les mains sur la tête. Je sentis de violentes secousses qui me firent heurter sèchement plusieurs fois la cage thoracique de Marcus.
Puis tout s'arrêta et ce fut le noir complet.
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Et voilà ! Premier chapitre de la partie III :) Est-ce que ça vous a plu ? Il y a pas mal de choses qui se passent même si on ne sort pas de la voiture. Je suis désolée si jamais j'ai coupé un peu brusquement encore... Mauvaise habitude.
Mais sinon, est-ce que vous avez aimé ? Je n'arrive toujours pas à croire que j'en suis presque au chapitre 20 mais bon ^^ Lys Ecarlate a fait 21 et vu où j'en suis dans les chapitres que j'écris en avance... On risque d'arriver à 25. J'ai écrit le 21 déjà.
Je suis désolée si ce chapitre est plus court que les autres. Je me rattraperai la prochaine fois !
Merci encore et à la semaine prochaine !
ACSD
